La Vierge Marie est la Mère de l’Église en croissance

Illustration
© Shutterstock/OtMr photography

La Vierge Marie est la Mère de l’Église en croissance

« Marie, Mère de l’Église » : le titre est admis et particulièrement célébré depuis la publication du chapitre 8 de Lumen Gentium [de Vatican II], mais il peut être encore plus explicite si l’on affirme que Marie est « Mère de l’Église en croissance ».

En effet, le rôle de Marie dans sa mission maternelle ne s’arrête pas à la dimension historique de sa responsabilité par rapport au Fils du Très Haut qu’elle a engendré par l’action de l’Esprit Saint, qu’elle a enfanté et éduqué. Sa maternité de grâce se poursuit dans le fait d’engendrer le Christ dans le cœur des nouveaux disciples. Elle participe donc spirituellement et réellement à la vie maternelle de l’Église en croissance.

Cette réflexion sur Marie Mère de l’Église en croissance nous amène à reconsidérer le rapport de l’Église au monde qui a trop souvent été compris d’une manière trop exclusivement dialectique : ou bien l’Église fuit le monde enténébré, ou bien l’Église s’épuise dans le monde pour le transformer malgré lui.

Cette vision de la croissance et de l’engendrement nous pousse à voir les choses plus justement et plus profondément. C’est ce que nous rappelle le père Michel Corbon :

« L’Église n’est pas seulement dans le monde, localement et temporellement. En vérité, c’est le monde qui est dans l’Église comme dans le sein maternel où il est en gestation jusqu’à ce qu’il naisse, transfiguré, dans le Royaume. C’est en ce sens, positif et gonflé d’espérance, qu’il faut entendre le gémissement de l’Église qui nous vient des premières générations chrétiennes : « Que passe ce monde et que vienne ta grâce ! » »(). (1)

L’Église ne maintient pas avec le monde un rapport de confusion ou d’opposition, mais de gestation (Rm 8). L’évangélisation et la nouvelle évangélisation ne peuvent se concevoir sans cette vision d’une Église, corps du Christ qui naît et renaît dans l’amour et le feu de l’Esprit Saint pour la Gloire du Père.

Père Mario Saint-Pierre, prêtre et théologien, Marie, Mère de l’Église en croissance, publié le 16 septembre 2009

http://cellules-evangelisation.org/spip.php?article184

http://www.mariedenazareth.com/16864.0.html?&L=0

(1) CORBON, Michel, Cela s’appelle l’aurore. Homélies liturgiques, préface d’Olivier Clément, Éditions des Béatitudes, Nouan-le-Fuzelier, 2004, p. 14.

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

14.04.2025 – SAINT DU JOUR

Saint Pierre Gonzalez
Dominicain 
(1190-1246)

Pierre Gonzalez naît, l’an 1190, dans la ville d’Astorga, en Espagne, d’une famille distinguée. Son oncle, évêque de Palencia, charmé de ses talents, le pourvut d’un canonicat et le fit ensuite nommer doyen du Chapitre de sa cathédrale.

Le jour de sa prise de possession, Gonzalez, naturellement vaniteux, voulut traverser la ville sur un cheval superbement paré. C’est là que la Providence l’attendait : sa vanité se repaissait des applaudissements de la foule, quand le cheval se cabra, renversant dans la boue l’orgueilleux cavalier, au milieu des huées de la populace. Cette humiliation fut un coup de la grâce. Pierre se releva tout confus, et dit à haute voix : « Puisque le monde se moque de moi, je me moquerai de lui à mon tour. » Il tint parole. Dans la solitude, le jeûne et la prière, il dompta son orgueil et devint un modèle de pénitence et d’humilité.

Décidé à rompre entièrement avec le siècle, il se démit de sa dignité pour se faire humble enfant de Saint-Dominique et employer ses talents à gagner des âmes au Ciel. Il passait la plus grande partie des nuits à méditer, à prier, à étudier, et consacrait le jour à instruire les fidèles. Les libertins fondaient en larmes à ses sermons, et venaient à ses pieds avouer leurs désordres : il fut l’instrument d’une multitude de conversions.

Le roi d’Espagne Ferdinand III voulut attacher Gonzalez à sa personne et l’emmener partout avec lui, même à la guerre. Le saint religieux profita de la confiance du prince pour procurer la gloire de Dieu et il vint à bout de réformer bien des désordres, vivant toujours à la cour ou dans les camps, avec la même austérité et la même régularité que dans le cloître. Quelques seigneurs licencieux résolurent de le perdre et gagnèrent à prix d’argent une courtisane pour le séduire. Gonzalez, comprenant les intentions de la malheureuse, allume un grand feu et se place au milieu, enveloppé de son manteau. À la vue de ce prodige, la misérable tombe à genoux et se convertit sincèrement ; les seigneurs qui l’avaient gagnée en firent autant.

Cependant, malgré toutes les sollicitations du roi, Gonzalez quitta la cour : ayant assez fait pour les grands, il aspirait à instruire et à consoler les pauvres habitants des campagnes. Il passa le reste de sa vie à les évangéliser, avec un incroyable succès : les montagnes les plus escarpées, les lieux les plus inaccessibles, la grossièreté ou l’ignorance des populations enflammaient sa charité ; des miracles accompagnaient ses paroles et leur faisaient porter de merveilleux fruits, surtout parmi les marins espagnols. Un jour qu’il prêchait, le démon souleva un orage épouvantable, et la foule s’enfuyait déjà cherchant un abri, quand Gonzalez, par un grand signe de Croix, divisa les nuages, de sorte qu’il ne tomba pas une goutte d’eau. Il délivra très souvent par miracle des matelots qui avaient imploré son secours dans le danger.

Pierre Gonzalez connaissant, par révélation, sa fin prochaine, voulut se retirer à Compostelle, pour y mourir entre les bras de ses frères en religion ; mais il tomba gravement malade à Tuy où il prêchait le carême, et y mourut le jour de Pâques, l’an 1246, à l’âge de cinquante-six ans. Ses reliques reposent dans la cathédrale de cette localité.

Saint Pierre Gonzalez, connu en Espagne sous le nom de saint Elme, est représenté marchant sur les eaux et tenant une flamme. Cette flamme désigne le feu de saint Elme. Il est quelquefois représenté avec cette flamme sur le front. Il est le patron des marins.

Saint Pierre Gonzalez priez pour nous !

14.04.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 12,1-11.

Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts.
On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus.
Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum.


Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors :
« Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? »
Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait.
Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement !


Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. »
Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts.
Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare,
parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Guillaume de Saint-Thierry (v. 1085-1148)

moine bénédictin puis cistercien

Oraisons méditatives, n°5 (trad. O.E.I.L. 1985, p. 84 in Bourguet, L’Évangile médité, p. 198 rev.)

« La maison fut remplie par l’odeur du parfum »

Depuis mon enfance, je n’ai pas arrêté de pécher, et toi tu n’as pas cessé de me faire du bien. (…) Cependant, Seigneur, que ton jugement se mue en miséricorde. Prends occasion du péché pour condamner le péché. (…) Veuille trouver mon cœur digne du feu de ton parfait amour, que sa chaleur intense fasse sortir de moi et consume tout le venin du péché ! Qu’il mette à nu et noie dans les larmes de mes yeux toute l’infection de ma conscience. Que ta croix crucifie tout ce que la concupiscence de la chair, celle des yeux et l’orgueil de la vie ont gâté par l’effet de ma longue négligence. Seigneur, celui qui le voudra peut bien m’entendre et se moquer de ma confession : qu’il me regarde gisant avec la pécheresse aux pieds de ta miséricorde, les arrosant des larmes de mon cœur, versant sur eux le parfum d’une tendre dévotion (Lc 7,38). Que toutes mes ressources, si pauvres soient-elles, corps ou âme, soient versées pour acheter ce parfum qui te plaît. Je le répandrai sur ta tête, toi dont la tête est Dieu ; et sur tes pieds, toi dont la frange est notre nature infirme. Si le pharisien murmure, toi, mon Dieu, aie pitié de moi ! Si le voleur qui tient les cordons de la bourse en grince des dents, pourvu que je te fasse plaisir, je ne compte pas pour grand-chose de déplaire à qui que ce soit. Ô amour de mon cœur, que chaque jour, et même sans arrêt, je te verse ce parfum, car en le répandant sur toi, je le répands aussi sur moi. (…) Donne-moi de te faire loyalement le don de tout ce que j’ai, de tout ce que je sais, de tout ce que je suis, de tout ce que je peux ! Que je ne me réserve rien ! Je suis là, aux pieds de ta miséricorde ; c’est là que je me tiendrai, que je pleurerai, jusqu’à ce que tu me fasses entendre ta douce voix, le jugement de ta bouche, la sentence de ta justice et de la mienne : « Ses nombreux péchés lui ont été pardonnés, parce qu’il a beaucoup aimé » (Lc 7,47).

LECTURES :

Livre d’Isaïe 42,1-7. 

Ainsi parle le Seigneur : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ; aux nations, il proclamera le droit.
Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors.
Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il proclamera le droit en vérité.
Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois. »
Ainsi parle Dieu, le Seigneur, qui crée les cieux et les déploie, qui affermit la terre et ce qu’elle produit ; il donne le souffle au peuple qui l’habite, et l’esprit à ceux qui la parcourent :
« Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ; je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations :
tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. »

Psaume 27(26),1.2.3.13-14. 

R/ Le Seigneur est ma lumière et mon salut. (Ps 26, 1a)

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; 
de qui aurais-je crainte ? 
Le Seigneur est le rempart de ma vie ; 
devant qui tremblerais-je ?

Si des méchants s’avancent contre moi 
pour me déchirer, 
ce sont eux, mes ennemis, mes adversaires, 
qui perdent pied et succombent.

Qu’une armée se déploie devant moi, 
mon cœur est sans crainte ; 
que la bataille s’engage contre moi, 
je garde confiance.

Mais, j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur 
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; 
espère le Seigneur. »

La coopération privilégiée de Marie à la Rédemption

Illustration
© Shutterstock/Henk Vrieselaar

La coopération privilégiée de Marie à la Rédemption

La bienheureuse Vierge, prédestinée de toute éternité, à l’intérieur du dessein d’incarnation du Verbe, pour être la Mère de Dieu, fut sur la terre, en vertu d’une disposition de la Providence divine, la vénérable Mère du divin Rédempteur, généreusement associée à son œuvre à un titre absolument unique, humble servante du Seigneur.

En concevant le Christ, en le mettant au monde, en le nourrissant, en le présentant dans le Temple à son Père, en souffrant avec son Fils qui mourait sur la croix, elle apporta à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. C’est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l’Ordre de la grâce, notre Mère.

Constitution dogmatique Lumen GentiumChapitre VIII §61

Concile Vatican II

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie