Qu’est devenu Simon de Cyrène après la crucifixion ?

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On sait peu de choses sur ce qui est arrivé à Simon de Cyrène après avoir aidé Jésus à porter la croix jusqu’au lieu de la crucifixion.

Il n’existe qu’un seul homme dans l’histoire qui ait littéralement aidé Jésus à porter sa croix. Son nom apparaît dans les Évangiles, mais on sait très peu de choses sur cet homme mystérieux et sur ce qui s’est passé après la crucifixion de Jésus. L’Évangile de Matthieu rapporte simplement : « En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix de Jésus. » (Mt 27,32) Et Marc ajoute quelques précisions : « […] ils réquisitionnent, pour porter sa croix, un passant, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs. » (Mc 15,21)

On apprend ainsi que Simon était originaire de Cyrène, une région d’Afrique du Nord (actuelle Libye), autrefois colonie grecque puis romaine, qui comptait une importante population juive. Le texte lui-même semble dire que Simon a été forcé de porter la croix de Jésus, ce qui laisse penser qu’il ne voulait pas volontairement être associé à celui que l’on considérait comme un criminel.

La vision de la bienheureuse Anne Catherine Emmerich

La bienheureuse Anne Catherine Emmerich, une mystique allemande du XIXe siècle, affirme dans sa Douloureuse Passion de Jésus Christque Simon de Cyrène était un païen :

« Ils virent à peu de distance un païen, nommé Simon de Cyrène, accompagné de ses trois enfants, et portant sous le bras un paquet de menues branches, car il était jardinier et venait de travailler dans les jardins situés près du mur oriental de la ville. […] Il se trouvait au milieu de la foule dont il ne pouvait se dégager, et quand les soldats reconnurent à son habit que c’était un païen et un ouvrier de la classe inférieure, ils s’emparèrent de lui et lui dirent d’aider le Galiléen à porter sa croix. Il s’en défendit d’abord, mais il fallut céder à la force. Ses enfants criaient et pleuraient, et quelques femmes qui le connaissaient les prirent avec elles. Simon ressentait beaucoup de dégoût et de répugnance à cause du triste état où se trouvait Jésus et de ses habits tout souillés de boue ». [Chapitre 33]

Anne Catherine Emmerich ajoute ensuite que Jésus pleurait et regardait Simon si profondément qu’il ne porta pas longtemps la croix derrière Jésus sans se sentir profondément touché. Cet évènement aurait profondément marqué les deux aînés, Rufus et Alexandre, qui seraient devenus chrétiens et auraient rejoint ensuite les disciples. Le troisième, plus jeune, elle le vit, encore enfant, auprès de saint Étienne.

Certains historiens bibliques pensent que si Marc cite les noms d’Alexandre et de Rufus c’est probablement parce qu’ils étaient bien connus des premières communautés chrétiennes. D’ailleurs, saint Paul lui-même mentionne un certain Rufus dans sa lettre aux Romains : « Saluez Rufus, choisi par le Seigneur, et sa mère qui est aussi la mienne ». (Rm 16,13).

Si les Évangiles ne disent rien sur ce qui est arrivé à Simon après avoir porté la croix de Jésus, il est difficile de croire qu’une telle proximité avec Jésus ne l’ait pas profondément transformé. Certaines traditions chrétiennes le vénèrent comme un saint et le fêtent le 1er décembre. À sa suite, les croyants peuvent demander la grâce de porter leur propre croix et de laisser Jésus transformer leur vie.

Source : ALETEIA, le 29 avril 2025

18.04.2025 – « La croix, l’expression ultime de l’amour de Dieu pour nous »

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« La croix, l’expression ultime de l’amour de Dieu pour nous »

Dans la célébration de la Passion du Seigneur, la contemplation de la croix est une invitation à la conversion des attitudes, des options et des comportements.

 

En ce Vendredi saint, jour où la Passion de Jésus est célébrée, « toute l’attention se tourne vers la croix, expression maximale de l’amour de Dieu pour nous », a déclaré le recteur du Sanctuaire de Fatima qui a présidé la célébration de cet après-midi, dans la Basilique de la Sainte Trinité.

S’adressant aux nombreux pèlerins présents, le père Carlos Cabecinhas a souligné que contempler la croix ne peut être un acte inconséquent : « c’est un défi de répondre avec amour à l’immense amour de Dieu ». Plus qu’une comitation, la contemplation de la croix doit faire appel à « la conversion du cœur, qui se manifeste par la conversion des attitudes, des options et des comportements ».

« Nous nous représentons dans les différents acteurs du processus qui conduit Jésus à la mort », a déclaré le prêtre, citant les exemples de l’Évangile de la Passion : l’indifférence des soldats face à la souffrance de Jésus, la trahison de Judas, les dénis de Pierre, la lâcheté de Pilate ou l’inconstance des foules, qui acclament Jésus, parfois crient qu’il doit être crucifié.

« J’aimerais que notre attitude soit celle de Marie qui est restée près de la croix de son fils, Jésus, ou celle du disciple préféré, qui l’accompagnait », a déclaré le père Carlos Cabecinhas, soulignant que le récit évangélique de la Passion révèle « la fragilité et la médiocrité de notre réponse à cet amour de Dieu pour nous ».

Le président de la célébration a également souligné que l’amour de Dieu est compris quand on ne reste pas indifférent « face à la souffrance des autres, face à la souffrance de toutes les victimes de la guerre, que ce soit en Ukraine, en Palestine et en Israël ou dans tant d’autres endroits du monde ».

« Contempler la croix nous engage à servir les autres et à soulager leurs souffrances », a-t-il conclu.

La célébration de la Passion du Seigneur a commencé en silence. Le président et les deux prêtres qui l’accompagnaient se prosternaient face contre terre devant l’autel.

Source : SANCTUAIRE DE FATIMA, le 18 avril 2025

18.04.2025 – Chemin de Croix au Colisée: Jésus porte les blessures de notre histoire

Chemin de Croix au Colisée: Jésus porte les blessures de notre histoire

Environ 20 000 fidèles ont vécu dans la soirée du vendredi 18 avril, ce moment intense et spirituel qui commémore la Passion du Christ, méditant sur les principales étapes des souffrances du Seigneur qui ont conduit à sa crucifixion. Le Pape François convalescent et ayant préparé les méditations des quatorze stations, a suivi depuis sa résidence Sainte-Marthe, cette traditionnelle célébration, en communion avec l’ensemble des fidèles chrétiens rassemblés dans l’amphithéâtre romain. 

Myriam Sandouno – Cité du Vatican

«Le chemin du Calvaire passe par nos chemins de tous les jours. Seigneur, nous allons généralement dans la direction opposée à la tienne. Il est possible de nous retourner, de te regarder, de te suivre». L’introduction du Chemin de Croix débuté à 21h00 au Colisée, rappelle l’importance «de nous engager sur la route de Jésus» qui connaît les cœurs; et «de nous rendre compte qu’il vaut mieux changer de direction».

Un message adressé à l’ensemble de ces fidèles chrétiens et pèlerins qui, chaque année, participent au Chemin de Croix qui se tient à l’amphithéâtre romain, l’un des monuments les plus emblématiques, et lieu de martyr pour des milliers de chrétiens dans les premiers siècles après Jésus-Christ. Le Pape François, absent en raison de son état de convalescence et dont la santé connait des améliorations, a préparé les méditations pour ce Chemin de Croix, présidé dans la soirée de ce Vendredi Saint, par le vicaire général du Pape pour le diocèse de Rome, le cardinal Baldassare Reina.

Le cardinal Reina portant la croix
Le cardinal Reina portant la croix   (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

Au coeur de la Passion du Christ 

«La Via Crucis est la prière de ceux qui bougent. Elle interrompt nos chemins habituels afin que nous passions de la lassitude à la joie». Dans la nuit éclairée par une myriade de bougies, environ 20 000 fidèles se sont massés près du Colisée, priant et méditant les quatorze stations qui retracent la Passion et la mort du Christ sur la croix, preuve de son amour pour l’humanité. Étaient également présents des cardinaux, des évêques, des prêtres, ainsi que des religieuses et religieux.

Intentions de prières 

La Via Crucis s’est ouverte par une prière. Dans l’arène du Colisée, la croix en bois a été tout d’abord portée par le cardinal Reina, puis à tour de rôle le long du parcours, par des représentants des jeunes, de la Caritas, des migrants, des agents de santé, des personnes handicapées, des volontaires pour le Jubilé, ainsi que par des éducateurs et confesseurs. Au cours de ces moments intenses de prière, l’assemblée s’est tournée vers le Seigneur qui s’est donné en sacrifice sur la croix à Golgotha, lui présentant au fil des différentes stations: «conflits, tristesses, larmes, injustices, blessures et fragilités». Les malades, les prisonniers, les pauvres, les croyants et non croyants, ont été portés en prière. 

Une petite fille portant un cierge
Une petite fille portant un cierge   (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

L’espérance en Jésus

Le Chemin de Croix du Christ, «n’a pas seulement été une montée, il a été une descente vers ceux que tu as aimés, vers le monde que Dieu aime», souligne la méditation du Pape à la deuxième station. Les jeunes aussi peinent et se fatiguent, les adultes trébuchent et tombent, «mais ceux qui espèrent en toi reprennent des forces, ils se donnent des ailes comme les aigles, ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer».

En effet sur le chemin de la Croix, Marie était présente partageant la douleur de son Fils: «Ô Mère, tu es l’une des rares à t’en souvenir. Maintenant, c’est le Fils qui a besoin de toi. Il sent que tu ne désespères pas». À la quatrième station qui évoque la rencontre de Jésus et de Marie, l’intercession de la Vierge attentive qui oriente et console les cœurs, a été demandée.

Les regards fixés sur la Croix, les fidèles dans le silence, plongés dans la méditation des stations qui se suivaient, ont prié pour la paix et l’unité au sein de l’Église: «Si l’Église t’apparait aujourd’hui comme un vêtement déchiré, apprends-nous à retisser notre fraternité, fondée sur ton don. Nous sommes ton Corps, ta tunique indivisible, ton Épouse. Nous le sommes ensemble…».

«Apprend nous à aimer»

La Croix de Jésus fait tomber les murs, elle efface les dettes et annule les jugements, établit la réconciliation, précise la méditation de la 11ème station: «Tu es le véritable Jubilé. Convertis-nous à toi, Jésus qui, cloué, peux tout». L’amour a été mise en évidence à cette étape, les fidèles et pèlerins demandant à Jésus Amour de leur «apprendre à aimer», car en effet «nos ténèbres cherchent la lumière».

Des fidèles en prière
Des fidèles en prière   (ANSA)

La mort de Jésus sur la Croix 

«Le soleil s’était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu. Alors, Jésus poussa un grand cri: Père, entre tes mains je remets mon esprit. Et après avoir dit cela, il expira.» Luc (23, 45-49). À la 12èmestation, une autre prière est adressée, implorant: «Jésus, de nous accorder, nous qui te regardons encore souvent à distance, de vivre dans ton souvenir, pour qu’un jour, lorsque tu viendras, la mort même nous trouve vivants».

Par le Chemin de Croix parcouru au Colisée en cette année 2025 du Jubilé, «nous nous sommes tournés vers l’amour dont rien ne peut nous séparer. Maintenant, alors que le Roi dort et qu’un grand silence descend sur toute la terre, faisant nôtres les paroles de saint François, invoquons le don de la conversion du cœur». Concluant la Via Crucis, le cardinal Baldassare Reina a prié pour que «le Seigneur éclaire les ténèbres des cœurs, accorde une foi droite, une espérance certaine, une charité parfaite», mais aussi «la sagesse et le discernement» pour faire la volonté du Seigneur. 

Source : VATICANNEWS, le 18 avril 2025

18.04.2025 – Méditations du Chemin de Croix au Colisée: «Le Ciel s’abaisse»

Le traditionnel Chemin de Croix du Vendredi Saint à Rome, au Colisée, le 29 mars 2024.   (Vatican Media)

Méditations du Chemin de Croix au Colisée: «Le Ciel s’abaisse»

Dans les méditations écrites pour le traditionnel Chemin de Croix du Vendredi Saint, au Colisée, présidé ce 18 avril, par le cardinal Baldo Reina, le Pape explique que le chemin de Golgotha est la descente que Jésus a faite «vers le monde que Dieu aime». Le Christ, «cloué», se met «au milieu des parties, des opposés » et les amène au Père, car sa Croix «abat les murs, annule les dettes» et «établit la réconciliation». 

Tiziana Campisi – Cité du Vatican

Un chemin proposé à chaque homme, pour regarder à l’intérieur de soi et faire face à sa propre conscience, en s’arrêtant sur les souffrances du Christ sur le chemin du Calvaire. Les méditations préparées par le Pape pour le Chemin de Croix du Vendredi Saint montrent que le chemin de croix est la descente que Jésus a faite vers ceux qu’il aimait, «vers le monde que Dieu aime» (IIe station). C’est aussi «une réponse, une prise de responsabilité» de la part du Christ. Celui qui intercède, se met «entre les parties, entre les contraires» (XIe station) et les amène à Dieu, parce que sa «croix abat les murs, efface les dettes, annule les jugements, établit la réconciliation». Jésus, «le vrai Jubilé», qui s’est dépouillé de ses vêtements, se révélant «intime même avec ceux qui le détruisent» et regardant ceux qui le dénigrent «comme des personnes bien-aimées que le Père» lui a confiées, montre qu’il veut sauver «tout le monde, tout le monde» (Xe station).

Ce vendredi 18 avril, par délégation du Pape, le vicaire général du diocèse de Rome, le cardinal Baldo Reina, présidera ce Chemin de Croix au Colisée.

L’économie de Dieu

Dans les réflexions du Souverain pontife, se dessine une invitation à sortir de ses propres schémas, pour comprendre «l’économie de Dieu» -qui «ne tue pas, ne jette pas, n’écrase pas. Elle est humble, fidèle à la terre»- et la voie de Jésus, celle «des Béatitudes», qui «ne détruit pas, mais cultive, répare, garde» (IIe station). Mais c’est sur «l’économie divine» (VIIe station), si différente des économies actuelles faites «de calculs et d’algorithmes, de logiques froides et d’intérêts implacables», que François insiste. Pour les hommes, le Christ a accepté la croix et ce fardeau dont il est chargé «dit le souffle» qui «l’anime, cet Esprit “qui est Seigneur et qui donne la vie“» (IIe station). Nous, en revanche, nous sommes «essoufflés à force de fuir la responsabilité». Mais «il suffirait de ne pas fuir et de rester, parmi ceux que tu nous as donnés, dans les contextes où tu nous as placés», exhorte le Pape, pour nous lier, car «c’est seulement ainsi» que nous cessons «d’être prisonniers» de nous-mêmes, prisonniers de notre égoïsme et de notre indifférence.

Le Chemin de Croix, une prière en mouvement

Dans l’introduction aux quatorze stations, François écrit que dans les pas de Jésus sur le chemin de Golgotha «il y a notre exode vers une terre nouvelle», parce que le Christ est «venu changer le monde», et donc nous devons «changer de direction, voir la bonté de» ses «traces». C’est pourquoi «le Chemin de Croix est la prière de ceux qui se déplacent. Il interrompt nos chemins habituels». Et c’est un chemin qui «nous coûte», «dans ce monde qui calcule tout» et où «la gratuité a un prix élevé». Mais «dans le don», note le Pape, «tout refleurit: une ville divisée en factions et déchirée par les conflits s’achemine vers la réconciliation; une religiosité desséchée redécouvre la fécondité des promesses de Dieu» et «même un cœur de pierre peut se transformer en un cœur de chair».

La liberté de l’homme

La condamnation à mort de Jésus est l’occasion de rappeler «le jeu dramatique de nos libertés» (Ière station). De la confiance «irrévocable» avec laquelle Dieu se remet «entre nos mains», signe d’une «sainte agitation», on peut tirer des «merveilles», souligne François: «en libérant ceux qui sont accusés injustement, en approfondissant la complexité des situations, en contrant les jugements qui tuent». Cependant, nous sommes «prisonniers de rôles» dont nous ne voulons pas «sortir, préoccupés par les désagréments d’un changement de direction», de sorte que «nous avons déjà trop souvent abandonné le chemin de la croix».

Pourtant, le Christ, «silencieusement devant nous en chaque sœur et frère exposé au jugement et au préjugé», nous provoque, mais «mille raisons» comme «les arguments religieux, les tracasseries juridiques» et «le bon sens apparent qui ne s’intéresse pas au sort des autres» nous font ressembler à Hérode, aux prêtres, à Pilate et à la foule. Malgré cela, Jésus ne s’en lave pas les mains, mais il aime «encore, en silence». Le thème de la liberté est repris à la XIe station: le Christ est cloué sur la croix et «nous montre qu’en toute circonstance, il y a un choix à faire». C’est «le vertige de la liberté». Jésus choisit d’accorder son «attention» aux deux hommes crucifiés à ses côtés, laissant «glisser les insultes de l’un» et accueillant «l’invocation de l’autre». Et il n’oublie pas ceux qui l’ont cloué au bois, il demande pardon pour «ceux qui ne savent pas ce qu’ils font» et les conduit à Dieu.

Tomber et se relever

La troisième station décrit Jésus «tombant pour la première fois», une image qui nous apprend que «le chemin de croix est tracé en profondeur sur la terre: les grands s’en éloignent, ils voudraient toucher le ciel. Au contraire, le ciel est là, il est abaissé, on le rencontre même en tombant, en restant à terre». Dans sa deuxième chute (VIIe station), au contraire, le Christ enseigne à lire «l’aventure de la vie humaine»: «tomber et se relever ; tomber et se relever encore», observe le Pape, de sorte que les hommes «chancellent, se distraient, se perdent» et «connaissent» aussi «la joie: celle des nouveaux départs, celle des renaissances». Mais ils sont «uniques, entrelacés de grâce et de responsabilité». Jésus, en se faisant «l’un de nous», n’a pas «craint de trébucher ou de tomber», et pourtant il y a «ceux qui en sont gênés, ceux qui font étalage d’infaillibilité», considère l’évêque de Rome, «ceux qui cachent leurs propres chutes et ne pardonnent pas celles des autres, qui nient le chemin» choisi par le Christ, qui, cependant, prend soin de chacun «comme d’une brebis qui s’est égarée».

Or, il existe aujourd’hui des économies inhumaines, où «99 vaut plus qu’un seul», parce que ce que «nous avons construit» est «un monde de calculs et d’algorithmes, de logiques froides et d’intérêts implacables». L’«économie divine», au contraire, «est autre», et c’est pourquoi se tourner vers le Christ qui tombe et se relève «c’est changer de cap et changer de rythmeUne conversion qui redonne la joie et nous ramène à la maison». Enfin, avec sa troisième chute, Jésus, le Fils de Dieu, qui est sans péché, «s’approche de chaque pécheur» -en aimant son cœur et en le réchauffant- il se relève et se remet «sur le chemin jamais parcouru, audacieux, généreux». «De nouveau à terre, sur le chemin de la croix», le Christ est «le Sauveur de cette terre qui est la nôtre».

Comme des Cyrénéens

Dans les différents personnages du Chemin de Croix, François identifie des expériences que tout homme peut vivre. Comme celle de Simon de Cyrène (Ve station) qui, revenant des champs, est arrêté pour aider Jésus à porter la croix. Cet homme, qui se retrouve à porter la croix du Christ «sans l’avoir demandé», nous fait comprendre que «l’on peut rencontrer Dieu» même par hasard, quand notre «direction» est autre, reconnaît le Pape. Mais le joug de Jésus «est léger» et «facile à porter», lit-on dans l’Évangile, et il aime «nous impliquer» dans son «travail, qui cultive la terre pour qu’elle soit à nouveau ensemencée». Dans la réalité d’aujourd’hui, «nous avons besoin de ceux qui nous arrêtent parfois, reconnaît François, et qui mettent sur nos épaules un morceau de réalité qu’il faut simplement porter». Mais si l’on œuvre sans Dieu, «on se disperse», c’est pourquoi «sur le chemin de la croix se lève la nouvelle Jérusalem» vers laquelle il faut se tourner comme le Cyrénéen, en changeant de «chemin» et en œuvrant avec Jésus.

Les femmes sur le chemin du Calvaire

Dans les IVe, VIe et VIIIe stations, plusieurs figures féminines s’approchent de Jésus. Marie, tout d’abord, qui vit les événements non pas comme «un renoncement, mais une découverte continue, jusqu’au Calvaire», une «ouverture» à la «nouveauté» de Dieu. Elle, «le premier disciple», nous aide à comprendre que pour le Christ, sa «mère» et ses «frères sont ceux qui écoutent et se laissent changer. Ils ne parlent pas mais font», car «en Dieu les paroles sont des actes, les promesses sont réalité». En outre, Marie nous «sommes mis de nouveau au monde par la foi».

Puis il y a Véronique, qui essuie avec amour le visage de Jésus, nous invitant à regarder ce visage dans lequel nous pouvons lire clairement «la décision de nous aimer jusqu’au dernier souffle: et même au-delà, parce que l’amour est aussi fort que la mort». Un visage qui change «notre cœur», souligne François, parce que Jésus se livre «à nous, jour après jour, dans le visage de chaque être humain», et donc «chaque fois que nous nous tournons vers le plus petit», nous prêtons «attention à ses membres».

Les «filles de Jérusalem», quant à elles, rappellent l’entente particulière que le Christ a établie avec les femmes. Mais face à leur compassion et à leurs larmes, Jésus recommande de pleurer plutôt pour les nouvelles générations. Aujourd’hui, cependant, il y a un besoin de «larmes de reconsidération dont nous ne devrions pas avoir honte», a fait remarquer le Pape, «des larmes qui’il ne faut pas garder pour soi», en particulier pour «notre vivre-ensemble blessé» qui, «dans ce monde brisé, a besoin de larmes sincères, et non de circonstance».

Jésus est parmi ceux qui espèrent encore

À la fin du Chemin de Croix, la scène émouvante de Jésus descendu de la Croix (XIIIe station) et remis à Joseph d’Arimathie, «qui attendait le Royaume de Dieu», suggère que le Christ est «parmi ceux qui espèrent encore, parmi ceux qui ne se résignent pas à penser que l’injustice est inévitable» et nous invite «à une grande responsabilité», nous rend «audacieux». Enfin, la quatorzième station introduit le silence du Samedi Saint. Face à la mort du Christ, «dans un système qui ne s’arrête jamais», François élève une forte prière: «Apprends-nous à ne rien faire, quand on nous demande seulement d’attendre. Éduque-nous aux temps de la terre, qui ne sont pas ceux de l’artifice». Jésus, «mis au tombeau», partage «la condition que nous partageons tous» et atteint «les abîmes qui nous font si peur» et dont «nous nous échappons en multipliant nos activités», tournant «souvent en rond». Le Christ semble maintenant «dormir dans la tempête du monde», mais avec sa résurrection, qui impliquera toute la création, viendra la paix entre toutes les nations. 

Source : VATICANNEWS, le 18 avril 2025

« Marie baise la lance où se trouve encore le Sang de son Fils »

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« Marie baise la lance où se trouve encore le Sang de son Fils »

Dans cet extrait de l’Évangile tel qu’il m’a été révélé, la Vierge Marie est enfermée au Cénacle avec Marie Madeleine, le jour du Samedi Saint, lorsque le maître de maison vient lui annoncer que Longinus, l’officier romain qui a transpercé le cœur du Christ avec sa lance, désire la voir :

« Marie-Madeleine va trouver la Vierge : « Mère, Longinus est là dehors… Il t’offre la lance. »

« Fais-le passer. » Le maître de maison, qui est sur le seuil, bougonne :
« Mais c’est un païen. »

« Je suis la Mère de tous, homme, comme Lui est le Rédempteur de tous. »

Longinus entre, et sur le seuil salue à la romaine avec un geste du bras (il a enlevé son manteau) et ensuite vocalement : « Ave, Domina. Un romain te salue : Mère du genre humain. La vraie Mère. Moi, je n’aurais pas voulu être à… à… à cette chose, mais j’en avais l’ordre. Cependant, si je sers à te donner ce que tu désires, je pardonne au destin de m’avoir choisi pour cette horrible chose. Voici. » Et il lui donne la lance enveloppée dans un drap rouge, le fer seul, pas la hampe.

Marie la prend en devenant encore plus pâle. Ses lèvres s’effacent à cause de sa pâleur. Il semble que la lance lui fait perdre son sang. Et elle tremble jusqu’avec ses lèvres en disant : « Qu’il te conduise à Lui, à cause de ta bonté. »

« C’était l’unique Juste que j’aie rencontré dans le vaste empire de Rome. Je regrette de ne l’avoir connu que par les paroles de mes compagnons. Maintenant… c’est trop tard ! »

 « Non, fils. Lui a fini d’évangéliser. Mais son Évangile reste, dans son Église. »

« Où est son Église ? » Longinus est légèrement ironique.

« Elle est ici. Aujourd’hui elle est frappée et dispersée, mais demain elle se réunira comme un arbre qui remet en place sa chevelure après la tempête. Et même s’il n’y avait plus personne, moi j’y suis. Et l’Évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu et le mien, est tout entier écrit dans mon cœur. Je n’ai qu’à regarder mon cœur pour pouvoir le répéter. »

« Je viendrai. Une religion, qui a pour chef un tel héros, ne peut être que divine. Ave, Domina ! » Longinus aussi s’en va.

Marie baise la lance où se trouve encore le Sang de son Fils… Et elle ne veut pas enlever ce Sang, « rubis de Dieu sur la lance cruelle » dit-elle… »

Maria Valtorta (1)

Extrait du tome 10 de l’Evangile tel qu’il m’a été révélé, § 614.6

https://nl.mariedenazareth.com/click.html?x=a62e&co=omu&lc=gSWR&mc=c&s=H1ut&u=H&z=eg15DiF&

Maria Valtorta, (1897-1961) est une visionnaire et mystique italienne, membre du Tiers-ordre catholique des Servites de Marie et auteur d’écrits spirituels, dont les fameux 10 tomes de L’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie