Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (+ 1716) Fondateur d’ordres religieux, Docteur de la médiation de Marie
Louis-Marie Grignion de La Bacheleraie naît à Montfort-la-Cane, alors du diocèse de Saint-Malo, aujourd’hui de celui de Rennes, le 31 janvier 1673. Par esprit de religion et d’humilité, il abandonna plus tard le nom de sa famille, pour prendre celui du lieu de sa naissance et de son baptême. Sa première éducation fut pieuse et forte ; il la compléta chez les Jésuites de Rennes, où il acquit la réputation d’un saint Louis de Gonzague.
La Providence le conduisit ensuite à Paris, pour y étudier en diverses maisons tenues par les Sulpiciens, et à Saint-Sulpice même. Dans ce séminaire, où il brilla par son intelligence et sa profonde piété, on ne comprit pas assez les vues de Dieu sur lui. Dieu le permit ainsi pour le former à l’amour de la Croix, dont il devait être l’apôtre passionné. C’est à l’école de Saint-Sulpice qu’il puisa toutefois son merveilleux amour de Marie et qu’il se prépara à devenir son apôtre et son docteur.
Jeune prêtre, ordonné en juin 1700, il fut d’abord aumônier à l’hôpital de Poitiers, où il opéra une réforme aussi prompte qu’étonnante. Ballotté ensuite pendant quelques temps par les persécutions que lui suscitaient les Jansénistes, il se rendit à Rome en vue de s’offrir au Pape pour les missions étrangères, et il reçut du Souverain Pontife l’ordre de travailler à l’évangélisation de la France.
Dès lors, pendant dix ans, il va de missions en missions, dans plusieurs diocèses de l’Ouest, qu’il remue et transforme par sa parole puissante, par la flamme de son zèle et par ses miracles. Il alimente sa vie spirituelle dans une prière continuelle et dans des retraites prolongées, il est l’objet des visites fréquentes de la Sainte Vierge. Ses cantiques populaires complètent les fruits étonnants de sa prédication ; il plante partout la Croix ; il sème partout la dévotion au Rosaire : il prépare providentiellement les peuples de l’Ouest à leur résistance héroïque au flot destructeur de la Révolution, qui surgira en moins d’un siècle.
Les cinq années d’avant sa mort en 1716 furent pour Louis-Marie des années d’activité intense. Il était constamment occupé à prêcher des missions et se rendait de l’une à l’autre à pied. Il trouva pourtant le temps d’écrire: le Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge, Le Secret de Marie, les Règles des Filles de la Sagesse (ou de la Providence), et de nombreux cantiques qu’il utilisait dans ses missions en les faisant chanter sur des airs de danse de l’époque. Il entreprit deux longs voyages, l’un à Paris et l’autre à Rouen, pour essayer de trouver des recrues pour sa Compagnie de Marie dont il rêvait de plus en plus alors que sa vie tirait à sa fin. De temps à autre aussi il éprouvait le besoin de se retirer dans un endroit paisible et isolé, tel que la Forêt de Mervent ou son petit ermitage de Saint-Eloi près de La Rochelle.
Ses missions ont exercé une grande influence, surtout en Vendée. On a dit que l’une des raisons pour lesquelles les habitants de cette région sont restés fortement opposés aux tendances antireligieuses et anticatholiques de la Révolution française 80 ans plus tard, était que leur foi avait été affermie par la prédication de saint Louis-Marie. Il eut pourtant beaucoup de difficulté à persuader d’autres prêtres de s’adjoindre à lui et de travailler avec lui comme membres de la Compagnie de Marie. Finalement, au cours de sa dernière année, deux prêtres, les Abbés René Mulot et Adrien Vatel, s’adjoignirent à lui, et il réunit aussi autour de lui un certain nombre de Frères qui l’aidaient dans sa tâche.
L’évêque de La Rochelle, Mgr. Étienne de Champflour, resta pour lui un grand ami, même si d’autres continuaient de s’opposer à lui et même attentaient à sa vie. Avec l’appui de l’évêque, il fonda des écoles charitables pour les enfants pauvres de La Rochelle, et invita Marie-Louise Trichet et Catherine Brunet, qui attendaient patiemment à Poitiers depuis dix ans, à venir l’aider. Elles firent enfin leur profession religieuse et c’est ainsi que naquit la congrégation des Filles de la Sagesse. Bientôt d’autres se joignirent à elles.
En avril 1716, épuisé par le travail et la maladie, Louis-Marie se rendit finalement à Saint-Laurent-sur-Sèvre pour commencer à prêcher la mission qui devait être la dernière. Il tomba malade au cours de la mission et mourut le 28 avril.
Des milliers de personnes assistèrent à ses funérailles dans l’église paroissiale, et peu de temps après le bruit se répandit que des miracles avaient eu lieu à son tombeau.
Louis-Marie Grignion de Montfortfut béatifié le 22 janvier 1888, par le pape Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903), et canonisé le 20 juillet 1947, par le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958).
Les congrégations qu’il a données à l’Église, la Compagnie de Marie, les Filles de la Sagesse, et les Frères de Saint Gabriel (congrégation qui se développa à partir du groupe de Frères réunis par saint Louis-Marie), se sont développées et propagées, en France d’abord et ensuite dans le monde entier. Elles continuent de témoigner du charisme de saint Louis-Marie, et prolongent sa mission, qui est d’établir le Royaume de Dieu, le Règne de Jésus par Marie.
Il y avait un homme, un pharisien nommé Nicodème ; c’était un notable parmi les Juifs. Il vint trouver Jésus pendant la nuit. Il lui dit : « Rabbi, nous le savons, c’est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi, tu accomplis, si Dieu n’est pas avec lui. » Jésus lui répondit : « Amen, amen, je te le dis : à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu. »
Nicodème lui répliqua : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître ? » Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu.
Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne sois pas étonné si je t’ai dit : il vous faut naître d’en haut.
Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Augustin (354-430)
évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Renaître de l’Esprit par les entrailles de l’Église
Il y a une seule régénération spirituelle comme il y a une seule génération selon la chair. Et ce que Nicodème a dit au Seigneur est vrai : l’homme, quand il est vieux, ne peut rentrer dans le sein de sa mère pour renaître. Il dit que l’homme ne peut le faire quand il est un vieillard, comme s’il le pouvait lorsqu’il est un enfant. En réalité, il est absolument impossible de rentrer dans les entrailles maternelles et de renaître, aussi bien pour le nourrisson que pour le vieillard. Mais de même que pour notre naissance charnelle, les entrailles de notre mère ne peuvent enfanter qu’une seule fois, ainsi, pour la naissance spirituelle, les entrailles de l’Église ne peuvent donner à chacun de nous qu’un seul baptême. C’est ce que le Seigneur explique à Nicodème en lui disant : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de renaître de l’eau et de l’Esprit, personne ne peut entrer dans le Royaume de Dieu (Jn 3,5). Tu as en vue, lui dit-il, la régénération charnelle lorsque tu demandes : « Est-il possible qu’un homme rentre dans le sein de sa mère ? » (Jn 3,4). Mais c’est de l’eau et de l’Esprit qu’il faut naître pour le royaume de Dieu. Lorsqu’il s’agit de naître pour l’héritage temporel d’un père humain, il faut naître d’une mère ; si c’est pour l’héritage éternel de Dieu le Père, il faut naître des entrailles de l’Église. C’est par son épouse qu’un père qui doit mourir engendre le fils qui lui succédera ; c’est de l’Église que Dieu engendre des fils destinés, non à lui succéder, mais à demeurer avec lui.
LECTURES :
Livre des Actes des Apôtres 4,23-31.
En ces jours-là, lorsque Pierre et Jean eurent été relâchés, ils se rendirent auprès des leurs et rapportèrent tout ce que les grands prêtres et les anciens leur avaient dit. Après avoir écouté, tous, d’un même cœur, élevèrent leur voix vers Dieu en disant : « Maître, toi, tu as fait le ciel et la terre et la mer et tout ce qu’ils renferment. Par l’Esprit Saint, tu as mis dans la bouche de notre père David, ton serviteur, les paroles que voici : ‘Pourquoi ce tumulte des nations, ce vain murmure des peuples ? Les rois de la terre se sont dressés, les chefs se sont ligués entre eux contre le Seigneur et contre son Christ ?’ Et c’est vrai : dans cette ville, Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et le peuple d’Israël, se sont ligués contre Jésus, ton Saint, ton Serviteur, le Christ à qui tu as donné l’onction ; ils ont fait tout ce que tu avais décidé d’avance dans ta puissance et selon ton dessein. Et maintenant, Seigneur, sois attentif à leurs menaces : donne à ceux qui te servent de dire ta parole avec une totale assurance. Étends donc ta main pour que se produisent guérisons, signes et prodiges, par le nom de Jésus, ton Saint, ton Serviteur. » Quand ils eurent fini de prier, le lieu où ils étaient réunis se mit à trembler, ils furent tous remplis du Saint-Esprit et ils disaient la parole de Dieu avec assurance.
Psaume 2,1-3.4-6.7bc-9.
R/ Heureux qui trouve en Dieu son refuge ! (Ps 2, 12)
Pourquoi ce tumulte des nations, ce vain murmure des peuples ? Les rois de la terre se dressent, les grands se liguent entre eux contre le Seigneur et son messie : « Faisons sauter nos chaînes, rejetons ces entraves ! »
Celui qui règne dans les cieux s’en amuse, le Seigneur les tourne en dérision ; puis il leur parle avec fureur, et sa colère les épouvante : « Moi, j’ai sacré mon roi sur Sion, ma sainte montagne. »
Il m’a dit : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. « Demande, et je te donne en héritage les nations, pour domaine la terre tout entière. Tu les détruiras de ton sceptre de fer, tu les briseras comme un vase de potier. »
Messe du deuxième jour des novendiales à l’intention du pape François présidée par le cardinal Pietro Parolin, avec la présence des adolescents. En direct de la place Saint-Pierre.
François-Joseph Navez, « L’Incrédulité de saint Thomas », 1823 (photo : Public Domain)
» Ô sang et eau, qui avez jailli du cœur de Jésus comme une fontaine de miséricorde pour nous, nous nous confions en vous. «
Aujourd’hui, c’est le deuxième dimanche de Pâques et le dimanche de la Miséricorde divine. Ce n’est pas un dimanche après Pâques, mais un dimanche de Pâques, parce que tout le temps pascal – les 50 jours qui vont de Pâques à la Pentecôte – est une célébration unifiée du mystère pascal dans laquelle « la joie de la Résurrection » ne peut être contenue dans un seul jour ou même dans une seule octave. La Pâque dure 50 jours.
Les Évangiles de dimanche dernier nous ont laissés au tombeau vide – l’Évangile de la Veillée pascale relate la rencontre de Marie-Madeleine et de ses compagnons avec le jeune homme, qui leur montre le tombeau vide. L’Évangile de la messe du jour de Pâques raconte comment les saints Pierre et Jean se sont rendus au tombeau et l’ont trouvé vide, voyant les linges funéraires mis de côté et « voyant et croyant ».
L’Évangile d’aujourd’hui (Jean 20, 19-31) relate la première rencontre des Apôtres avec le Christ ressuscité. Bien qu’une semaine se soit écoulée pour nous, l’Évangile raconte les événements de la nuit du dimanche de Pâques, lorsque les Apôtres – derrière des portes verrouillées, terrés et effrayés – reçoivent la visite de Jésus ressuscité.
Ils ont reçu toutes sortes de rapports. Marie-Madeleine voit d’abord un tombeau vide, puis rencontre le Jardinier qu’elle reconnaît comme étant Jésus. Pierre et Jean se sont également rendus au tombeau vide. Peut-être que les disciples qui sont partis frustrés vers Emmaüs sont revenus. Quoi qu’il en soit, les apôtres eux-mêmes rencontrent enfin le Seigneur ressuscité.
Le premier mot qu’il leur adresse après la résurrection est « Paix ! ». Shalom ! n’est pas seulement une salutation sympathique, « j’espère que vous allez bien ». Il évoque une paix et une réconciliation profondes, ce qui est, après tout, la raison pour laquelle Jésus est venu dans le monde. Ce pour quoi il est venu est délivré : personne ne doit être perdu, sauf s’il le choisit par indifférence à l’invitation.
Mais la « paix » de Jésus n’est pas seulement un souhait personnel pour ces Douze. C’était sa mission (« comme le Père m’a envoyé ») et c’est maintenant la leur (« ainsi je vous envoie »). Et comment cette mission est-elle transmise et doit-elle se perpétuer ? Par le pardon des péchés : » Ceux à qui vous pardonnez les péchés, ils sont pardonnés ; ceux à qui vous tenez les péchés liés, ils sont tenus liés. «
Le Concile de Trente a défini ces mots comme la base de l’institution du sacrement de la pénitence, le cadeau de Pâques de Jésus à son Église. Sa mission consistait à réconcilier l’homme avec Dieu. Il est clair, d’après ses actions immédiatement après sa première rencontre post-Résurrection avec ses Apôtres, qu’il ne considère pas cette mission comme accomplie, terminée, cochée. Il démontre clairement qu’il a l’intention de poursuivre cette mission à travers les âges, non pas par une forme de « Jésus et moi » consistant à « reconnaître Jésus comme mon Seigneur et Sauveur personnel », mais dans la réconciliation sacramentelle par l’intermédiaire de ses ministres dans son Église. On peut choisir de croire ou même de faire d’autres choses, mais ce n’est pas ce qu’a dit le Jésus qui est passé par le Calvaire et qui est ressuscité des morts, et c’est une forme de « réconciliation » un peu bizarre quand le pécheur décide de remplacer sa façon de pardonner par la sienne.
Si nous comprenons cette rencontre de la nuit du dimanche de Pâques, nous voyons que la Réconciliation sacramentelle n’est pas quelque chose de marginal, qui ne fait que « traîner ». Il est clair que ni l’Église ni même Jésus n’ont décidé d' »introduire » la confession comme une réflexion après coup. Non – toute la vie, la mort et la résurrection de Jésus concernaient « Dieu et les pécheurs réconciliés » et, en annonçant cette paix et cette réconciliation à ses Apôtres, il fait d’eux des partageurs et des hérauts de cette mission. Comme je l’ai dit, Jésus ne considère pas la mission de réconciliation comme achevée par lui, mais il la confie clairement aux Apôtres. Cette mission de pardon n’est pas non plus déconnectée de tout l’écheveau de la mission de Jésus : l’ordre de pardonner les péchés est précédé d’une habilitation, à savoir « Recevez l’Esprit Saint ». Pâques est déjà en quelque sorte la Pentecôte : l’Esprit est déjà en quelque sorte donné, spécifiquement pour le pardon des péchés. Jésus a promis un Paraclet qui « convaincra le monde de péché » (Jean 16,8) en nous éclairant sur la vérité de nous-mêmes devant Dieu. Le don est donné. Comme l’a fait remarquer le Père David Stanley, cette nuit de Pâques est une nouvelle création : de même qu’à la première création, Dieu envoie son Esprit au-dessus des eaux (Genèse 1, 2), aujourd’hui, l’Homme-Dieu envoie à nouveau cet Esprit.
L’Évangile d’aujourd’hui est également lié à la célébration d’aujourd’hui car il note que, lors de cette première Pâque, saint Thomas était absent – mais « une semaine plus tard », lorsque Jésus réapparaît devant ses apôtres, il est de retour. Malgré ce que lui disent ses frères, Thomas ne veut pas croire sans « mettre mon doigt dans ses mains et ses pieds et dans son côté ». Jésus, ne voulant pas que Thomas reste « incrédule, mais crois », s’exécute. Sur cette base, Thomas professe sa foi dans le Christ ressuscité, qui culmine dans la béatitude que Jésus adresse à vous, à moi, et à d’innombrables chrétiens à travers les générations depuis cette rencontre entre Jésus et Thomas : » Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. «
François-Joseph Navez, un peintre belge de la première moitié des années 1800, a capturé ce moment dans sa peinture à l’huile de 1823, « L’Incrédulité de saint Thomas ». (Le tableau se trouve au Museum of Fine Arts de Houston).
Bien que l’on dise qu’il commence à incorporer certains éléments romantiques dans son art au moment où cette œuvre est peinte (1823), Navez est généralement classé comme un peintre néo-classique. Ces qualités sont apparentes dans cette œuvre. Les colonnes qui se détachent à l’arrière-plan semblent classiques. Jésus et saint Thomas sont tous deux vêtus d’une manière plus romaine que juive, notamment avec leurs poitrines et leurs épaules nues. Le vêtement est sans doute nécessaire pour Jésus (pour que Thomas puisse sonder son côté), mais celui de Thomas est clairement romain. La pose et l’expression du visage de Jésus sont également classiques : il ressemble davantage à un empereur romain victorieux qu’à un rabbin juif, ce qui est tout à fait paradoxal si l’on considère que, une dizaine de jours plus tôt, les Pharisiens avaient averti Pilate que » quiconque se fait roi devient le rival de César » (Jean 19, 12). Les autres apôtres (et, sans doute, Marie-Madeleine ?) sont vêtus d’une tenue plus typiquement juive, bien que leur position semble à mi-chemin entre des badauds curieux espérant voir ce que Thomas découvrira et une suite impériale.
L’accent est clairement mis sur le côté percé de Jésus. En plus d’être le point central de l’Évangile, il est aussi clairement indiqué par les mains et la ligne de visée de Thomas. La courbe vers la droite du manteau d’or de Thomas nous conduit également au pied de Jésus, les plis de son vêtement qui s’incurvent vers le haut nous ramènent directement à son côté exposé – tout comme sa main levée, qui conduit ensuite notre regard vers sa poitrine.
Les yeux des deux disciples de droite et du premier de gauche sont détournés de cette blessure à la poitrine, tandis que les deux disciples de gauche regardent directement le visage de Jésus, ce qui suggère qu’ils croient déjà. Les yeux de Madeleine ( ?) sont fermés, ce qui suggère peut-être quelque chose de similaire. Le grand apôtre à l’extrême gauche voit lui aussi la plaie thoracique de Jésus, sa ligne de mire nous y ramenant également en diagonale.
« De son côté blessé ont coulé le sang et l’eau, source de la vie sacramentelle dans l’Église », nous dit la Préface du Sacré-Cœur. Aujourd’hui, c’est aussi le dimanche de la Miséricorde divine, et sainte Faustine Kowalska nous rappelle que le côté transpercé de Jésus est aussi une source de miséricorde pour les pauvres pécheurs.
Dans ses révélations à Sainte Faustine, Jésus a parlé de la fête de la Miséricorde Divine comme d’une occasion spéciale pour la miséricorde absolue de Dieu, impliquant la réception des sacrements de la Pénitence et aujourd’hui de l’Eucharistie (Journal, n° 699) – comme nous l’avons vu ci-dessus, tous deux clairement des sacrements de Pâques. Dans le Journal dans lequel elle a consigné ces révélations, le Christ parle clairement de son côté ouvert comme de cette source de la Miséricorde Divine : « Sur la croix, la fontaine de ma miséricorde a été ouverte en grand par la lance pour toutes les âmes – je n’ai exclu personne ! ». (n° 1182). « De toutes mes blessures, comme de ruisseaux, la miséricorde coule pour les âmes, mais la blessure de mon Cœur est la fontaine de la miséricorde insondable. De cette fontaine jaillissent toutes les grâces pour les âmes. Les flammes de la compassion me brûlent. Je désire vivement les déverser sur les âmes. Parlez au monde entier de ma miséricorde » (n° 1190).
En même temps que l’institution de la fête de la Miséricorde Divine, Sainte Faustine raconte également que Notre Seigneur lui a demandé de faire une image de sa Miséricorde Divine, qui serait vénérée lors de cette fête (n° 742, 299, 327).
Eugène Kazimirowski a peint cette image, sous la direction de Sainte Faustine, en 1934 à Vilnius (aujourd’hui Lituanie). Elle a d’abord été accrochée dans un couvent, puis exposée publiquement pour la première fois au sanctuaire d’Ostra Brama dans cette ville en 1935. Lorsque l’Union soviétique a occupé Vilnius en 1940, le tableau a été caché en Lituanie et au Belarus. Aujourd’hui, elle est accrochée au sanctuaire de la Miséricorde divine (église de la Sainte-Trinité) dans la capitale lituanienne. De nombreuses paroisses l’exposeront aujourd’hui en cette fête. L’original figure ci-dessous.
Le tableau réaffirme l’Évangile de ce jour : Jésus est notre paix et notre réconciliation. De son Cœur blessé et de sa poitrine ouverte, il cherche à nous offrir sa Miséricorde, qui jaillit comme Thomas l’a sondé. Tournons-nous vers cette miséricorde dans nos temps troublés.
Jésus, j’ai confiance en toi !
*) John M. Grondelski (Ph.D., Fordham) est l’ancien doyen associé de l’école de théologie de la Seton Hall University, South Orange, New Jersey. Il s’intéresse particulièrement à la théologie morale et à la pensée de Jean-Paul II.
La Vierge de Lourdes n’y est pas mais elle y est bien visible !
Les personnes qui visitent la chapelle du sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes, dans la ville d’Alta Graciaen Argentine (province de Córdoba), sont témoins d’un phénomène inexplicable : dans la niche du retable au-dessus de l’autel, on peut voir une image de la Vierge Marie bien que l’espace soit vide !
Selon l’agence de presse argentine AICA, ce que l’on voit n’est pas une image plate mais plutôt une image tridimensionnelle avec des plis dans le vêtement.
Il ne s’agit pas non plus d’une illusion psychologique résultant de la dévotion exagérée de certains pèlerins car tout le monde, croyant ou non, la voit. En outre, l’image apparaît sur les photos prises sur place. Fait curieux, l’image est clairement visible depuis la porte d’entrée de l’église et s’estompe au fur et à mesure que l’on s’approche lentement de l’autel.
La chapelle de la Vierge d’Alta Gracia est située sur une grande propriété où fut inaugurée en 1916 une réplique de la grotte de Massabielle à Lourdes, en France, où la Vierge est apparue en 1858 à sainte Bernadette Soubirous. En 1922, une commission a été créée pour construire une chapelle près de la grotte. La première pierre fut posée en 1924 et, en 1927, l’évêque de Cordoue bénit la chapelle. Pendant de nombreuses années, une statue de Notre-Dame de Lourdes a été placée au centre du retable de l’église.
Au cours de l’année 2011, cette statue a été retirée de sa niche pour être restaurée et se trouve actuellement au pied de celle-ci qui est momentanément vide.
Un jour, l’un des prêtres en charge du sanctuaire allait fermer la chapelle et, depuis la porte principale, il a vu une image qui semblait faite de plâtre dans l’espace vide. Il s’est approché plusieurs fois et, à chaque fois, il a remarqué que l’image qu’il voyait à une certaine distance s’estompait. Il la voyait bien mais elle n’y était pas !
En raison de ce phénomène, visible par n’importe qui, les frères carmélites déchaux du sanctuaire ont publié en 2011 une déclaration indiquant que « la manifestation de l’image de la très sainte Vierge Marie n’a pas d’explication pour le moment. Elle doit être interprétée par le peuple de Dieu comme un signe pour accroître et approfondir la foi chrétienne et pour inspirer dans le cœur des hommes la conversion à l’amour de Dieu et leur participation à la vie de l’Église », ont-ils déclaré.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Zita naît dans le village de Bozzanello, près de Lucques, en Toscane, en 1218. Ses parents étaient de pauvres et pieux laboureurs.
Zita fut élevée par sa mère, une femme vertueuse et très modeste et, dès son plus jeune âge, était douce, modeste et docile à la volonté de Dieu.
Lorsqu’elle eut douze ans, son père l’envoyait régulièrement vendre des fruits à Lucques ; sa gentillesse lui attira une clientèle bienveillante et fidèle dont la famille des Fatinelli qui était une des plus riches de Lucques. Zita avait dix-huit ans quand les Fatinelli proposèrent de la prendre à leur service.
Toute sa vie servante dans cette famille, elle y mena une vie édifiante par ses jeûnes, ses prières et sa bonté. Pendant longtemps, elle fut injustement dénigrée, surchargée, humiliée et parfois battue par ses maîtres ou les autres domestiques pour sa trop grande bonté. Mais ces brimades n’entamèrent jamais sa paix intérieure, l’amour porté à ses contempteurs ni le respect témoigné à ses employeurs. Par son attitude humble et réservée, Zita finit par surmonter la méchanceté de ses maîtres et des autres domestiques au point qu’on lui confia toutes les affaires de la maison.
Sa foi et sa piété sans faille amenèrent même la famille à un éveil religieux.
Zita s’éteignit paisiblement chez les Fatinelli le 27 avril 1278. On raconte qu’une étoile est apparue au dessus de son lit lorsqu’elle expira. Elle avait 60 ans et avait servi la famille pendant 48 ans.
Il s’opéra sur sa tombe de nombreux miracles dont 150 ont fait l’objet d’un examen critique et de procès verbaux. Exhumé en 1580, son corps a été retrouvé intact.
Canonisée en 1696 par le pape Innocent XII (Antonio Pignatelli, 1691-1700), elle est devenue la sainte patronne de la ville de Lucques avec, comme attributs, un trousseau de clefs suspendu à sa ceinture et une cruche. Elle est également la patronne des domestiques (cuisiniers, serveurs, serveuses, employés de maison…)
Son corps momifié est toujours exposé dans sa châsse-reliquaire placée dans la chapelle qui lui est dédiée dans la basilique San Frediano de Lucques.