À l’image de Dieu, le confesseur ne se fatigue jamais de pardonner

Le Pape François en confession dans la Basilique Saint PierreLe Pape François en confession dans la Basilique Saint Pierre 

À l’image de Dieu, le confesseur ne se fatigue jamais de pardonner

Lors de la prière de l’Angélus, hier 14 février, François s’est arrêté sur l’épisode de la rencontre entre Jésus et le lépreux, sur la main tendue du Christ vers un lépreux qui s’approche de lui, vers celui que personne n’aurait osé toucher. Un geste de tendresse, de compassion et de proximité. Trois mots qui accompagnent la mission du confesseur.

Jean-Charles Putzolu – Cité du Vatican 

L’Évangile de ce dimanche 14 février se prêtait parfaitement à la lecture que François en a donné en s’adressant aux fidèles réunis sur une place Saint Pierre inondée de soleil. L’épisode du lépreux est rapporté par l’évangéliste Marc: «Un lépreux vient auprès de Jésus ; il le supplie et, tombant à ses genoux, lui dit : «Si tu le veux, tu peux me purifier». Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit: «Je le veux, sois purifié». À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié» (Mc 1, 40).

François décortique le comportement de Jésus, tout comme celui du malade, et fait remarquer les deux transgressions que cet épisode met en évidence: le lépreux, qui sort de son isolement prescrit par la loi et qui s’approche de Jésus; et le Christ qui a son tour devient transgresseur en touchant le malade, un geste là encore interdit par la loi. Mais cette double transgression démontre d’un côté que le lépreux voit en Jésus celui qui comprendra et partagera sa douleur, et il se retrouve attiré par lui. De l’autre côté, la transgression du Christ est en réalité un geste de miséricorde, de proximité, de tendresse et de compassion.

Le confesseur est miséricordieux

François s’est exprimé à maintes reprises sur la mission du confesseur. Aux prêtres, dont une partie importante de la vie sacerdotale se déroule au confessionnal, il demande de faire preuve de miséricorde et non de rigidité et de laxisme. Pour dispenser la miséricorde de Dieu, explique-t-il en 2014 aux prêtres de Rome, il faut prendre soin de la personne, l’écouter attentivement et avec respect et vérité l’accompagner sur le chemin de la réconciliation. Une mission fatigante, qui exige du prête de s’immiscer dans la peau du Bon Samaritain, et remplir son cœur de compassion, car son cœur est «le cœur du Christ»

Le confesseur ne juge pas, ne condamne pas. Il ouvre grand ses bras au pécheur repenti. Devant des missionnaires de la miséricorde réunis à Rome en provenance du monde entier il y a trois ans, François affirme que le confesseur est un messager de Dieu chargé de porter la réconciliation. Une responsabilité qui inclut de vivre «en cohérence avec la mission reçue». Le dispensateur de miséricorde délivre un message d’espérance à celui qui dans une démarche honnête s’approche du confessionnal. Et François de rappeler que le sacrement de la réconciliation offre la consolation intérieure.

Le ministère de la miséricorde, précise le Saint Père aux participants cours sur le for interne organisé par la Pénitencerie apostolique en 2019, «justifie, exige et impose presque une formation adéquate car la rencontre avec les fidèles qui demandent le pardon de Dieu soit toujours une véritable rencontre de salut au cours de laquelle l’accolade du Seigneur est perçue dans toute sa force, capable de changer, de convertir, de purifier et de pardonner».

Et pour le pénitent, ajoute le Pape, la démarche peut être sanctificatrice, car l’absolution sacramentelle lui redonne l’innocence baptismale et la pleine communion avec Dieu. Quant au confesseur, qu’il n’oublie jamais, avant de pénétrer dans le confessionnal, qu’il doit être un pécheur pardonné avant d’être un ministre du pardon, a exhorté François.

Le Pape se confesse tous les quinze jours

Lors de l’Audience générale du mercredi 20 novembre 2013, François commente le pouvoir que Jésus donne à ses disciples de pardonner les péchés: «Il est difficile de comprendre comment un homme peut pardonner les péchés. Jésus lui donne ce pouvoir. L’Église est dépositaire du pouvoir des clés. Elle peut ouvrir, fermer ou pardonner. Dieu pardonne tout homme dans sa souveraine miséricorde, mais lui-même a voulu que ceux qui appartiennent au Christ et à son Église, reçoivent le pardon des ministres de la communauté». Et en toute logique, il poursuit : «Le Pape aussi se confesse tous les 15 jours, parce que le Pape aussi est un pécheur. Le confesseur écoute ce que je lui dis, il me conseille et me pardonne, parce que nous avons tous besoin de ce pardon». François est le premier Pape à son confesser en public. Le 28 mars 2104 dans la basilique Saint Pierre, il s’agenouille devant le confessionnal. Un geste à l’occasion des «24 heures pour le Seigneur», initiative qu’il avait souhaitée précisément pour attirer l’attention sur le Sacrement de la réconciliation.

François est aussi confesseur

A l’occasion du Jubilée des jeunes, le 23 avril 2016, il s’assied sur une simple chaise place Saint Pierre, au milieu de nombreux autres confesseurs pour écouter les confessions des jeunes. Le lendemain, dans son homélie il revient sur la confession: «L’amour se nourrit de confiance, de respect, de pardon. […] Comment pouvons-nous grandir dans l’amour ? Le secret est encore le Seigneur: Jésus se donne à nous dans la Messe, il nous offre le pardon et la paix dans la Confession. Là, nous apprenons à accueillir son Amour, à le faire nôtre, à le diffuser dans le monde».

Prière et discernement

Lors de ses précédentes rencontres avec la Pénitencerie apostolique, François avait également insisté sur l’importance de la prière et du discernement: «Un confesseur qui prie sait bien qu’il est lui-même le premier pécheur et le premier pardonné. On ne peut pardonner dans le Sacrement sans avoir été d’abord pardonné. La prière est donc la première garantie pour éviter tout comportement de rigidité, qui jugerait inutilement le pécheur et non le péché». La prière aide à comprendre les blessures des autres et à les guérir par l’onction de la miséricorde. Elle aide aussi, en invoquant l’Esprit Saint, au discernement. Car l’Esprit Saint permettra de s’identifier aux les souffrances des frères et sœurs qui s’approchent du confessionnal, et une humble écoute de la volonté de Dieu. «Le confesseur ne fait pas selon sa propre volonté. Il n’enseigne pas une doctrine propre. Il est appelé toujours et seulement la volonté de Dieu, en pleine communion avec l’Église dont il est ministre et donc serviteur».

Le discernement est également important pour affronter avec sagesse les différentes situations qui se présentent au confesseur, qui peuvent inclure des troubles spirituels. Dans les cas d’abus sexuels commis au sein de l’Église, la capacité de discernement sera fondamentale au confesseur informé d’un délictum gravius car, selon les termes Vadémécum sur quelques points de procédure dans le traitement des cas d’abus sexuel sur mineur commis par des clercs, il devra «tenter de convaincre le pénitent de faire part de son information par d’autres voies, afin de permettre à qui de droit d’agir».

Enfin, dit aussi François sur le discernement nécessaire du confesseur: «Il éduque les yeux et le cœur, en permettant cette délicatesse d’esprit si nécessaire face à ceux qui ouvrent le sacrarium de leur conscience pour recevoir la lumière, la paix et la miséricorde».

Source: VATICANNEWS, le 15 février 2021

Le Pape salue les peuples évangélisés par Cyrille et Méthode

Saints Cyrille et Méthode, fêtés le 14 février par l'Église catholique, le 11 mai par l'Église orthodoxe. Saints Cyrille et Méthode, fêtés le 14 février par l’Église catholique, le 11 mai par l’Église orthodoxe.

Le Pape salue les peuples évangélisés par Cyrille et Méthode

À l’issue de l’angélus du 14 février, le Saint-Père a fait mention de la mémoire liturgique ce dimanche des saints Cyrille et Méthode, évangélisateurs du monde slave, proclamés patrons de l’Europe par saint Jean-Paul II en 1980.

«Aujourd’hui, en la fête des Saints Cyrille et Méthode, évangélisateurs des peuples slaves, proclamés par Saint Jean-Paul II co-patrons de l’Europe, je salue avec affection toutes les communautés vivant dans les territoires évangélisés par ces saints frères. Que leur intercession nous aide à trouver de nouvelles façons de communiquer l’Évangile. Ces deux-là n’ont pas eu peur de trouver de nouvelles façons de communiquer l’Évangile. Et que leur intercession augmente dans les Églises chrétiennes le désir de marcher vers la pleine unité tout en respectant les différences», a ainsi déclaré le Pape après l’angélus du dimanche 14 février.

Retour sur l’itinéraire de vie et le parcous de foi de ces deux évangélisateurs pionniers. 

L’administrateur et l’érudit

L’État civil les sépare seulement de deux ans. L’aîné est Méthode (qui en réalité s’appelait Michel) et naît en 825 à Thessalonique, où en 827 naît Cyrille (Constantin au civil). L’Histoire les voit d’abord divisés. Le premier se distingue vite comme un administrateur et reçoit la charge d’archonte d’une province de l’Empire byzantin. Le second bénéficie d’une instruction raffinée à Constantinople –grammaire, rhétorique, astronomie et musique– qui devait faire de lui un haut-dignitaire impérial. Lorsque cela arrive, Cyrille a une autre idée et refuse.

Un nouvel alphabet de la Bible

Autour de ses 35 ans, l’empereur Michel III pense à Cyrille lorsque les Chazari de la Mer d’Azov demandent l’envoi d’un lettré qui sache discuter avec Juifs et Sarazins. C’est ici que les deux frères se réunissent, en initiant ensemble la première de leurs nombreuses futures missions. Deux ans plus tard, en 863, c’est au tour de la Grande Moldavie. Le but de la mission est celui de limiter l’influence allemande avec deux missionnaires qui connaissent le slavon. Mais Cyrille et Méthode vont au-delà. Probablement s’étant rendu compte de la difficulté de communiquer les Écritures dans les langues officielles, le latin et le grec, les deux frères inventent un nouvel alphabet, le «glagolitique», universellement connu comme le «cyrillique»: 40 caractères dérivés en grande partie du cursif grec médiéval.

Source: VATICANNEWS, le 14 février 2021

Le Pape salue les peuples évangélisés par Cyrille et Méthode

Saints Cyrille et Méthode, fêtés le 14 février par l'Église catholique, le 11 mai par l'Église orthodoxe. Saints Cyrille et Méthode, fêtés le 14 février par l’Église catholique, le 11 mai par l’Église orthodoxe.

Le Pape salue les peuples évangélisés par Cyrille et Méthode

À l’issue de l’angélus du 14 février, le Saint-Père a fait mention de la mémoire liturgique ce dimanche des saints Cyrille et Méthode, évangélisateurs du monde slave, proclamés patrons de l’Europe par saint Jean-Paul II en 1980.

«Aujourd’hui, en la fête des Saints Cyrille et Méthode, évangélisateurs des peuples slaves, proclamés par Saint Jean-Paul II co-patrons de l’Europe, je salue avec affection toutes les communautés vivant dans les territoires évangélisés par ces saints frères. Que leur intercession nous aide à trouver de nouvelles façons de communiquer l’Évangile. Ces deux-là n’ont pas eu peur de trouver de nouvelles façons de communiquer l’Évangile. Et que leur intercession augmente dans les Églises chrétiennes le désir de marcher vers la pleine unité tout en respectant les différences», a ainsi déclaré le Pape après l’angélus du dimanche 14 février.

Retour sur l’itinéraire de vie et le parcous de foi de ces deux évangélisateurs pionniers. 

L’administrateur et l’érudit

L’État civil les sépare seulement de deux ans. L’aîné est Méthode (qui en réalité s’appelait Michel) et naît en 825 à Thessalonique, où en 827 naît Cyrille (Constantin au civil). L’Histoire les voit d’abord divisés. Le premier se distingue vite comme un administrateur et reçoit la charge d’archonte d’une province de l’Empire byzantin. Le second bénéficie d’une instruction raffinée à Constantinople –grammaire, rhétorique, astronomie et musique– qui devait faire de lui un haut-dignitaire impérial. Lorsque cela arrive, Cyrille a une autre idée et refuse.

Un nouvel alphabet de la Bible

Autour de ses 35 ans, l’empereur Michel III pense à Cyrille lorsque les Chazari de la Mer d’Azov demandent l’envoi d’un lettré qui sache discuter avec Juifs et Sarazins. C’est ici que les deux frères se réunissent, en initiant ensemble la première de leurs nombreuses futures missions. Deux ans plus tard, en 863, c’est au tour de la Grande Moldavie. Le but de la mission est celui de limiter l’influence allemande avec deux missionnaires qui connaissent le slavon. Mais Cyrille et Méthode vont au-delà. Probablement s’étant rendu compte de la difficulté de communiquer les Écritures dans les langues officielles, le latin et le grec, les deux frères inventent un nouvel alphabet, le «glagolitique», universellement connu comme le «cyrillique»: 40 caractères dérivés en grande partie du cursif grec médiéval.

Source: VATICANNEWS, le 14 février 2021

ANGÉLUS DU 14 FÉVRIER 2021 À ROME

Angélus: la compassion de Dieu partage les douleurs de l’humanité

Pour ce dernier angélus avant l’entrée en Carême le 17 février prochain, le Pape François a livré dimanche une méditation sur la compassion, la proximité et la tendresse avec les malades, les souffrants de tout maux, rappelant combien Dieu se laisse, lui, «contaminer» par ces douleurs afin de mieux les guérir. 

Le Pape François a d’abord médité sur l’Évangile du jour (Mc 1, 40-45) présentant la rencontre de Jésus avec un homme malade de la lèpre. «Les lépreux étaient considérés comme impurs et, selon les prescriptions de la Loi, ils devaient rester en dehors de la ville», rappelle le Saint-Père. Ainsi, ils étaient exclus de toute relation humaine, sociale et religieuse.

«Jésus, au contraire, s’est laissé approcher par cet homme, il a été ému, il a même tendu la main et l’a touché. Il a ainsi accompli la Bonne Nouvelle qu’il avait annoncée: Dieu s’est rapproché de nos vies, il a de la compassion pour le sort de l’humanité blessée et il vient briser toutes les barrières qui nous empêchent de vivre notre relation avec lui, avec les autres et avec nous-mêmes», a donc expliqué le Souverain pontife, invitant à bien se rappeler de cette parole de «la proximité». «Trois paroles qui indiquent le style de Dieu: proximité, compassion, tendresse.»

Le Successeur de Pierre a ensuite affirmé que nous pouvions voir, dans cet épisode, deux «transgressions» qui se rencontrent: le lépreux qui s’approche de Jésus et Jésus qui, poussé par la compassion, le touche avec tendresse pour le guérir.

Dieu partage la douleur

La première transgression est celle du lépreux: malgré les prescriptions de la Loi, il sort de l’isolement et vient à Jésus. «Sa maladie était considérée comme un châtiment divin, mais en Jésus, il pouvait voir un autre visage de Dieu: non pas le Dieu qui châtie, mais le Père de la compassion et de l’amour, qui nous libère du péché et ne nous exclut jamais de sa miséricorde», a fait remarquer l’évêque de Rome. Ainsi cet homme peut sortir de son isolement, car «en Jésus il trouve Dieu qui partage sa douleur». «L’attitude de Jésus l’attire, le pousse à sortir de lui-même et à Lui confier son histoire douloureuse.»

Dieu ne se fatigue jamais de pardonner, a ensuite insisté le Pape, faisant applaudir par les fidèles présents sur la place tous ces prêtres confesseurs qui attirent les personnes découragées, «celles qui ne se sentent ‘’rien’’, ‘’mises par terre’’ à cause de leur péché», en leur offrant la tendresse, la compassion et l’écoute.   

La deuxième transgression est celle de Jésus: alors que la Loi interdisait de toucher les lépreux, Il s’émeut, tend sa main et le touche pour le guérir. «Il ne se limite pas aux paroles, mais il le touche», a ajouté le Pape, précisant: «Toucher avec amour signifie établir une relation, entrer en communion, s’impliquer dans la vie de l’autre au point de partager même ses blessures. Par ce geste, Jésus montre que Dieu n’est pas indifférent, qu’il ne se tient pas à ‘’distance de sécurité’’; au contraire, il s’approche avec compassion et touche nos vies pour les guérir.»

‘’Se contaminer’’ avec l’humanité blessée

Et le Souverain pontife d’interpeller les fidèles sur le nombre de personnes souffrant aujourd’hui de la lèpre, d’autres maladies et conditions «auxquelles sont malheureusement associés des préjugés sociaux».

«Mais il peut arriver à chacun de nous de vivre des blessures, des échecs, des souffrances, des égoïsmes qui nous ferment à Dieu et aux autres. Car le péché nous renferme en nous-mêmes, par honte, humiliation, mais Dieu lui veut nous ouvrir le cœur. Face à tout cela, Jésus nous annonce que Dieu n’est pas une idée ou une doctrine abstraite, mais celui qui se ‘’contamine’’ avec notre humanité blessée et n’a pas peur d’entrer en contact avec nos blessures», a poursuivi le Pape. 

Vivre ‘’les transgressions’’ de l’Évangile

Le Saint-Père a enfin pointé du doigt la tentation de dissimuler la douleur «pour respecter les règles de bonne réputation et les coutumes sociales», cette manière de «souvent faire taire notre douleur» ou de porter «des masques pour la dissimuler». «Afin de concilier les calculs de notre égoïsme ou les lois intérieures de nos peurs, nous ne nous impliquons pas trop dans les souffrances des autres», a regretté le Successeur de Pierre.

Et le Pape de conclure sa catéchèse invitant à demander plutôt au Seigneur «la grâce de vivre ces deux ‘’transgressions’’ de l’Évangile».

«Celle du lépreux, pour que nous ayons le courage de sortir de notre isolement et, au lieu de rester là à nous apitoyer sur notre sort ou à pleurer sur nos échecs, allons vers Jésus tel que nous sommes. Et puis la transgression de Jésus: un amour qui nous fait dépasser les conventions, qui nous fait dépasser les préjugés et la peur de nous mêler à la vie de l’autre».

Source: VATICANNEWS, le 14 février 2021