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23.01.2026 – SAINTE DU JOUR

Ste Marianne Cope

Ste Marianne Cope de Molokai

« religieuse exemplaire, au cœur extraordinaire »

Marianne Cope (Barbara Koob) de Molokai naît le 23 janvier 1838 à Heppenheim, Hessen-Darmstadt (Allemagne) dans une famille d’agriculteurs, ses parents émigrèrent alors qu’elle était enfant aux États-Unis et s’établirent à Utica (État de New York). 

Dès l’âge de 15 ans elle souhaita entrer au couvent, mais elle dut s’occuper de ses plus jeunes frères car ses parents étaient gravement malades. Elle dut donc repousser son projet de quelques années. 

En 1860, une branche des Soeurs de Saint François de Philadelphie s’établit à Utica et à Syracuse, dans l’État de New York et, à l’âge de 24 ans elle entra dans cet ordre et prononça ses vœux.

L’apostolat de cette Congrégation se consacrait avant tout à l’éducation des enfants des immigrés allemands ; elle fut donc chargée d’ouvrir et de diriger de nouvelles écoles. Plus tard sa communauté fonda les premiers des cinquante hôpitaux généraux des États-Unis qui connurent une grande renommée, offrant leur assistance à tous les malades sans aucune distinction. Mère Cope s’occupa en particulier des alcooliques et des filles mères, car elle souhaitait accomplir son service parmi les plus pauvres d’entre les pauvres. 

En 1877, elle fut élue provinciale de sa Congrégation, ainsi qu’en 1881. 

En 1883, elle fut la seule à accepter de se rendre aux Iles Hawaï pour assister les lépreux, alors que cinquante autres communautés contactées avaient refusé. Son œuvre en faveur des malades et des sans-abri dans les Iles Hawaï fut très importante, si bien qu’en 1884 le gouvernement lui demanda de créer le premier hôpital général sur l’île de Maui. 

En 1889, après la mort du Père Damien de Veuster (canonisé le 11 octobre 2009), grand apôtre des lépreux, elle accepta de se charger du foyer pour les garçons en plus de son travail auprès des femmes et des petites filles. Elle vécut pendant trente ans dans un lieu isolé de l’île Molokai, exilée volontaire avec ses patients. Grâce à elle le gouvernement promulgua des lois pour protéger les enfants, et les malades de la lèpre retrouvèrent leur dignité et la joie de vivre. 

Les historiens de son temps parlent d’elle comme d’une « religieuse exemplaire, au cœur extraordinaire ». Elle ne cherchait qu’à accomplir la volonté de Dieu, ne souhaitant aucunement obtenir des reconnaissances ; sa devise était : « Seulement pour Dieu ». 

Elle meurt le 9 août 1918 après une longue vie au service des malades de la lèpre. 

Marianne Cope de Molokai a été béatifiée le 14 mai 2005 à Rome, par le card. José Saraiva Martins (>>> Homélie), Préfet de la Congrégation pour la cause des Saints, et canonisée, à Rome, le 21 octobre 2012,  par le pape Benoît XVI  (Joseph Ratzinger, 2005-2013). 

Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).

Ste Marianne Cope de Molokai priez pour nous !

23.01.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,13-19. 

En ce temps-là,  Jésus gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui,
et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle
avec le pouvoir d’expulser les démons.
Donc, il établit les Douze : Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –,
Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques – il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –,
André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Zélote,
et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Concile Vatican II

Constitution dogmatique sur l’Église, « Lumen Gentium », § 18-19

« Il appela ceux qu’il voulait »

Ce saint synode, à l’exemple du Concile Vatican I, enseigne avec lui et déclare que Jésus Christ, Pasteur éternel, a édifié la sainte Église en envoyant les apôtres comme lui-même avait été envoyé par le Père et a voulu que leurs successeurs, c’est-à-dire les évêques, soient dans son Église pasteurs jusqu’à la fin des temps. Et afin que l’épiscopat lui-même soit un et sans fissure, il a mis à la tête des autres apôtres le bienheureux Pierre qu’il a établi comme principe et fondement perpétuel autant que visible de l’unité de la foi et de la communion… Le Seigneur Jésus, après avoir prié le Père, a appelé à lui ceux qu’il voulait et en a nommé douze qu’il prendrait avec lui et qu’il enverrait prêcher le Royaume de Dieu ; et ces apôtres il les a constitués en collège ou corps stable, à la tête duquel il a mis Pierre, choisi parmi eux. Il les a envoyés d’abord aux enfants d’Israël et puis à toutes les nations afin que, revêtus de son autorité, ils fassent de tous les peuples ses disciples, les sanctifient et les gouvernent. Ainsi ils propagent l’Église et, sous la conduite du Seigneur, ils en sont les ministres et les pasteurs, tous les jours jusqu’à la fin du monde. Ils ont été pleinement confirmés dans cette mission le jour de la Pentecôte selon la promesse du Seigneur  : « Vous recevrez une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ». Les apôtres, donc, prêchant partout l’Évangile, qui a été accueilli par les auditeurs sous la motion du Saint-Esprit, ont rassemblé l’Église universelle que le Seigneur avait fondée dans les apôtres et qu’il avait édifiée sur le bienheureux Pierre, leur chef, Jésus Christ étant lui-même la suprême pierre angulaire. La mission divine confiée par le Christ aux apôtres durera jusqu’à la fin des temps, puisque l’Évangile qu’ils doivent prêcher est de tout temps pour l’Église le principe de sa vie entière. Références bibliques : Jn 20,21 ; Mc 3,13-19 ; Mt 10,1-42 ; Lc 6,13 ; Jn 21,15-17 ; Rm 1,16 ; Mt 28,16-20 ; Mc 16,15 ; Lc 24,45-48 ; Jn 20,21-23 ; Mt 28,20 ; Ac 2,1-36 ; Ac 1,8 ; Mc 16,20 ; Ap 21,14 ; Mt 16,18 ; Ep 2, 20 ; Mt 28,20.

LECTURES :

Premier livre de Samuel 24,3-21. 

En ces jours-là, Saül prit trois mille hommes, choisis dans tout Israël, et partit à la recherche de David et de ses gens en face du Rocher des Bouquetins.
Il arriva aux parcs à moutons qui sont en bordure de la route ; il y a là une grotte, où Saül entra pour se soulager. Or, David et ses hommes se trouvaient au fond de la grotte.
Les hommes de David lui dirent : « Voici le jour dont le Seigneur t’a dit : “Je livrerai ton ennemi entre tes mains, tu en feras ce que tu voudras.” » David vint couper furtivement le pan du manteau de Saül.
Alors le cœur lui battit d’avoir coupé le pan du manteau de Saül.
Il dit à ses hommes : « Que le Seigneur me préserve de faire une chose pareille à mon maître, qui a reçu l’onction du Seigneur : porter la main sur lui, qui est le messie du Seigneur. »
Par ses paroles, David retint ses hommes. Il leur interdit de se jeter sur Saül. Alors Saül quitta la grotte et continua sa route.
David se leva, sortit de la grotte, et lui cria : « Mon seigneur le roi ! » Saül regarda derrière lui. David s’inclina jusqu’à terre et se prosterna,
puis il lui cria : « Pourquoi écoutes-tu les gens qui te disent : “David te veut du mal” ?
Aujourd’hui même, tes yeux ont vu comment le Seigneur t’avait livré entre mes mains dans la grotte ; pourtant, j’ai refusé de te tuer, je t’ai épargné et j’ai dit : “Je ne porterai pas la main sur mon seigneur le roi qui a reçu l’onction du Seigneur.”
Regarde, père, regarde donc : voici dans ma main le pan de ton manteau. Puisque j’ai pu le couper, et que pourtant je ne t’ai pas tué, reconnais qu’il n’y a en moi ni méchanceté ni révolte. Je n’ai pas commis de faute contre toi, alors que toi, tu traques ma vie pour me l’enlever.
C’est le Seigneur qui sera juge entre toi et moi, c’est le Seigneur qui me vengera de toi, mais ma main ne te touchera pas !
Comme dit le vieux proverbe : “Des méchants sort la méchanceté.” C’est pourquoi ma main ne te touchera pas.
Après qui donc le roi d’Israël s’est-il mis en campagne ? Après qui cours-tu donc ? Après un chien crevé, après une puce ?
Que le Seigneur soit notre arbitre, qu’il juge entre toi et moi, qu’il examine et défende ma cause, et qu’il me rende justice, en me délivrant de ta main ! »
Lorsque David eut fini de parler, Saül s’écria : « Est-ce bien ta voix que j’entends, mon fils David ? » Et Saül se mit à crier et à pleurer.
Puis il dit à David : « Toi, tu es juste, et plus que moi : car toi, tu m’as fait du bien, et moi, je t’ai fait du mal.
Aujourd’hui tu as montré toute ta bonté envers moi : le Seigneur m’avait livré entre tes mains, et tu ne m’as pas tué !
Quand un homme surprend son ennemi, va-t-il le laisser partir tranquillement ? Que le Seigneur te récompense pour le bien que tu m’as fait aujourd’hui.
Je sais maintenant que tu régneras certainement, et que la royauté d’Israël tiendra bon en ta main.

Psaume 57(56),2.3-4ac.6.11. 

R/ Pitié pour moi, mon Dieu, pitié pour moi ! (Ps 56, 2a)

Pitié, mon Dieu, pitié pour moi ! 
En toi je cherche refuge, 
un refuge à l’ombre de tes ailes, 
aussi longtemps que dure le malheur.

Je crie vers Dieu, le Très-Haut, 
vers Dieu qui fera tout pour moi.
Du ciel, qu’il m’envoie le salut :
qu’il envoie son amour et sa vérité !

Dieu, lève-toi sur les cieux : 
que ta gloire domine la terre !
Ton amour est plus grand que les cieux, 
ta vérité, plus haute que les nues.

25.01.2026 – HOMÉLIE DU 3ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MATTHIEU 4, 12-23

La proximité du royaume

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Évangile selon saint Matthieu 4, 12-23

Le baptême de Jean le Baptiste était un baptême de repentance et de conversion, un acte de rupture avec le Judaïsme traditionnel. Vous le savez, Jean était le fils de Zacharie, prêtre du Temple de Jérusalem et, tout naturellement, il était appelé à lui succéder à cette fonction. Jean le Baptiste apparaît comme le fils rebelle d’une famille bien établie, à la destinée toute tracée. Il rejette cependant les fastes du Temple, pour se vêtir de peau de bête, soulignant sa rusticité, et il quitte Jérusalem pour les bords du Jourdain, précisément pour rejoindre l’endroit où le peuple hébreux était initialement entré en Terre promise. Explicitement, Jean dénonce ici la corruption de l’establishment religieux, il défie le culte du Temple pour proclamer la nécessité d’une nouvelle entrée en Terre sainte: « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. » (Mt 3, 3) ; « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? » (Mt 3, 7).

Jésus surgit alors, oserai-je dire, de nulle part et investit, dans le baptême de Jean, la place du repentant – investit surtout la volonté de conversion. Il reprend ainsi à son compte l’intention de Jean : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche » (Mt 3, 2 et 4, 17). Nous comprenons que cette proximité du royaume, celle qu’on découvre par une acte de conversion, c’est la présence du Christ à nos cotés, l’Esprit reçu du Père avec lequel il nous baptise. C’est ce que Jean avait prophétisé : « Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Mt 3, 11). Jésus accomplit le baptême de Jean : par le Christ, nos élans de conversions s’accomplissent dans l’Esprit Saint et le feu.

Il reste une dernière étape, dont l’Évangile d’aujourd’hui témoigne par l’appel des premiers disciples : au baptême, Dieu nous appelle et nous donne un nom et, ainsi, une personnalité à ses yeux. On a un peu perdu, de nos jours, cette belle symbolique qui consistait à révéler au baptême, le prénom de l’enfant choisi dans le secret de l’amour parental. Ainsi, la première fois qu’on proclamait publiquement le prénom d’un enfant, c’était pour signifier, au-delà du choix des parents, l’appel de Dieu.

Tous, Dieu nous appelle par notre prénom. Voilà la véritable proximité du royaume des Cieux : chrétiens, nous sommes à tu et à toi avec Dieu, amis avec le Christ qui nous accompagne tout au long de notre vie. C’est ainsi que l’Évangile de Luc (12, 7) rapportera que même les cheveux de notre tête sont comptés. Nous avons de l’importance aux yeux de Dieu, qui se soucie de nous dans les moindres détails, au-delà même de l’intérêt que nous nous portons personnellement.

Ainsi Dieu connaît-il tous les élans de notre cœur, les plus purs comme les plus corrompus. Le danger serait alors d’imaginer que Dieu nous surveille, qu’il tient compte autant de nos égarements que de notre charité, qu’il comptabilise nos bonnes et mauvaises actions comme il dénombre nos cheveux. C’est une compréhension perverse de l’intention de Dieu, que pourtant l’Église a beaucoup propagée : Dieu voit tout ! Faites attention !

Il faut comprendre que ce sentiment d’un Dieu inquisiteur implacable, c’est la projection de notre propre regard sur nous-mêmes. Nous jugeons certaines de nos pensées, certains de nos actes avec sévérité, mépris et même parfois dégoût. Nous avons aussi tendance à juger les pensées et les actes des autres – à faire entre nous des petits comptes affectifs et, quand la coupe est pleine, à juger et condamner. Si Dieu effectivement nous connaît dans les moindres détails, au point que chaque cheveu de notre tête compte à ses yeux, il ne nous juge pas par le menu mais bien en tant que personne toute entière, avec nos faiblesses certes, mais aussi avec toute l’espérance que nous incarnons : pécheurs, nous restons aimés de Dieu qui, au lieu de nous vouloir nous chercher des poux, persiste à nous appeler tendrement par notre prénom.

La proximité du royaume viendra de notre réponse à cet amour de Dieu qui nous connaît jusqu’à l’intime. Et cette réponse sera biaisée, quelque part troublée de culpabilité et de honte, si nous imaginons Dieu comme un juge implacable au lieu de le voir d’abord comme un ami personnel qui nous veut du bien. Parlons-nous à Dieu comme à un ami proche ou baissons-nous les yeux devant lui comme au tribunal ? Le,danger alors sera de vouloir prendre distance avec Dieu, afin d’éviter ce regard que nous pensons implacable.

Dieu n’a jamais honte de nous. C’est nous qui avons tendance aux jugements implacables sur nous-même ou sur autrui. C’est nous qui avons parfois honte de nous-même ou de certains alentour. Dieu n’a jamais honte de nous. Au contraire, c’est dans notre confrontation au mal, à la souffrance, au péché et à la mort qu’il veut se rendre le plus présent, le plus intime, le plus proche, le plus aimant … jusqu’à mourir crucifié, s’il le faut.

Le feu dont parle Jean le Baptiste quand il évoque le baptême dans l’Esprit Saint n’est pas le feu de l’Enfer, ce tiraillement déchirant que l’on éprouve quand notre péché nous désespère, le feu du remord qui ronge, de la honte qui nous étreint. Le feu du baptême dans l’Esprit n’est pas le feu de la culpabilité qui nous assaille, mais bien de feu de l’amour divin, volontaire pour nous rejoindre en toute circonstance, fussent-elles les plus affligeantes.

Frères et sœurs, l’appel des disciples par leur prénom à peine le Christ a-t-il endossé le baptême de conversion proposé par Jean, nous incite à une amitié spirituelle sincère avec le Christ, sans fard et sans honte, à une vie spirituelle amoureuse et intense, à une amitié divine qui justement transcende toute honte par amour.

Notre sentiment de la proximité du royaume des Cieux, de notre appel personnel à partager la vie divine, dépendra de notre sentiment d’amour pour Dieu. Un amour qui, lui-même, ne juge pas Dieu, mais l’accueille spontanément comme son Sauveur.

En nous appelant, pécheurs, par notre prénom, Dieu nous dit je t’aime au-delà de tout. De notre réponse authentiquement amoureuse à cet amour divin viendra la proximité du royaume.

Nous arrive-t-il de dire à Dieu que nous l’aimons ?

Fr. Laurent Mathelot

Source : RESURGENCE.BE, le 21 janvier 2026

25.01.2026 – HOMÉLIE DU 3ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MATTHIEU 4, 12-23

Lumière sur le pays de l’ombre

Homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent d’un monde compliqué qui a mauvaise réputation. C’est le cas des territoires de Zabulon et de Nephtali au Nord de la Galilée. Il faut savoir que c’est un lieu de passage proche des régions païennes. On l’appelle “Galilée des nations” parce qu’elle est influencée et contaminée par le monde païen. Mais le prophète réagit. Il annonce que ces territoires vont bénéficier, eux aussi, du salut que le Seigneur prépare. “Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur les pays des habitants de l’ombre, une lumière a resplendi.”

Or c’est là, dans ce lieu couvert de honte, que Jésus entreprend sa première évangélisation. Tout commence loin de Jérusalem, en plein cœur de ce monde bigarré, un monde païen où l’on ne cesse de s’affronter et de se diviser. Jésus lui-même se rend à Nazareth, une ville dont on se demande ce qu’il peut sortir de bon. Jean Baptiste l’a désigné comme l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde. Sa priorité va donc vers ceux qui sont le plus loin de Dieu, ces terres maudites, terres de péché et de ténèbres. Il vient habiter à Capharnaüm ; cette ville évoque encore aujourd’hui le plus sombre désordre.

C’est de la part de Jésus un défi lancé au péché et à Satan. Et c’est en même temps un acte de foi extraordinaire en l’homme. Il aurait pu se dire qu’au point où ils en étaient, il ne pouvait pas compter sur eux. Or c’est exactement le contraire qui se passe : il va jusqu’à choisir ses premiers collaborateurs, ses premiers responsables, parmi les habitants de cette région. S’adressant à Pierre et à André, il leur dit : “Venez à ma suite, je ferai de vous des pêcheurs d’hommes.” Il n’appelle pas des champions de la Bible ou de la liturgie mais des gens tout-à-fait ordinaires, des simples pêcheurs.

Il nous appartient d’en tirer les conséquences pour notre foi. La première, c’est que nous sommes tous appelés tels que nous sommes. Le Seigneur n’appelle pas les plus capables mais il les rend capables. Nous avons des témoignages de repris de justice et même des terroristes qui se sont convertis à Jésus Christ et qui témoignent tant qu’ils peuvent de cette rencontre avec lui. Tout l’Évangile nous montre qu’il est venu “chercher et sauver ceux qui étaient perdus”. C’est ce qui s’est passé pour Saul le persécuteur et bien d’autres.

La bonne nouvelle de l’Évangile est pour tous. Aucun être, aucune situation n’échappe à la proximité et à l’amour de Dieu. C’est pour nous un appel à changer notre regard sur les personnes et sur le monde. Trop souvent, nous avons un regard méfiant ou désabusé. Si nous voulons être disciples et missionnaires, nous devons nous tourner vers le Christ et nous laisser guider par lui. Il nous apprendra à accueillir chacun tel qu’il est, à lui faire confiance et à lui donner toutes ses chances. Nous sommes appelés à être “l’amour du Christ”.

Quand le pape François invitait l’Église à aller vers les “périphéries”, il ne faisait qu’actualiser ce qu’a fait Jésus. Le suivre c’est aller avec lui à la rencontre de toute l’humanité, c’est se rendre proche de chacun et surtout de celui qui vit à la marge. La tentation est grande de se dire : “À quoi bon ? Cela ne sert à rien.” Ce serait oublier que la mission n’est pas d’abord notre affaire mais celle du Seigneur. C’est lui qui nous envoie son Esprit saint. Il agit dans le cœur de ceux et celles qu’il met sur notre route. Sans lui, rien n’est possible. Jésus le Galiléen est toujours là, vivant et agissant au cœur de son Église. Il est la Lumière pour éclairer toutes les nations. Nous pouvons toujours compter sur lui. Rien ne peut nous séparer de son amour.

Suivre Jésus, ce n’est pas s’enfermer dans un système religieux en se disant qu’on a toujours fait ainsi. Quand il nous appelle, nous devons savoir qu’il nous conduira sur des chemins que nous n’avions pas prévus. C’est en nous rapprochant de lui que nous apprendrons à voir les autres comme des frères. C’est l’appel que nous lance l’apôtre saint Paul à l’occasion de cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens. S’adressant à la communauté de Corinthe, il leur rappelle que les rivalités missionnaires sont sans intérêt : il n’y a qu’un seul Seigneur qui envoie Apollos, Paul et Pierre. Les divisions entre chrétiens restent toujours un contre-témoignage.

En ce dimanche, nous entendons l’appel du Christ. Il continue à vouloir sauver ceux qui vont à leur perte. Il nous envoie vers ceux qui ne rentrent pas dans nos églises, ceux qui n’appartiennent pas à nos familles spirituelles, ceux qui, apparemment, vivent dans les ténèbres. Son regard sur la Galilée des nations et les pêcheurs du lac était plein de miséricorde. Il compte sur nous pour avoir le même regard que lui sur le monde d’aujourd’hui. La qualité de notre regard reflète celle de notre foi. Nous n’avons pas à douter de l’attachement de Jésus à chaque être humain. C’est avec lui que nous deviendrons pêcheurs d’hommes.

En nous rassemblant à l’église en ce dimanche, nous venons puiser à la source de l’Amour qui est en Dieu. Nous nous nourrissons de sa Parole et de son Eucharistie. Nous lui demandons qu’il nous donne la force et le courage pour la mission qu’il nous confie : “Toi qui es la Lumière du monde, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour.”

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 17 janvier 2026

La dévotion à la Sainte Vierge conduit à l’Eucharistie

La dévotion à la Sainte Vierge conduit à l’Eucharistie

La piété du peuple chrétien a toujours vu un lien profond entre la dévotion à la Sainte Vierge et le culte de l’Eucharistie ; c’est là un fait que l’on peut observer dans la liturgie tant occidentale qu’orientale, dans la tradition des familles religieuses, dans la spiritualité des mouvements contemporains, même ceux des jeunes, et dans la pastorale des sanctuaires marials.

Marie conduit les fidèles à l’Eucharistie. Non seulement ce rapport filial, cet abandon de soi d’un fils à sa mère trouve son commencement dans le Christ, mais on peut dire qu’en définitive il est orienté vers lui.

Jean-Paul II

Redemptoris Mater, § 44 et 46

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie