Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’Évangile du 3e dimanche du temps ordinaire, année A: Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 4, 12-23.
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25.01.2026 – SAINT DU JOUR

Bienheureux Henri Suso
Prêtre dominicain
(† 1366)
Henri Suso naît sur les bords du lac de Constance (situé à la frontière entre la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche), à la fin du XIIIe siècle. Un père mondain et violent, une mère douce et pieuse d’où lui vient cette nature tendre et aimante que nous trouvons dans ses écrits.
Il entre chez les dominicains de Constance à l’âge de 13 ans. Pendant cinq ans il y mène une vie plutôt médiocre et relâchée et, à l’âge de 18 ans, ayant été favorisé d’une vision, il se convertit. Dès lors il se livre à de très rudes austérités pour réduire son corps en servitude, si bien qu’à 40 ans il était proche de la mort. Sur un signe du Très-Haut, il jeta dans le Rhin tous ses instruments de pénitence.
Après ses premières études théologiques, on l’avait envoyé à Cologne où il connut Maître Eckart vers 1320-1325. Devenu lecteur, il revient à Constance de 1329 à 1336. Il y est lecteur conventuel, puis prieur ; il y écrit, pour la défense d’Eckart, « Le livre de la vérité« . Cet ouvrage lui vaut de grands ennuis de la part du Chapitre provincial, puis du Chapitre général qui le dépose de sa charge priorale. Il reste alors dans son couvent et travaille à son « Livre de la Sagesse » dédié au Maître de l’Ordre sous le titre « L’Horloge de la Sagesse« . Il se donne également à la prédication dans toute la région.
S’il a mis fin volontairement à ses mortifications corporelles, le Seigneur ne lui épargne pas les autres : il devient l’objet de calomnies et de détractions de toutes sortes. De nature extrêmement sensible et aimante, il se voit abandonné par plusieurs de ses amis. Il exerce pourtant un ministère très apprécié auprès de plusieurs couvents de religieuses dominicaines. C’est à l’une d’elles, Élisabeth Stagel, qu’il confie l’histoire de sa vie qu’elle mettra par écrit.
Refusant d’obéir aux ordres schismatiques de Louis de Bavière, les dominicains quittent Constance et se réfugient à Diessenhoven. Suso est envoyé à Ulm. On ne sait que très peu de choses sur les dernières années de sa vie.
Il y meurt en 1366 vers sa 70eannée. Le concile de Constance le considéra comme bienheureux, mais sa béatification officielle est due à Grégoire XVI (Bartolomeo Cappellari, 1831-1846) en 1831.
Il nous reste de lui sa Vie, sous la forme que nous avons dite, avec quelques retouches postérieures à la révision qu’il en fit, le Livre de la Vérité, l’Horloge de la Sagesse, deux collections de lettres et quelques Sermons. Le succès du Livre de la Sagesse fut énorme : aux XIVe et XVe siècles, ce fut le livre le plus lu en Allemagne ; aucun autre n’est représenté par autant de manuscrits, pas même l’Imitation de Jésus-Christ.
Après Maître Eckart et Jean Tauler, Henri Suso est représentatif de l’École de spiritualité dominicaine des « mystiques rhénans » du XIVesiècle. Elle garde la vision de l’univers que lui donne saint Thomas, exalte le primat de la contemplation et, pour y arriver, le dépouillement progressif du sensible, la purification de ce qui agite et distrait, le regard sur le Christ, Vérité éternelle.
Suso insiste sur l’union au Christ par la contemplation de ses perfections et de ses souffrances. Après lui, l’accent sera mis davantage sur l’affection que sur la connaissance : on cherche ce qui émeut, on s’applique à méditer les plaies du Crucifié, les sept douleurs de la Vierge : c’est l’ère des représentations tragiques de la Passion, des Pietà, des Descentes de Croix… L’œuvre de Suso annonce déjà ce tournant à la fin du XIVe et au XVe siècle.
Source principale: dominicains.ca/Histoire/Figures/suso.htm (“Rév./gpm”).
Bienheureux Henri Suso priez pour nous !

25.01.2026 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 4,12-23.

Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée.
Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.
C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe :
‘Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations !
Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée.’
À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »

Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela.
Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent.
Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :
Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)
abbesse bénédictine et docteur de l’Église
Le Livre des Mérites de la Vie, chap. 5 (in “Hildegarde de Bingen, Prophète et docteur pour le troisième millénaire” ; trad. P. Dumoulin ; Éditions des béatitudes ; 2012 ; p. 156)
Dieu dans le Christ, recherche l’homme et le renouvelle
Je suis la force de la divinité avant le temps et avant tous les siècles, je n’ai pas de commencement. Je suis la force par laquelle Dieu a tout fait en discernant et en éprouvant. Je suis le miroir de la providence de tous et j’ai tonné avec une force immense car je suis le mot qui retentit : FIAT, par lequel tout a commencé… Je suis venu comme le feu et je me suis reposé dans le ventre brûlant de la Vierge et de sa chair immaculée, je me suis incarné et ainsi je suis devenu un géant dont la valeur surpasse tout homme… Sorti du ventre de la Vierge, plongé dans l’eau, j’ai recherché l’homme et ainsi je l’ai purifié… J’ai parcouru le cercle de ma vie en renouvelant les autres hommes ; et ainsi en touchant la figure de l’homme qui m’a touché, j’ai établi la juste relation. Par mon humanité, j’ai lié et écrasé la force du diable, mais il ne me connaîtra pleinement que quand je siégerai sur mon trône pour juger, alors il sera totalement confondu.

LECTURES :
Livre d’Isaïe 8,23b.9,1-3.
Dans un premier temps, le Seigneur a couvert de honte le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ; mais ensuite, il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain, et la Galilée des nations.
Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi.
Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin.
Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madian.

Psaume 27(26),1.4abcd.13-14.
R/ Le Seigneur est ma lumière et mon salut (Ps 26, 1a)
Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?
J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie.
Mais, j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,10-13.17.

Frères, je vous exhorte au nom de notre Seigneur Jésus Christ : ayez tous un même langage ; qu’il n’y ait pas de division entre vous, soyez en parfaite harmonie de pensées et d’opinions.
Il m’a été rapporté à votre sujet, mes frères, par les gens de chez Chloé, qu’il y a entre vous des rivalités.
Je m’explique. Chacun de vous prend parti en disant : « Moi, j’appartiens à Paul », ou bien : « Moi, j’appartiens à Apollos », ou bien : « Moi, j’appartiens à Pierre », ou bien : « Moi, j’appartiens au Christ ».
Le Christ est-il donc divisé ? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ?
Le Christ, en effet, ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile, et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine, ce qui rendrait vaine la croix du Christ.

24.01.2026 – MESSE À NOTRE-DAME DE PARIS
24.01.2026 – VÊPRES À NOTRE-DAME DE PARIS
24.01.2026 – CHAPELET À LOURDES
24.01.2026 – PRIÈRE DU MILIEU DU JOUR AU SACRÉ-CŒUR DE MONTMARTRE
24.01.2026 – MESSE À LOURDES
24.01.2026 – MESSE À NOTRE-DAME DE LA GARDE
Le « Souvenez-vous » de saint François de Sales

Le « Souvenez-vous » de saint François de Sales
Nous sommes en 1586. A cette époque, la prédestination était la question passionnante entre toutes. Calvin avait traité ce sujet en termes si crus , si désespérants que dans les chaires catholiques d’enseignement on l’avait violemment pris à partie.
Bien que sur ce point François (1) s’en rapporte les yeux fermés aux dires de Saint Augustin et de Saint Thomas, il se surprend à songer : Et si Dieu m’a réprouvé ? Et si Dieu m’abandonne dans une heure mauvaise ?… Ces pensées deviennent pour lui une obsession. Il y a là une attaque du démon et une souffrance purificatrice voulue de Dieu. Telle est la violence de son chagrin qu’il défaille souvent et, à force de pleurer, semble en agonie. Il redouble de prière pour toucher le cœur de Dieu. Cette agonie d’une âme de vingt ans dure six longues semaines.
Un soir de janvier 1587, plus mort que vif et rongeant son angoisse, il s’en revient, seul, du collège. Il entre à l’église Saint-Étienne des Grés. Enfant désespéré, il court « tout droit » vers sa divine Mère. En la chapelle de la Vierge, humblement prosterné devant son image, il ouvre son cœur en la présence de Dieu. Puis, il prend une tablette posée sur la balustrade de la chapelle et lit dévotement : « Souvenez-.vous…(2) De quel accent il dit : « Ô Vierge, Mère des vierges, je recours à vous, pécheur, je gémis à vos pieds. Ne méprisez pas ma prière. Exaucez-la ! » »
À ce cri jailli du plus endolori des cœurs, la tentation s’évanouit. François, l’étudiant, voue à Dieu et à la Vierge sa virginité, en témoignage de quoi, il s’oblige à réciter le chapelet tous les jours de de sa vie.
Mgr Francis Trochu p. 126 à 132
(1) Saint François de Sales (1567-1622) est un prélat savoyard et évangélisateur de la Savoie. On lui doit aussi le livre célèbre L’introduction à la vie dévote
(2) La prière du Souvenez vous a été composée au XIIe siècle, en 1153, par Saint Bernard de Clairvaux, fondateur de l’Ordre des Cisterciens.
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie