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08.04.2026 – SAINTE DU JOUR

Ste Julie Billiart

Sainte Julie Billiart

Vierge et fondatrice de l’Institut des 

« Sœurs de Notre-Dame » 
(1751-1816)

 

Julie Billiart naquit le 12 juillet 1751 à Cuvilly (France). 

À seize ans, elle se mit à travailler aux champs pour venir en aide à ses parents.
À 22 ans, se retrouva les jambes paralysées. Beaucoup de personnes font le voyage pour se faire recommander dans ses prières et pour prier avec elle. Lors de la Révolution, elle est transportée de cachette en cachette pour fuir les sans-culottes qui la surnomment « la fanatique ». 

Malgré la situation, elle va fonder l’Institut des « Sœurs de Notre-Dame ». Cette action lui vaudra le miracle de retrouver l’usage de ses jambes.

Sainte Julie Billiart priez pour nous !

08.04.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24,13-35. 

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem,
et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.
Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.
Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. »
Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple :
comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant.
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.
Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.


Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »
À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :
« Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Augustin (354-430)

évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

Sermon 235, 1-3 ; PL 38, 118-119 (trad. Orval)

« Il marchait avec eux »

      Après sa résurrection, le Seigneur Jésus a rencontré en chemin deux de ses disciples qui parlaient ensemble de ce qui était arrivé, et il leur dit : « De quoi parliez-vous en chemin, que vous soyez si tristes ? »       Ce passage de l’Évangile nous apporte une grande leçon, si nous savons le comprendre. Jésus apparaît, il se montre aux yeux des disciples, et il n’est pas reconnu. Le Maître les accompagne sur le chemin, et il est lui-même le chemin (Jn 14,6). Mais eux ne sont pas encore sur le vrai chemin ; quand Jésus les rencontre, ils ont perdu ce chemin. Lorsqu’il demeurait avec eux, avant sa Passion, il leur avait bien tout prédit : ses souffrances, sa mort, sa résurrection le troisième jour. Il leur avait tout annoncé ; mais sa mort leur avait fait perdre la mémoire…       « Nous espérions, disent-ils, qu’il délivrerait Israël. » Comment, disciples, vous espériez, et maintenant vous n’espérez plus ? Pourtant le Christ vit, et en vous l’espérance est morte ? Oui, le Christ vit. Mais le Christ vivant a trouvé morts les cœurs de ses disciples. Il apparaît à leurs yeux, et ils ne le perçoivent pas ; il se montre, et il leur reste caché… Il chemine avec eux et semble les suivre, et c’est lui qui les conduit. Ils le voient mais ne le reconnaissent pas, « car leurs yeux, dit le texte, étaient empêchés de le reconnaître »… L’absence du Seigneur n’est pas une absence. Crois seulement et celui que tu ne vois pas est avec toi.

LECTURES :

Livre des Actes des Apôtres 3,1-10. 

En ces jours-là, Pierre et Jean montaient au Temple pour la prière de l’après-midi, à la neuvième heure.
On y amenait alors un homme, infirme de naissance, que l’on installait chaque jour à la porte du Temple, appelée la « Belle-Porte », pour qu’il demande l’aumône à ceux qui entraient.
Voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le Temple, il leur demanda l’aumône.
Alors Pierre, ainsi que Jean, fixa les yeux sur lui, et il dit : « Regarde-nous ! »
L’homme les observait, s’attendant à recevoir quelque chose de leur part.
Pierre déclara : « De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. »
Alors, le prenant par la main droite, il le releva et, à l’instant même, ses pieds et ses chevilles s’affermirent.
D’un bond, il fut debout et il marchait. Entrant avec eux dans le Temple, il marchait, bondissait, et louait Dieu.
Et tout le peuple le vit marcher et louer Dieu.
On le reconnaissait : c’est bien lui qui était assis à la « Belle-Porte » du Temple pour demander l’aumône. Et les gens étaient frappés de stupeur et désorientés devant ce qui lui était arrivé.

Psaume 105(104),1-2.3-4.6-7.8-9. 

R/ Le Seigneur s’est toujours souvenu de son alliance. (Ps 104, 8a)

Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom, 
annoncez parmi les peuples ses hauts faits ;
chantez et jouez pour lui, 
redites sans fin ses merveilles.

Glorifiez-vous de son nom très saint : 
joie pour les cœurs qui cherchent Dieu !
Cherchez le Seigneur et sa puissance,
recherchez sans trêve sa face.

Vous, la race d’Abraham son serviteur, 
les fils de Jacob, qu’il a choisis.
Le Seigneur, c’est lui notre Dieu : 
ses jugements font loi pour l’univers.

Il s’est toujours souvenu de son alliance, 
parole édictée pour mille générations :
promesse faite à Abraham, 
garantie par serment à Isaac.

Cap Fatima – Lettre de liaison n° 185 du 02.04.2026

Chers amis,

Dans deux jours (samedi 4 avril), ce sera le onzième anniversaire de Cap Fatima. En effet, c’est le samedi 4 avril 2015, premier samedi du mois et vigile pascale, comme cette année, que la lettre de lancement a été envoyée. À cette occasion, remercions le Ciel de toutes les grâces qu’il nous a accordées par ce moyen.

La réorganisation des activités de Cap Fatima annoncée dans la précédente lettre de liaison a suscité diverses réactions. Certains notamment regrettent que les rosaires vivants soient arrêtés ou remplacés par des chapelets perpétuels. Un lecteur a ainsi affirmé : « Le dessein induit par l’Esprit Saint de l’intronisation des rosaires vivants se verrait stoppé net par volonté humaine, en le remplaçant par autre chose qui est certes spirituel et bon, mais loin du but premier pour lequel il a été fait », qualifiant le rosaire vivant de « priorité principale pour hâter le triomphe du Cœur Immaculé de Marie ».

Commençons par remercier ces lecteurs de nous avoir fait part de leur déception, car cela va nous permettre de préciser un point qui semble avoir été parfois mal compris.
Tout d’abord, les rosaires vivants organisés par Cap Fatima ne concernent plus qu’un petit nombre de personnes. D’une vingtaine de rosaires vivants au début, avec le temps, ils se sont réduits à 4 seulement, ce qui signifie probablement que ceux qui participaient sont, petit à petit, passés au chapelet quotidien, ce qui était le but de ces rosaires vivants.

En effet, il ne faut pas prendre un moyen pour la fin. Ce qu’a demandé Notre-Dame, ce n’est ni le rosaire vivant, ni le chapelet perpétuel. On peut scruter toute l’histoire du Rosaire : la Sainte Vierge n’a jamais parlé de “rosaire vivant” ou de “chapelet perpétuel”. (Voir lettre de liaison n° 111)  Ce qu’elle a demandé, c’est que nous récitions un chapelet complet (5 dizaines) tous les jours, et non pas une dizaine seulement, fût-elle dite au sein d’un groupe de 15 personnes. C’est là véritablement “la priorité principale”, pour reprendre l’expression de notre lecteur.
Les rosaires vivants comme les chapelets perpétuels ne sont que des moyens certes très efficaces, mais des moyens seulement, pour nous inciter à réciter quotidiennement notre chapelet. Et le chapelet perpétuel est plus proche de ce qu’a demandé Notre-Dame, car il demande de dire un chapelet complet le jour prévu et non pas seulement une dizaine.
Outre les chapelets perpétuels et les rosaires vivants, il existe d’autres possibilités pour nous aider à prendre l’habitude de réciter notre chapelet tous les jours, par exemple l’application Rosario (https://rosario.app) qui a entre autres avantages de pouvoir contrôler que, chaque jour, chaque participant a bien dit sa dizaine, ce qui peut être un puissant stimulant pour ne pas omettre sa dizaine quotidienne.

Mais il faut garder à l’esprit que ces différents moyens n’existent que pour nous faire adopter la récitation quotidienne du chapelet. L’habitude de dire une dizaine par jour doit conduire petit à petit à découvrir les vertus du rosaire pour passer au chapelet complet au quotidien. Et si chaque personne passe d’une dizaine par jour à un chapelet par jour, il y aura non plus un rosaire de réciter dans la journée, mais cinq. Bien sûr, ce n’est pas une question de nombre, mais malgré tout, il ne faut pas que les facilités accordées pour inciter les fidèles à dire leur chapelet deviennent le but.

L’importance du chapelet quotidien

Pour nous convaincre de l’importance de dire le chapelet complètement, relisons les lettres de sœur Lucie mentionnées dans de précédentes lettres de liaison : celle du 16 septembre 1970 à la mère Maria José Martins (qui avait été une de ses compagnes au noviciat de Tuy) et celle du 26 novembre 1970 au père Pasquale.

Dans un petit livre intitulé Lettres de sœur Lucie, le père Martins (qui fut un des meilleurs spécialistes de Fatima dans les années 1970) a fait une synthèse de ce qu’a dit sœur Lucie dans les nombreuses lettres qu’elle écrivit. Voici ce qu’il écrit sur le chapelet quotidien :

Bien que les pères de Vatican II aient affirmé : « Le saint concile enseigne avec beaucoup de soin… et recommande à tous les fils de l’Église de promouvoir généreusement le culte de la Très Sainte Vierge… qu’ils tiennent en haute estime les pratiques et les exercices de piété à son égard, approuvés au fil des siècles par le Magistère… », la vérité est que, précisément après le concile, de très nombreux prêtres de diverses parties du monde ont commencé non seulement à mettre de côté la récitation du Rosaire, mais même à l’attaquer de front sous les prétextes les plus variés. L’un d’eux est que le rosaire n’est qu’une « répétition monotone de la même prière, sans sens christologique ».

Comme pour répondre à cette objection, Notre-Dame demande un rosaire médité, comme nous le verrons. Et Paul VI, dans Marialis Cultus, s’exprime ainsi : « Nous voulons ensuite, vénérables frères, nous attarder un peu plus longuement sur le renouveau de cet autre exercice de piété, qui a déjà été appelé “le compendium de tout l’Évangile” : le Rosaire, ou bien le chapelet (ou couronne), de Notre-Dame. »

Mais, sans aucun doute, les causes principales qui poussent de nombreuses familles chrétiennes à abandonner la récitation quotidienne du chapelet sont — outre une certaine mentalité moderne — les horaires de travail différents de leurs membres et surtout la télévision. Aujourd’hui, il n’y a plus de temps pour la prière en famille. Et pourtant, la récitation du chapelet à l’église, en oratoire public, ou en famille, c’est-à-dire entre mari et femme s’il n’y a pas d’enfants, ou entre parents et enfants s’ils en ont, est l’une des rares pratiques religieuses bénéficiant d’une indulgence plénière depuis Vatican II.

Un chrétien ne peut se contenter d’assister à la messe le dimanche. Il doit nourrir son âme par la prière quotidienne. Malheureuses seraient les familles où les enfants, vivant avec leurs parents, ne leur parleraient qu’une fois par semaine. Il ne faut pas oublier que nous sommes enfants de Dieu et qu’Il vit en nous par la grâce et qu’Il est présent d’une manière tout à fait spéciale lorsque nous nous réunissons en prière : « Si deux d’entre vous se réunissent sur la terre pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. Car là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. » (Mt XVIII, 19-20).

C’est sans doute en raison de ce besoin indispensable que nous avons de la prière quotidienne que la Très Sainte Vierge, en tant que Mère aimante, nous recommande la récitation du rosaire. Elle sait bien que la plupart de ses enfants dans le monde sont incapables d’une autre forme de prière et que le rosaire est la prière la plus simple et la plus riche en invocations précieuses. Dans le Notre Père, nous demandons à Dieu que vienne sur nous son Royaume d’amour, de justice et de paix pour tous ; qu’Il pardonne nos péchés comme nous pardonnons. Cela peut apporter l’harmonie dans de nombreux foyers ou entre voisins en désaccord. Il ne faut donc pas s’étonner de l’insistance avec laquelle, lors des apparitions de Fátima, on nous recommande de prier le rosaire par les mots et par les gestes. La Dame apparaît avec le rosaire dans les mains, déclare en octobre qu’elle est « Notre-Dame du Rosaire », demande qu’on lui construise une petite chapelle sous cette invocation et qu’on prie le rosaire.

Dès la première apparition, elle laisse les trois enfants exultant de joie, certains d’aller au Ciel, mais à Francisco est imposée la condition : « Tu devras réciter beaucoup de chapelets ». Le garçon de 9 ans ne s’est pas troublé de cette condition si facile à remplir : « Ô ma Sainte Vierge ! Des chapelets, j’en réciterai autant que vous voudrez. » Et Lucie commente : « Et depuis lors, il prit l’habitude de s’éloigner de nous, comme s’il se promenait. Et si je l’appelais et que je lui demandais ce qu’il faisait, il levait le bras et me montrait son chapelet. Si je lui disais de venir jouer et qu’il prierait ensuite avec nous, il répondait : “Après, je prierai aussi avec vous. Tu ne te souviens pas que Notre-Dame a dit que je devais prier beaucoup de chapelets ?” ».

Le père Manuel Marques Ferreira, curé de Fátima en 1917, nota le 14 juillet, lorsqu’il interrogea les voyants : « — Que voulez-vous ? — Je veux te dire de revenir ici le 13 du mois qui vient, de prier le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire pour obtenir la fin de la guerre, car elle seule peut vous sauver. » Et le 15 septembre, il nota ce qui suit : « — Que voulez-vous de moi ? — Je veux te dire de continuer à prier le Rosaire tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, afin qu’Elle obtienne la fin de la guerre… »

Que personne ne s’étonne des phrases susmentionnées, car Paul VI, dans l’encyclique Christi Mater, nous recommande : « Et comme, en ces temps d’incertitude et d’inquiétude, l’Église a coutume de recourir à l’intercession bienveillante de Marie, sa Mère, c’est vers Elle que nous nous tournons, c’est vers Elle que nous orientons vos pensées et celles de tous les chrétiens. Car, selon les paroles de saint Irénée, “Elle est devenue le salut de toute l’humanité”. Rien ne nous semble mieux correspondre aux circonstances que de faire monter la supplication de toute la famille chrétienne vers la Mère de Dieu, invoquée comme “Reine de la paix”, afin que, parmi tant de misères et de menaces si graves, elle dispense abondamment les dons de sa bonté maternelle… Et c’est pourquoi, lorsque les maux s’aggravent, la piété du peuple de Dieu doit s’enflammer ; notre désir le plus vif, vénérables frères, est que, suivant votre initiative, vos appels et votre élan, on invoque plus instamment, au cours du mois d’octobre, Marie notre Mère, comme nous l’avons laissé entendre, par la pieuse pratique du Rosaire. C’est une forme de prière très adaptée au sens du peuple de Dieu, très agréable à la Mère du Seigneur et si efficace pour obtenir les dons du Ciel. Cette prière a été recommandée par le concile œcuménique Vatican II à tous les enfants de l’Église, de manière très certaine bien qu’implicite, en disant : “qu’on accorde une grande importance à ces pratiques et exercices de dévotion envers Marie, comme le Magistère l’a recommandé au cours des siècles”. »

Cette pratique si féconde n’est pas seulement apte à repousser le mal et à conjurer les catastrophes, comme le démontre clairement l’histoire de l’Église. Elle favorise extraordinairement la vitalité chrétienne.

Réflexions complémentaires

Ajoutons quelques considérations personnelles.
Plus que sa durée (15 à 20 minutes), ce qui semble retenir certains de réciter un chapelet complet, c’est sa répétitivité. Certes, la qualité de la prière vaut mieux que la quantité. Dans son ouvrage Le secret admirable du très saint Rosaire, saint Louis-Marie Grignion de Montfort écrit : « Un seul Ave Maria bien dit est d’un plus grand mérite que cent cinquante mal dits. (…) Beaucoup prient le chapelet, mais pourquoi si peu se corrigent de leurs péchés et s’avancent dans la vertu, sinon parce qu’ils ne font pas ces prières comme il faut. » Ainsi, une seule dizaine bien dite dans un rosaire vivant vaut mieux qu’un chapelet mal dit. C’est une des raisons qui a motivé l’instauration du rosaire vivant.
Mais cette répétitivité ne doit pas nous arrêter ; car la vie est une série continuelle de répétitions : lever, toilette, repas, transports, … Chaque jour nous accomplissons les mêmes actions, saluons les mêmes personnes, … Pour l’être humain la suite ininterrompue des respirations et des battements de cœur est indispensable à la vie.

Il en va de même pour la prière et la vie intérieure : la répétition des Ave est indispensable. Car la répétition laisse l’esprit plus libre pour méditer. Elle donne une aisance qui va nous permettre de nous élever plus facilement vers Dieu. Saint Thomas d’Aquin enseigne qu’il y a trois degrés dans la prière : l’attention aux paroles, puis aux mystères, enfin à Dieu. La répétition des Ave est donc un moyen pour arriver à s’unir plus intimement à Dieu pendant quinze à vingt minutes.
Ainsi, le rosaire vivant est-il un peu comme le premier degré de la prière. On pourrait dire qu’il est le premier niveau du rosaire. On commence par une dizaine par jour. Puis on passe au chapelet quotidien. Puis, pour ceux qui ont plus de temps, comme les retraités par exemple, ou qui veulent faire encore plus pour Notre-Dame, pour la conversion des pécheurs ou pour la paix dans le monde, on passe au rosaire quotidien. Le petit François l’avait parfaitement compris lorsqu’il répondit à Notre-Dame : « Ô ma Sainte Vierge ! Des chapelets, j’en réciterai autant que vous voudrez. »

Toutefois, pour échapper à l’écueil de la répétitivité, il faut bien méditer les mystères. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort écrit : « Les mystères du Rosaire sont les œuvres de Jésus-Christ et de la très sainte Vierge ; ils sont remplis de quantités de merveilles, de perfection et d’instructions profondes et sublimes, que le Saint-Esprit découvre aux humbles et aux âmes simples qui les honorent. »

Voici aussi ce que recommande la collecte de la fête de Notre-Dame du Rosaire :

Dieu dont le Fils unique, par sa vie, sa mort et sa résurrection, nous a mérité le bienfait du salut éternel, faites qu’en méditant ces mystères dans le très saint rosaire de la Vierge Marie, nous imitions ce qu’ils contiennent afin d’obtenir ce qu’ils promettent.

Le chapelet en famille

Enfin il convient, dans toute la mesure du possible, de réciter le chapelet en famille. Car la prière à plusieurs est plus efficace que la prière individuelle. Notre-Seigneur parle de deux ou trois personnes assemblées en son nom (Mt 18, 20). Il leur promet de se trouver présent au milieu d’elles, et sa présence rendra la prière irrésistible devant Dieu. C’est pourquoi, aux débuts de l’Église, les chrétiens s’assemblaient souvent pour prier malgré les menaces.

Et ceci s’applique parfaitement à la famille. Car la famille est la plus petite société possible : elle est la cellule de base de la société. Elle est aussi la toute première société dans l’histoire des hommes ; elle est aussi vieille que l’homme, car elle a commencé avec la création d’Eve. Mais il faut qu’elle se réunisse au nom de Jésus-Christ. C’est pourquoi, il faut privilégier le chapelet en famille. Saint Louis-Marie dit :

De toutes les manières de réciter, le faire publiquement à deux chœurs est la manière la plus glorieuse à Dieu, la plus salutaire à l’âme, la plus terrible au diable. Dieu aime les assemblées. Notre-Seigneur a expressément conseillé cette pratique à ses apôtres et disciples, et leur promit que toutes les fois qu’ils seraient deux ou trois assemblés en son nom, il se trouverait au milieu d’eux. Quel bonheur d’avoir Jésus-Christ en sa compagnie ! Pour le posséder, il ne faut que s’assembler pour dire le chapelet.

Le pape Pie XII a de très belles considérations sur le sujet. Il disait à des prédicateurs de carême, en 1943 : « Réveillez dans l’âme des fidèles le sentiment de l’ancienne et pieuse coutume de la prière commune en famille. (…) Et comme la vie publique, pleine de distractions et d’embûches, trop souvent au lieu de promouvoir les biens les plus précieux de la famille – la fidélité conjugale, la foi, la vertu et l’innocence des enfants – les met en danger, la prière au foyer domestique est aujourd’hui presque plus nécessaire qu’aux temps passés. » Saint Pie X écrivit pour sa part dans son testament : « Si vous voulez que la paix règne dans vos familles et dans votre patrie, récitez tous les jours le chapelet avec les vôtres. »
Bien sûr, il faut tenir compte de la capacité des enfants. Le pape Pie XII, dans le discours cité précédemment, dit : « Que la prière soit accomplie de façon à ce que les enfants n’en éprouvent pas de fatigue ou de dégoût, mais se sentent plutôt entraînés à l’augmenter. » Par exemple, avec les jeunes enfants, on peut commencer par dire une ou deux dizaines, puis augmenter avec le temps.
Ce qui est vrai pour les enfants, l’est tout autant pour les adultes qui découvrent la prière du Rosaire. Il peut être sage de commencer par une dizaine de chapelet bien dite chaque jour, puis deux, puis trois, … pour arriver ainsi plus facilement au chapelet quotidien.

Saint Louis-Marie énumère également tous les avantages de la prière à plusieurs. D’abord, l’esprit y est ordinairement plus attentif. Quand on prie en commun, une seule voix s’élève. Si donc quelqu’un en particulier ne prie pas bien, un autre dans l’assemblée qui prie mieux supplée à son défaut. Saint Louis-Marie va même jusqu’à dire qu’une personne qui récite son chapelet toute seule n’a le mérite que d’un seul chapelet ; si elle le récite avec trente personnes, elle a le mérite de trente chapelets ! Enfin, le père de Montfort fait remarquer que l’Église, conduite par le Saint-Esprit, s’est servie des prières publiques dans tous les temps de calamité. Il cite l’exemple de Grégoire XIII qui déclare, dans une bulle, qu’il faut pieusement croire que les prières publiques et processions des confréries du saint Rosaire ont beaucoup contribué à obtenir de Dieu la grande victoire de Lépante sur les Turcs, le premier dimanche d’octobre 1571.

Mais pour ceux qui sont isolés, direz-vous ? Il est vrai que la solitude peut être un obstacle : lorsqu’on n’a pas le goût à la prière, la prière en commun est un puissant soutien. Et si nous sommes engagés dans un rosaire vivant, nous sommes tenus par notre engagement, ce qui va nous inciter à la persévérance. Mais cet avantage ne doit pas nous faire oublier que ce que nous devons viser, c’est de dire un chapelet complet chaque jour.

Pour terminer gardons à l’esprit ce que notre Mère du Ciel confia au bienheureux Alain de La Roche : « Celui qui persévérera dans la récitation de mon rosaire, recevra toutes les grâces qu’il demandera. »
Et au père Fuentès, sœur Lucie confia :

La Sainte Vierge a donné une efficacité nouvelle à la récitation du rosaire. Il n’y aucun problème, si difficile soit-il, temporel ou surtout spirituel, se référant à la vie personnelle de chacun d’entre nous, de nos familles, des familles du monde ou des communautés religieuses, ou bien de la vie des peuples et des nations, il n’y aucun problème, dis-je, si difficile soit-il, que nous ne puissions résoudre par la prière du saint rosaire.

En notre époque particulièrement troublée, cette révélation de Notre-Dame est plus qu’opportune.

Sainte fête de Pâques.
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

Source : CAPFATIMA

Le miracle du cierge à Lourdes

Le miracle du cierge à Lourdes

Le 7 avril au matin, vers les 5 heures, Bernadette Soubirous est à la Grotte de Lourdes. Comme toujours, elle porte un cierge. C’est celui que lui a confié Vergez (1), un très gros cierge pour dire toute sa reconnaissance.

Bernadette commence à réciter son chapelet mais, en fait d’apparition, celui qui survient est un médecin, le docteur Dozous. Il veillait sur la santé des pompiers, du petit séminaire de Saint-Pé et de l’hospice des sœurs. Il n’était pas spécialement croyant et, en tout cas, il ne se laisserait pas prendre par les « farces » de cette « drôlette » ! Cependant, il était déjà venu à la Grotte, car c’était un esprit curieux. Ce matin, il arrive, tout suant, et garde son chapeau, au grand scandale de l’assistance. Il explique qu’il craint d’attraper mal et qu’il est là pour étudier, scientifiquement, ce qui se passe à la Grotte. Oublions un instant le médecin. Bernadette continue sa prière. Maintenant, elle voit : l’assistance s’en rend compte, car son visage change. Il ne reste pas figé, d’ailleurs, mais passe par toutes sortes d’expressions différentes, allant du rire aux larmes. La scène dure, peut-être plus que d’habitude. Le cierge offert par Vergez est trop lourd pour que la petite le tienne comme un cierge de procession. Elle l’appuie sur le sol et, pour qu’il tienne debout, l’entoure de ses mains. La prière se prolonge. Le cierge se consume. La flamme arrive à la hauteur des mains de Bernadette et, maintenant, lèche ses doigts.

Autour d’elle, on s’affole. Mais le médecin rentre en scène : il est là pour observer. Il veut voir ce qui va se passer. Pendant une dizaine de minutes, il constate que Bernadette semble ne rien sentir. Elle se lève et reprend le cierge d’une manière ordinaire. L’apparition est toujours là. Quand elle finit par disparaître, Bernadette veut se retirer, mais Dozous, lui, veut inspecter ses mains : aucune trace, aucune brûlure. Il a cette phrase, assez jolie dans sa modestie : « Je ne sais pas ce que tu vois, mais maintenant je crois que tu vois quelque chose ! » Plus tard dans la journée, d’autres voudront vérifier si Bernadette ne serait pas devenue insensible au feu. Mais, avec sa vivacité coutumière, elle proteste : « Je me brûle ». Pendant ce temps-là, le docteur Dozous commence à diffuser la bonne parole, au Café français et au Petit Séminaire.

Ce petit évènement est important parce que les assistants ont tout de suite crié au miracle. Pour l’origine de la source, on pouvait discuter : sur l’indication de la Vierge, Bernadette l’avait découverte mais elle existait, sans doute, avant, souterraine. Le « miracle du cierge », lui, apparaissait incontestable. En plus, le fait s’était produit sous contrôle médical : la présence des médecins est une des caractéristiques de Lourdes.

Lourdes, 7 avril 1858, « le miracle du cierge » ZENIT

(1) Vergez, le maire d’une commune voisine

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie