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09.11.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 2,13-22. 

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem.
Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »


Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : ‘L’amour de ta maison fera mon tourment.’
Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.


Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Hilaire (v. 315-367)

évêque de Poitiers et docteur de l’Église

Traité sur le psaume 64, PL 9, 416s (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 361)

« Le Temple dont il parlait, c’était son Corps »

    Le Seigneur dit : « C’est ici mon repos à tout jamais » et il « choisit Sion pour le lieu de sa demeure » (Ps 131,14). Mais Sion et son temple sont détruits. Où se tiendra le trône éternel de Dieu ? Où sera son repos à tout jamais ? Où sera son temple pour qu’il y habite ? L’apôtre Paul nous répond : « Le temple de Dieu, c’est vous ; en vous habite l’Esprit de Dieu » (1Co 3,16). Voilà la maison et le temple de Dieu ; ils sont remplis de sa doctrine et de sa puissance. Ils sont le séjour de la sainteté du cœur de Dieu.     Mais cette demeure, c’est Dieu qui l’édifie. Construite de main d’homme, elle ne durerait pas, ni même si elle était fondée sur les doctrines humaines. Nos vains labeurs et nos inquiétudes ne suffisent pas à la protéger. Le Seigneur s’y prend bien autrement ; il ne l’a pas fondée sur la terre ni sur les sables mouvants, mais elle repose sur les prophètes et les apôtres (Ep 2,20) ; elle se construit sans cesse de pierres vivantes (1P 2,5). Elle se développera jusqu’aux ultimes dimensions du corps du Christ. Sans cesse son édification se poursuit ; autour d’elle montent de nombreuses maisons qui se rassembleront dans une grande et bienheureuse cité (Ps 121,3).

LECTURES :

Livre d’Ézéchiel 47,1-2.8-9.12. 

En ces jours-là, au cours d’une vision reçue du Seigneur, l’homme me fit revenir à l’entrée de la Maison, et voici : sous le seuil de la Maison, de l’eau jaillissait vers l’orient, puisque la façade de la Maison était du côté de l’orient. L’eau descendait de dessous le côté droit de la Maison, au sud de l’autel.
L’homme me fit sortir par la porte du nord et me fit faire le tour par l’extérieur, jusqu’à la porte qui fait face à l’orient, et là encore l’eau coulait du côté droit.
Il me dit : « Cette eau coule vers la région de l’orient, elle descend dans la vallée du Jourdain, et se déverse dans la mer Morte, dont elle assainit les eaux.
En tout lieu où parviendra le torrent, tous les animaux pourront vivre et foisonner. Le poisson sera très abondant, car cette eau assainit tout ce qu’elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent.
Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d’arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède. »

Psaume 46(45),2-3.5-6.8-9a.10a. 

R/ Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu, la plus sainte des demeures du Très-Haut. (Ps 45, 5)

Dieu est pour nous refuge et force, 
secours dans la détresse, toujours offert.
Nous serons sans crainte si la terre est secouée, 
si les montagnes s’effondrent au creux de la mer.

Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu,
la plus sainte des demeures du Très-Haut.
Dieu s’y tient : elle est inébranlable ; 
quand renaît le matin, Dieu la secourt.

Il est avec nous, le Seigneur de l’univers ; 
citadelle pour nous, le Dieu de Jacob !
Venez et voyez les actes du Seigneur,
il détruit la guerre jusqu’au bout du monde.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,9c-11.16-17. 

Nous sommes des collaborateurs de Dieu, et vous êtes un champ que Dieu cultive, une maison que Dieu construit.
Selon la grâce que Dieu m’a donnée, moi, comme un bon architecte, j’ai posé la pierre de fondation. Un autre construit dessus. Mais que chacun prenne garde à la façon dont il contribue à la construction.
La pierre de fondation, personne ne peut en poser d’autre que celle qui s’y trouve : Jésus Christ.
Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?
Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous.

Prière de Sa Sainteté le Pape Pie XI à Marie Corédemptrice

   O Mère de piété et de miséricorde, qui assistiez votre doux Fils tandis qu’Il accomplissait sur l’autel de la croix la Rédemption du genre humain, comme corédemptrice et associée de ses douleurs ; conservez en nous et accroissez chaque jour, nous vous en prions, les précieux fruits de Sa Rédemption et de votre compassion.

   Vous êtes la Mère de tous, faites que, dans la pureté des mœurs, dans l’unité des esprits et la concorde des âmes, nous puissions enfin jouir sans inquiétude des dons d’une paix désormais assurée.

Ainsi soit-il !

Pie XI, 28 avril 1935.

Cœur douloureux et immaculé de Marie

L’INTERVIEW / HAUKE – Co-rédemption « inconvenante » ? Réprimander les saints et les médecins

Article tiré de la NBQ du 5 novembre 2025

Pour le directeur de la Société allemande de mariologie, le titre de Co-rédemtrice ne se prête pas à des malentendus sur la seule médiation salvifique du Christ. Si tel était le cas, il faudrait intervenir sur les écrits de Newman et Jean-Paul II.

Nous avons demandé un avis sur certains points critiques de la note doctrinale Mater populi fidelis à don Manfred Hauke, professeur de dogmatique à la faculté de théologie de Lugano, membre de la Pontificia Academia Mariana Internationalis et directeur de la Société allemande de mariologie.

La principale préoccupation de la Note semble se concentrer sur le fait que certains titres mariaux, comme celui de Corédemptrice et Médiatrice de toutes les grâces, occulteraient l’unicité de la médiation salvifique du Christ. À votre avis, ce risque existe-t-il vraiment ?
À mon avis, ce risque n’existe pas dans un contexte catéchétique et théologique sain. Qui pourrait accuser de déséquilibre, par exemple, saint Jean-Paul II, qui a utilisé à plusieurs reprises les deux titres que nous venons d’être mentionnés ? La note elle-même rappelle qu’il a utilisé le titre de « Corédemptrice » « au moins à sept reprises » (n. 18). Peut-être faudrait-il retirer le statut de « docteur de l’Église » au cardinal John Henry Newman, déclaré tel par le pape Léon XIV le 1er novembre dernier, parce que le converti anglais a défendu le titre de « Corédemptrice » contre l’anglican Edward Pusey ? Ou intervenir contre les écrits de saint Alphonse de Liguori, également docteur de l’Église ? Aller contre de nombreux saints, dont sainte Edith Stein et sainte Thérèse de Calcutta ? Les titres mariaux « seconde Eve », « mère de la vie » et « mère de Dieu », selon Newman, sont beaucoup plus forts que le titre critiqué (Lettre à Pusey). Ou peut-être faut-il réprimander le pape Léon XIII, loué par le Souverain Pontife régnant avec le choix de son nom pontifical, qui a accordé l’indulgence à une prière avec le titre marial (en italien) « Corédemptrice du Monde » (Acta Sanctæ Sedis 18, 93) ?
Au contraire, il est plus facile qu’il y ait des malentendus dans le monde protestant, qui nie la coopération de l’homme au salut avec le principe de la seule grâce. Pour cette raison, la Commission théologique du Vatican II a omis « certaines expressions et mots utilisés par les grands Pontifes, qui, bien qu’en eux-mêmes très vrais, ne pouvaient être que difficilement compréhensibles pour les frères séparés (en l’occurrence les protestants). Parmi les autres mots… « Corédemptrice du genre humain » (Acta synodalia, I, 99). Est-il juste de sacrifier une expression en soi « très vraie » pour des raisons œcuméniques ? Cependant, pour les protestants, il n’y a pas que le problème du vocabulaire, mais aussi de la doctrine enseignée par Vatican II sur la coopération singulière de Marie à la rédemption. Un faux œcuménisme peut nuire à la doctrine catholique qui doit être professée dans toute sa richesse. Si l’Église devait supprimer toutes les expressions mal aimées des protestants, elle devrait également supprimer le titre de la Mère de Dieu (Theotokos) mentionné dans la Note (nns. 9, 11, 15). Ici aussi, d’éventuelles idées fausses d’un tel titre pourraient être invoquées chez ceux qui ne sont pas bien catéchisés.

Aujourd’hui, presque tous les journaux, y compris les journaux catholiques, ont le titre que Marie n’est pas Corédemptrice. On reste plutôt étonné de lire qu’un titre, comme celui de la Corédemptrice, qui est en fait entré dans le vocabulaire de la théologie, ainsi que dans l’enseignement des Papes, est soudainement déclaré par la Note “inapproprié” et “inconvenant”.
Le titre « Corédemptrice » est l’expression la plus courte pour exprimer la coopération singulière de Marie à la rédemption. Le malentendu selon lequel Marie serait mis sur un pied d’égalité avec Jésus est évité par la précision que la coopération de Marie dépend totalement du Christ et lui est subordonnée. Interdire un titre court qui exprime une vérité centrale enseignée avec une grande clarté par Vatican II serait assez difficile. Nous tenons cependant compte de la précision du cardinal Fernández dans la présentation initiale : « Il ne s’agit pas de corriger la piété du peuple fidèle de Dieu… ». Les expressions « Co-rédempteur de l’humanité » sont répandues dans le peuple croyant (par exemple dans les appels du message de Fatima de la vénérable servante de Dieu, soeur Lucie) et encore plus « Médiatrice de toutes les grâces » ; cette dernière invocation reprend le titre de la fête liturgique introduite par le pape Benoît XV en 1921 et a même été utilisée par les papes Benoît XVI (Lettre du 10 janvier 2013 à l’archevêque Sigismondo Zimowski) et François : « L’un des anciens titres avec lesquels les chrétiens ont invoqué la Vierge Marie est précisément « Médiatrice de toutes les grâces ». Confiez-lui vos aspirations et vos desseins de bien gardés au plus entime ; que ce soit vous qui vous infectiez la joie de suivre le Christ et de le servir avec un style humble et docile dans l’Église… » (Message à l’archevêque Gian Franco Saba de Sassari, Sardaigne, du 13 mai 2023).

À votre avis, la Note a-t-elle pour but de rejeter que le titre de Corédemptrice ou même des aspects importants de la coopération singulière de Marie à l’œuvre de la Rédemption ?
Malgré les observations critiques sur les deux titres, la Note rapporte la doctrine du magistère conciliaire et pontifical (nn. 4-15), notamment concernant la « coopération singulière de Marie dans le plan du salut » (n. 3 ; voir aussi n. 36s et 42). Le document cite également le texte le plus clair sur ce point, la catéchèse mariale de saint Jean-Paul II du 9 avril 1997, qui distingue la participation de Marie à la rédemption objective menée par le Christ sur terre de notre coopération dans le processus salvifique (n. 3, 37b).

Saint Pie X (Ad diem illum) enseignait que SS. Vierge, en vertu de sa sainteté singulière et association à l’œuvre de la Rédemption, « nous fournit par commodité (de congruo), comme on dit, ce que le Christ nous a procuré par mérite de justice (de condigno) ». Dans la Note, il semble y avoir un frein à cet égard, sinon un renversement, lorsqu’il est affirmé que « seuls les mérites de Jésus-Christ […] sont appliqués dans notre justification » (n. 47). Qu’en pensez-vous ?
La distinction importante de Pie X n’est pas mentionnée, mais il semble qu’il y ait un clin d’œil – malheureusement presque caché – à la distinction entre le mérite de la condigno du Christ et celui du congruo de Marie (nn. 47s). Pour parler d’une extension universelle de la médiation maternelle de Marie en Christ, un rappel à ce type de mérite est indispensable.

Dans les paragraphes de clôture de la Note, un sujet très discuté est proposé, à savoir que Marie SS., selon les mots du pape François, « est plus une disciple que une mère » (n. 73). Qu’y a-t-il de vrai dans cette expression et quels sont les pièges ?
Selon saint Augustin, Marie a conçu la Parole de Dieu d’abord dans son cœur, puis dans son sein (Sermon 215, 4). D’autre part, il n’est pas possible de séparer en Marie l’être disciple et l’être Mère de Dieu, ainsi que la “Mère du peuple fidèle”. La dignité spécifique de Marie vient précisément de sa mission d’être la Mère de Dieu, qui a engendré la nature humaine du Sauveur. C’est également là que se tise la base de toute sa coopération salvatrice.

08.11.2025 – AUDIENCE JUBILAIRE DU PAPE LÉON XIV

Audience jubilaire: le travail doit permettre de faire le bien

Audience jubilaire consacrée au jubilé du monde du travail ce samedi 8 novembre à Rome. Devant 45 000 pèlerins, selon la préfecture de la Maison pontificale, Léon XIV a livré un plaidoyer pour la dignité des travailleurs. Le Pape s’est inspiré du témoignage d’espérance offert par le bienheureux congolais Isidore Bakanja, ainsi que par l’encyclique de Jean-Paul II sur le travail humain, Laborem exercens parue en 1981, un an après la création de l’historique syndicat Solidarnosc.

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Le travail doit être «une source d’espérance et de vie» qui permette d’exprimer «la créativité de l’individu et sa capacité à faire le bien». C’est ce qu’a rappelé le Pape Léon XIV dans ses différents saluts aux pèlerins en italien et en polonais, lors de l’audience jubilaire en grande partie dédiée au monde du travail, place Saint-Pierre, samedi 8 novembre. 

Offrir stabilité et dignité par le travail

L’évêque de Rome a souhaité en conséquence «un engagement collectif, de la part des institutions et de la société civile, pour créer des opportunités d’emploi valables qui offrent stabilité et dignité, en garantissant surtout aux jeunes de réaliser leurs rêves et de contribuer au bien commun». Léon XIV a évoqué à ce titre l’encyclique de Jean-Paul II Laborem exercensdéployant une vision chrétienne du travail humain. Celle-ci est parue le 14 septembre 1981, 90 ans après Rerum Novarum de Léon XIII, grand Pape de la question sociale, dans le contexte de nouveaux développements technologiques, tels que l’introduction généralisée de l’automatisation, avec des conséquences importantes sur le monde du travail non moins importantes, écrivait Jean-Paul II, que celles provoquées par la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle.

Dans Laborem exercens citée par Léon XIV, l’Église considère qu’il est de son devoir de rappeler sans cesse «la dignité et les droits des travailleurs, de dénoncer les situations où ceux-ci sont violés et de contribuer à orienter ces changements afin qu’ils conduisent à un progrès authentique de l’homme et de la société».

La figure du bienheureux Isidore Bakanja, patron des laïcs de RDC

Dans sa brève catéchèse, le Pape natif de Chicago a souhaité mettre en avant la figure du bienheureux Isidore Bakanja (1885-1909), patron des laïcs du Congo depuis sa béatification par Jean-Paul II. Né en 1885, alors que son pays était une colonie belge, il n’a pas fréquenté l’école, car il n’y en avait pas dans sa ville, mais il est devenu apprenti maçon. Il se lia d’amitié avec les missionnaires catholiques, les moines trappistes: ceux-ci lui parlèrent de Jésus et il accepta de suivre l’enseignement chrétien et de recevoir le baptême, vers l’âge de vingt ans. «À partir de ce moment, son témoignage devint de plus en plus lumineux. Espérer, c’est témoigner: lorsque nous témoignons de la vie nouvelle, la lumière augmente même au milieu des difficultés», a détaillé le Pape augustin. Ouvrier agricole pour un patron européen athée détestant le christianisme et les missionnaires, opposé à l’évangélisation de ses ouvriers, Isidore a subi jusqu’à sa mort mauvais traitements et torture sans perdre l’espérance.

Le témoignage «des jeunes Églises» aux «plus anciennes du Nord»

Cette parole de la Croix est une parole vécue, qui brise la chaîne du mal, a rappelé Léon XIV, estimant que, souvent, «les anciennes Églises du Nord du monde reçoivent de la part des jeunes Églises ce témoignage qui les pousse à marcher ensemble vers le Royaume de Dieu, qui est Royaume de justice et de paix». «L’Afrique, en particulier, demande cette conversion, et elle le fait en nous donnant de nombreux jeunes témoins de la foi», a conclu le Pape missionnaire.

Source : VATICANNEWS, le 8 novembre 2025