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16.11.2025 – 33e dimanche ordinaire C – Intégrale des lectures
Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’intégralité des lectures du 33e dimanche du temps ordinaire, année C.
16.11.2025 – HOMÉLIE DU 33ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – LUC 17 1-6

Le jour du Seigneur
Homélie par le Fr. Laurent Mathelot.
Avez-vous entendu parler de la « collapsologie » ? Du latin collapsus – évanouissement –, c’est la science des effondrements qui étudie l’effondrement des espèces, celui des économies, et au-delà, de nos modes de vie et civilisations. Il y a, derrière la notion de collapsologie, la crainte d’un château de carte qui s’écroule. Les lectures d’aujourd’hui sont un traité de collapsologie : elles parlent du « Jour du Seigneur », de la fin des temps, de l’Apocalypse, de l’effondrement final de tout ce qui ne résistera pas face à Dieu.
Les livres d’Histoire nous racontent les récits de civilisations qui se sont effondrées, d’époques millénaristes où tous pensaient la fin des temps arrivée. On pense aux grandes invasions, aux grandes famines, aux grandes pestes, aux guerres mondiales. On pense peut-être, aujourd’hui, au dérèglement climatique. En effet, si on est loin de la panique suscitée par l’arrivée de la peste ou de la guerre, beaucoup s’inquiètent désormais d’un prochain effondrement, sinon de l’humanité, en tous cas de nos modes de vies.
Notre foi affirme une fin des temps, précédée de combats violents et persécutions, lieu de révélation de notre véritable nature. Voilà le jugement final, le « jour du Seigneur » : lorsque, dans le combat pour la Vie, nous apparaissons finalement tels que nous sommes.
Quand arrivent les pestes, les famines, les guerres et les persécutions, la nature des hommes se révèle. Au fur et à mesure que s’approchent les catastrophes, les comportements changent en effet. Toujours, la crainte de la mort révèle la nature humaine.
C’est exactement le sens du mot Apocalypse, qui ne signifie pas d’abord toute une série de catastrophes, guerres ou combats mais Révélation – du grec apokálupsis : dévoilement. L’Apocalypse est avant tout la Révélation de la véritable nature humaine – celle du Christ et la nôtre – dans le combat final pour la vie. Face aux sentiments extrêmes, dans les joies intenses comme dans les tragédies les plus accablantes, notre humanité en effet se dévoile. L’Apocalypse n’est pas tant un déchaînement d’événements terribles que la révélation de nos réactions face à de tels événements.
Finalement, face au danger, c’est la nature du Christ en nous qui se révèle, comme elle se révèle sur la Croix, face à la persécution et à la mort. Si confrontés à une guerre qui s’annonce, vous prônez l’amour fraternel, si voyant surgir la famine vous persistez à défendre le partage équitable, si quand survient une épidémie vous continuez à vouloir embrasser le lépreux, c’est certain : on va vous persécuter. Même au sein de nos communautés, de nos familles si, face à un ennemi qui nous assaille, nous prêchons encore l’amour, il s’en trouvera pour vouloir nous faire taire, et peut-être nous livrer à la mort.
Le Livre de Malachie présente le jour du Seigneur, c’est à dire Dieu qui se révèle à la fin des temps, comme un Soleil brûlant qui se lève, consumant les arrogants comme la fournaise et guérissant de son éclat ceux qui le craignent, les fidèles qui gardent ses commandements.
Mais qui ici ne se sent pas parfois arrogant ? Qui ici peut prétendre être resté fidèle, en toutes circonstances, au commandement d’aimer ? Et comment réagirions-nous face à l’imminence d’un cataclysme, d’une guerre ou d’un effondrement de masse ? Face à la mort qui approche, face au combat pour la vie, serons-nous de ceux que la peur terrorise ou de ceux qui maintiendront jusqu’au bout l’amour ? Serons-nous des lâches ou des justes ? Avez-vous déjà été confrontés à un moment de panique ?
Être arrogant, c’est avant tout se croire supérieur – supérieur aux autres et supérieur à Dieu. Et ça nous arrive à tous, parfois. C’est précisément cette arrogance que l’Apocalypse vient dramatiquement révéler, car il arrive toujours un moment où la mort gagne et notre belle supériorité s’effondre. A mesure que nous y aurons cru, ce sera la panique. Les arrogants d’aujourd’hui seront les lâches de demain face à l’adversité. Comme ce sont les humbles face à la mort, qui seront les forts au moment venu. Le Christ, en tête.
Tous nos Temples s’effondreront. Tous nos édifices aussi grands et beaux soient-ils tomberont en ruine, à commencer par l’édifice de notre propre vie. Le Temple, cette magnifique construction à la gloire du Dieu d’Israël, était à l’époque de Jésus flambant neuf : une merveille prête à rivaliser avec tous les édifices de l’Empire, à l’image de l’arrogance d’Hérode. Le Temple fonctionne ici comme l’image forte de tous nos édifices humains, de toutes nos constructions personnelles, de tous nos fantasmes de grandeur.
Que viennent les catastrophes, la mort ou la fin des temps, et ils s’effondreront nos beaux idéaux sur la famille, la fraternité entre tous, et peut-être même le bel idéal que nous avons de nous-même. Que surgissent les malheurs, les famines et les guerres, que vienne la panique et nous verrons l’humanité s’effondrer. De quel coté serons-nous alors ? De celui des bourreaux, des arrogants apeurés ou de celui des victimes livrées à l’amour malgré tout ? Comment savoir ? Comment savoir, face à une situation apocalyptique, quelle sera ma réaction ?
« Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » (2 Th 3, 10) dit Paul aux Thessaloniciens. Face à l’ampleur des problèmes, l’oisiveté n’est pas acceptable. L’indice pour savoir comment nous nous comporterons en situation de grande détresse est notre volonté présente de ne pas rester passifs face aux défis du monde, aux urgences qui déjà se présentent à nous. Le Christ le dit à la fin de l’Évangile : « C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie.»
Et en effet, si nous voulons vivre, quels que soient les défis, les drames, les catastrophes et la mort même qu’il nous faudra affronter, si nous avons su ne pas être arrogants et laisser l’Esprit du Christ prendre notre défense, malgré la souffrance ou les persécutions, nous entendrons alors Dieu, son Père et notre Père, nous dire, comme le soulignait l’antienne de l’Évangile : « Redresse-toi et relève la tête, car ta rédemption approche ». Il n’y a que le Christ en nous qui résistera à l’effondrement du temple de notre corps.
Ce sera alors pour nous l’Apocalypse, la révélation de la puissance divine que nous avons su incarner. Il suffit de persévérer à simplement aimer. Jusqu’à voir dramatiquement s’approcher la mort, les guerres, les souffrances et même les persécutions : aimer.
Si vous persistez à aimer, et Dieu et l’humanité, quels que soient les défis qui se présentent à vous, vous n’aurez jamais peur. C’est cet amour qui parlera pour vous aux moments ultimes et vous serez sauvés.

Source : RÉSURGENCE.BE, le 12 novembre 1015
16.11.2025 – HOMÉLIE DU 32ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – LUC 17, 1-6

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu
Textes bibliques : Lire
Nous approchons de la fin de l’année liturgique. Chaque année, la liturgie nous annonce le basculement vers le monde nouveau. Le prophète Malachie (1ère lecture) s’adresse à des croyants qui ne savent plus très bien où ils en sont. Les hommes ont longtemps cru pouvoir espérer une justice immédiate, une rétribution de leur vivant. Mais il a bien fallu se rendre à l’évidence : les justes qui restent fidèles au Seigneur sont persécutés. Par contre, les impies et les partisans du mal prospèrent.
Mais Dieu a une bonne nouvelle pour nous : le mal n’aura pas le dernier mot. Les croyants ne doivent pas désespérer. Un jour, Dieu manifestera qu’il sait faire la différence : il l’emportera sur les forces de destruction qui agitent les hommes et le monde. Ce sera l’établissement tant espéré de la justice de Dieu. Elle marquera sa victoire sur les ténèbres, sur le mal et sur la mort. Plus tard, Jésus annoncera que ce salut n’est pas que pour les fidèles ; il est offert à tous les hommes. Le Seigneur attend patiemment que tous se convertissent à son amour.
À l’époque de saint Paul, on pensait que ce retour du Seigneur était pour bientôt. Pour certains, c’était devenu un prétexte pour ne rien faire. On estimait que cela ne servait à rien de faire des projets, d’entreprendre ou de travailler. Dans sa lettre, Paul vient les recadrer ; lui-même se donne comme exemple : il a toujours exercé une activité pour ne pas peser sur les ressources de la communauté. Il les invite à travailler pour manger le pain qu’ils auront eux-mêmes gagné. Les chrétiens doivent être présents dans le monde par une vie de travail exemplaire. L’apôtre a des paroles dures pour les paresseux : “Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus.”
Dans l’Évangile de ce jour, nous avons entendu parler de catastrophes : il y aura la ruine du temple de Jérusalem, des guerres, des famines, des persécutions. Des gourous, des manipulateurs, des sectes de toutes tendances chercheront à en tirer profit pour aliéner ceux qui se laisseront prendre à leurs hameçons. Nous avons tous eu la visite des témoins de Jéhovah. Aujourd’hui, Jésus vient nous ramener à l’essentiel : “Ne vous laissez pas égarer… Ne marchez pas derrière eux… Ces gens ne parlent pas au nom de Dieu ; Ils ne représentent qu’eux-mêmes”.
Il ne faut pas chercher le Christ dans ce qui affole ou qui dramatise l’histoire. Le Seigneur est toujours bien présent au cœur de nos vies. Aucune épreuve ne peut nous séparer de son amour. Quand tout va mal, il est celui qui nous donne le courage de travailler à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel. En ce temps de violences et dans nos jours de faiblesse, nous avons du mal à le reconnaître. Le jour du Seigneur semble tarder. Mais n’oublions jamais : Il n’y a pas d’autre sauveur à attendre que Jésus mort sur la croix et ressuscité.
Ceux qui se réclament de lui seront victimes de persécutions. Depuis de nombreux mois, nous voyons bien qu’elles ont pris une ampleur effrayante, surtout dans les régions de culture islamique. Nous pensons aussi aux chrétiens de Chine, de Corée du Nord et de bien d’autres pays. Et même dans nos pays d’Europe, le fait d’être chrétien est de plus en plus souvent motif d’exclusion.
Jésus nous annonce des temps difficiles. Nous aurons à lutter contre les forces du mal qui cherchent à nous détourner de lui. Le danger viendra également des “divertissements de ce monde” qui risquent d’en égarer beaucoup. Ce sont là des idoles qui viennent piéger notre attention et nous avaler tout entier. “Prenez garde !” nous dit Jésus. La seule attitude qui convient, c’est celle du veilleur. Nous sommes appelés à être ceux qui guettent l’aube du jour du Seigneur.
La liturgie de ce dimanche nous rappelle que nous sommes invités à avancer humblement et avec courage en nous ressourçant chaque jour à la Parole de Dieu. Cette Parole est “lumière pour nos pas”. Chaque dimanche, le Seigneur nous donne rendez-vous pour l’Eucharistie source et sommet de toute vie chrétienne. Puis il nous envoie pour agir comme lui et avec lui au service des autres. C’est avec lui que nous pourrons rester en éveil pour témoigner de l’espérance qui nous anime.
“Fais paraître ton jour… Seigneur !” À ce monde que tu fais chaque jour avec tendresse, donne un cœur de chair, donne un cœur nouveau. Sur les hommes qu’il t’a plu de créer à ton image, envoie ton Esprit, un Esprit nouveau. Amen.

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 8 novembre 2025
13.11.2025 – PRIÈRE DU MILIEU DU JOUR AU SACRÉ-CŒUR DE MONTMARTRE
13.11.2025 – MESSE À LOURDES
13.11.2025 – MESSE À NOTRE-DAME DE LA GARDE
En réponse au féminisme actuel, les jeunes hommes se tournent vers Marie

En réponse au féminisme actuel, les jeunes hommes se tournent vers Marie
Un phénomène puissant et magnifique est en train de se produire chez les jeunes hommes : Ils rencontrent le Christ à travers la Vierge Marie et le rosaire. Ces hommes sont venus s’échouer sur les rivages de l’Église, battus par les tempêtes et épuisés par la culture hostile qui est la leur. Cette culture les traite comme des êtres « toxiques » tout en exigeant qu’ils se plient à tous les caprices féminins.
S’il existe des tendances inquiétantes de masculinité toxique, c’est le féminisme toxique qui domine aujourd’hui le milieu culturel. Lorsque j’ai commencé à exercer mon ministère sur le campus universitaire, je me suis rendue compte qu’il fallait faire connaître la Vierge Marie. J’ai donc démarré un groupe du rosaire une fois par semaine le soir, m’engageant à être présente même si personne ne venait.
Lorsque j’ai reçu l’appel m’annonçant que mon père était mourant, j’ai dû partir précipitamment. Deux jeunes hommes assistaient au chapelet, je leur ai donc laissé la responsabilité de le diriger. Pendant mon absence, la Vierge a attiré ces jeunes hommes dans son Cœur Immaculé. J’ai constaté de profonds changements chez eux : ils sont devenus de plus en plus fidèles à la Vierge Marie et au chapelet.
Un autre jeune homme, qui s’apprête à commencer le catéchuménat dans une autre partie du diocèse, m’a raconté comment la Vierge Marie l’avait sauvé des ténèbres. Cela m’a rappelé la rencontre du père Donald Calloway (1) avec Marie au moment le plus sombre de sa vie, qui l’a conduit à l’Église catholique. Il se passe des choses extraordinaires ces temps-ci.
Plus je réfléchis à ce phénomène, plus il me semble logique. Ces jeunes hommes sont entourés de femmes qui, à bien des égards, ont appris à les rabaisser. Ces jeunes femmes, victimes des mensonges d’un féminisme toxique, ont transformé les hommes en ennemis. Ces jeunes hommes ne trouvent pas de femmes avec qui sortir, car trop de femmes se détournent de la foi au profit d’idéologies politiques et de l’activisme, de l’occultisme, ou sont convaincues qu’elles n’ont pas besoin des hommes. Plus les universités sont progressistes, plus cette réalité se vérifie.
Face à cette hostilité, il y a la Sainte Mère : elle est la femme parfaite, l’exemple par excellence de la féminité authentique. Les sexes sont destinés à être complémentaires dans le mariage, mais aussi dans tous les autres domaines de la vie. Je le vois très clairement dans la façon dont j’accompagne les jeunes, par rapport à la façon dont le prêtre aumônier les accompagne.
Les jeunes ont besoin de disciples du Seigneur à la fois masculins et féminins pour les guider sur leur chemin. Il ne s’agit pas d’une compétition. Il s’agit plutôt d’une harmonieuse complémentarité.
Constance T. Hull, théologienne et universitaire américaine. Article du 14 août 2025, pour Catholic Exchange.
(1) Donald Calloway, MIC est un auteur américain et prêtre catholique de la Congrégation des Pères mariaux de l’Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie. Il est connu pour l’histoire de sa conversion et son livre autobiographique paru en 2020.
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
13.11.2025 – SAINT DU JOUR

Nicolas (Niccolò) Ier, le Grand
Pape (105e) de 858 à 867
Nicolas, fils d’un très important fonctionnaire de la ville, naît à Rome au début du IXe siècle. Nanti d’une solide culture, pieux, intelligent, vertueux et travailleur, entra dans les ordres et fit toute sa carrière dans la Curie, au patriarcharum du Latran.
Sous-diacre de Serge II (844-847), diacre attaché à Léon IV (847-855), il fut un si proche conseiller de Benoît III (855-858) qu’il assura le gouvernement de l’Église lorsque l’infortuné pontife, à peine élu et non encore couronné, fut arrêté par les missi de l’empereur Louis II qui lui préférait Anastase (21 septembre 855). Le clergé romain, barricadé dans la basilique des Quatre-Saints-Couronnés, résista et les missi s’inclinèrent. Benoît III ne tint le Saint-Siège que deux ans et demi et mourut le 10 mars 858.
Avec l’approbation de l’Empereur, présent à Rome, Nicolas, après à peine quinze jours de vacance du Siège, fut élu, quasi à l’unanimité, à la succession de Benoît III ; présenté par l’empereur Louis II, acclamé par le peuple, soutenu par le clergé vertueux, le pape Nicolas I fut sacré à Saint-Pierre de Rome le 24 avril 858.
Après Grégoire le Grand (590-604) et avant Grégoire VII (1073-1085), Nicolas Ier fut le premier grand pape médiéval, alliant la piété, l’autorité, l’activité, la charité et l’intelligence. Ayant su s’entourer de personnages efficaces et cultivés, il s’appuya fermement sur tout ce que l’Église connaissait de textes législatifs et administratifs. Il sut aussi s’attacher les ennemis de ses prédécesseurs et choisit des conseillers dans l’entourage de Louis II, au point qu’Anastase le Bibliothécaire, que Benoît III avait fait abbé de Sainte-Marie-du-Transtevere, devint un des plus brillants rédacteurs de la chancellerie pontificale et le biographe de Nicolas Ier. Profitant du mouvement de l’époque, il se mit au-dessus des empereurs en leur refusant d’intervenir dans les affaires de l’Église et se posa comme dernier recours pour toutes les affaires.
Nicolas le Grand affirmait sa primauté pontificale sur toutes les églises d’Occident dont il était le patriarche : il intervint pour défendre ou pour soumettre les archevêques métropolitains en Bretagne, en Touraine, en Champagne, à Ravenne, à Vienne. Gêné par l’insubordination de quelques grands évêques, en particulier par Hincmar de Reims, alors le plus puissant évêque d’Occident, et par le patriarche Jean de Ravenne, le Pape les fait plier.
Le peuple romain l’aima en raison de ses grandes charités, au point de professer qu’il n’y eut dans toute la ville un seul pauvre qui ne vécût des bienfaits du saint pontife. Il venait juste de monter sur le trône de Pierre, lorsque, le 30 octobre 860, le Tibre déborda, le Pape organisa les secours aux sinistrés qu’il accueillit dans l’hospice de Sainte-Marie. Durant tout son pontificat, il fut attentif aux aveugles et aux infirmes. Il entreprit efficacement la défense de la ville contre les Sarrasins et, à cet effet, construisit la place forte d’Ostie où il entretint une garnison considérable. Il condamnait toute guerre qui ne fût pas proprement défensive et proscrivit comme un crime la torture des voleurs et des brigands.
En Orient, où Nicolas Ier entendait aussi s’imposer, son règne entier fut empoisonné par le patriarche Photius de Constantinople. Photius avait réuni un synode pour déposer Ignace (859). Le synode réuni le 6 avril 861, avec l’accord des légats, déposa Ignace et reconnut Photius ; Nicolas Ier désavouant ses légats fit savoir à l’Empereur et au prétendu patriarche, en rappelant la primauté romaine, qu’il considérait toujours Ignace comme patriarche de Constantinople. Ignace envoya au Pape un Libellus (fin 862) et le synode romain d’avril 863 déclara l’irrégularité de l’élection et de l’ordination de Photius qu’il priva de toute dignité ecclésiastique. Il s’ensuivit d’interminables négociations, ourlées de correspondances violentes, tandis que Rome était opposée à Constantinople à propos de la juridiction sur la Bulgarie dont le roi Boris venait de recevoir le baptême (864). Le Pape ne voulut céder sur rien mais proposa de faire entendre Ignace et Photius devant un synode romain (28 septembre 865). Cependant, à propos de la Bulgarie, le pseudo-patriarche Photius ameutait par une encyclique les églises d’Orient contre l’Église d’Occident et ses pratiques. Au mois d’août 867, il réunit à Constantinople un concile prétendument œcuménique qui, en septembre, excommunia et déposa Nicolas Ier, lequel ne le sut jamais, puisqu’il mourut le 13 novembre 867, non sans avoir rallié contre Photius les théologiens latins. L’Empereur Michel avait été assassiné par Basile (24 septembre 867) qui força Photius à la démission, rappela Ignace (23 novembre 867) et renoua avec Rome alors sous le pontificat d’Adrien II.
Nicolas Ier, malade depuis plusieurs années, mourut à Rome, après neuf ans et sept mois de pontificat, le 13 novembre 867 et fut enterré à Saint-Pierre du Vatican.
La ferveur populaire le plaça au nombre des saints mais il faut attendre la fin du Moyen-Age pour que l’Église le fasse officiellement en l’associant à la fête de Saint Nicolas (6 décembre).
Il fut fêté à partir de 1850 au 5 novembre et, à partir de 1883, au 13 novembre.
Saint Nicolas 1er priez pour nous !

13.11.2025 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,20-25.

En ce temps-là, comme les pharisiens demandaient à Jésus quand viendrait le règne de Dieu, il prit la parole et dit : « La venue du règne de Dieu n’est pas observable.
On ne dira pas : “Voilà, il est ici !” ou bien : “Il est là !” En effet, voici que le règne de Dieu est au milieu de vous. »
Puis il dit aux disciples : « Des jours viendront où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez pas.
On vous dira : “Voilà, il est là-bas !” ou bien : “Voici, il est ici !” N’y allez pas, n’y courez pas.

En effet, comme l’éclair qui jaillit illumine l’horizon d’un bout à l’autre, ainsi le Fils de l’homme, quand son jour sera là.
Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :
Isaac le Syrien (7e siècle)
moine près de Mossoul
Discours ascétiques, 1ère série (trad. DDB 1981 rev.)
« Le règne de Dieu est au milieu de vous »
Les démons redoutent, mais Dieu et ses anges désirent l’homme qui cherche Dieu dans son cœur jour et nuit avec ferveur, et qui repousse loin de lui les agressions de l’ennemi. Le pays spirituel de cet homme pur en son âme est au-dedans de lui : le soleil qui brille en lui est la lumière de la Sainte Trinité ; l’air que respirent les pensées qui l’habitent est le Saint Esprit consolateur. Et les saints anges demeurent avec lui. Leur vie, leur joie, leur réjouissance sont le Christ, lumière de la lumière du Père. Un tel homme se réjouit à toute heure de la contemplation de son âme, et il s’émerveille de la beauté qu’il y voit, cent fois plus lumineuse que la splendeur du soleil. C’est Jérusalem. Et c’est « le Royaume de Dieu caché au-dedans de nous », selon la parole du Seigneur. Ce pays est la nuée de la gloire de Dieu, où seuls entreront les cœurs purs pour contempler la face de leur Maître (Mt 5,8), et leur entendement sera illuminé par les rayons de sa lumière.

LECTURES :
Livre de la Sagesse 7,22-30.8,1.
Il y a dans la Sagesse un esprit intelligent et saint, unique et multiple, subtil et rapide ; perçant, net, clair et intact ; ami du bien, vif,
irrésistible, bienfaisant, ami des hommes ; ferme, sûr et paisible, tout-puissant et observant tout, pénétrant tous les esprits, même les plus intelligents, les plus purs, les plus subtils.
La Sagesse, en effet, se meut d’un mouvement qui surpasse tous les autres ; elle traverse et pénètre toute chose à cause de sa pureté.
Car elle est la respiration de la puissance de Dieu, l’émanation toute pure de la gloire du Souverain de l’univers ; aussi rien de souillé ne peut l’atteindre.
Elle est le rayonnement de la lumière éternelle, le miroir sans tache de l’activité de Dieu, l’image de sa bonté.
Comme elle est unique, elle peut tout ; et sans sortir d’elle-même, elle renouvelle l’univers. D’âge en âge, elle se transmet à des âmes saintes, pour en faire des prophètes et des amis de Dieu.
Car Dieu n’aime que celui qui vit avec la Sagesse.
Elle est plus belle que le soleil, elle surpasse toutes les constellations ; si on la compare à la lumière du jour, on la trouve bien supérieure,
car le jour s’efface devant la nuit, mais contre la Sagesse le mal ne peut rien.
Elle déploie sa vigueur d’un bout du monde à l’autre, elle gouverne l’univers avec bonté.

Psaume 119(118),89.90.91.130.135.175.
R/ Pour toujours, ta parole, Seigneur. (Ps 118, 89)
Pour toujours, ta parole, Seigneur, se dresse dans les cieux.
Ta fidélité demeure d’âge en âge, la terre que tu fixas tient bon.
Jusqu’à ce jour, le monde tient par tes décisions :
toute chose est ta servante.
Déchiffrer ta parole illumine
et les simples comprennent.
Pour ton serviteur que ton visage s’illumine :
apprends-moi tes commandements.
Que je vive et que mon âme te loue ! Tes décisions me soient en aide !
