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19.06.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,19-23. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et les vers les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler.
Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler.
Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.
La lampe du corps, c’est l’œil. Donc, si ton œil est limpide, ton corps tout entier sera dans la lumière ;
mais si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

abbé

Notre foi, victoire sur le monde (Le Christ Idéal du Moine, éd. DDB, 1936 ; p. 137)

La joie de la foi

Il faut que l’ardeur de notre foi anime nos moindres actions. Si nous nous y appliquons, notre vie sera pleine de lumière et de joie. Les plus minimes détails de nos journées nous apparaîtront comme des perles précieuses, que nous voudront acquérir pour en composer notre trésor du ciel. Et à mesure que nous avancerons dans la foi, qu’elle deviendra plus ferme, plus ardente, plus active, la joie abondera de plus en plus dans notre âme. Les clartés s’ajoutent aux clartés ; l’espérance, voyant ses horizons s’élargir, s’affermit de jour en jour ; l’amour, se sentant plus ardent, rend toutes choses aisées ; et nous courons dans la voie des commandements du Seigneur. (…) Au ciel, la source de notre joie sera la possession assurée, parfaite et inamissible du bien souverain et immuable, dans la pleine lumière de la gloire ; ici-bas, la source de notre joie est la possession commencée de Dieu, l’union anticipée à Dieu : cette possession, cette union est d’autant plus intime que nous sommes plus baignés de la lumière de la foi. La joie que la foi nous procure est nécessaire ici-bas. C’est Dieu lui-même qui a façonné notre cœur, et il l’a façonné de telle sorte qu’il ait besoin d’allégresse.

LECTURES :

Deuxième livre des Rois 11,1-4.9-18.20. 

En ces jours-là, lorsque Athalie, mère d’Ocozias, apprit que son fils était mort, elle entreprit de faire périr toute la descendance royale.
Mais Josabeth, fille du roi Joram et sœur d’Ocozias, prit Joas, un des fils du roi Ocozias, pour le soustraire au massacre. Elle le cacha, lui et sa nourrice, dans une chambre de la maison du Seigneur, pour le dissimuler aux regards d’Athalie ; c’est ainsi qu’il évita la mort.
Il demeura avec Josabeth pendant six ans, caché dans la maison du Seigneur, tandis qu’Athalie régnait sur le pays.
Au bout de sept ans, le prêtre Joad envoya chercher les officiers des mercenaires et des gardes, et les fit venir près de lui dans la maison du Seigneur. Il conclut une alliance avec eux, leur fit prêter serment dans la maison du Seigneur, et leur montra le fils du roi.
Les officiers exécutèrent tous les ordres du prêtre Joad. Chacun prit ses hommes, ceux qui entraient en service le jour du sabbat, et ceux qui en sortaient ce jour-là, et tous rejoignirent le prêtre Joad.
Celui-ci leur remit les lances et les carquois du roi David, qui étaient conservés dans la maison du Seigneur.
Les gardes se postèrent, les armes à la main, devant l’autel, du côté sud et du côté nord de la Maison, afin d’entourer le futur roi.
Alors Joad fit avancer le fils du roi, lui remit le diadème et la charte de l’Alliance, et on le fit roi. On lui donna l’onction, on l’acclama en battant des mains et en criant : « Vive le roi ! »
Athalie entendit cette clameur des gardes et du peuple, et elle accourut vers le peuple à la maison du Seigneur.
Et voilà ce qu’elle vit : le roi debout sur l’estrade, selon le rituel ; auprès de lui les officiers et les trompettes, et tout le peuple du pays criant sa joie tandis que les trompettes sonnaient. Alors, elle déchira ses vêtements et s’écria : « Trahison ! Trahison ! »
Le prêtre Joad donna cet ordre aux officiers : « Faites-la sortir de la Maison, à travers vos rangs. Si quelqu’un veut la suivre, frappez-le par l’épée. » En effet, le prêtre Joad avait interdit de la mettre à mort dans la maison du Seigneur.
On mit la main sur elle, et elle arriva au palais par la porte des Chevaux. C’est là qu’elle fut mise à mort.
Joad conclut une alliance entre le Seigneur, le roi et le peuple, pour que le peuple soit le peuple du Seigneur ; il conclut l’alliance entre le roi et le peuple.
Alors, tous les gens du pays entrèrent dans le temple de Baal et le démolirent. Ils mirent en pièces ses autels et ses statues et, devant les autels, ils tuèrent Matane, prêtre de Baal. Le prêtre Joad posta ensuite des gardes devant la maison du Seigneur.
Tous les gens du pays étaient dans la joie, et la ville retrouva le calme. Quant à Athalie, on l’avait mise à mort par l’épée dans la maison du roi.

Joas proclamé roi de Juda

Psaume 132(131),11.12.13-14.17-18. 

R/ Le Seigneur a fait choix de Sion ; elle est le séjour qu’il désire. (Ps 131, 13)

Le Seigneur l’a juré à David, 
et jamais il ne reprendra sa parole : 
« C’est un homme issu de toi 
que je placerai sur ton trône.

« Si tes fils gardent mon alliance, 
les volontés que je leur fais connaître, 
leurs fils, eux aussi, à tout jamais, 
siégeront sur le trône dressé pour toi. »

Car le Seigneur a fait choix de Sion ; 
elle est le séjour qu’il désire :
« Voilà mon repos à tout jamais, 
c’est le séjour que j’avais désiré. »

« Là, je ferai germer la force de David ; 
pour mon messie, j’ai allumé une lampe.
Je vêtirai ses ennemis de honte, 
mais, sur lui, la couronne fleurira. »

21.06.2026 – HOMÉLIE DU 12ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 10,26-33

Au creux de l’injustice

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Lecture: Évangile selon saint Matthieu 10, 26 – 33

Il est intéressant, dans notre lecture de la Bible, de déceler les passages où elle accroche, où les mots nous percutent et, ensuite, de discerner pourquoi, sur certains termes ou certains versets, nous butons. En lisant l’Évangile de ce dimanche, c’est le mot « ténèbres » qui m’a arrêté : « Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits ». Pourquoi « ténèbres » et pas simplement « secret » ? « Ce que je vous dis dans le secret, dites-le en pleine lumière ». Pourquoi cette accentuation tragique ? « Ce que je vous dis dans les ténèbres … ».

A bien y regarder, toutes les lectures de ce dimanche ont un accent tragique. Le prophète Jérémie se trouve méprisé, trahi par les siens, parce qu’il annonce la destruction prochaine de Jérusalem et la déportation du peuple hébreu à Babylone. On est en 600 avant Jésus-Christ. « Moi Jérémie, j’entends les calomnies de la foule : Dénoncez-le ! Allons le dénoncer, celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés. » Il vient d’être battu et mis au pilori quand il prie : « Mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas … Chantez le Seigneur, louez le Seigneur. »

Le psaume n’est pas plus joyeux, qui chante : « C’est pour toi que j’endure l’insulte, que la honte me couvre le visage : je suis un étranger pour mes frères … Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! Car le Seigneur écoute les humbles, il n’oublie pas les siens emprisonnés. »

Paul non plus, qui nous rappelle qu’à la suite d’Adam, nous sommes tous pécheurs et souligne que, depuis Moïse, la faute est alourdie puisque la loi de Dieu est désormais connue. « Si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ. »

Enfin l’Évangile qui nous commande, dans la ténèbre, de ne pas craindre « ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme » mais de craindre Dieu, « qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps ».

Insultes, persécutions, enchaînés au péché, menacés de mort : le tableau de ces lectures dominicales est affligeant. Et au milieu de toute cette noirceur, Jérémie chante et loue le Seigneur, le psalmiste crie sa joie et son désir de vivre, Paul s’enthousiasme de l’abondance de la grâce et Matthieu rappelle que « les cheveux de [notre] tête sont tous comptés ». Ainsi pourrait-on résumer leur enseignement : « Face au ténèbres, louez Dieu ! ».

On pourrait trouver la pirouette facile, affleurant le côté ״opium du peuple״ : « Vous souffrez ? Rendez gloire à Dieu ! » Est-ce ainsi qu’il faut comprendre l’enseignement de ce dimanche : la prière est-elle un placebo ou, pire, un anesthésiant ? Je crois que c’est prendre les lectures à l’envers et que se tourner vers Dieu dans la ténèbre est tout sauf une pirouette, une échappatoire facile à l’injustice qui nous frappe. Je crois que le réflexe naturel, en cas de malheur, est d’en vouloir à la Terre entière, à Dieu lui-même, voire à soi ; que, naturellement, le cœur blessé crie vengeance : « Seigneur … fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras » supplie Jérémie.

Au contraire, les lectures nous présentent un changement subtil du regard, un retournement spirituel soudain, une conversion inopinée face à l’injustice. C’est au cœur du malheur et de la souffrance que la foi surgit de la manière la plus mystérieuse : non comme un anesthésiant, un moyen de garder patience et d’endurer, mais comme un adjuvant qui renforce notre volonté d’agir. Il y a un moment mystérieux, affronté à l’injustice, où notre cœur cesse de crier vengeance, cesse de se lamenter et de pleurer sur lui-même pour se tourner vers un idéal plus grand que l’offense qui lui a été faite, plus grand que les malheurs subis – un moment où le désespoir s’abandonne à l’amour divin. C’est ce moment que veulent cerner les lectures d’aujourd’hui.

Ce moment, Jésus l’a vécu en croix, alors qu’il crie « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Marc 15, 34), qui est un reproche paradoxal, puis qu’il s’adresse à Dieu. Il y a au creux de l’injustice, au fond de la ténèbre, un sentiment de total abandon de soi qui, s’il se tourne vers Dieu, ouvre la voie de la Résurrection.

Bien souvent, dans le malheur, nous nous épuisons à rechercher des causes et des responsables, quelqu’un à blâmer et punir pour nous venger, entrant ainsi en complicité avec le mal qui nous frappe. C’est au contraire la complicité retrouvée avec Dieu qui nous sauvera, qui nous sortira effectivement de l’emprise vengeresse du mal.

Dieu est facile à trouver dans les joies de la vie, infiniment plus dissimulé quand surgissent les ténèbres, qui laissent notre cœur alourdi du désir de revanche. Mais si là on le trouve, si précisément là où c’est le plus difficile, notre cœur se tourne vers lui, se convertit et s’abandonne à lui, alors resurgit l’éclat de la vie et la joie d’être inconditionnellement aimé. Alors tout change …

Le chrétien n’est pas tant appelé à se résigner au malheur qu’à trouver la force de le transcender. On trouve cette force quand, au creux de l’injustice, on se tourne enfin vers Dieu. Alors les larmes, subrepticement, se muent en joie.

Fr. Laurent Mathelot

Source: RESURGENCE.BE, le 17 juin 2026

21.06.2026 – HOMÉLIE DU 12ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 10,26-33

Ne craignez pas

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Porter la Parole du Seigneur a toujours été une grande et belle mission. Mais nous savons tous qu’elle comporte son lot de difficultés et de souffrances. La liturgie de ce jour nous a fait entendre les lamentations du prophète Jérémie : « J’entends les calomnies de la foule… Dénoncez-le ! » Il lui en coûte de proclamer la parole que Dieu a mise dans sa bouche. Sa foi est une mise à l’épreuve. Mais il se tourne vers le Seigneur pour qu’il prenne sa défense. Dieu lui a promis d’être avec lui pour le délivrer de ses persécuteurs.

Jusque dans l’adversité Dieu reste proche de nous. En signe de reconnaissance, le prophète termine sa prière par une louange. « Chantez le Seigneur, louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants. » C’est aussi cette reconnaissance que nous faisons monter vers le Seigneur. Comme le dit l’apôtre Paul, rien ne peut nous séparer de son amour. »

Dans sa lettre aux Romains, l’apôtre Paul nous parle de l’humanité plongée dans le péché : « …par un seul homme, le péché est entré dans le monde… » Cette présence du mal, nous la constatons tous les jours. Mais ce régime du péché ne peut pas avoir le dernier mot. Par sa mort et sa résurrection, le Christ a inauguré le régime universel du salut. Un autre jour, l’apôtre Paul écrira : « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. » On a beaucoup parlé du « péché originel » mais peut-être pas assez de la « grâce originelle » obtenue par le Christ.

Alors oui, nous ne devons pas craindre ; c’est ce que Jésus nous rappelle en ce dimanche. À la suite du prophète Jérémie, de l’apôtre Paul et de bien d’autres, nous sommes envoyés pour porter la Parole de Dieu. Notre mission est de révéler Celui qui a « les Paroles de la Vie éternelle ». Cette mission ne va pas sans de nombreuses difficultés. Les chrétiens sont chaque jour affrontés à l’incroyance, l’indifférence, la dérision… On les accuse de propager une « idéologie obscurantiste ». Mais le Seigneur nous rassure : « Ne craignez pas… Je suis avec vous. »

Quand saint Matthieu écrit son Évangile, les chrétiens sont persécutés, pourchassés et mis à mort. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui. Mais il nous faut réentendre cette parole du Seigneur : « Ne craignez pas… N’ayez pas peur… Je suis avec vous ». Les hommes les plus mal intentionnés peuvent tuer le corps mais ils ne peuvent tuer l’âme. Ils ne peuvent rien contre notre dynamisme, notre confiance. Ils ne peuvent pas nous faire douter de l’amour de Dieu. Ce n’est pas le moment de chanceler car le mal n’aura pas le dernier mot. Le Christ ressuscité veut nous associer tous à sa victoire sur le péché et la mort.

Nous chrétiens, sommes donc tous appelés à accueillir le Christ et à le mettre au centre de notre vie. Cet amour qu’il met en nous, il nous faut l’annoncer, le rayonner autour de nous. De nombreux chrétiens s’organisent pour relayer son message à la télévision, la radio, la Presse, Internet et par tous les moyens qui sont à leur disposition. Le Christ compte sur l’engagement de tous ses disciples pour que son Évangile soit proclamé à toutes les nations. Personne ne peut le faire à leur place.

L’Évangile de ce jour se termine par un avertissement très ferme : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. » Nous ne devons pas craindre de nous compromettre sans réticence pour le Christ. Dans un milieu hostile ou indifférent, il n’est pas facile d’affirmer sa foi. Et pourtant, même des enfants nous donnent l’exemple. Beaucoup préfèrent mourir plutôt que de renier leur foi au Christ. C’est important pour nous : nous pouvons toujours compter sur lui, même quand tout va mal.

La bonne nouvelle de ce dimanche c’est que Dieu ne nous abandonne pas ; bien au contraire, il prend soin de chacun de nous. Il est à nos côtés dans notre combat contre les forces du mal. Son amour nous est acquit une fois pour toutes et rien ne peut nous en séparer. Au-delà de la croix, se trouve la certitude de la résurrection, celle que nous célébrons chaque dimanche.

Comme Jérémie, comme Jésus et comme Paul, nous sommes envoyés. Nous arrivons à la veille des vacances. C’est aussi le moment favorable pour être de simples et authentiques témoins. Que l’Esprit Saint soit toujours avec nous pour nous aider à rendre compte de l’espérance qui nous anime. Et que Marie, notre maman du ciel, nous accompagne sur ce chemin.

Abbé Jean Compazieu

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 14 juin 2026