Quelle saveur avez-vous ? Quand le Christ dit « Vous êtes le sel de la Terre », c’est bien que nous avons une saveur propre que chacun peut apprécier. Sommes-nous conscients de notre saveur pour les autres, du goût qu’ils ont de nous ? Pourquoi ceux qui nous aiment nous aiment-ils ? Qu’est-ce qui leur plaît en nous ?
Au-delà, c’est le Christ qui nous dit : « Vous êtes le sel de la Terre ». Ainsi avons-nous du goût, de la saveur aux yeux de Dieu : « Tu as du prix à mes yeux, tu as de la valeur et je t’aime » dit le Père dans le Livre d’Isaïe (43, 4). Qu’est-ce qui plaît tant à Dieu en nous ? Quelles raisons Dieu a-t-il de nous aimer ?
Peut-être, d’ailleurs, certains pensent-ils ne pas avoir beaucoup de saveur aux yeux de Dieu. Quand nous arriverons face à lui, quel goût aura la réception ? « Si le sel devient fade comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens. ». N’y a-t-il pas un risque inouï à arriver sans saveur devant Dieu, ou pire, suscitant son dégoût ?
Le judaïsme ancien était fort une affaire de goût. Pour Jésus et ses contemporains, Dieu résidait effectivement dans le Saint des Saint du Temple. La crainte était alors que Dieu déserte sa résidence terrestre, qu’il quitte finalement le Temple de Jérusalem, dégoûté par l’odeur du péché du peuple. De là, les innombrables piscines rituelles alentour ; de là, l’hygiène corporelle et spirituelle rigoureuse pour s’en approcher ; de là, l’encens qu’on brûle à foison pour parfumer l’édifice. Pour un Juif, Dieu est une personne de goût, que le péché dégoûte.
Le christianisme a spiritualisé ces notions. Ce n’est pas tant, pour nous, que Dieu a le nez fin, qu’il veuille vivre en nous, en notre âme. Nous n’avons plus de bains rituels, sinon le baptême. L’hygiène corporelle, dans le christianisme, se réduit à la santé du corps. Car effectivement, l’incarnation de Dieu en Jésus change la donne : par le Christ, le corps humain devient en soi digne de Dieu. Il n’y a plus besoin de rituellement le purifier, sinon la première fois, à son baptême, pour recevoir l’onction de l’Esprit-Saint. Pour nous, Chrétiens, Dieu habite volontiers en l’homme et s’y sent bien. Nous avons uniquement gardé le rite de l’encensement. Et vous aurez remarqué que ce sont les corps que le christianisme encense, non les bâtiments. L’encensement est ainsi, pour nous, le signe de notre volonté d’avoir de la saveur aux yeux de Dieu.
Le Christ, lui-même, n’est pas vite dégoûté, qui traîne avec des va-nu-pieds, à qui des pharisiens et des scribes reprochent que ses disciples prennent leurs repas avec des mains impures (Mc 7, 1-5 ; Mt 15, 1-2). Dans le christianisme, Dieu proclame le corps humain parfaitement digne de lui. Nous sommes la seule religion professant un tel dogme.
La seule pureté rituelle qui soit attendue de nous est ainsi celle de notre âme, l’ouverture de notre cœur à l’amour de Dieu. A cet égard, l’Église est accueillante de toutes nos petites misères, qui se contente d’un kyrie au début de la messe, et de l’absolution des péchés, quand nous nous sentons en délicatesse avec Dieu. Le Christ, et l’Église à sa suite, est accueillant des âmes tourmentées, pourvu qu’elles soient honnêtement désireuses de salut.
Que le Christ proclame que le sel affadi mérite d’être jeté et piétiné est une affirmation théologique radicale, qui parle de la fin des temps. Il s’agira bien, en effet, d’avoir finalement quelque saveur pour Dieu. Mais nous savons tout autant qu’il n’est pas fine bouche et qu’il a le palais miséricordieux.
La question du sel qui s’affadit est aussi, bien sûr, de la part de Jésus, un enseignement actuel pour la vie spirituelle de ses disciples.
Qu’arrive-t-il si l’impression nous gagne d’avoir perdu de la saveur aux yeux de ceux qui nous aiment – aux yeux de notre entourage, voire de Dieu ? Que dire à celui qui pense ne pas plaire aux autres, voire ne jamais pouvoir plaire ? Que dire à celle qui a perdu la saveur d’elle-même, jusqu’à parfois penser ne plus mériter l’amour ? Voilà le sujet de la parabole du sel de la Terre : la saveur spirituelle que nous pensons avoir, le goût de notre âme. Parce que, comme dans le judaïsme, à mesure du dégoût que nous éprouverons en notre âme, nous penserons que Dieu voudra la déserter. Un jeune m’a dit un jour : « Dieu ne m’aime pas ! », ce qui signifiait : « Je ne m’aime pas. Comment Dieu pourrait-il donc m’aimer ? ».
Nous avons une saveur inouïe aux yeux de Dieu, comme l’avait prophétisé Isaïe. Le Christ est venu en apporter la preuve formelle, nous embrasser. Dieu veut s’incarner en nous et il est très volontaire : il s’inquiète de la brebis perdue (Lc 15, 4-7 ; Mt 18, 12-14) ; il bondit de joie au retour du fils prodigue (Lc 15, 11-32).
Nous pensons perdre de la valeur aux yeux de Dieu, ou de nos proches, dès que nous perdons la saveur de nous-même. L’urgence est alors de s’aérer l’âme, qui renferme trop d’esprit nauséabond. Parce qu’à habituer son âme au dégoût, on risque de perdre le goût de la vie, que l’on ne verra finalement plus bonne qu’à jeter et piétiner.
Dès que l’on perd un tant soit peu le goût de soi, la saveur de vivre, il convient de faire le parcours de la parabole du sel de la Terre à l’envers : du sentiment de piétinement, se poser la question que Jésus pose : « Si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? »
Nous le savons : c’est en ressuscitant en nous le sentiment d’amour : celui d’être infiniment aimé de Dieu malgré notre trouble, mais aussi celui d’être bien plus être aimé de nos proches que nous le pensons. La perte du goût de vivre est avant tout une perte du goût de soi à travers les autres, qui pourtant nous aiment encore. Nous sommes infiniment plus aimés que nous le pensons – et de Dieu et de nos proches.
Si notre vie sent le renfermé, parfumons-nous l’âme, ouvrons grandes les portes de notre cœur et laissons-y entrer quelque parfum d’amour. Il y a, à l’extérieur de nous, des personnes qui nous aiment, Dieu en premier. La perte du goût de soi vient de la perte du goût de l’amour. On rend de la saveur au sel de la vie en se souvenant à quel point, même au fond de la ténèbre, il y a des proches pour nous aimer.
L’Église de France nous propose aujourd’hui de célébrer le dimanche de la santé. Il nous est proposé aujourd’hui de porter dans notre prière celles et ceux qui, au quotidien, veillent sur les malades, qui les réconfortent, les visitent, les entourent d’affection et de délicatesse. Il s’agit aussi d’avoir au cœur les chercheurs, ceux qui, dans les laboratoires, font avancer les traitements et la compréhension de certaines affections. Nous ne pourrons oublier également les innombrables métiers de l’hôpital ainsi que les familles et les bénévoles d’aumônerie ou d’associations laïques qui, par leur action adoucissent la vie des personnes malades, âgées, handicapées.
Les textes bibliques de ce dimanche nous révèlent un Dieu qui nous guide vers la vraie Lumière. Le prophète Isaïe (1ère lecture) s’adresse à un peuple qui revient d’une longue captivité. Il reste encore des douloureuses séquelles de cette terrible période. Malgré tout, la pratique religieuse s’est remise en place. Pleins de bonne foi, ces gens veulent plaire à Dieu. Mais il y a un problème ; et c’est là qu’Isaïe intervient. Beaucoup pensent que Dieu attend les plus somptueuses cérémonies et les meilleurs fruits de la terre. C’est normal qu’on veuille se prosterner devant le créateur du ciel et de la terre.
Mais le vrai Dieu n’est pas comme cela ; il n’exige rien pour lui ni pour sa gloire personnelle. Son bonheur c’est de voir que le droit et la justice animent les relations entre nous. Sa grande joie c’est que nous vivions ensemble comme des frères. Notre attention doit se porter vers les plus faibles et les plus pauvres : “Partage ton pain avec celui qui a faim…. Ne te dérobe pas à ton semblable.” Nous ne pouvons pas aimer Dieu sans aimer le prochain. Le Dieu de la Bible est un Dieu libérateur et miséricordieux. Ce qu’il nous demande c’est d’avoir le même comportement. C’est important car nous sommes faits pour être à l’image de Dieu.
L’apôtre Paul (2ème lecture) a lui aussi le souci de nous montrer celui qui est la vraie lumière. Son message n’a rien à voir avec la sagesse des hommes. Lui-même n’est pas un “accrocheur” à la parole convaincante. Contrairement aux gens de Corinthe, il n’a rien d’un tribun éloquent. II n’a aucun don pour manier les foules. Mais il croit en l’amour fou d’un Dieu qui se laisse crucifier. Pour les corinthiens, c’était inimaginable. Et pourtant, c’est de cela qu’il veut témoigner de toutes ses forces. Il ne cherche pas à convaincre les foules avec des arguments humains. Mais il croit en l’Esprit Saint qui agit en lui et par lui. Il a compris que la foi ne repose pas sur la sagesse des hommes mais sur la puissance de Dieu.
Que pouvons-nous retenir de ce texte ? On parle actuellement de nouvelle évangélisation. Le pape François nous recommandait souvent de rejoindre les “périphéries”. Mais aujourd’hui comme aux premiers temps, il y a une chose que nous ne devons jamais oublier : ce n’est pas nous qui agissons dans le cœur des gens ; c’est le Christ qui agit en nous et par nous. Il nous envoie son Esprit Saint pour que notre témoignage porte du fruit. Ce qui nous est demandé comme à Paul, c’est de nous effacer devant celui que nous montrons. Si nous recherchons l’admiration, la considération et la popularité, nous faisons fausse route. C’est la foi qu’il s’agit de susciter en témoignant du Christ mort et ressuscité.
Dans l’Évangile, nous voyons des disciples rassemblés autour de Jésus sur la montagne. Il leur dit : “vous êtes la lumière du monde”. C’est aussi cela qu’il redit à chacun de nous qui sommes rassemblés autour de lui. C’est à nous, disciples du Christ, d’être des reflets authentiques de la vie et de l’enseignement de Jésus. Il nous confie d’être ce qu’il est lui-même “lumière du monde”. C’est toute la communauté chrétienne qui est appelée à devenir “lumière des peuples”. Il s’agit pour nous de nous engager activement dans des actions de salut, de libération et de défense des pauvres.
En écoutant ce message, nous pensons bien sûr à ceux qui exercent un ministère dans l’Église. Ils sont amenés à proclamer explicitement le message de l’Évangile. Mais il y a une autre forme de témoignage qui peut se passer des mots de la foi : c’est celle du rayonnement de la vie. Avant d’écouter les chrétiens, on les regarde vivre. S’ils ont le sens de l’accueil, du partage et de la solidarité, leur vie parlera plus que leurs paroles. Dans son Évangile, saint Matthieu insiste très fortement sur ce point : que la vie des chrétiens, leurs actes et leurs “belles actions” aient une force d’attraction, de rayonnement et d’attirance. C’est notre façon de vivre et de “bien agir” qui doit poser question à tous ceux et celles que nous rencontrons.
En ce jour, tous les diocèses de France célèbrent le dimanche de la santé. Il a pour thème « Que votre lumière brille »; reprenant l’appel du Christ dans l’Évangile « Que votre lumière brille devant les hommes ; alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux » (Mt 5, 16). L’Église invite les communautés chrétiennes à prier pour toutes les personnes fragilisées par la maladie, l’âge ou le handicap mais aussi pour toutes celles et ceux, qui par leur engagement, prennent soin d’eux, les accompagnent et les soutiennent. Et nous rendons grâce au Seigneur pour tous leurs gestes de dévouement au service des plus fragiles.
« Que votre lumière brille devant les hommes. » Il nous revient avec humilité, de porter cette lumière de l’amour du Christ, il nous revient de la faire rayonner pour que chacun s’y réchauffe, y puise énergie et réconfort, douceur et tendresse, trouve son chemin… Toutefois, il n’est pas question d’être brillant mais de laisser briller, c’est autre chose. Il s’agit sans cesse de revenir à la Source, pour y puiser la force de mettre en pratique l’amour du Christ pour chacun.
En venant à l’Eucharistie, nous sommes accueillis par celui qui est la Lumière du monde. C’est parce que nous sommes rassemblés autour de lui “sur la montagne” que nous pouvons devenir à notre tour Lumière du monde. C’est lui qui nous envoie pour être ses témoins dans ce monde qui en a bien besoin. En ce jour nous le supplions : “Toi qui est lumière, Toi qui est l’amour, mets dans nos ténèbres ton esprit d’amour.” Amen
PRIÈRE UNIVERSELLE Confiants dans l’amour de Dieu, qui écoute le cri de ses enfants, élevons notre prière.
1) Pour l’Église, afin qu’elle soit toujours un signe de miséricorde et de réconfort pour les malades. Prions…
2) Pour tous les malades, confinés à l’hôpital ou chez eux, afin qu’ils aient à leurs côtés des « bons samaritains » qui les regardent, s’approchent d’eux et les accompagnent dans leur longue souffrance, leur solitude ou leur incertitude. Prions…
3) Pour ceux qui prennent soin des malades, afin que le Seigneur renouvelle en eux la force, la patience et la sérénité qui les aident à vivre dans l’espérance. Prions…
4) Pour les professionnels de santé, afin que, avec la grâce du Saint-Esprit, ils exercent leur vocation avec sagesse, respect et compassion. Prions…
5) Pour ceux qui dirigent les nations et les institutions sanitaires, afin que leurs politiques organisationnelles garantissent et offrent la santé comme un droit pour tous et non comme un privilège pour quelques-uns. Prions…
6) Pour cette communauté, afin que nous obéissions au mandat de la Vierge Marie et à celui de Jésus de Nazareth, et que nous fassions du bien à nos frères et sœurs malades, en étant la présence de Dieu au milieu de leur souffrance. Prions…
Sur le chemin du Ciel avec le Cœur Immaculé de Marie
Lettre de liaison n° 183 (4 février 2026)
Chers amis,
Après plusieurs lettres pour lesquelles l’actualité nous a conduit à nous écarter du sujet habituellement traité dans ces lettres, il est temps de revenir à nos réflexions sur le message de Fatima. Pendant quatre ans (depuis la lettre de liaison n° 123 de juillet 2021), nous avons analysé les paroles de l’Ange et de Notre-Dame. Il convient maintenant d’en tirer une synthèse afin de comprendre ce que le Ciel attend de nous.
Tout d’abord, le message de Fatima s’inscrit dans un cadre précis révélé par la Sainte Vierge les 13 juin et 13 juillet 1917 : Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de sa Mère. À côté de demandes à caractère général, comme de ne plus offenser Notre-Seigneur, ou concrètes, comme de construire une chapelle, la plupart des demandes concernent directement la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et peuvent être regroupées en six demandes distinctes :
l’offrande de prières et de sacrifices pour la conversion des pécheurs,
la récitation quotidienne du chapelet pour obtenir la fin des guerres et la paix dans le monde,
la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois,
la reconnaissance de cette dévotion par le pape,
la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie,
la révélation du troisième point du secret.
À ces demandes, il convient d’ajouter le port du scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel. En toute rigueur, la Sainte Vierge n’en a pas parlé, mais elle l’a montré aux petits voyants à la fin de la dernière apparition de 1917. Et en 1950, sœur Lucie confia au père Rafferty : « Notre-Dame tenait le scapulaire en ses mains parce qu’elle veut que nous le portions. (…) Le scapulaire est le signe de notre consécration au Cœur Immaculé de Marie. (…) Cette pratique est indispensable pour accomplir les requêtes de Notre-Dame de Fatima. »
Voyons donc comment répondre à chacune de ces demandes afin d’en recueillir les fruits promis.
1re demande : Les prières et sacrifices pour la conversion des pécheurs
Lors de sa première apparition, Notre-Dame demanda aux petits voyants : « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ? » Elle renouvela cette demande le 13 juillet et le 19 août 1917, y ajoutant d’offrir également des prières à cette intention. C’est aussi ce qu’avait fait l’Ange lors de ses apparitions en 1916. Cette première demande de Notre-Dame est le point essentiel du message de Fatima. Dans un entretien avec le père Thomas McGlynn, un dominicain américain qui voulait sculpter une statue de Fatima, sœur Lucie lui confia : « La conversion des pécheurs, et le retour des âmes à Dieu. Cette idée a été répétée dans toutes les apparitions ; c’est pourquoi je considère quec’est l’essentiel du message. » En toute rigueur, la Sainte Vierge n’en a parlé que dans trois des six apparitions de 1917. Mais, à chacune de ses apparitions, l’Ange a parlé soit de prières soit de sacrifices pour la conversion des pécheurs. Et Notre-Dame en a parlé au cours des apparitions de Pontevedra et Tuy. Enfin, les sacrifices demandés ont été précisés par Notre-Seigneur : « Le sacrifice qu’exige de chacun l’accomplissement de son propre devoir et l’observance de ma loi, voilà la pénitence que je demande et que j’exige maintenant. » Et sœur Lucie confia à John Haffert, fondateur de l’Armée bleue, que la principale demande de Notre-Dame était le sacrifice et ajouta : « Par sacrifice, Notre-Dame a dit qu’elle entendait l’accomplissement loyal du devoir d’état quotidien de chacun. »
2e demande : Le chapelet quotidien pour la paix dans le monde
Dans sa première apparition de 1917, la Sainte Vierge fait une deuxième demande : « Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre. » Elle la répétera à chacune des cinq apparitions suivantes. Et plusieurs fois, elle précise deux points importants : 1) il faut réciter le chapelet pour obtenir la paix dans le monde ; 2) elle seule peut nous obtenir cette paix. De plus, en 1957, sœur Lucie confia au père Fuentès que toutes les difficultés, temporelles ou spirituelles, que nous rencontrons, peuvent être résolues par la récitation du chapelet :
La Sainte Vierge a donné une efficacité nouvelle à la récitation du rosaire. Il n’y aucun problème, si difficile soit-il, temporel ou surtout spirituel, se référant à la vie personnelle de chacun d’entre nous, de nos familles, des familles du monde ou des communautés religieuses, ou bien de la vie des peuples et des nations, il n’y aucun problème, dis-je, si difficile soit-il, que nous ne puissions résoudre par la prière du saint rosaire.
3e demande : Les premiers samedis du mois
Annoncé le 13 juillet 1917, la demande fut faite une première fois le 10 décembre 1925. Elle fut renouvelée, le 15 février 1926 et, à nouveau, en mai 1930. Dans la lettre à son confesseur de mai 1930, sœur Lucie parle de « la dévotion réparatrice, que Dieu lui-même et la Très Sainte Vierge ont daigné demander en 1925, pour, au moyen de cette petite dévotion, donner la grâce du pardon aux âmes qui ont eu le malheur d’offenser le Cœur Immaculé de Marie, la Très Sainte Vierge promettant aux âmes qui chercheront à lui faire réparation de cette manière, de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour qu’elles se sauvent ».
Les fruits de cette dévotion sont clairement précisés : réparer les offenses faites au Cœur Immaculé de Marie et obtenir la conversion des pécheurs.
4e demande : La consécration de la Russie
Également annoncé le 13 juillet 1917, la demande de consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie, fut faite le 13 juin 1929. Ce jour-là, Notre-Dame confia à sœur Lucie : « Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé. Il promet de la sauver par ce moyen. »
Deux ans après, en août 1931, rien n’ayant été fait, à Rianjo où elle était partie se reposer, la Sainte Vierge lui dit : « Ils n’ont pas voulu écouter ma demande… ! Comme le Roi de France, ils s’en repentiront et ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir. » Sœur Lucie écrivit alors à Mgr da Silva que Notre-Seigneur lui avait confié : « Fais savoir à mes ministres, étant donné qu’ils suivent l’exemple du Roi de France en retardant l’exécution de ma demande, qu’ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et à Marie. »
5e demande : La reconnaissance de la dévotion réparatrice par le pape
En mai 1930, sœur Lucie, en recevant pour la troisième fois la demande de la dévotion réparatrice, reçut avec elle une demande complémentaire. Voici ce qu’elle écrivit à son confesseur :
Le bon Dieu, au fond de mon cœur, agit sur moi pour que je demande au Saint-Père l’approbation de la dévotion réparatrice, (…)
Puis, après avoir rappelé en quoi consistait la dévotion réparatrice, elle ajouta :
Le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très Saints Cœurs de Jésus et de Marie, Sa Sainteté promettant, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice, indiquée ci-dessus.
Et tout le restant de sa vie, sœur Lucie rappellera cette condition demandée par le Ciel.
6e demande : La révélation du troisième point du secret
Outre ces cinq demandes, il en est une sixième que nous ne connaissons pas encore précisément mais dont il est possible d’esquisser le contenu (voir notamment les lettres de liaison n° 107 à 110 et 113). En effet, sœur Lucie a toujours affirmé qu’il n’y avait qu’un seul secret, lequel comprenait trois points (sœur Lucie a utilisé le mot portugais “coïsas” qui signifie littéralement “choses”). Le premier point est l’enfer, c’est-à-dire le châtiment qui attend les pécheurs impénitents. Et Notre-Dame donne un moyen pour l’éviter : la dévotion à son Cœur Immaculé. Le deuxième point concerne les guerres et les persécutions, c’est-à-dire les conséquences sur cette terre de nos péchés. Et Notre-Dame donne également deux moyens pour les éviter : la communion réparatrice des premiers samedis du mois et la consécration de la Russie au son Cœur Immaculé. Quant au troisième point, la seule chose que nous savons sûrement, c’est qu’il concerne la foi, c’est-à-dire l’Église et donc le pape. Et tous ceux qui ont pu lire cette partie du secret ou en parler avec sœur Lucie ont dit que ce point concernait la perte de la foi à l’échelle de continents et atteindrait les plus hauts sommets de l’Église. C’est donc un danger encore plus grand que les guerres puisqu’il menace non plus nos biens temporels mais notre salut éternel. Et nous pouvons être certains que la Sainte Vierge a donné un moyen pour éviter ou contrer ce danger, comme elle l’a fait pour le premier danger, l’enfer, qui est un châtiment individuel, et pour le second qui est un châtiment temporel collectif. Pour ce troisième danger qui est spirituel et collectif, la Sainte Vierge ne peut pas ne pas avoir indiqué le moyen de s’en protéger.
Sœur Lucie a toujours dit que cette partie du secret aurait dû être révélée au plus tard en 1960. Il est donc important de la connaître, car depuis cette date, l’Église subit une crise comme elle n’en a jamais connu auparavant. Crise est d’ailleurs un terme impropre. Une crise est un événement bref par nature. Une crise qui dure 65 ans, ce n’est plus une crise : c’est une maladie grave, maladie qui ronge l’Église de l’intérieur et atteint tous ses membres. Il est donc particulièrement important de connaître le remède qui pourra guérir l’Église de cette maladie, remède que Notre-Dame a sûrement révélé à sœur Lucie. Il faut donc continuer à prier et faire ce que nous pouvons pour que le Saint-Siège révèle cette partie du secret, d’une part pour le salut de l’Église et de tous ses membres, mais aussi pour l’honneur de Notre-Dame, car aucune de ses demandes n’est insignifiante et ne peut être ignorée.
Ainsi, parmi les six demandes de Notre-Dame, trois s’adressent à nous directement, et trois s’adressent plus spécifiquement à la hiérarchie de l’Église. Voyons comment répondre au mieux à ces demandes, car les fruits promis si nous obéissons sont merveilleux : la réparation des offenses envers Notre-Seigneur et Notre-Dame, la conversion des pécheurs, notre propre salut et la paix dans le monde.
Ce que la Sainte Vierge nous demande
La Sainte Vierge nous demande trois choses : offrir des prières et des sacrifices pour la conversion des pécheurs, réciter notre chapelet tous les jours pour la paix dans le monde et pratiquer la dévotion réparatrice chaque premier samedi du mois. Ces demandes ne sont pas exigeantes. Il ne dépend que de nous de les réaliser ; personne ne pourra le faire à notre place. Toutefois, nous pouvons nous entraider pour suivre avec ferveur et assiduité ces demandes de notre Mère du Ciel :
Pour les sacrifices, la seule aide possible est d’insister à temps et à contre-temps sur l’importance de cette pratique, ce qu’essaye de faire Cap Fatima avec les lettres de liaison.
Pour le chapelet quotidien, depuis 2017 des rosaires vivants ont été organisés.
Pour les premiers samedis, les “cités” des premiers samedis proposées par Salve Corda sont un excellent moyen, car pour persévérer, l’amitié est très précieuse. Chacun d’entre nous doit avoir à cœur de créer ou de consolider dans sa paroisse un mouvement en faveur des premiers samedis.
Pour optimiser et surtout pérenniser la façon dont Cap Fatima et Salve Corda peuvent vous aider, une fusion des deux organisations est à l’étude et devrait voir le jour sous peu, avec pour objectif premier de développer les cités des premiers samedis. Une lettre de liaison régulière continuera à être diffusée pour nous sensibiliser régulièrement sur l’importance de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, en particulier sur l’importance d’offrir des prières et des sacrifices pour la conversion des pécheurs. Enfin, pour la récitation du chapelet, il est envisagé de s’associer avec Le chapelet perpétuel pour le monde.
Ce que la Sainte Vierge demande à l’Église
La Sainte Vierge a également demandé trois choses à l’Église : la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie (à partir de 1929), la reconnaissance par le pape de la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois (à partir de 1930) et la révélation du troisième point du secret de juillet 1917 (au plus tard en 1960).
Concernant la consécration de la Russie, plusieurs actes ont été posés par les papes, mais malheureusement aucun d’eux n’a respecté toutes les conditions précisées par Notre-Dame. La paix dans le monde, promise si le pape accomplissait cette consécration, n’est donc toujours pas là. Il faut prier et espérer que le pape fera cette consécration prochainement. Seul le pape uni aux évêques du monde entier peut le faire. Par contre, de notre côté, nous pouvons agir en nous consacrant nous-même au Cœur Immaculé de Marie. D’une part cette pratique fait partie de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, comme l’explique saint Louis Marie Grignion de Montfort, notamment dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge. D’autre part, le père Alonso affirme :
À Fatima, la Vierge n’a demandé expressément que la consécration de la Russie, comme moyen efficace de sa conversion et de la paix du monde. Mais, il est évident que cette consécration de la Russie doit être précédée de la pratique généralisée et intense des consécrations individuelles et collectives. La consécration de la Russie n’arrivera que comme le fruit de la consécration généralisée et intense de tous les membres et de toutes les collectivités de l’Église. C’est pourquoi il est nécessaire que les fidèles commencent par réaliser leur consécration personnelle et par la vivre intensément. C’est là le meilleur moyen de hâter l’heure du triomphe du triomphe du Cœur Immaculé de Marie, et l’avènement du Royaume de Dieu sur la terre.
Concernant la reconnaissance des premiers samedis, l’occasion du centenaire de cette demande a été saisie pour demander au Saint-Père de l’approuver. Les actions entreprises tout au long de l’année 2025 n’ont malheureusement pas abouti. Plus récemment, les tentatives faites auprès des cardinaux avant le consistoire des 7 et 8 janvier pour qu’ils en parlent au pape, n’ont pas non plus obtenu de résultats. Il est triste de voir que cette demande si simple n’a jamais été réalisée par les papes depuis les apparitions de Fatima alors que Léon XIII et saint Pie X avaient, en leur temps, accorder des indulgences à une dévotion très similaire. Mais ne désespérons pas. D’autres actions sont envisagées qui aboutirons peut-être. Quant à nous, nous pouvons agir : comme pour la consécration de la Russie, en paraphrasant le père Alonso, on peut dire que cette reconnaissance par le pape n’arrivera que « comme le fruit d’une pratique généralisée et intense de la dévotion réparatrice par tous les membres et toutes les collectivités de l’Église. »
Concernant le troisième point du secret, diverses actions ont récemment été tentées pour en connaître le contenu. Jusqu’à présent, elles ont malheureusement échoué. Par exemple, il a été demandé à l’Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, la lettre que sœur Lucie avait écrite en 1983 à son président, le cardinal Caffara, lettre dans laquelle elle lui disait que « la bataille finale entre le Seigneur et le règne de Satan portera sur le mariage et la famille ». L’institut a répondu que la lettre avait été perdue ! De même, il a été demandé aux archives du Vatican s’il serait possible de consulter le rapport fait par le père Schweigl après l’entrevue qu’il eut avec sœur Lucie en 1952. À ce jour, aucun document n’a été communiqué, alors que par ailleurs, le Saint-Siège affirme avoir tout révélé.
Sur ce point, il n’est pas facile d’agir concrètement ; mais nous pouvons prier. En particulier, prions pour Mgr da Silva qui n’a voulu ni lire ni révéler la troisième partie du secret, alors qu’il pouvait le faire. Prions aussi pour Pie XII qui a demandé à avoir le secret, mais lorsqu’il l’a eu n’a pas voulu le lire. Prions enfin pour ses successeurs qui l’ont lu, mais n’ont pas voulu le révéler, contrairement à ce que la Sainte Vierge avait demandé. Tous ont donc une responsabilité importante dans les troubles qui ont secoué le monde et l’Église ces dernières années. Demandons-leur d’intercéder pour que le Saint-Siège révèle enfin ce troisième point et que nous puissions appliquer le remède que la Sainte Vierge a sûrement confié à la petite Lucie le 13 juillet 1917. Ils auront sûrement à cœur de nous aider depuis l’au-delà pour obtenir ce qu’ils n’ont pas osé faire ici-bas.
Voilà donc le plan d’action qu’il convient de tenir pour œuvrer au triomphe promis et attendu du Cœur Immaculé de Marie, triomphe qui n’arrivera que si nous obéissons aux demandes si simples de Notre-Dame.
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie Yves de Lassus
Les pensées de Marie frappent d’étonnement les anges et les saints !
La Mère de Dieu n’a pas mis par écrit ses pensées, ni son amour pour son Dieu et son Fils, ni les douleurs de son âme au moment de la Crucifixion, car nous n’aurions de toute façon pas pu les comprendre.
Son amour pour Dieu est en effet plus fort et plus ardent que l’amour des Séraphins et des Chérubins ; et toutes les Puissances célestes des Anges et des Archanges sont frappées d’étonnement à son sujet.
Archimandrite Sophrony, Extrait du livre Starets Silouane, Moine du Mont Athos, Éditions Présence, 1973.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Deux villes de Sicile, Palerme et Catane, se disputent l’honneur d’avoir donné naissance à sainte Agathe ; ce qui est certain, c’est qu’elle fut martyrisée à Catane, sous l’empereur Dèce.
Dénoncée au préteur Quintianus, comme chrétienne, Agathe lui fut amenée. La beauté de la jeune fille le séduisit ; il conçut pour elle une passion criminelle et crut venir à bout de son dessein en la remettant aux mains d’une femme débauchée, nommée Aphrodisia. Celle-ci employa son art et son artifice afin de séduire Agathe, sans pouvoir y réussir ; et après un mois de tentatives, elle s’en fut trouver le préfet pour lui annoncer l’inutilité de ses efforts.
Le juge alors fit comparaître la servante du Seigneur devant son tribunal.
« Qui es-tu ?
– Je suis noble et d’une illustre famille, toute ma parenté le fait assez connaître.
– Pourquoi donc suis-tu la chétive condition des chrétiens ?
– Parce que la véritable noblesse s’acquiert avec Jésus-Christ dont je me dis la servante.
– Quoi donc ! Sommes-nous dégradés de noblesse pour mépriser ton Crucifié ?
– Oui, tu perds la véritable liberté en te faisant esclave du démon jusqu’au point d’adorer des pierres pour lui faire honneur. »
Afin d’apprendre à la jeune fille à mieux parler, Quintianus la fit frapper sur la joue, et commanda qu’on la conduisît en prison, lui disant qu’elle eut à se préparer à renier Jésus-Christ ou à mourir dans les tourments. Le lendemain, le juge essaya de gagner Agathe par des promesses, mais il la trouva inébranlable, et ses réponses excitèrent tellement la rage du persécuteur, que, sur son ordre, on lui arracha un sein. Elle dit à Quintianus : « N’as-tu pas honte, ô cruel tyran, de me faire souffrir de cette façon, toi qui as sucé ta première nourriture du sein d’une femme ? »
Quand elle fut rentrée dans la prison, où le préfet avait défendu de lui rien donner, saint Pierre lui apparut et la guérit au nom du Sauveur ; la Sainte s’écria : « Je vous rends grâces, ô mon Seigneur Jésus-Christ, de ce qu’il vous a plu de m’envoyer votre Apôtre afin de guérir mes plaies et de me rendre ce que le bourreau m’avait arraché » et la prison fut remplie d’une si éclatante lumière que les gardiens s’enfuirent épouvantés, laissant les portes ouvertes.
Les autres prisonniers conseillaient à Agathe de prendre la fuite, mais elle répondit : « Dieu me garde de quitter le champ de bataille et de m’enfuir en voyant une si belle occasion de remporter la victoire sur mes ennemis. »
Quatre jours après, Agathe fut ramenée devant le juge qui, la voyant saine et sauve, fut rempli d’étonnement ; sa rage n’en devint que plus grande. Par son ordre, on roula Agathe sur des têts de pots cassés et sur des charbons, en même temps que l’on perçait son corps de pointes aiguës. Pendant ce supplice, un tremblement de terre survint, et les principaux ministres de la cruauté de Quintianus furent écrasés. La ville, épouvantée, vit là un châtiment du Ciel, et le persécuteur, craignant qu’on ne lui enlevât sa victime, se hâta de la renvoyer en prison. Quand elle y fut rentrée, Agathe dit : « Ouvrez, Seigneur, les bras de votre miséricorde, et recevez mon esprit qui désire vous posséder avec tous les transports d’amour dont il est capable » et en achevant ces mots elle expira.
Aussitôt que la nouvelle de cette mort se fut répandue, toute la ville accourut pour honorer les restes de sainte Agathe, et au moment où on voulut la mettre dans le tombeau, cent Anges, sous la figure de jeunes hommes, apparurent, et au front d’Agathe inscrivirent ces mots : « C’est une âme sainte ; elle a rendu un honneur volontaire à Dieu et elle est la rédemption de sa patrie. » Quintianus, de son côté, était parti pour se mettre en possession des biens de la servante de Dieu, mais au passage d’une rivière, un cheval le mordit au visage et un autre, à coups de pieds, le précipita dans l’eau où il se noya.
La dévotion à sainte Agathe ne tarda pas à se répandre partout, mais nulle part elle ne fut plus honorée qu’à Catane. Plusieurs fois sa protection a sauvé cette ville des éruptions de l’Etna, et pour cela il suffisait aux habitants de donner, comme barrière aux torrents de lave qui descendaient de la montagne, un objet qui avait touché le corps de la Sainte.
En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »
Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Vénérable François Libermann (1802-1852)
fondateur de la Congrégation du Saint-Esprit
Lettres spirituelles (tome IV, p. 458-462)
Exhortation à des missionnaires : « Ne rien emporter pour la route »
Pour vivre de la vie d’hommes apostoliques, vous avez besoin d’une bien grande abnégation de vous-mêmes… Ce qu’il faut, c’est de conserver son âme dans la paix, dans la gaieté, au milieu des privations continuelles et fortement senties, non seulement dans les privations corporelles qui sont assez faciles à supporter, mais dans les privations spirituelles ou morales. Celles-ci sont bien plus pénibles, attristent, troublent, découragent une âme faible et attachée à elle-même ; elles donnent un courage, une sérénité et une vigueur toute nouvelle à une âme forte, par une solide abnégation à elle-même et par un attachement parfait à Dieu seul… Si vous saviez quelle est la valeur de la patience parmi les vertus apostoliques, vous vous emploieriez de toutes les puissances de votre âme pour l’obtenir. Si vous savez maintenant patienter, vous êtes sûrs du succès et d’un succès solide et stable… Les herbes qui croissent vite acquièrent peu de développement et se détruisent promptement. Les arbres dont la croissance est lente, deviennent grands et puissants et durent des siècles. S’il vous arrive jamais d’avoir dans une mission un succès prompt et facile, tremblez pour cette mission ; lorsque, au contraire, elle demande du temps et offre des difficultés, augurez-en bien, si vous sentez en vous-mêmes la force et la persévérance d’une sainte patience… Si vous avez la patience, vous êtes sûrs d’acquérir cette prudence, cette sagesse de Dieu dans votre conduite et vos entreprises.
LECTURES :
Premier livre des Rois 2,1-4.10-12.
Comme les jours de David approchaient de leur fin, il exprima ses volontés à son fils Salomon : « Je m’en vais par le chemin de tout le monde. Sois fort, sois un homme courageux ! Tu garderas les observances du Seigneur ton Dieu, en marchant dans ses chemins. Tu observeras ses décrets, ses commandements, ses ordonnances et ses édits, selon ce qui est écrit dans la loi de Moïse. Ainsi tu réussiras dans tout ce que tu feras et entreprendras, et le Seigneur réalisera cette parole qu’il m’a dite : “Si tes fils veillent à suivre leur chemin en marchant devant moi avec loyauté, de tout leur cœur et de toute leur âme, jamais tes descendants ne seront écartés du trône d’Israël.” David mourut, il reposa avec ses pères, et il fut enseveli dans la Cité de David. Le règne de David sur Israël avait duré quarante ans : il avait régné sept ans à Hébron, et trente-trois ans à Jérusalem. Salomon prit possession du trône de David son père, et sa royauté fut solidement établie.
Premier livre des Chroniques 29,10.11abc.11de-12a.12bcd.
R/ Nous voici pour célébrer l’éclat de ton nom, Seigneur ! (1 Ch 29, 13)
Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de notre père Israël, depuis les siècles et pour les siècles !
À toi, Seigneur, force et grandeur, éclat, victoire, majesté, tout, dans les cieux et sur la terre !
À toi, Seigneur, le règne, la primauté sur l’univers : la richesse et la gloire viennent de ta face !
C’est toi, le Maître de tout : dans ta main, force et puissance ; tout, par ta main, grandit et s’affermit.