« Comme Il nous aime, Il se fait à notre mesure »

« Comme Il nous aime, Il se fait à notre mesure »

L’oraison est « intérieure » et c’est une gestation, comme Marie qui a porté Jésus dans son ventre maternel. Thérèse d’Avila témoigne : « Si j’avais compris, comme je le fais pleinement maintenant, que dans ce petit palais de mon âme habitait un si grand Roi, il me semble que je ne l’aurais pas laissé seul si souvent, mais que de temps en temps je serais restée en sa compagnie, et aurais essayé que son palais ne soit pas si sale. Mais quoi de plus merveilleux que de voir celui qui remplirait mille mondes de sa grandeur s’enfermer dans une si petite chose ! C’est ainsi qu’il a voulu demeurer dans le sein de Sa Très Sainte Mère. Comme il est le Seigneur, il porte en lui la liberté, et comme il nous aime, il se fait à notre mesure. Quand une âme commence dans cette voie, il ne se fait pas connaître, de peur qu’elle ne se trouble en se voyant si petite pour contenir quelque chose de si grand, mais, petit à petit, tout doucement, il élargit cette âme à la mesure de ce qu’il met en elle. »

Codexdei

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

09.10.2026 – SAINT DU JOUR

St Jean Leonardi

Saint Jean (Giovanni) Leonardi
Prêtre et fondateur des :
« Clercs réguliers de la Mère de Dieu » (o.m.d.)

Giovanni Leonardi naît en 1541, à Diecimo, un village de la petite république de Lucques (aujourd’hui en Toscane). Ses parents sont de modestes propriétaires terriens. 

En 1567 il se rend dans la capitale pour y devenir pharmacien. Il se joint à une association de jeunes s’engageant à une vie radicalement évangélique, dirigée par un père dominicain. Abandonnant la pharmacie il se met à l’étude de la théologie.

Ordonné prêtre en 1572, il se consacre à la formation chrétienne des jeunes dans sa paroisse de Lucques puis fonde une « Compagnie de la Doctrine chrétienne », dont le but est de faire passer par l’enseignement les prescriptions du concile de Trente dans la vie des paroisses. 

En 1574, cette communauté devient l’institut religieux des « Clercs réguliers de la Mère de Dieu ». Leur but est de travailler à l’approfondissement de la foi et de la dévotion.

Son esprit réformateur lui vaut des inimitiés, et il est expulsé de son pays, la République de Lucques. Mais il a le soutien du pape Clément VIII (Ippolito Aldobrandini, 1592-1605) qui l’invite à Rome pour y réformer plusieurs communautés religieuses. Avec ses clercs il travaille à répandre le culte marial, la dévotion aux quarante heures et la communion fréquente. Le sanctuaire de Sainte Marie in Portico leur est confié en 1601 et ils y font renaître le culte marial autour de l’ancienne et vénérable icône.

Le pape, qui l’estime pour ses qualités de fermeté et de discernement, l’emploie à diverses tâches délicates comme la réforme de la congrégation bénédictine de Montevergine. Jean Leonardi fonde ensuite avec Jean Vivès le séminaire de la Propaganda Fide (Propagation de la foi). 

Il passe de la terre au ciel le 9 octobre 1609 en se dévouant auprès de ses frères atteints de l’épidémie d’influenza qui sévissait alors à Rome. Il laisse à sa mort deux maisons de Clercs de la Mère de Dieu, une à Lucques et l’autre à Rome. Trois autres furent ouvertes au XVIIe siècle.

L’institut des « Clercs réguliers de la Mère de Dieu » recevra l’approbation pontificale en 1614. La règle définitive de sa communauté n’est publiée qu’en 1851. 

Giovanni Leonardi est béatifié en 1861 et canonisé en 1938. Sa dépouille repose dans l’église Sainte Marie in Portico de Rome. Liturgiquement il est commémoré le 9 octobre. 
Le 8 août 2006 le pape Benoît XVI l’a déclaré patron des pharmaciens.

Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :
>>> Saint Jean Leonardi
[Allemand, Anglais, Croate, Espagnol, Français, Italien, Portugais]

Sources principales : vatican.va ; wikipédia.org  (« Rév. x gpm »).

Saint Jean Leonardi priez pour nous !

09.10.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,15-26. 

En ce temps-là, comme Jésus avait expulsé un démon, certains dirent : « C’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons. »
D’autres, pour le mettre à l’épreuve, cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel.
Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres.
Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il ? Vous dites en effet que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons.
Mais si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? Dès lors, ils seront eux-mêmes vos juges.
En revanche, si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous.

Quand l’homme fort, et bien armé, garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité.
Mais si un plus fort survient et triomphe de lui, il lui enlève son armement auquel il se fiait, et il distribue tout ce dont il l’a dépouillé.
Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. »
Quand l’esprit impur est sorti de l’homme, il parcourt des lieux arides en cherchant où se reposer. Et il ne trouve pas. Alors il se dit : “Je vais retourner dans ma maison, d’où je suis sorti.”
En arrivant, il la trouve balayée et bien rangée.
Alors il s’en va, et il prend d’autres esprits encore plus mauvais que lui, au nombre de sept ; ils entrent et s’y installent. Ainsi, l’état de cet homme-là est pire à la fin qu’au début. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

patriarche arménien

Deuxième partie, § 536-544 ; SC 203 (Jésus Fils Unique du Père, trad. I. Kéchichian, éd. du Cerf, 1973 ; p. 145-147)

Daigne faire habiter en moi l’Esprit !

À la Fontaine sacrée de la pureté Dans laquelle Tu m’as de nouveau créé, Les démons du mal sont sortis de moi, Ceux qui étaient entrés de la part du serpent. Quant à eux, se promenant à travers les lieux arides, Dans les âmes exemptes de vices, Ils n’y ont pas trouvé un lieu de repos, Parce qu’ils n’y étaient pas à l’aise. Mais, parce que la source de la maladie du péché Toujours sans fin de moi jaillit, Et que mon âme même est tout arrangée Comme maison et logis pour lui, Ayant pris sept compagnons, Des plus méchants par leurs mœurs dépravés, Le premier démon les a adjoints à soi Et il est retourné avec eux dans la maison de mon âme. Mon dernier état a été pire Que le premier en méchanceté ; Car on ne peut plus se purifier à la source, Sinon par l’ascèse et la mortification. Mais lui qui est très rusé, Après avoir occupé la forteresse, A dominé encore sur elle une deuxième fois, Suivant l’ancienne tactique. Toi, veuille le rejeter de nouveau Dans le désert des abîmes, Même si ce n’est pas suivant la Loi, Mais selon ta grâce abondante. Et au lieu des sept mauvais esprits Que Tu rejetteras comme Adversaires, Daigne faire habiter en moi l’Esprit Aux sept dons de ta grâce.

LECTURES :

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 3,6-14. 

Frères, ‘Abraham eut foi en Dieu, et il lui fut accordé d’être juste.’
Comprenez-le donc : ceux qui se réclament de la foi, ce sont eux, les fils d’Abraham.
D’ailleurs, l’Écriture avait prévu, au sujet des nations, que Dieu les rendrait justes par la foi, et elle avait annoncé d’avance à Abraham cette bonne nouvelle : ‘En toi seront bénies toutes les nations.’
Ainsi, ceux qui se réclament de la foi sont bénis avec Abraham, le croyant.
Quant à ceux qui se réclament de la pratique de la Loi, ils sont tous sous la menace d’une malédiction, car il est écrit : ‘Maudit soit celui qui ne s’attache pas à mettre en pratique tout ce qui est écrit dans le livre de la Loi.’
Il est d’ailleurs clair que par la Loi personne ne devient juste devant Dieu, car, comme le dit l’Écriture, ‘celui qui est juste par la foi, vivra’,
et la Loi ne procède pas de la foi, mais elle dit : ‘Celui qui met en pratique les commandements vivra à cause d’eux.’
Quant à cette malédiction de la Loi, le Christ nous en a rachetés en devenant, pour nous, objet de malédiction, car il est écrit : ‘Il est maudit, celui qui est pendu au bois du supplice.’
Tout cela pour que la bénédiction d’Abraham s’étende aux nations païennes dans le Christ Jésus, et que nous recevions, par la foi, l’Esprit qui a été promis.

Psaume 111(110),1-2.3-4.5-6. 

R/ Grandes sont les œuvres du Seigneur ! (Ps 110, 2a)

De tout cœur je rendrai grâce au Seigneur 
dans l’assemblée, parmi les justes.
Grandes sont les œuvres du Seigneur ; 
tous ceux qui les aiment s’en instruisent.

Noblesse et beauté dans ses actions : 
à jamais se maintiendra sa justice.
De ses merveilles il a laissé un mémorial ; 
le Seigneur est tendresse et pitié.

Il a donné des vivres à ses fidèles, 
gardant toujours mémoire de son alliance.
Il a montré sa force à son peuple, 
lui donnant le domaine des nations.

08.10.2026 – MESSE PRÉSIDÉE PAR LE PAPE LÉON XIV POUR L’INAUGURATION DE L’ANNÉE ACADÉMIQUE DES UNIVERSITÉS PONTIFICALES

Ce jeudi 8 octobre à 18h00, Léon XIV préside une messe dans la Basilique Saint-Pierre pour l’inauguration de l’année académique des universités pontificales.

11.10.2026 – HOMÉLIE DU 28ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 22, 1-14

Bonheur terni

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Lecture: Évangile selon saint Matthieu 22, 1 – 14

C’est toujours mauvais signe quand, dans l’Évangile, Jésus utilise l’expression juive « il y aura des pleurs et des grincements de dents ». C’est une image des portes du Paradis, où ceux qui ont été appelés aux noces du ciel, à la rencontre éternelle avec Dieu, seront finalement rejetés par lui. « Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. » Visiblement, il n’est pas facile d’entrer au ciel. Et certains seront disqualifiés à l’arrivée, qui alors pleureront et grinceront des dents.

Les banquets de noces évangéliques sont des paraboles de la vie éternelle, vous le savez. Dieu donc avait invité quelques élus, qui ne sont pas venus. Il s’agit là des personnes qui connaissent Dieu mais le délaissent. D’autres se sont trouvés trop affairés à construire leur bonheur eux-mêmes : « l’un à son champ, l’autre à son commerce ». D’autres, enfin, se sont révoltés contre les émissaires de Dieu, maltraitant les uns, tuant les autres. On retrouve ici beaucoup d’attitudes personnelles envers la foi – la délaisser, chercher d’autres bonheurs, voire l’étouffer.

Face au refus des croyants de le rencontrer personnellement, Dieu se décide à inviter le tout-venant : « les mauvais comme les bons », les pouilleux comme les gens bien. Il n’a pas manqué de théologiens pour voir là la distinction entre le judaïsme et le christianisme – les premiers invités, les Juifs, ayant finalement rejeté le Christ ; l’Église étant, quant à elle, ouverte à tous. Et c’est sans doute l’intention de Matthieu, dont on sait que l’Évangile est destiné, en première lecture, à des Juifs convertis au christianisme.

Mais être baptisé, faire partie du tout-venant invité au banquet de Dieu, ne nous garantit pas l’entrée au ciel. Encore faut-il avoir revêtu l’habit de noce pour pouvoir participer à la célébration – c’est à dire s’être apprêté, préparé et rendu beau aux yeux de Dieu. Car pour celui qui ne l’aura pas fait – qui aura été invité à la noce avec Dieu et qui ne s’y sera pas préparé jusqu’à se rendre beau – le châtiment sera terrible : « Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors », c’est à dire en enfer. Dieu est visiblement un hôte exigeant sur les préparatifs.

Alors de quoi s’agit-il ? Comme le dit Ézékiel (36, 24-28), il s’agit d’avoir un cœur nouveau, un esprit nouveau ; de convertir notre cœur de pierre, par un cœur de chair ; de marcher selon les lois de Dieu et de garder ses préceptes en leur étant fidèles.

Dieu nous aide dans cet effort de conversion de notre cœur. Ézékiel poursuit : « Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; de toutes vos souillures, de toutes vos idoles, je vous purifierai ». C’est Dieu qui fournit l’habit de noce, par les sacrements notamment. Il est en effet bien négligeant, l’invité rejeté de la noce parce qu’il n’avait pas de bel habit, puisque c’est Dieu qui nous lave, nous purifie et nous rend beaux, en un mot : nous convertit, nous habille de son amour.

Frères et sœurs, il ne suffit pas de se sentir appelé par Dieu pour être sauvé. Encore faut-il le laisser dissiper nos ténèbres, convertir notre cœur, nous purifier par ses sacrements et nous habiller de sa grâce, pour que nous ayons la dignité des noces divines. La plénitude du bonheur est à ce prix.

Le propos de l’Évangile de ce dimanche est d’évoquer nos espoirs de bonheur douchés, quand l’espérance d’une joie divine se termine en grincements de dents, quand nos perspectives de félicité amoureuse tournent à l’aigre.

Au-delà du jugement final de Dieu, ce sont des situations qu’hélas, il nous arrive de vivre : comment une amitié se transforme-t-elle en rejet brutal ? Comment l’amour se mue-t-il parfois en enfer ? C’est toujours quand, dans la relation, l’un ne fait plus l’effort de vouloir scintiller, refuse finalement de revêtir l’amour-même qui toujours, quelque part, brille.

L’amour nous revêt d’une beauté que parfois nous refusons d’endosser. L’amour nous rend beaux dans le regard d’autrui et il nous arrive de vouloir démentir ce regard, de refuser même de nous laisser embellir par l’affection qui nous est portée. L’absence de scintillement amoureux signifie toujours une fermeture au reflet des sentiments offerts. Comment espérer être pleinement accueillis, si nous refusons de refléter la joie qu’il y a de nous accueillir ?

Le Christ vient constamment nous rappeler que le royaume des cieux s’est rendu tout proche de nous. Il s’agit bel et bien de rayonner quelque chose de cette proximité. On ne vit des relations divines que si on endosse l’amour divin. Alors, parés de l’amour de Dieu, nos relations auront un avant-goût de Paradis, ensemble nous aurons l’impression de toucher au ciel.

Frères et sœurs, acharnons-nous à nous rendre beaux aux yeux de Dieu. Nous serons ainsi scintillants d’amour pour tous. Amen.

Fr. Laurent Mathelot

Source : RESURGENCE.BE, le 7 octobre 2026.