22.03.2026 – HOMÉLIE DU 5ÈME DIMANCHE DE CARÊME – JEAN 11,1-45

« Lazare, viens dehors ! »

Homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Nous approchons de la fin du Carême.  Les textes bibliques de ce dimanche nous laissent entrevoir la joie de Pâques, la victoire de la vie sur la mort. Nous sommes invités à participer à cette victoire en nous engageant au service de la paix et de la vie. Comme chaque année, le CCFD nous appelle à lutter contre les souffrances et les inégalités qui marquent notre monde. Nous le voyons bien, les pauvres sont de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux. L’actualité internationale est dominée par la violence, les conflits, la détresse de ceux qui fuient leur terre à la recherche d’un lieu de paix. Il est important d’être attentifs aux cris d’ici et de là-bas. Le CCFD-Terre Solidaire nous invite cette année à nous laisser toucher par les cris du monde et à les transformer en espérance partagée.

Pour ce combat, c’est vers le Seigneur que nous nous tournons. Les textes bibliques de ce dimanche voudraient nous y aider. Nous avons tout d’abord la première lecture qui nous ramène au quatrième siècle avant Jésus Christ. Le peuple d’Israël se trouve en grande détresse car il est déporté en terre d’exil. Mais le prophète Ézéchiel intervient pour raviver l’espérance des exilés. Dieu ouvrira le tombeau dans lequel ce peuple s’est englouti. Il le ramènera vers la terre d’Israël. Ce sera la victoire de la vie sur la mort. À travers ce texte biblique, nous avons déjà une approche de l’idée de résurrection.

Il y a un mot qui revient souvent dans l’Ancien Testament et dans l’Évangile : c’est le verbe « sortir ». Nous découvrons un Dieu qui fait « sortir » son peuple d’Égypte ; il lui annonce qu’il le fera sortir de ses tombeaux : « Je mettrai en vous mon Esprit et vous vivrez. » L’Évangile nous parle également d’un Dieu qui « sort ». Nous connaissons tous la parabole du semeur qui est sorti pour semer. Et nous n’oublions pas le maître qui sort pour embaucher jusqu’à la 11ème heure. Aujourd’hui, le CCFD nous invite à sortir de notre indifférence et de notre passivité. Comme au temps de Moïse, le Seigneur voit la misère de son peuple et il nous envoie pour le libérer de tout ce qui le détruit.

Dans la lettre aux Romains, l’apôtre Paul nous parle de l’Esprit qui nous fait sortir de l’emprise de la chair. Dans son langage, il s’agit des faiblesses de la condition humaine et du péché. Nous sommes appelés à vivre sous l’emprise de l’Esprit. À travers ce message, il nous revoie à la vie divine qui est semée en nous. Elle est le gage de notre résurrection. C’est la vie qui l’emporte sur la mort. Nous devenons de jour en jour plus attentifs, plus solidaires et généreux. Grâce à l’Esprit Saint, nous apprenons à ouvrir nos yeux, nos mains et notre cœur.

L’Évangile de ce dimanche nous fait assister à la sortie de Lazare de son tombeau. À travers ce geste extraordinaire, Jésus exprime pleinement son pouvoir sur la mort. Les disciples savent que cette montée vers Jérusalem est une marche vers la mort. Malgré leur incrédulité, il veut leur faire comprendre que cette route s’achèvera par la victoire de la vie.

De cet Évangile, nous devons surtout retenir la déclaration solennelle de Jésus : « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ». Puis nous avons la réponse de Marthe : « Oui, Seigneur, je crois. » En lisant cet Évangile, nous prenons conscience d’une réalité importante : ce n’est pas seulement Lazare qu’il faut sortir de son tombeau ; c’est l’humanité tout entière qu’il faut délivrer de la mort. Nous sommes tous appelés à sortir de notre égoïsme, notre indifférence, notre péché. Comme pour Lazare, le Seigneur nous dit à tous : « Viens dehors ! »

Un simple retour à la vie ne fait que reculer l’échéance. Le Christ veut nous faire émerger à une autre vie. Il nous appelle à une vie nouvelle. Ce sera le triomphe de la vie sur la mort. C’est une vie qui ne passera pas. Mais avant toute chose, il nous faut entendre l’appel du Christ qui veut nous faire sortir de notre tombeau. Avec lui, c’est l’événement merveilleux de la victoire de la vie sur la mort. Nous sommes invités à vivre ce carême comme un passage vers une vie plus juste, plus solidaire, plus ouverte à Dieu et aux autres. Avec le Christ, nous pouvons toujours triompher de nos peurs et retrouver le courage et l’espérance de repartir en avant. C’est chaque jour qu’il nous faut ressusciter avec lui.

Aujourd’hui, le même Christ compte sur nous pour participer à cette œuvre de libération. Beaucoup de nos frères et sœurs sont un peu comme s’ils étaient enfermés dans des tombeaux. Nous pensons à tous ceux qui sont opprimés, sans travail, affamés ou malades. Nous croyons que le Seigneur peut ouvrir ces tombeaux-là. Mais nous savons aussi que sa parole et son action passent par nos engagements.

Le CCFD Terre solidaire nous lance un appel à transformer la clameur du monde en espérance. Il n’est pas acceptable que des hommes, des femmes et des enfants restent enfermés dans leur précarité. Le Christ nous apprend à écouter et à nous laisser toucher par leur souffrance. Il nous invite à ouvrir notre cœur, nos yeux, nos oreilles et nos mains. Les bandelettes qui entourent Lazare sont le symbole de notre égoïsme, de notre froideur et de notre indifférence. C’est de cela que Jésus veut nous libérer.

En appelant Lazare à venir dehors, Jésus s’adresse aussi à tous les hommes. Il les appelle tous par leur nom. Avec lui, la mort ne peut avoir le dernier mot. Elle est devenue un passage, une porte vers l’éternité. En ce jour, nous faisons nôtre la profession de foi de Marthe: « Je crois, Seigneur ; tu es le Fils de Dieu qui vient sauver le monde. »

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 15 mars 2026

Saint Joseph, gardien du Sauveur

Illustration

Saint Joseph, gardien du Sauveur

Saint Joseph apparaît dans les Évangiles comme un homme juste, entièrement disponible à la volonté de Dieu. Époux de Marie et père légal de Jésus, il reçoit la mission de garder l’Enfant, de le protéger, de pourvoir à ses besoins et de lui donner une éducation authentiquement humaine. Son existence est marquée par le travail, la chasteté, l’obéissance, la confiance et la persévérance. Docile aux avertissements divins, Joseph accepte sans réserve les chemins que Dieu lui indique, depuis l’accueil de Marie jusqu’à la fuite en Égypte, puis au retour à Nazareth. Par son amour fidèle, son courage discret et sa soumission intelligente au dessein de Dieu, il coopère à la mission du Sauveur. Gardien de Jésus durant sa vie cachée, il apparaît ainsi comme un serviteur décisif du mystère de la Rédemption.

Les raisons d’y croire

  • L’Évangile présente saint Joseph comme un charpentier qui travaille honnêtement pour nourrir sa famille. Sa place est discrète, bien qu’il soit un personnage essentiel, et aucune parole de lui n’est rapportée. Cette sobriété narrative est frappante. Une telle retenue, loin d’un souci d’embellissement, suggère que les auteurs ont transmis les faits tels qu’ils les connaissaient, sans chercher à enrichir artificiellement le récit.
  • Le fait que Marie soit enceinte avant la vie commune avec Joseph constitue, humainement, une situation délicate. L’Évangile de saint Matthieu rapporte que Joseph, troublé, envisage de se séparer discrètement de Marie. Rapporter un tel épisode peut prêter à suspicion ou à critique. Cela correspond à ce que les historiens appellent un critère d’embarras : un récit peu avantageux a peu de chances d’avoir été inventé.
  • Joseph est un descendant du roi David, ce qui permet d’inscrire Jésus dans l’accomplissement des promesses messianiques de l’Ancien Testament (2 S 7,12-16 et Is 11,1 ). En donnant à Jésus son nom et en l’accueillant légalement dans sa famille, Joseph lui confère son appartenance à la lignée davidique. Cet aspect de l’histoire de Jésus répond donc aussi auxattentes messianiques.
  • Les songes ont une place déterminante pour orienter les décisions de Joseph. Il reçoit à plusieurs reprises des indications précises en rêve : accueillir Marie chez lui malgré une situation incompréhensible, fuir en Égypte pour protéger l’enfant, revenir lorsque le danger disparaît, s’établir en Galilée et non en Judée… Ces décisions sont graves et rien dans le récit ne permet de les expliquer autrement que par ces avertissements surnaturels reçus pendant le sommeil.
  • Or, les événements historiques donnent chaque fois raison à ces songes. « Lève-toi ;prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr » (Mt 2,13 ). Joseph ne tergiverse pas : l’ordre est impérieux. Dieu, qui l’a donné, se dit-il certainement, apportera aussi les moyens de l’observer. Aussi « il se leva dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode » ( Mt 2,14-15). La fuite en Égypte permet d’échapper à la menace d’Hérode, qui est bien réelle.
  • Joseph, comme tous les hommes de l’Antiquité, craint la divinité. Non pas seulement d’une crainte servile, c’est-à-dire par peur des châtiments, mais surtout d’une crainte filiale : il ne veut pas déplaire à Dieu. En cela, il se montre aussi un exemple pour les hommes d’aujourd’hui : son attitude va à rebours de l’indifférentisme religieux actuel.
  • L’espérance, vertu octroyée par Dieu et qui a Dieu pour but et terme, implique la confiance : si Joseph accomplit ce que Dieu lui demande, c’est d’abord parce qu’il a confiance dans le fait que Dieu veut son bien et que, parce qu’il est tout-puissant, il peut le réaliser.
  • Aussi Joseph ne se laisse-t-il pas aller au découragement : que d’initiatives audacieuses ne doit-il pas prendre pour veiller sur la vie de la Sainte Vierge et de l’Enfant Jésus pendant le voyage en Égypte ? Ses journées ne sont-elles pas tissées d’une suite d’actes de persévérance pour mener à bien la mission reçue de Dieu ? Le don de sa vie et de ses efforts à l’Enfant Jésus en est la clé.
  • Comme père responsable de l’éducation humaine de son fils, Joseph a enseigné à Jésus à être soumis à ses parents (cf. Lc 2,51 ), selon le commandement de Dieu (cf. Ex 20,12 ). L’obéissance de l’enfant à l’égard de ses parents est analogue à celle que l’homme est appelé à observer envers Dieu ; aussi Jésus a-t-il appris à l’école de Joseph à faire la volonté du Père divin. Quand le Christ dit que cette volonté est devenue sa nourriture quotidienne (cf. Jn 4,34 ), c’est à Joseph qu’il doit l’acquisition de cette vertu. Les petits sacrifices qu’il apprend à offrir durant ses jeunes années le conduisent, au terme de sa vie terrestre, au grand sacrifice : il « a appris par ses souffrances l’obéissance» ( He 5,8 ). À Gethsémani, il préfère accomplir la volonté du Père plutôt que la sienne « jusqu’à la mort… de la Croix » ( Ph 2,8 ). Le rôle de saint Joseph est donc primordial à l’égard du Sauveur comme homme : en le préparant, Joseph se montre coopérateur au mystère de la Rédemption.

Auteur :

Docteur en philosophie, Vincent-Marie Thomas est prêtre.

Source : La foi chrétienne est vraie, le 19 mars 2026

Pour l’Incarnation, le « oui » de Marie n’a pas été sans le « oui » de Joseph

Pour l’Incarnation, le « oui » de Marie n’a pas été sans le « oui » de Joseph

Quand de son autorité d’époux et de chef, et comme ayant, au titre d’époux, droit incontestable sur la Vierge, il gardait le vœu de virginité de Marie, Joseph ne voyait pas d’une manière explicite que cela équivalait d’une certaine façon à l’introduction du Fils de Dieu dans ce monde. Il ne faisait que poser dans l’être une condition de l’Incarnation, en abandonnant entièrement son épouse à l’action très sainte de Dieu pour l’œuvre de Dieu comme Dieu voudrait la réaliser en elle, en donnant ainsi d’autorité Marie à tout le mystère divin comme Dieu voudrait l’accomplir.

Mais ce faisant, Joseph acquérait justement une autorité de Père, de chef, sur ce qui naîtrait de la Vierge pour l’accomplissement du mystère divin. Par un acte tout à fait positif et par un acte de sa souveraine autorité de chef de famille, il a consacré la Vierge dans la condition qui était nécessaire pour l’accomplissement de l’Incarnation. Voilà le principe, l’origine de son autorité paternelle sur l’Enfant Jésus.

Pour l’Incarnation, à Marie et à Joseph, Dieu a demandé leur consentement ; à chacun d’eux d’une manière différente cependant. Marie devait donner le concours de son être ; aussi devait-elle répondre explicitement : « Qu’il me soit fait selon votre parole ». Joseph, lui, devait donner le concours de son autorité : il suffisait qu’il laissât à Dieu toute liberté de réaliser son œuvre divine ; or, cette liberté pour l’initiative divine, Joseph l’avait accordée, dans le fidèle respect des droits de Dieu, en acceptant la consécration virginale de Marie, en acceptant que sa fiancée fût le domaine réservé de Dieu.

Nous voyons et c’est l’aspect qui est le plus habituellement considéré, que Dieu a demandé le consentement de la Vierge pour l’incarnation. Oui mais la Vierge était à Joseph, l’Évangile le marque avec insistance ; et par conséquent la Vierge ne pouvait donner cette réponse à la vocation divine que parce qu’elle savait que Joseph à qui elle appartenait la réservait entièrement au bon plaisir de Dieu, que parce qu’elle savait que Joseph la voulait entièrement consacrée à Dieu.

Chanoine D.-J. Lallement, Mystère de la paternité de saint Joseph, Téqui 1986 p. 34-35

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

19.03.2026 – SAINT DU JOUR

Saint Joseph


SAINT JOSEPH
Époux de la Très Sainte Vierge Marie

Patron de l’Église universelle


Saint Joseph descendait de la race royale de David. On croit généralement qu’en vue de la mission sublime que le Ciel lui destinait, il fut sanctifié avant sa naissance. Nul ne peut douter que Joseph ne fût préparé à son sublime ministère, quand la Providence, qui dirige tous les événements, unit son sort à celui de Marie. 

L’Évangile est très sobre de détails sur saint Joseph, et on y voit tout résumé en ces mots: « Il était juste. » Mais que ces mots couvrent de merveilles, puisque les docteurs s’accordent à dire que saint Joseph tient le premier rang après Marie parmi tous les Saints!

Son père l’éleva, d’après la tradition, dans l’état modeste de charpentier; il pouvait avoir, selon de sérieux auteurs, une cinquantaine d’années, et il avait gardé une chasteté parfaite, lorsque la Volonté de Dieu lui confia la Très Sainte Vierge. Cette union, belle devant les anges, dit saint Jérôme, devait sauvegarder l’honneur de Marie devant les hommes. 

Dieu voulut que le mystère de l’Annonciation demeurât quelques temps caché à saint Joseph, afin de nous donner, dans le trouble qui plus tard s’empara de lui, lorsqu’il s’aperçut de la grossesse de Marie, une preuve de la virginité de la Mère et de la conception miraculeuse du Fils. L’avertissement d’un ange dissipa toutes ses craintes. 

Qui dira ce que Joseph, depuis lors, montra de respect, de vénération, de tendresse pour Celle qui bientôt allait donner au monde le Sauveur? Combien Joseph fut utile à Marie dans le voyage de Bethléem! Combien plus encore il Lui fut utile dans la fuite en Égypte! Joseph se montra pour la Mère de Dieu l’ami fidèle, le gardien vigilant, le protecteur dévoué. 

Imaginons-nous les progrès en vertu que dut faire saint Joseph, vivant dans la compagnie de Jésus et de Marie. Quel délicieux intérieur! Quelle sainte maison que cette modeste demeure! Que de mystères dans cette vie cachée où un Dieu travaille sous la direction d’un homme, où un homme se sanctifie sous l’influence d’un Dieu visible à ses yeux et devenu son Fils adoptif! Après la plus heureuse des vies, Joseph eut la plus heureuse des morts, car il rendit son dernier soupir entre les bras de Jésus et de Marie. 

Il est permis de croire, après saint François de Sales qui l’affirme, que saint Joseph est dès maintenant au Ciel en corps et en âme, avec Jésus et Marie. C’est à bon droit que saint Joseph porte le titre glorieux de Patron de l’Église universelle, et que son nom, dans la dévotion chrétienne, est devenu inséparable des noms de Jésus et de Marie. 

On l’invoque aussi comme Patron de la bonne mort.

Saint Joseph priez pour nous !

19.03.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 1,16.18-21.24a. 

Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.
Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret.
Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ;
elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Josémaria Escriva de Balaguer (1902-1975)

prêtre, fondateur

Homélie du 19/03/63 in Es Cristo que pasa (trad. Quand le Christ passe, Le Laurier 1989, p. 104 rev.)

La vocation de Joseph

Pour saint Joseph, la vie de Jésus a été une continuelle découverte de sa propre vocation… Ses premières années [ont été] pleines de circonstances contradictoires en apparence : glorification et fuite, majesté des mages et pauvreté de la crèche, cantique des anges et silence des hommes. Quand arrive le moment de présenter l’Enfant au Temple, Joseph, qui apporte la modeste offrande d’un couple de tourterelles, voit comment Syméon et Anne proclament que Jésus est le Messie : « Son père et sa mère écoutaient avec étonnement », dit saint Luc (2,33). Plus tard, lorsque l’Enfant demeure dans le Temple sans que Marie ni Joseph le sachent, le même évangéliste nous rapporte qu’« ils s’émerveillèrent » en le retrouvant après trois jours de recherche (2,48). Joseph est surpris, il s’étonne. Peu à peu, Dieu lui révèle ses desseins, et il s’efforce de les comprendre. Comme toute âme qui veut suivre Jésus de près, il découvre tout de suite qu’il n’est pas possible de marcher avec nonchalance, qu’il n’y a pas de place pour la routine. S’arrêter à un certain niveau et se reposer sur ses lauriers ne satisfait pas Dieu. Il exige sans cesse davantage, et ses voies ne sont pas les nôtres. Saint Joseph a appris de Jésus, comme jamais aucun homme ne l’a fait, à ouvrir son âme et son cœur, et à se maintenir en éveil pour reconnaître les merveilles de Dieu. Mais si Joseph a appris de Jésus à vivre de manière divine, je me permettrai de dire que, sur le plan humain, c’est lui qui a enseigné beaucoup de choses au Fils de Dieu… Joseph s’est occupé de cet Enfant comme il lui avait été ordonné et a fait de Jésus un artisan en lui transmettant son métier… Joseph a été, sur le plan humain, le maître de Jésus. Jour après jour, il l’a entouré d’une affection délicate ; il a pris soin de lui avec une abnégation joyeuse. N’est-ce pas là une bonne raison pour considérer cet homme juste (Mt 1,19), ce saint patriarche en qui culmine la foi de l’Ancienne Alliance, comme un maître de vie intérieure ?

LECTURES :

Deuxième livre de Samuel 7,4-5a.12-14a.16. 

Cette nuit-là, la parole du Seigneur fut adressée au prophète Nathan :
« Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle le Seigneur :
Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté.
C’est lui qui bâtira une maison pour mon nom, et je rendrai stable pour toujours son trône royal.
Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils.
Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours. »

Psaume 89(88),2-3.4-5.27.29. 

R/ Sa dynastie, sans fin subsistera. (Ps 88, 37a)

L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ; 
ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge.
Je le dis : C’est un amour bâti pour toujours ; 
ta fidélité est plus stable que les cieux.

« Avec mon élu, j’ai fait une alliance, 
j’ai juré à David, mon serviteur :
J’établirai ta dynastie pour toujours, 
je te bâtis un trône pour la suite des âges.

« Il me dira : “Tu es mon Père, 
mon Dieu, mon roc et mon salut !” »
Sans fin je lui garderai mon amour, 
mon alliance avec lui sera fidèle. »

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 4,13.16-18.22. 

Frères, ce n’est pas en vertu de la Loi que la promesse de recevoir le monde en héritage a été faite à Abraham et à sa descendance, mais en vertu de la justice obtenue par la foi.
Voilà pourquoi on devient héritier par la foi : c’est une grâce, et la promesse demeure ferme pour tous les descendants d’Abraham, non pour ceux qui se rattachent à la Loi seulement, mais pour ceux qui se rattachent aussi à la foi d’Abraham, lui qui est notre père à tous.
C’est bien ce qui est écrit : ‘J’ai fait de toi le père d’un grand nombre de nations.’ Il est notre père devant Dieu en qui il a cru, Dieu qui donne la vie aux morts et qui appelle à l’existence ce qui n’existe pas.
Espérant contre toute espérance, il a cru ; ainsi est-il devenu le père d’un grand nombre de nations, selon cette parole : ‘Telle sera la descendance que tu auras !’
Et voilà pourquoi il lui fut accordé d’être juste.