10.05.2026 – HOMÉLIE DU 6ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 14, 15-21

Les voix intérieures

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Évangile selon saint Jean 14, 15-21

La semaine passée, nous avions comparé la dynamique qui unit le Fils au Père – « Je suis dans le Père et le Père est en moi » – à des poupées gigognes, des matriochkas, l’une emplissant l’autre. Nous y avions vu la dynamique de l’amour divin. Aujourd’hui, le Christ propose de nous inscrire dans cette dynamique : « Vous êtes en moi, et moi en vous. » Ainsi le schéma se complexifie-t-il : le Fils nous enserre comme le Père l’enserre. Et c’est ainsi qu’il nous mène à lui.

Le Père parle au Fils qui, lui, nous parle. Il nous parle de deux manières : extérieurement, par le truchement de l’Église et, intérieurement, quand Dieu nous touche intimement. Ces deux voies sont l’œuvre de l’Esprit-Saint. Elles ne sont pas dissociées ; elles agissent concomitamment. A la fois, nous voyons Dieu nous parler par l’Évangile, par ses témoins, par l’amour du Christ qui vient à nous – ce qu’on appelle la Révélation –, mais Dieu nous parle aussi de l’intérieur, par des petites voix qui nous incitent à désirer personnellement l’amour et le bien.

Nous vivons aujourd’hui dans un monde submergé de communications en tous genres. Nous sommes de plain-pied, plus qu’à satiété, dans l’ère de l’information continue : nous sommes rassasiés de mots au point, parfois, d’empêcher tout silence. C’est pourtant dans le silence de l’âme que nous pouvons le mieux percevoir ces petites voix intérieures qui veulent nous parler.

Nous avons tous des idées qui se bousculent dans notre tête. L’interprétation la plus simple, celle de la dialectique moderne, est de considérer que nous nous parlons à nous-même, examinant successivement plusieurs points de vue, pesant le pour et le contre. La vision religieuse des dialogues intérieurs est cependant plus complexe, qui ne dissocie pas les idées de leur intention, ni donc de leur auteur. Est-ce bien toujours moi qui me parle à moi-même dans ma tête ou d’autres voix entrent-elles en jeu ? Le propos de l’éducation est bien de transmettre un savoir, d’acquérir des connaissances portées par d’autres. La langue, la culture, le contexte éducatif conditionnent mes idées reçues. Il n’y a pas que ma voix dans ma tête : il y a aussi celles de bien d’autres qui m’ont appris bien des choses. Derrière les mots qui se bousculent en nous, il y a des esprits qui nous parlent.

Avez-vous déjà fait l’expérience de voir surgir en vous une idée qui vous désarçonne, qui vous apparaît a priori comme un corps étranger dans votre esprit, comme la suggestion d’une voix intérieure qui n’est pas la vôtre – comme un « tu » qui s’adresse à vous et qui n’est pas vous ? Les voix qui nous parlent intimement n’émanent pas toutes de nous. En nous, notre esprit dialogue avec d’autres esprits, parmi lesquels l’Esprit-Saint. Et il nous appartient de faire le tri : de déterminer, parmi toutes ces suggestions qui nous parlent, lesquelles sont bonnes et lesquelles sont mauvaises. C’est ainsi que s’élabore notre esprit : par le choix d’écouter et de suivre telle voix intérieure plutôt que telle autre.

Comment discerner ? Comment dépasser le stade de la séduction des idées qui nous fera tanguer au gré de nos désirs fluctuants ? Quel critère pour suivre l’idée bonne, la suggestion d’esprits bienveillants, et non la fausse bonne idée qui nous fera déchanter ? Précisément, il s’agit d’aller plus profondément dans la séduction et de choisir le critère de l’amour. C’est dans la contemplation amoureuse qu’on discerne les suggestions de l’Esprit-Saint. Est-ce par amour et pour l’amour que telle pensée me parle ? Alors, il convient d’incarner cette idée et de passer à l’action. Sinon, mieux vaut la rejeter et retourner au silence contemplatif. Il ne s’agit pas de s’effaroucher d’idées saugrenues ou de tentations maléfiques qui nous parleraient – le Christ lui-même a subi des tentations diaboliques – il s’agit de les faire taire.

Quand, dans l’Évangile, le Christ dit « Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime », il ne signifie pas que l’amour de Dieu surgit de nos bonnes actions, qu’il suffirait de faire le bien pour que le Royaume de Dieu advienne mais, au contraire, que la vie morale et bonne surgit de l’amour, qu’elle émane de l’Esprit de Dieu qui nous parle. Celui qui agit bien, qui garde les commandements du Christ, est celui qui a su n’écouter que la voix de l’amour. L’amour est premier, qui est à la fois le critère de formation de notre pensée et le fruit de ce tri des esprits qui nous parlent. Il s’agit donc de faire passer nos dialogues intérieurs au crible de l’amour, purifiant ainsi notre pensée, l’exerçant à mieux encore le discerner.

« Celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. » C’est l’amour du Christ, qui nous parle tant extérieurement qu’intérieurement qui nous conforme au projet d’amour du Père pour nous. On réalise ainsi, à force de tri amoureux de nos pensées, une identification personnelle au Christ dans l’Esprit, qui réalisera notre désir d’être comblés d’amour par Dieu. Amen.

Fr. Laurent Mathelot

Source : RESURGENCE.BE, le 6 mai 2026

10.05.2026 – HOMÉLIE DU 6ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 14,15-21

Conduits par l’Esprit Saint

Homélie par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire


Quand nous lisons le livre des actes des apôtres,nous y découvrons comment la bonne nouvelle de l’Évangile s’est répandue. La croix du Christ porte des fruits qui demeurent. Elle donne l’audace de l’assurance. Tout cela ne s’est pas passé sans persécution. Il y a eu la mort du diacre Étienne. Mais rien ni personne ne peut arrêter la progression de la parole de Dieu. Le diacre Philippe est envoyé en Samarie, non pour se cacher, mais pour y prêcher. Tout cela, il l’accomplit en lien avec ceux qui lui ont confié cette mission. Ces derniers viendront de Jérusalem pour authentifier son travail.

Il faut savoir que la Samarie était une région méprisée. Les juifs pieux évitaient de fréquenter les samaritains et de leur parler. Ces derniers étaient considérés comme des infidèles au Dieu d’Israël. Mais touchés par la grâce, beaucoup se sont convertis et se sont fait baptiser. C’est une Pentecôte pour les samaritains. C’est vrai, nous devons rendre grâce pour les hauts faits de Dieu. À ses yeux, personne n’est irrécupérable. Comme Philippe, nous sommes envoyés pour accomplir des gestes qui guérissent, qui libèrent, qui relèvent et redonnent vie et espérance.

Dans la seconde lecture, c’est Pierre qui s’adresse à des chrétiens qui se heurtent à la calomnie et à la persécution de leurs adversaires. L’apôtre leur indique la ligne de conduite à tenir. Ils ne doivent jamais renoncer à témoigner de leur foi. Mais ils doivent réagir avec douceur contre les attaques en respectant leurs ennemis. Au moment où il écrit sa lettre, certains chrétiens ont renié leur foi car ils ont eu peur du danger. En écoutant ce message de Pierre, comment ne pas penser aux nombreux chrétiens d’aujourd’hui qui sont également persécutés à cause de l’Évangile ? C’est dans ce monde tel qu’il est que nous avons à témoigner de notre attachement au Christ. Et c’est pour remplir cette mission qu’il nous envoie l’Esprit Saint.

C’est cette promesse que nous avons entendue de Jésus au moment où il se prépare à « passer de ce monde à son Père ». S’adressant à ses disciples, il leur dit : « je prierai le Père et il vous donnera un autre défenseur qui sera pour toujours avec vous. » Ce défenseur, l’Évangile de Saint Jean l’appelle « le Paraclet ». Dans le monde juif le paraclet c’était le notable qui s’interposait entre le juge et l’accusé. C’était un homme au-dessus de tout soupçon qui était écouté et respecté ; il avait la possibilité de casser une condamnation et de faire libérer l’accusé sous sa responsabilité et au nom de sa propre réputation.

L’Esprit Saint est pour nous ce Paraclet, ce défenseur qui intervient quand nous somme mis en accusation au nom de notre foi. Nous le voyons tous les jours, l’Église est tournée en dérision dès qu’elle prend position contre des orientations qui sont contraires à l’Évangile du Christ. Mais l’Esprit Saint intervient pour nous conseiller, nous encourager, nous consoler et nous soutenir dans les moments difficiles de notre vie. Il nous pousse inlassablement au sursaut et à l’initiative libératrice.

L’apôtre Pierre nous dit que nous devons être toujours prêts à nous expliquer devant ceux qui nous demandent de rendre compte de l’espérance qui est à nous. Mais pour répondre à cet appel, nous avons besoin, nous aussi, de l’Esprit de Saint. Il est là, du côté de ceux qui sont attaqués à cause de leur foi en Jésus-Christ. Il intervient aussi quand nous sommes confrontés à nos propres faiblesses, quand nous disons : « je ne suis pas capable ». Il nous dit : « vas-y, ne crains pas, je suis avec toi. »

Nous ne devons pas oublier que nous sommes tous appelés à être « disciples » et « missionnaires ». Être disciple, c’est accueillir le Christ, l’écouter, nous laisser guider par lui. Le missionnaire c’est celui qui est envoyé pour annoncer l’Évangile. Mais comme le diacre Philippe, il découvre que le Seigneur l’a précédé dans le cœur de ceux qui sont sur sa route.

Cette annonce du Royaume de Dieu doit être joyeuse. Il s’agit d’une bonne nouvelle : Dieu nous invite au « festin des noces » c’est une invitation au bonheur et il faut que cela se voie dans notre vie. Nous sommes à quelques jours de la Pentecôte. Les apôtres s’y sont préparés avec Marie, la mère de Jésus. Elle est là, avec nous, pour nous aider à nous préparer à ce grand événement. Nous aussi, nous nous préparons à accueillir l’Esprit Saint et à répondre à l’amour du Christ qui s’est donné pour le salut du monde. Prions-le pour qu’il nous transforme au plus profond de nous-mêmes pour nous aider à vivre et à aimer comme lui et avec lui. Amen

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 3 mai 2026

On cherche la Sainte Vierge

On cherche la Sainte Vierge

Des prêtres, des fidèles, sont surpris de ne point voir une statue de la Vierge Marie dans certaines églises, peu nombreuses d’ailleurs. Cette absence ne favorise pas la dévotion envers la Mère de Dieu, et la Mère des hommes.

Aussi, je me permets d’insister pour que, dans chaque lieu de culte, une statue de la Sainte Vierge soit offerte à la piété du bon peuple de Dieu, selon une ancienne tradition de l’Église latine. On sait aussi que l’Église orthodoxe vénère l’image de la Vierge Marie et que des frères protestants l’honorent en leur temple.

Je souhaite aussi que, dans toutes les églises, la statue de la Sainte Vierge soit dignement honorée de fleurs, surtout les mois de mai et d’octobre. Dieu nous donne toujours Jésus par Marie : la prier, c’est se rapprocher de son Fils.

A. Renard, Cardinal de Lyon Revue du Rosaire, oct.-nov. 1968L

ectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

07.05.2026 – SAINTE DU JOUR

Ste Rose Venerini

Sainte Rosa Venerini

Vierge et fondatrice des

« Maestre Pie Venerini » ou Pieuses Maîtresses)

 

Rosa Venerini naît le 9 février 1656 à Viterbe (Latium, Italie). Ses parents, Goffredo Venerini et Marzia Zampechetti ont eu trois autres enfants, Domenico, Maria Maddalena et Orazio. Son père était médecin, originaire de Castelleone di Suasa dans la Province d’Ancône ; il exerça à Viterbe.

Petite fille, elle était déjà douée d’une grande sensibilité et d’une fine intelligence ; son éducation chrétienne développa en elle de grandes qualités de cœur et de fermes principes religieux. À l’âge de 7 ans, elle fit vœu de se consacrer à Dieu.

Durant son adolescence, elle fut en proie à de nombreux conflits intérieurs, entre les attractions du monde et sa promesse, mais elle dépassa ses crises par la prière et les mortifications. 

Arrivée à l’âge de 20 ans, Rosa s’interrogeait : pour les femmes, à cette époque, il n’y avait que le mariage ou le couvent. Elle se sentait appelée au service de l’Église, mais ne parvenait pas encore clairement à déterminer sa vocation.

À la fin de 1676, en accord avec ses parents, elle rejoignit le monastère dominicain de Sainte-Catherine à Viterbe où elle espérait prononcer ses vœux. Mais la mort prématurée de son père l’obligea à retourner chez elle pour rester auprès de sa mère dont la santé était fragile. Après le décès prématuré de son frère Dominique, la mort de sa mère, et le mariage de sa sœur, en mai 1684 elle a commencé à rassembler des enfants et leurs mamans dans sa maison pour la récitation du Rosaire. C’est à cette époque qu’elle réalisa la pauvreté culturelle, morale et spirituelle des femmes de son temps, et qu’elle envisagea la création d’écoles qui offriraient une formation chrétienne satisfaisante à toutes ces personnes.

Le 30 août 1685, avec l’approbation de l’évêque de Viterbe, le card. Urbano Sacchetti, et avec la collaboration de deux compagnes, Gerolama Coluzzelli et Porzia Bacci, Rosa laissa la maison paternelle pour fonder une première école, projetée selon le plan original qu’elle avait mûri dans la prière et dans la recherche de la volonté de Dieu. 

Sans grandes prétentions, Rosa avait ouvert la « première école publique féminine en Italie ». Les débuts étaient modestes et humbles, mais la portée était prophétique : la promotion humaine et l’élévation spirituelle des femmes étaient une réalité qui ne devait pas tarder à avoir l’approbation des Autorités religieuses et civiles. 

Le cardinal Marc Antoine Barbarigo, évêque de Montefiascone, comprit le caractère génial du projet de Viterbe et appela Rose dans son Diocèse. La fondatrice, toujours prête à se sacrifier pour la gloire de Dieu, répondit positivement à l’invitation : de 1692 à 1694, elle ouvrit une dizaine d’écoles à Montefiascone et dans les zones qui sont aux alentours du lac de Bolsena. 

Après l’ouverture des écoles de Viterbe et de Montefiascone, d’autres écoles furent créées dans la province du Latium. 

Le 8 décembre 1713, avec l’aide de l’Abbé Degli Atti, grand ami de la famille Venerini, Rosa ouvrit une école au centre de Rome. 

Le 24 octobre 1716, elle eut la visite du pape Clément XI (Giovanni Francesco Albani, 1700-1721) qui, accompagné par huit cardinaux, voulut assister aux leçons. Émerveillé et satisfait, il s’adressa en fin de matinée à la fondatrice : « Madame Rosa, vous faites ce que nous n’arrivons pas à faire, nous vous remercions, car avec ces écoles, vous sanctifierez Rome ». 

Au soir du 7 mai 1728, Rosa Venerini mourut saintement dans la maison de Saint-Marc à Rome. Elle avait ouvert plus de 40 écoles. 

Rosa Venerini a été béatifiée le 4 mai 1952 par le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) et canonisée, le 15 octobre 2006, par le pape Benoît XVI (Joseph Ratzinger, 2005-2013). 

Pour un approfondissement biographique :

>>> Rosa Venerini (1656-1728)

Sources principales : diocese-cotonou.org/ ; vatican.va (« Rév. x gpm »).

Sainte Rosa Venerini priez pour nous !