Pourquoi la plus prestigieuse des universités catholiques américaines est consacrée à Marie ? (I)
L’université de Notre-Dame peut être considérée comme la plus prestigieuse des universités catholiques des États-Unis. En 2017, elle est classée 15e meilleure université nationale.
Par une journée d’hiver enneigée de 1842, le père Édouard Sorin se tenait devant un lac gelé dans le nord de l’Indiana et entreprit quelque chose d’audacieux : il consacra la terre, l’institution qu’il s’apprêtait à fonder et chaque âme qui y étudierait ou y travaillerait un jour, à la Sainte Vierge Marie — et il le fit non pas comme une idée après coup ou une piété de circonstance, mais comme l’acte fondateur lui-même.
Cette consécration était — et reste — constitutive de ce qu’est Notre-Dame. C’est pourquoi le McGrath Institute for Church Life vient de publier « Mary, Icon of the Church », un nouveau court-métrage explorant ce que signifie pour une université d’être consacrée à la Vierge Marie , et ce que cette consécration révèle sur l’indissociabilité de la dévotion mariale du culte chrétien authentique.
Voici ce que nous oublions parfois : Marie n’est pas un ajout facultatif au Christianisme. Elle n’est pas une particularité catholique que les autres Chrétiens peuvent ignorer sans risque. La dévotion à Marie est intrinsèque au culte chrétien car elle nous montre à quoi ressemble le fait de recevoir Dieu.
Pensez à l’Annonciation. L’ange est venu avec un message qui défiait toute catégorie de compréhension humaine : une vierge concevrait par la puissance du Saint-Esprit, et l’enfant né d’elle serait le Fils du Très-Haut, celui en qui les promesses de Dieu à David trouveraient leur accomplissement.
C’est le pivot autour duquel toute l’histoire du salut a tourné, le moment où l’éternité a fait irruption dans le temps et où le Verbe s’est préparé à prendre chair. Et Marie, confrontée à cette proposition qui bouleversait le monde, a dit oui — non pas parce qu’elle comprenait en détail le plan de Dieu , mais parce qu’elle faisait confiance à Celui qui le lui demandait.
Son « fiat » fut l’acte suprême de liberté, le moment où un être humain a aligné sa volonté si complètement sur celle de Dieu qu’elle est devenue le moyen même par lequel l’Incarnation s’est produite. Comme le dit « Lumen Gentium » du Concile Vatican II, citant saint Irénée, par son obéissance, elle « est devenue la cause du salut pour elle-même et pour toute la race humaine ».
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Bse Francisca de Paula De Jesus (surnommée Nhà Chica : tante Francisca) Laïque (ex esclave) brésilienne
Francisca de Paula De Jesus, fille d’une mère célibataire esclave, naît entre 1808 et 1810 dans le quartier Santo Antônio do Rio das Mortes Pequeno de São João del-Rei (Bresil).
Fille d’esclave, Francisca ne reçoit aucune instruction. Elle est analphabète et se retrouve orpheline très jeune. Mais elle apprit de sa mère à aimer Jésus et Marie. Au moment de sa mort, sa mère lui recommanda de conduire une vie retirée de manière à mieux pratiquer la charité et conserver la foi.
Adulte, elle choisit le célibat, et se consacre à la prière. À partir de ce moment-là, Francisca vécut seule dans une petite maison sur une colline à la périphérie de la ville de Baependi, se consacrant à la prière et aux soins des plus démunis, choisissant, ainsi, une vie de pauvreté et de louange, pauvre parmi les pauvres.
Sa maison devient un véritable lieu de « pèlerinage ». Femme d’une humilité extraordinaire, et d’une grande dévotion pour la Vierge Marie, Nhà Chica consacre sa vie aux pauvres, ce qui lui vaut l’appellation de « Mère des pauvres».
Sa renommée de mère humble se diffusa rapidement parmi ceux qui l’approchaient, recevant prières, nourriture, consolation et réconfort.
Héritant d’une immense fortune après la mort de son frère, elle distribue tous ses biens aux plus pauvres et fait construire une chapelle dédiée à Notre-Dame de la Conception, où elle sera enterrée à sa mort : le 14 juin 1895.
De son vivant, Nhá Chica était considérée comme une sainte. En 1991, son procès en béatification fut ouvert à la phase diocésaine et passé, après une validation par la Congrégation pour les causes des saints, à la phase romaine en 2007, au titre duquel elle a été déclarée vénérable. La postulation pour la cause en béatification de Nhá Chica a reçu environ 20 000 témoignages de grâces.
Francisca de Paula De Jesus a été déclarée bienheureuse le 4 mai 2013 au Sanctuaire de Notre-Dame de la Conception à Baependi (Brésil). La cérémonie a été présidée par le card. Angelo Amato s.d.b., préfet de la Congrégation pour les causes des saints, au nom du pape François, qui s’est uni au peuple brésilien, dans la prière durant le Regina Cœli du dimanche 5 mai 2013. Le pape a en effet évoqué la nouvelle bienheureuse. « Sa vie simple fut toute dédiée à Dieu et à la charité, à tel point qu’elle était appelée “mère des pauvres”, a souligné le pape François, s’unissant « à la joie de l’Église du Brésil pour cette disciple lumineuse du Seigneur ».
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,36-38.10,1-8.
Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. « Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. »
Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)
prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
Homélie sur la moisson abondante, 10, 2-3; PG 63, 519-521 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 107)
« La moisson est abondante »
Tous les travaux de l’agriculteur aboutissent naturellement à la moisson. Comment donc le Christ a-t-il appelé moisson une œuvre qui en était encore à ses débuts ? L’idolâtrie régnait sur toute la terre… Partout la fornication, l’adultère, la débauche, la cupidité, le vol, les guerres… La terre était emplie de tant de maux ! Aucune semence n’y avait encore été jetée. Les épines, les chardons et les mauvaises herbes qui recouvraient le sol n’avaient pas encore été arrachés. Aucune charrue n’avait encore été tirée, aucun sillon tracé. Comment donc Jésus peut-il dire que la moisson est abondante ? … Les apôtres sont probablement bouleversés et déconcertés : « Comment pourrons-nous même ouvrir la bouche, nous tenir debout, devant tant d’hommes ? Nous, les Onze, comment corrigerons-nous tous les habitants de la terre ? Saurons-nous, si ignorants, aborder des savants ; nous si dépouillés, des hommes armés ; nous, des subordonnés, des autorités ? Nous ne connaissons qu’une langue, arriverons-nous à discuter avec les peuples barbares qui parlent des langues étrangères ? Qui nous supportera sans même comprendre notre langue ? » Jésus ne veut pas que de pareils raisonnements les plongent dans le désarroi. Aussi appelle-t-il l’Évangile une moisson. C’est comme s’il leur disait : « Tout est préparé, toutes les dispositions ont été prises. Je vous envoie récolter le grain mûr ; vous pourrez semer et moissonner le même jour. » Quand l’agriculteur sort de chez lui pour aller faire la moisson, il déborde de joie et resplendit de bonheur. Il n’envisage ni les peines ni les difficultés qu’il pourra rencontrer… Prêtez-moi votre langue, dit le Christ, et vous verrez le grain mûr entrer dans les greniers du roi. Aussi les envoie-t-il ensuite en leur disant : « Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20).
LECTURES :
Livre de l’Exode 19,2-6.
C’est en partant de Rephidim qu’ils arrivèrent dans ce désert, et ils y établirent leur camp juste en face de la montagne. Moïse monta vers Dieu. Le Seigneur l’appela du haut de la montagne : « Tu diras à la maison de Jacob, et tu annonceras aux fils d’Israël : “Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Égypte, comment je vous ai portés comme sur les ailes d’un aigle et vous ai amenés jusqu’à moi. Maintenant donc, si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, vous serez mon domaine particulier parmi tous les peuples, car toute la terre m’appartient ; mais vous, vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte.” Voilà ce que tu diras aux fils d’Israël. »
Psaume 100(99),2.3.5.
R/ Il nous a faits, et nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau. (Ps 99, 3bc)
Servez le Seigneur dans l’allégresse, venez à lui avec des chants de joie !
Reconnaissez que le Seigneur est Dieu : il nous a faits, et nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau.
Oui, le Seigneur est bon, éternel est son amour, sa fidélité demeure d’âge en âge.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5,6-11.
Alors que nous n’étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. À plus forte raison, maintenant que le sang du Christ nous a fait devenir des justes, serons-nous sauvés par lui de la colère de Dieu. En effet, si nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils alors que nous étions ses ennemis, à plus forte raison, maintenant que nous sommes réconciliés, serons-nous sauvés en ayant part à sa vie. Bien plus, nous mettons notre fierté en Dieu, par notre Seigneur Jésus Christ, par qui, maintenant, nous avons reçu la réconciliation.
À Tenerife, le Pape appelle à ouvrir «l’océan d’amour» du Cœur du Christ
Léon XIV a achevé ce vendredi 12 juin son 4eme voyage apostolique en Espagne en célébrant une messe au port de Santa Cruz de Tenerife. Dans son homélie, le Pape a souligné la vocation de l’Église à l’accueil, à la rencontre et à la fraternité. Il a exhorté les fidèles à faire du Cœur du Christ le modèle d’une humanité ouverte aux pauvres et aux migrants.«Aucun être humain n’est une île. Nous sommes nés pour la rencontre et rien ne peut empêcher chacun de poursuivre son voyage.», a-t-il affirmé.
Augustine Asta – Envoyée spéciale à Tenerife
C’est dans le cadre incomparable du port de Santa Cruz de Tenerife, sur les rives de l’océan Atlantique qui baigne les magnifiques côtes et par lequel sont passés et continuent de passer tant de migrants, marins, pêcheurs et voyageurs en général, que Léon XIV a achevé sa visite apostolique dans le diocèse de San Cristóbal de La Laguna, ainsi que ce premier voyage apostolique en Espagne.
Après une journée intense marquée par la visite du centre d’accueil «Las Raíces», puis une rencontre avec les acteurs de l’intégration des migrants, sur la place du Christ de La Laguna, Léon XIV a effectué un ultime tour en papamobile. Acclamé par une foule immense agitant des drapeaux du Saint-Siège et reprenant en chœur l’hymne du voyage avec en prime sa devise: «Alzad la mirada», «Lever les yeux», le Pape est arrivé au port de Santa Cruz de Tenerife pour la célébration eucharistique. Cet espace doté d’un charme naturel s’est donc transformé le temps de cette messe en une église grandeur nature.
Le Pape dans les rues de Tenerife. (@Vatican Media)
«Le Cœur de Jésus»
Face à l’immensité de l’océan et du ciel qui entourent l’archipel des Canaries, et depuis Tenerife au cœur des routes migratoires de l’Atlantique, le Pape a invité les fidèles à contempler une autre forme d’infini: celle de l’amour de Dieu pour l’humanité. Pour Léon XIV, le Cœur de Jésus est le véritable «cœur de l’histoire», là où résonnent les joies, les espoirs, mais aussi les souffrances et les angoisses de tous les peuples.
Occasion donc pour le Saint-Père de rappeler que l’être humain est appelé à la rencontre. «Aucun être humain n’est une île», a-t-il insisté, soulignant que la vie chrétienne est un chemin d’exode permanent vers l’autre et vers Dieu.
Une réponse à la soif du cœur humain
Le Souverain pontife a également mis en garde contre les dérives d’une société dominée par l’agitation, la consommation et la recherche du profit. Reprenant les enseignements de ses prédécesseurs et de la doctrine sociale de l’Église, il a dénoncé un mode de vie qui risque d’enfermer l’homme dans un «dynamisme stérile».
Dans un territoire dont l’économie repose largement sur le tourisme, l’évêque de Rome a appelé habitants comme visiteurs à redécouvrir la simplicité, la gratitude et la capacité d’apprécier les relations humaines et de ne pas tout réduire au «commerce et au profit».«Il y a vie quand on donne la vie», a-t-il estimé, affirmant que la véritable réalisation de la personne passe par le don de soi et la communion avec les autres.
Le Pape parmi les 40 000 fidèles présents à la messe. (@Vatican Media)
La richesse spirituelle des pauvres
Commentant l’Évangile du jour, le Pape a insisté sur la place privilégiée des plus petits dans le dessein de Dieu. La Révélation divine se manifeste souvent à ceux que le monde considère comme insignifiants ou dépourvus d’influence, a-t-il expliqué. Cette réflexion s’inscrit dans la continuité de son exhortation apostolique Dilexi te, dans laquelle il souligne que les pauvres ne sont pas seulement destinataires de la charité chrétienne, mais aussi porteurs d’une sagesse capable d’évangéliser l’Église elle-même. «Dieu s’est révélé aux petits», a-t-il ajouté, invitant les croyants à reconnaître la richesse spirituelle cachée dans les existences marquées par la précarité et l’épreuve.
Tenerife, carrefour de l’accueil et des migrations
Le Pape a ensuite évoqué la situation des migrants qui traversent l’Atlantique pour rejoindre les Canaries. Situées sur l’une des principales routes migratoires vers l’Europe, les îles sont devenues un lieu d’accueil pour des milliers de personnes confrontées à des conditions souvent dramatiques. Face aux réseaux qui exploitent la détresse humaine, le Pape a appelé les chrétiens à offrir non seulement une aide matérielle, mais aussi une véritable fraternité. Plus encore, il a invité les communautés locales à se laisser transformer par la rencontre avec ceux qu’elles accueillent. L’expérience des pauvres et des migrants, a-t-il dit, constitue une source de sagesse précieuse pour des sociétés parfois enfermées dans le confort et l’individualisme.
Le Pape Léon XIV lors de la messe à Tenerife. (ANSA)
Un appel à regarder chacun avec le cœur du Christ
Vers la fin de son homélie, le Pape a remercié les habitants de l’archipel pour leur sens de l’accueil et leur engagement au service de la fraternité. Il a encouragé les communautés chrétiennes à porter une attention particulière aux jeunes, aux personnes fragiles, aux riches comme aux pauvres, aux résidents comme aux visiteurs. Ainsi, il a invité à dépasser les apparences pour reconnaître la profondeur des aspirations humaines et la présence de Dieu dans chaque personne.
Les remerciements du Pape
«Dieu est amour», a-t-il rappelé en citant la Première lettre de saint Jean. Une conviction qui doit inspirer à la fois la prière et l’action des croyants. Enfin il a lancé un appel aux fidèles: faire découvrir à tous «l’océan d’amour» du Cœur du Christ, afin que personne ne se sente exclu de la rencontre avec Dieu et avec ses frères.
À la fin de la célébration eucharistique, le Pape a rendu «grâce à Dieu et à tous ceux qui m’ont accueilli et qui ont collaboré de mille manières à la préparation et à la réalisation des différents moments à Madrid, à Barcelone et à Montserrat, ainsi qu’ici, dans les îles Canaries.» «Je repars pour Rome ému par la grande affection qui m’a entouré, et réconforté par les témoignages de foi et d’amour envers l’Église, expressions du grand cœur catholique de l’Espagne.», a-t-il soutenu.
Le Pape Léon XIV lors de la messe à Tenerife. (@Vatican Media)
Tourner le «regard vers le Christ crucifié»
Depuis ce port, qui porte le nom de la Sainte Croix, «ma pensée embrasse le monde et à ses blessures qui meurtrissent des populations entières», a-t-il ajouté. Le Pape a rappelé la devise de son voyage: «Levez les yeux». Exhortant tout le monde à tourner le «regard vers le Christ crucifié: son Cœur est la source de la miséricorde, seule capable de sauver l’humanité qui a besoin de pardon et de réconciliation pour parvenir à une paix véritable et durable.»«Levons les yeux comme l’a fait Marie, la Mère de tous ceux qui souffrent, et, guidés par elle, reprenons la route avec espérance!», «restons unis dans la prière et dans la communion dans le Christ et dans la sainte Église», a exhorté le Saint-Père.