La libération du père Maccalli, un signe d’espérance là où la violence perdure

Le père Pierluigi Maccalli de retour dans son village d'origine de Madignano, ici avec sa sœurLe père Pierluigi Maccalli de retour dans son village d’origine de Madignano, ici avec sa sœur 

La libération du père Maccalli, un signe d’espérance là où la violence perdure

Libéré au Mali le 8 octobre dernier après avoir été retenu en otage pendant plus de deux ans, le prêtre italien Pierluigi Maccalli donne aujourd’hui un témoignage d’espérance à sa communauté, et plus largement aux missionnaires et aux personnes vivant en zone de conflit. Un fruit de la grâce du Christ agissant dans l’épreuve, souligne Mgr Rugambwa, secrétaire de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples.

Adélaïde Patrignani et Federico Piana – Cité du Vatican

La libération du père Pierluigi Maccalli «est un grand signe d’espoir pour nous tous, pour l’Afrique et pour l’Église universelle, résume Mgr Protase Rugambwa, secrétaire de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples. C’est le signe et le témoignage vibrant que la grâce du Christ agit et redonne aujourd’hui l’espérance, dans des situations marquées par la violence, les conflits, les pandémies. Cette libération nous montre que la grâce du Christ est plus forte que toute difficulté et que nous devons toujours avoir confiance en Lui», souligne l’archevêque tanzanien auprès de l’agence Fides.

Persévérance et confiance récompensées

Le prêtre italien de la Société des Missions Africaines avait été enlevé le 17 septembre 2018 au Niger, où il vivait depuis onze ans. Retenu en otage au Mali voisin, il a été libéré dans la soirée du 8 octobre dernier, en même temps que son compatriote Nicola Chiacchio, l’humanitaire française Sophie Pétronin et l’opposant politique malien Soumaïla Cissé.

«Nous étions tous en réunion, décrit au micro de Vatican News le père Mauro Armanino, confrère du père Maccalli en mission à Niamey, quand nous avons appris la merveilleuse nouvelle». La communauté et les paroissiens ont évidemment laissé éclater leur joie. «Lorsque nous avons montré sa photo souriante à la communauté, les gens se sont spontanément mis à danser», témoigne le prêtre. «Le matin, j’avais célébré la messe (…). Nous avions conclu la célébration en récitant la prière pour sa libération, comme nous l’avons fait pendant deux ans. Dieu merci, c’était la dernière fois. Mais je dois aussi dire une chose: nous étions certains que tôt ou tard, il serait libéré». Une certitude «que seuls les pauvres détiennent, sachant que notre vie est toujours entre les mains de Dieu. C’est la foi des gens simples qui savent que l’histoire dépend de Lui, avec des temps qui ne coïncident pas toujours avec les nôtres», souligne le père Armanino.

Une captivité féconde

«Cette histoire, qui, par la volonté de Dieu, a eu une issue heureuse, nous rappelle que les missionnaires sont toujours proches des gens, qu’ils ne fuient pas, même dans les situations difficiles, et qu’ils donnent leur vie pour l’Évangile», complète de son côté Mgr Rugambwa.

Le prélat explique que les missionnaires ont pour vocation de quitter leur terre d’origine «parce que la force qui les guide est une force qui vient d’en haut, c’est l’Esprit de Dieu. Et puis ils restent, même dans les contextes les plus difficiles, non pas grâce à leurs idées ou à leur détermination, mais animés et soutenus par la grâce de Dieu. La charité du Christ les pousse, génère leur dévouement et leur résilience, et peut les accompagner, dans certains cas, jusqu’au don suprême, celui de leur vie elle-même: c’est le martyre, qui est un don de Dieu. L’amour de Dieu est plus grand que toute difficulté ou obstacle. C’est la leçon que nous donne l’histoire du père Pierluigi», analyse-t-il.

Son témoignage révèle aussi une autre dimension de la mission: «le père Pierluigi n’a jamais été aussi missionnaire qu’au cours de ses deux années d’emprisonnement, souligne le père Armanino. Nous identifions souvent la mission à “faire des choses”, mais la mission, c’est avant tout de laisser Dieu agir dans nos vies. (…) La vie du père Pierluigi n’a jamais été aussi fructueuse que ces deux dernières années».

De retour parmi ses proches

Le missionnaire libéré compte cependant retrouver l’environnement relationnel qu’il a brusquement quitté. Lors d’un bref appel téléphonique à son confrère de Niamey, «la première phrase qu’il m’a dite était: “nous sommes toujours en vie”. Cette expression, en anglais, était une sorte de code phrase que nous avons utilisé au Libéria pendant la guerre civile pour dire au revoir, explique le père Armanino. Une phrase qui nous a immédiatement ramené à la complicité. Sa voix était éprouvée mais sereine. Puis, plus tard, il nous a envoyé un message vocal disant: maintenant, je vais sortir du silence et entrer à nouveau dans le pays de la parole».Pendant la conversation, «il a mentionné quatre fois la communauté de Bowanga où il vivait: un signe que son inquiétude est toujours entière pour eux».

Le père Maccalli pourrait revenir dans son pays de mission l’année prochaine «pour nous dire au revoir, puis nous verrons, confie le père Armanino, aussi parce que la situation au Niger est compliquée». Pour l’heure, le missionnaire italien est revenu dans son village d’origine, Madignano, dans la province de Crémone, pour un temps de repos auprès des siens. «Je vous remercie pour votre soutien dans la prière, a déclaré le religieux dimanche à son arrivée. Je n’ai jamais douté de pouvoir revenir».  

«Nous espérons désormais que cette libération sera un pas en avant qui relancera le dialogue et sera une graine pour promouvoir la paix, la réconciliation et la fraternité dans cette zone du Sahel, tourmentée par la violence, et dans tout le continent africain, où il existe encore tant de foyers de conflits et de violence, générant tant de souffrances», affirme enfin Mgr Rugambwa. Le secrétaire de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples assure de sa prière pour que «l’issue heureuse» connue par le père Maccalli soit aussi celle d’autres «familles innocentes»traversant l’épreuve, en Afrique et en d’autres régions du monde.  

Source: VATICANNEWS, le 13 octobre 2020

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