Traditionis custodes : le cardinal Sarah défend le motu proprio

M.MIGLIORATO/CPP/CIRIC – Cardinal Robert Sarah.

Traditionis custodes : le cardinal Sarah défend le motu proprio

Le but du pape François « n’est absolument pas de supprimer la liturgie ancienne », a indiqué le cardinal Robert Sarah dans un entretien accordé au Figaro, faisant référence au motu proprio « Traditionis custodes ».

Le motu proprio Traditionis custodes n’en finit plus de faire réagir. Dans un entretien au Figaro accordé à l’occasion de la sortie de son livre Pour l’éternité, le cardinal Robert Sarah, ancien préfet de la Congrégation pour le culte divin, s’est à nouveau exprimé sur le texte du Pape. « Je crois que le pape François a clairement expliqué son intention dans les diverses visites ad limina des évêques français et polonais », a-t-il rappelé. « Son but n’est absolument pas de supprimer la liturgie ancienne. Il est conscient que de nombreux jeunes et des familles y sont intimement attachés. Et il est attentif à cet instinct de la foi qui s’exprime dans le peuple de Dieu. »

Et il le rappelle : « Le Pape a demandé d’appliquer ce texte avec souplesse et sens paternel. Il sait bien que ce qui a été sacré pour tant de générations ne peut du jour au lendemain se trouver méprisé et banni. » Le pape François attend ainsi « que la liturgie actuelle s’enrichisse de ce que la liturgie ancienne a de meilleur. De même, il attend clairement que la liturgie ancienne soit célébrée dans l’esprit de Vatican II, ce qui est parfaitement possible. » Selon lui, « elle n’est pas et ne doit pas devenir un prétexte pour les contestataires du concile ».

Source: ALETEIA, le 24 novembre 2021

Motu proprio : comment le pape prévoit-t-il l’application dans son diocèse ?

Une lettre du vicaire général de Rome annonce qu’à la suite du motu proprio Traditionis custodes, la célébration de la messe tridentine sera interdite pendant le triduum pascal à Rome. Si elle reste autorisée le reste de l’année, les autres sacrements ne pourront plus être célébrés selon le missel antérieur à Vatican II.

Le pape François en octobre 2019. – Alessia GIULIANI/CPP/CIRIC

Chacun attendait de voir comment le pape allait appliquer le motu proprio Traditionis custodes dans son diocèse. Il avait en effet renforcé le pouvoir de décision des évêques sur l’usage de la messe tridentine par ce texte publié le 16 juillet dernier, provoquant une grande inquiétude chez les « tradis » de certains diocèses. Le couperet est finalement tombé dans une lettre du vicaire général de Rome datée du 7 octobre et rendue publique sur plusieurs blogs le 9 novembre.

Dans cette lettre, dont l’authenticité a été attestée par le bureau de presse diocésain le 10 novembre, le cardinal Angelo de Donatis a annoncé que la messe pourrait être célébrée selon le Missel romain de 1962 dans cinq églises de Rome bien définies, et qu’elle serait interdite dans tout le diocèse y compris dans ces églises pendant le Triduum pascal (du jeudi Saint au dimanche de Pâques inclus).

Les sacrements selon le missel de 1962 interdits

Par ailleurs, la lettre informe que tous les autres sacrements (mariage, baptême… ) et sacramentaux ne pourraient plus être célébrés selon le missel romain de 1962 et tous les autres antérieurs à Vatican II, quelque soit la période de l’année. Une décision très rude pour les fidèles attachés à cette liturgie préconciliaire. Certains dénoncent une injustice de traitement en rappelant que l’Eglise reconnaît pourtant ces mêmes sacrements reçus au sein de la fraternité Saint Pie X. (Les mariages ne l’étaient pas jusqu’en 2017 où le pape François a établi leur reconnaissance, en fixant néanmoins des conditions spéciales, à savoir la venue d’un prêtre diocésain dans la mesure du possible pour recevoir le consentement des époux).

Par ailleurs comme le stipule le motu proprio Traditionis Custodes, tous les prêtres du diocèse qui veulent célébrer la messe selon le Missel de 1962 doivent demander une autorisation écrite renouvelée de l’évêque diocésain. Le cardinal de Donatis rappelle enfin dans sa lettre que les lectures doivent être proclamées en italien selon la traduction de 2008 de la conférence épiscopale italienne. Le vicaire général de Rome a désigné le curé de Santissima Trinità dei Pellegrini, une église gérée par la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP), comme responsable « pro tempore » (pour le moment) de la « célébration digne de la liturgie eucharistique, ainsi que de l’assistance pastorale et spirituelle ordinaire des fidèles ».

Pour motiver sa décision en publiant ce motu proprio, le pape avait déclaré dans une lettre à tous les évêques publiée conjointement qu’il s’était senti obligé d’agir parce que l’utilisation du Missel de 1962 était « souvent caractérisée par un rejet non seulement de la réforme liturgique, mais du Concile Vatican II lui-même, prétendant, avec des affirmations sans fondement et non soutenables, qu’il trahissait la Tradition et la « vraie Église » ». Il a aussi demandé aux évêques dans cette lettre de veiller « veiller à ce que chaque liturgie soit célébrée avec décorum et avec fidélité aux livres liturgiques promulgués après le Concile Vatican II, sans excentricités qui dégénèrent facilement en abus. »

La valeur d’exemple de l’évêque de Rome

Ces mesures prises pour Rome ont en un sens valeur d’exemple, puisque l’évêque de Rome est aussi le chef de l’Eglise catholique. Si la lettre est signée non du pape lui-même mais de son vicaire général, ce dernier assume directement la gestion du diocèse, ayant un rôle similaire aux autres évêques diocésains. Hormis cette exception romaine, le droit canonique confère au vicaire général le pouvoir exécutif sur le diocèse pour tous les actes administratifs, à l’exception de ceux réservés à l’évêque.

En France, les évêques se sont montrés plus ou moins intransigeants en fonction des diocèses. Certains ont tenté de rassurer leurs ouailles dès le lendemain de la publication du motu proprio, assurant que les règles ne changeraient pas chez eux. D’autres ont pris des mesures plus restrictives, comme à Paris où l’archevêque Mgr Aupetit a fait passer de quatorze à cinq le nombre d’églises où la messe tridentine pourrait être célébrée. La situation demeure floue dans plusieurs diocèses, et des tensions sont survenues après l’été entre certains fidèles « tradis » et des évêques, notamment à Grenoble ou encore au Havre.

Source: FAMILLE CHRETIENNE, le 11 novembre 2021

« Traditionis Custodes » : douze instituts « tradis » demandent un médiateur

Tridentine Mass

Fred de Noyelle | GODONG

« Traditionis Custodes » : douze instituts « tradis » demandent un médiateur

Dans un courrier adressé aux évêques français le 1er septembre, les supérieurs de douze des principaux instituts traditionalistes du pays demandent la désignation d’un « médiateur ». Une demande qui fait suite à la publication du motu proprio « Traditionis Custodes » et la décision du pape François de restreindre l’usage de la messe tridentine selon le rituel préconciliaire.

« Nous nous sentons soupçonnés, mis en marge, bannis ». Dans une lettre adressée aux évêques français le 1er septembre et diffusée le 2 septembre, douze des principaux instituts traditionnalistes demandent la désignation d’un « médiateur ». Cette demande fait directement suite à la publication, mi-juillet, du motu proprio Traditionis Custodes sur la messe tridentine.

Un dialogue humain, personnel, plein de confiance, loin des idéologies ou de la froideur des décrets administratifs.

Réunis le 31 août septembre à Courtalain (Eure-et-Loir), dans la maison générale de l’Institut du Bon Pasteur, les signataires réaffirment leur adhésion au magistère développé depuis Vatican II. Rappelant également « leur amour de l’Église et leur fidélité au Saint-Père », ils plaident pour « un dialogue humain, personnel, plein de confiance, loin des idéologies ou de la froideur des décrets administratifs ». Pour cela, ils demandent aux évêques de France « qu’un vrai dialogue soit ouvert et que soit désigné un médiateur qui soit pour nous le visage humain de ce dialogue ».

Le document a été signé par les supérieurs de douze instituts traditionnalistes (neuf masculins et trois féminins) : la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, l’Institut du Bon Pasteur, la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, l’Institut Saint-Philippe-Néri, les Missionnaires de la Sainte-Croix, l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, les chanoines de Lagrasse, l’abbaye Sainte-Marie de la Garde, l’abbaye Notre-Dame de l’Annonciation du Barroux, les chanoinesses d’Azille et les Adoratrices du Cœur Royal de Jésus Souverain Prêtre.

Source: ALETEIA, le 2 septembre 2021