Te Deum: louer Dieu pour la compassion et proximité de l’année

Le cardinal Giovanni Battista Re lors des Vêpres et du Te Deum d'Action de grâces, jeudi 31 décembre 2020, en la basilique Saint-Pierre de Rome. Le cardinal Giovanni Battista Re lors des Vêpres et du Te Deum d’Action de grâces, jeudi 31 décembre 2020, en la basilique Saint-Pierre de Rome.   (Vatican Media)

Te Deum: louer Dieu pour la compassion et proximité de l’année 

Comme chaque 31 décembre, l’année se conclut avec la célébration des premières vêpres de la Solennité de Sainte Marie Mère de Dieu et le Te Deum en la basilique Saint-Pierre, en action de grâce pour l’année écoulée. Le Pape François, souffrant d’une sciatique, n’a pu présider la cérémonie. Le cardinal Re l’a remplacé, lisant l’homélie préparée par le Pape, axée sur l’amour du prochain que cette année marquée par la pandémie a révélé. 

Cette célébration du soir a toujours un double aspect: avec la liturgie, nous entrons dans la fête solennelle de Marie Très Sainte Mère de Dieu; et en même temps, nous concluons l’année civile avec le grand hymne de louange, a d’emblée affirmé le cardinal Giovanni Battista Re au nom du Pape, précisant que le premier aspect serait développé demain, car ce soir «nous rendons grâce pour l’année qui touche à sa fin.»

Quel sens donner aux drames de cette année?

«Nous te louons, Dieu, nous te proclamons Seigneur…». L’on pourrait croire qu’il est forcé de remercier Dieu au terme d’une année comme celle-ci, marquée par la pandémie, a constaté le cardinal italien, confiant sa prière «aux familles qui ont perdu un ou plusieurs membres, à ceux qui ont été malades, à ceux qui ont souffert de la solitude, à ceux qui ont perdu leur emploi…» 

Et le doyen du Sacré Collège d’interpeller les fidèles: «Parfois, quelqu’un demande: quelle est la signification d’un tel drame? Nous ne devons pas être pressés de répondre à cette question. Même Dieu ne répond pas à nos « pourquoi » les plus angoissés en recourant à des « raisons supérieures »».La réponse de Dieu suit en effet «le chemin de l’Incarnation», comme le chante l’Antienne au Magnificat: «Par le grand amour avec lequel il nous a aimés, Dieu a envoyé son Fils dans une chair de péché».

Le Dieu berger n’abandonne pas ses brebis

«Un Dieu qui sacrifierait des êtres humains pour un grand dessein, même si c’était le meilleur possible, n’est certainement pas le Dieu qui nous a révélé Jésus-Christ. Dieu est Père, « Père éternel », et si son Fils s’est fait homme, c’est par l’immense compassion du cœur du Père», a poursuivi le cardinal originaire de Brescia. Or, soutient-il, Dieu est un berger, et quel berger abandonnerait ne serait-ce qu’une seule brebis, pensant qu’entre-temps il en reste beaucoup d’autres? «Non, ce Dieu cynique et impitoyable n’existe pas. Ce n’est pas le Dieu que nous « louons » et « proclamons Seigneur »», assure-t-il, proposant «un sens» à ce drame de la pandémie comme à d’autres fléaux qui frappent l’humanité: «celui de susciter en nous la compassion et de provoquer des attitudes et des gestes de proximité, de soin, de solidarité.»

L’engagement quotidien pour l’amour du prochain

Selon le cardinal Re, c’est ce qu’il s’est passé et se passe à Rome ces derniers mois, et pour cela surtout, «ce soir, nous rendons grâce à Dieu»: «pour les bonnes choses qui se sont produites dans notre ville pendant le confinement et, en général, pendant la période de la pandémie, qui n’est malheureusement pas encore terminée. Il y a tant de gens qui, sans faire de bruit, ont essayé de rendre le fardeau de l’épreuve plus supportable», a-t-il relevé à quelques heures du changement d’année.

Ainsi toutes ces personnes silencieuses, avec leur engagement quotidien, animés par l’amour du prochain, ont accompli les paroles du Te Deum, car «la bénédiction et la louange que Dieu apprécie le plus est l’amour fraternel».

«Les travailleurs de la santé-médecins, infirmières, bénévoles- sont en première ligne, et pour cette raison, ils sont toujours dans nos prières et méritent notre gratitude; tout comme de nombreux prêtres, religieux et religieuses. Mais ce soir, nos remerciements vont à tous ceux qui s’efforcent chaque jour de poursuivre leur famille et leur service pour le bien commun de la meilleure façon possible», a déclaré le cardinal Re, pensant aussi en particulier «aux directeurs d’école et aux enseignants», et «aux administrateurs publics».

La force de Dieu, plus puissante que l’égoïsme

«Tout cela ne peut se faire sans grâce, sans la miséricorde de Dieu. Nous savons par expérience que dans les moments difficiles, nous sommes enclins à nous défendre – c’est naturel – pour nous protéger et protéger nos proches, pour protéger nos intérêts… Comment se fait-il alors que tant de personnes, sans autre récompense que celle de faire le bien, trouvent la force de se soucier des autres?», a-t-il demandé, esquissant cette réponse:  «Au fond, même s’ils n’y pensent pas eux-mêmes, ils sont poussés par la force de Dieu, qui est plus puissante que notre égoïsme.»

«C’est pourquoi nous le louons, parce que nous croyons et savons que tout le bien qui s’accomplit jour après jour sur la terre vient, en fin de compte, de Lui. Et en regardant l’avenir qui nous attend, nous implorons à nouveau: « Que ta miséricorde soit toujours avec nous, en toi nous avons espéré« », a conclu le doyen du Collège des cardinaux ce jeudi 31 décembre. 

Source: VATICANNEWS, le 31 décembre 2020

01.01.2021 – SAINTE MARIE, MÈRE DE DIEU

Sainte Marie, Mère de Dieu

Huit jours après la Nativité du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, nous célébrons sa Mère, celle qui lui a donné son être humain, corps et âme par l’Esprit-Saint qui vient sur elle la plaçant dans l’orbite de la paternité divine. 

C’est pourquoi le concile d’Éphèse, en 431, la proclama laTheotokos (en grec Θεοτόκος; en latin Deipara ou Dei genetrix), la Mère de Dieu, puisque son fils est Dieu, ce qui ne préjuge pas de la différence entre Marie créature humaine et Jésus Fils éternel de Dieu.

La solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu, est la première fête mariale apparue dans l’Église occidentale. 

Extrait de l’homélie du pape Benoît XVI

(Mardi 1er janvier 2008)

Chers frères et sœurs ! 

Nous commençons aujourd’hui une nouvelle année et l’espérance chrétienne nous prend par la main ; nous la commençons en invoquant sur elle la bénédiction divine et en implorant, par l’intercession de Marie, Mère de Dieu, le don de la paix : pour nos familles, pour nos villes, pour le monde entier. […]

Dans la première Lecture, tirée du Livre des Nombres, nous avons écouté l’invocation : « Que le Seigneur t’apporte la paix » (6, 26) ; que le Seigneur accorde la paix à chacun de vous, à vos familles, au monde entier. Nous aspirons tous à vivre dans la paix, mais la paix véritable, celle annoncée par les anges la nuit de Noël, n’est pas une simple conquête de l’homme ou le fruit d’accords politiques ; elle est tout d’abord un don divin qu’il faut implorer constamment et, dans le même temps, un engagement à conduire avec patience, en demeurant toujours dociles aux commandements du Seigneur. […] 

Notre pensée se tourne à présent naturellement vers la Vierge, que nous invoquons aujourd’hui comme Mère de Dieu. Ce fut le pape Paul VI qui transféra au premier janvier la fête de la Divine Maternité de Marie, qui était autrefois célébrée le 11 octobre. En effet, avant la réforme liturgique qui a suivi le Concile Vatican II, le premier jour de l’année était célébrée la mémoire de la circoncision de Jésus au huitième jour après sa naissance – comme signe de la soumission à la loi, de son insertion officielle au sein du peuple élu – et le dimanche suivant était célébrée la fête du Nom de Jésus. Nous retrouvons encore quelques traces de ces célébrations dans la page évangélique qui vient d’être proclamée, dans laquelle saint Luc rapporte que, huit jours après sa naissance, l’Enfant fut circoncis et qu’il lui fut donné le nom de Jésus, « nom indiqué par l’ange avant sa conception » (Lc 2, 21). La fête d’aujourd’hui, par conséquent, est non seulement une fête mariale extrêmement significative, mais elle conserve également un puissant contenu christologique, parce que, pourrions-nous dire, avant la Mère, elle concerne précisément le Fils, Jésus vrai Dieu et vrai Homme. 

L’apôtre Paul fait référence au mystère de la maternité divine de Marie, la Theotokos, dans la Lettre aux Galates. « Mais quand vint la plénitude du temps – écrit-il – Dieu envoya son Fils né d’une femme, né sujet de la Loi » (Ga 4, 4). En peu de mots, nous trouvons synthétisé le mystère de l’Incarnation du Verbe éternel et la divine maternité de Marie : le grand privilège de la Vierge réside précisément dans le fait d’être la Mère du Fils qui est Dieu. A huit jours de Noël, cette fête mariale trouve donc sa place la plus logique et la plus juste. En effet, dans la nuit de Bethléem, lorsqu’elle « enfanta son fils premier-né » (Lc 2, 7), s’accomplirent les prophéties concernant le Messie. « Voici, la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils », avait annoncé le prophète Isaïe (7, 14); « voici que tu concevras dans ton sein et tu enfanteras un fils », dit à Marie l’ange Gabriel (Lc 1, 31); et un autre ange du Seigneur – raconte l’évangéliste Matthieu -, apparaissant en songe à Joseph, le rassura en lui disant: « ne crains pas de prendre chez toi Marie ta femme: car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint; elle enfantera un fils » (Mt 1, 20-21). 

Le titre de Mère de Dieu est le fondement de tous les autres titres sous lesquels la Vierge a été vénérée et continue d’être invoquée de génération en génération, en Orient et en Occident. Beaucoup d’hymnes et de prières de la tradition chrétienne font référence au mystère de sa divine maternité, comme par exemple une antienne mariale du temps de Noël, l’Alma Redemptoris mater, dans laquelle nous prions ainsi: « Tu quae genuisiti, natura mirante, tuum sanctum Genitorem, Virgo prius ac posterius – Toi, dans l’émerveillement de toute la création, tu as engendré le Créateur, Mère toujours vierge ». 

Chers frères et sœurs, nous contemplons aujourd’hui Marie, mère toujours vierge du Fils unique du Père; nous apprenons d’elle à accueillir l’Enfant qui pour nous est né à Bethléem. Si dans l’Enfant né d’Elle nous reconnaissons le Fils éternel de Dieu et nous l’accueillons comme notre unique Sauveur, nous pouvons être appelés fils de Dieu : fils dans le Fils. L’Apôtre écrit : « Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la Loi, afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale » (Ga 4, 5).

L’évangéliste Luc répète plusieurs fois que la Vierge méditait en silence sur ces événements extraordinaires auxquels Dieu lui avait fait prendre part. Nous l’avons également écouté dans le bref passage évangélique que la liturgie nous repropose aujourd’hui : « Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant dans son cœur » (Lc 2, 19). […]

Chers frères et sœurs, ce n’est qu’en conservant dans le cœur, c’est-à-dire en mettant ensemble et en trouvant une unité à tout ce que nous vivons, que nous pouvons entrer, à la suite de Marie, dans le mystère d’un Dieu qui par amour s’est fait homme et qui nous appelle à le suivre sur le chemin de l’amour; un amour à traduire chaque jour en un généreux service pour nos frères. Puisse la nouvelle année, que nous commençons aujourd’hui avec confiance, être un temps au cours duquel progresser dans cette connaissance du cœur, qui est la sagesse des saints. Prions pour que, comme nous l’avons entendu dans la première Lecture, le Seigneur « fasse rayonner son visage » sur nous, nous « soit propice » (cf. Nb 6, 24-27), et nous bénisse. Nous pouvons en être certains : si nous ne nous lassons pas de rechercher son visage, si nous ne cédons pas à la tentation du découragement et du doute, si malgré toutes les difficultés que nous rencontrons nous demeurons toujours ancrés à Lui, nous ferons l’expérience de la puissance de son amour et de sa miséricorde. Puisse le fragile Enfant que la Vierge montre aujourd’hui au monde, faire de nous des artisans de paix, ses témoins, témoins du Prince de la Paix. Amen ! 

Sainte MARIE, Mère de Dieu, priez pour nous qui avons recourt à vous !

AVE O THEOTOKOS

Avé ó Theotókos

1. Vossa aparição, Senhora / Toda vestida de luz
É revelação ao mundo / Do vosso Filho Jesus!

Ave, o Theotokos! Ave, o Mater Dei!
Ave, Ave Maria! Ave, Ave, Maria!

2. Aparecestes, Senhora, / Estrela do novo dia:
Sois de Cristo a mensageira, / Do seu amor profecia!

3. Vosso Filho Jesus Cristo, / Verbo de Deus incarnado,
Vem criar um mundo novo / Sem as manchas do pecado.

4. Nos tempos que hoje vivemos / De guerras e violência,
Vós nos pedis, ó Senhora, / Oração e penitência.

5. Pela boca das crianças / Deus fala a sua verdade,
À paz, amor e justiça / Convidando a humanidade.

6. Na solidão da montanha / Mais perto estamos de Deus
Para no meio dos homens / Lembrar os preceitos seus.

7. Ó Senhora aparecida / A três humildes pastores:
Fazei-nos Igreja santa, / Nós que somos pecadores.

8. Gloriosa Mãe da Igreja / Que desceis do céu à terra:
Semeai a paz de Cristo / Onde os homens fazem guerra.