Pour le Pape, c’est clair : la Vierge lui a sauvé la vie !
Le mercredi 13 mai 1981, alors que 25 000 personnes sont massées place Saint-Pierre pour l’audience hebdomadaire, deux coups de feu claquent. Il est 17h17 et Mehmet Ali Agça vient de tirer sur le pape Jean-Paul II, à trois mètres de distance. Le Pape s’effondre dans les bras de Stanislaw Dziwisz, son secrétaire. La papamobile accélère. Touché à l’abdomen, au coude droit et à l’index de la main gauche, le pape polonais perd conscience. Il murmure «Marie, ma mère!»
À l’hôpital Gemelli, les médecins sont très inquiets. Leur patient a perdu trois litres de sang, l’intestin est très gravement touché. Mais, finalement, il apparaît qu’aucun organe vital n’est atteint.
Tandis que le pape est opéré, sur la place Saint-Pierre des pèlerins polonais posent sur le grand fauteuil laissé vide par le Pape une image de la Vierge Noire de Czestochowa, chère à son cœur. À son dos, une main anonyme a écrit: «Notre Père, protège le Saint-Père du mal.»
Le lendemain, Mgr Dziwisz mentionne au saint Père une coïncidence: l’attentat d’Ali Agça s’est produit le jour anniversaire de la première apparition de Fatima, le 13 mai 1917.
Curieusement, ce pape polonais, voué à Marie depuis son enfance, habitué de Czestochowa, de Lourdes, de Guadalupe, de Lorette et de tant d’autres sanctuaires marials, ne s’était jamais vraiment intéressé à Fatima et à ses secrets. Mais ce 14 mai, une conviction le submerge. Qu’il soit encore en vie relève du miracle. Et qui d’autre que Marie pourrait en être l’auteur? Il demande à Mgr Dziwisz de lui constituer un dossier, qu’il lira avec passion les jours suivants.
Son ancien professeur Stefan Swiezawski racontera plus tard au journaliste Bernard Lecomte(1) ce petit déjeuner à Castel Gandolfo, durant sa convalescence, où Jean-PaulII lui saisit le bras, répétant avec conviction: «C’était le jour, l’heure et les minutes!»
Pour le pape, c’est clair: la Vierge lui a sauvé la vie. Dès l’Angélus du dimanche 7 octobre, il le confie aux pèlerins, place Saint-Pierre: «Comment pourrais-je oublier que l’événement a eu lieu le jour et à l’heure où, depuis plus de soixante ans, on commémore à Fatima, au Portugal, la première apparition de la Mère du Christ aux pauvres petits paysans? Car vraiment, ce jour-là, j’ai ressenti dans tout ce qui est arrivé cette extraordinaire protection maternelle qui s’est montrée plus forte que le projectile de mort.»
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Pour le Pape, il est hypocrite de parler de paix et d’armer la guerre
«Je suis préoccupé par le fait que les appels à la paix entrent par une oreille et sortent par l’autre», déclare le Souverain pontife dans cette interview enregistrée peu après la clôture du synode. Le Pape se dit préoccupé par la «tendance universelle à l’autodestruction par la guerre». Au sujet du Jubilé, il espère qu’il soit «un temps de pardon», non «associé au tourisme religieux».
Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican
C’est un Pape inquiet qui ressort de l’interview de plus de 45 minutes accordée à la chaîne catholique argentine Canal Orbe 21. Inquiet de la «tendance universelle à l’autodestruction par la guerre», de l’«hypocrisie» qui consiste à parler de paix tout en «armant» les conflits. Préoccupé par la mort violente de mères, d’enfants, de civils innocents ou de jeunes envoyés au front, par le manque de dialogue et l’affaiblissement des institutions.
Une hypocrisie fondamentale
«Je suis préoccupé par le fait que les nombreux appels à la paix lancés par les organisations internationales entrent par une oreille et sortent par l’autre. Il y a aussi une hypocrisie sous-jacente: nous parlons de paix, mais nous armons la guerre», dénonce François, rappelant que «l’un des plus grands retours sur investissement en Europe, ce sont les usines d’armement. Ainsi, nous organisons des conférences et des réunions pour la paix, mais nous continuons à produire des armes pour tuer».
Le Saint-Père constate «une tendance universelle à l’autodestruction par la guerre». En particulier dans les guerres en Ukraine et en Terre Sainte, dit-il, «il y a des actions criminelles» et, faisant référence à Gaza, il ajoute: «Quand vous êtes face à une mère avec ses deux enfants qui passe dans la rue parce qu’elle est allée chercher quelque chose chez elle et qu’elle revient à la paroisse où elle vit et qu’ils la mitraillent sans raison, ce n’est pas une guerre, avec les règles normales d’une guerre. C’est terrible».
Un négationnisme empoisonné
Avec la même vigueur, il pointe du doigt le négationnisme ou les discours de haine qui ne contribuent guère au dialogue: «Le négationnisme est toujours un poison», déclare-t-il dans l’interview, «le négationnisme est suicidaire. Seule la réalité vous aidera à trouver une issue aux conflits».
Pour l’Église, il est important de savoir s’excuser, tout comme il est fondamental de savoir écouter. C’est précisément pour développer la capacité d’écoute qu’a été convoqué le Synode sur la synodalité qui, rappelle François, «embrasse les problèmes de l’humanité et de l’Église d’aujourd’hui, et cherche à les résoudre sur la voie du dialogue». À cet égard, François rappelle la rencontre avec les femmes qui ont participé à l’assemblée: une centaine d’entre elles ont «exprimé leurs idées avec courage, ce qui n’était pas le cas il y a 40 ans».
L’Église marche avec «tout le monde, tout le monde»
Dans la même veine, François précise ce «tous, tous, tous» qu’il veut être la marque de l’Église et qui, admet-il, a suscité quelques «bavardages». «Ils m’interrogent souvent sur l’admission dans l’Église et je dis ce que Jésus a dit dans l’Évangile: tous, tous, tous. Et les pécheurs? Tous mais tous à l’intérieur. Que tous dialoguent, et peut-être que si quelqu’un s’est faufilé avec de mauvaises intentions, avec une mauvaise attitude, qu’il s’en aille», dit le Pape. Il ajoute: «Beaucoup disent que l’Église devrait condamner ceci ou cela. Oui, elle condamne la moralité des gens, mais elle les accueille pour les aider à marcher. Aucun de nous qui sommes dans l’Église n’est un saint, nous sommes tous pécheurs et l’Église nous aide à résoudre nos situations déficientes».
L’austérité «criminelle» dans l’éducation
Se tournant à nouveau vers les jeunes, le Pape François blâme les modèles économiques d’austérité dans l’éducation et la culture dans certains pays: «Faire de l’austérité dans l’éducation est un suicide programmé d’un pays. On ne peut pas faire de l’austérité dans le développement éducatif d’un pays, c’est un crime», souligne-t-il sans mâcher ses mots. «L’éducation est une nourriture», c’est pourquoi «dans les pays un peu dictatoriaux, qu’il s’agisse de dictatures déclarées ou de dictatures déguisées», elle est l’une des principales «victimes». «Soit on vous fait de l’idéologie pour vous changer la tête, soit, dans le cas libéral, on l’élague lentement, n’est-ce pas? Et seuls les enfants de riches peuvent avoir accès à l’enseignement supérieur», affirme François.
Les Ukrainiens ont allumé mille bougies pour marquer les mille jours de guerre contre la Russie. Kiev, 19 novembre 2024 (ANSA)
Pour le Pape, la guerre en Ukraine est «une catastrophe honteuse»
«Mille jours de souffrance, mille jours d’amour». Le Pape François est revenu lors de l’audience générale ce mercredi matin place Saint-Pierre sur la guerre en Ukraine. Dénonçant «une catastrophe honteuse pour toute l’humanité», il a renouvelé son appel à la paix et à demeurer aux côtés du «peuple ukrainien martyrisé». Il a lu aux fidèles la lettre d’un jeune Ukrainien l’implorant de parler de sa foi et de son amour qui donnent un sens à ses blessures.
Xavier Sartre – Cité du Vatican
Après sa lettre au nonce apostolique à Kiev, dans laquelle il écrivait vouloir étreindre tous les Ukrainiens où qu’ils soient, le Pape François a évoqué longuement cette guerre à l’occasion des mille jours de «l’invasion de l’Ukraine», «un anniversaire tragique pour les victimes et pour les destructions causées». Le Saint-Père l’a décrite comme «une catastrophe honteuse pour l’humanité entière» «qui ne doit pas nous dissuader de demeurer aux côtés du peuple ukrainien martyrisé, d’implorer la paix et d’œuvrer pour que les armes cèdent la place au dialogue et l’affrontement à la rencontre».
Le Souverain pontife a ensuite lu la lettre reçue deux jours auparavant d’un étudiant ukrainien qui le prie, à l’occasion de ce «millième jour de cette terrible guerre», de ne pas parler seulement des souffrances des Ukrainiens, mais d’être le témoin de leur foi. «Même imparfaite, écrit ce jeune, sa valeur ne diminue pas, elle peint avec des traits douloureux le tableau du Christ Ressuscité».
De droite à gauche, les épouses des présidents d’Ukraine Olena Zelenska, de Serbie, Tamara Vicic, et de Lituanie, Diana Nausedienne
«Ces jours derniers, poursuit la lettre, il y a eu trop de morts dans ma vie. Vivre dans une ville où un missile tue et blesse des dizaines de civils, être témoin de tant larmes est difficile. J’aurais voulu fuir, j’aurais voulu redevenir un enfant étreint par sa maman, j’aurais voulu honnêtement être silencieux et plein d’amour mais je remercie Dieu parce qu’à travers cette douleur, j’apprends à aimer davantage.»
La douleur, signe d’amour
Le Pape a poursuivi sa lecture: «La douleur n’est pas seulement un chemin vers la colère et le désespoir; si elle se fonde sur la foi, c’est un bon maître d’amour». «Mon père, interpelle l’étudiant, si la douleur qui fait mal signifie que tu aimes, alors quand vous parlerez de notre douleur, quand vous rappellerez ces mille jours de souffrance, souvenez-vous aussi les mille jours d’amour parce que c’est seulement l’amour, la foi et l’espérance qui donnent un vrai sens aux blessures».
Les fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre ont accueilli par un profond silence ces mots venus directement d’Ukraine, touchés par cette lecture faite en présence d’Olena Zelenska, l’épouse du président ukrainien, qui a été reçue auparavant par le Pape, avant de rendre visite dans la journée à l’hôpital pédiatrique du Bambino Gesù, à Rome.
Pour le Pape, la Vierge est «facilitatrice» dans nos conflits
À l’occasion des 800 ans de la fondation de la confraternité de Notre-Dame de Montserrat, le Pape François a reçu ce samedi matin au Vatican les fidèles participant à un pèlerinage à Rome. Ce fut l’occasion pour le Saint-Père de livrer quelques réflexions sur la figure de la Vierge, Mère de Dieu et Reine de toute la création.
Vatican News
La confraternité de Montserrat, qui réunit tous les croyants qui ont comme référence le sanctuaire de Montserrat, en Catalogne, célèbre ses 800 ans, l’occasion d’organiser un pèlerinage à Rome, sur la tombe de l’apôtre Pierre. Guidé par le cardinal Juan José Omella, l’archevêque de Barcelone, les pèlerins ont rencontré le Saint-Père ce samedi matin au Vatican. En la mémoire de Notre-Dame du Rosaire, le Pape s’est félicité de cette visite. «Célébrer Marie est célébrer la proximité et la tendresse de Dieu qui est avec son peuple, qui ne nous laisse pas tout seul, qui nous a donné une Mère qui prend soin de nous et nous accompagne» a-t-il déclaré.
«La Vierge de Montserrat» a une double vocation: «Mère de Dieu» et «Reine et Souveraine de la création», a souligné François, ce qui aide à comprendre le thème du pèlerinage, «Piété populaire, amitié sociale et fraternité universelle». «La dévotion mariale est très significative dans les manifestations de piété du saint peuple fidèle de Dieu» a-t-il reconnu, évoquant les nombreuses prières adressées à la «Moreneta» depuis plus de 800 ans.
Piété populaire
«La force évangélisatrice de la piété populaire crée les conditions favorables afin que les liens d’amitié et de fraternité entre les peuples grandissent et se renforcent», a estimé le Saint-Père. Et dans cette perspective, «la dévotion mariale a une place privilégiée», puisque Marie est une avocate, une «facilitatrice», «une ffacilitatrice dans les conflits et dans les problèmes». «Elle nous aide à dénouer les nœuds qui peuvent se créer en nous et entre nous», a poursuivi le Pape. En fait, «Marie aplanit le chemin de l’amitié entre les peuples, nous invitant à tourner notre regard vers l’origine et le but de notre existence: Jésus Christ, et nous encourage à suivre son exemple, parcourant les sentiers de la paix, de la gentillesse, de l’écoute et du dialogue patient et confiant».
«La Vierge de Montserrat nous invite à vivre cette fraternité universelle, sans frontière, sans exclusion, qui dissipe les ombres d’un environnement fermé» a affirmé François aux pèlerins, ajoutant qu’elle «veut accoucher d’un monde nouveau, où nous sommes tous frères, où il y a une place pour chaque personne rejetée par notre société, où la justice et la paix resplendissent».
Pour le Pape, il faut dépasser la culture du jetable
Le Pape François a reçu ce jeudi matin au Vatican la délégation des chefs religieux du Grand Manchester, engagés dans la défense de l’environnement. À l’avant-veille de la Journée de la Terre, le Saint-Père a salué leur travail en faveur d’une conversion écologique plus que jamais nécessaire.
L’engagement pour «accroitre la conscience de l’urgente nécessité de protéger l’environnement et de travailler concrètement à affronter les effets du changement climatique» du groupe des chefs religieux du Grand Manchester, au Royaume-Uni, est d’autant plus louable qu’il vient d’une ville «étroitement liée à la révolution industrielle». Le Pape François salue ainsi ce jeudi 20 avril la visite de cette délégation interreligieuse britannique qui témoigne par ses actions sur le terrain «de la dimension intrinsèquement morale et religieuse de notre devoir de protéger l’environnement, comme don de Dieu que nous devons administrer de manière responsable».
Former les esprits et les coeurs
Guidés chacun par la sagesse de leurs traditions, les membres de ce groupe contribuent à «une conversion écologique nécessaire fondée sur les valeurs du respect pour la nature, de la sobriété, de la solidarité humaine et de la préoccupation pour le futur de la société» apprécie François. Ces hommes et ces femmes de foi s’engagent ainsi «à former les esprits et les cœurs des jeunes et à satisfaire leur exigence d’un changement de route et de politiques de long terme, qui aient pour objectif le développement humain durable et intégral».
Ce témoignage, assure le Pape, est d’autant plus significatif qu’il devient de plus en plus évident que «notre engagement actuel pour la sauvegarde de la création, don de Dieu, doit s’insérer dans un effort plus grand pour promouvoir l’écologie intégrale qui respecte la dignité et la valeur de chaque personne humaine et reconnaisse les conséquences tragiques de la dégradation de l’environnement sur la vie des pauvres». Il faut reconnaître, insiste François, que «la crise environnementale et la crise sociale de notre temps ne sont pas deux crises séparées mais une unique crise» qui nécessite «la création de modèles économiques nouveaux et de long terme»dépassant «la culture du jetable et du déchet générée par le consumérisme et par une indifférence globalisée qui inhibe les efforts pour affronter ces problèmes humains et sociaux dans la perspective du bien commun».
Pour le Pape, la prière peut changer le sort du monde
Dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, le Pape a présidé le chapelet pour la paix, en conclusion du mois marial, en liaison par streaming avec les sanctuaires de différents pays et devant une large représentation de fidèles ukrainiens. L’invocation à la Vierge: réconcilier les cœurs remplis de violence et de vengeance, redresser les pensées aveuglées par le désir d’un enrichissement facile.
Tiziana Campisi – Cité du Vatican
«Ce soir, à la fin du mois qui t’est particulièrement consacré, nous voici de nouveau devant Toi, Reine de la Paix, pour Te supplier: accorde-nous le grand don de la paix, et fais que nous mettions rapidement fin à la guerre qui fait rage depuis des décennies dans diverses parties du monde, et qui a maintenant aussi envahi le continent européen». C’est par cette prière que François a ouvert ce « Rosaire pour la paix » à Sainte-Marie-Majeure. Le jour de la fête liturgique de la Visitation de Marie, des fidèles, des familles et des communautés sont réunis dans la basilique vaticane à l’invitation du Souverain Pontife lui-même qui, lors du Regina Coeli de dimanche dernier, a demandé une invocation chorale pour la paix.Le Pape veut donner un signe d’espoir pour le monde, qui souffre du conflit en Ukraine et qui est profondément blessé par la violence des nombreux théâtres de guerre encore actifs, conscient «que la paix ne peut être le résultat de négociations ni la conséquence des seuls accords politiques, mais qu’elle est avant tout un don pascal de l’Esprit Saint».
La prière, le jeûne et l’aumône pour changer le cœur des hommes
Le Pape a pris la parole après avoir déposé un petit bouquet de roses et d’orchidées au pied de l’ancien simulacre de la Vierge voulu en 1918 par Benoît XV pour demander la fin de la Première Guerre mondiale. Là où il est de tradition que les fidèles déposent de petites notes manuscrites avec leurs intentions de prière, François a lu la sienne. Il rappelle les demandes adressées à la Vierge pendant la pandémie «pour soutenir les malades et donner de la force au personnel médical» et implorant «miséricorde pour les mourants et sécher les larmes de ceux qui souffraient en silence et dans la solitude». Le Souverain Pontife a également mentionné la consécration des Nations en guerre au Cœur Immaculé de Marie le 25 mars et la supplication du «grand don de la conversion des cœurs».
«Nous sommes certains qu’avec les armes de la prière, du jeûne, de l’aumône et du don de ta grâce, on peut changer le cœur des hommes et la fortune du monde entier. Aujourd’hui, nous élevons nos cœurs vers Toi, Reine de la Paix : intercède pour nous auprès de Ton Fils, réconcilie les cœurs remplis de violence et de vengeance, redresse les pensées aveuglées par le désir d’enrichissement facile, fais régner Ta paix sur toute la terre».
Des sanctuaires mariaux en communion avec le Pape
Avec le Pontife, devant la statue de Marie Reine de la Paix dans la nef gauche de la basilique, sont réunis en silence, en tant que représentants du peuple de Dieu, les garçons et les filles qui ont reçu leur première communion et leur confirmation ces dernières semaines, les scouts, les familles de la communauté ukrainienne de Rome, les délégations de la Jeunesse ardente mariale (GAM), les membres du Corps de gendarmerie du Vatican et de la Garde suisse pontificale, les trois paroisses de Rome portant le nom de la Vierge Marie Reine de la Paix, et quelques membres de la Curie romaine. Et sont reliés par streaming, pour donner vie à une prière collective des cinq continents, le sanctuaire de la Mère de Dieu de Zarvanytsia en Ukraine, la cathédrale de Notre-Dame du Salut en Irak, la cathédrale de Notre-Dame de la Paix en Syrie, la cathédrale de Marie Reine d’Arabie au Bahreïn et les sanctuaires internationaux Notre-Dame de la Paix et du Bon Voyage, Jésus Sauveur et Mère Marie, Notre-Dame de Knock, de Jasna Góra, des Martyrs de Corée, de la Sainte Maison de Lorette ; de la Sainte Vierge du Saint Rosaire, de Notre Dame Reine de la Paix, de Notre Dame de Guadalupe et de Notre Dame de Lourdes.
En souvenir des personnes touchées par le chagrin
La récitation du Rosaire, médité avec les mystères douloureux, est précédée de la remise à Dieu, par la Reine de la Paix, de toute l’humanité «durement éprouvée par les guerres et les conflits armés». Marie, qui a visité Elisabeth, est évoquée comme «une femme missionnaire, en portant et partageant la joie de l’annonce et une femme de charité, en se mettant au service des plus fragiles». Parmi les personnes récitant les dizaines de «Je vous salue Marie», se trouvait une famille ukrainienne, représentant toutes les familles qui vivent la violence et les abus de la guerre, mais également des aumôniers militaires symbolisant ceux qui apportent espoir et réconfort aux populations sinistrées. Figuraient également un volontaire et une bénévole, pour ceux qui continuent à accomplir leur précieux service en faveur des autres, même dans des situations de grand danger et de précarité ; une famille syrienne et une famille vénézuélienne, pour ceux qui souffrent injustement des conflits ; quelques réfugiés, pour les personnes qui ont dû quitter leur foyer et qui, accueillies par d’autres pays, tentent de reconstruire leur vie.
Les mystères du Rosaire
Dans le premier mystère – Jésus au Jardin des Oliviers -, du cœur de Rome, la prière s’est élevée «pour les victimes de la guerre, en particulier pour les personnes les plus vulnérables: enfants, personnes âgées, malades», et encore «pour les familles déchirées ; pour les pères et les mères qui attendent le retour de leurs enfants, et pour les enfants qui attendent le retour de leurs pères et de leurs mères des champs de bataille, afin que personne ne souffre injustement». Le deuxième mystère – Jésus est flagellé par des soldats – est dédié aux prêtres, aux personnes consacrées parmi les populations frappées par la guerre, «afin qu’ils soient toujours des instruments de miséricorde». La prière «pour le personnel médical et les bénévoles qui apportent quotidiennement l’aide humanitaire aux plus démunis, afin qu’ils soient toujours plus convaincus et nombreux», et «pour les familles et toutes les personnes qui, le cœur ouvert, ont accueilli des réfugiés chez elles, afin qu’elles ne se lassent jamais d’exprimer leur générosité et leur solidarité» est confiée au troisième mystère, Jésus couronné d’épines. Le quatrième mystère – Jésus porte la croix – vise à rappeler «les torturés et les mourants, surtout ceux qui meurent dans la solitude, afin qu’ils restent ancrés dans la foi», et encore «les violés et les disparus», leurs familles et amis «afin qu’ils ne perdent pas espoir». Enfin, dans le cinquième mystère – Jésus est crucifié et meurt sur la croix – l’invitation est de prier pour que «par la mort rédemptrice de Jésus-Christ, qui a réconcilié le monde avec le Père, les guerres cessent et qu’une paix durable règne dans toutes les nations».
Pour le Pape, le monde a besoin de respirer la paix
François a envoyé un message vidéo au Conseil national catholique pour le ministère hispanique aux États-Unis, réuni en congrès. Les chrétiens doivent construire des ponts et surmonter les schémas de guerre qui prévalent dans le monde.
Michele Raviart – Cité du Vatican
«En ce temps absurde où, sans être encore sortis d’une pandémie qui a affecté toute l’humanité avec tant de souffrance et de tristesse, nous nous trouvons au milieu de la souffrance et de la tragédie d’une guerre», nous devons nous rappeler que «toute guerre naît de l’injustice, toute guerre, y compris celles qui sont parfois faites dans nos familles et nos communautés, qui sont combattues ou faites en silence, celles-ci aussi naissent de l’injustice.» C’est ce qu’a rappelé le Pape François dans un message vidéo de salutation aux participants du Conseil national catholique pour le ministère hispanique des États-Unis, réunis à Washington pour le sixième congrès national « Roots and Wings » (Racines et aigles), qui a pour thème « Les voic prophétiques – être des ponts pour une nouvelle ère ».
Les chrétiens bâtisseurs de paix
Un beau thème, qui peut sembler «somptueux», mais qui rappelle combien les chrétiens doivent donner l’exemple par des signes concrets de paix. L’invitation du Pape est de réfléchir «à la nécessité d’être des chrétiens qui transforment les structures et peuvent construire des ponts dans tous les secteurs de la société, en éclairant la pensée, afin qu’elle puisse conduire à des actions qui peuvent donner la paix et l’unité à tous les niveaux, en commençant par nos familles et nos communautés».
La fraternité appartient à tout le monde
«Le monde a besoin de paix, respirer la paix est sain», souligne encore le Pape, et pour cette raison «il est triste de voir que l’humanité est incapable d’être capable de penser avec des schémas et des projets de paix». «Nous pensons tous avec des schémas de guerre», dans une sorte de «caïnisme existentiel». «La fraternité de tous appartient à tous»et ne peut se réaliser avec ces dispositifs qui transforment «la vie des familles, des communautés, des peuples, des nations et du monde».