Le Noël du Pape au fil de ses souvenirs

Le Pape François devant la crèche de la Maison Sainte Marthe (2019)Le Pape François devant la crèche de la Maison Sainte Marthe (2019) (© Vatican Media)

Le Noël du Pape au fil de ses souvenirs

«Je souhaite qu’il réchauffe les cœurs de ceux qui souffrent, qu’il ouvre et renforce les nôtres afin qu’ils brûlent du désir d’aider davantage ceux qui sont dans le besoin». François a donné un entretien aux journaux La Repubblica et La Stampa dans lequel il revient sur son enfance à Buenos Aires, les traditions familiales ou encore ses lectures préférées. 

Adriana Masotti – Cité du Vatican

Le Pape François a répondu aux questions de la Repubblica et de La Stampa à la Maison Sainte-Marthe, à l’approche des fêtes. Le sens de Noël aujourd’hui et le Noël de son enfance à Buenos Aires, ses lectures et sports préférés, les enfants pauvres, malades et maltraités, l’avenir de l’humanité : c’est de tout cela et de bien d’autres choses que François parle dans la conversation avec les journalistes Paolo Rodari et Domenico Agasso.

Noël en famille avec des cappelletti

À propos de ses souvenirs de Noël en Argentine, François raconte que sa famille avait l’habitude de le célébrer le matin du 25 décembre, toujours chez ses grands-parents. Une fois, dit-il, «nous sommes arrivés et sa grand-mère faisait encore des cappelletti, (des pâtes farcies, ndlr) elle les faisait à la main. Elle en avait fait 400 ! Nous avons été stupéfaits ! Toute notre famille était là : les oncles et les cousins sont venus aussi». Aujourd’hui, pour le Pape, Noël «est toujours une surprise. C’est le Seigneur qui vient nous visiter», une surprise à laquelle il se prépare en s’apprêtant à «rencontrer Dieu». Il déclare qu’il aimait les chants de Noël tels que « Silent Night » ou « You come down from the stars » qui «transmettent la paix, l’espérance, créent une atmosphère de joie pour le Fils de Dieu qui est né sur terre comme nous, pour nous».

Ses pensées pour les pauvres et les enfants hospitalisés.

À Noël, ses pensées vont aux pauvres, qui sont comme Jésus nés pauvres, ainsi « qu’à tous les oubliés, les abandonnés, les derniers, et en particulier les enfants maltraités et réduits en esclavage ». «Cela me fait pleurer et me met en colère, dit-il, d’entendre les histoires d’adultes et d’enfants vulnérables qui sont exploités». 

Les enfants qui passeront Noël à l’hôpital trouvent également une place dans son cœur. Face à leur souffrance, il n’y a pas de mots, «nous ne pouvons que nous accrocher à la foi», tandis qu’aux parents des enfants en bonne santé, le Pape recommande de ne pas oublier «la chance qu’ils ont» et de se consacrer davantage à eux. 

Dans cet entretien, le Pape François dit également admirer le travail du personnel médical et sanitaire dans les hôpitaux. «Souvent, dit-il, nous ne nous rendons pas compte de la grandeur du travail quotidien de ces médecins, infirmières et travailleurs de la santé, alors que nous devrions tous être reconnaissants envers chacun d’entre eux».

Jouer au football en tant que gardien de but, ses livres préférés

Une des questions posées au Pape est de raconter comment il fêtait son anniversaire lorsqu’il était enfant, lui qui vient d’avoir 85 ans. «C’était une fête pour toute la famille», répond François. «Ma mère faisait du chocolat à boire, très épais». En ce qui concerne les jeux de son enfance, le Pape évoque le football qu’il pratiquait dans un square près de sa maison avec tous les garçons du quartier. Le ballon était souvent fait de chiffons, la « pelota de trapo », et est devenue un symbole culturel en Argentine à cette époque. Mais de lui-même, François explique qu’il n’était pas très bon. «J’étais donc dans les buts, où je me suis débrouillé. Être gardien de but a été une grande école de la vie pour moi. Le gardien de but doit être prêt à répondre aux dangers qui peuvent venir de tous les côtés…». 

Le jeune Jorge Mario Bergoglio jouait également au basket, et la famille tenait la lecture en haute estime. Son père en particulier, était un lecteur passionné. Le Pape mentionne certains des livres qui l’ont aidé à se former et à grandir, comme « Cuore » d’Edmondo De Amicis, les romans de Jorge Luis Borges et de Fiodor Dostoïevski , et les poèmes de Friedrich Hölderlin. Il a également lu « Les fiancés », puis la « Divine Comédie », dont son père récitait des passages par cœur. « C’est de lui que j’ai entendu pour la première fois ces versets : « Vierge Mère, fille de ton Fils, humble et élevée plus qu’aucune créature, terme fixe d’un éternel conseil [1], tu es celle qui tant a ennobli l’humaine nature, que son auteur ne dédaigna point de s’en revêtir.  » Et puis le troisième chant de l’enfer : « Abandonnez tout espoir, vous qui entrez ici« . Maman racontait à ses enfants les opéras à la radio et les emmenait même au théâtre». La lecture, dit François, « est un dialogue avec le livre lui-même, c’est un moment d’intimité que ni la télévision ni les tablettes ne peuvent donner ».

Quelques moments de nostalgie, mais pas de mélancolie

La conversation se poursuit par une question qui nous ramène au Pape François aujourd’hui : y a-t-il en lui un peu de nostalgie de la jeunesse ? Parfois, le Pape admet qu’il faut se souvenir des bonnes choses. Comme lorsqu’il a eu 16 ans, comme c’était la tradition en Argentine, et qu’il a porté son premier pantalon long, pour homme – et c’était comme une entrée dans la société – et l’émotion de sa grand-mère maternelle Maria de le voir ainsi. Grand-mère Rosa, «était plus réservée, elle parlait peu mais comprenait tout. Je suis nostalgique des moments que j’ai vécus avec eux et mes grands-parents, dit-il, mais la mélancolie ne m’atteint pas, ajoutant : Peut-être en raison de mon parcours personnel, je ne me le permets pas. Et peut-être parce que j’ai hérité du caractère de ma mère, qui regardait toujours vers l’avenir». Les personnes qui lui manquent le plus sont ses trois frères, mais il pense à eux avec sérénité, les imaginant «en paix». 

Une journée qui commence à quatre heures du matin

Interrogé sur son état de santé actuel après l’opération subie à l’hôpital Gemelli, le Pape répond qu’il se porte bien et qu’il a pu effectuer plusieurs voyages. «Je ferai d’autres voyages, si le Seigneur le veut, en 2022». Il décrit sa journée, dont le rythme n’a pas changé : «Je me lève toujours à 4 heures du matin et je commence immédiatement à prier. Puis je poursuis mes engagements et mes divers rendez-vous. Je ne m’autorise qu’une courte sieste après le déjeuner»

Notre avenir dépend de la solidarité à tous les niveaux 

L’interview se termine par la vision du Pape sur l’avenir de l’humanité affectée par la pandémie, les conflits et les divisions. L’avenir dépendra, dit-il, « de s’il est construit ou reconstruit ensemble », car nous ne serons sauvés que si nous vivons la fraternité universelle. Il poursuit : «Cela signifie toutefois que la communauté internationale, l’Église, à commencer par le Pape, les institutions, ceux qui ont des responsabilités politiques et sociales, mais aussi chaque citoyen, en particulier dans les pays les plus riches, ne peuvent et ne doivent pas oublier les régions et les personnes les plus faibles, les plus fragiles et sans défense, victimes de l’indifférence et de l’égoïsme»

A cela s’ajoute sa prière, dit le Pape François, «je prie pour que ce Noël, Dieu transmette sur la Terre plus de générosité et de solidarité», en actes. «J’espère, conclut-il, que Noël réchauffe le cœur de ceux qui souffrent, et ouvre et renforce le nôtre pour qu’il brûle du désir d’aider davantage ceux qui en ont besoin».

Source: VATICANNEWS, le 24 décembre 2021

Temps de réflexion pour le début du synode

Ce samedi, à la veille de l’ouverture de la phase diocésaine du Synode sur la synodalité, une matinée de réflexion est proposée avec des laïcs, des délégués des conférences épiscopales, des membres de la Curie romaine. Cet événement a lieu depuis la Nouvelle salle du Synode. Le pape François sera présent pour la première partie des travaux en session plénière.

Le Pape déclarera prochainement saint Irénée de Lyon « docteur de l’unité »

Le Pape François prononce son discours aux membres du groupe de travail Saint-Irénée, le 7 octobre 2021Le Pape François prononce son discours aux membres du groupe de travail Saint-Irénée, le 7 octobre 2021 (Vatican Media)

Le Pape déclarera prochainement saint Irénée de Lyon « docteur de l’unité »

Le Groupe mixte de travail orthodoxe-catholique Saint-Irénée a été reçu en audience ce jeudi matin par le Pape François. Après avoir souligné l’importance de leur mission, le Successeur de Pierre a souhaité que le dialogue œcuménique soit aussi inclus dans le futur processus synodal, en particulier concernant le thème de la primauté. Il a aussi annoncé le doctorat prochain de saint Irénée, père de l’Église, 2e évêque de Lyon, mort martyr en 202. 

 Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

«Rechercher ensemble les moyens par lesquels les différentes traditions peuvent s’enrichir mutuellement sans perdre leur identité», telle est la mission que s’est fixée le groupe Saint-Irénée depuis sa fondation en 2004, à l’initiative de l’évêque de Magdebourg et de l’Institut Johann-Adam-Moehler de Paderborn. Le Pape François s’est dit aujourd’hui «reconnaissant» pour le travail théologique accompli par ce groupe au service de la communion entre catholiques et orthodoxes.

Dans le sillage de saint Irénée, homme de paix

«Il est bon de cultiver une unité enrichie par les différences, qui ne cède pas à la tentation d’une uniformité normalisatrice»,a-t-il expliqué. Les théologiens membres du groupe – treize catholiques et treize orthodoxes, provenant d’Europe, du Moyen-Orient et des Amériques – cherchent à cet égard à comprendre comment les aspects contrastés présents dans leurs différentes traditions, «plutôt que d’alimenter des oppositions, peuvent devenir des occasions légitimes d’exprimer la foi apostolique commune».

Le Saint-Père est aussi revenu sur le saint patron du groupe de travail, Irénée de Lyon, «un grand pont spirituel et théologique entre les chrétiens d’Orient et d’Occident», et dont le nom «porte l’empreinte du mot paix». Cette paix est celle de Jésus, «qui réconcilie, qui rétablit l’unité». «Chers amis, avec l’aide de Dieu, travaillez vous aussi à abattre les murs de séparation et à construire des ponts de communion», a encouragé le Souverain Pontife, après avoir annoncé de manière inattendue qu’il déclarerait «volontiers prochainement Docteur de l’Église avec le titre de doctor unitatis», docteur de l’unité de l’Église, saint Irénée de Lyon. Irénée fut le deuxième évêque de Lyon, entre 177 et 202. Il est l’un des Pères de l’Église et le premier occidental à réaliser une œuvre de théologien systématique. Défenseur de la gnose, il s’est illustré par sa dénonciation du gnosticisme. Il est mort martyr, victime d’un édit de Septime Sévère. 

Pas de primauté sans synodalité

Le groupe Saint-Irénée, qui se réunira ces jours-ci à l’institut d’études œcuméniques de l’université Angelicum, a récemment publié une étude intitulée “Servir la communion. Repenser la relation entre primauté et synodalité”. Comme l’a précisé le Pape, «la primauté et la synodalité dans l’Église ne sont pas deux principes concurrents à maintenir en équilibre, mais deux réalités qui se constituent et se soutiennent mutuellement au service de la communion». «De même que la primauté présuppose l’exercice de la synodalité, la synodalité inclut l’exercice de la primauté»,a-t-il poursuivi. Par ailleurs, la synodalité dans l’Église catholique articule trois dimensions: «tous» (par l’exercice du sensum fidei de tous les fidèles), «certains»(par l’exercice du ministère des évêques, chacun avec son presbyterium), et «un»(ministère d’unité de l’évêque et du Pape).

Étant donné cette imbrication, «une approche fructueuse de la primauté dans les dialogues théologiques et œcuméniques ne peut que s’appuyer sur une réflexion sur la synodalité: une autre voie ne convient pas». «Dans une Église synodale, même l’exercice de la primauté pétrinienne pourra recevoir une plus grande lumière», a estimé le Pape. À quelques jours du processus synodal qui sera inauguré dans tous les diocèses catholiques, François a donc souhaité que «cet aspect important» soit aussi approfondi avec d’autres chrétiens.

La rencontre entre le Saint-Père et le groupe de travail Saint-Irénée s’est conclu par une prière du Notre Père, chacun dans sa propre langue.

Source: VATICANNEWS, le 6 octobre 2021

Analyse : Qu’est-ce qui se cache derrière les rumeurs de démission du pape François ?

Pope Francis at the general audience on Aug. 18, 2021.

Pape François à l’audience générale du 18 août 2021 / Vatican Media

Malgré les rumeurs persistantes, il n’y a aucune confirmation que le pape François est en train de rédiger un document définissant le rôle et les tâches d’un pape émérite. Rien n’indique non plus que le pape François pourrait bientôt renoncer au ministère pétrinien, comme Benoît XVI l’a fait avant lui.

Pourtant, certaines sources au Vatican continuent de croire que ces scénarios sont possibles, d’autant plus qu’ils semblent entrelacés : Les rumeurs sur la démission du pape François sont nées des rumeurs sur un éventuel document sur le statut du pape émérite, qui suscite également une discussion sur un éventuel conclave.

Si un document sur le rôle et les fonctions du pape émérite est à l’étude, c’est un secret bien gardé. Selon une source vaticane fiable, une telle entreprise ne peut être exclue, car il est possible que le pape rédige personnellement le document et qu’il ne le soumette aux bureaux responsables de la publication qu’une fois le projet achevé.

Les pressions pour mieux définir le statut d’un Pape émérite ont commencé il y a quelque temps. À un moment donné, le théologien Andrea Grillo est même allé jusqu’à demander l’établissement d’une « mort institutionnelle » pour un Pape émérite, déplorant les déclarations continues de Benoît XVI, qui, selon lui, étaient des « interférences ».

La nécessité de mieux réglementer la figure d’un pape émérite est venue de cercles qui se considéraient comme des partisans du pape François et qui craignaient que la déclaration publique de Benoît XVI ne crée une confusion autour de l’autorité de François. Ce groupe s’est montré particulièrement critique lorsque l’archevêque Georg Gaenswein, secrétaire particulier de Benoît XVI, a qualifié la situation actuelle d' »exceptionnelle », en raison de ce qu’il a décrit comme un « pontificat actif » et un pontificat « contemplatif ».

Benoît XVI a décidé de ne pas légiférer sur ce que serait son rôle après sa démission. Mais il a décidé de continuer à porter la soutane blanche et de prendre le titre de « pape émérite ». Cette décision diffère de l’idée traditionnelle selon laquelle un pape redevient cardinal lorsqu’il renonce au pontificat. C’est ce que pensait Pie XII, qui avait laissé une lettre de démission si les nazis mettaient à exécution le projet de l’enlever. « Quand ils arriveront, ils prendront le cardinal Pacelli, et non le pape Pie XII », aurait-il dit.

Selon le théologien italien Giovanni Cavalcoli, Benoît XVI a continué à porter du blanc parce qu’il considérait la papauté comme une seconde ordination épiscopale. Les évêques émérites, en fin de compte, conservent leurs emblèmes et leurs titres. Il en va de même pour le pape émérite, selon cette interprétation.

De cette manière, Benoît XVI s’est également assuré de ne pas influencer le conclave qui aurait choisi un successeur. Un cardinal, fût-il un ancien pape, pourrait participer aux réunions pré-conclave des cardinaux et, par conséquent, orienter le choix d’un successeur. Benoît XVI n’a jamais fait cela.

Ce que fera le Pape François reste un mystère. Jusqu’à présent, le pape François n’a jamais voulu définir la figure du pape émérite d’un point de vue juridique. Cependant, il avait entretenu une relation cordiale avec Benoît XVI et a toujours consenti lorsque le pape émérite lui demandait la possibilité de s’exprimer. Lors d’une de ses premières interviews avec lui en 2014, il avait déclaré que « le pape émérite n’est pas un statut et participe à la vie de l’Église. »

Pourquoi, alors, l’idée d’institutionnaliser la figure du pape émérite surgit-elle maintenant ?

Il semble y avoir plusieurs raisons. La première concerne la santé du Pape François. Après son opération du 4 juillet, le pape est apparu vigoureux et assez actif lors des audiences générales et de l’Angélus d’août. En outre, il prépare un voyage assez éprouvant à Budapest et en Slovaquie. Malgré tout, les rumeurs selon lesquelles le pape serait atteint d’une maladie « dégénérative » et « chronique » (selon les termes du site habituellement bien informé Il Sismografo) ont accéléré les discussions sur la nature du prochain conclave.

La pression pour une réforme des règles du conclave est partie d’auteurs pro-François. D’abord, Alberto Melloni et ensuite Massimo Faggioli ont plaidé en faveur d’un conclave avec un isolement prolongé des cardinaux, dès les réunions pré-conclave, qui se déroulent de manière semi-publique pendant une semaine avant les procédures secrètes à la Chapelle Sixtine. Tous deux ont également plaidé en faveur d’une période de temps entre le prononcé de l’élu et son acceptation, afin que le pape élu puisse être examiné à la loupe pour détecter les « squelettes dans le placard » qui pourraient nuire à son pontificat.

Ensuite, il y a une discussion juridique en cours concernant ce que certains experts considèrent comme des lacunes critiques. Le professeur italien de droit canonique de l’université de Bologne, Geraldina Boni, a rédigé une étude sur ce sujet.

Dans son étude, qui a été discutée dans les cercles du Vatican, Mme Boni présente « les raisons de la nécessité et de l’urgence d’une intervention du législateur suprême de l’Église (le pape) afin de combler deux lacunes juridiques : « la réglementation du Siège apostolique lorsque le pape ne peut pas exercer, temporairement ou définitivement, sa charge en raison d’un « empêchement irréversible », et la réglementation du « statut juridique d’un pontife romain qui a démissionné de sa charge. »

En bref : que faire lorsqu’un pape est atteint d’une maladie qui affecte son intelligence et sa volonté ? Et quel est le statut du Pape émérite ?

Les conversations croissantes sur l’essai de Boni ont conduit à des rumeurs de démission du pape François. La logique est la suivante : Si nous avons commencé à discuter du statut du Pape émérite, alors cela signifie que le Pape veut démissionner.

Le fait est qu’il n’y a jamais eu de signes indiquant que le pape François veut abandonner. François a déclaré à Nelson Castro, dans une interview publiée dans le livre « La Salud de los Papas » (« La santé des papes »), qu’il se voyait mourir « en tant que pape, ou en fonction ou émérite. »

Selon un prêtre argentin qui connaît le pape François depuis l’époque où il était à Buenos Aires, « il n’y a qu’une seule raison pour laquelle le pape François démissionnerait : pour pouvoir influencer le processus de choix de son successeur. »

C’est une lecture un peu dure de la personnalité du pape François. Toutefois, si les nouvelles règles supposées établissent que le pape émérite se situe dans le rang des cardinaux, sa présence dans les congrégations générales pré-conclave pourrait certainement influencer le choix de ses collègues cardinaux.

Quelle est la part de ragots dans tout cela et quelle est la part de vérité ? Tout d’abord, il est vrai que la santé du pape a subi un coup dur et que le pape François lui-même a commencé à accélérer certaines décisions au cas où quelque chose se produirait.

Des sources vaticanes ont déclaré à CNA qu’elles s’attendaient désormais à une clôture très rapide du processus apparemment sans fin de la réforme de la Curie, qui pourrait intervenir entre fin septembre et début octobre ; un nouveau consistoire pour la création de 5 ou 6 nouveaux cardinaux au début du mois d’octobre ; puis une « série de décisions aux tons durs », similaires à la publication de Traditionis Custodes.

Selon une source, « personne ne s’attend à ce que le pape meure ou démissionne de sitôt. Mais tout le monde se prépare à ne pas être pris par surprise lorsque cela se produira. »

Source: Catholic New Agency (CNA), le 30 août 2021

Le Pape encourage les religieux à relever le défi de l’inculturation

Le Pape encourage les religieux à relever le défi de l’inculturation

Le Pape a adressé un message vidéo pour le Congrès de la vie religieuse en Amérique latine et aux Caraïbes, organisé en ligne du 13 au 15 août. Il revient dans son intervention sur des thèmes qui lui sont chers, notamment l’inculturation et le sens de l’humour dans la vie communuautaire.

Cette réunion a pour thème « Vers une vie religieuse intercongrégationnelle, interculturelle et itinérante ». En rappelant «l’importance du défi de l’inculturation de la foi  pour la vie consacrée», François martèle que «l’unité n’est pas l’uniformité, mais l’harmonie multiforme».

L’harmonie, vécue grâce à l’Esprit Saint, conduit à «assumer les différences et valoriser les particularités, dans un esprit  d’interculturalité saine et ouverte». Les religieux ont ainsi un rôle fondamental à jouer pour le «développement d’une théologie inculturée, adaptée à la réalité locale et vecteur d’évangélisation. N’oublions pas qu’une foi qui n’est pas inculturée n’est pas authentique», insiste le Pape argentin.

«Entrez dans la vie du peuple fidèle, entrez dans le respect de ses coutumes, de ses traditions, en cherchant à réaliser la mission d’inculturation de la foi et d’évangélisation de la culture», exhorte François, revenant ainsi sur des thèmes souvent abordés au long de son pontificat, notamment lors du Synode sur l’Amazonie.

Le refus de l’inculturation mène la mission à l’échec

Le Pape émet aussi un sévère avertissement sur la stérilité de certaines attitudes d’imposition de modèles culturels au nom, prétendument, de la diffusion du christianisme. «Lorsque cette inculturation n’a pas lieu, la vie chrétienne, et plus encore la vie consacrée, aboutit aux positions gnostiques les plus aberrantes et ridicules. Nous l’avons vu, par exemple, dans la mauvaise utilisation de la liturgie. Ce qui compte, c’est l’idéologie et non la réalité des gens, et ceci n’est pas l’Évangile», regrette l’évêque de Rome. 

«La vie consacrée est experte en communion ; la vie consacrée est itinérante, elle est promotrice de la fraternité», explique le Pape, qui regrette de voir certaines communautés s’enfoncer, au contraire, dans l’angoisse de l’avenir et la nostalgie d’un passé idéalisé. «Combien de fois fait-on le calcul du nombre de religieux ou de religieuses dans ma congrégation, ou évaluons-nous les courbes décroissantes. C’est une tentation de survie. Il faudrait renoncer au critère des nombres, et au critère de l’efficacité, qui pourraient vous transformer en disciples craintifs, tournés vers le passé et abandonnés à la nostalgie.»

«Cette nostalgie est en fait le chant des sirènes de la vie religieuse», avertit le Pape, qui incite au contraire à «marcher avec le Seigneur sur les chemins de l’espérance», en rejoignant le «saint peuple fidèle de Dieu» là où il est, avec respect et dans la joie.

La joie et l’humour ouvrent un chemin vers la sainteté

«La paix, la joie, le sens de l’humour» sont des dimensions fondamentales dans la vie religieuse. «Il est si triste de voir des hommes et des femmes consacrés qui n’ont aucun sens de l’humour, qui prennent tout au sérieux. S’il vous plaît. Être avec Jésus, c’est être joyeux, c’est aussi avoir la capacité de ce sens de l’humour qui donne la sainteté», insiste le Pape en renvoyant à la lecture de son exhortation apostolique Gaudete et exsultate.

«Que Dieu vous bénisse et que l’Esprit Saint vous accorde la lumière de sa grâce afin que vous soyez toujours des hommes et des femmes de rencontre et de fraternité. Que la Sainte Vierge veille sur vous. Elle connaît la rencontre, la fraternité, la patience, l’inculturation. Elle sait tout cela. Qu’elle veille sur vous», conclut François, en demandant aux religieux de prier pour lui.

Source: VATICANNEWS, le 13 août 2021

ANGÉLUS À ROME DU 11 JUILLET 2021

Angélus: le Pape rappelle l’importance d’un système de santé accessible à tous

Première apparition publique du Pape François depuis son opération: le Saint-Père a récité la prière de l’Angélus depuis les fenêtres de sa chambre, à l’hôpital universitaire Gemelli de Rome.

«J’ai beaucoup ressenti votre proximité et le soutien de vos prières. Je vous remercie de tout mon cœur !» a d’emblée déclaré le Pape, qui, malgré sa convalescence, a tenu à maintenir ce rendez-vous dominical, en présence de fidèles et journalistes ayant fait le déplacement jusqu’à l’hôpital Gemelli où il se trouve depuis dimanche dernier. Souriant, le Pape les a salués du balcon du 10e étage, visiblement heureux de les retrouver. Brandissant des drapeaux et des banderoles, les fidèles l’ont chaleureusement applaudi. Aux cotés du Saint-Père, plusieurs enfants soignés au sein du département d’oncologie pédiatrique de l’hôpital.

Comme de coutume, François est revenu sur l’Évangile du jour relatant l’envoi en mission des disciples qui faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient» (Mc 6, 13). Cette huile est «certainement le sacrement de l’onction des malades, qui réconforte l’esprit et le corps», mais elle est aussi «l’écoute, la proximité, le soin, la tendresse de ceux qui s’occupent du malade: c’est comme une caresse qui fait du bien, qui apaise la douleur et qui soulage», a-t-il affirmé. Tôt ou tard, chacun a besoin de cette onction et aura ensuite mission de la donner à son tour «par une visite, un appel téléphonique, une main tendue à ceux qui ont besoin d’aide». Une des choses qui nous sera demandée lors du Jugement dernier sera précisément cette proximité avec les malades, a insisté l’évêque de Rome.

Importance d’un système de santé accessible à tous

Et le Pape d’apporter un témoignage personnel: «en ces jours d’hospitalisation, j’ai pu constater l’importance d’un bon service de santé, accessible à tous, comme c’est le cas en Italie et dans d’autres pays. (…) Il ne faut pas perdre ce bien précieux. Il faut le maintenir ! Et pour cela, nous devons tous nous engager, car il est utile à tous et nécessite la contribution de tous», a-t-il pointé, soulignant la nécéssité de sauvegarder les institutions assurant un service gratuit.

Le Saint-Père a également réitéré sa gratitude et ses encouragements aux médecins ainsi qu’à l’ensemble du personnel soignant et hospitalier. «Prions pour tous les malades, en particulier ceux qui se trouvent dans des conditions plus difficiles: personne ne doit être laissé seul, que tous puissent recevoir l’onction de l’écoute, de la proximité et du soin. Demandons-le par l’intercession de Marie, notre Mère, Santé des malades», a-t-il conclu. 

Au terme de l’Angélus, le Pape a évoqué le dimanche de la Mer, qui se tient ce 11 juillet, disant prier pour les marins et leurs familles, exhortant chacun à prendre soin des mers et des océans, notamment en en éliminant le plastique.

François a également mentionné la fête de saint Benoît, père fondateur du monachisme en Occident. L’occasion pour le Saint-Père de saluer toute la grande famille bénédictine, et d’inviter à prier pour l’Europe -dont saint Benoît est le patron- afin qu’elle soit «unie autour de ses valeurs fondatrices».

Source: VATICANNEWS, le 11 juillet 2021

Bonne évolution post-opératoire, le Pape s’alimente régulièrement

Entrée de l'hôpital Gemelli, à Rome Entrée de l’hôpital Gemelli, à Rome   (ANSA)

Bonne évolution post-opératoire, le Pape s’alimente régulièrement

Opéré dimanche dernier en raison d’une diverticulite, le Saint-Père est toujours hospitalisé à l’hôpital Gemelli à Rome. François s’est dit touché et reconnaissant pour les nombreux messages de soutien reçus. 

Vatican News

Le repos postopératoire du Pape François se poursuit, après l’intervention chirurgicale planifiée qu’il a subi dimanche dernier à l’intestin. Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, a donné de nouvelles informations dans une déclaration publiée ce mercredi 7 juillet.

«L’évolution postopératoire de Sa Sainteté le Pape François continue d’être régulière et satisfaisante. Le Saint-Père a continué à s’alimenter régulièrement, et la thérapie par perfusion a été suspendue», a-t-il indiqué. «L’examen histologique définitif a confirmé une sténose diverticulaire sévère avec des signes de diverticulite sclérosante», a ajouté Matteo Bruni.

Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a également expliqué que «le Pape François est touché par les nombreux messages et l’affection reçus ces jours-ci et exprime sa gratitude pour la proximité et la prière».

Depuis dimanche, plusieurs chefs d’État, des autorités religieuses et des groupes de fidèles ont en effet manifesté leur soutien au Souverain Pontife hospitalisé.

Dimanche, François a subi une intervention chirurgicale programmée d’une sténose diverticulaire du côlon. Elle s’est conclue dans la soirée.

La proximité de Bartholomée Ier et de l’imam al-Tayyeb

Parmi les derniers messages reçus figurent celui de Bartholomée Ier. Le patriarche œcuménique de Constantinople a adressé ses «vœux fraternels pour une convalescence rapide». Il assure le Pape de ses prières afin, écrit-il, «de vous revoir pour accomplir ensemble l’indispensable mission d’unité à laquelle le Christ nous appelle». «Le mystère du Christ mort et ressuscité se manifeste aussi dans la faiblesse de notre nature touchée par la chute ,et dans nos souffrances, afin que l’Évangile soit vécu en nous», ajoute-t-il en faisant référence à saint Paul.

Sur Twitter, l’Imam sunnite Ahmad al-Tayyeb de l’Université Al Azhar adresse des vœux à son «cher frère» pour un prompt rétablissement, «qui le ramènera à sa mission pour l’humanité».

«Que le Seigneur le soutienne avec la tendresse de son amour», écrit quant à lui le Centre anglican de Rome, tandis que la Communauté de Sant’Egidio assure accorder une «place particulière» au Pape François dans sa prière pour les malades, «afin qu’il retrouve rapidement la santé pour exercer pleinement son ministère de père et de pasteur».

De l’Amérique latine à la Nouvelle-Zélande

De l’autre côté de l’Atlantique, le CELAM (Conseil épiscopal latino-américain) adresse au Saint-Père son «salut filial». «La nouvelle du bon rétablissement du Souverain Pontife a suscité une profonde joie», écrit le président du CELAM, Mgr Héctor Miguel Cabrejos Vidarte, avant d’ajouter: «Notre préoccupation s’est transformée en prière et en proximité; avec nos fidèles, en tant que Peuple de Dieu, (…) nous continuons à prier pour vous».

Les catholiques de Nouvelle-Zélande sont eux aussi proches du Pape dans la prière, a assuré le cardinal John Dew, archevêque de Wellington et président de la Conférence épiscopale de Nouvelle-Zélande. «Il est encourageant de savoir que le Saint-Père a bien supporté l’opération et qu’il se remet bien», ajoute-t-il.

Source: VATICANNEWS, le 7 juillet 2021

Suspension des audiences générales en juillet

Le Pape François lors de l'audience générale du 30 juin 2021.Le Pape François lors de l’audience générale du 30 juin 2021.  (Vatican Media)

Suspension des audiences générales en juillet

La prochaine audience générale du Pape François se tiendra le mercredi 4 août.

Comme chaque année, le Vatican se met à l’heure estivale, avec un emploi du temps allégé pour le Pape François.

Les audiences générales sont suspendues durant le mois de juillet, et reprendront donc le mercredi 4 août. Un bref communiqué de la Salle de Presse du Saint-Siège a confirmé cette information transmise par la Préfecture de la Maison pontificale. 

Le Pape restera néanmoins au Vatican, et il assurera notamment la méditation de l’Angélus depuis la fenêtre du Palais apostolique chaque dimanche à midi. 

Source: VATICANNEWS, le 2 juillet 2021

Pour la Rencontre Mondiale des Familles, François invite à être créatif

Message vidéo du pape François, du 2 juillet 2021, pour la Xe Rencontre Mondiale des Familles qui aura lieu à Rome du 22 au 26 juin 2022.

Pour la Rencontre Mondiale des Familles, François invite à être créatif

Reportée d’un an à cause de la pandémie, le thème de cette rencontre sera «L’amour familial : vocation et chemin de sainteté».

Dans un message vidéo publié vendredi 2 juillet, le Saint-Père a présenté la Xe Rencontre Mondiale des Familles qui aura lieu à Rome du 22 au 26 juin 2022. L’initiative prendra l’année prochaine une forme inédite a détaillé François, impliquant les familles et les communautés diocésaines du monde entier.  L’évènement sera vécu sous une forme décentralisée, mettant en communion Rome et les diocèses du monde entier.

Afin de préparer au mieux cette rencontre, l’évêque de Rome invite donc les communautés diocésaines à être «vifs, actifs et créatifs, afin de vous organiser avec les familles, en accord avec ce qui se passera à Rome.» 

L’intégralité du message vidéo publié à cette occasion est à retrouver ci-dessus.

Source: VATICANNEWS, le 2 juillet 2021