Les sept grâces à recueillir des sept douleurs de Notre-Dame

Fred de Noyelle / Godong – Notre-Dame des Sept Douleurs. Adrain Isenbrandt. Vers 1530. Notre-Dame de Bruges.

Les sept grâces à recueillir des sept douleurs de Notre-Dame

La fête de Notre-Dame des Douleurs, le 15 septembre, nous invite à méditer les sept douleurs de la Vierge et les fruits que nous pouvons tirer de chacune d’entre elles.

Au lendemain de la fête de la Croix glorieuse, l’Église célèbre la compassion de Marie au pied de la croix : Notre Dame des sept douleurs. Marie ne souffrit pas seulement avec son fils crucifié, mais tout au long de sa vie, elle s’unit avec lui à la peine des hommes pour leur rédemption. Les « sept douleurs » font référence à sept événements particuliers, relatés dans les évangiles, qui firent souffrir la mère de Jésus.

1- La prophétie de Syméon : le courage

Le jour de la présentation de Jésus au temple de Jérusalem, le vieillard qui le reçut dans ses bras prophétisa à sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction — et toi même, un glaive te transpercera l’âme ! » Par cette première douleur, le chrétien demande à Dieu la force de regarder la réalité en face sans perdre courage et de conserver la paix de l’âme dans les moments critiques.

2- La fuite en Égypte : le désir du Ciel

Marie et Joseph sont obligés de s’exiler en toute hâte pour échapper aux tueurs d’Hérode qui recherchent l’Enfant. Le fruit à demander à l’Esprit, par cette seconde douleur, est de comprendre que nous n’avons pas ici-bas de demeure permanente et que notre patrie définitive est aux cieux (Ph 3,20).

3- La perte de Jésus au Temple : la consolation

Jésus est resté à Jérusalem lors de la fête de Pâques, tandis que ses parents rentraient à Nazareth. S’apercevant de son absence dans le caravansérail des pèlerins, ils se mettent à le chercher avec une angoisse mortelle. La grâce liée à cette troisième douleur consiste dans le réconfort à demander à Marie quand notre âme est désolée de ne plus sentir la présence de Jésus en elle. La Vierge nous enseigne alors que la nuit de la foi n’est pas la perte de la grâce.

4- La rencontre de Jésus sur le chemin du Calvaire : la patience dans les épreuves

Le fruit de cette douleur est la patience dans les épreuves, ainsi que la pleine compréhension de notre coopération à la Rédemption du monde lorsque nous portons nos croix, grandes ou petites, héroïques ou plus ternes, en union avec Jésus.

5- La mort de Jésus : le renoncement au péché

Sur le Calvaire, Marie est clouée spirituellement à la croix avec Jésus. En la contemplant dans cet état, le croyant est appelé à s’ausculter lui-même afin de renoncer au péché qui a conduit à ce résultat paradoxal : les deux êtres les plus aimants qui parurent jamais sur terre furent aussi ceux qui souffrirent le plus de la main des hommes ! Et de cet effet pitoyable, nul ne peut se déclarer quitte. 

6- Le coup de lance et la descente de la croix : l’entrée dans le cœur de Jésus

Jésus est mort. C’est donc sa mère qui reçoit le coup de lance du soldat qui ouvre le cœur de son Fils. La douleur est pour elle. Puis, elle recueille le corps inerte de son Fils supplicié. Par cette douleur, la grâce à demander à la Vierge est de pouvoir entrer dans le Cœur de Jésus que la lance a ouvert, mais aussi la résolution de ne plus la faire souffrir par nos péchés, causes de la mort de Celui qu’elle aime plus qu’elle-même. À cet égard, on se souviendra avec profit que le Père ne refuse aucune prière formulée par la mère de son Fils au nom des douleurs qu’elle endura durant la Passion. 

7- L’ensevelissement de Jésus : la force de pardonner

Jésus était toute la vie de Marie. Elle le perd. La grâce à demander par cette ultime douleur est de quitter les fausses lumières du monde pour être caché avec le Christ en Dieu. Accompagnée de Jean, Marie rentre chez elle. Là, tout lui parle de Jésus. Cependant, elle n’a pas renoncé à aimer les hommes. Dans la septième douleur, le croyant puise la foi dans le pardon de ses fautes de la part de Dieu, mais aussi la force de pardonner à son tour comme le Fils et la Mère pardonnèrent aux bourreaux du Golgotha, la force de rendre le bien pour le mal. Et enfin la certitude que la Vierge l’invite dorénavant à se confier à elle pour le conduire à son Fils, comme saint Jean la reçut pour sa mère et confidente au Calvaire.

Source: ALETEIA, le 14 septembre 2021

Les « 7 Prières à Notre-Dame des sept Douleurs » de Saint Alphonse de Liguori

Première Douleur de Notre-Dame des sept Douleurs : « La prophétie de Syméon sur l’Enfant Jésus » (Lc, 2, 34-35) :

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« Je compatis, ô Mère affligée, à la douleur que vous causa le premier glaive qui vous a transpercée, quand Siméon, dans le temple, vous représenta les tourments que les hommes devaient faire endurer à votre bien-aimé Jésus (et que vous connaissiez déjà par les divines Écritures), jusqu’à le faire mourir sous vos yeux, suspendu à un bois infâme, épuisé de sang et abandonné de tout le monde, sans pouvoir recevoir de vous ni défense ni secours. Je vous prie donc, ma Reine, par ce souvenir amer qui affligea votre cœur pendant tant d’années, de m’obtenir la grâce de conserver toujours, à la vie à la mort, gravées dans mon cœur, la Passion de Jésus-Christ et vos Douleurs. Ainsi soit-il. » (Saint Alphonse de Liguori)

1 « Pater Noster » + 10 « Ave Maria » + 1 « Gloria Patri »

V/ Priez pour nous, Vierge très affligée !
R/ Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

Seconde Douleur de Notre-Dame des sept Douleurs : « La fuite de la Sainte Famille en Égypte » (Mat, 2, 13-21) :

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« Je compatis, ô Mère affligée, à la douleur que vous causa le second glaive qui vous a transpercée lorsque vous avez vu votre Fils innocent, à peine né, persécuté à mort par ces mêmes hommes pour lesquels il était venu dans le monde ; de sorte que vous avez été obligée de fuir en Égypte pendant la nuit et secrètement à l’insu du monde. Par tant de peines que vous, Vierge délicate, avez endurées, conjointement avec votre petit enfant exilé, dans ce long et pénible voyage, par des chemins déserts et difficiles, et dans votre séjour en Égypte, où étant inconnus et étrangers, vous avez vécu durant toutes ces années dans la pauvreté et le mépris, je vous prie ma bien-aimée Souveraine, de m’obtenir la grâce de souffrir avec patience dans votre compagnie, jusqu’à la mort, toutes les peines de cette misérable vie, afin que je puisse, dans l’autre, échapper aux peines éternelles de l’enfer que j’ai bien méritées. Ainsi soit-il. » (Saint Alphonse de Liguori)

1 « Pater Noster » + 10 « Ave Maria » + 1 « Gloria Patri »

V/ Priez pour nous, Vierge très affligée !
R/ Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

Troisième Douleur de Notre-Dame des sept Douleurs : « La disparition de Jésus pendant trois jours au Temple » (Lc, 2, 41-51) :

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« Je compatis, ma Mère affligée, à la douleur que vous causa le troisième glaive qui vous perça le cœur, quand vous avez perdu votre cher Fils Jésus, qui resta trois jours à Jérusalem, éloigné de vous. Ne voyant plus alors votre amour auprès de vous, et ignorant la cause de son éloignement, je pense, mon aimable Reine, que vous n’eûtes aucun repos pendant ces nuits, mais que vous ne fîtes que soupirer après celui qui était tout votre bien : je vous prie donc, par les soupirs que vous avez poussés durant cette trois jours, bien longs et bien douloureux pour vous, de m’obtenir la grâce de ne jamais perdre mon Dieu, afin que je vive toujours uni à lui et que je meure dans ses embrassements. Ainsi soit-il. » (Saint Alphonse de Liguori)

1 « Pater Noster » + 10 « Ave Maria » + 1 « Gloria Patri »

V/ Priez pour nous, Vierge très affligée !
R/ Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

Quatrième Douleur de Notre-Dame des sept Douleurs : « La rencontre de Marie et Jésus sur la via crucis » (Lc, 23, 27-31) :

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« Je compatis, ma Mère affligée, à la douleur que vous causa le quatrième glaive qui vous perça le cœur, lorsque vous avez vu votre Jésus condamné à mort, chargé de liens et de chaînes, couvert de sang et de plaies, couronné d’un faisceau d’épines, tombant en chemin sous sa pesante Croix, qu’il portait sur ses épaules ensanglantées, allant comme un agneau innocent mourir pour notre amour. Vos yeux se rencontrèrent alors avec les siens, et vos regards mutuels devinrent autant de traits dont vous blessâtes réciproquement vos cœurs amoureux. Je vous prie donc par cette grande Douleur, de m’obtenir la grâce de vivre entièrement résigné à la volonté de mon Dieu, portant ma croix avec joie dans la compagnie de Jésus jusqu’au dernier soupir de ma vie. Ainsi soit-il. » (Saint Alphonse de Liguori)

1 « Pater Noster » + 10 « Ave Maria » + 1 « Gloria Patri »

V/ Priez pour nous, Vierge très affligée !
R/ Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

Cinquième Douleur de Notre-Dame des sept Douleurs : « Marie contemplant la souffrance et la mort de Jésus sur la Croix » (Jn, 19, 25-27) :

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« Je compatis, ma Mère affligée, à la douleur que vous causa le cinquième glaive qui vous perça le cœur, lorsque, présente sur le mont Calvaire, vous avez vu de vos propres yeux, mourir peu à peu, au milieu de tant de tourments et de mépris, sur le lit douloureux de la Croix, votre bien-aimé Jésus, sans pouvoir même lui donner le moindre des soulagements qu’au moment de la mort on accorde aux plus scélérats. Et je vous prie, par l’agonie que vous, tendre Mère, avez soufferte avec votre Fils agonisant, et par la tendresse que vous avez éprouvée lorsque, pour la dernière fois, il vous parla du haut de la Croix, et que se séparant de vous, il nous donna tous à Vous pour fils dans la personne de Jean ; par la constance avec laquelle vous l’avez vu baisser la tête et expirer, je vous prie de m’obtenir de votre amour crucifié la grâce de vivre et de mourir crucifié à toutes les choses de ce monde, pour ne vivre toute ma vie que pour Dieu, et ainsi aller un jour jouir de lui face-à-face en paradis. Ainsi soit-il. » (Saint Alphonse de Liguori)

1 « Pater Noster » + 10 « Ave Maria » + 1 « Gloria Patri »

V/ Priez pour nous, Vierge très affligée !
R/ Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

Sixième Douleur de Notre-Dame des sept Douleurs : « Marie accueille son Fils mort dans ses bras lors de la descente de Croix » (Mat, 27, 57-59) :

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« Je compatis, ma Mère affligée, à la douleur que vous causa le sixième glaive qui vous perça le cœur lorsque que vous vîtes percer d’outre en outre le doux Cœur de votre Fils déjà mort, et mort pour ces ingrats qui, même après l’avoir fait mourir, n’était pas encore rassasiés de le tourmenter. Je vous prie donc par cette cruelle douleur que vous avez endurée toute seule, de m’obtenir la grâce d’habiter dans le Cœur de Jésus blessé et ouvert pour moi ; dans ce cœur, dis-je, qui est la belle demeure d’Amour, où reposent toutes les âmes qui aiment Dieu et que là, passant moi-même ma vie, je ne pense qu’à Dieu et n’aime que lui. Très Sainte Vierge, vous pouvez le faire, je l’espère de vous. Ainsi soit-il. » (Saint Alphonse de Liguori)

1 « Pater Noster » + 10 « Ave Maria » + 1 « Gloria Patri »

V/ Priez pour nous, Vierge très affligée !
R/ Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

Septième Douleur de Notre-Dame des sept Douleurs : « Marie abandonne le corps de son Fils lors de la mise au tombeau » (Jn, 19, 40-42) :

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« Je compatis, ma Mère affligée, à la douleur que vous causa le septième glaive qui vous perça le cœur, lorsque vous vîtes entre vos bras votre Fils mort, non plus dans l’éclat de sa beauté, comme vous l’aviez autrefois reçu dans l’étable de Bethléem, mais ensanglanté, livide et tout déchiré des blessures qui avaient mis ses os à découvert ; vous écriant alors : mon Fils, mon Fils, en quel état l’amour t’a réduit ! Et lorsqu’on le porta au sépulcre, vous avez voulu encore l’accompagner, et l’y arranger de vos propres mains, jusqu’à ce qu’enfin, lui disant le dernier adieu, vous y laissâtes votre cœur brûlant d’amour enseveli avec votre Fils. Par tant de martyrs qu’a souffert votre belle âme, obtenez-moi, ô Mère du bel amour ! Le pardon des offenses que j’ai commises contre mon Dieu bien-aimé ; je m’en repens de tout mon cœur. Défendez moi dans les tentations ; assistez-moi à l’heure de ma mort, afin que sauvé par les mêmes mérites de Jésus et les vôtres, je parvienne un jour avec votre assistance, après ce malheureux exil, à chanter dans le paradis les louanges de Jésus et les vôtres, pendant toute l’éternité. Ainsi soit-il. » (Saint Alphonse de Liguori)

1 « Pater Noster » + 10 « Ave Maria » + 1 « Gloria Patri »

V/ Priez pour nous, Vierge très affligée !
R/ Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

La Pietà de Michel-Ange, Basilique Saint-Pierre de Rome, Italie.