Avec la Vierge Marie, découvrons une réponse aux interrogations de notre culture post-moderne

Illustration
© Unsplash/Joshua Reddekopp

Avec la Vierge Marie, découvrons une réponse aux interrogations de notre culture post-moderne

Chez beaucoup de nos contemporains, la tentation est forte de taxer de suranné le culte légitime que l’on porte à Marie, de le considérer comme obsolète. La piété mariale véhiculerait selon certains une fois simpliste, plutôt émotionnelle, marquée par la superstition ou par une sensibilité doloriste et saint sulpicienne, une foi dénuée de raison, qui se réfugierait dans le sentimentalisme religieux.

La dévotion envers la Mère de Dieu n’est pas une piété dépassée. Le Rosaire, en particulier, comme l’écrit Jean PaulII, « dans sa simplicité et dans sa profondeur,(…) reste, même dans le troisième millénaire commençant, une prière d’une grande signification, destinée à porter des fruits de sainteté ».

En fréquentant la Vierge Marie, nous découvrons une vision de l’homme et de l’histoire du salut qui présente une réponse pertinente aux interrogations angoissées de notre culture post-moderne.

Dominique Rey,

Le Mystère du Rosaire, Editions de l’Emmanuel, Paris, 2008, page 5

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

22.06.2024 – SAINT DU JOUR

St Thomas More

St Thomas More

MARTYR († 1535)

Thomas More naît à Londres, le 7 février 1478. Son père remplissait la fonction de juge, dans la capitale. Thomas passa quelques unes de ses premières années en qualité de page, au service du cardinal Morton, alors archevêque de Cantorbéry et chancelier d’Angleterre. À l’âge de quatorze ans, il alla étudier à Oxford où il fit de sérieuses études juridiques et donna des conférences sur la Cité de Dieu, de saint Augustin.

En 1501, Thomas More était reçu avocat et élu membre du Parlement trois ans plus tard. Après quelques années de mariage, il perdit sa femme et demeura seul avec ses quatre enfants : trois filles et un fils. Parce que ses enfants étaient encore très jeunes, et qu’il était toujours absent de chez lui, par ses affaires au tribunal et à la cour du roi, il se remaria tout de suite, avec une veuve, au grand scandale de certains. En père vigilant, il veillait à ce que Dieu restât le centre de la vie de ses enfants. Le soir, il récitait la prière avec eux ; aux repas, une de ses filles lisait un passage de l’Écriture Sainte et on discutait ensuite sur le texte en conversant gaiement. Jamais la science, ni la vertu, ne prirent un visage austère dans sa demeure ; sa piété n’en était cependant pas moins profonde. Thomas More entendait la messe tous les jours ; en plus de ses prières du matin et du soir, il récitait les psaumes quotidiennement.

Sa valeur le fit nommer Maître des Requêtes et conseiller privé du roi. En 1529, Thomas More remplaça le défunt cardinal Wolsey dans la charge de Lord chancelier. Celui qui n’avait jamais recherché les honneurs ni désiré une haute situation se trouvait placé au sommet des dignités humaines. Les succès, pas plus que les afflictions, n’eurent de prise sur sa force de caractère.

Lorsqu’Henri VIII voulut divorcer pour épouser Anne Boleyn et qu’il prétendit, devant l’opposition formelle du pape, se proclamer chef de l’Église d’Angleterre, Thomas More refusa de signer l’acte de suprématie. Dès lors, les bonnes grâces du roi se changèrent en hostilité ouverte contre lui. Le roi le renvoya sans aucune ressource, car Thomas versait au fur à mesure tous ses revenus dans le sein des pauvres. Le jour où il apprit que ses granges avaient été incendiées, il écrivit à sa femme de rendre grâces à Dieu pour cette épreuve.

Le 13 avril 1534, l’ex-chancelier fut invité à prononcer le serment qui reconnaissait Anne Boleyn comme épouse légitime et rejetait l’autorité du pape. Thomas rejeta noblement toute espèce de compromis avec sa conscience et refusa de donner son appui à l’adultère et au schisme.

Après un second refus réitéré le 17 avril, on l’emprisonna à la Tour de Londres. Il vécut dans le recueillement et la prière durant les quatorze mois de son injuste incarcération. Comme il avait fait de toute sa vie une préparation à l’éternité, la sérénité ne le quittait jamais. Il avoua bonnement : « Il me semble que Dieu fait de moi son jouet et qu’Il me berce. »

L’épreuve de la maladie s’ajouta bientôt à celle de la réclusion. Devenu semblable à un squelette, il ne cessa cependant de travailler en écrivant des traités moraux, un traité sur la Passion, et même de joyeuses satires. L’intensité de sa prière conservait sa force d’âme : « Donne-moi Ta grâce, Dieu bon, pour que je compte pour rien le monde et fixe mon esprit sur Toi. » Il disait à sa chère fille Marguerite : « Si je sens la frayeur sur le point de me vaincre, je me rappellerai comment un souffle de vent faillit faire faire naufrage à Pierre parce que sa foi avait faibli. Je ferai donc comme lui, j’appellerai le Christ à mon secours. »

On accusa Thomas More de haute trahison parce qu’il niait la suprématie spirituelle du roi. Lorsque le simulacre de jugement qui le condamnait à être décapité fut terminé, le courageux confesseur de la foi n’eut que des paroles de réconfort pour tous ceux qui pleuraient sa mort imminente et injuste. À la foule des spectateurs, il demanda de prier pour lui et de porter témoignage qu’il mourait dans la foi et pour la foi de la Sainte Église catholique. Sir Kingston, connu pour son cœur impitoyable, lui fit ses adieux en sanglotant. Il récita pieusement le Miserere au pied de l’échafaud. Il demanda de l’aide pour monter sur l’échafaud : « Pour la descente, ajouta-t-il avec humour, je m’en tirerai bien tout seul. » Il embrassa son bourreau : « Courage, mon brave, n’aie pas peur, mais comme j’ai le cou très court, attention ! Il y va de ton honneur. » Il se banda les yeux et se plaça lui-même sur la planche.

Thomas More a été béatifié le 29 décembre 1886, par Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903), et canonisé le 19 mai 1935,par Pie XI (Ambrogio Damiano Ratti, 1922-1939).

Saint Jean-Paul II le déclara Patron céleste des Responsables de gouvernement et des hommes politiques en l’année jubilaire 2000.

Pour un approfondissement biographique :

>>> Motu Proprio du 31 octobre 2000 (Saint Jean-Paul II)

>>> Saint Thomas More ou l’éloge de la conscience (Intervention du Cardinal Roger Etchegaray)

St Thomas More priez pour nous !

22.06.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,24-34. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent.
C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ?
Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ?


Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ?
Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.
Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux.
Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ?
Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?”
Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît.
Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787)

évêque et docteur de l’Église

De quoi faut-il s’entretenir avec Dieu ? (Manière de converser avec Dieu, trad. de l’italien, coll. du Laurier, pub. sous la dir. de P. Richard, éd. Le Laurier, 1988, p. 13 ; rev.)

Ne vous faites pas tant de souci !

Pesez ceci : votre Dieu vous aime plus que vous ne pouvez vous aimer vous-même ; dès lors, qu’avez-vous à craindre ? « Le Seigneur a souci de moi » (cf. Ps 39,18), répétait David, et cette pensée le réconfortait. Dites à votre tour : « Dans vos bras, Seigneur, je m’abandonne ; je n’admets d’autre souci que de vous aimer et de vous plaire : me voici prêt à faire tout ce que vous voudrez. Vous, vous avez plus que le désir de me faire du bien, vous en aurez le souci : c’est donc à vous que je laisse le soin de mon salut, puisque vous m’ordonnez de placer en vous tous mes espoirs. “Je m’endormirai et me reposerai en paix, parce que vous-même, Seigneur, m’avez affermi dans l’espérance en votre seule protection” (Ps 4,9 Vg) ». « Ayez du Seigneur des sentiments dignes de sa bonté » (Sg 1,1 Vg). Par ces paroles, le Sage nous exhorte à nous confier en la miséricorde de Dieu bien plus que nous ne craignons sa justice. Dieu, en effet, est immensément plus enclin à bénir qu’à châtier, selon la parole de saint Jacques : « La miséricorde s’élève au-dessus de la justice » (cf. Jc 2,13). De là cette recommandation de l’apôtre saint Pierre : « Déchargez-vous sur Dieu de toutes vos sollicitudes, parce qu’il a lui-même soin de vous » (cf. 1 P 5,7). Il s’agit là de nos anxiétés au sujet de nos intérêts aussi bien temporels qu’éternels : nous devons nous abandonner sans réserve à la bonté de Dieu, mais surtout nous fier au soin extrême qu’il prend à notre salut.

LECTURES :

Deuxième livre des Chroniques 24,17-25. 

Après la mort de Joad, les princes de Juda vinrent se prosterner devant le roi, et alors le roi les écouta.
Les gens abandonnèrent la Maison du Seigneur, Dieu de leurs pères, pour servir les poteaux sacrés et les idoles. À cause de cette infidélité, la colère de Dieu s’abattit sur Juda et sur Jérusalem.
Pour les ramener à lui, Dieu envoya chez eux des prophètes. Ceux-ci transmirent le message, mais personne ne les écouta.
Dieu revêtit de son esprit Zacharie, le fils du prêtre Joad. Zacharie se présenta devant le peuple et lui dit : « Ainsi parle Dieu : Pourquoi transgressez-vous les commandements du Seigneur ? Cela fera votre malheur : puisque vous avez abandonné le Seigneur, le Seigneur vous abandonne. »
Ils s’ameutèrent alors contre lui et, par commandement du roi, le lapidèrent sur le parvis de la Maison du Seigneur.
Le roi Joas, en faisant mourir Zacharie, fils de Joad, oubliait la fidélité que Joad lui avait témoignée. Zacharie s’était écrié en mourant : « Que le Seigneur le voie, et qu’il fasse justice ! »
Or, à la fin de l’année, l’armée d’Aram monta contre le roi Joas et arriva en Juda et à Jérusalem. Ses hommes massacrèrent tous les princes du peuple et envoyèrent tout le butin au roi de Damas.
L’armée d’Aram ne comptait qu’un petit nombre d’hommes, et pourtant le Seigneur leur livra une armée très importante, parce que les gens de Juda avaient abandonné le Seigneur, Dieu de leurs pères ; et Joas reçut le châtiment qu’il méritait.
Lorsque les Araméens partirent, le laissant dans de grandes souffrances, ses serviteurs complotèrent contre lui parce qu’il avait répandu le sang du fils du prêtre Joad, et ils le tuèrent sur son lit. Il mourut, et on l’ensevelit dans la Cité de David, mais non pas dans les tombeaux des rois.

Psaume 89(88),4-5.29-30.31-32.33-34. 

« Avec mon élu, j’ai fait une alliance, 
j’ai juré à David, mon serviteur :
J’établirai ta dynastie pour toujours, 
je te bâtis un trône pour la suite des âges.

Sans fin je lui garderai mon amour, 
mon alliance avec lui sera fidèle. »
je fonderai sa dynastie pour toujours, 
son trône aussi durable que les cieux. »

« Si ses fils abandonnent ma loi 
et ne suivent pas mes volontés,
s’ils osent violer mes préceptes 
et ne gardent pas mes commandements,

« je punirai leur faute en les frappant, 
et je châtierai leur révolte,
mais sans lui retirer mon amour, 
ni démentir ma fidélité. »

Le voyage de Marie vers sa cousine Elizabeth

Illustration
Pontormo, La Visitation, 1528-1529, église San Francesco e Michele, Carmignano. © CC0/wikimedia

Le voyage de Marie vers sa cousine Elizabeth

Ce ne fut point la curiosité, ni aucun doute de la grossesse d’Élisabeth, qui lui fit entreprendre ce voyage, mais bien plusieurs belles, utiles et très agréables considérations, lesquelles je déclarerais brièvement en cette exhortation.

Premièrement, elle fut poussée à entreprendre ce voyage par un motif de charité, afin d’aller servir, secourir et soulager Élisabeth sa cousine en sa grossesse, et pour voir cette grande merveille, et se réjouir avec elle de la grâce que Dieu lui avait faite de lui donner un fils en sa stérilité, et la faire concevoir en sa vieillesse; d’autant qu’elle savait bien que c’était pour lors une chose blâmable d’être inféconde.

Secondement elle la visita, afin de lui révéler ce très-haut et incomparable mystère de l’Incarnation qui s’était fait en elle par l’opération du Saint-Esprit, parce qu’elle savait bien que sa cousine Élisabeth était une personne juste, fort bonne, craignant Dieu, et qui désirait grandement la venue du Messie promis en la loi pour racheter le monde, et que ce lui serait une grande consolation de savoir que les promesses de Dieu étaient accomplies, et que le temps désiré par les patriarches et prédit par les prophètes, était venu.

Troisièmement, elle y alla pour redonner, par l’entremise de son Fils, la parole à Zacharie, qui l’avait perdue par son incrédulité, n’ayant pas voulu croire ce que l’ange lui avait dit, lorsqu’il lui annonça que sa femme concevrait un fils qui se nommerait Jean.

En quatrième lieu, elle savait que cette visite apporterait un comble de bénédictions à cette maison de Zacharie, lesquelles rejailliraient jusques à l’enfant qui était dans le ventre de Sainte Élisabeth, lequel par sa venue serait sanctifié. Or, ces raisons, et plusieurs autres que je pourrais rapporter, montrent assez que Notre Dame et glorieuse Maîtresse  n’entreprit ce voyage que par un secret mouvement de Dieu, qui voulait par cette visite donner commencement au salut des âmes, en la sanctification du petit Saint Jean.

Saint François de Sales (+1622), Sermon pour le jour de la Visitation

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie