05.09.2024 – MESSE PRÉSIDÉE PAR LE PAPE FRANÇOIS AU STADE GELORA BUNG DE JAKARTA

Pape François: Écouter et vivre la Parole pour oser prendre le large

En fin d’après-midi ce jeudi 5 septembre, le Pape a présidé la messe dans le stade Gelora Bung Carno de Jakarta, étape finale de sa visite apostolique dans l’archipel. S’appuyant sur l’épisode de la pêche miraculeuse dans l’Évangile de Luc, François a encouragé l’Église indonésienne à toujours prendre le risque de prendre le large et de jeter à nouveau les filets, même après des nuits d’échec ou de déception. 

Jean-Benoît Harel – Cité du Vatican

Après la première lecture proclamée par un jeune non-voyant, le Pape a prononcé son homélie dans le stade Gelora Bung Carno de Jakarta pour la messe clôturant sa visite de deux jours en Indonésie. Devant 100 000 personnes (d’autres étaient réunies un autre stade pour suivre la messe sur écran géant), François a proposé aux fidèles indonésiens de suivre les deux «attitudes essentielles» de la foule dans l’évangile de la pêche miraculeuse qui se presse auprès de Jésus: écouter et vivre la Parole.

D’abord, dans son chapitre 5, l’évangéliste Luc explique que «la foule se pressait (…) pour écouter la parole de Dieu». Pour le Pape, le désir de la foule d’écouter les paroles de Jésus montre que le cœur de l’homme est toujours à la recherche d’une vérité capable de nourrir et d’assouvir son désir de bonheur.

“Nous avons toujours besoin d’une lumière qui vienne d’en haut pour éclairer nos pas, d’une eau vive qui étanche la soif des déserts de l’âme, d’une consolation qui ne déçoive pas parce qu’elle vient du ciel et non pas des choses éphémères de ce monde.”

Le premier pas du disciple

Au milieu des vanité des paroles humaines, il y a un besoin de la Parole de Dieu, la seule qui soit une boussole pour notre voyage terrestre a estimé François. Ainsi, le premier pas du disciple du Christ n’est pas de «revêtir les vêtements d’une religiosité extérieurement parfaite, de faire des choses extraordinaires ou de s’engager dans des entreprises grandioses» mais simplement d’écouter la Parole qui sauve, a-t-il poursuivi.

Ensuite, le Saint-Père a invité à vivre la Parole, à l’image de Pierre qui jette ses filets dans la mer sur l’ordre de Jésus. La Parole ne peut rester «une belle idée abstraite ou susciter seulement l’émotion d’un moment»: il nous faut la vivre a assuré le Saint-Père, sans quoi le risque est grand de «rester des perroquets».

“La Parole nous appelle à jeter courageusement les filets de l’Évangile au milieu de la mer du monde, en “courant le risque” de vivre l’amour qu’il nous a enseigné et qu’il a vécu le premier.”

Ainsi, malgré les échecs ou les déceptions, comme Pierre après une nuit d’épuisement, «nous pouvons toujours prendre le risque de prendre le large et de jeter à nouveau nos filets», a souligné François. 

Le Pape François et le cardinal Suharyo.

Le Pape François et le cardinal Suharyo. 

Le rêve de la fraternité

«S’il vous plait, ne restons pas prisonnier de nos échecs et avançons», a continué le Souverain pontife, proposant un temps de silence de quelques secondes pour que chaque personne de l’assemblée se rappelle ses propres échecs.

Enfin, le Saint-Père a demandé aux catholiques de l’archipel de devenir des bâtisseurs d’unité et de paix, à l’image de Mère Térésa, sainte missionnaire en Inde fêtée aujourd’hui. «Osez toujours rêver le rêve de la fraternité», a-t-il conclu, encourageant les catholiques indonésiens à garder leur sourire et à semer l’amour là où ils se trouvent.

Source : VATICANNEWS, le 5 septembre 2024

« Si nous voulons être chrétiens, nous devons aussi être marials »

Illustration
© Shutterstock/Nancy Bauer

« Si nous voulons être chrétiens, nous devons aussi être marials »

Robert Fastiggi, professeur de théologie au Grand Séminaire du Sacré-Cœur à Détroit (États-Unis) et ancien président de la Société mariologique d’Amérique, répond ici à la question : Pourquoi les catholiques accordent-ils tant d’attention à Marie ?

R. Fastiggi : On attribue à sainte Teresa de Calcutta une réponse simple à cette question : « Sans Marie, pas de Jésus » : Cette réponse va au cœur du problème.

Saint Paul écrit dans la lettre aux Galates que « lorsque vint la plénitude des temps, Dieu envoya son fils, né d’une femme, né sous la loi » (Gal 4,4). Cela signifie qu’une femme nommée Marie – la mère du Verbe de Dieu incarné – est au centre même de l’histoire du salut.

Saint Thomas d’Aquin enseigne que Dieu, dans son pouvoir omnipotent, aurait pu restaurer la nature humaine de différentes manières, mais qu’il a choisi de nous racheter en s’incarnant dans la Vierge Marie.

Si Dieu a choisi librement de nous racheter en « naissant d’une femme », il s’ensuit nécessairement que cette femme, Marie, est au centre de son plan de salut. Dans son homélie du 24 avril 1970 au sanctuaire marial de Notre-Dame de Bonaria à Cagliari, en Sardaigne, le pape saint Paul VI l’a magnifiquement exprimé : « Si nous voulons être chrétiens, nous devons aussi être mariaux/marials ?, c’est-à-dire reconnaître le lien essentiel, vital et providentiel qui unit la Vierge à Jésus et qui nous ouvre la voie qui nous conduit à lui. »

Robert Fastiggi, 7 mai 2024

Extraits de catholicreview.org

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

05.09.2024 – SAINTE DU JOUR

Ste Teresa de Calcutta

FONDATRICE († 1997)

Ste Mère Teresa de Calcutta
Religieuse et fondatrice des
« Missionnaires de la Charité »

« Par mon sang, je suis Albanaise. Par ma nationalité, Indienne. Par ma foi, je suis une religieuse catholique. Pour ce qui est de mon appel, j’appartiens au monde. Pour ce qui est de mon cœur, j’appartiens entièrement au Cœur de Jésus. »

Mère Teresa, de son nom patronymique Anjezë Gonxha Bojaxhiu, naît le 26 août 1910 à Üsküb, Empire ottoman (actuellement Skopje, Macédoine).

Cadette de Nikola et Drane Bojaxhiu, famille d’origine albanaise, elle reçut sa première communion à l’âge de cinq ans et demi et fut confirmée en novembre 1916.

À l’âge de douze ans, Agnès commence à ressentir l’appel de se consacrer à Dieu.
La vie de mère Teresa comporte alors deux périodes bien tranchées : sa vie dans l’institut de sœurs de Lorette et sa vie dans l’ordre des Missionnaires de la charité.

À l’âge de dix-huit ans, en 1928, elle entre à l’Institut des « Sœurs de Lorette », en Irlande. En 1929 elle est envoyée à Calcutta. En 1931, après deux années de noviciat, elle fait sa première profession de foi et elle prend le nom de Teresa. Elle enseigne la géographie à l’école Sainte-Marie à Calcutta où elle est nommée directrice en 1944. 

Elle reçoit l’appel de consacrer sa vie aux pauvres des bidonvilles. En 1946, avec le soutien de l’archevêque de Calcutta, elle obtient, du vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958),  la permission de quitter l’ordre des « Sœurs de Lorette ».

En 1948, la vie de Mère Teresa se transforme ; c’est un tournant dans sa vie. Elle s’installe dans un bidonville (à Taltola, en Inde) avec quelques autres religieuses qui l’ont suivie. Elle fait la fondation des « Missionnaires de la Charité », établie officiellement dans le diocèse de Calcutta en 1950. 

Elle prend désormais le nom de Mère Teresa, car elle a choisi la petite Thérèse comme patronne et guide vers la sainteté ; sa vie est consacrée aux pauvres, aux malades, aux laissés-pour-compte et aux mourants. Cela commença avec l’ouverture du « mouroir » de Calcutta pour assurer une fin digne à ceux qui, leur vie durant, avaient vécu « comme des bêtes ». 

En 1996, la congrégation des « Missionnaires de la Charité » comptait 517 missions dans plus d’une centaine de pays. Il y a actuellement près de 4 000 sœurs Missionnaires de la Charité.

Elle a reçu plusieurs récompenses pour son travail, notamment le Prix de la Paix Jean XXIII en 1971 ; le Prix Nobel de la Paix en 1979 pour son action en faveur des déshérités en Inde. Elle a utilisé sa notoriété mondiale pour attirer l’attention du monde sur des questions morales et sociales importantes. 

Pendant 50 ans la vie de Mère Teresa de Calcutta a été marquée par la grande épreuve spirituelle de la nuit de la foi. Elle était assaillie par le doute concernant l’existence de Dieu. Ces années de nuit intérieure constituent un trait important de sa figure spirituelle. C’était un supplice secrètement enfoui en elle et dissimulé derrière un visage paisible qu’elle avait en public. Personne ne savait qu’elle était aussi tourmentée. Cette épreuve de la nuit de la foi apparaît avec une précision jusque-là inédite avec la publication en 2007 d’un ouvrage compilant 40 lettres rédigées au cours des soixante dernières années de sa vie et qu’elle voulait voir détruites pour certaines. 

Après un premier infarctus en 1983, sa santé se détériore sérieusement à partir de 1990. Suite à une crise de paludisme et à un arrêt cardiaque, elle abandonne ses responsabilités à la tête de la communauté en mars 1997. Pendant ses dix dernières années elle a été souvent malade et hospitalisée. 

La vie de Mère Teresa a été assez longue : 87 ans. Son départ pour les demeures éternelles eut lieu, dans son couvent de Calcutta, le 5 septembre 1997. 

L’Inde a déclaré le lendemain de sa mort Jour de deuil national. Elle a offert des funérailles nationales à sa plus grande héroïne depuis Gandhi. La mort de Mère Teresa a été l’occasion d’un hommage unanime ; ses obsèques ont rassemblé des croyants de toutes les religions. Les funérailles ont été célébrées dans le stade de Calcutta ; les sœurs avaient préparé l’autel pour la Messe. 

Monseigneur Henri de Souza, archevêque de Calcutta est à l’origine de la demande de canonisation de Mère Teresa. Le processus de béatification a été particulièrement rapide : il a débuté en 1999, seulement deux ans après sa mort, grâce à une dérogation du pape permettant d’écourter le délai habituel de cinq ans. Celle-ci a bénéficié d’un traitement de faveur de la part de saint Jean-Paul II, fervent admirateur. Ses lettres, qui révèlent ses doutes, étaient connues au moment du procès de béatification de Mère Teresa. Elles ont été prises en compte pour sa béatification.

Mère Teresa de Calcutta a été béatifiée le 19 octobre 2003 à Rome, place Saint-Pierre, devant 300 000 fidèles, par saint Jean-Paul II.

>>> Homélie du Pape Jean-Paul II

Pour un approfondissement biographique :
>>> Mère Teresa de Calcutta, biographie

Mère Teresa de Calcutta a été déclarée sainte le dimanche 4 septembre 2016 par le pape François (Jorge Mario Bergoglio, 2013) au commencement d’une messe de canonisation célébrée sur la place Saint-Pierre devant quelque 100 000 fidèles. 
« Nous déclarons la bienheureuse Teresa de Calcutta sainte et nous l’inscrivons parmi les saints, en décrétant qu’elle soit vénérée en tant que telle par toute l’Église », a déclaré le pape François, en prononçant en latin la formule de canonisation rituelle. 
Le jour de sa fête dans le calendrier catholique des saints a été fixé au 5 septembre, jour anniversaire de sa mort.

Ste Teresa de Calcutta priez pour nous !

05.09.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,1-11. 

En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer.
Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. »


En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.»


Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Ambroise (v. 340-397)

évêque de Milan et docteur de l’Église

Traité sur l’Évangile de s. Luc, IV,71-76 ; SC 45 bis (trad. G. Tissot; Éd. du Cerf 1971, p. 180)

« Avance au large et jetez les filets »

« Avance au large », c’est à dire dans la haute mer des débats. Y a-t-il profondeur comparable à « l’abîme de la richesse, de la sagesse et de la science du Fils de Dieu » (Rm 11,33), à la proclamation de sa filiation divine ? (…) L’Église est conduite par Pierre dans la haute mer du témoignage, pour contempler le Fils de Dieu ressuscité et l’Esprit Saint répandu. Quels sont ces filets des apôtres que le Christ ordonne de jeter ? N’est-ce pas l’enchaînement des paroles, les replis du discours, la profondeur des arguments, qui ne laissent pas échapper ceux qu’ils ont pris ? Ces instruments de pêche des apôtres ne font pas périr leur prise, mais la conservent, la retirent des abîmes vers la lumière, conduisent des bas-fonds vers les hauteurs. (…) « Maître, dit Pierre, nous avons peiné toute une nuit sans rien prendre, mais, sur ta parole, je vais lâcher les filets. » Moi aussi, Seigneur, je sais que pour moi il fait nuit, quand tu ne me commandes pas. Je n’ai encore converti personne par mes paroles, il fait encore nuit. J’ai parlé le jour de l’Épiphanie : j’ai lâché le filet, et je n’ai encore rien pris. J’ai lâché le filet pendant le jour. J’attends que tu me l’ordonnes ; sur ta parole, je le lâcherai encore. La confiance en soi est vaine, mais l’humilité est fructueuse. Eux qui jusque-là n’avaient rien pris, voici que, à la voix du Seigneur, ils capturent une énorme quantité de poissons.

LECTURES :

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,18-23. 

Que personne ne s’y trompe : si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage.
Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. Il est écrit en effet : ‘C’est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté.’
Il est écrit encore : ‘Le Seigneur le sait : les raisonnements des sages n’ont aucune valeur !’
Ainsi, il ne faut pas mettre sa fierté en tel ou tel homme. Car tout vous appartient,
que ce soit Paul, Apollos, Pierre, le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir : tout est à vous,
mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.

Psaume 24(23),1-2.3-4ab.5-6. 

Au Seigneur, le monde et sa richesse, 
la terre et tous ses habitants !
C’est lui qui l’a fondée sur les mers 
et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur 
et se tenir dans le lieu saint ?
L’homme au cœur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, 
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! 
Voici Jacob qui recherche ta face !

05.09.2024 – RENCONTRE INTERRELIGIEUSE DANS LA MOSQUÉE ISTIQLAL DE JAKARTA

Rencontre interreligieuse: créer des liens entre les différences

Le Pape François a été accueilli à la mosquée Istiqlal de Jakarta par l’imam Nasaruddin Umar pour une rencontre placée sous le signe de la fraternité entre chrétiens et musulmans d’Indonésie. Une déclaration commune a été signée pour renforcer la collaboration entre les religions, favoriser le dialogue face aux crises, et pour la protection de la Création.

Jean-Charles Putzolu – Cité du Vatican

C’est l’un des rendez-vous parmi les plus importants de l’étape indonésienne du Pape François. La rencontre interreligieuse, au sein de la mosquée Istiqlal de Jakarta, la plus grande d’Asie, concrétise l’esprit de dialogue entre les différentes religions qui coexistent pacifiquement dans le pays. D’emblée, pour souligner les bonnes relations entre chrétiens et musulmans, François rappelle que l’architecte qui a conçu la mosquée était chrétien. Friedrich Silaban est par ailleurs aussi le concepteur du stade Gelora Bung Karno où le Pape doit ce jeudi célébrer la messe. Le fait qu’un chrétien dessine une mosquée «témoigne du fait que, dans l’histoire de cette nation et dans la culture que l’on y respire, la mosquée, comme les autres lieux de culte, sont des espaces de dialogue, de respect mutuel, de coexistence harmonieuse entre les religions et les différentes sensibilités spirituelles», observe François.

Le tunnel de l’amitié

Mais ce n’est pas tout. Il existe un autre témoignage concret de cette harmonie: le «tunnel de l’amitié», qui relie la mosquée Istiqlal à la cathédrale Sainte Marie de l’Assomption, située juste en face. Visitant ce tunnel avec le grand imam, Nasaruddin Umar, le Successeur de Pierre évoque la lumière en s’adressant l’imam: «Quand on pense à un tunnel, on imagine facilement un chemin sombre qui peut faire peur, surtout si l’on est seul. Ici, c’est différent, car tout est éclairé. Mais je voudrais vous dire que vous êtes la lumière qui l’éclaire, par votre amitié, l’harmonie que vous cultivez, le soutien que vous vous apportez mutuellement».

François développe sa pensée sur le rôle des religions: «aider chacun à traverser le tunnel les yeux tournés vers la lumière», et ainsi reconnaitre «un frère, une sœur, un frère, une sœur, avec qui nous pouvons partager la vie et nous soutenir réciproquement». Ce tunnel est significatif de ce que l’amitié entre traditions religieuses différentes peut opposer aux «nombreux signes de menace» et «aux périodes sombres». Il favorise «une rencontre, un dialogue», et «peut se transformer en une véritable expérience de fraternité, en une caravane solidaire», dit le Pape.

Marcher ensemble pour écarter l’extrémisme

Dans l’immense mosquée, qui peut accueillir jusqu’à 250 000 personnes, l’imam Nasaruddin Umar rappelle que l’édifice n’est pas uniquement d’un lieu de culte pour les musulmans, mais également «une grande maison pour l’humanité», qui «accueille régulièrement des activités interconfessionnelles, interculturelles et diplomatiques». S’en suivent les encouragements de l’évêque de Rome à poursuivre sur cette voie : marcher ensemble «à la recherche de Dieu et contribuer à construire des sociétés accueillantes, fondées sur le respect mutuel et l’amour réciproque, capables d’écarter la rigidité, le fondamentalisme et l’extrémisme, qui sont toujours dangereux et jamais justifiables».

Regarder toujours en profondeur

Poursuivant son allocution, le Pape suggère deux orientations. La première: «Regarder toujours en profondeur» pour aller chercher ce qui unit au-delà des différences. François évoque les deux niveaux qui matérialisent les espaces de la cathédrale et de l’église: en surface, les espaces réservés au culte, avec les rites et les pratiques de chacune des religions. En dessous, le tunnel, qui relie mettant en relief les racines communes à toutes les sensibilités religieuses, comme «la rencontre avec le divin», et «la soif d’infini que le Très-Haut a mis dans notre cœur».Pour le Pape, «en saisissant ce qui coule au plus profond de nos vies, […]nous découvrons que nous sommes tous frères, tous pèlerins, tous en marche vers Dieu, au-delà de ce qui nous différencie».

Prendre soin des relations

La seconde invitation adressée par le Saint-Père concerne l’entretien des relations entre les religions. Chercher à tout prix un point commun entre les différentes doctrines et professions religieuses n’est pas la priorité. Au contraire, une telle approche peut finir par diviser. Ce qui est important, souligne François, «c’est de créer une liaison entre nos différences, de veiller à cultiver des liens d’amitié, d’attention, de réciprocité». C’est-à-dire s’ouvrir à l’autre, apprendre de la tradition religieuse de chacun, savoir s’entraider. C’est ainsi qu’il sera possible de marcher ensemble pour «la défense de la dignité humaine, la lutte contre la pauvreté, la promotion de la paix».

Signature de la déclaration commune

Signature de la déclaration commune

Promouvoir l’harmonie religieuse pour le bien de l’humanité

Le Pape François, l’imam d’Itsilqlal, ainsi que les représentants des autres religions présentes dans le pays, ont signé la déclaration commune orientée sur deux principaux axes : «la déshumanisation et le changement climatique». L’image n’est pas sans rappeler la signature du document sur la Fraternité humaine signé en février 2019 avec l’imam Al Fayyed à Abou Dhabi. À Jakarta, le texte s’intitule “Promouvoir l’harmonie religieuse pour le bien de l’humanité”, il dénonce «une violence et des conflits généralisés»générés souvent par une instrumentalisation de la religion; et «l’abus par l’homme de la création, notre maison commune» qui a contribué au changement climatique. En réponse à cette double crise, les chefs religieux signataires s’engagent à une promotion efficace des valeurs communes des traditions religieuses, à œuvrer en faveur de la réconciliation, du respect et de la solidarité fraternelle. La déclaration mentionne également la nécessité d’une collaboration étroite en vue de faire face aux crises, d’en identifier les causes et de prendre les mesures qui s’imposent. Puisqu’il n’existe qu’une seule famille humaine, le document souhaite que le dialogue interreligieux soit reconnu comme «un outil efficace pour résoudre les conflits locaux, régionaux et internationaux, en particulier ceux causés par l’abus de la religion». Enfin, en matière de protection de l’environnement, toutes les personnes de bonne volonté sont invitées à «agir de manière décisive pour préserver l’intégrité de l’écosystème et de ses ressources héritées des générations précédentes, que nous espérons transmettre à nos enfants et petits-enfants»

Source : VATICANNEWS, le 5 septembre 2024