07.09.2024 – Visite de la mission auprès des enfants des rues et de « Callan Services » – Papouasie-Nouvelle-Guinée

François aux enfants papous: «Nous sommes tous de magnifiques dons de Dieu»

En fin d’après-midi de ce samedi 7 septembre, le Pape François a rencontré plusieurs centaines d’élèves de la Caritas Technical Secondary School à Port Moresby, capitale de Papouasie-Nouvelle-Guinée. En répondant à quelques questions des enfants, le Pape François a donné la recette pour rendre le monde plus beau: «apprendre jour après jour à aimer Dieu et les autres de tout cœur». 

Jean-Benoît Harel – Cité du Vatican

Il y avait une joie peu ordinaire dans la grande salle de la Caritas Technical Secondary School à Port Moresby, ce vendredi 7 septembre. 800 enfants et jeunes ont accueilli vers 17h (heure locale) le Saint-Père pour une rencontre d’une petite heure.

Large sourire sur le visage, bénissant les enfants, le Pape a rejoint l’estrade de la salle, en compagnie du cardinal John Ribat, également archevêque de Port Moresby. Celui-ci a remercié le Pape de sa venue dans cette école fondée en 1995 par les sœurs missionnaires de la charité de Jésus.

Cette école accueille notamment des enfants des rues, dans le cadre du Street Ministry, une œuvre inspirée par le cardinal Ribat et tenue par les religieuses de Saint-Joseph de Cluny, créée en 2010. De nombreux enfants handicapés du Callan Service étaient par ailleurs présents. Cette organisation s’occupe des personnes en situation de handicap à travers toute la Papouasie-Nouvelle-Guinée, agissant principalement dans les domaines de l’éducation et de la formation.

Le Pape saluant les élèves de la «Caritas Technical Secondary School».

Le Pape saluant les élèves de la «Caritas Technical Secondary School».

«Comment rendre le monde plus heureux?»

Pour commencer la rencontre, une trentaine d’enfants en tenue traditionnelle ont effectué quelques pas de danse devant le Saint-Père sur un chant papou, tandis que de jeunes garçons tapaient sur des kundus, un tambour traditionnel. Ensuite, trois enfants ont adressé quelques mots au Pape, l’interrogeant sur le sens de vivre un handicap, sur l’espérance et sur la manière de rendre le monde plus beau et plus heureux.

Les enfants ont salué le Saint-Père, qui leur a répondu, après une nouvelle danse traditionnelle durant laquelle les danseurs ont arboré fièrement de nombreux drapeaux dans leurs cheveux, celui de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, de leurs tribus et même un représentant le Pape François. Ce dernier a commencé par salué les nombreuses religieuses et les enfants, «qui sont magnifiques», et a exprimé sa joie de partager ce moment de fête avec eux.

Donner et accueillir l’amour

À la demande «pourquoi ne suis-je pas comme les autres?», le Pape a assuré que «personne de nous n’est comme les autres, nous sommes tous uniques devant Dieu». C’est pour cela, a-t-il poursuivi, que «chacun de nous a un rôle et une mission dans le monde que personne d’autre ne peut accomplir». «Même si cela créé des difficultés, cette mission donne en même temps un océan de joie, de manière différente pour chaque personne», a continué le Saint-Père.

La chose la plus importante pour le Pape, est de «donner de l’amour, toujours, et accueillir à bras ouverts l’amour que nous recevons de ceux qui nous aiment». C’est d’ailleurs sa réponse à la deuxième question sur la manière de rendre le monde plus beau. Il donne sa recette: «en apprenant jour après jour à aimer Dieu et les autres de tout notre cœur! Et en essayant d’apprendre -même à l’école- tout ce que nous pouvons, de le faire de la meilleure façon possible, en étudiant et en mettant tout notre effort dans chaque occasion qui nous est offerte de grandir, de nous améliorer et d’affiner nos dons et nos compétences».

La joie des enfants en attendant le Pape François.

La joie des enfants en attendant le Pape François. 

Se concentrer sur l’amour

Enfin, le Souverain pontife a pris l’image d’un chat qui se prépare à sauter, et qui concentre toute son énergie dans une direction. De même, il a appelé les enfants à prendre exemple et à «concentrer toutes nos forces sur le but, qui est l’amour pour Jésus et, en Lui, pour tous les frères et sœurs que nous rencontrons sur notre chemin».

Assurant que «chacun est un don magnifique de Dieu», le Pape François a remercié toutes les personnes qui travaillent dans le centre, dont de nombreuses religieuses. «Tenez toujours allumée la lumière qui est un signe d’espoir», a-t-il encouragé. Enfin, le Pape a béni les enfants, juste avant que certains lui apportent plusieurs cadeaux dont un kundu (ndlr, tambour à main) et divers tissus.

Source : VATICANNEWS, le 7 septembre 2024

Un pécheur endurci est sauvé de l’enfer grâce à un petit reste de dévotion mariale

Illustration
© Shutterstock/Brittany Raine

Un pécheur endurci est sauvé de l’enfer grâce à un petit reste de dévotion mariale

Né à Auray le 14 juillet 1602 dans une riche famille noble, Pierre de Keriolet semble, dès l’enfance, sous emprise démoniaque. Il aime faire le mal. Ses études chez les Jésuites de Rennes ne le corrigent pas, au contraire. Toujours à court d’argent, il vole son entourage.

À vingt ans, il tente de rejoindre l’Empire ottoman pour devenir musulman. Il n’y parviendra jamais, tant les obstacles se dressent sur sa route. Il est victime de brigands alors qu’il traverse l’Allemagne : seul survivant de l’attaque, il implore Notre Dame de Liesse de le sauver. Exaucé, il ne respecte pas le vœu qu’il lui a fait et, pendant plus de quinze ans, il mène une existence de débauches, au cours de laquelle il a peut-être signé un pacte avec le diable.

En 1635, il rentre en France recueillir l’héritage de son père et achète une charge de conseiller au Parlement de Bretagne. Il se sert de son pouvoir de magistrat pour entretenir les haines entre justiciables, éprouvant satisfaction à faire le mal.

À plusieurs reprises, il échappe à la mort, comme si une protection invisible et toute puissante s’étendait sur lui. Au lieu de s’interroger, il se félicite de sa chance exceptionnelle.

C’est dans l’espoir d’être remarqué du jeune duc d’Orléans, frère de Louis XIII, que Pierre de Keriolet accompagne ce dernier à Loudun, en 1636, avec d’autres parlementaires. Une affaire de sorcellerie secoue alors la ville. Pendant un exorcisme en l’église Sainte-Croix de Loudun, le démon, parlant par la bouche de la possédée, apostrophe Pierre de Keriolet en public, lui révèle qui l’a protégé et lui en expose les raisons, évoquant les miracles de protection dont il a bénéficié. En conclusion, le démon précise qu’il se tenait là pour le conduire en enfer, hurlant : « Sans elle et ton ange, je t’aurais emporté ! »

Le lendemain, le diable s’écrie en revoyant Keriolet : « Tiens, revoilà le monsieur d’hier ! S’il continue comme cela, il montera aussi haut dans le Ciel qu’il aurait été bas avec nous en enfer. Ah ! si tu savais ! […] Elle a mis les bras dans la fange jusqu’aux coudes pour le retirer de ses ordures, et cela sous prétexte qu’il gardait un peu de dévotion pour elle !!! Et dire que nous, nous sommes damnés pour un seul péché !!! »

En fait, Keriolet est sauvé pour avoir, toute sa vie et quelles qu’aient été ses fautes, respecté la promesse faite jadis à sa mère : dire chaque jour, quoi qu’il arrive, un Ave Maria en l’honneur de Notre Dame. Alors qu’il était réputé pour son avarice, il a toujours fait généreusement l’aumône, même s’il affirmait que ce n’était pas pour l’amour de Dieu. Or, « l’aumône couvre la multitude des péchés », selon le mot de saint Grégoire le Grand.

Certes, les attaques démoniaques se poursuivront toute la vie de l’abbé de Keriolet, car l’enfer déteste lâcher sa proie, mais ce sera en vain. L’on n’arrache pas à Notre Dame ce qu’elle tient.

Anne Bernet

Auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages pour la plupart consacrés à la sainteté.

1000raisonsdecroire.com

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

07.09.2024 – SAINT DU JOUR

St Clodoald (Cloud)

PRÊTRE († 560)

Saint Clodoald
Prince, moine et prêtre 
(515-560)

Clodoald, plus connu sous le nom de Cloud, était le fils du roi Clodomir et petit-fils de Clovis et de sainte Clotilde. Après la mort de son père, ses oncles, Childebert et Clotaire, firent demander à leur mère Clotilde, de leur envoyer les enfants de Clodomir pour les proclamer successeurs de leur père. La sainte veuve revêtit Cloud, qui n’avait que deux ans, et ses deux frères de leurs plus beaux habits et les envoya avec confiance, ne se doutant pas que ses petits-enfants allaient être égorgés sans pitié par ses propres fils. Cloud fut sauvé du massacre et put échapper à toutes les recherches de ses oncles.

Le jeune prince grandit en paix dans un monastère, et, trouvant toute sa joie au service de Dieu, il préféra la tonsure à la couronne. Il choisit plus tard, pour y finir ses jours, le monastère d’Agaune, dont les neufs cents religieux partagés en neuf chœurs, se succédaient tour à tour devant l’autel et chantaient l’office sans interruption, le jour et la nuit.

Dieu ne voulut pas laisser longtemps ce trésor enfoui, car il accompagna les vertus du prince du don des miracles. Un jour qu’il se promenait aux environs de sa cellule, un mendiant à moitié nu se présente à lui, implorant sa charité. Le prince, devenu moine, n’avait rien ; les pauvres vêtements qu’il portait étaient les seuls objets qu’il eût à sa disposition ; il ne voulut pas cependant rebuter un membre du Sauveur Jésus, et, se dépouillant de son manteau, il en revêtit le mendiant. Le soir, celui-ci reçut l’hospitalité dans une chaumière voisine, et, pendant qu’il dormait, ô prodige ! Le vêtement qu’il avait reçu rayonnait d’un éclat plus merveilleux que les brillants habits des princes.

Cloud fut ordonné prêtre malgré les protestations de son humilité, et fut le premier des princes de France qui gravit les degrés de l’autel. C’est à Paris qu’avait eu lieu l’ordination ; il obtint du roi Childebert, son oncle, une propriété voisine de la capitale pour y finir ses jours dans la solitude. Dès qu’on sut le lieu de la retraite du serviteur de Dieu, on y accourut de toutes parts pour se mettre sous sa direction ; quelques cellules furent d’abord bâties, bientôt un monastère devint nécessaire ; Cloud y vécut sept ans au milieu de ses frères, leur donnant l’exemple de toutes les vertus. Les vertus de saint Cloud avaient attiré vers lui de nombreux disciples ; ses miracles firent accourir des foules immenses à son tombeau, autour duquel se forma la ville de Saint-Cloud. 

La piété naturelle de nos pères a porté les cloutiers à le choisir pour patron.

Saint Clodoald priez pour nous !

07.09.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,1-5. 

Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs ; ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains.
Quelques pharisiens dirent alors : « Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? »
Jésus leur répondit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David un jour qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ?


Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l’offrande, en mangea et en donna à ceux qui l’accompagnaient, alors que les prêtres seulement ont le droit d’en manger. »
Il leur disait encore : « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Benoît XVI

pape de 2005 à 2013

Homélie, Célébration eucharistique, 20ème Journée Mondiale de la Jeunesse, 21/08/05 (trad. DC 2343, p. 909)

Rendre le Christ maître de notre sabbat

L’Eucharistie fait partie du dimanche. Au matin de Pâques, les femmes en premier, puis les disciples, ont eu la grâce de voir le Seigneur. Depuis lors, ils ont su que désormais le premier jour de la semaine, le dimanche, serait son jour à lui, le jour du Christ. Le jour du commencement de la création devenait le jour du renouvellement de la création. Création et rédemption vont ensemble. C’est pour cela que le dimanche est tellement important. Il est beau qu’aujourd’hui, dans de nombreuses cultures, le dimanche soit un jour libre ou, qu’avec le samedi, il constitue même ce qu’on appelle le « week-end » libre. Ce temps libre, toutefois, demeure vide si Dieu n’y est pas présent. Chers amis ! Quelquefois, dans un premier temps, il peut s’avérer plutôt mal commode de devoir prévoir aussi la Messe dans le programme du dimanche. Mais si vous en prenez l’engagement, vous constaterez aussi que c’est précisément ce qui donne le juste centre au temps libre. Ne vous laissez pas dissuader de participer à l’Eucharistie du dimanche et aidez aussi les autres à la découvrir. Parce que la joie dont nous avons besoin se dégage d’elle, nous devons assurément apprendre à en comprendre toujours plus la profondeur, nous devons apprendre à l’aimer. Engageons-nous en ce sens, cela en vaut la peine ! Découvrons la profonde richesse de la liturgie de l’Église et sa vraie grandeur : nous ne faisons pas la fête pour nous, mais c’est au contraire le Dieu vivant lui-même qui prépare une fête pour nous.

LECTURES :

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4,6b-15. 

Frères, apprenez d’Apollos et de moi-même à ne pas aller au-delà de ce qui est écrit, afin qu’aucun de vous n’aille se gonfler d’orgueil en prenant le parti de l’un contre l’autre.
Qui donc t’a mis à part ? As-tu quelque chose sans l’avoir reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te vanter comme si tu ne l’avais pas reçu ?
Vous voilà déjà comblés, vous voilà déjà riches, vous voilà devenus rois sans nous ! Ah ! si seulement vous étiez devenus rois, pour que nous aussi, nous le soyons avec vous !
Mais nous, les Apôtres, il me semble que Dieu nous a exposés en dernier comme en vue d’une mise à mort, car nous sommes donnés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes.
Nous, nous sommes fous à cause du Christ, et vous, vous êtes raisonnables dans le Christ ; nous sommes faibles, et vous êtes forts ; vous êtes à l’honneur, et nous, dans le mépris.
Maintenant encore, nous avons faim, nous avons soif, nous sommes dans le dénuement, maltraités, nous n’avons pas de domicile,
nous travaillons péniblement de nos mains. On nous insulte, nous bénissons. On nous persécute, nous le supportons.
On nous calomnie, nous réconfortons. Jusqu’à présent, nous sommes pour ainsi dire l’ordure du monde, le rebut de l’humanité.
Je ne vous écris pas cela pour vous faire honte, mais pour vous reprendre comme mes enfants bien-aimés.
Car, dans le Christ, vous pourriez avoir dix mille guides, vous n’avez pas plusieurs pères : par l’annonce de l’Évangile, c’est moi qui vous ai donné la vie dans le Christ Jésus.

Psaume 145(144),17-18.19-20.21. 

Le Seigneur est juste en toutes ses voies, 
fidèle en tout ce qu’il fait.
Il est proche de ceux qui l’invoquent, 
de tous ceux qui l’invoquent en vérité.

Il répond au désir de ceux qui le craignent ; 
il écoute leur cri : il les sauve.
Le Seigneur gardera tous ceux qui l’aiment, 
mais il détruira tous les impies.

Que ma bouche proclame
les louanges du Seigneur ! 
Son nom très saint, que toute chair le bénisse 
toujours et à jamais !

07.09.2024 – Rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique – Papouasie-Nouvelle-Guinée

À Port Moresby, l’ode du Pape à la concorde et l’harmonie entre ethnies

Si loin de Rome, mais si proche du cœur de l’Église catholique. C’est un triptyque composé de variété, d’harmonie et de fraternité que le Pape a proposé lors de son premier discours en Papouasie, devant un parterre de 300 autorités à l’APEC Haus de Port Moresby, samedi 7 septembre. Dans la capitale du pays des oiseaux de paradis, l’évêque de Rome a aussi loué l’âme joyeuse et libre du pays, contrastant avec le repli des sociétés opulentes.

Delphine Allaire – À Port Moresby, Papouasie-Nouvelle-Guinée

Après des danses traditionnelles et le don d’un Lakatoi, voilier typique de Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Pape argentin a écouté le discours du gouverneur général, Bob Dadae. Le représentant du roi Charles III, dans la monarchie constitutionnelle papoue, membre du Commonwealth, a reconnu la grande contribution de l’Église catholique au développement croissant du pays en 179 ans de présence seulement, et salué la diplomatie vaticane sur les questions humanitaires universelles. 

Entre les murs translucides de l’APEC Haus, structure contemporaine servant aux sommets diplomatiques de la Coopération économique de l’Asie-Pacifique, plusieurs chefs d’États du Pacifique insulaire ont aussi écouté le Pape. Les Premiers ministres des îles Tonga, du Vanuatu, ou encore le secrétaire général du Forum des îles du Pacifique (FIP) étaient ainsi présents pour ce premier discours de François dans les confins océaniens. 

L’harmonie des différences

Devant le gouverneur général, le Premier ministre James Marape, le corps diplomatique de PNG et 300 représentants de la société civile, dans ce navire de verre en bord de mer, le Successeur de Pierre a d’emblée fait l’éloge des richesses infinies de Papouasie. Culturelles d’abord: plus de 800 langues, autant d’îles que d’idiomes, caractéristique typiquement océanienne où la nature vaste relie les hommes plutôt que ne les sépare, loin des conceptions dualistes. Sur le plan spirituel, François imagine que cette énorme variété est «un défi pour l’Esprit Saint qui crée l’harmonie à partir des différences».

Répartir les revenus issus de l’exploitation des biens

Une richesse d’îles et d’idiomes, mais aussi de ressources terrestres et maritimes que le Souverain pontife argentin aimerait voir porter paix et prospérité aux habitants de cette île du Pacifique située au cœur du Triangle de Corail. «Ces biens sont destinés par Dieu à la collectivité entière et, même si leur exploitation nécessite l’intervention de compétences plus vastes et de grandes entreprises internationales, il est juste que les besoins des populations locales soient dûment pris en compte dans la répartition des revenus et dans l’emploi de la main-d’œuvre, afin de produire une amélioration effective de leurs conditions de vie», a déclaré le Souverain pontife, pendant à cet eldorado naturel abritant près de 5% de la biodiversité mondiale, exploité par des entreprises étrangères. Ainsi la forêt de Papouasie est détenue à plus de 12% par des compagnies étrangères.

Cette richesse environnementale et culturelle représente en même temps une grande responsabilité, a donc estimé François, car elle engage tout le monde, gouvernants comme citoyens, «grâce à des programmes concrètement réalisables et à la coopération internationale, dans un respect mutuel et avec des accords avantageux pour toutes les parties».

L’appel à la fin des violences tribales

François a aussi évoqué le défi de la pacification de la société papoue, toujours en proie à des affrontements localisés. Une Condition sine qua non selon l’évêque de Rome est la stabilité des institutions, favorisée par la concorde sur certains points essentiels entre les différentes conceptions et sensibilités présentes dans la société. 

«Tout cela nécessite également une vision à long terme et un climat de coopération entre tous, y compris dans la distinction des rôles et les divergences d’opinion», a encore plaidé le Pape, souhaitant que cessent les violences tribales. «Elles ne permettent pas de vivre en paix et entravent le développement», a martelé François, en appelant au sens de responsabilité de chacun «pour arrêter la spirale de la violence et s’engager résolument sur la voie qui conduit à une coopération fructueuse, au bénéfice de l’ensemble des habitants du pays.»

Consolider la concorde civile

Dans le climat créé par ces attitudes, le «status» de l’île de Bougainville, en voie d’indépendance, pourrait également trouver un règlement définitif, évitant ainsi la résurgence d’anciennes tensions, a souhaité François. Le processus qui doit y aboutir est toujours en cours en 2024 et devrait trouver une issue en 2027. Enfin, à tous ceux qui se déclarent chrétiens en PNG, François souhaite ardemment que «la foi ne se réduise jamais à l’observance de rituels ou de préceptes». Dans ce pays majoritairement protestant, le Premier ministre adventiste du septième jour souhaite en effet inscrire le christianisme dans la Constitution, où figurent déjà les valeurs chrétiennes. Une initiative qui n’a pas le soutien de l’Église catholique locale.

En consolidant la concorde sur les fondements de la société civile, et avec la disponibilité de chaque individu à sacrifier quelque chose de sa propre position pour le bien de tous, on pourra mettre en œuvre les forces nécessaires pour améliorer les infrastructures, répondre aux besoins de la population en matière de santé et d’éducation, et augmenter les possibilités de travail décent, a poursuivi François, qui s’est ensuite arrêté sur des considérations plus célestes.

L’âme suffoque dans l’abondance matérielle

«L’être humain a aussi besoin, au-delà du nécessaire pour vivre, d’une grande espérance dans le cœur, qui le fasse bien vivre, lui donne le goût et le courage de se lancer dans des projets de grande envergure et lui permet de lever son regard vers le haut et vers de vastes horizons.» Comme lors de nombreux discours devant les autorités des pays qu’il visite, le Pape a insisté sur la nécessité de réinsuffler une âme au pays.

En effet, le Pape a rappelé combien l’abondance des biens matériels, «sans cette respiration de l’âme, ne suffit pas à donner vie à une société dynamique et sereine, laborieuse et joyeuse»; «au contraire, elle la fait se replier sur elle-même». François a ainsi conforté les sociétés traditionnelles du pays par rapport à l’opulence vide et désorientée que produit parfois la modernité dans d’autres parties du globe.

C’est pourquoi, estime l’évêque de Rome, il convient d’orienter notre esprit vers des réalités plus grandes, lançant un appel contre la corruption, l’une des plaies du pays: «Il faut que les comportements soient soutenus par une force intérieure qui les protègent du risque de la corruption et de perdre en cours de route la capacité à reconnaître le sens de son travail et à l’accomplir avec dévouement et constance.»

Demeurer un peuple qui prie

Cela se reflète également dans le logo et la devise de sa visite en Papouasie-Nouvelle-Guinée. «Pray», «Prier». «Certains, trop attentifs au “politiquement correct”, pourraient être surpris par ce choix; mais en réalité, ils se trompent, car un peuple qui prie possède un avenir, en puisant sa force et son espoir d’en haut», a-t-il observé, concluant, inspiré par l’emblème national de l’oiseau de paradis, symbole de liberté: «que rien ni personne ne peut étouffer parce qu’elle est intérieure et qu’elle est gardée par Dieu», invoquant saint Michel Archange, patron de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. 

Source : VATICANNEWS, le 7 septembre 2024

06.09.2024 – CÉRÉMONIE DE BIENVENUE DU PAPE FRANÇOIS À L’AÉROPORT DE PORT MORESBY DE PAPOUASIE NOUVELLE GUINÉE

À Port Moresby, le Pape foule pour la première fois une terre d’Océanie

19h06, heure locale, 11h06 à Rome, le Pape argentin a atterri la nuit tombée à l’aéroport international Jacksons de Port Moresby, capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Océanie, vendredi 6 septembre. Une cérémonie de bienvenue s’est déroulée en présence des autorités nationales. 

Conduit par un personnel de bord indonésien à bord d’un Airbus A330 de Garuda Indonesia, compagne aérienne nationale indonésienne, François a été officiellement accueilli en terre papoue, descendu de l’avion en plateforme élévatrice.

Pour saluer le Pape à l’aéroport international de Jacksons- le deuxième Pape en Papouasie-Nouvelle-Guinée après Jean-Paul II en 1984 et 1995- après 20 coups de canon, le vice-premier ministre, John Rosso, croix autour du cou, et deux enfants en costume traditionnel ont offert des fleurs. Le Pape s’est vu présenter les différentes délégations officielles, vaticanes en Papouasie, et locales. 

Jour 1 en Papouasie-Nouvelle-Guinée

Immédiatement après la cérémonie d’accueil, François s’est rendu à la nonciature apostolique de Port Moresby pour dîner. Une grande journée attend l’évêque de Rome, demain samedi 7 septembre. Après la célébration de la messe en privé à la nonciature, le Pape est attendu à la maison du gouverneur général sur les hauteurs de la capitale, puis à l’APEC Haus, en bas du port, pour rencontrer les autorités et prononcer son premier discours. Après un déjeuner à la nonciature, et une longue pause de repos durant l’après-midi, François consacrera la fin de journée aux jeunes filles de la Caritas Technical Secondary School, puis aux évêques, prêtres, religieux et religieuses de la région au sanctuaire de Marie Auxiliatrice.

Source: VATICANNEWS, le 6 septembre 2024