Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8,27-35.
En ce temps-là, Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? » Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. » Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. »
Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne. Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Césaire d’Arles (470-543)
moine et évêque
Sermon 159, 1,4-6 ; CCL 104,650 (trad Delhougne, Les Pères commentent, p. 288)
« Qu’il me suive »
Quand le Seigneur nous dit dans l’évangile : « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même », nous trouvons qu’il nous commande une chose difficile et nous considérons qu’il nous impose un lourd fardeau. Mais si celui qui commande nous aide à accomplir ce qu’il commande, cela n’est pas difficile… Où devons-nous suivre le Christ, sinon là où il est allé ? Or, nous savons qu’il est ressuscité et monté aux cieux : c’est là que nous avons à le suivre. Il ne faut certainement pas nous laisser envahir par le désespoir, car, si nous ne pouvons rien par nous-mêmes, nous avons la promesse du Christ. Le ciel était loin de nous avant que notre Tête y soit montée. Désormais, si nous sommes les membres du corps de cette Tête (Col 1,18), pourquoi désespérer de parvenir au ciel ? S’il est vrai que sur cette terre tant d’inquiétudes et de souffrances nous accablent, suivons le Christ en qui se trouvent le bonheur parfait, la paix suprême et la tranquillité éternelle. Mais l’homme désireux de suivre le Christ écoutera cette parole de l’apôtre Jean : « Celui qui déclare demeurer dans le Christ doit marcher lui-même dans la voie où lui, Jésus, a marché » (1Jn 2,6). Tu veux suivre le Christ ? Sois humble, comme il l’a été. Tu veux le rejoindre dans les hauteurs ? Ne méprise pas son abaissement.
LECTURES :
Livre d’Isaïe 50,5-9a.
Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé.
J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.
Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, Celui qui me justifie. Quelqu’un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble !
Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ? Qu’il s’avance vers moi ! Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ?
Psaume 116(114),1-2.3-4.5-6.8-9.
J’aime le Seigneur : il entend le cri de ma prière ; il incline vers moi son oreille : toute ma vie, je l’invoquerai.
J’étais pris dans les filets de la mort, retenu dans les liens de l’abîme, j’éprouvais la tristesse et l’angoisse ; j’ai invoqué le nom du Seigneur : « Seigneur, je t’en prie, délivre-moi ! »
Le Seigneur est justice et pitié, notre Dieu est tendresse. Le Seigneur défend les petits : j’étais faible, il m’a sauvé.
Il a sauvé mon âme de la mort, gardé mes yeux des larmes et mes pieds du faux pas. Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants.
Lettre de saint Jacques 2,14-18.
Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. En revanche, on va dire : « Toi, tu as la foi ; moi, j’ai les œuvres. Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi.
François: «la guerre à Gaza, c’en est trop! Aucun pas n’est fait pour la paix»
Dans le vol Singapour-Rome, François a répondu aux journalistes qui l’accompagnent et évoqué le drame des civils tués. Sur les élections américaines: entre Harris et Trump, il a invité chacun à choisir en conscience. Le Pape a également clairement condamné l’avortement tout comme le rejet des migrants. Il s’est félicité de l’accord avec Pékin: la Chine est une promesse et une espérance pour l’Église.
Vatican News
«La guerre à Gaza, c’est trop!» Dans le vol Singapour-Rome, le Pape François a rencontré les journalistes qui l’accompagnent et évoqué la situation dramatique en Terre Sainte. Les victimes à Gaza s’élèvent à plus de 41 000. Une question a abordé le sujet des élections américaines et la difficulté de choisir pour un catholique. François a également prononcé quelques mots d’ouverture sur la Chine, qu’il a qualifié de « promesse et d’espoir pour l’Église ».
Matteo Bruni: Bonjour Sainteté, merci pour ces nombreux jours de voyage, merci aussi de nous avoir fait partager la joie des gens plus que notre fatigue au cours de ce voyage. Les journalistes qui ont voyagé avec vous ont quelques questions à vous poser.
Tout d’abord, je tiens à vous remercier tous pour ce travail, pour votre compagnie au cours du voyage, c’est très important pour moi. Ensuite, je voudrais féliciter la doyenne, parce que Valentina (Alazraki, ndlr) totalise maintenant 160 voyages. Je ne lui dirai pas qu’elle doit prendre sa retraite, mais de continuer ainsi. Maintenant, posez vos questions et merci beaucoup.
Pei Ting Wong – THE STREETS TIMES
Pape François, je suis très heureux. J’espère que vous avez apprécié votre visite à Singapour, et que vous avez peut-être goûté à la cuisine locale. Qu’avez-vous vu des réalités de Singapour? La culture? La population? Avez-vous été surpris par ce que vous avez vu? Et que peut apprendre Singapour des trois autres pays que nous avons visités? Plus précisément, votre message sur la reconnaissance d’un salaire équitable pour les migrants faiblement rémunérés à Singapour a trouvé un écho auprès de nombreux Singapouriens. Qu’est-ce qui a inspiré ce message et que pensez-vous de cette thématique? Enfin, une dernière question: vous avez déclaré que Singapour avait un rôle spécifique à jouer sur la scène internationale. Que peut faire Singapour dans un monde en guerre? Et comment le Vatican peut-il apporter sa contribution sur le plan diplomatique?
Merci à vous. Tout d’abord, je ne m’attendais pas à trouver Singapour dans cet état. On l’appelle la New York de l’Est, un pays développé, des gens polis, une ville propre, des grands gratte-ciels. Une grande culture interconfessionnelle aussi. La rencontre interreligieuse à laquelle j’ai assisté à la fin était un modèle de fraternité. Puis j’ai vu, en parlant des migrants, des gratte-ciels pour les ouvriers. Des gratte-ciels luxueux et d’autres qui sont biens, propres, j’ai beaucoup aimé ça. Je n’ai pas senti de discrimination. J’ai été impressionné par la culture avec les étudiants. Par exemple, le dernier jour, j’ai été touché par cette culture. Et ensuite le rôle international. J’ai vu que la semaine prochaine il y a un grand prix de Formule 1. Le rôle international d’une capitale qui attire les cultures. C’est la grande capitale. Je ne m’attendais pas à trouver quelque chose comme ça.
Qu’avez-vous appris ?
Vous savez, on peut toujours apprendre quelque chose. Parce que chaque personne et chaque pays ont une richesse différente. C’est pourquoi la fraternité dans la communication est importante. Par exemple, si je pense au Timor-Oriental, j’ai vu beaucoup d’enfants, alors qu’à Singapour, je n’en ai pas vu autant. C’est peut-être quelque chose à apprendre. Et l’avenir, ce sont les enfants, pensez-y. Et, autre chose: vous, les Singapouriens, vous êtes si sympathiques! Vous souriez, «smile»!
Delfim De Oliveira, GMN TV
À la fin de la messe à Taci Tolu, vous avez attiré l’attention des Timorais sur la présence des crocodiles. Que vouliez-vous dire?
J’ai pris l’image de crocodiles arrivant sur la plage. Le Timor-Oriental a une culture simple, familière et joyeuse. C’est une culture de la vie: il y a beaucoup d’enfants, beaucoup. Et quand je parlais de crocodiles, je parlais des idées qui peuvent venir de l’extérieur pour abîmer cette harmonie que vous avez. Je vous dis une chose: je suis resté amoureux du Timor-Oriental. Autre chose?
Au Timor-Oriental, les catholiques sont majoritaires, mais il y a une croissance des sectes. Le terme «crocodiles» les désigne-t-il également?
Peut-être, je n’en parle pas, je ne peux pas dire, mais peut-être. Parce que toutes les religions doivent être respectées, mais on fait une distinction entre religion et secte. La religion est universelle, quelle qu’elle soit. La secte est restrictive, c’est un petit groupe qui a toujours une autre intention. Merci et félicitations pour votre pays !
Francisca Christy Rosana – TEMPO MEDIA GROUP
Merci Pape François, les gens en Indonésie, pas seulement les catholiques, vous attendaient depuis longtemps. Mes questions sont les suivantes: savez-vous que le pays a encore des difficultés avec sa démocratie? Comment voyez-vous cela et quel est votre message pour nous? Autre question: l’Indonésie a parfois les mêmes problèmes que la Papouasie-Nouvelle-Guinée, avec le secteur de l’extraction (minière, ndlr) qui ne profite qu’aux oligarques, alors que les populations locales et indigènes n’en bénéficient pas. Qu’en pensez-vous? Et que pouvons-nous faire?
Il s’agit d’un problème commun aux pays en voie de développement. C’est pourquoi il est important, comme le dit la doctrine sociale de l’Église, qu’il y ait une communication entre les différents secteurs de la société. Vous avez dit que l’Indonésie est un pays en voie de développement et que l’une des choses qu’il faut peut-être développer est la relation sociale. J’ai été ravi de cette visite dans votre pays. Il est très beau!
Matteo Bruni: Sainteté, la presse de Papouasie-Nouvelle-Guinée a suivi votre voyage avec beaucoup d’intérêt, mais il n’a malheureusement pas été possible d’avoir un journaliste sur le vol. Je voudrais profiter de cette occasion pour vous demander s’il y a quelque chose que vous aimeriez nous dire sur la Papouasie-Nouvelle-Guinée, en particulier sur Vanimo, qui est un endroit où je pense que vous vouliez personnellement aller…
J’ai aimé le pays et j’y ai vu un pays en grand développement. Ensuite, j’ai voulu aller à Vanimo pour trouver un groupe de prêtres et de religieuses d’Argentine qui œuvrent là-bas et j’ai vu une très belle, très belle organisation. Dans tous les pays, l’art est très développé: les danses, les autres expressions poétiques… Mais en Papouasie-Nouvelle-Guinée, le développement de l’art est impressionnant et à Vanimo aussi. Cela m’a beaucoup impressionné. Les missionnaires que j’ai rencontrés vont dans la forêt pour travailler. J’ai aimé Vanimo et le pays aussi.
Stefania Falasca – TIANOUZHIKU
Bonsoir Saint-Père, nous venons de Singapour, un pays dont la population est majoritairement chinoise et qui est un modèle de coexistence harmonieuse et pacifique. En ce qui concerne la paix, je voulais savoir ce que vous pensez -étant donné la proximité avec la Chine continentale- des efforts déployés par la Chine pour parvenir à un cessez-le-feu dans les régions en conflit, comme la bande de Gaza. En juillet, la déclaration de Pékin a été signée pour mettre fin aux divisions entre les Palestiniens. Ensuite, je voulais vous demander s’il y a de la place pour une collaboration sur la paix entre la Chine et le Saint-Siège. Enfin, une dernière chose, nous sommes proches du renouvellement de l’accord entre la Chine et le Saint-Siège sur la nomination des évêques. Êtes-vous satisfait des résultats et du dialogue jusqu’à présent?
Je réponds à la dernière question. Je suis satisfait du dialogue avec la Chine. Le résultat est bon. Même pour la nomination des évêques, le travail se fait avec bonne volonté. La Secrétairerie d’État m’a expliqué comment les choses se passaient et j’en suis heureux. La Chine est pour moi une «illusion» (un rêve, ndlr), en ce sens que j’aimerais visiter la Chine. C’est un grand pays, j’admire la Chine, je la respecte. C’est un pays qui a une culture millénaire, une capacité de dialogue pour se comprendre, qui va au-delà des différents systèmes de gouvernement qu’elle a connus. Je crois que la Chine est une promesse et une espérance pour l’Église. La collaboration est possible et, concernant les conflits, bien-sûr. Actuellement, le cardinal Matteo Zuppi s’inscrit dans ce mouvement et entretient également des relations avec la Chine.
Anna Matranga – CBS NEWS
Sainteté, vous avez toujours défendu la dignité de la vie. Au Timor-Oriental, un pays où le taux de natalité est très élevé, vous avez dit que vous sentiez la vie palpiter et exploser en raison du grand nombre d’enfants. À Singapour, vous avez pris la défense des travailleurs migrants. En vue des prochaines élections aux États-Unis, je voudrais vous demander: quel conseil pouvez-vous donner à un électeur catholique qui doit choisir entre un candidat favorable à l’avortement et un autre qui voudrait expulser 11 millions d’immigrés?
Tous deux sont contre la vie, aussi bien celui qui rejette les migrants que celui qui tue les enfants. Les deux sont contre la vie. Vous ne pouvez pas décider, je ne suis pas américain, je ne voterai pas là-bas. Mais soyons clairs: ne pas donner aux migrants la possibilité de travailler, ne pas les accueillir est un péché, et un péché grave. Dans l’Ancien Testament, il y a un refrain: l’orphelin, la veuve et l’étranger, c’est-à-dire le migrant. Ce sont les trois que le peuple d’Israël doit protéger. Celui qui ne prend pas soin du migrant commet un péché, un péché aussi contre la vie et contre les personnes. J’ai célébré la messe à la frontière, près du diocèse d’El Paso. Il y avait beaucoup de chaussures de migrants, qui ont mal fini là-bas. Aujourd’hui, il y a un courant migratoire en Amérique centrale, et les migrants sont souvent traités comme des esclaves parce qu’on profite d’eux. La migration est un droit qui existait déjà dans les Saintes Écritures et dans l’Ancien Testament. L’étranger, l’orphelin et la veuve, ne l’oubliez pas.
Ensuite, l’avortement. La science dit que dans le mois de la conception, il y a déjà tous les organes d’un être humain. Tout. Pratiquer un avortement, c’est tuer un être humain. Vous aimez le mot ou vous ne l’aimez pas, mais c’est tuer. L’Église n’est pas fermée parce qu’elle n’autorise pas l’avortement, l’Église n’autorise pas l’avortement parce qu’il tue. C’est un meurtre, c’est un meurtre! Et sur ce point, nous devons être clairs: renvoyer les migrants, ne pas les laisser se développer, ne pas les laisser vivre, c’est une mauvaise chose, c’est de la méchanceté. Enlever un enfant du sein de sa mère est un meurtre, parce qu’il y a la vie. Et sur ces choses, nous devons parler clairement. «Non, mais…». Il n’y a pas de «non mais» qui tienne cependant, les deux choses sont claires. L’orphelin, l’étranger et la veuve. Ne l’oubliez pas.
Selon vous, Votre Sainteté, existe-t-il des circonstances dans lesquelles il est moralement permis de voter pour un candidat favorable à l’IVG ?
En morale politique, on dit généralement que ne pas voter est mauvais, que ce n’est pas bon. Il faut voter. Et il faut choisir le moindre mal. Qui est le moindre mal? Cette dame ou ce monsieur? Je ne sais pas, que chacun, en conscience, pense et fasse cela.
Mimmo Muolo – AVVENIRE
Le conflit de Gaza risque de s’étendre à la Cisjordanie. Il y a eu une explosion il y a quelques heures qui a tué 18 personnes, dont des travailleurs de l’ONU. Quels sont vos sentiments en ce moment et qu’avez-vous envie de dire aux belligérants? Existe-t-il une possibilité de médiation du Saint-Siège pour obtenir un cessez-le-feu et la paix espérée?
Le Saint-Siège y travaille. Je vous dis une chose: chaque jour, j’appelle Gaza, la paroisse de Gaza, il y a 600 personnes dans le collège là-bas: des chrétiens, des musulmans… Mais ils vivent comme des frères. Ils me racontent des choses graves, des choses difficiles. Je ne peux pas dire si cet acte de guerre que vous avez évoqué est trop sanglant ou non, mais, s’il vous plaît, quand on voit les corps des enfants tués, quand on voit que, parce que l’on soupçonne que des combattants sont là, on bombarde une école. Tout cela est grave, grave, grave.
Parfois, on dit que c’est une guerre défensive, mais parfois je pense que c’est juste une guerre. C’en est trop, trop. Je m’excuse de dire cela, mais je ne trouve pas que des mesures soient prises pour faire la paix. Par exemple, à Vérone, j’ai vécu une très belle expérience. Un juif, dont la femme était morte dans un bombardement, et un habitant de Gaza, dont la fille était morte, ont tous deux parlé de paix. Ils se sont embrassés, ont donné un témoignage de fraternité. Je dirai ceci: la fraternité est plus importante que le meurtre d’un frère. La fraternité, se serrer la main. En fin de compte, qui gagnera la guerre connaîtra une grande défaite. La guerre est toujours une défaite, toujours, sans exception. Nous ne devons pas l’oublier. C’est pourquoi tout ce qui est fait pour la paix est important. Et je voudrais dire une chose, qui est peut-être un peu une ingérence dans la politique: je suis très, très reconnaissant au roi de Jordanie pour ce qu’il fait, c’est un homme de paix. Le roi Abdallah II est un homme bon.
Lisa Weiss – ARD
Saint-Père, au cours de ce voyage, vous avez parlé très ouvertement des problèmes de chaque pays, et pas seulement des beautés. C’est précisément pour cette raison que nous vous avons demandé pourquoi vous n’avez pas parlé du problème de la peine de mort qui existe toujours à Singapour?
C’est vrai, cela ne m’est pas venu à l’esprit. La peine de mort ne fonctionne pas. Nous devons l’éliminer lentement, lentement. De nombreux pays l’ont encore en vigueur, mais n’appliquent pas la sentence. Aux États-Unis, c’est la même chose. Mais il faut mettre un terme à la peine de mort, elle ne marche pas.
Simon Leplatre – LE MONDE
Votre Sainteté, tout d’abord merci pour ce voyage fascinant. Au Timor-Oriental, vous avez mentionné les jeunes victimes d’abus sexuels. Nous avons évidemment pensé à Mgr Belo. En France, nous avons un cas similaire avec l’abbé Pierre, fondateur d’Emmaüs, qui fut élu pendant plusieurs années la personnalité préférée des Français. Dans les deux cas, leur charisme rendait les accusations plus difficiles à croire. Je voudrais demander: que savait le Vatican de l’abbé Pierre? Et que dire aux victimes et à la population en général qui ont du mal à croire qu’une personne qui a fait tant de bien puisse aussi avoir commis des crimes? Et en parlant de la France, on aimerait aussi savoir: serez-vous à Paris pour l’inauguration de Notre-Dame en décembre?
Je réponds à la dernière: je n’irai pas à Paris, je n’irai pas à Paris. Puis la première. Vous avez touché un point très sensible et très délicat. Ce sont des gens bien, des gens qui font le bien, vous avez parlé de l’abbé Pierre. Avec tant de bien fait, vous pouvez voir que cette personne est un vilain pécheur. Et c’est notre condition humaine. Il ne faut pas dire: couvrons, couvrons pour que ça ne se voit pas. Les péchés publics sont publics et doivent être condamnés. Par exemple, l’abbé Pierre est un homme qui a fait beaucoup de bien mais c’est aussi un pécheur. Nous devons parler clairement de ces choses, et non les cacher. La lutte contre les abus est quelque chose que nous devons tous faire. Mais pas seulement contre les abus sexuels, contre tous les types d’abus: abus sociaux, abus éducatifs, changement de mentalité, suppression de liberté. L’abus est à mon avis une chose démoniaque, car tout type d’abus détruit la dignité de la personne, tout type d’abus tente de détruire ce que nous sommes tous: l’image de Dieu. Je suis heureux quand ces cas se révèlent. Je vais vous dire quelque chose que j’ai peut-être dit la dernière fois: il y a cinq ans, nous avons eu une réunion avec les présidents des conférences épiscopales sur des cas d’abus sexuels et autres abus. Nous avons une statistique très bien faite, je crois des Nations Unies. De 42 à 46 % des abus ont lieu au sein de la famille ou dans le quartier. Enfin, les abus sexuels sur enfants, des mineurs, est un crime et une honte.
[Ajout à la fin de la conférence] Une chose à laquelle je n’ai pas répondu: ce que le Vatican savait de l’abbé Pierre. Je ne sais pas quand le Vatican l’a découvert, je ne sais pas. Je ne sais pas parce que je n’étais pas là et l’idée de faire des recherches là-dessus ne m’est jamais venue à l’esprit, mais certainement après la mort c’est certain. Mais avant, je ne sais pas.
Elizabeth Piqué – LA NACIÓN
Tout d’abord merci pour ce beau voyage au bout du monde. Ce fut le plus long du pontificat et en parlant de très longs voyages, de nombreux collègues m’ont demandé: allons-nous en Argentine? C’est la première question: irons-nous en Argentine ou pas? Deuxième question, au Venezuela la situation est dramatique. En ces jours de voyage, le président théoriquement élu a dû s’exiler en Espagne. Quel message adresseriez-vous au peuple vénézuélien?
Je n’ai pas suivi la situation au Venezuela mais le message que je donnerai aux gouvernements est de dialoguer et de faire la paix. Les dictatures sont inutiles et finissent mal, tôt ou tard. Lisez l’histoire de l’Église. Je dirai que le gouvernement et le peuple fassent tout pour trouver un chemin vers la paix au Venezuela. Je ne peux pas donner d’opinion politique car je ne connais pas les détails. Je sais que les évêques ont parlé et que le message des évêques est bon. Ensuite, la question de savoir si j’irai en Argentine n’a pas encore été décidée. J’aimerais y aller, c’est mon peuple, j’aimerais y aller, mais ce n’est pas encore décidé. Il y a plusieurs choses à résoudre avant.
Si vous y allez, pourrait-il y avoir une escale aux îles Canaries?
Tu lis dans mes pensées, hein? Je pense un peu à aller aux îles Canaries, car il y a là-bas des situations de migrants qui viennent par la mer et j’aimerais être proche des dirigeants et du peuple.
Josie Bonifasius Susilo – KOMPAS.ID
Merci Père, certains pays commencent à se distancier de leur engagement envers l’Accord de Paris pour des raisons économiques, notamment suite à la pandémie. Divers pays hésitent à opérer la transition vers les «énergies vertes». Que pensez-vous de ces questions?
Je pense que le problème climatique est grave, très grave. Depuis Paris (Cop21 en 2015), qui en a été le point culminant, les réunions sur le climat se dégradent. Nous parlons, nous parlons, mais on ne fait rien. C’est mon impression. J’en ai parlé dans les deux écrits: Laudato si’ et Laudate Deum.
Matteo Bruni : Merci Votre Sainteté
Merci à vous, en avant et courage! Espérons qu’ils nous donnent à manger maintenant! (rires).
Par le Mystère de la Croix, le Seigneur remet nos âmes dans la splendeur par toutes ses souffrances. Restons avec Marie, près de la Croix, son âme fut transpercée par un glaive de douleur. Et quelle douleur remplie d’amertume !
Le Cœur de Jésus ne pouvait pas être plongé dans la douleur sans que l’âme de Marie y ait sa part dans le crucifiement. Son cœur si compatissant est le fruit d’un grand amour pour Jésus et pour les pécheurs. Celui qui demeure uni au cep porte du fruit.
Puisse Jésus, élever notre âme jusqu’au sommet de l’amour et que la Très Sainte Vierge nous enveloppe des rayons de sa tendresse et de son amour, et qu’Elle nous fasse goûter par avance un peu de ce ciel dont Elle est enivrée.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Saint Cyprien de Carthage Évêque et martyr (v. 200-258)
Cyprien, né à Carthage vers 200, dans le paganisme, était fils d’un sénateur. Son éducation, digne de son rang, fit briller l’heureux génie dont il était doué. Il était tout entier aux idées de gloire et de plaisir, quand un prêtre chrétien, homme de haute distinction, nommé Cécilius, rechercha sa compagnie, dans le but d’attacher à la foi chrétienne un jeune homme de si grand mérite.
Cyprien eut vite l’esprit convaincu par les sages raisonnements de Cécilius ; mais son cœur frémissait à la pensée du détachement exigé par l’Évangile. Comment lui, Cyprien, élevé dans les honneurs, objet de l’admiration universelle, lui libre d’aspirer à toutes les jouissances et à tous les triomphes, pourrait-il rompre ses chaînes et subjuguer ses passions ?… Le combat était rude en son âme ; sa conscience lui criait sans cesse : « Courage, Cyprien ! Quoi qu’il en coûte, allons à Dieu ! » Il obéit enfin à cette voix, et reçut le baptême.
Dès lors Cyprien devint un autre homme ; la grâce lui rendit tout facile, et l’accomplissement de l’Évangile lui parut clairement être la vraie sagesse. Il vendit ses vastes et belles propriétés et en donna le prix aux pauvres ; son mérite l’éleva en peu de temps au sacerdoce et à l’épiscopat.
La population chrétienne de Carthage tressaillit de joie en apprenant l’élévation de Cyprien au siège épiscopal de cette ville ; elle comprit qu’au moment où la persécution allait s’élever, menaçante et terrible, le nouvel évêque serait un modèle et un guide. Le saint pontife employa tout son zèle à fortifier son troupeau pour les saints combats, il glorifia les martyrs et montra une juste sévérité vis-à-vis des apostats.
Les païens, voyant de quelle importance serait pour eux la prise de celui qui était l’âme de la résistance chrétienne, recherchèrent le pasteur pour désorganiser plus facilement le troupeau ; mais Cyprien, voyant combien sa vie était utile aux âmes confiées à ses soins, trouva une retraite sûre, d’où il remplit admirablement son devoir apostolique par ses lettres, ses exhortations, l’administration des sacrements.
Enfin, après plusieurs années, il eut révélation de son prochain martyre et s’y prépara par un redoublement de zèle et de charité. Cyprien fut condamné à avoir la tête tranchée : « Je Vous rends grâces, Seigneur », s’écria-t-il. Comme le bourreau tremblait, le martyr l’encouragea avec bonté et lui fit remettre vingt-cinq pièces d’or ; puis il se banda lui-même les yeux et présenta sa tête, qui roula bientôt sur le sol baigné de sang.
Saint Cyprien a écrit en latin de nombreux traités ainsi que des lettres qui l’égalent aux Pères et aux Docteurs de l’Église.
Il a laissé de très nombreux écrits parmi lesquels :
Ad Donatum / A Donat : sur la décadence morale de son époque ; Ad Quirinum / A Quirinus : sur les rapports et les oppositions entre judaïsme et christianisme ; De habitu virginum / Les habits des vierges : sur la façon de se vêtir des vierges, laquelle doit être simple et modeste ; De Catholicae Ecclesiae unitate / De l’unité de l’Église catholique : contre ceux qui cherchent à créer la division dans l’Église ; De dominica oratione / La prière du Seigneur : commentaire du Notre Père ; De mortalitate / La condition mortelle de l’homme : sur la maladie ; De opere et eleemosynis / L’activité pratique et les aumônes : sur les bonnes œuvres, la perfection et le martyre ; Ad Demetrianum / A Démétrien : réponse contre les attaques païennes ; De lapsis / Des tombés : on nommait ainsi ceux qui avaient fléchi pendant la persécution de Dèce ; De bono patientiae / La bonté de la patience : sur la vertu de patience….
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,13-17.
En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Livre d’heures du Sinaï (9e siècle)
Canon en l’honneur de la croix et de la Résurrection, SC 486 (Sinaiticus graecus 864 ; trad. Sr Maxime Ajjoub, éd. du Cerf, 2004, p. 369-373)
Par ta Passion, tu as fait jaillir pour nous la Résurrection !
Ô bois trois fois bienheureux sur lequel fut étendu le Christ, Roi et Seigneur, bois par lequel a succombé celui qui, ayant par le bois trompé Adam, a été pris au piège du Dieu cloué sur toi dans sa chair qui à nos âmes accorde la paix ! Le bois trois fois bienheureux où a été fixé en sa chair le Rédempteur, le Seigneur, et par lequel a péri celui qui au moyen du bois avait trompé Adam en le faisant désobéir, c’est ce bois qui l’a ressuscité et qui, pour nos âmes, est devenu source d’incorruptibilité. Tu as rappelé d’exil, grâce à ta crucifixion, la race d’Adam le premier créé : incorruptible en effet en ton essence, tu t’es volontairement appauvri, toi l’Impassible, à cause de nous, Jésus, et dans la chair assumée tu as supporté les souffrances de la Passion. (…) Le manteau royal, tu l’as toi-même trempé dans ton sang, emblème de ton pouvoir sur tous les êtres célestes, terrestres et souterrains, quand tu as été levé haut sur la croix : cette croix que tu portais sur tes épaules, faisant par ta Passion jaillir pour moi la résurrection. En vertu de ta nature divine tu es ressuscité d’entre les morts, toi le Puissant, le Fort, et tu as anéanti le règne de la mort : même si, tel un mortel, tu as séjourné dans le tombeau, Ami de l’Homme, tu as retiré de la corruption toute la race humaine. Avec foi proclamons bienheureuse, dans nos hymnes, celle qui n’a pas connu d’époux, la très pure Mère de Dieu, elle qui a mis au monde le Maître de tous, celui qui nous délivre de l’antique condamnation et à nos âmes accorde la paix.
LECTURES :
Livre des Nombres 21,4b-9.
En ces jours-là, en chemin à travers le désert, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! » Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël. Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. » Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! » Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie !
Psaume 78(77),3-4ac.34-35.36-37.38ab.39.
Nous avons entendu et nous savons ce que nos pères nous ont raconté ; nous le redirons à l’âge qui vient, les titres de gloire du Seigneur.
Quand Dieu les frappait, ils le cherchaient, ils revenaient et se tournaient vers lui : ils se souvenaient que Dieu est leur rocher, et le Dieu Très-Haut, leur rédempteur.
Mais de leur bouche ils le trompaient, de leur langue ils lui mentaient. Leur cœur n’était pas constant envers lui ; ils n’étaient pas fidèles à son alliance.
Et lui, miséricordieux, au lieu de détruire, il pardonnait. Il se rappelait : ils ne sont que chair, un souffle qui s’en va sans retour.