Dans cette célèbre vision Don Bosco voit les Trois Blancheurs (1)

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Dans cette célèbre vision Don Bosco voit les Trois Blancheurs (1)

« J’ai vu une grande bataille sur la mer : le navire de Pierre, piloté par le Pape et escorté de liteaux de moindre importance, devait soutenir l’assaut de beaucoup d’autres bâtiments qui lui livraient bataille. Le vent contraire et la mer agitée semblaient favoriser les ennemis.


Mais au milieu de la mer, j’ai vu émerger deux colonnes très hautes : sur la première, une grande Hostie – l’Eucharistie- avec l’inscription : “Salut des croyants”, et sur l’autre (plus basse), sur laquelle figure un chapelet, une statue de la Vierge Immaculée avec un écriteau : Auxiliura christianorum (“Secours des Chrétiens”).

Le navire du Pape n’avait aucun moyen humain de défense. C’était une sorte de souffle, qui provenait de ces deux colonnes, qui défendait le navire et réparait aussitôt tous les dégâts. (…) Une première fois, le pape est gravement blessé, mais ensuite il se relève ; puis une seconde fois… et cette fois il meurt tandis que les ennemis exultent.


Le nouveau pape, élu immédiatement après, reprend la barre et réussit à atteindre les deux colonnes, y accrochant avec deux chaînes le navire, qui est sauvé, tandis que les bateaux ennemis fuient, se détruisent réciproquement, et coulent. »

Le célèbre songe prophétique de Don Bosco (30 mai 1862)

www.apotres.amour.free.fr

(1) Les Trois Blancheurs : l’Eucharistie, Marie et le Pape

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

31.01.2025 – SAINT DU JOUR

St Jean Bosco

St Jean Bosco

PRÊTRE ET FONDATEUR († 1888)

Saint Jean (Giovanni) Bosco
Fondateur de la 

« Congrégation salésienne (SDB) » 

et de l’Institut des 

« Filles de Marie-Auxiliatrice (FMA) » 

Jean (Giovanni) Bosco naît le 16 août 1815 aux Becchi, groupe de petites fermes du hameau de Castelnuovo d’Asti (maintenant Castelnuovo Don Bosco), au Piemont. 

Ses parents étaient de pauvres paysans ; mais sa mère, demeurée veuve avec trois enfants, était une sainte femme. Le caractère jovial de Jean lui donnait une grande influence sur les enfants de son âge. Il les attirait par ses manières aimables et il entremêlait avec eux les divertissements et la prière. Doué d’une mémoire extraordinaire, il se plaisait à leur répéter les sermons qu’il avait entendus à l’église. C’étaient là les premiers signes de sa vocation apostolique. Son cœur, soutenu par celui de sa mère et d’un bon vieux prêtre, aspirait au sacerdoce. La pauvreté, en l’obligeant au travail manuel, semblait lui interdire l’étude. Mais, par la grâce de Dieu, son courage et sa vive intelligence surmontèrent tous les obstacles. 

En 1835, il était admis au grand séminaire. « Jean, lui dit sa mère, souviens-toi que ce qui honore un clerc, ce n’est pas l’habit, mais la vertu. Quand tu es venu au monde je t’ai consacré à la Madone ; au début de tes études je t’ai recommandé d’être son enfant ; sois à elle plus que jamais, et fais-la aimer autour de toi. » 

Au grand séminaire, comme au village et au collège, Jean Bosco préludait à sa mission d’apôtre de la jeunesse et donnait à ses condisciples l’exemple du travail et de la vertu dans la joie. 

Prêtre le 5 juin 1841, il vint à Turin. Ému par le spectacle des misères corporelles et spirituelles de la jeunesse abandonnée, il réunit, le dimanche, quelques vagabonds qu’il instruisait, moralisait, faisait prier, tout en leur procurant d’honnêtes distractions. Mais cette œuvre du dimanche ne suffisait pas à entretenir la vie chrétienne, ni même la vie corporelle, de ces pauvres enfants.

Jean Bosco, bien que dépourvu de toute ressource, entreprit donc d’ouvrir un asile aux plus déshérités. Il acheta pour 30.000 francs une maison payable dans la quinzaine. « Comment ! lui dit sa mère devenue son auxiliaire, mais tu n’as pas un sou vaillant ! » – « Voyons ! reprit le fils, si vous aviez de l’argent, m’en donneriez-vous ? Eh bien, mère, croyez-vous que la Providence, qui est infiniment riche, soit moins bonne que vous ? » 

Voilà le trésor divin de foi, d’espérance et de charité dans lequel Jean Bosco, malgré toutes les difficultés humaines, ne cessa de puiser, pour établir ses deux Sociétés Salésiennes de religieux (SDB 1859) et de religieuses (FMA 1872), avec des établissements charitables multipliés aujourd’hui dans le monde entier.

Don Bosco, épuisé par le travail, rejoint la Maison du Père le 31 janvier 1888 ; il laisse, à son successeur don Michele Rua (béatifié le 29 octobre 1972), 773 Salésiens et 393 Filles de Marie-Auxiliatrice.

Giovanni Bosco fut béatifié le 2 juin 1929 et canonisé le 1er avril 1934, dimanche de Pâques, par Pie XI (Ambrogio Damiano Ratti, 1922-1939).  

Pour un approfondissement biographique : >>> SDB.ORG

Saint Jean (Giovanni) Bosco priez pour nous !

31.01.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 4,26-34. 

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence :
nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment.
D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.

Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »


Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ?
Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences.
Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »


Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.
Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Vincent de Paul (1581-1660)

prêtre, fondateur de communautés religieuses

Entretiens ; avis à A. Durand, 1656 (Seuil 1960, p. 320)

« A quoi pouvons-nous comparer le Règne de Dieu ? »

      N’ayez point la passion de paraître supérieur, ni le maître. Je ne suis pas de l’avis d’une personne qui me disait, ces jours passés, que, pour bien conduire et maintenir son autorité, il fallait faire voir que l’on était le supérieur. Ô mon Dieu ! Notre Seigneur Jésus Christ n’a point parlé ainsi ; il nous a enseigné tout le contraire de parole et d’exemple, nous disant que lui-même était venu, non pour être servi, mais pour servir les autres, et que celui qui veut être le maître doit être le serviteur de tous (Mc 10,44-45)…       Pour cela, donnez-vous à Dieu, afin de parler dans l’esprit humble de Jésus Christ, avouant que votre doctrine n’est pas vôtre, ni de vous, mais de l’Évangile. Imitez surtout la simplicité des paroles et des comparaisons que Notre Seigneur fait dans l’Écriture Sainte, parlant au peuple. Hélas, quelles merveilles ne pouvait-il pas enseigner au peuple ! Que de secrets n’eût-il pas pu découvrir de la Divinité et de ses admirables perfections, lui qui était la Sagesse éternelle de son Père ! Cependant, vous voyez comme il parle intelligiblement, et comment il se sert de comparaisons familières, d’un laboureur, d’un vigneron, d’un champ, d’une vigne, d’un grain de moutarde. Voilà comme il faut que vous parliez, si vous voulez vous faire entendre au peuple, à qui vous annoncerez la parole de Dieu.       Une autre chose à laquelle vous devez faire une attention toute particulière, c’est d’avoir une grande dépendance de la conduite du Fils de Dieu ; je veux dire que, quand il vous faudra agir, vous fassiez cette réflexion : « Cela est-il conforme aux maximes du Fils de Dieu ? » Si vous trouvez que cela soit, dites : « À la bonne heure, faisons » ; si au contraire, dites : « Je n’en ferai rien. » De plus, quand il sera question de faire quelque bonne œuvre, dites au Fils de Dieu : « Seigneur, si vous étiez à ma place, comment feriez-vous en cette occasion ? comment instruiriez-vous ce peuple ? comment consoleriez-vous ce malade d’esprit ou de corps ? »… Cherchons à faire que Jésus Christ règne en nous.

LECTURES :

Lettre aux Hébreux 10,32-39. 

Frères, souvenez-vous de ces premiers jours où vous veniez de recevoir la lumière du Christ : vous avez soutenu alors le dur combat des souffrances,
tantôt donnés en spectacle sous les insultes et les brimades, tantôt solidaires de ceux qu’on traitait ainsi.
En effet, vous avez montré de la compassion à ceux qui étaient en prison ; vous avez accepté avec joie qu’on vous arrache vos biens, car vous étiez sûrs de posséder un bien encore meilleur, et permanent.
Ne perdez pas votre assurance ; grâce à elle, vous serez largement récompensés.
Car l’endurance vous est nécessaire pour accomplir la volonté de Dieu et obtenir ainsi la réalisation des promesses.


En effet, encore un peu, très peu de temps, et celui qui doit venir arrivera, il ne tardera pas.
Celui qui est juste à mes yeux par la foi vivra ; mais s’il abandonne, je ne trouve plus mon bonheur en lui.
Or nous ne sommes pas, nous, de ceux qui abandonnent et vont à leur perte, mais de ceux qui ont la foi et sauvegardent leur âme.

Psaume 37(36),3-4.5-6.23-24.39-40ac

R/ Le salut des justes vient du Seigneur. (Ps 36, 39a)

Fais confiance au Seigneur, agis bien, 
habite la terre et reste fidèle ;
mets ta joie dans le Seigneur : 
il comblera les désirs de ton cœur.

Dirige ton chemin vers le Seigneur, 
fais-lui confiance, et lui, il agira.
Il fera lever comme le jour ta justice, 
et ton droit comme le plein midi.

Quand le Seigneur conduit les pas de l’homme, 
ils sont fermes et sa marche lui plaît.
S’il trébuche, il ne tombe pas 
car le Seigneur le soutient de sa main.

Le Seigneur est le salut pour les justes, 
leur abri au temps de la détresse.
Le Seigneur les aide et les délivre,
car ils cherchent en lui leur refuge.

CAP Fatima – Lettre de liaison n° 170 (29 janvier 2025)

Lettre de liaison n° 170 (29 janvier 2025)

Chers amis,

Le 13 mai 1917, lors de sa première apparition, Notre-Dame avait dit à Lucie : « Je suis venue vous demander de venir ici pendant six mois de suite, le 13 du mois, à cette même heure. Ensuite, je vous dirai qui je suis et ce que je veux. »
Le 13 juillet suivant, Lucie lui ayant demandé : « Je voudrais vous demander de nous dire qui vous êtes, et de faire un miracle afin que tous croient que vous nous apparaissez », Notre-Dame lui avait répondu : « En octobre, je dirai qui je suis, ce que je veux et je ferai un miracle que tous verront pour croire. »
Ainsi, par deux fois, Notre-Dame annonça qu’en octobre elle dirait qui elle est et ce qu’elle voulait. Et c’est ce qu’elle fit.

« Que l’on fasse ici une chapelle »

Effectivement, le 13 octobre, à la question de Lucie « Que veut de moi votre grâce ? », question qu’elle posait au début de chaque apparition, la Sainte Vierge répondit : « Je veux te dire que l’on fasse ici une chapelle en mon honneur. »

Notre-Dame avait déjà exprimé cette demande lors des deux précédentes apparitions.
Le 19 août en effet, Lucie lui avait demandé : « Que voulez-vous que l’on fasse de l’argent que les gens laissent à la Cova da Iria ? » Et la Sainte Vierge avait répondu : « L’argent sera pour faire des brancards pour la fête de Notre-Dame du Rosaire et ce qui restera sera pour aider à construire une chapelle que l’on fera faire. »
De même, le 13 septembre, Lucie lui avait dit : « Le peuple voudrait bien avoir ici une chapelle. » Et Notre-Dame avait répondu : « Avec la moitié de l’argent reçu jusqu’à ce jour, que l’on fasse les brancards de procession et qu’on les porte à la fête de Notre-Dame du Rosaire ; que l’autre moitié soit pour aider à la chapelle. » Ainsi, avant d’exprimer formellement sa demande le 13 octobre, Notre-Dame en avait déjà parlé deux fois. C’est donc une demande à laquelle elle tient.

En apparence, cette demande peut paraître anodine, voire banale. Mais il n’en est rien. Par cette demande expresse de construire une chapelle, Notre-Dame manifeste son désir de voir de nombreux pèlerins venir la prier à Fatima. C’est en ce lieu qu’elle veut plus particulièrement nous accorder ses grâces.

Ce n’est pas la première fois que Notre-Dame fait une telle demande. Par exemple, le 10 août 1519, à Cotignac, elle demanda à Jean de la Baume : « Je suis la Vierge Marie. Allez dire au clergé et aux Consuls de Cotignac de me bâtir ici même une église, sous le vocable de Notre-Dame de Grâces et qu’on y vienne en procession pour recevoir les dons que je veux y répandre. » En cette occasion, non seulement la Sainte Vierge demanda la construction d’une église, mais elle en indiqua précisément la raison : pour y répandre ses dons. Ainsi, Notre-Dame désire que nous venions la prier en certains lieux pour nous y accorder ses grâces.

Mais pourquoi une telle demande ? La Sainte Vierge ne peut-elle pas nous accorder ses grâces ailleurs, si nous la prions avec ferveur ? Oui, bien sûr ! Notre-Dame peut nous accorder – et nous accorde souvent – ses grâces où que nous soyons. Mais l’homme n’est ni un simple animal, ni un pur esprit : il est à la fois corps et âme. Cette union est si forte que la séparation du cops et de l’âme, c’est la mort. Il en va de même pour les actes de notre vie : pour atteindre leur plénitude, ces actes doivent engager non seulement notre esprit, mais aussi notre corps.
C’est notamment vrai pour le plus bel acte que nous puissions accomplir ici-bas : la prière. Toute prière doit être accompagnée par des actes concrétisant notre volonté. Le 19 août 1917, Notre-Dame précisa que, pour la fête de Notre-Dame du Rosaire, les porteurs de brancards devront être vêtus de blanc. (Voir lettre de liaison n° 167). Lorsque nous allons à la messe, nous nous habillons dignement ; nous adaptons une attitude marquant le respect (debout, à genoux, silence, …). Pour réciter le Rosaire, nous nous tenons à genoux en tenant un chapelet entre les doigts. Etc.

Jésus fit de même. À Cana, Il demanda de remplir des jarres avant de transformer l’eau en vin. À Béthanie, Il demanda de rouler la pierre avant de ressusciter Lazare. Pourtant, Il aurait pu faire tous ces miracles sans demander ces actes en apparence inutile.
Ainsi, Dieu Lui-même veut que nos prières soient accompagnées de gestes concrets. Il convient donc de ne pas les négliger. Voilà pourquoi Notre-Dame demanda la construction d’une chapelle. Même si elle peut nous accorder – et nous accorde volontiers – ses grâces en tout lieu de la terre, c’est plus particulièrement en certains lieux comme Lourdes ou Fatima qu’elle nous les accordera.
Dans le même ordre d’idée, nous venons d’entrer dans une année jubilaire. Pour recevoir toutes les grâces que Dieu veut nous accorder au cours de cette année, il convient d’exécuter humblement les différentes démarches que demande l’Église.

« Je suis Notre-Dame du Rosaire »

Après avoir demandé la construction d’une chapelle, Notre-Dame continua en disant : « Je suis Notre-Dame du Rosaire. » Ainsi en ce 13 octobre, Notre-Dame a bien révélé qui elle était et ce qu’elle voulait.

Ce n’est pas la première fois qu’il est question de Notre-Dame du Rosaire. En effet, à partir du 13 juillet 1917, la Sainte Vierge utilisera l’expression à chaque apparition :
13 juillet 1917 : « Je veux (…) que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire. »
19 août 1917 : « Notre-Seigneur viendra bénir le peuple. Viendra aussi Notre-Dame du Rosaire et Notre-Dame des Douleurs. (…) L’argent des brancards sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire. »
13 septembre 1917 : « Avec la moitié de l’argent reçu jusqu’à ce jour, que l’on fasse les brancards de procession et qu’on les porte à la fête de Notre-Dame du Rosaire. »

Ce n’est pas la première fois non plus qu’elle donne son nom. À Cotignac, elle a demandé à être invoqué sous le nom de “Notre-Dame de Grâces”. À Lourdes, elle avait dit : « Je suis l’Immaculé Conception » et saint Maximilien Kolbe l’appelait « l’Immaculée ».
Tous ces noms révélés par la Sainte Vierge elle-même sont précieux. La plupart ont été inscrits dans les litanies récitées en son nom : « Reine conçue sans le péché originel », « Reine du Très Saint Rosaire », … Mais parmi tous ces noms, celui de Notre-Dame du Rosaire doit avoir une place à part, car sa révélation fut accompagnée d’un signe extraordinaire : juste après, Notre-Dame fit un miracle exceptionnel, le miracle de la danse du soleil (voir lettre de liaison n° 155). Si Dieu a donné à sa Mère le pouvoir de faire tel miracle, c’est sûrement pour que son caractère exceptionnel rejaillisse sur le nom  révélé ce jour-là. En conséquence, il convient d’invoquer souvent notre Mère du Ciel sous ce nom, par exemple à la fin de notre chapelet quotidien.

« Que l’on continue à réciter le chapelet tous les jours »

Si Notre-Dame nous révèle que son nom est Notre-Dame du Rosaire, c’est donc que le Rosaire est, après le saint Sacrifice de la Messe, une prière qu’elle chérit particulièrement. Il n’est donc pas étonnant qu’elle nous demande juste après de le réciter souvent. Mais ayant pitié de notre faiblesse, elle demande la récitation quotidienne non pas du Rosaire complet, mais simplement du chapelet : « Que l’on continue toujours à dire le chapelet tous les jours. » De la sorte, nous pouvons dire deux rosaires entiers chaque semaine.

Ce faisant, c’est la sixième fois qu’elle fait cette demande. Ainsi, elle l’aura faite à chacune de ses apparitions. Cette insistance est n’est sûrement pas fortuite. La Sainte Vierge n’aurait pas agi ainsi s’il s’était agi d’une prière ordinaire. Une telle insistance est nécessairement la marque que le Rosaire est un moyen à part. Cette insistance rappelle d’ailleurs celles des saints ou des papes. En effet, aucune prière n’a reçu autant de recommandations de leur part (après le Saint Sacrifice de la Messe).

Les saints

Notre-Dame au bienheureux Alain de La Roche (1428 – 1475) : « Celui qui persévérera dans la récitation de mon rosaire, recevra toutes les grâces qu’il demandera. » et « De tout ce qui se fait dans l’Église, le Rosaire est pour moi ce qu’il y a de plus agréable après la sainte Messe. »

Saint Charles Borromée (1538 – 1581) : « Le Rosaire est la prière la plus divine après le Saint Sacrifice de la messe.»

Saint Vincent de Paul (1581 – 1660) : « Après la Messe, la dévotion du Rosaire fait descendre dans les âmes plus de grâces que toute autre, et, par ses Ave Maria, opère plus de miracles que toute autre prière. »   

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673 – 1716) dans Le Secret du Très saint Rosaire :
 « Le Rosaire récité avec la méditation des mystères : 1) nous élève insensiblement à la connaissance parfaite de Jésus-Christ, 2) purifie nos âmes du péché, 3) nous rend victorieux de tous nos ennemis, 4) nous rend la pratique des vertus facile, 5) nous embrase de l’amour de Jésus-Christ, 6) nous enrichit de grâces et de mérites, 7) nous fournit de quoi payer toutes nos dettes à Dieu et aux hommes 8) et enfin nous fait obtenir de Dieu toutes sortes de grâces. » et « Conservez la pratique du saint Rosaire, car jamais une âme qui dit son Rosaire tous les jours ne sera formellement hérétique ni trompée par le démon ; c’est une proposition que je signerais de mon sang. »

Saint Alphonse de Liguori (1696 – 1787) : « Le Rosaire est l’hommage le plus agréable que l’on puisse offrir à la Mère de Dieu. »

Les papes

Une cinquantaine de papes ont écrit sur le Rosaire pour demander aux fidèles de le réciter. C’est un fait unique dans l’histoire de l’Église. Voici quelques exemples.

  • Sixte IV (pape de 1471 à 1484) : « Le Rosaire est spécialement approprié pour détourner du monde les dangers qui le menacent. »
  • Grégoire XIII (pape de 1572 à 1585) « Le Rosaire est un moyen donné du Ciel pour apaiser la colère de Dieu.»
  • Grégoire XIV (pape de 1590 à 1591) « Le Rosaire est le moyen le plus merveilleux pour détruire le péché et recouvrer la grâce. »
  • Benoît XIII (pape de 1724 à 1730) : « Le Rosaire est un remède souverain aux erreurs et aux vices.»
  • Pie IX dans un décret du 2 mai 1855 : « Le Rosaire est la prière la plus efficace pour accroître dans le cœur des fidèles la dévotion à Marie. »

Léon XIII écrivit plus de dix encycliques ou lettres sur le Rosaire, affirmant notamment qu’il est « l’expression la plus accomplie de la piété chrétienne » et «une prière incomparable et d’une efficacité souveraine ». Voici quelques autres citations :

En 1883 : « Il est bien reconnu que cette forme de prière est si agréable à la Sainte Vierge qu’elle est particulièrement efficace pour sauver du danger l’Église et le peuple chrétien. »
En 1894 : « Fasse Dieu que cette dévotion (…) soit aimée et pratiquée (…) comme le meilleur moyen d’obtenir la clémence de Dieu.»En 1895 : « Il y a sans doute plusieurs moyens d’obtenir l’assistance de Marie. Cependant nous estimons que l’institution du Rosaire est le meilleur et le plus fécond. »

Dans son testament, saint Pie X écrivit :

Le Rosaire est, de toutes les prières, la plus belle, la plus riche en grâces, celle qui touche le plus le Cœur de la Mère de Dieu. (…) Si vous voulez que la paix règne dans vos familles et dans votre patrie, récitez tous les jours le chapelet avec les vôtres : le Rosaire est le parfait résumé de l’Évangile et il donne la paix à tous ceux qui le récitent.

Une telle affirmation dans un texte aussi important qu’un testament, et qui plus est celui d’un pape canonisé, marque une importance exceptionnelle. Il est d’ailleurs extraordinaire de voir la convergence entre tous ces enseignements. Et il ne fait aucun doute que, à Fatima, Notre-Dame a voulu en quelque sorte les confirmer.

Et après Fatima, les papes ont continué à recommander le Rosaire :

Pie XI : « Le Rosaire est le moyen privilégié entre tous les autres, de procurer le retour au Christ des individus, des familles et des nations. »  Et aussi : « C’est une arme très puissante pour chasser les démons, pour conserver l’intégrité de la vie, pour acquérir plus facilement la vertu, en un mot pour obtenir la véritable paix aux hommes. »
Pie XII : « Nous estimons que le Saint Rosaire est le moyen le plus efficace et le meilleur pour obtenir l’aide maternelle de la Vierge. »

Plus près de nous, le père Gabriele Amorth, qui fut exorciste du diocèse de Rome, dans l’introduction de son dernier livre Il mio rosario, écrit : « Je pense que le Rosaire est la prière la plus puissante. » Il y révèle que la source de sa force intérieure, il la trouva dans la récitation quotidienne du chapelet, prière qui l’a soutenu dans son combat quotidien contre les manifestations du démon auxquelles il fut confronté durant de longues années.

Les fruits du Rosaire

Cette excellence du Rosaire, si recommandée par les papes et les saints, se manifeste aussi dans les fruits obtenus. Les batailles gagnées par son intercession sont bien connues : Lépante, La Rochelle, Vienne, etc. (voir la fiche Les victoires temporelles du Rosaire). Mais le Rosaire n’obtient pas que des victoires militaires ou politiques : les grâces individuelles obtenues par son intermédiaire sont innombrables. Dans Les gloires de Marie, saint Alphonse de Liguori donne de nombreux exemples. Voici par exemple celui d’une femme qui fut convertie simplement en commençant par avoir un chapelet sur elle.

Le père Bovio rapporte qu’une femme de mauvaise vie nommée Hélène, étant entrée dans une église, y entendit par hasard un sermon sur le rosaire. En sortant, elle acheta un chapelet. Elle le portait sur elle, mais en le tenant soigneusement caché. Bientôt, elle se mit à le réciter, sans dévotion d’abord. La sainte Vierge lui fit néanmoins goûter de telles consolations et douceurs dans cette pratique qu’Hélène ne pouvait plus se rassasier de dire des chapelets. De là, elle en vint à concevoir une telle horreur de ses désordres que, ne trouvant plus de repos, elle fut comme contrainte d’aller se confesser. Elle le fit avec une contrition si vive que le confesseur en fut dans l’admiration.
Sa confession faite, elle alla se jeter aussitôt au pied d’un autel de Marie pour remercier sa céleste avocate ; et, tandis qu’elle y récitait son chapelet, elle entendit la voix de la divine Mère sortir de la statue et lui dire : « Hélène, jusqu’ici tu n’as que trop offensé ton Dieu et moi ; commence aujourd’hui une vie nouvelle et tu auras une large part à mes faveurs. » Confuse d’une telle bonté, la pauvre pécheresse répondit : « Ah ! Vierge sainte, il est vrai que je n’ai été qu’une criminelle ! Mais vous pouvez tout : aidez-moi, car je me donne à vous, et je veux employer le reste de mes jours à faire pénitence de mes péchés. »
Aidée par Marie, Hélène eut le courage de distribuer aux pauvres tout ce qu’elle avait et d’embrasser une vie de rude pénitence. Des tentations terribles vinrent l’assaillir ; mais, attentive à se recommander sans cesse à la Mère de Dieu, elle en sortit toujours victorieuse. Les faveurs divines affluèrent progressivement dans son âme, même les dons surnaturels : visions, prophéties, révélations. Enfin, à sa mort, qui lui fut annoncée par Marie plusieurs jours d’avance, la bienheureuse Vierge vint la visiter elle-même avec son divin Fils ; et, lorsque cette pécheresse expira, on vit son âme, sous la forme d’une belle colombe, s’envoler aux cieux.

Dans Le secret du Très Saint Rosaire, saint Louis-Marie Grignion de Monfort cite de nombreux autres exemples. Que tous ces exemples nous incitent à être très fidèles dans la récitation quotidienne de notre chapelet et à le dire avec de plus en plus de ferveur. Pour cela, prenons de temps à autre un peu de temps pour lire les encycliques des papes sur le Rosaire, les livres de saint Alphonse de Liguori et de saint Louis-Marie Grignon de Montfort, les lettres de sœur Lucie sur le Rosaire (voir lettres de liaison n° 154 et n° 166). Et à l’exemple d’Hélène, ayons toujours un chapelet sur nous : par ce seul geste, la Sainte Vierge peut nous accorder des grâces qui transformeront notre vie.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie.
Yves de Lassus

02.02.2025 – HOMÉLIE DE LA FÊTE DE LA PRÉSENTATION DU SEIGNEUR AU TEMPLE – LUC 2,22-40

Des lumières pour le monde

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

C’est aujourd’hui une célébration à plusieurs couches, comme une pile de crêpes, oserais-je dire. C’est donc la Chandeleur, la fête des bougies. Nous célébrons aussi la présentation de Jésus au Temple, la cérémonie de la purification de la Vierge Marie et le rachat de Jésus à Dieu pour le prix de deux colombes. Notre célébration d’aujourd’hui, 40 jours après Noël, conclut le cycle de l’Épiphanie : dans tout le périple de sa naissance, Jésus arrive enfin au Temple de Jérusalem.

Comme s’il fallait rajouter une couche, le pape s. Jean-Paul II en a fait aussi la Journée de la vie consacrée – la fête des personnes qui ont fait des vœux religieux.

Enfin – je l’ai dit – il y a la tradition des crêpes, symboles du soleil qui revient et de la farine qu’on ne craint plus de sacrifier tandis qu’on commence les semailles d’hiver. La tonalité du jour oscille entre célébration de la lumière, consécration à Dieu et espérance en l’avenir.

Saint Luc est prompt à nous présenter Jésus profondément ancré dans la culture juive de son époque. Dans son Évangile, la famille de Jésus est très pieuse. Elle observe scrupuleusement les prescriptions de la Loi de Moïse. Tout premier-né est le don de Dieu et doit lui être consacré. Si l’on veut reprendre son enfant, il s’agit alors de le racheter à Dieu. Il y a, derrière cette coutume, la tradition des prémices, d’offrandes religieuses prélevées sur les premiers fruits de toute récolte. En filigrane, on retrouve ici le récit de Samuel (1 Samuel 1,1-2,10), dont le nom signifie précisément « Don de Dieu », que sa mère Anne consacre au Seigneur dès la naissance, tant elle exulte d’avoir été sauvée de sa stérilité. Il y a aussi, derrière cette tradition, l’attitude assez injuste qui consiste à donner une place particulière à l’aîné des garçons au sein des familles et qui percole jusqu’à nos jours. C’est oublier la partie « rachat » de la tradition juive qui en fait à nouveau un fruit comme les autres. Au fond – et Jean-Paul II l’avait bien vu – nous ne devrions garder que la distinction de la consécration personnelle à Dieu qui est, dans le christianisme, accessible à tous le monde, par des vœux publics ou privés.

On pourrait aussi s’interroger sur la nécessité des rites de purification de la Vierge Marie. En quoi, la Toute-Pure doit-elle se purifier ? Des siècles de christianisme on surchargé de sainteté la notion de pureté, mais dans le judaïsme, ancien comme moderne, il ne s’agit que de purification rituelle, comme on se lave les mains avant d’aller manger. Pureté et péché ne sont pas intrinsèquement liés dans le judaïsme comme il le sont devenus dans le christianisme. On est rituellement impur du simple fait de côtoyer un malade, par exemple. Il s’agit là essentiellement de mesures d’hygiène sociale alors que, pour nous, il s’agit avant tout d’hygiène spirituelle.

Enfin la chandeleur, quant à elle, littéralement la fête des chandelles, tient son nom d’une procession instituée par le pape Gélase en 494, célébrant, avant le lever du jour, Jésus comme la « Lumière qui se révèle aux nations », procession au cours de laquelle on bénissait des cierges que les chrétiens rapportaient ensuite chez eux, afin de protéger leur foyer.

Alors que retenir de tout ceci pour notre vie spirituelle ?

De la purification de la Vierge Marie, qui est notre modèle de consécration chrétienne, nous devons garder, je pense, le souci d’une hygiène spirituelle en société, à nous-mêmes nous purifier l’esprit avant toute rencontre, pour qu’elle soit sous le signe de la présence de Dieu entre nous.

Du rachat de Jésus comme premier-né, ce qui le rend à sa famille, nous comprenons, avec la Lettre aux Hébreux, que le Christ n’est pas confiné au lieu du Temple – pour nous à notre présence à l’église – qu’il est Dieu qui se rend présent dans la chair et que sa véritable consécration aura lieu dans le monde, à son baptême.

De la joie exubérante du vieux Siméon – « mes yeux ont vu le salut » – nous pourrions méditer notre propre sentiment d’avoir été sauvés par la rencontre avec le Christ. Il s’agit, dans cette vie et dans ce monde, de trouver cette joie dont nous sommes appelés à rendre compte.

Enfin, du souvenir des anciennes processions de la Chandeleur, nous devrions garder que nous sommes ces petites lumières envoyées au monde pour témoigner de la véracité du salut, de ce que l’amour de Dieu brille effectivement en nous.

C’est aujourd’hui à tous notre fête comme porteurs de la « Lumière qui se révèle aux nations ». Notre baptême a fait de nous tous des premiers-nés, des consacrés à l’amour de Dieu pour le monde.

Seigneur, fais que notre Église redevienne, pour le monde, cette communauté de petites lumières qui témoignent de ton amour. Seigneur, fais scintiller au quotidien notre propre consécration. Amen.

Fr. Laurent Mathelot

Source : RÉSURGENCE.BE, le 28 janvier 2025