Carême: la vie n’est pas un film vide de sens

Un moment des exercices Spirituels prêchés par le père Roberto Pasolini dans la Salle Paul VI du Vatican.   (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

Carême: la vie n’est pas un film vide de sens 

Résumé de la dixième méditation du prédicateur de la Maison pontificale, qui conduit les exercices spirituels de Carême de la Curie romaine, en la salle Paul VI. Le père capucin Roberto Pasolini réfléchit, pour la méditation du vendredi 14 mars, sur la «transformation continue» de la vie, la comparant à une graine qui pousse à travers les joies, les peines, les conquêtes et les échecs. Le Pape François s’unit spirituellement à ces exercices spirituels depuis l’hôpital .

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La vie, avec sa beauté et ses difficultés, nous met devant une question cruciale: à quoi sert notre pèlerinage dans ce monde quand tout est voué à s’achever? Sans l’espérance dans l’éternité, le poids de la réalité peut nous écraser ou nous rendre cyniques, nous poussant à la résignation. Saint Paul propose de fixer le regard sur les choses invisibles, qui sont éternelles.

L’humanité est marquée par le déclin physique, mais il existe un renouvellement intérieur qui se produit jour après jour. Tout ce qui semble se dissoudre a en réalité un destin plus grand: Dieu nous a créés pour la résurrection, et cela n’est pas un rêve utopique, mais la logique naturelle d’une existence appelée à la plénitude.

Dans le mystère de la croix et de la résurrection du Christ, Dieu a accompli son dessein d’amour. L’apparente défaite du Crucifié est en réalité la révélation d’un Père qui ne renonce pas à ses enfants. Cela signifie que notre vie n’est pas laissée au hasard, mais qu’elle fait partie d’un projet d’adoption et de rédemption qui fait de nous des enfants aimés et destinés à l’éternité. Tout ce que nous vivons — joies, douleurs, réussites et échecs — fait partie d’une transformation continue, semblable à celle d’une graine qui, mourante, génère une nouvelle vie. Il en va de même pour nous qui, bien que traversant la frontière de la mort, sommes destinés à une vie nouvelle et glorieuse.

Cette transformation n’est pas seulement à venir, mais commence dès maintenant. Dans l’Eucharistie, en effet, se produit un échange mystérieux: nous offrons à Dieu notre vie et nous recevons en échange le Christ lui-même, qui nous transforme dans son amour. A chaque Messe que nous célébrons, tout ce que nous sommes est pris dans la vie du Christ, qui l’emporte avec lui devant le Père. Ce n’est pas un rite symbolique, mais un processus réel de transformation de notre personne, qui fait de nous des participants à la vie éternelle déjà dans le présent.

Nous ne savons pas exactement comment les choses se dérouleront à la fin, mais nous savons que ce que nous serons germe déjà en nous. Nous ne sommes pas destinés au néant, mais à un avenir riche d’espérance. Cette certitude change tout: notre vie n’est pas un film dénué de sens, mais une œuvre écrite et dirigée par un Réalisateur extraordinaire, qui nous invite à fixer le regard sur l’éternité et à marcher vers Lui avec confiance. C’est un fait réel: Dieu a généré des enfants, et parmi ces enfants, il y a aussi nous. L’avenir est devant nous comme un dessein d’amour dévoilé seulement partiellement. Toutefois, ce que nous voyons aujourd’hui est déjà merveilleux : nous sommes des enfants aimés, citoyens du ciel, vivants pour Dieu et pour toujours.

Source : VATICANNEWS, le 14 mars 2024

Carême: le véritable repos n’est pas l’inactivité, mais la liberté

Exercices spirituels en salle Paul VI.  

Carême: le véritable repos n’est pas l’inactivité, mais la liberté

Résumé de la neuvième méditation du prédicateur de la Maison pontificale qui conduit les exercices spirituels de Carême de la Curie romaine, en salle Paul VI. Le père capucin Roberto Pasolini réfléchit, pour la seconde méditation du jeudi 13 mars, réflechit au sens du repos, «un luxe négligé». Le Pape François s’unit spirituellement depuis l’hôpital à ces exercices spirituels.

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La vie éternelle est un don déjà présent, mais nous avons souvent du mal à en comprendre un aspect fondamental: le repos. Depuis l’enfance, nous avons l’habitude d’entendre la prière: «Accorde-leur, Seigneur, le repos éternel et fais briller sur eux la lumière perpétuelle. Qu’ils reposent en paix. Amen».L’idée d’une éternité fondée sur le repos éternel peut sembler décevante, comme si la vie se terminait par un sommeil sans fin. Mais cette perception découle d’un profond malentendu: nous ne voyons le repos que comme une inactivité, alors que dans la vision biblique, il s’agit d’une condition de plénitude et d’accomplissement.

Dieu lui-même a fait l’expérience du repos lorsque Jésus a été mis au tombeau après la Croix. Ce moment n’est pas une inertie stérile, mais l’accomplissement d’une œuvre, comme le raconte une ancienne homélie du Samedi Saint: «Dieu est mort dans la chair et il est descendu pour ébranler le royaume des enfers». Le Christ se repose, mais il agit mystérieusement, en libérant les prisonniers des enfers. Cela nous enseigne que se reposer n’est pas être inutile, mais être capable d’accueillir le temps avec confiance, sans poursuivre une activité frénétique et stérile.

Aujourd’hui, le repos est un luxe négligé. Nous vivons dans une société qui nous demande d’être toujours actifs, toujours connectés, toujours productifs. Pourtant, plus nous avons d’opportunités, moins nous sommes en mesure de nous reposer véritablement. La parabole du serviteur qui, après avoir travaillé, n’attend pas de récompense mais accepte d’avoir fait ce qu’il était appelé à faire, nous enseigne un secret important. Tant que nous vivrons dans l’obsession de la réussite, nous ne trouverons jamais le repos. Seuls ceux qui acceptent sereinement leur limite peuvent enfin se reposer en paix.

Le véritable repos n’est pas l’inactivité, mais la liberté. C’est l’état dans lequel nous n’avons plus rien à prouver, parce que nous nous laissons embrasser par l’amour de Dieu. C’est la paix intérieure qui nous permet de dire: «Celui qui est entré dans le repos de Dieu se repose aussi de ses œuvres, comme Dieu se repose des siennes» (He 4,10). Bien vivre dans le repos, c’est s’entraîner à la vie éternelle, apprendre à vivre sans crainte, se défaire du superflu et faire confiance à Dieu qui est déjà à l’œuvre en nous.

Le vrai repos, c’est la paix intérieure, qui ne se mesure pas en réalisations, mais en capacité d’accueillir ce que la vie nous donne. Ce n’est pas une fuite, mais une façon d’apprendre à vivre plus intensément, sans anxiété. Il ne s’agit pas de passivité, mais d’une confiance active qui nous rend libres d’aimer. «Dans l’amour, il n’y a pas de peur. L’amour parfait chasse la crainte» (1 Jn 4,18). En fin de compte, la vie éternelle n’est pas un objectif lointain, mais une réalité qui grandit déjà en nous. Dès maintenant, nous sommes appelés à la vivre.

Source: VATICANNEWS, le 13.03.2024

Carême: l’éternité n’est pas une illusion lointaine

Exercices spirituels en Salle Paul VI.  

Carême: l’éternité n’est pas une illusion lointaine

Résumé de la huitième méditation du prédicateur de la Maison pontificale qui conduit les exercices spirituels de Carême de la Curie romaine, en Salle Paul VI. Le père capucin Roberto Pasolini réfléchit ce jeudi 13 mars à l’accueil et à la perception de la vie éternelle. Le Pape François s’unit spirituellement depuis l’hôpital à cette préparation du temps de Carême.

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Jésus propose l’éternité comme un don à accueillir, non pas comme un bien à conquérir. L’épisode du jeune homme riche dans les Evangiles synoptiques montre le contraste entre ceux qui cherchent la vie éternelle comme une récompense et l’invitation du Christ à abandonner toute sécurité pour le suivre. Le jeune homme, incapable de se détacher de ses richesses, s’en va, triste. Pierre demande alors ce que recevront ceux qui ont tout quitté, et Jésus promet la vie éternelle à qui s’en remet entièrement à lui.

La difficulté du détachement nous concerne tous: nous avons peur de quitter ce qui nous est cher, même si la vie elle-même nous oblige à le faire. Jésus invite à anticiper ce passage, en faisant de l’éternité une réalité déjà présente. L’exemple de Chiara Corbella Petrillo, qui a affronté la maladie avec confiance, montre que l’on peut vivre pleinement avec Dieu déjà sur cette terre. Il ne s’agit pas de renoncer à quelque chose, mais de vivre intensément, libérés des fausses sécurités.

Exercices spirituels en Salle Paul VI.
Exercices spirituels en Salle Paul VI. 

Dans l’Evangile de Jean, Jésus se décrit comme le pasteur qui conduit ses brebis sur des pâturages abondants. Sa voix pousse à sortir des enclos de la peur pour trouver la véritable vie. Cette abondance se manifeste dans le signe de la multiplication des pains: ce qui semble insuffisant devient surabondant entre les mains de Jésus. Toutefois, la foule se méprend sur le miracle, et cherche uniquement le pain matériel sans saisir le signe d’une nourriture plus profonde.

Jésus révèle qu’il est lui-même le véritable pain de vie. Manger sa chair et boire son sang signifie participer à sa vie et accueillir son existence comme la nôtre. L’Eucharistie n’est pas seulement un rite, mais une union transformatrice avec le Christ. Jean, au lieu d’en raconter l’institution, souligne le lavement des pieds, en observant que le véritable culte se manifeste dans le service réciproque.

L’éternité n’est pas une illusion lointaine, mais une réalité qui s’accomplit dans notre vie quand nous apprenons à offrir avec confiance également le peu que nous avons. Aux yeux de Dieu, chacun de nos gestes d’amour a une valeur infinie: tout peut devenir éternel.

Source : VATICANNEWS, le 13 mars 2025

Carême: Dieu nous révèle que nous sommes éternels et non immortels

Exercices spirituels en Salle Paul VI.  

Carême: Dieu nous révèle que nous sommes éternels et non immortels

Nous publions ici le résumé de la septième méditation du prédicateur de la Maison pontificale qui conduit les exercices spirituels de Carême de la Curie romaine, en Salle Paul VI. Le père capucin Roberto Pasolini réfléchit ce mardi après-midi à la façon dont la société contemporaine s’est éloignée du concept de mort, alors que l’incarnation est au contraire un signe de l’amour radical de Dieu.

Notre époque a généré une illusion d’immortalité, alimentée par le progrès et par le bien-être, qui nous conduit à ignorer les limites de la condition humaine. L’Eglise elle-même peine parfois à se redimensionner pour offrir un témoignage crédible du Royaume de Dieu. Cette refoulement de la mort se manifeste par l’incapacité à vivre sereinement l’attente et par l’obsession de l’hyperactivité et d’une présence constante sur les nombreux fronts où la réalité nous sollicite. La peur de la mort a rendu difficile de faire des choix définitifs, encourageant le désengagement et l’illusion de pouvoir toujours revenir sur les décisions prises.

La société contemporaine a effacé les rituels et les mots qui nous aidaient autrefois à affronter le passage de la mort avec sens et courage. Aujourd’hui, la mort est souvent réduite à un spectacle médiatique ou à un problème technique qui concerne la science médicale. Cet éloignement du concept de mort nous empêche de comprendre le sens le plus profond de la vie et de l’espérance chrétienne. Saint François d’Assise, en l’appelant «sœur mort», propose une alternative radicale: accepter la finitude humaine comme partie d’un chemin qui mène à l’éternité.

Le péché, compris comme un usage erroné de la liberté, naît souvent de la tentative d’échapper à la précarité de la vie. Mais le seul véritable antidote est l’amour, vécu de manière concrète et profonde, comme le démontrent les paroles de saint Jean : «Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères» (1 Jn 3, 14). Aimer jusqu’au bout signifie accepter la limite et la transformer en une opportunité de se donner sans réserve.

Le Christ n’a pas éliminé la mort, mais il l’a traversée pour nous montrer qu’elle peut être habitée et transfigurée. L’incarnation n’est pas seulement une réponse au péché, mais un geste d’amour radical par lequel Dieu s’engage dans notre existence. L’Evangile de Marc met en lumière le paradoxe d’un Dieu qui sauve par la croix, nous révélant que, bien que nous soyons éternels, nous ne sommes pas immortels.

Paul met en garde les Galates contre le risque de revenir à une foi basée sur la peur et sur la loi, plutôt que sur la confiance dans le don gratuit de Dieu. Jean les exhorte à discerner les esprits, en reconnaissant l’incarnation non pas comme une idée, mais comme une manière concrète de vivre la réalité. L’incarnation nous demande de rester fermes dans la confiance que la réalité, malgré ses difficultés, est le lieu du Royaume de Dieu. Vivre comme enfants de Dieu et en tant que frères entre nous est un choix à renouveler chaque jour, dans la certitude que l’amour jusqu’au bout est non seulement possible, mais déjà témoigné par de nombreuses générations d’hommes et de femmes. Nous aussi, nous pouvons entonner ce chant d’amour, par nos vies.

Source : VATICANNEWS, le 12 mars 2025

Carême: le baptême est le «début d’un chemin de transformation»

Exercices spirituels en Salle Paul VI.   (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

Carême: le baptême est le «début d’un chemin de transformation»

Résumé de la sixième méditation des exercices spirituels prêchés à la Curie romaine. Le père Roberto Pasolini, prédicateur de la Maison pontificale revient sur la nécessité de «renaître d’en haut», pour un «changement profond et radical». Le Pape François s’unit spirituellement depuis l’hôpital à cette préparation du temps de Carême.

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Le chemin du salut se manifeste comme une renaissance spirituelle, illustrée dans l’Evangile de Jean à travers le dialogue entre Jésus et Nicodème. Jésus affirme que pour voir le Royaume de Dieu, il faut «renaître d’en haut», un concept qui déconcerte Nicodème et qui rappelle la nécessité d’un changement profond et radical. Cette transformation n’est pas simple et suscite souvent une crainte, car elle exige d’abandonner des certitudes et des schémas consolidés.

Jésus explique que la renaissance a lieu à travers l’eau et l’Esprit, non pas comme un retour biologique à l’enfance, mais comme une nouvelle ouverture à l’action de l’Esprit. Beaucoup craignent le changement et cherchent à s’agripper à des expériences passées, mais la véritable renaissance implique de se fier à Dieu et de se laisser conduire vers des horizons inexplorés. Ce passage rappelle l’Exode d’Israël dans le désert, où le peuple craignait la mort, mais trouvait le salut en cherchant du regard un signe offert par Dieu. Aujourd’hui, le signe du salut est le Christ élevé sur la croix.

Exercices spirituels en Salle Paul VI.
Exercices spirituels en Salle Paul VI. 

Le baptême représente le symbole de cette vie nouvelle: non pas un changement immédiat et visible, mais le début d’un chemin de transformation. Toutefois, dans l’histoire, l’efficacité du baptême s’est affaiblie, et il devient souvent un rite culturel plus qu’un choix de foi conscient. Cela a conduit à une crise de l’Eglise, dans laquelle la vie chrétienne apparaît distante et abstraite pour beaucoup.

Jésus invite à un choix radical: placer la relation avec Lui avant tout autre lien, non pas comme négation des liens d’affection, mais comme reconnaissance que ce n’est qu’en Dieu que se trouve la véritable vie. Cela demande d’avoir le courage de «perdre sa propre vie» dans le sens biologique et psychique, pour la retrouver dans la dimension éternelle.

Enfin, Jésus utilise la métaphore de l’accouchement pour expliquer que la renaissance spirituelle est un passage douloureux mais nécessaire. Chaque personne est appelée à sortir de son «sein» d’origine pour accueillir la plénitude de la vie éternelle. Saint François est un exemple de qui a abandonné toutes les sécurités pour embrasser pleinement la vie nouvelle dans le Christ.

En définitive, la véritable renaissance n’est pas une illusion, mais une réalité accessible à qui se laisse transformer par l’Esprit, en vivant dès à présent la promesse de l’éternité.

Source : VATICANNEWS, le 12 mars 2025

Carême: la vie éternelle n’est pas une récompense future, mais un choix du présent

Exercices spirituels en Salle Paul VI.   (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

Carême: la vie éternelle n’est pas une récompense future, mais un choix du présent

Nous vous proposons ici une synthèse de la cinquième méditation du prédicateur de la Maison pontificale, le père Pasolini qui dirige les exercices spirituels de Carême de la Curie romaine qui se tiennent cette semaine en Salle Paul VI. Le religieux capucin souligne que l’on peut vivre le présent, en faisant l’expérience de la résurrection, si l’on confie ses souffrances et blessures au Christ, au lieu de chercher des remèdes dans de fausses idoles.

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Le véritable défi de notre chemin n’est pas uniquement de traverser la mort, mais de reconnaître que la vie éternelle commence déjà ici. Souvent, nous nous leurrons qu’il existe uniquement deux catégories de personnes: les vivants et les morts. L’Évangile de Jean, avec la résurrection de Lazare, défie cette vision: les véritables morts ne sont pas uniquement ceux qui cessent de respirer, mais également ceux qui sont bloqués par la peur, la honte et le contrôle. Lazare, enveloppé de bandes qui limitent tout mouvement, nous représente tous lorsque nous nous laissons étouffer par des attentes et des schémas rigides, perdant ainsi le contact avec notre liberté intérieure.

Marthe et Marie, face à la mort de leur frère, expriment une foi conditionnée: «Si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort» (Jn 11, 21).  Cette mentalité reflète l’idée d’un Dieu qui devrait toujours intervenir pour nous épargner la douleur. Mais Jésus n’est pas venu pour éliminer la souffrance, mais pour la transformer: «Je suis la résurrection» (Jn 11, 25). La véritable question, donc, n’est pas de savoir si nous mourrons, mais si nous sommes déjà en train de vivre véritablement, dans la confiance dans le Christ et dans sa parole.

Le père Roberto Pasolini.

Le père Roberto Pasolini.

Ce défi apparaît également dans l’épisode de la femme hémoroïsse, une femme malade depuis douze ans qui, malgré tout, ose toucher le manteau de Jésus pour chercher la guérison (Mc 5, 25-34). Sa situation représente l’humanité tout entière: nous cherchons des remèdes, nous cherchons la vie, mais souvent nous nous confions à de fausses idoles qui nous laissent vides. Seul le contact avec Jésus peut apporter une véritable guérison, qui n’est pas uniquement physique mais intérieure: la capacité de se confier et de se sentir accueillis.

Jésus le dit: «Ma fille, ta foi t’a sauvée» (Mc 5, 34), montrant que le salut n’est pas une intervention extérieure de Dieu, mais s’exprime dans la capacité à nous ouvrir à sa présence. Il en va de même pour la confession et pour chaque expérience de réconciliation: un acte formel ne suffit pas, il faut que notre cœur redécouvre la confiance en un Dieu qui nous veut vraiment vivants.

Le signe de Lazare et la guérison de la femme hémoroïsse nous posent une question radicale: sommes-nous des mourants qui attendent la fin ou des vivants qui ont déjà commencé à faire l’expérience de la résurrection ? La vie éternelle n’est pas uniquement une récompense future, mais une réalité que nous pouvons choisir dès maintenant, en vivant avec liberté, espérance et confiance dans le Dieu qui nous appelle à la plénitude.

Source : VATICANNEWS, le 11 mars 2025