Je pleure pour les pécheurs (II)

Je pleure pour les pécheurs (II)

Le 19 mai 1853, à Cerreto, en Toscane (Italie), au lieu-dit « la casetta », une bergère de douze ans, Veronica Nucci, garde les bêtes avec son jeune frère, quand soudain, Veronica aperçoit droit devant elle, la Vierge Marie. Véronica entend la Sainte Vierge poursuivre : « Maintenant, va à la cabane, sinon tu vas te mouiller. Souviens-toi de ce que j’ai dit. Va chez toi, répète-le à ta mère ; dis-lui de le répéter à tous ceux avec lesquels elle se trouvera, et que je me nomme Maria Addolorata. » Veronica entre dans la cabane. Elle constate que ses vêtements sont secs, malgré l’averse. Elle raconte les faits à sa mère qui la prend au sérieux. Toutes deux contactent le curé de Saint-Nicolas-de-Bari, à Sorano. Quelques jours après, pendant qu’elle récite les prières demandées par la Vierge, Veronica entend « une voix » : « Veronica, fais-toi conduire avec ta mère chez l’évêque et dis-lui qu’il bâtisse une chapelle. – Mais il ne me croira jamais ! – Va, dis-le-lui, tu verras qu’il croira. » Veronica et sa mère sont accueillies par Mgr Barzellotti, évêque de Pitigliano, qui trouve le récit digne d’intérêt. Le 20 juillet 1853, il avertit Pie IX. Le 13 août suivant, le pape lui demande d’ouvrir une enquête et de faire construire une chapelle si les conclusions sont positives. Mgr Barzellotti tombe malade et meurt en 1861. C’est l’évêque du diocèse d’Acquapendente (†1877) qui mène l’enquête. Veronica a déposé sous serment. Elle est devenue tertiaire franciscaine. Des guérisons ont été alléguées, comme celle de la mère de Veronica, atteinte d’un squirrhe au bas-ventre. Le 8 septembre 1864, une église est ouverte aux fidèles sur les lieux de l’apparition. Elle devient l’église paroissiale. Les circonstances retardent le jugement des autorités ecclésiastiques. C’est seulement le 25 mars 1978 que Mgr D’Ascenzi, évêque de Sovana-Pitigliano, publie le décret élevant le sanctuaire de Cerreto au rang de sanctuaire diocésain.

D’après le dictionnaire des Apparitions du P. Laurentin

Fayard 2007

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

19.05.2025 – SAINT DU JOUR

Saint Yves Hélory
Avocat puis prêtre 
(1250-1303)

Yves Hélory, dit l’Avocat des Pauvres, naît en Bretagne, au manoir de Kermartin près de Tréguier, en 1250.

Le jeune Yves est envoyé à Paris, vers 14 ans, pour étudier la philosophie et la théologie : il recevra des enseignements de Thomas d’Aquin. Finalement, c’est le droit qui l’attire. Il étudiera à la faculté d’Orléans le droit laïc et ecclésiastique.

Puis il retourne en Bretagne où il est nommé juge ecclésiastique à Rennes en 1280. L’évêque de Tréguier l’appelle auprès de lui et le décide à devenir prêtre en 1283. Il est nommé curé de Trédrez en 1285, puis de Louannec, de 1292 à 1298.

Entre-temps, Yves a mené une vie exemplaire. De nombreux témoins de son procès en béatification parleront d’un chrétien et d’un juge doux, équitable, attentif et compatissant au sort des pauvres et plaidant leur cause. Mais en 1291, Yves ressort transformé d’une visite au mouroir de l’hôpital de Tréguier qui le décide à devenir un pauvre parmi les plus pauvres.

Il se retira dans son manoir familial de Kermartin où il vécut dans la misère et accueillit les indigents, devenant leur avocat. Restant aussi prêtre et évangélisateur, il traverse la Bretagne à pied pour prêcher et apporter la Bonne nouvelle contre vents et marées.

Il meurt à Kermartin le 19 mai 1303 épuisé par le travail et la pénitence. Son corps sera transféré à la cathédrale de Tréguier. Son tombeau devint un lieu de pèlerinage.

Il est canonisé en 1347, devenant ainsi le second saint breton et sans doute le premier prêtre diocésain élevé à ce rang. 

Il est le saint patron des avocats, des avoués, des assureurs et des notaires, ainsi que de la Bretagne.

Saint Yves priez pour nous !

19.05.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14,21-26. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Jude – non pas Judas l’Iscariote – lui demanda : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? »
Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.


Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395)

moine et évêque

Le creux du rocher (La Colombe et la Ténèbre, trad. Canévet, éd. du Cerf, 1992 ; p. 65-67 ; rev.)

« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole »

Le Verbe dit : « Viens ici de toi-même, ma colombe, dans le creux du rocher qui est près de la muraille » (Ct 2,13-14). Qu’est-ce donc que cette montée vers la perfection dont parle notre texte ? C’est de ne plus viser à l’effort comme ces gens que l’on tire, mais de prendre pour nous guider vers la perfection notre propre attrait. « Viens ici de toi-même », dit le Verbe ; non à regret ou par nécessité, mais « de toi-même », avec un désir du bien affermi par des intentions qui te soient propres, et non sous la contrainte de la nécessité. Car la vertu n’admet pas de tyran, mais elle agit volontairement et elle est libre de toute nécessité. C’est ainsi qu’était David qui priait Dieu d’agréer seulement les offrandes qu’il avait faites de plein gré et promettait d’offrir des sacrifices volontaires (cf. Ps 53,8). C’est aussi l’attitude de tous les saints que de s’offrir à Dieu, sans y être conduits par la nécessité. Montre donc toi aussi ta perfection, en assumant toi-même le désir de monter plus haut. Une fois là, dit le Verbe, tu viendras « dans le creux du rocher qui est près de la muraille ». Voici le sens de ces paroles, car il faut traduire les énigmes en paroles plus claires. L’unique creux du rocher pour l’âme de l’homme est l’altitude de l’évangile ; si l’on y parvient, on n’a désormais plus besoin de l’enseignement obscur des figures cachées dans les préceptes. Que la grâce de l’Évangile soit appelée rocher, aucun de ceux qui partagent quelque peu notre foi ne le contredirait. On peut voir à bien des reprises, en effet, dans l’Écriture, que l’Évangile est un rocher (cf. Mt 7,24). (…) Puisque le creux du rocher est près de la muraille, ce n’est pas loin pour toi de passer du mur au rocher. (…) Celui qui rejette ainsi la loi vient au creux du rocher évangélique qui fait suite au mur charnel.

LECTURES :

Livre des Actes des Apôtres 14,5-18. 

En ces jours-là, à Iconium, il y eut un mouvement chez les non-Juifs et chez les Juifs, avec leurs chefs, pour recourir à la violence et lapider Paul et Barnabé.
Lorsque ceux-ci s’en aperçurent, ils se réfugièrent en Lycaonie dans les cités de Lystres et de Derbé et dans leurs territoires environnants.
Là encore, ils annonçaient la Bonne Nouvelle.
Or, à Lystres, il y avait un homme qui était assis, incapable de se tenir sur ses pieds. Infirme de naissance, il n’avait jamais pu marcher.
Cet homme écoutait les paroles de Paul. Celui-ci le fixa du regard et vit qu’il avait la foi pour être sauvé.
Alors il lui dit d’une voix forte : « Lève-toi, tiens-toi droit sur tes pieds. » L’homme se dressa d’un bond : il marchait.
En voyant ce que Paul venait de faire, les foules s’écrièrent en lycaonien : « Les dieux se sont faits pareils aux hommes, et ils sont descendus chez nous ! »
Ils donnaient à Barnabé le nom de Zeus, et à Paul celui d’Hermès, puisque c’était lui le porte-parole.
Le prêtre du temple de Zeus, situé hors de la ville, fit amener aux portes de celle-ci des taureaux et des guirlandes. Il voulait offrir un sacrifice avec les foules.
Informés de cela, les Apôtres Barnabé et Paul déchirèrent leurs vêtements et se précipitèrent dans la foule en criant :
« Pourquoi faites-vous cela ? Nous aussi, nous sommes des hommes pareils à vous, et nous annonçons la Bonne Nouvelle : détournez-vous de ces vaines pratiques, et tournez-vous vers le Dieu vivant, lui qui a fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qu’ils contiennent.
Dans les générations passées, il a laissé toutes les nations suivre leurs chemins.
Pourtant, il n’a pas manqué de donner le témoignage de ses bienfaits, puisqu’il vous a envoyé du ciel la pluie et des saisons fertiles pour vous combler de nourriture et de bien-être. »
En parlant ainsi, ils empêchèrent, mais non sans peine, la foule de leur offrir un sacrifice.

Psaume 115(113B),1-2.3-4.15-16. 

R/ Non pas à nous, Seigneur, mais à ton nom, donne la gloire. (Ps 113b, 1)

Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, 
mais à ton nom, donne la gloire, 
pour ton amour et ta vérité.
Pourquoi les païens diraient-ils : 
« Où donc est leur Dieu ? »

Notre Dieu, il est au ciel ; 
tout ce qu’il veut, il le fait.
Leurs idoles : or et argent, 
ouvrages de mains humaines.

Soyez bénis par le Seigneur 
qui a fait le ciel et la terre !
Le ciel, c’est le ciel du Seigneur ; 
aux hommes, il a donné la terre.

18.05.2025 – REGINA CAELI À ROME

Au terme de cette célébration, je vous salue et je vous remercie tous, Romains et fidèles venus de nombreuses parties du monde, qui avez souhaité y participer !

J’exprime en particulier ma gratitude aux délégations officielles de nombreux pays, ainsi qu’aux représentants des Églises et des Communautés ecclésiales et des autres religions.

Je salue chaleureusement les milliers de pèlerins venus de tous les continents pour le Jubilé des Confraternités. Chers amis, je vous remercie de maintenir vivant le grand patrimoine de la piété populaire!

Au cours de la messe, j’ai ressenti fortement la présence spirituelle du Pape François qui nous accompagne depuis le Ciel. Dans cette dimension de communion des saints, je rappelle qu’hier, a été béatifié à Chambéry, en France, le prêtre Camille Costa de Beauregard qui a vécu à la fin des années 1800 et au début des années 1900 et qui a été témoigné d’une grande charité pastorale.

Dans la joie de la foi et de la communion, nous ne pouvons pas oublier nos frères et sœurs qui souffrent des guerres. À Gaza, des enfants, des familles et des personnes âgées survivantes sont réduits à la famine. Au Myanmar, de nouvelles hostilités ont coûté la vie à de jeunes innocents. L’Ukraine tourmentée attend enfin des négociations pour une paix juste et durable.

C’est pourquoi, alors que nous confions à Marie le service de l’Évêque de Rome, pasteur de l’Église universelle, nous nous tournons, depuis la “barque de Pierre”, vers l’Étoile de la mer, vers la Mère du Bon Conseil, comme vers un signe d’espérance. Nous implorons de son intercession le don de la paix, le soutien et le réconfort pour ceux qui souffrent, la grâce pour nous tous d’être des témoins du Seigneur ressuscité.

Source : VATICAN

18.05.2025 – MESSE D’INAUGURATION DU PONTIFICAT DE LÉON XIV

Léon XIV: Pierre n’est ni un meneur solitaire ni un chef au-dessus des autres

Une foule de plus de 200 000 fidèles répartie place Saint-Pierre et avenue de la Conciliation a participé à la messe d’inauguration du pontificat du Pape Léon XIV, ce dimanche. Le Pape a tracé une route à parcourir ensemble, avec tous les chrétiens, toutes les religions et toutes les personnes de bonne volonté pour construire la paix.

Jean-Charles Putzolu – Cité du Vatican

Dès l’aube, les premiers fidèles prenaient place aux abords de la place Saint Pierre pour s’assurer une place de choix qui leur permettrait de voir leur nouveau Pape présider la messe d’inauguration de son pontificat. Une foule polyglotte dans un mélange de cultures et de couleurs parcourait déjà les rues autour du Vatican les jours précédents, parlant anglais ou espagnol pour beaucoup, venus des États-Unis et du Pérou, les deux pays des deux nationalités du cardinal Robert Francis Prevost, élu Pape jeudi 8 mai. Dimanche matin, ils étaient parmi les premiers devant les barrières attendant que les forces de l’ordre et les milliers de volontaires mobilisés leur ouvre la voie d’accès vers la basilique vaticane.

Ils voulaient être devant, au plus près de l’autel placé sur le parvis de la basilique, juste derrière les 156 délégations internationales venues de 149 pays auxquels s’ajoutent les représentants de sept organisations internationales, et non loin des très nombreuses délégations œcuméniques et des autres religions venues saluer ce moment historique de l’Église catholique romaine.

Construire la paix ensemble

Cette présence interreligieuse n’a pas échappé au Pape qui dans son homélie a tendu une main car la «route à parcourir» peut l’être ensemble «avec les Églises chrétiennes sœurs, avec ceux qui suivent d’autres chemins religieux, avec ceux qui cultivent l’inquiétude de la recherche de Dieu, avec toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté, pour construire un monde nouveau où règne la paix».

La matinée du Pape a commencé par un long bain de foule en papamobile dès 9h00 se frayant un chemin dans les allées de la place Saint-Pierre et en territoire italien jusqu’à l’extrémité de l’avenue de la Conciliazione entre le Vatican et le château Saint-Ange. C’est la toute première immersion de Léon XIV au milieu des pèlerins, souriant, saluant les fidèles et acclamé par la foule. La papamobile a ensuite disparu sous “l’arco delle campane” (l’arc des cloches, ndlr), le passage vouté à gauche de la basilique pour rejoindre la sacristie.

Léon XIV en papamobile au milieu de la foule
Léon XIV en papamobile au milieu de la foule   (@Vatican Media)

Devant le tombeau du prince des apôtres

Dehors, c’est sur les écrans géants que la foule suit le début de la célébration. Le Pape se recueille quelques instants devant le tombeau de Pierre, juste sous l’autel de la confession de la basilique vaticane. Il est accompagné des patriarches des Églises orientales. Ceux-là même à qui il avait dit mercredi à l’occasion précisément du jubilé des Églises orientales: «l’Église a besoin de vous». Puis c’est en procession que le Saint Père se rend à l’autel de la célébration sur le parvis de la basilique, traversant la nef centrale et passant sous l’immense tapisserie représentant l’épisode de la pêche miraculeuse car, à la suite du Christ, le Pape aussi est un «pêcheur d’hommes».

Précédant de peu la procession, deux diacres ont déposé sur l’autel l’anneau du pêcheur, le pallium, remis au nouveau Souverain Pontife après la proclamation de l’Évangile. À côté de l’autel, trône Notre-Dame du Bon Conseil du sanctuaire marial de Genazzano; sanctuaire augustinien visité par le Pape le surlendemain de son élection, pour sa toute première sortie hors du Vatican.

La remise des insignes suit un rite précis. Trois cardinaux issus des trois ordres, diacres, prêtres et évêques remettent au Successeur de Pierre le pallium, l’anneau, et disent une prière invoquant le soutien du Seigneur pour l’élu, à travers la présence de l’Esprit-Saint afin que le Pape exerce son ministère suivant le charisme reçu.

Les brebis ne sont plus sans berger

Les premiers mots de l’homélie du Pape rendent un hommage appuyé à son prédécesseur François. Sa mort «a rempli nos cœurs de tristesse et, dans ces heures difficiles, nous nous sommes sentis comme ces foules dont l’Évangile dit qu’elles étaient “comme des brebis sans berger”». Puis sur le conclave, l’évêque de Rome rapporte que les cardinaux «issus d’histoires et de parcours différents», ont «remis entre les mains de Dieu le désir d’élire le nouveau successeur de Pierre, l’Évêque de Rome, un pasteur capable de garder le riche héritage de la foi chrétienne et, en même temps, de jeter son regard au loin pour répondre aux questions, aux inquiétudes et aux défis d’aujourd’hui». L’Esprit Saint, poursuit-il, a su ensuite accorder les instruments de musique.

Le Pape Léon XIV reçoit l'anneau du pêcheur
Le Pape Léon XIV reçoit l’anneau du pêcheur   (AFP or licensors)

Amour et unité

«J’ai été choisi sans aucun mérite et, avec crainte et tremblements, je viens à vous comme un frère qui veut se faire le serviteur de votre foi et de votre joie, en marchant avec vous sur le chemin de l’amour de Dieu, qui veut que nous soyons tous unis en une seule famille». Cette approche, toute en humilité, Léon XIV la précise: «l’Église de Rome préside à la charité et sa véritable autorité est la charité du Christ. Il ne s’agit jamais d’emprisonner les autres par la domination, la propagande religieuse ou les moyens du pouvoir, mais il s’agit toujours et uniquement d’aimer comme Jésus l’a fait». Le rôle du Successeur de Pierre, développe Léon XIV, est de «paître le troupeau sans jamais céder à la tentation d’être un meneur solitaire ou un chef placé au-dessus des autres».

C’est dans ce même esprit d’humilité et de service que le Pape s’était déjà adressé aux cardinaux samedi 10 mai: «Votre présence me rappelle que le Seigneur, qui m’a confié cette mission, ne me laisse pas seul pour en porter la responsabilité. Je sais avant tout que je peux toujours, toujours, compter sur son aide, l’aide du Seigneur, et, par sa Grâce et sa Providence, sur votre proximité».

Une Église ouverte au monde et missionnaire

C’est donc ensemble, avec le collège des cardinaux, «les plus proches collaborateurs» du Pape, avec le peuple des baptisés que Léon XIV souhaite réaliser un «premier grand désir»: «une Église unie, signe d’unité et de communion, qui devienne ferment pour un monde réconcilié», tandis que notre époque souffre de «trop de discorde, trop de blessures causées par la haine, la violence, les préjugés, la peur de l’autre, par un paradigme économique qui exploite les ressources de la Terre et marginalise les plus pauvres». L’Église, insiste le Souverain Pontife, doit être un levain d’unité, de communion et de fraternité. «Dans l’unique Christ, nous sommes un», dit Léon XIV reprenant sa devise «In illo uno unum» inspirée d’un sermon de saint Augustin, car c’est en se faisant levain dans l’unité du Christ, que l’Église est appelée à être «missionnaire» et «à offrir à tous l’amour de Dieu», en ouvrant les bras au monde, sans s’enfermer dans son «petit groupe», ni se sentir «supérieure au monde». L’unité, conclut le nouvel évêque de Rome, «n’efface pas les différences, mais valorise l’histoire personnelle de chacun et la culture sociale et religieuse de chaque peuple».

Source : VATICANNEWS , le 18 mai 2025

Léon XIV et l’Église «petit levain» d’unité et d’amour

Retour sur les mots de l’homélie de l’évêque de Rome au moment où il entame son ministère pétrinien au service de ses frères.

Andrea Tornielli*

«J’ai été choisi sans aucun mérite et, avec crainte et tremblement, je viens à vous comme un frère qui veut être le serviteur de votre foi et de votre joie, en marchant avec vous sur le chemin de l’amour de Dieu, qui nous veut tous unis en une seule famille». C’est par ces mots que s’est présenté le Pape Léon XIV, évêque missionnaire, petit-fils de migrants, 267e évêque de Rome. Les paroles simples et profondes de son homélie lors de la messe de début de son ministère représentent un programme qui nous parle d’une altérité et d’un style.

Une altérité, parce que dans notre monde si marqué par les guerres, la haine, la violence, les divisions, l’humble parole du Successeur de Pierre annonce l’Évangile de l’amour, de l’unité, de la compassion, de la fraternité, d’un Dieu qui veut que nous soyons une seule famille. Une altérité parce qu’il entend témoigner de l’amour, du dialogue, de la compréhension, pour vaincre la haine et la guerre qui naissent dans le cœur de l’homme, qu’il prenne les armes contre son frère ou qu’il le crucifie avec l’arrogance des mots qui blessent comme des pierres.

Et un style, parce que Léon XIV a rappelé que le ministère de Pierre est d’être servus servorum Dei. Son ministère est un service d’amour et d’offrande de sa vie pour ses frères: «l’Église de Rome préside dans la charité et sa véritable autorité est la charité du Christ». Il ne s’agit donc jamais «d’emprisonner les autres par la domination, la propagande religieuse ou les moyens du pouvoir», comme nous sommes tentés de le faire à chaque époque, par le collatéralisme, les structures, le protagonisme, le marketing religieux et les stratégies étudiées. Au contraire, il s’agit «toujours et uniquement d’aimer comme Jésus l’a fait». C’est pourquoi Pierre «doit paître le troupeau sans jamais céder à la tentation d’être un meneur solitaire ou un chef placé au-dessus des autres, se faisant maître des personnes qui lui sont confiées». Au contraire, il lui est demandé d’aimer davantage. Il lui est «demandé de servir la foi de ses frères, en marchant avec eux».

On peut saisir dans ces derniers mots l’icône du Bon Pasteur que le Pape François a proposé tant de fois. C’est l’image du berger qui marche devant le troupeau pour le guider; au milieu du troupeau pour l’accompagner, sans se sentir supérieur ou séparé; et aussi derrière le troupeau, pour veiller à ce que personne ne se perde et pour pouvoir rassembler les derniers, ceux qui sont les plus fatigués par le voyage.

L’évêque missionnaire qui siège aujourd’hui sur la Chaire de Pierre nous invite donc à proclamer l’Évangile de l’amour, «sans nous enfermer dans notre petit groupe ni nous sentir supérieurs au monde». L’Église est un peuple de pécheurs pardonnés, qui a toujours besoin de miséricorde et qui, pour cette raison, doit être “vacciné” contre tout complexe de supériorité, en tant que disciples d’un Dieu qui a choisi la voie de la faiblesse et s’est abaissé en acceptant de mourir sur la croix pour nous sauver. «Nous sommes appelés à offrir l’amour de Dieu à tous», a dit le Pape Léon, pour être dans la pâte du monde «un petit levain d’unité, de communion, de fraternité» et porter ainsi notre regard au loin, à la rencontre des questions, des angoisses et des défis d’aujourd’hui.

*Directeur éditorial des médias du Vatican

Source : VATICANNEWS, le 18 mai 2025