Étiquette : Notre-Dame de Fatima
04.04.2026 – MESSE À NOTRE-DAME DE LA GARDE
Disons souvent avec Marie : Magnificat anima mea Dominum !

Disons souvent avec Marie : Magnificat anima mea Dominum !
Quel est ce Seigneur que la bienheureuse Vierge magnifie ? (…) La très sacrée Vierge loue et magnifie le Père éternel de l’avoir associée avec lui dans sa divine paternité, la rendant Mère du même Fils dont il est le Père. Elle magnifie le Fils de Dieu, de ce qu’il a bien voulu la choisir pour sa Mère et être son véritable Fils. Elle magnifie le Saint-Esprit, de ce qu’il a voulu accomplir en elle la plus grande de ses œuvres, c’est-à-dire le mystère adorable de l’Incarnation.
Elle magnifie le Père, le Fils et le Saint-Esprit des grâces infinies qu’ils ont faites et qu’ils ont dessein de faire à tout le genre humain.
Apprenons d’ici qu’un des principaux devoirs que Dieu demande de nous, et une de nos plus grandes obligations vers sa divine Majesté, est la reconnaissance de ses bienfaits, dont nous devons lui rendre grâce de tout notre cœur et avec une affection très particulière. Ayons donc soin d’imiter en ceci la glorieuse Vierge, et de dire souvent avec elle : Magnificat anima mea Dominum !
Saint Jean Eudes, Un commentaire du Magnificat, Livre dixième du Cœur Admirable
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
04.04.2026 – INTÉGRALE DES LECTURES DE LA VIGILE PASCALE
Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’intégralité des lectures du Samedi saint.
04.04.2026 – SAINT DU JOUR

Saint Isidore
Évêque et docteur de l’Église
(* v. 560 – † 636)
L’Espagne s’honore d’avoir donné le jour à une famille de saints avec les frères Léandre, Fulgence, Isidore et leur sœur Florentine. Léandre l’aîné, qui devint évêque de Séville (vers 580), éleva son jeune frère Isidore, né entre 560 et 570.
A la mort de Léandre (601), Isidore lui succéda et il continua avec éclat l’organisation de l’Église d’Espagne dans le royaume wisigothique, que son frère avait entreprise. Léandre avait tenu à Tolède un important concile en 586 ; Isidore prolongea son action en de nombreux synodes et spécialement dans le célèbre IVe Concile de Tolède (633).
Durant un épiscopat de trente-cinq années, il s’adonna à la formation du peuple chrétien non seulement par la prédication, mais par l’instruction des jeunes. Il fonda pour eux un collège dans lequel il voulut enseigner lui-même. C’était là une préoccupation tout à fait en avance sur son temps. Elle est en partie à l’origine de la production littéraire d’Isidore, qui est une sorte d’inventaire de l’ensemble des connaissances humaines, auquel l’auteur fournit un apport original.
Isidore meurt à Séville en 636.
Dieu Éternel et Tout-puissant,
qui nous a créés à Ton image
et nous a demandé de rechercher tout ce qui bon, vrai et beau,
particulièrement dans la divine personne de Ton Fils unique,
notre Seigneur Jésus Christ,
accorde-nous, nous t’en supplions,
que par l’intercession de Saint Isidore, évêque et docteur,
au cours de nos visites sur internet
nous dirigions nos mains et nos yeux
seulement vers ce qui te plaît
et traitions avec patience et charité
toutes les âmes que nous rencontrons.
Par le Christ notre Seigneur.
Amen
Saint Isidore priez pour nous !

04.04.2026 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28,1-10.

Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre.
Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus.
Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige.
Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts.
L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié.
Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait.
Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire. »
Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui.

Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Une homélie grecque du 4e siècle
Sur la sainte Pâque, §1 et 58s ; PG 59, 743 ; SC 27 (inspirée d’une homélie perdue de saint Hippolyte de Rome; trad. F. Quéré; coll. Icthus, t. 10, p. 59s et SC, p. 117s)
« C’est là l’œuvre du Seigneur, merveille devant nos yeux » (Ps 117,23)
Voici l’heure où paraît la lumière bénie du Christ ; les purs rayons de l’Esprit se lèvent et le ciel ouvre les trésors de la gloire divine. La nuit vaste et obscure est engloutie, les ténèbres épaisses se dispersent, l’ombre triste de la mort se noie dans l’ombre. La vie déferle sur toute chose ; tout est rempli d’une lumière sans fin. L’Aurore des aurores monte sur la terre, et « celui qui était avant l’étoile du matin » (Ps 109,3), avant les astres, immortel et immense, le grand Christ, brille sur tous les êtres plus que le soleil. Pour nous qui croyons en lui s’instaure un jour de lumière, vaste, éternel, que rien n’éteindra : c’est la pâque mystique, célébrée en préfiguration par la Loi, accomplie en vérité par le Christ, pâque magnifique, merveille de la force de Dieu, œuvre de sa puissance, la fête véritable, le mémorial éternel : la libération de toute souffrance naît de la Passion, l’immortalité naît de la mort, la vie naît du tombeau, la guérison naît de la blessure, le relèvement naît de la chute, l’ascension naît de la descente aux enfers. (…) Ce sont les femmes d’abord qui l’ont vu ressuscité. Comme une femme avait introduit la première le péché dans le monde, de même elle porte, la première encore, la nouvelle de la vie. C’est pourquoi elles entendent cette parole sacrée : « Femmes, réjouissez-vous ! » (Mt 28,9 grec,) afin que la première tristesse soit engloutie dans l’allégresse de la résurrection. (…) À la vue d’un si grand mystère — un homme montant maintenant avec Dieu — les puissances des cieux criaient avec joie aux armées des anges : « Princes, élevez vos portes ; élevez-vous, portes éternelles, et le Roi de gloire entrera ! » Elles ont vu la merveille, la nature humaine unie à celle de Dieu, et ont clamé à leur tour : « Qui est ce Roi de gloire ? » Les autres ont répondu : « Le Seigneur des puissances, c’est lui le Roi de gloire, fort, vaillant et puissant dans le combat » (Ps 23,7s LXX).

LECTURES :
Livre de l’Exode 14,15-31.15,1a.
En ces jours-là, le Seigneur dit à Moïse : « Pourquoi crier vers moi ? Ordonne aux fils d’Israël de se mettre en route !
Toi, lève ton bâton, étends le bras sur la mer, fends-la en deux, et que les fils d’Israël entrent au milieu de la mer à pied sec.
Et moi, je ferai en sorte que les Égyptiens s’obstinent : ils y entreront derrière eux ; je me glorifierai aux dépens de Pharaon et de toute son armée, de ses chars et de ses guerriers.
Les Égyptiens sauront que je suis le Seigneur, quand je me serai glorifié aux dépens de Pharaon, de ses chars et de ses guerriers. »
L’ange de Dieu, qui marchait en avant d’Israël, se déplaça et marcha à l’arrière. La colonne de nuée se déplaça depuis l’avant-garde et vint se tenir à l’arrière,
entre le camp des Égyptiens et le camp d’Israël. Cette nuée était à la fois ténèbres et lumière dans la nuit, si bien que, de toute la nuit, ils ne purent se rencontrer.
Moïse étendit le bras sur la mer. Le Seigneur chassa la mer toute la nuit par un fort vent d’est ; il mit la mer à sec, et les eaux se fendirent.
Les fils d’Israël entrèrent au milieu de la mer à pied sec, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche.
Les Égyptiens les poursuivirent ; tous les chevaux de Pharaon, ses chars et ses guerriers entrèrent derrière eux jusqu’au milieu de la mer.
Aux dernières heures de la nuit, le Seigneur observa, depuis la colonne de feu et de nuée, l’armée des Égyptiens, et il la frappa de panique.
Il faussa les roues de leurs chars, et ils eurent beaucoup de peine à les conduire. Les Égyptiens s’écrièrent : « Fuyons devant Israël, car c’est le Seigneur qui combat pour eux contre nous ! »
Le Seigneur dit à Moïse : « Étends le bras sur la mer : que les eaux reviennent sur les Égyptiens, leurs chars et leurs guerriers ! »
Moïse étendit le bras sur la mer. Au point du jour, la mer reprit sa place ; dans leur fuite, les Égyptiens s’y heurtèrent, et le Seigneur les précipita au milieu de la mer.
Les eaux refluèrent et recouvrirent les chars et les guerriers, toute l’armée de Pharaon qui était entrée dans la mer à la poursuite d’Israël. Il n’en resta pas un seul.
Mais les fils d’Israël avaient marché à pied sec au milieu de la mer, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche.
Ce jour-là, le Seigneur sauva Israël de la main de l’Égypte, et Israël vit les Égyptiens morts sur le bord de la mer.
Israël vit avec quelle main puissante le Seigneur avait agi contre l’Égypte. Le peuple craignit le Seigneur, il mit sa foi dans le Seigneur et dans son serviteur Moïse.
Alors Moïse et les fils d’Israël chantèrent ce cantique au Seigneur :

Livre de l’Exode 15,1b.2.3-4.5-6.17-18.
R/ Alléluia, alléluia, alléluia !
Je chanterai pour le Seigneur !
Éclatante est sa gloire :
il a jeté dans la mer
cheval et cavalier !
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur :
il est pour moi le salut.
Il est mon Dieu, je le célèbre ;
j’exalte le Dieu de mon père.
Le Seigneur est le guerrier des combats ;
son nom est « Le Seigneur ».
Les chars du Pharaon et ses armées, il les lance dans la mer.
L’élite de leurs chefs a sombré dans la mer Rouge.
L’abîme les recouvre :
ils descendent, comme la pierre,
au fond des eaux.
Ta droite, Seigneur,
magnifique en sa force,
ta droite, Seigneur,
écrase l’ennemi.
Tu les amènes, tu les plantes sur la montagne, ton héritage,
le lieu que tu as fait, Seigneur, pour l’habiter,
le sanctuaire, Seigneur, fondé par tes mains.
Le Seigneur régnera pour les siècles des siècles.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 6,3b-11.
Frères, nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême.
Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts.
Car, si nous avons été unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne.
Nous le savons : l’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que le corps du péché soit réduit à rien, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché.
Car celui qui est mort est affranchi du péché.
Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.
Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui.
Car lui qui est mort, c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il est vivant.
De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.

03.04.2026 – CHEMIN DE CROIX AU COLISÉE PRÉSIDÉ PAR LE PAPE LÉON XIV
Au Colisée, Léon XIV porte la croix en présence de 30000 fidèles
Les femmes, les opprimés, les prisonniers, les victimes des guerres et des injustices étaient au cœur des méditations du Chemin de Croix de Léon XIV au Colisée ce vendredi soir 3 avril. Que Dieu donne des larmes pour pleurer «sur les massacres et les génocides» ou «sur le cynisme des tyrans».
Alexandra Sirgant – Cité du Vatican
Cela faisait trente-deux ans qu’aucun Pape n’avait porté la croix tout le long de la Via Crucis. Pour sa première Pâques depuis son élection, Léon XIV a tenu à faire sien le douloureux chemin du Christ, celui de sa condamnation à sa mise au tombeau. «Je pense que ce sera un signe important, compte tenu de ce que représente le Pape: un chef spirituel dans le monde d’aujourd’hui, cette voix qui nous dit que le Christ souffre encore» avait lui-même déclaré Léon XIV aux journalistes à sa sortie de Castel Gandolfo mardi dernier, expliquant son geste comme étant une invitation à «toutes les personnes de foi, à cheminer ensemble, à marcher avec le Christ qui a souffert» pour les hommes.
Ce cheminement, auquel sont invités les fidèles, se déroule «dans un environnement chaotique, agité et bruyant», à l’image de l’époque de Jésus. Deux mille ans plus tard, «le croyant est continuellement mis au défi», reconnait le père franciscain Francesco Patton dans ses méditations, choisies cette année pour accompagner les dernières heures de la vie de Jésus. «Le Chemin de Croix n’est pas le chemin de ceux qui vivent dans un monde préservé dans sa ferveur et de recueillement abstrait, mais c’est l’exercice de ceux qui savent que la foi, l’espérance et la charité doivent s’incarner dans le monde réel».
Retrouvez ici l’intégralité des méditations du Chemin de Croix en français
Accompagné du maître des célébrations liturgiques et du cardinal-vicaire de Rome, Léon XIV a solennellement parcouru les quatorze stations du Chemin de Croix, s’arrêtant à chacune d’entre elle pour méditer sur des extraits des Évangiles et des écrits de saint François d’Assise, et adresser une prière de supplication, reprise en chœur par les 30 000 pèlerins rassemblés autour du Colisée, cierge à la main.

Servir les autres plutôt que de les dominer
«François d’Assise, qui a simplement cherché à suivre tes traces, nous rappelle que toute autorité devra répondre devant Dieu de la manière dont elle aura exercé le pouvoir qui lui a été confié», arappelé la méditation lors de la première station, qui marque la condamnation à mort de Jésus par Ponce Pilate. Après avoir été chargé de la croix, Jésus chute une première fois, exténué par le poids du bois et ses blessures. Lors de la troisième station, qui commémore cet instant où le Seigneur trébuche, la méditation a rappelé que la vie même du Christ a été «une succession d’abaissements et de descentes». Jésus s’est dépouillé en se faisant homme. «Aide-nous, nous aussi, à choisir de rester à terre, aux pieds des autres, plutôt que de chercher à être en hauteur et à les dominer».
Pleurer sur les désastres des guerres
À la station suivante, Jésus rencontre sa Mère sur le chemin du Calvaire, et lui demande de «consoler les orphelins, spécialement à cause des guerres». Une imploration qui résonne fortement avecles drames qui déchirent le monde contemporain, tout comme lors de la huitième station lorsque Jésus rencontre les femmes de Jérusalem qui pleurent sa mort certaine: «Là où il y a une souffrance ou un besoin, les femmes sont présentes: dans les hôpitaux et les maisons de retraite, dans les communautés thérapeutiques et d’accueil, dans les foyers pour les mineurs les plus fragiles, dans les avant-postes les plus reculés de la mission pour ouvrir des écoles et des dispensaires, dans les zones de guerre et de conflit pour secourir les blessés et consoler les survivants». Dans sa méditation, celui qui fut custode de Terre Sainte de 2016 à 2025 demande au Seigneur de donner aux hommes «des larmes» pour pleurer «sur les désastres des guerres», «sur les massacres et les génocides» ou «sur le cynisme des tyrans».

«Apprends-nous la compassion»
Jésus est dépouillé de ses vêtements avant d’être cloué sur la croix à la onzième station. Il manifeste ainsi «que le pouvoir véritable n’est pas celui de ceux qui utilisent la force et la violence pour s’imposer», mais de «ceux qui se chargent du mal de l’humanité (…) et qui l’anéantissent par la puissance de l’amour qui se manifeste dans le pardon». Quand Jésus est descendu de la Croix, à la treizième station, le père Francesco Patton demande au Seigneur de «faire en sorte que notre époque, qui a perdu le respect des vivants, conserve au moins celui des morts» et qu’il apprenne aux hommes la compassion envers les prisonniers politiques, les familles d’otages ou les morts sous les décombres. Après avoir marqué à nouveau l’arrêt à la quatorzième et dernière station, où Jésus est déposé dans le sépulcre, le Pape Léon XIV a invité les fidèles à conclure ce moment de contemplation et de prière par la bénédiction que saint François portait à ses frères: «Que le Seigneur tourne vers vous son visage et qu’il vous apporte la paix».
Source : VATICANNEWS, le 3 avril 2026
03.04.2026 – OFFICE DE LA PASSION DU SEIGNEUR PRÉSIDÉE PAR LE PAPE LÉON XIV
Office de la Passion: la partition de la Croix, un appel silencieux à désarmer le mal
En ce Vendredi Saint, le Pape Léon XIV a présidé sa première liturgie de la Passion du Christ en la basilique Saint-Pierre. L’homélie de la Passion a été prononcée par le prédicateur de la Maison pontificale, le père capucin Roberto Pasolini. «À une époque, si déchirée par la haine et la violence, où même le nom de Dieu est invoqué pour justifier des guerres et des décisions de mort, nous, chrétiens, sommes appelés à nous approcher de la croix du Seigneur», a-t-il exhorté.
Augustine Asta – Cité du Vatican
La liturgie de la parole, la vénération de la Croix et la communion au corps du Christ. Tels ont été les trois temps forts de l’Office de la Passion du Seigneur présidé par le Pape Léon XIV, ce 3 avril, en la basilique Saint-Pierre. En ce Vendredi Saint, le père Roberto Pasolini, 54 ans, capucin, bibliste et prédicateur de la Maison pontificale depuis novembre 2024, a expliqué dans son homélie, que la liturgie «nous invite à contempler la Passion du Seigneur». Face à ce mystère de mort et de gloire, il est «naturel de se recueillir en silence dans la prière», a-t-il dit.
Une Croix qui s’inscrit dans un chemin
La Croix du Christ risque cependant, a poursuivi le religieux capucin, de «rester incompréhensible si nous la considérons comme un fait isolé, comme un événement soudain et inexplicable». Car, en réalité, a fait remarquer le père Pasolini, elle est le «point culminant d’un cheminement: l’aboutissement d’une vie au cours de laquelle Jésus a appris à écouter et à accueillir la voix du Père, se laissant guider jusqu’à l’amour le plus grand».
Pour le prédicateur de la Maison pontificale, au cours de cette Semaine Sainte, la liturgie met en avant les «Chants du Serviteur» du Seigneur, des textes poétiques dans lesquels le prophète Isaïe a esquissé la figure d’un Serviteur mystérieux par lequel Dieu parvient à sauver le monde du mal et du péché.
La douceur comme seule force
Le Serviteur est présenté, dans le premier chant, comme «quelqu’un appelé par le Seigneur à accomplir une mission précise et ambitieuse: ouvrir ‘‘les yeux des aveugles’’ et faire ‘‘sortir de prison les captifs, de la détention ceux qui vivent dans les ténèbres’’» (Isaïe 42, 6-7). C’est une tâche, a-t-il estimé, «placée sous le signe de la vie, destinée à tous ceux qui sont écrasés par la souffrance, l’injustice, le péché». Cependant, il «devra l’accomplir avec une extrême délicatesse, en suivant une méthode précise et à contre-courant»:«Aucune agressivité, aucun recours à la force, aucune tentation de tout détruire pour repartir à zéro. Le Serviteur devra être un chercheur de vie au milieu des ténèbres du mal», a détaillé le prédicateur de la Maison pontificale.
“Nous sommes tous tentés de forcer les situations, d’utiliser un peu d’agressivité, en pensant que sans dureté, les choses ne se résolvent jamais. Le Serviteur du Seigneur ne pourra céder à cet instinct: il devra garder la douceur comme seule force pour affronter les ténèbres du mal, protéger chaque fragment de bien qui subsiste et offrir de l’oxygène aux flammes qui sont sur le point de s’éteindre.”
Le doute et l’épreuve de l’inutilité
Le deuxième chant introduit une fracture intérieure: «J’ai épuisé mes forces pour rien, en vain» (Isaïe 49, 4). Le Serviteur fait l’expérience du découragement, du sentiment d’échec. «Le bien semé ne semble pas germer, tout semble figé et bloqué». C’est une crise qui, a précisé le père Pasolini, «tôt ou tard, touche quiconque a choisi de suivre le Seigneur: le sentiment de tourner en rond, de ne mener nulle part, de rester fidèle à quelque chose qui ne porte aucun fruit». Mais, a-t-il insisté, «ce n’est qu’une impression».
“En apportant la lumière dans les ténèbres, le Serviteur du Seigneur est entré dans un espace où les choses ne se comprennent plus selon nos critères, mais suivent le dessein, souvent paradoxal, d’un salut qui vient de Dieu.”
La lumière
Le troisième chant révèle une autre difficulté: le rejet. En effet, a-t-il noté, ceux qui vivent dans les ténèbres n’accueillent pas toujours la lumière. Parfois, ils la rejettent et tentent de la repousser. «Pourquoi cela?», s’est interrogé le père Pasolini. Et d’y répondre: «Parce que la lumière ne met pas seulement en évidence ce qui est beau», mais aussi ce que «nous préférerions cacher: nos blessures, nos mensonges, notre ambiguïté». C’est pourquoi «on finit ainsi par repousser celui qui apporte la lumière, pour ne pas avoir à faire face à ce que cette lumière révèle».Pourtant, le Serviteur, «ne recule pas» poursuivant le «chemin tracé par le Seigneur, sans fuir».
Briser la chaîne du mal
Dans le quatrième chant, la violence qui s’abat sur le Serviteur «est si intense qu’elle défigure son visage, au point de le rendre méconnaissable». Et pourtant, a encore expliqué le père Pasolini, c’est précisément au cours de ce cheminement qu’il a appris à ne pas rendre le mal reçu.
“Lorsque le mal nous frappe, notre instinct est de réagir, de le renvoyer, de régler nos comptes. Le Serviteur, lui, ne cède pas à cette logique: il accueille tout sans rendre la violence.”
«Jésus ne s’est pas contenté d’écouter ces chants. Il les a interprétés et vécus intensément, avec une confiance totale dans la volonté du Père, jusqu’à transformer sa crucifixion en un événement de salut», a ensuite affirmé le religieux capucin. Face au mal, a-t-il ajouté, le monde ne connaît que deux voies: «capituler ou le rendre». Par ailleurs, Jésus-Christ ouvre une troisième voie. Car il a «brisé cette chaîne non pas en s’imposant par une force supérieure, mais en accueillant ce qui lui arrivait et en y reconnaissant la ‘‘partition’’ d’amour et de service confiée à sa vie.»
Une voix discrète dans un monde bruyant
Dans le monde actuel marqué par les guerres et les injustices, la voix de Dieu, a soutenu le père Pasolini, n’a pas disparu, mais elle est malheureusement devenue «une voix parmi tant d’autres», couverte par des discours promettant sécurité et progrès. Dans ce contexte, une «foule silencieuse» continue pourtant d’écouter une autre mélodie: celle de la conscience, de l’amour patient, du refus de rendre le mal.
Dans son homélie, le prédicateur de la Maison pontificale a rendu hommage à ces hommes et ces femmes ordinaires qui incarnent, dans le silence, l’esprit du Serviteur. Ils «ne font pas de bruit», mais leur manière de vivre, qui consistent à porter des fardeaux, à rester fidèles et à continuer à faire le bien, empêche le mal d’avoir le dernier mot. Une vision du salut qui ne passe ni par les puissants ni par les grandes décisions, mais par une multitude d’actes discrets.
Déposer les armes, même invisibles
Au moment de l’adoration de la Croix, le père Pasolini a invité les fidèles à effectuer un geste intérieur fort: «déposer les armes». Pas seulement les armes visibles, mais aussi celles du quotidien: rancunes, paroles blessantes, jugements. «Elles suffisent à vider de sens nos relations», a-t-il averti.
Focalisant son homélie sur une image musicale: la Croix comme une “partition”, le prédicateur de la Maison pontificale, a rappelé que Jésus-Christ ne s’est pas contenté de la lire, il l’a «interprétée» par des gestes concrets, des silences, des pardons. Aujourd’hui, a-t-il enjoint, cette partition est confiée à chacun. «Il n’y a aucune situation qui ne puisse être affrontée… aucun ennemi qui puisse nous empêcher d’aimer.» C’est un appel exigeant, mais porteur d’espérance: même dans un monde marqué par la violence et les divisions, une autre manière de vivre reste possible.
Vers la fin de son homélie, le père capucin a présenté la Croix comme un trône. Non pas un symbole de pouvoir, mais le lieu où l’on apprend à régner en servant.
“À une époque comme la nôtre, si déchirée par la haine et la violence, où même le nom de Dieu est invoqué pour justifier des guerres et des décisions de mort, nous, chrétiens, sommes appelés à nous approcher sans crainte, mais «avec une pleine confiance» (Hébreux 4, 16), de la Croix du Seigneur, en y reconnaissant le trône sur lequel on apprend à régner en mettant sa vie au service des autres.”
Source : VATICANNEWS, le 3 avril 2026
03.04.2026 – CHAPELET À LOURDES
03.04.2026 – INTÉGRALE DES LECTURES DU VENDREDI SAINT
Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’intégralité des lectures du Vendredi saint.