16.11.2025 – HOMÉLIE DU 32ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – LUC 17, 1-6

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire

Nous approchons de la fin de l’année liturgique. Chaque année, la liturgie nous annonce le basculement vers le monde nouveau. Le prophète Malachie (1ère lecture) s’adresse à des croyants qui ne savent plus très bien où ils en sont. Les hommes ont longtemps cru pouvoir espérer une justice immédiate, une rétribution de leur vivant. Mais il a bien fallu se rendre à l’évidence : les justes qui restent fidèles au Seigneur sont persécutés. Par contre, les impies et les partisans du mal prospèrent.

Mais Dieu a une bonne nouvelle pour nous : le mal n’aura pas le dernier mot. Les croyants ne doivent pas désespérer. Un jour, Dieu manifestera qu’il sait faire la différence : il l’emportera sur les forces de destruction qui agitent les hommes et le monde. Ce sera l’établissement tant espéré de la justice de Dieu. Elle marquera sa victoire sur les ténèbres, sur le mal et sur la mort. Plus tard, Jésus annoncera que ce salut n’est pas que pour les fidèles ; il est offert à tous les hommes. Le Seigneur attend patiemment que tous se convertissent à son amour.

À l’époque de saint Paul, on pensait que ce retour du Seigneur était pour bientôt. Pour certains, c’était devenu un prétexte pour ne rien faire. On estimait que cela ne servait à rien de faire des projets, d’entreprendre ou de travailler. Dans sa lettre, Paul vient les recadrer ; lui-même se donne comme exemple : il a toujours exercé une activité pour ne pas peser sur les ressources de la communauté. Il les invite à travailler pour manger le pain qu’ils auront eux-mêmes gagné. Les chrétiens doivent être présents dans le monde par une vie de travail exemplaire. L’apôtre a des paroles dures pour les paresseux : “Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus.”

Dans l’Évangile de ce jour, nous avons entendu parler de catastrophes : il y aura la ruine du temple de Jérusalem, des guerres, des famines, des persécutions. Des gourous, des manipulateurs, des sectes de toutes tendances chercheront à en tirer profit pour aliéner ceux qui se laisseront prendre à leurs hameçons. Nous avons tous eu la visite des témoins de Jéhovah. Aujourd’hui, Jésus vient nous ramener à l’essentiel : “Ne vous laissez pas égarer… Ne marchez pas derrière eux… Ces gens ne parlent pas au nom de Dieu ; Ils ne représentent qu’eux-mêmes”.

Il ne faut pas chercher le Christ dans ce qui affole ou qui dramatise l’histoire. Le Seigneur est toujours bien présent au cœur de nos vies. Aucune épreuve ne peut nous séparer de son amour. Quand tout va mal, il est celui qui nous donne le courage de travailler à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel. En ce temps de violences et dans nos jours de faiblesse, nous avons du mal à le reconnaître. Le jour du Seigneur semble tarder. Mais n’oublions jamais : Il n’y a pas d’autre sauveur à attendre que Jésus mort sur la croix et ressuscité.

Ceux qui se réclament de lui seront victimes de persécutions. Depuis de nombreux mois, nous voyons bien qu’elles ont pris une ampleur effrayante, surtout dans les régions de culture islamique. Nous pensons aussi aux chrétiens de Chine, de Corée du Nord et de bien d’autres pays. Et même dans nos pays d’Europe, le fait d’être chrétien est de plus en plus souvent motif d’exclusion.

Jésus nous annonce des temps difficiles. Nous aurons à lutter contre les forces du mal qui cherchent à nous détourner de lui. Le danger viendra également des “divertissements de ce monde” qui risquent d’en égarer beaucoup. Ce sont là des idoles qui viennent piéger notre attention et nous avaler tout entier. “Prenez garde !” nous dit Jésus. La seule attitude qui convient, c’est celle du veilleur. Nous sommes appelés à être ceux qui guettent l’aube du jour du Seigneur.

La liturgie de ce dimanche nous rappelle que nous sommes invités à avancer humblement et avec courage en nous ressourçant chaque jour à la Parole de Dieu. Cette Parole est “lumière pour nos pas”. Chaque dimanche, le Seigneur nous donne rendez-vous pour l’Eucharistie source et sommet de toute vie chrétienne. Puis il nous envoie pour agir comme lui et avec lui au service des autres. C’est avec lui que nous pourrons rester en éveil pour témoigner de l’espérance qui nous anime.

“Fais paraître ton jour… Seigneur !” À ce monde que tu fais chaque jour avec tendresse, donne un cœur de chair, donne un cœur nouveau. Sur les hommes qu’il t’a plu de créer à ton image, envoie ton Esprit, un Esprit nouveau. Amen.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 8 novembre 2025

En réponse au féminisme actuel, les jeunes hommes se tournent vers Marie

En réponse au féminisme actuel, les jeunes hommes se tournent vers Marie

Un phénomène puissant et magnifique est en train de se produire chez les jeunes hommes : Ils rencontrent le Christ à travers la Vierge Marie et le rosaire. Ces hommes sont venus s’échouer sur les rivages de l’Église, battus par les tempêtes et épuisés par la culture hostile qui est la leur. Cette culture les traite comme des êtres « toxiques » tout en exigeant qu’ils se plient à tous les caprices féminins.

S’il existe des tendances inquiétantes de masculinité toxique, c’est le féminisme toxique qui domine aujourd’hui le milieu culturel. Lorsque j’ai commencé à exercer mon ministère sur le campus universitaire, je me suis rendue compte qu’il fallait faire connaître la Vierge Marie. J’ai donc démarré un groupe du rosaire une fois par semaine le soir, m’engageant à être présente même si personne ne venait.

Lorsque j’ai reçu l’appel m’annonçant que mon père était mourant, j’ai dû partir précipitamment. Deux jeunes hommes assistaient au chapelet, je leur ai donc laissé la responsabilité de le diriger. Pendant mon absence, la Vierge a attiré ces jeunes hommes dans son Cœur Immaculé. J’ai constaté de profonds changements chez eux : ils sont devenus de plus en plus fidèles à la Vierge Marie et au chapelet.

Un autre jeune homme, qui s’apprête à commencer le catéchuménat dans une autre partie du diocèse, m’a raconté comment la Vierge Marie l’avait sauvé des ténèbres. Cela m’a rappelé la rencontre du père Donald Calloway (1) avec Marie au moment le plus sombre de sa vie, qui l’a conduit à l’Église catholique. Il se passe des choses extraordinaires ces temps-ci.

Plus je réfléchis à ce phénomène, plus il me semble logique. Ces jeunes hommes sont entourés de femmes qui, à bien des égards, ont appris à les rabaisser. Ces jeunes femmes, victimes des mensonges d’un féminisme toxique, ont transformé les hommes en ennemis. Ces jeunes hommes ne trouvent pas de femmes avec qui sortir, car trop de femmes se détournent de la foi au profit d’idéologies politiques et de l’activisme, de l’occultisme, ou sont convaincues qu’elles n’ont pas besoin des hommes. Plus les universités sont progressistes, plus cette réalité se vérifie.

Face à cette hostilité, il y a la Sainte Mère : elle est la femme parfaite, l’exemple par excellence de la féminité authentique. Les sexes sont destinés à être complémentaires dans le mariage, mais aussi dans tous les autres domaines de la vie. Je le vois très clairement dans la façon dont j’accompagne les jeunes, par rapport à la façon dont le prêtre aumônier les accompagne.

Les jeunes ont besoin de disciples du Seigneur à la fois masculins et féminins pour les guider sur leur chemin. Il ne s’agit pas d’une compétition. Il s’agit plutôt d’une harmonieuse complémentarité.

Constance T. Hull, théologienne et universitaire américaine. Article du 14 août 2025, pour Catholic Exchange.

(1) Donald Calloway, MIC est un auteur américain et prêtre catholique de la Congrégation des Pères mariaux de l’Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie. Il est connu pour l’histoire de sa conversion et son livre autobiographique paru en  2020.

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

13.11.2025 – SAINT DU JOUR

 Nicolas (Niccolò) Ier, le Grand
Pape (105e) de 858 à 867 

Nicolas, fils d’un très important fonctionnaire de la ville, naît à Rome au début du IXe siècle. Nanti d’une solide culture, pieux, intelligent, vertueux et travailleur, entra dans les ordres et fit toute sa carrière dans la Curie, au patriarcharum du Latran. 
Sous-diacre de Serge II (844-847), diacre attaché à Léon IV (847-855), il fut un si proche conseiller de Benoît III (855-858) qu’il assura le gouvernement de l’Église lorsque l’infortuné pontife, à peine élu et non encore couronné, fut arrêté par les missi de l’empereur Louis II qui lui préférait Anastase (21 septembre 855). Le clergé romain, barricadé dans la basilique des Quatre-Saints-Couronnés, résista et les missi s’inclinèrent. Benoît III ne tint le Saint-Siège que deux ans et demi et mourut le 10 mars 858.

Avec l’approbation de l’Empereur, présent à Rome, Nicolas, après à peine quinze jours de vacance du Siège, fut élu, quasi à l’unanimité, à la succession de Benoît III ; présenté par l’empereur Louis II, acclamé par le peuple, soutenu par le clergé vertueux, le pape Nicolas I fut sacré à Saint-Pierre de Rome le 24 avril 858.

Après Grégoire le Grand (590-604) et avant Grégoire VII (1073-1085), Nicolas Ier fut le premier grand pape médiéval, alliant la piété, l’autorité, l’activité, la charité et l’intelligence. Ayant su s’entourer de personnages efficaces et cultivés, il s’appuya fermement sur tout ce que l’Église connaissait de textes législatifs et administratifs. Il sut aussi s’attacher les ennemis de ses prédécesseurs et choisit des conseillers dans l’entourage de Louis II, au point qu’Anastase le Bibliothécaire, que Benoît III avait fait abbé de Sainte-Marie-du-Transtevere, devint un des plus brillants rédacteurs de la chancellerie pontificale et le biographe de Nicolas Ier. Profitant du mouvement de l’époque, il se mit au-dessus des empereurs en leur refusant d’intervenir dans les affaires de l’Église et se posa comme dernier recours pour toutes les affaires. 
Nicolas le Grand affirmait sa primauté pontificale sur toutes les églises d’Occident dont il était le patriarche : il intervint pour défendre ou pour soumettre les archevêques métropolitains en Bretagne, en Touraine, en Champagne, à Ravenne, à Vienne. Gêné par l’insubordination de quelques grands évêques, en particulier par Hincmar de Reims, alors le plus puissant évêque d’Occident, et par le patriarche Jean de Ravenne, le Pape les fait plier. 

Le peuple romain l’aima en raison de ses grandes charités, au point de professer qu’il n’y eut dans toute la ville un seul pauvre qui ne vécût des bienfaits du saint pontife. Il venait juste de monter sur le trône de Pierre, lorsque, le 30 octobre 860, le Tibre déborda, le Pape organisa les secours aux sinistrés qu’il accueillit dans l’hospice de Sainte-Marie. Durant tout son pontificat, il fut attentif aux aveugles et aux infirmes. Il entreprit efficacement la défense de la ville contre les Sarrasins et, à cet effet, construisit la place forte d’Ostie où il entretint une garnison considérable. Il condamnait toute guerre qui ne fût pas proprement défensive et proscrivit comme un crime la torture des voleurs et des brigands.

En Orient, où Nicolas Ier entendait aussi s’imposer, son règne entier fut empoisonné par le patriarche Photius de Constantinople. Photius avait réuni un synode pour déposer Ignace (859). Le synode réuni le 6 avril 861, avec l’accord des légats, déposa Ignace et reconnut Photius ; Nicolas Ier désavouant ses légats fit savoir à l’Empereur et au prétendu patriarche, en rappelant la primauté romaine, qu’il considérait toujours Ignace comme patriarche de Constantinople. Ignace envoya au Pape un Libellus (fin 862) et le synode romain d’avril 863 déclara l’irrégularité de l’élection et de l’ordination de Photius qu’il priva de toute dignité ecclésiastique. Il s’ensuivit d’interminables négociations, ourlées de correspondances violentes, tandis que Rome était opposée à Constantinople à propos de la juridiction sur la Bulgarie dont le roi Boris venait de recevoir le baptême (864). Le Pape ne voulut céder sur rien mais proposa de faire entendre Ignace et Photius devant un synode romain (28 septembre 865). Cependant, à propos de la Bulgarie, le pseudo-patriarche Photius ameutait par une encyclique les églises d’Orient contre l’Église d’Occident et ses pratiques.  Au mois d’août 867, il réunit à Constantinople un concile prétendument œcuménique qui, en septembre, excommunia et déposa Nicolas Ier, lequel ne le sut jamais, puisqu’il mourut le 13 novembre 867, non sans avoir rallié contre Photius les théologiens latins. L’Empereur Michel avait été assassiné par Basile (24 septembre 867) qui força Photius à la démission, rappela Ignace (23 novembre 867) et renoua avec Rome alors sous le pontificat d’Adrien II.

Nicolas Ier, malade depuis plusieurs années, mourut à Rome, après neuf ans et sept mois de pontificat,  le 13 novembre 867 et fut enterré à Saint-Pierre du Vatican. 
La ferveur populaire le plaça au nombre des saints mais il faut attendre la fin du Moyen-Age pour que l’Église le fasse officiellement en l’associant à la fête de Saint Nicolas (6 décembre). 

Il fut fêté à partir de 1850 au 5 novembre et, à partir de 1883, au 13 novembre.

Saint Nicolas 1er priez pour nous !

13.11.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,20-25. 

En ce temps-là, comme les pharisiens demandaient à Jésus quand viendrait le règne de Dieu, il prit la parole et dit : « La venue du règne de Dieu n’est pas observable.
On ne dira pas : “Voilà, il est ici !” ou bien : “Il est là !” En effet, voici que le règne de Dieu est au milieu de vous. »
Puis il dit aux disciples : « Des jours viendront où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez pas.
On vous dira : “Voilà, il est là-bas !” ou bien : “Voici, il est ici !” N’y allez pas, n’y courez pas.


En effet, comme l’éclair qui jaillit illumine l’horizon d’un bout à l’autre, ainsi le Fils de l’homme, quand son jour sera là.
Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Isaac le Syrien (7e siècle)

moine près de Mossoul

Discours ascétiques, 1ère série (trad. DDB 1981 rev.)

« Le règne de Dieu est au milieu de vous »

      Les démons redoutent, mais Dieu et ses anges désirent l’homme qui cherche Dieu dans son cœur jour et nuit avec ferveur, et qui repousse loin de lui les agressions de l’ennemi. Le pays spirituel de cet homme pur en son âme est au-dedans de lui : le soleil qui brille en lui est la lumière de la Sainte Trinité ; l’air que respirent les pensées qui l’habitent est le Saint Esprit consolateur. Et les saints anges demeurent avec lui. Leur vie, leur joie, leur réjouissance sont le Christ, lumière de la lumière du Père. Un tel homme se réjouit à toute heure de la contemplation de son âme, et il s’émerveille de la beauté qu’il y voit, cent fois plus lumineuse que la splendeur du soleil.       C’est Jérusalem. Et c’est « le Royaume de Dieu caché au-dedans de nous », selon la parole du Seigneur. Ce pays est la nuée de la gloire de Dieu, où seuls entreront les cœurs purs pour contempler la face de leur Maître (Mt 5,8), et leur entendement sera illuminé par les rayons de sa lumière.

LECTURES :

Livre de la Sagesse 7,22-30.8,1. 

Il y a dans la Sagesse un esprit intelligent et saint, unique et multiple, subtil et rapide ; perçant, net, clair et intact ; ami du bien, vif,
irrésistible, bienfaisant, ami des hommes ; ferme, sûr et paisible, tout-puissant et observant tout, pénétrant tous les esprits, même les plus intelligents, les plus purs, les plus subtils.
La Sagesse, en effet, se meut d’un mouvement qui surpasse tous les autres ; elle traverse et pénètre toute chose à cause de sa pureté.
Car elle est la respiration de la puissance de Dieu, l’émanation toute pure de la gloire du Souverain de l’univers ; aussi rien de souillé ne peut l’atteindre.
Elle est le rayonnement de la lumière éternelle, le miroir sans tache de l’activité de Dieu, l’image de sa bonté.
Comme elle est unique, elle peut tout ; et sans sortir d’elle-même, elle renouvelle l’univers. D’âge en âge, elle se transmet à des âmes saintes, pour en faire des prophètes et des amis de Dieu.
Car Dieu n’aime que celui qui vit avec la Sagesse.
Elle est plus belle que le soleil, elle surpasse toutes les constellations ; si on la compare à la lumière du jour, on la trouve bien supérieure,
car le jour s’efface devant la nuit, mais contre la Sagesse le mal ne peut rien.
Elle déploie sa vigueur d’un bout du monde à l’autre, elle gouverne l’univers avec bonté.

Psaume 119(118),89.90.91.130.135.175. 

R/ Pour toujours, ta parole, Seigneur. (Ps 118, 89)

Pour toujours, ta parole, Seigneur, se dresse dans les cieux.
Ta fidélité demeure d’âge en âge, la terre que tu fixas tient bon.
Jusqu’à ce jour, le monde tient par tes décisions : 

toute chose est ta servante.
Déchiffrer ta parole illumine 
et les simples comprennent.

Pour ton serviteur que ton visage s’illumine : 
apprends-moi tes commandements.
Que je vive et que mon âme te loue ! Tes décisions me soient en aide !

Doctrine de la Foi: «Les prétendues apparitions de Dozulé ne sont pas surnaturelles»

Palais du Saint-Office, siège du dicastère pour la Doctrine de la Foi

Doctrine de la Foi: «Les prétendues apparitions de Dozulé ne sont pas surnaturelles»

Une lettre du cardinal Fernández, préfet du dicastère, confirme définitivement l’avis négatif, proposé par l’évêque de Bayeux-Lisieux, sur le phénomène qui a impliqué dans le nord-ouest de la France la prétendue voyante Madeleine Aumont, survenu dans les années 1970 et lié au projet d’ériger une croix lumineuse de dimensions gigantesques qui aurait garanti la rémission des péchés et le salut à ceux qui s’en seraient approchés.

Vatican News

«Le phénomène des prétendues apparitions survenues à Dozulé», lié à la réalisation d’une croix gigantesque qui aurait garanti la rémission des péchés et le salut à ceux qui s’en seraient approchés, «doit être considéré, de manière définitive, comme non surnaturel», établit le dicastère pour la Doctrine de la foi dans une lettre signée par le cardinal préfet Victor Manuel Fernández, autorisant l’évêque de Bayeux-Lisieux, Mgr Jacques Habert, à promulguer le décret correspondant. La décision a été approuvée par Léon XIV le 3 novembre.

Entre 1972 et 1978, dans la petite ville de Dozulé, dans le Calvados en France, Jésus serait apparu 49 fois à Madeleine Aumont, mère de famille, demandant la construction de la «Croix glorieuse de Dozulé», qui n’a jamais vu le jour: elle devait être entièrement illuminée et atteindre une hauteur de 738 mètres, avec des bras de 123 mètres, afin d’être visible de très loin comme signe de rédemption universelle. Au cours des dernières décennies, des «Croix d’Amour», réductions à l’échelle 1/100 de la «Croix Glorieuse», ont été érigées dans différents pays du monde.

Dès avril 1983, l’évêque diocésain de l’époque, Mgr Jean-Marie-Clément Badré, affirmait que «la construction d’une croix monumentale à Dozulé (…) ne peut en aucun cas être un signe authentique de la manifestation de l’Esprit de Dieu». Le même évêque avait déclaré le 8 décembre 1985: «En ce qui concerne ce qui se passe à Dozulé, l’action et l’agitation, la collecte de fonds par des personnes agissant sous leur propre responsabilité, sans mandat, sans aucun respect pour l’autorité de l’évêque, (…) la propagande fanatique en faveur du «message», (…) la condamnation sans appel de ceux qui n’y adhèrent pas, m’amènent à considérer, en conscience, qu’au-delà de toute cette effervescence, je ne parviens pas à discerner les signes qui m’autoriseraient à déclarer authentiques les «apparitions» dont on parle ». L’actuel évêque Mgr Habert, sur la base des récentes normes pour procéder au discernement des phénomènes présumés surnaturels, a proposé au dicastère une declaratio de non supernaturalitate, «une déclaration de non-surnaturel».

Pas d’authentique origine divine

«Le dicastère vous autorise à déclarer de manière définitive que le phénomène des apparitions présumées de Dozulé est reconnu comme non surnaturel, c’est-à-dire qu’il n’a pas une authentique origine divine», peut-on lire dans la lettre du cardinal Fernández.

Parmi les éléments problématiques soulignés dans les messages, il y a le fait d’avoir comparé «la croix demandée à Dozulé à celle de Jérusalem», ce qui «risque de confondre le signe avec le mystère, et de donner l’impression que l’on peut «reproduire» ou «renouveler» au sens physique ce que le Christ a déjà accompli une fois pour toutes». Il est également souligné que «certaines formulations contenues dans les présumés messages de Dozulé insistent sur la construction de la «Croix Glorieuse», comme un signe nouveau, nécessaire au salut du monde, ou un moyen privilégié pour obtenir le pardon et la paix universelle. Il est parfois question de «multiplier le signe», comme si cette diffusion constituait une mission imposée par le Christ lui-même».

Le dicastère pour la Doctrine de la Foi observe que «la Croix n’a pas besoin de 738 mètres d’acier ou de béton pour être reconnue: elle s’élève chaque fois qu’un cœur, sous l’action de la grâce, s’ouvre au pardon, qu’une âme se convertit, que l’espérance renaît là où elle semblait impossible, et même lorsqu’un croyant, embrassant une petite croix, se confie au Christ». Et il réaffirme qu’«aucune révélation privée ne doit être considérée comme une obligation universelle ou un signe qui s’impose à la conscience des fidèles, même si ces phénomènes produisent des fruits spirituelsL’Église encourage les expressions de foi qui conduisent à la conversion et à la charité, mais elle met en garde contre toute forme de «sacralisation du signe» qui conduirait à considérer un objet matériel comme une garantie absolue du salut».

Incompatibilités avec la doctrine du salut

Dans les messages de Dozulé, il est dit que «tous ceux qui seront venus se repentir au pied de la Croix Glorieuse seront sauvés», que «la Croix Glorieuse relèvera de tout péchés» et que tous ceux qui «viendront, pleins de confiance, s’y repentir, seront sauvés dans cette vie et pour l’éternité». Ces affirmations sont jugées «incompatibles avec la doctrine catholique du salut, de la grâce et des sacrements» par le dicastère.

La lettre cite ensuite d’autres messages qui ont été démentis par les faits, comme par exemple celui selon lequel Jésus aurait demandé de réaliser la «Croix Glorieuse et le Sanctuaire» avant la fin de l’Année Sainte 1975, «car ce sera l’ultime Année Sainte». Ce qui n’est pas vrai, puisque depuis lors, deux autres années saintes ordinaires (2000 et 2025) et deux autres années saintes extraordinaires (1983 et 2016) ont été célébrées. La lettre énumère également des affirmations apocalyptiques, telles que celles selon laquelle Dieu aurait dit: «Si l’homme n’érige pas la Croix, je la ferai apparaître, mais il n’y aura plus de temps».

«La Croix comme signe de dévotion, conclut le dicastère pour la Doctrine de la Foi dans une réflexion spécifique sur la valeur sacramentelle de la Croix, n’est jamais pure extérioritéQuand un chrétien vénère la Croix, il n’adore pas le bois ou le métal, ni ne pense qu’une croix matérielle puisse substituer l’œuvre salvifique déjà accomplie lors de la Pâque du Christ, mais il adore Celui qui, sur elle, a donné sa vie».

Source : VATICANNEWS, le 12 novembre 2025