« Priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs »
Le 19 août 1917 eut lieu la quatrième apparition de Notre Dame de Fatima (Portugal) aux trois enfants, Lucie, Francisco et Jacintha. Entre 15.000 et 18.000 personnes étaient présentes à ce moment-là.
« Que voulez-vous de moi ? » demanda Lucie à la Vierge Marie.
– Je veux que vous continuiez d’aller à la Cova da lria le 13, que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours. Le dernier mois, je ferai le miracle afin que tous croient.
– Que voulez-vous que l’on fasse de l’argent que les gens laissent à la Cova da Iria ?
– Faites deux brancards de procession. Tu porteras l’un avec Jacinthe et deux autres petites filles habillées de blanc ; l’autre, que François le porte avec trois autres petits garçons. L’argent des brancards est pour la fête de Notre-Dame du Rosaire, et ce qui restera sera pour aider à construire une chapelle que l’on fera faire.
– Je voudrais vous demander la guérison de quelques malades.
– Oui, j’en guérirai certains dans l’année. » Et, prenant un air plus triste : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. »
Mémoires de Sœur Lucie I, p. 184-185 (IV Mémoire) dans Documentação Crítica de Fátima. I, p. 17.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Saint Jean-Eudes Prêtre et fondateur des : « Congrégation de Jésus et de Marie » (Eudistes) « Institut Notre-Dame de Charité »
Jean Eudes, né le 14 novembre 1601, dans le petit village normand de Ri, était l´aîné de six enfants ; l´historien Eudes de Mézerai était son frère. Son père, Isaac, qui avait été arrêté au seuil du sacerdoce par des devoirs impérieux, possédait une science religieuse au-dessus de la moyenne ; aussi en fit-il largement bénéficier ses enfants.
Aucun ne profita mieux de cette éducation que Jean. Il n´était encore qu´un enfant quand, un jour, ayant reçu un soufflet d´un de ses camarades, il se mit à genoux, et tendit l´autre joue, selon le conseil évangélique. À quatorze ans, il faisait le vœu de chasteté et montrait déjà cette ténacité de volonté qui sera sa note caractéristique. Au collège de Caen, sa dévotion envers Marie le poussa à se passer naïvement un anneau de fiançailles au doigt.
Ses études terminées, il se décida à entrer dans l´état ecclésiastique. Pour le faire avec plus de perfection, il se mit sous la direction du Père de Bérulle, entra à l´Oratoire et fut ordonné prêtre à Paris, le 24 décembre 1625.
Le nouveau prêtre inaugura son ministère en se dévouant au soulagement des populations de Normandie alors décimées par la peste. Il poussa si loin le dévouement envers les pestiférés qu´il ne se trouva personne à Caen pour oser lui prêter asile, et que pendant plusieurs semaines il en fut réduit à se loger hors de la ville, dans un grand tonneau.
Mais l´œuvre principale du Père Eudes fut l´œuvre des missions. Au sortir des guerres religieuses, en France, l´ignorance de la religion et le relâchement des mœurs étaient extrêmes. Pour y porter remède, le Père Eudes parcourut la Normandie, la Bourgogne, l´Île de France et maints autres lieux ; son éloquence populaire, servie par un bel organe, et accompagnée d´une sainteté authentique, exerça un ascendant considérable sur toutes les classes de la société. Depuis saint Vincent Ferrier on n´avait point vu de missionnaire qui exerçât une telle action sur les foules.
Dans le but de travailler au relèvement du Clergé, « le plus grand ennemi de l´Église », selon lui, le Père Eudes ouvrit à Caen un séminaire qui fut l´embryon d´une nouvelle famille religieuse, consacrée aux Cœurs de Jésus et de Marie, et appelée « Congrégation de Jésus et de Marie » (Eudistes). Le succès vint aussitôt : les diocèses de Normandie furent bientôt pourvus de prêtres instruits et vertueux. Le Père Eudes ajouta à la formation du clergé les missions dans les campagnes.
En même temps, il fondait à Caen un Institut pour assurer la persévérance des « Repenties ». Selon l´usage du temps, chaque maison était indépendante ; à la mort du Père Eudes, il y en avait quatre ; à la veille de la Révolution, il y en avait huit. En 1835, la supérieure du Refuge d´Angers, sainte Marie-Euphrasie Pelletier, femme « de taille à gouverner un royaume », obtint que les nouvelles maisons fondées par son monastère restassent sous la dépendance de la Maison-Mère et donna à sa Congrégation le nom de « Bon-Pasteur ». Cette branche a eu un grand succès, et possède des ramifications dans les cinq parties du monde.
Arrivé à un âge avancé, le saint fondateur déposa sa charge de Supérieur et mourut saintement le 19 août 1680.
Une des gloires du Père Eudes est d´avoir été le précurseur de la dévotion aux Cœurs de Jésus et de Marie. Quarante ans avant les apparitions de Paray-le-Monial, il faisait célébrer par ses prêtres l´Office solennel de ces très saints Cœurs et s´en faisait l´Apôtre dans ses missions. Aussi le pape Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903) appela le Père Eudes « Auteur du culte liturgique des SS. Cœurs de Jésus et de Marie ».
Saint Pie X (Giuseppe Melchiorre Sarto, 1903-1914), en le béatifiant, le 25 avril 1909, a dit qu´il devait être regardé comme « Père, docteur et apôtre » de cette dévotion.
Jean-Eudes a été canonisé le 31 mai 1925 par Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939).
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 20,1-16.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « En effet, le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.” Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?” Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.” Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.” Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : “Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !” Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi :
n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?”
C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Auteur anonyme du 9e siècle
dans l’actuelle Italie
Homélie pour la Septuagésime, 4-7 (trad. SC 161, p. 173)
« Allez, vous aussi, à ma vigne »
Mes bien-aimés, persévérez dans les bonnes œuvres que vous avez commencées… De malheureux hommes servent un roi terrestre au péril de leur vie et moyennant d’énormes difficultés pour un bénéfice très vite passé et disparu ; pourquoi ne serviriez-vous pas le roi du ciel pour obtenir le bonheur du Royaume ? Puisque, par la foi, le Seigneur vous a déjà appelés à sa vigne, c’est-à-dire à l’unité de la sainte Église, vivez, conduisez-vous de telle sorte que, grâce à la générosité de Dieu, vous puissiez recevoir la pièce d’argent, c’est-à-dire le bonheur du Royaume des cieux. Que personne ne désespère à cause de la grandeur de ses péchés, et ne dise : « Nombreux sont les péchés dans lesquels j’ai persévéré jusqu’à la vieillesse et l’extrême vieillesse ; je ne pourrai plus désormais obtenir le pardon, surtout que ce sont les péchés qui m’ont laissé, non pas moi qui les ai rejetés. » Que celui-là ne désespère absolument pas de la miséricorde divine, car les uns sont appelés à la vigne de Dieu à la première heure, d’autres à la troisième, d’autres à la sixième, d’autres à la neuvième, d’autres à la onzième, c’est-à-dire que les uns sont conduits au service de Dieu dans l’enfance, d’autres dans l’adolescence, d’autres dans la jeunesse, d’autres dans la vieillesse, d’autres dans l’extrême vieillesse. Que personne donc, quel que soit son âge, ne désespère s’il veut se convertir à Dieu… Travaillez fidèlement dans la vigne de l’Église, pour recevoir le salaire du bonheur éternel et régner avec le Christ dans tous les siècles des siècles.
LECTURES :
Livre d’Ézéchiel 34,1-11.
La parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d’homme, prophétise contre les bergers d’Israël, prophétise. Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Quel malheur pour les bergers d’Israël qui sont bergers pour eux-mêmes ! N’est-ce pas pour les brebis qu’ils sont bergers ? Vous, au contraire, vous buvez leur lait, vous vous êtes habillés avec leur laine, vous égorgez les brebis grasses, vous n’êtes pas bergers pour le troupeau. Vous n’avez pas rendu des forces à la brebis chétive, soigné celle qui était malade, pansé celle qui était blessée. Vous n’avez pas ramené la brebis égarée, cherché celle qui était perdue. Mais vous les avez gouvernées avec violence et dureté. Elles se sont dispersées, faute de berger, pour devenir la proie de toutes les bêtes sauvages. Mon troupeau s’égare sur toutes les montagnes et toutes les collines élevées ; mes brebis sont dispersées dans tout le pays, personne ne les cherche, personne ne part à leur recherche. C’est pourquoi, bergers, écoutez la parole du Seigneur : Par ma vie – oracle du Seigneur Dieu –, puisque mon troupeau est mis au pillage et devient la proie des bêtes sauvages, faute de berger, parce que mes bergers ne s’occupent pas de mon troupeau, parce qu’ils sont bergers pour eux-mêmes au lieu de l’être pour mon troupeau, eh bien, bergers, écoutez la parole du Seigneur : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Me voici contre les bergers. Je m’occuperai de mon troupeau à leur place, je les empêcherai de le faire paître, et ainsi ils ne seront plus mes bergers ; j’arracherai mes brebis de leur bouche et elles ne seront plus leur proie. Car ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles.
Psaume 23(22),1-2ab.2c-3.4.5.6.
R/ Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, Seigneur. (Ps 22, 4)
Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer.
Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom.
Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure.
Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante.
Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours.
Notre Dame de Liesse et la conversion d’Ismérie l’Égyptienne
En 1134, trois frères, seigneurs dans le Laonois (Aisne, France), se croisèrent. Le sultan d’Égypte, les ayant faits prisonniers, voulut à tout prix les faire apostasier ; il alla jusqu’à leur envoyer sa fille Ismérie, qui était remarquablement belle, pour les séduire. Mais « en discutant avec les prisonniers sur l’Évangile, Ismérie, qui croyait vaincre, fut vaincue ».
Celle-ci demanda aux chevaliers de lui sculpter une image de Marie. Les chevaliers firent appel à la Sainte Vierge afin qu’elle dirigeât / guidât leurs mains. Pendant la nuit, la Vierge envoya des anges porter « son image rayonnante de piété ». Le lendemain, quand Ismérie revint, le cachot était éblouissant de lumière, et un parfum délicieux s’échappait de la statue ; la princesse crut aussitôt, emporta la statue dans ses appartements et ne cessa de la regarder pendant que les chevaliers remerciaient avec joie « Notre Dame de Liesse ».
La nuit suivante, Ismérie entendit la statue lui dire : « Aie confiance, Ismérie ! J’ai prié mon Fils pour toi. Tu seras sa fidèle servante. Tu délivreras les trois chevaliers que j’aime. Tu seras baptisée et par toi, la France sera enrichie d’innombrables grâces ; par toi mon nom deviendra célèbre et plus tard, je te recevrai pour toujours dans mon paradis. »
Ismérie fit évader les prisonniers et s’enfuit avec eux. Pris tous les quatre d’un sommeil profond, ils s’endormirent et pendant leur sommeil les anges les transportèrent en France. Quand ils se réveillèrent, les trois chevaliers étaient dans leur pays, à côté de leur château, à Marchais.
Ismérie fut baptisée et tous résolurent de construire une chapelle à l’endroit où ils s’étaient réveillés, en l’honneur de « Notre-Dame de Liesse ». Depuis lors, les miracles y furent innombrables. Louis VII y vint en pèlerin en 1146 et le sancturaire de Notre-Dame de Liesse devint l’un des pèlerinages préférés des Rois de France.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Hélène naît vers le milieu du IIIe siècle. Voici ce que dit saint Ambroise : « Hélène, première femme de Constance Chlore, qui ceignit depuis la couronne impériale, était, paraît-il, une humble fille d’étable. Noble fille d’étable, qui sut mettre tant de sollicitude dans la recherche de la Crèche sacrée ! Noble fille d’étable, à qui fut réservé de connaître l’Étable de Celui qui guérit les blessures de l’humanité déchue ! Noble fille d’étable, qui préféra les abaissements du Christ aux dignités trompeuses du monde ! Aussi le Christ l’a-t-il élevée de l’humilité de l’étable au sommet des grandeurs humaines. »
La gloire de sainte Hélène c’est d’avoir été la mère du grand Constantin. « Constantin, dit saint Paulin de Nole, doit plus à la piété de sa mère qu’à la sienne d’avoir été le premier empereur chrétien. » Contrairement aux autres empereurs, Constance Chlore reconnaissait le vrai Dieu. Les prêtres chrétiens étaient admis à sa cour et y vivaient en paix. Une telle bienveillance ne peut être attribuée qu’à l’influence de l’impératrice sur le cœur de son époux. Sainte Hélène a donc joué un grand rôle dans la fin des persécutions, puisqu’elle fut l’épouse et la mère des deux hommes qui, sous son influence, protégèrent le christianisme. Qui sait même si les prières d’Hélène ne méritèrent point à Constantin l’apparition miraculeuse de la Croix, par laquelle il remporta la victoire et devint seul maître de l’empire?
Un autre événement remarquable dans la vie de sainte Hélène, c’est la découverte de la vraie Croix du Sauveur.
Hélène vivait sans étalage de grandeurs. Nourrir les pauvres, donner aux uns de l’argent, aux autres des vêtements, à d’autres une maison ou un coin de terre, c’était son bonheur. Sa bonté s’étendait aux prisonniers, aux exilés, à tous les malheureux. Le peuple ne pouvait voir sans une joie mêlée de larmes son impératrice venir en habits simples et communs prendre sa place à l’église dans les rangs des fidèles : une telle conduite n’a sa source que dans l’Évangile. Hélène eut, avant sa mort, la consolation de voir Constantin, non seulement protecteur de la religion de Jésus-Christ, mais chrétien lui-même.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.