Pour les fidèles catholiques, la royauté de Marie est indissociable de son rôle d’intercesseur. Son image royale ne la place pas au-dessus de l’humanité, mais exprime plutôt sa proximité et son soutien. Lors des noces de Cana, Marie est intervenue, et elle continue aujourd’hui à présenter nos besoins et nos requêtes à notre Seigneur. Cette croyance se manifeste dans la pratique mondiale des dévotions mariales — le rosaire, les pèlerinages vers les sanctuaires et la participation aux fêtes mariales — et ces rituels favorisent un sentiment d’unité, d’appartenance et d’espérance, en particulier en période d’incertitude, de maladie ou de deuil. À une époque où beaucoup se sentent isolés ou déconnectés, la royauté de Marie offre un ancrage communautaire et un rappel de la solidarité spirituelle. La royauté de Marie s’exprime non seulement dans les enseignements de l’Église, mais aussi dans les diverses cultures du Catholicisme à travers le monde. Des statues royales de Notre-Dame de Guadalupe au Mexique aux processions de Nuestra Señora de la Candelaria aux Philippines, les Catholiques célèbrent la royauté de Marie à travers la musique, l’art et les festivals. Ces célébrations rappellent aux Catholiques actuels notre héritage commun et l’universalité de l’amour de Marie. Elles nous offrent également des occasions d’évangélisation, de charité et de dialogue interreligieux, montrant que la royauté de Marie n’est pas une revendication exclusive, mais une invitation à tous les peuples à faire l’expérience de la miséricorde de Dieu.
Les Catholiques de notre époque sont confrontés à des défis complexes : sécularisme, athéisme, injustice sociale et difficultés personnelles. Dans ce contexte, la royauté de Marie est pour nous une source d’espoir, un symbole de foi inébranlable, de résilience et d’amour maternel. Son histoire nous encourage à rester fermes dans nos convictions et à répondre à l’adversité avec grâce.
La royauté de Marie est plus qu’une couronne ou un titre ; c’est une réalité vivante qui devrait continuer à façonner et à inspirer notre foi catholique aujourd’hui.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Nièce de Montaigne, Jeanne naît à Bordeaux, aînée d’une famille très en vue de la ville : son père, Richard de Lestonnac est Conseiller au Parlement et sa mère Jeanne Eyquem, est la sœur de l’humaniste Michel de Montaigne, auteur des Essais.
Le Calvinisme envahit la France et les guerres de religion désagrègent le pays. Sa mère, séduite par la Réforme, tente d’y attirer sa fille. Jeanne trouve en son père et son oncle Michel qui ont l’intuition de son conflit intérieur, des défenseurs de la foi Catholique.
À dix-sept ans elle est mariée à Gaston de Montferrant Landiras. Sept enfants viennent combler cet amour qui sera partagé pendant vingt-quatre ans. Suivent des mois de douleur et de rupture : son époux et son fils aîné meurent. Ensuite son père et son oncle. Ses enfants n’ayant plus besoin d’elle, a quarante-six ans elle entre chez les Feuillantines, monastère cistercien très strict de Toulouse. Elle prend le nom de Jeanne de Saint Bernard. Elle invoque l’Esprit pour que la lumière brille dans ses ténèbres. Soudain une double vision : une multitude de jeunes en danger et Marie qui est là, présente. Et un double engagement de la part de Jeanne : tendre la main à cette jeunesse en danger et vivre avec les attitudes de Marie.
À son retour des Feuillantines, Jeanne se retire dans ses terres de La Mothe. Elle vit patiemment une longue et confiante attente. Elle projette le nouvel Institut qui, tentera de remplir un manque concret en France au XVIIe siècle : l’éducation féminine dans toutes ses dimensions.
En 1605 une peste envahit Bordeaux. Jeanne brave la contagion et aide dans les quartiers les plus démunis. Là elle découvre le mystère du pauvre, présence vivante de Jésus. Ce service lui facilite aussi la rencontre avec des jeunes qui, attirées par sa personnalité, s’engagent dans son projet apostolique. Elle prend contact avec les jésuites de Bordes et Raymond préoccupés eux aussi par l’éducation des filles.
Le pape Paul V approuve la première communauté de la Compagnie de Marie Notre-Dame le 7 avril 1607. Jeanne a cinquante ans.
Elle meurt le 2 février 1640 à l’âge de quatre-vingt-quatre ans laissant derrière elle une trentaine de Maisons de Notre-Dame.
Jeanne De Lestonnac a été canonisée, le 15 mai 1949, par le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958).
Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : ‘Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.’ Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : ‘un couple de tourterelles ou deux petites colombes.’ Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. » Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Adam de Perseigne (? -1221)
abbé cistercien
Sermon 4 pour la Purification (trad. Pain de Citeaux 26, p. 15s rev.)
« Les parents de Jésus vinrent le présenter dans le Temple »
Que la chair s’approche du Verbe fait chair aujourd’hui, pour y désapprendre ce qui est de la chair et y apprendre à passer de la chair à l’esprit. Que l’on s’approche aujourd’hui, car un nouveau soleil brille plus que d’ordinaire. Jusque-là renfermé à Bethléem dans l’étroitesse d’une crèche et connu d’un tout petit nombre de personnes, aujourd’hui il vient à Jérusalem dans le Temple du Seigneur, et il est présenté devant un grand nombre de personnes. Jusqu’à maintenant, Bethléem, tu te réjouissais toute seule d’une lumière qui a été donnée pour tous ; fière d’un privilège d’une nouveauté inouïe, tu pouvais rivaliser avec l’Orient, là où se lève le soleil, car tu l’égalais par l’éclat de ta splendeur. Bien mieux, chose incroyable à dire, il y avait chez toi, dans une crèche, plus de lumière que n’en peut répandre le soleil levant de ce monde. Pourquoi gardais-tu jalousement ces rayons destinés au monde entier ? C’est tout juste si tu as montré cette lumière à quelques bergers ; c’est à peine si tu as accueilli trois hommes venus de l’Orient à la crèche de la lumière nouvelle. Mais aujourd’hui, le soleil s’élance pour irradier le monde ; aujourd’hui on offre au Temple de Jérusalem le Seigneur du Temple. Qu’ils sont heureux, ceux qui s’offrent à Dieu comme le Christ, comme une colombe, dans la solitude d’un cœur tranquille ! Ceux-là sont mûrs pour célébrer avec Marie le mystère de la purification… Ce n’est pas la Mère de Dieu qui a été purifiée en ce jour, elle qui n’a jamais consenti au péché. C’est l’homme souillé par le péché qui est purifié aujourd’hui par son enfantement et son offrande…; c’est notre purification qui a été obtenue par Marie… Si nous étreignons avec foi le fruit de ses entrailles, si nous nous offrons avec lui au Temple, le mystère que nous célébrons nous purifiera.
LECTURES :
Livre de Malachie 3,1-4.
Ainsi parle le Seigneur Dieu : voici que j’envoie mon messager pour qu’il prépare le chemin devant moi ; et soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez. Le messager de l’Alliance que vous désirez, le voici qui vient, – dit le Seigneur de l’univers. Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? Qui pourra rester debout lorsqu’il se montrera ? Car il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs. Il s’installera pour fondre et purifier : il purifiera les fils de Lévi, il les affinera comme l’or et l’argent ; ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur, présenter l’offrande en toute justice. Alors, l’offrande de Juda et de Jérusalem sera bien accueillie du Seigneur, comme il en fut aux jours anciens, dans les années d’autrefois.
Psaume 24(23),7.8.9.10.
R/ Qui est ce roi de gloire ? C’est le Seigneur. (Ps 23, 8a)
Portes, levez vos frontons, élevez-vous, portes éternelles : qu’il entre, le roi de gloire !
Qui est ce roi de gloire ? C’est le Seigneur, le fort, le vaillant, le Seigneur, le vaillant des combats.
Portes, levez vos frontons, levez-les, portes éternelles : qu’il entre, le roi de gloire !
Qui donc est ce roi de gloire ? C’est le Seigneur, Dieu de l’univers ; c’est lui, le roi de gloire.
Angélus: dans la pénombre de l’Histoire, les Béatitudes répandent la lumière
Lors du premier Angélus de février, Léon XIV a enjoint les 22 000 fidèles rassemblés place Saint-Pierre à méditer sur les Béatitudes (Mt 5, 1-12), qui rappellent que «Jésus transforme l’amertume des épreuves en joie des rachetés».
Vatican News
Le Pape a centré sa méditation dominicale du 1er février sur un extrait de l’Évangile des Béatitudes selon saint Matthieu (Mt 5, 1-12). «Celles-ci», a expliqué le Saint-Père depuis la fenêtre de ses appartements pontificaux, «sont en effet des lumières que le Seigneur allume dans la pénombre de l’Histoire, révélant le projet de salut que le Père réalise par le Fils, avec la puissance de l’Esprit Saint».
Citant des passages des Béatitudes, le Saint-Père a énuméré les raisons pour lesquelles Dieu parvient à rendre «heureux» les laissés-pour-compte de la société: «Dieu seul peut vraiment appeler heureux les pauvres et les affligés (cf. vv. 3-4), car Il est le bien suprême qui se donne à tous avec un amour infini. Dieu seul peut rassasier ceux qui recherchent la paix et la justice (cf. vv. 6.9), car Il est le juste juge du monde, l’auteur de la paix éternelle (…) Dans la persécution, Dieu est source de rédemption ; dans le mensonge, il est l’ancre de la vérité». Tant de raisons qui, assure le Pape, expliquent la proclamation de Jésus: «Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse !» (v. 12).
«Ces Béatitudes demeurent un paradoxe uniquement pour ceux qui considèrent que Dieu serait différent de celui que le Christ révèle» a poursuivi le Saint-Père. En effet, «ceux qui ont l’habitude de penser que le bonheur appartient aux riches pourraient croire que Jésus est une illusion». Mais, souligne le Pape, «l’illusion réside précisément dans le manque de foi au Christ: il est le pauvre qui partage sa vie avec tous, le doux qui persévère dans la souffrance, l’artisan de paix persécuté jusqu’à la mort sur la croix».
Jésus éclaire le sens de l’Histoire. «Non pas celle écrite par les vainqueurs, mais celle que Dieu accomplit en sauvant les opprimés», car Dieu donne l’espérance en premier lieux «à ceux que le monde rejette comme misérables».
Ainsi, les Béatitudes invitent les fidèles à se poser les questions suivantes: le bonheur est-t-il «une conquête que l’on achète» ou «un don que l’on partage» ? Est-il placé dans «des objets qui se consomment ou dans des relations qui nous accompagnent»? En guise de réponse, le Pape rappelle que Jésus transforme l’amertume des épreuves en joie des rachetés.
“Jésus ne parle pas d’une consolation lointaine, mais d’une grâce constante qui nous soutient toujours, surtout à l’heure de l’affliction.”
En tant que reine et mère, Marie offre aux Catholiques un modèle de miséricorde, de force et d’intercession pour notre époque.
La fête de Marie, Reine, célébrée chaque année le 22 août, rend hommage à la Sainte Mère en tant que reine du ciel et de la terre. Cette fête trouve ses racines dans des siècles de dévotion, d’interprétation des Écritures et de réflexion théologique. Mais que signifie la royauté de Marie pour les Catholiques du 21ème siècle, dans un contexte de changements sociaux rapides et d’évolution du paysage religieux ?
La royauté de Marie a été officiellement reconnue en 1954 lorsque le pape Pie XII a institué la fête de Marie, Reine, dans son encyclique Ad Caeli Reginam. Pourtant, l’idée de la royauté de Marie existait bien avant, portée par la liturgie, les hymnes et l’art. La tradition catholique s’inspire de précédents bibliques : l’ancienne pratique israélite consistant à honorer la reine mère et la vision du Livre de l’Apocalypse d’une femme couronnée de douze étoiles. Théologiquement, la royauté de Marie découle de sa relation unique avec son Fils, qui est le Roi de l’Univers. Elle se voit donc attribuer une dignité et un rôle particuliers dans la vie spirituelle de l’Église.
Pour les Catholiques d’aujourd’hui, la royauté de Marie n’est pas une question de pouvoir royal, mais de service aimant. Sa royauté se caractérise par l’humilité, la compassion et l’intercession, tout en conservant une présence maternelle, toujours attentive aux besoins de ses enfants. La couronne de Marie n’est pas faite d’or, mais tissée d’actes de miséricorde, de don de soi et de fidélité à la volonté de Dieu, et ce symbolisme se reflète dans les prières, les litanies et les dévotions que nous utilisons pour nous rapprocher d’elle. La royauté de Marie nous offre un modèle spirituel personnel, en particulier dans un monde souvent dominé par la concurrence et l’individualisme. Son exemple d’humilité dans son rôle de reine nous offre un antidote et une voie à suivre pour avancer. Le fiat de Marie — son « oui » à Dieu — reflète l’ouverture, la confiance et l’abandon, des qualités que nous devrions nous efforcer d’imiter dans notre vie quotidienne. Marie est une reine qui écoute, qui souffre, qui accompagne, ce qui la rend accessible aux croyants qui naviguent entre les joies et les peines de la vie.
La royauté de Marie nous inspire également à considérer nos vocations et nos responsabilités sous l’angle du service. Que nous soyons parents, enseignants, dirigeants communautaires ou soignants, sa direction maternelle nous appelle à promouvoir la justice, la paix et la compassion dans nos sphères d’influence.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Bienheureux Benedict Daswa Catéchiste et martyr en Afrique du Sud Premier martyr sud-africain reconnu par l’Église
Benedict (à la naissance Bakali) Daswa naît le 16 juin 1946 dans le village de Mbahe au sein d’une famille non chrétienne ; il était l’aîné de cinq enfants. Il a été élevé dans la religion traditionnelle, au sein de son clan de la tribu Bakali Lemba.
C’est au lycée que Benedict a reçu une instruction dans la foi catholique, par son catéchiste, le P. Benoît Risimati : c’est pour lui rendre hommage qu’il a choisi Benoît comme prénom de baptême et qu’il a faite sienne la devise de saint Benoît, « Prie et travaille ». Il a été baptisé le 21 avril 1963 par le Père Augustin O’Brien m.s.c., qui lui a donné la première communion. Trois mois plus tard, il était confirmé par l’évêque bénédictin de Pietersburg, Mgr Van Hoeck.
Il est ensuite devenu instituteur et directeur de l’école primaire de Nweli. Benedict invitait les élèves qui ne pouvaient pas payer les frais de scolarité à travailler dans son jardin. Il rendait visite aux familles des absents pour offrir son aide ; il travaillait au potager et il plantait des arbres. Il a été le premier de son village à construire une maison en briques avec ses économies et grâce à la vente des fruits et des légumes du potager et du verger. Grâce à des prévisions budgétaires prudentes, il pu acheter une voiture, un poste de télévision et il avait le téléphone. Son succès attira des jalousies: il fut même accusé de faire usage de zombies, des soi-disant cadavres ramenés à la vie par la sorcellerie.
En 1980, Benedict épousa une luthérienne, Shadi Eveline Monyai, qui a ensuite été reçue dans l’Église catholique. Ils eurent huit enfants, le dernier naquit quatre mois après sa mort. Il lui est tout naturel d’aider sa femme dans l’éducation des enfants et dans les tâches ménagères, et il encourageait les autres pères de famille à en faire autant: « Vous devriez aider votre femme dans les tâches ménagères ». Il enseignait à ses enfants à participer aussi aux tâches de la maison, à être assidus à l’école et au travail du jardin. Mais surtout, sa famille était une école de prière. Tous les soirs, ils lisaient la Bible ensemble et ils participaient aux assemblées dominicales. Il avait aussi institué ce qu’il appelait le « jour des Daswa », le jour de la fête de Noël : la famille et tous leurs proches parents passaient cette journée ensemble. Les enfants recevaient comme cadeau de Noël du matériel scolaire.
Le chef du village l’avait choisi comme secrétaire et conseiller. Son honnêteté, son intégrité, sa sincérité et son humilité le faisaient respecter. Catéchiste et membre du Conseil pastoral de la paroisse, il aida à la création de la communauté ecclésiale, en particulier en préparant les candidats au baptême. Il dirigeait l’office dominical, quand le prêtre ou un agent pastoral n’était pas disponible. Il aida dans la construction, à Nweli, de la première église catholique de la région ; il était très impliqué dans la pastorale des jeunes : il les voulait occupés et disciplinés, et il créa pour eux des clubs de football.
Lors d’une sécheresse survenue dans la région de Venda, dans les années quatre-vingt, il réussit à obtenir des fournitures et des vivres pour les enfants de l’école. On le respectait aussi en tant qu’homme de prière et pour sa compassion et sa générosité pour les malades, les pauvres et les prisonniers qu’il visitait.
Le 25 janvier 1990, au cours d’un violent orage, la foudre tomba plusieurs fois sur les cases rondes, les ‘rondavels’ couvertes de chaume ; la population locale pensa que ces phénomènes étaient dus à des actes de sorcellerie. Le conseil des anciens décida donc de consulter un guérisseur et demanda pour cela aux habitants une contribution individuelle pour lui payer ses émoluments. Benedict répondit que les éclairs étaient des phénomènes naturels et que sa foi catholique lui interdisait d’offrir sa contribution afin de payer un sorcier, suscitant ainsi la colère de nombreux habitants.
Dans l’après-midi du 2 février 1990, alors qu’il travaillait dans son verger, sa belle sœur l’appelle de toute urgence, lui demandant d’emmener son enfant très malade chez le médecin, à Makwarela (Sibasa). Il lui dit : « Avant de partir, prions ». Sur la route du retour à Mbahe, il s’arrêta pour emmener aussi un habitant d’un village voisin. Celui-ci portait un sac de farine de maïs et il ne voulait pas prendre les transports publics en raison des troubles dans la région. Mais la route se trouva bloquée à un certain endroit par des troncs d’arbres. Lorsqu’il descendit pour dégager la route, une foule de jeunes garçons et d’hommes dissimulés derrière les buissons se ruèrent sur lui, lui jetant de grosses pierres. Blessé et saignant abondamment, il traversa le terrain de football, espérant trouver de l’aide auprès d’un “Shebeen”, un débit illégal de boissons alcoolisées. Il finit par trouver refuge dans la cuisine d’une ‘rondavel’ mais sort quand ses poursuivants menacent de tuer l’habitante. Il meurt assassiné à coups de couteau et de ‘knobkerrie’ (type de bâton africain principalement utilisé dans l’Est et le Sud de l’Afrique)disant : « Dieu, je remets mon esprit entre tes mains ». Lors de ses funérailles, le 10 février 1990, les prêtres portaient des vêtements liturgiques rouges, sûrs que Benedict était mort pour sa foi dans le Christ, du fait de son refus héroïque de la sorcellerie.
Benedict Daswa a été beatifié le 13 septembre 2015, au sanctuaire de Tshitanini, dans la province du Limpopo, par le card. Angelo Amato s.d.b., Préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints, qui représentait le Pape François. Sa commémoration a été fixée au premier février.
Sources principales : fides.org/fr/news/40646 ; fr.zenit.org/ (« Rév. x gpm »).