26.03.2026 – SAINT DU JOUR

Saint Liudger (Ludger) von Münster
Évêque (v. 745-809)

Ludger de Munster, contemporain de Charlemagne, naît à Utrecht (Pays Bas) vers 745, issu d’une noble famille de la Frise. 

Élevé par ses parents, Thiadgrim et Liafburg, dans la vertu et la piété, il ne tarda pas à donner des marques évidentes d’une vocation extraordinaire ; son enfance et sa jeunesse se passèrent dans un monastère où il reçut de saint Grégoire d’Utrecht les leçons de la science et de la sainteté. Sa vive intelligence pénétrait les questions les plus difficiles; les livres saints surtout faisaient ses plus chers délices; il y puisait cette onction suave qui devait plus tard caractériser sa parole apostolique et ramener tant d’âmes à Dieu. 
Saint Grégoire envoya son jeune disciple en Angleterre auprès du célèbre Alcuin, pour y compléter ses études. Simple diacre, il reçut la mission d’aller rétablir l’Église de Deventer, ruinée par les Saxons infidèles ; ce qu’il exécuta avec un tel succès qu’il y abolit les restes du paganisme.

Ordonné prêtre, il devint l’apôtre de la Frise et le digne émule de saint Wulfran. Ni les fatigues ni les persécutions ne purent l’arrêter : à la place des idoles renversées, il plantait la Croix et faisait entrer en masse ces populations barbares dans le sein de l’Église. 
Obligé de fuir la persécution du redoutable Witikind, le saint pasteur se réfugia au monastère du Mont-Cassin, en Italie. Il y étudia la règle de saint Benoît en compagnie de son frère saint Hildegrin, qui l’y avait suivi, et y continua sa mission par ses prières et par ses austérités. 

Charlemagne, vainqueur des Saxons, ayant demandé à l’infatigable apôtre le secours de sa parole, afin de conquérir à la foi ce peuple déjà conquis au royaume de France, Ludger accourut. Un nouveau diocèse est érigé, qui embrasse toute la Westphalie, et Ludger en est sacré évêque ; sa ville épiscopale prend, dans la suite, le nom de Munster, d’un monastère d’Augustins, qu’il avait fondé. Mais sa vertu avait trop d’éclat pour être à l’abri de la jalousie et de la calomnie. 
La frugalité de sa table, sa tendresse pour les pauvres, sa modestie, son humilité, ses austérités excessives déplurent aux hommes mondains, qui le décrièrent auprès du grand empereur des Francs, et l’accusèrent en même temps de dissiper les biens de l’Église par ses grandes charités.

Ludger fut mandé à la cour pour avoir à se justifier : appelé près du prince dans un moment où il récitait son bréviaire, le Saint voulut l’achever et se fit attendre. 
« Pourquoi, lui dit Charles, n’être pas venu tout d’abord ? » 
Prince, répond l’évêque, je priais Dieu; quand vous m’avez choisi pour évêque, vous m’avez recommandé de préférer toujours le service de ce Roi des rois à celui des hommes, même de l’empereur.” 
L’empereur, charmé de cette réponse n’en voulut pas entendre davantage : il renvoya avec honneur le pasteur vers ses ouailles, l’exhortant à montrer toujours la même ardeur dans le service du Seigneur et celui de son Église.

Dieu honora les travaux apostoliques de son humble serviteur par le don des miracles. Il rendit la vue à un aveugle en faisant le signe de la Croix sur ses yeux. Un autre aveugle ayant un jour demandé à lui parler : 
« Mon frère, que me voulez-vous », lui dit Ludger ? 
Faites, dit-il, que je voie, pour l’amour de Dieu !” 
« Que vous voyiez, pour l’amour de Dieu ? » reprit Ludger, s’étonnant de sa demande. Et à l’instant l’aveugle vit.

Il était sur le point de partir pour le Danemark et la Norvège, quand le Ciel mit un terme à sa course ici-bas, le 26 mars 809. Les reliques de saint Ludger sont conservées au monastère de Werden. À Munster on vénère deux de ses os.

Source principale : Frères des Écoles Chrétiennes, Vie des Saints, p. 133-134 (« Rév. x gpm »).

Saint Liudger priez pour nous !

26.03.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 8,51-59. 

En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. »
Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.”
Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? »
Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”,
alors que vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur. Mais je le connais, et sa parole, je la garde.
Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. »

Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »
Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

évêque, théologien et martyr

Contre les hérésies IV, 5-7 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 146 ; cf SC 100)

« Abraham a vu mon jour, et il a été dans la joie »

Comme Abraham était prophète, il voyait dans l’Esprit le jour de la venue du Seigneur et le dessein de sa Passion, par laquelle lui-même et tous ceux qui comme lui croiraient en Dieu seraient sauvés. Et il a tressailli d’une grande joie. Le Seigneur n’était donc pas inconnu d’Abraham, puisque celui-ci a désiré voir son jour… Il a désiré voir ce jour afin de pouvoir lui aussi embrasser le Christ, et l’ayant vu de façon prophétique par l’Esprit, il a exulté. C’est pourquoi Syméon, qui était de sa postérité, accomplissait la joie du patriarche et disait : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser s’en aller ton serviteur en paix selon ta promesse ; car mes yeux ont vu ton salut que tu prépares à la face des peuples »… Et Élisabeth a dit [selon certains manuscrits]: « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur ». L’exultation d’Abraham descendait de la sorte sur ceux qui veillaient, qui voyaient le Christ et qui croyaient en lui. Et de ses enfants, cette exultation remontait vers Abraham… C’est donc à bon droit que le Seigneur lui rendait témoignage en disant : « Abraham votre Père a exulté à la pensée de voir mon jour : il l’a vu et il s’est réjoui ». Et ce n’est pas seulement à propos d’Abraham qu’il a dit cela, mais de tous ceux qui, depuis le commencement, ont acquis la connaissance de Dieu et ont prophétisé la venue du Christ. Car ils ont reçu cette révélation de la part du Fils lui-même, ce Fils qui dans ces temps qui sont les derniers s’est fait visible et palpable et a conversé avec les hommes pour susciter à partir des pierres des fils d’Abraham et rendre sa postérité semblable aux étoiles du ciel. (Références bibliques : Gn 17,17; Lc 2,29s; Lc 1,46; He 1,2; Ba 4,38; Mt 3,9; Gn 15,5)

LECTURES :

Livre de la Genèse 17,3-9. 

En ces jours-là, Abram tomba face contre terre et Dieu lui parla ainsi :
« Moi, voici l’alliance que je fais avec toi : tu deviendras le père d’une multitude de nations.
Tu ne seras plus appelé du nom d’Abram, ton nom sera Abraham, car je fais de toi le père d’une multitude de nations.
Je te ferai porter des fruits à l’infini, de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi.
J’établirai mon alliance entre moi et toi, et après toi avec ta descendance, de génération en génération ; ce sera une alliance éternelle ; ainsi je serai ton Dieu et le Dieu de ta descendance après toi.
À toi et à ta descendance après toi je donnerai le pays où tu résides, tout le pays de Canaan en propriété perpétuelle, et je serai leur Dieu. »
Dieu dit à Abraham : « Toi, tu observeras mon alliance, toi et ta descendance après toi, de génération en génération. »

Psaume 105(104),4-5.6-7.8-9. 

R/ Le Seigneur s’est toujours souvenu de son alliance. (Ps 104, 8a)

Cherchez le Seigneur et sa puissance,
recherchez sans trêve sa face.
souvenez-vous des merveilles qu’il a faites, 
de ses prodiges, des jugements qu’il prononça.

Vous, la race d’Abraham son serviteur, 
les fils de Jacob, qu’il a choisis.
Le Seigneur, c’est lui notre Dieu : 
ses jugements font loi pour l’univers.

Il s’est toujours souvenu de son alliance, 
parole édictée pour mille générations :
promesse faite à Abraham, 
garantie par serment à Isaac.