Fidèles au passé ou fidèles à l’avenir? Un texte de Robert Prevost datant de 2010

Le Pape Léon XIV signe le premier exemplaire du livre contenant ses interventions datant de l’époque où il occupait la charge de prieur général de l’Ordre de Saint-Augustin.  

Fidèles au passé ou fidèles à l’avenir? Un texte de Robert Prevost datant de 2010

Le premier exemplaire du nouveau livre «Liberi sotto la grazia» (LEV), sera disponible dès demain lundi 4 mai: un discours de grande valeur prononcé aux Philippines par le futur Pape. Quelle attitude les croyants et communautés chrétiennes doivent-ils adopter face aux changements, maintenir le statu quo ou «aller à la rencontre du monde» ?

Vatican News

Liberi sotto la grazia”: «Libres sous la grâceÀ l’école de Saint Augustin face aux défis de l’histoire» (Librairie Éditrice Vaticane), un recueil d’interventions et de discours de Robert Francis Prevost lorsqu’il était prieur de l’Ordre de Saint Augustin, paraîtra demain lundi 4 mai en librairie.

Cet ouvrage, promu par l’Ordre de Saint-Augustin à l’occasion du premier anniversaire de l’élection du Pape Léon XIV, sera présenté mercredi 6 mai à Rome (à 17 h, Institut pontifical Augustinianum) lors d’une rencontre à laquelle participeront le Secrétaire d’État, le cardinal Pietro Parolin, le prieur général de l’Ordre de Saint-Augustin, le père Joseph Farrell, le préfet du Dicastère pour la Communication, Paolo Ruffini, l’écrivaine Maria Grazia Calandrone et le directeur des médias du Vatican, Andrea Tornielli. Le texte, édité par les augustins Rocco Ronzani, Miguel Ángel Martín Juárez et Michael Di Gregorio, est en cours de traduction dans 30 pays à travers le monde.

Nous présentons ici le texte de l’homélie prononcée par le prieur de l’époque, Robert Francis Prevost, à l’occasion de l’inauguration du Chapitre général intermédiaire de la Province du Santo Niño de Cebu, qui s’est tenue dans l’église Saint Agustín de Intramuros, à Manille, (Philippines) le 19 septembre 2010.

Robert Francis Prevost

En 2008, les Augustins ont célébré en ce lieu le 500e anniversaire de la naissance d’Andrés de Urdaneta, un navigateur célèbre et très expérimenté qui, après avoir passé des années à combattre, a découvert dans l’enseignement de saint Augustin une invitation à changer de vie: il a appris que la seule véritable réponse au désir du cœur humain se trouve en Dieu et en son amour. Cette vérité a changé sa vie: de marin et navigateur accompli, il est devenu membre de l’Ordre de Saint-Augustin. Urdaneta est devenu célèbre pour avoir découvert ce que l’on appelle le «tornaviaje», une route maritime de retour sûre et rapide entre les Philippines et le Mexique. Ce «tornaviaje» est devenu une importante voie de transport et de commerce entre l’Asie et l’Amérique. Mais Urdaneta a vécu un «tornaviaje» bien plus important dans sa propre vie. Sa conversion et son entrée dans la vie religieuse symbolisent un tout autre type de retour: le retour ou la conversion à Dieu.

La figure du «tornaviaje», ou «voyage de retour», peut être une image très appropriée pour nous, Augustiniens, qui sommes ici réunis au début de notre Chapitre général intermédiaire. Nous aussi, nous sommes appelés à entreprendre un voyage et à découvrir que le seul voyage véritable et significatif est celui qui nous conduit vers le Christ. Nous avons tous entrepris ce voyage, qui commence, bien sûr, avec la naissance et, pour ceux qui sont chrétiens, avec la première rencontre avec le Christ, lors du baptême. Pour certains, cependant, cela se produit au moment où ils ont entendu la Parole, comme ce fut le cas, par exemple, pour Augustin, dont le voyage vers le Christ s’est déroulé au cours des années de sa longue expérience de conversion, bien avant sa décision de recevoir le baptême. Et il s’est poursuivi, de différentes manières, après le baptême, dans la recherche de Dieu en tant que moine, prêtre et évêque.

Pour nous, religieux consacrés, le cheminement est une existence au service du Christ, en particulier en tant que communauté de disciples. En tant qu’Augustiniens, c’est un cheminement vécu dans la vie commune et les services apostoliques, et à travers eux. Mais il peut arriver, à un moment donné de ce parcours, que nous ralentissions, que nous nous reposions sur nos lauriers et que nous nous laissions distraire, voire que nous restions immobiles et stagnions dans notre vie spirituelle et notre travail pastoral. La même chose peut nous arriver en communauté, et la vie de nos communautés locales et de nos circonscriptions peut perdre sa capacité à inspirer et à attirer d’autres personnes. L’enthousiasme débordant d’énergie, typique des jeunes, peut progressivement disparaître et nous glissons facilement dans la routine quotidienne, toujours la même, qui ne change jamais.

Le courage et l’esprit d’aventure d’Urdaneta, qui a découvert le «tornaviaje», peuvent être retrouvés ici, en ce lieu historique où nous sommes venus célébrer la liturgie d’ouverture de notre Chapitre. Peut-être que le changement, ou la nouvelle voie que nous recherchons, peut émerger de certaines questions: voulons-nous conserver ce que nous avons, rester où nous sommes, ou bien souhaitons-nous écouter notre cœur inquiet, écouter dans la prière, prêter attention à la Parole de Dieu et écouter aussi ceux d’entre nous qui cherchent et lisent les signes des temps? Sommes-nous ouverts à la possibilité de choisir quelque chose de différent, pour un sens nouveau et renouvelé de la mission dans notre vie?

«Nul serviteur ne peut servir deux maîtres; car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et la richesse» (Lc 16, 13). Je suis frappé par le fait que la phrase lue dans l’Évangile d’aujourd’hui pourrait se traduire ainsi: sommes-nous tiraillés entre notre désir de suivre le Christ, quel qu’en soit le prix, et notre désir de rester où nous sommes, satisfaits et peu enclins ou capables de changer le chemin que nous suivons? Ici, en ce lieu, il convient de nous demander si nous aussi avons besoin de découvrir une nouvelle direction, un tournant, une nouvelle conversion.

Il y a eu une large réflexion, dans différents contextes de la vie religieuse, sur la question «conservation ou mission?». Je souhaite la partager avec vous tous ce matin, convaincu qu’elle pourra nous aider également au cours des deux prochaines semaines. Sommes-nous simplement en train de maintenir les choses telles qu’elles sont, ou bien l’esprit missionnaire est-il vivant dans nos cœurs? Pour nous aider à réfléchir à ces questions, je propose quelques comparaisons.

Concernant le sens du ministère, la communauté qui ne souhaite que se conserver affirmera: «Nous devons rester fidèles à notre passé»; tandis qu’une communauté animée d’un esprit missionnaire dira: «Nous devons être fidèles à notre avenir».

Pour évaluer son efficacité, la communauté soucieuse de la préservation se demandera: «Dans quelle mesure cet apostolat est-il financièrement viable?»; tandis que celle engagée dans la mission se posera une question différente: «Comment faire de nombreux disciples?».

Face au changement et à la possibilité d’agir différemment, ceux qui souhaitent maintenir le statu quo affirment: «Si cela pose des problèmes à certains d’entre nous, nous n’en voulons pas». La question principale, en revanche, pour ceux qui sont engagés dans la mission sera: «Si cela nous aide à atteindre certains de ceux qui sont loin, nous acceptons le risque de le faire».

Le style de leadership, dans la mentalité de ceux qui préfèrent la conservation, est avant tout managérial, bien organisé et efficace: dans ce cas, les leaders cherchent à maintenir l’ordre et à faire en sorte que tout se passe bien. Une communauté, en revanche, si elle est dotée d’une vision prophétique et d’une vie consacrée à la mission, poursuivra un type de leadership différent: le style de celui qui guide sera avant tout transformateur, capable d’offrir la vision de ce qui peut être, avec la volonté d’aller loin et d’affronter de nombreux risques pour que cette vision devienne réalité.

La communauté soucieuse de sa survie pensera avant tout à sauver sa propre congrégation. La communauté vouée à la mission pensera avant tout à atteindre le monde. «Nul serviteur ne peut servir deux maîtres; car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et la richesse» (Lc 16, 13). Dans son commentaire sur le Sermon sur la montagne, livre II, Augustin, expliquant l’impossibilité de servir deux maîtres, souligne qu’on ne finit pas par «haïr Dieu» lorsqu’on devient serviteur d’un autre maître. Ce sont plutôt l’indifférence ou le compromis qui prennent le dessus, en tenant Dieu et sa grâce pour acquis. Cela pourrait très bien être notre situation: ayant perdu l’enthousiasme initial, nous nous contentons de ce que nous faisons déjà. L’Évangile d’aujourd’hui nous rappelle à tous la nécessité de faire un choix radical, un don total de notre vie à Dieu et à la mission de l’Évangile. Aujourd’hui, souvenons-nous du choix que nous avons fait, nous sommes invités à renouveler notre engagement à vivre la mission évangélisatrice. Que l’Esprit Saint nous guide et nous éclaire!

© Ordre de Saint-Augustin

© Dicastère pour la communication – Librairie Éditrice Vaticane

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Source : VATICANNEWS, le 3 mai 2026

02.05.2026 – Le Pape Léon XIV reçoit le premier exemplaire de « Liberi sotto la grazia »

Le Pape Léon XIV reçoit le premier exemplaire de « Liberi sotto la grazia »

Le premier exemplaire de l’ouvrage, disponible à partir du lundi 4 mai et contenant ses interventions en tant que prieur général de l’Ordre de saint Augustin, a été remis au Souverain pontife.

Vatican News

Le livre « Liberi sotto la grazia. À l’école de Saint Augustin face aux défis de l’histoire » (Librairie Éditrice Vaticane), recueil des interventions datant de l’époque où il occupait la charge de prieur général de l’Ordre de Saint Augustin (2001-2013), a été remis au Pape Léon XIV.

Le premier exemplaire de l’édition italienne de l’ouvrage, qui sera disponible en librairie à partir du lundi 4 mai, a été remis au Souverain pontife par le père Joseph Farrell, actuel Prieur général de l’Ordre de Saint-Augustin, qui a promu la publication de l’ouvrage, en collaboration avec le père augustinien Rocco Ronzani, préfet des Archives apostoliques du Vatican et l’un des éditeurs de l’ouvrage, et Lorenzo Fazzini, responsable éditorial de la Librairie Éditrice Vaticane (LEV). Outre le père Ronzani, le livre a également été édité par le père Miguel Ángel Martín Juárez et le père Michael Di Gregorio, tous deux augustins.

L’ouvrage paraîtra dans les prochains mois en plusieurs langues et est en cours de traduction dans 30 pays à travers le monde. Comme l’avait déjà annoncé la Librairie Éditrice Vaticane à l’occasion du Salon international du livre de Francfort en octobre 2025, ce livre, qui rassemble pour la première fois les discours, homélies, lettres et messages de Robert Francis Prevost, permet de mieux connaître la spiritualité du Pape Léon XIV.

« Liberi sotto la grazia » sera présenté mercredi 6 mai à Rome (à 17 h, Institut pontifical patristique Augustinianum) par le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, le père Joseph Farrell, prieur général de l’Ordre de Saint-Augustin, Paolo Ruffini, préfet du dicastère pour la Communication, Maria Grazia Calandrone, écrivaine, et Andrea Tornielli, directeur éditorial des médias du Vatican.

Source : VATICANNEWS, le 2 mai 2026

03.05.2026 – REGINA CAELI À ROME

Regina Caeli: Léon XIV invite à vivre la foi comme chemin de confiance et de fraternité

Lors de la prière mariale, ce dimanche 3 mai place Saint-Pierre, le Pape a médité sur l’Évangile du jour selon saint Jean. Il a invité les fidèles à accueillir la promesse du Christ et à vivre dès aujourd’hui une foi qui libère de l’angoisse et ouvre à la fraternité faisant de nos communautés, de l’Église, une maison ouverte «où il y a de la place pour tous».

Moriba Camara, S.J. – Cité du Vatican

En ce temps pascal, le Saint-Père a rappelé que les paroles de Jésus prennent un sens nouveau à la lumière de la Résurrection à l’instar de l’Église naissante: «Ce qui, auparavant, échappait aux disciples ou les troublait, refait maintenant surface dans leur mémoire, réchauffe leur cœur et leur donne de l’espérance». Commentant l’Évangile de la Cène, après la résurrection, le Pape a souligné la promesse du Christ qui nous implique dans ce grand mystère de la victoire sur la mort: «Je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi» (Jn 14, 3). Cette parole révèle une vérité profonde, celle de savoir qu’«en Dieu, il y a une place pour chacun». Jésus, a dit le Saint-Père, parle d’une maison ouverte pour tous, une maison «très grande», «c’est la maison de son Père et de notre Père où il y a de la place pour tous».

“Le Fils se décrit comme le serviteur qui prépare les chambres, afin que chaque frère et chaque sœur, en arrivant, trouve la sienne prête et se sente attendu depuis toujours et enfin retrouvé.”

Une logique nouvelle de fraternité fondée sur l’accueil

Le Pape a opposé la logique du monde ancien, marquée par l’exclusion et la compétition, à celle du Royaume de Dieu: «dans l’ancien monde où nous sommes encore en chemin, ce sont les lieux exclusifs, (…). Cependant, dans le monde nouveau où le Ressuscité nous conduit, ce qui a le plus de valeur est à la portée de tous». Dans cette perspective, «ce qui est ouvert à tous procure désormais de la joie: la gratitude remplace la compétition», «l’accueil efface l’exclusion» et «l’abondance n’entraîne plus d’inégalité». Une vision où chaque personne est reconnue dans son unicité: «personne n’est confondu avec quelqu’un d’autre, personne n’est perdu».

“La mort menace d’effacer le nom et la mémoire, mais en Dieu, chacun est enfin lui-même. En vérité, c’est là la place que nous recherchons toute notre vie, parfois prêts à tout pour obtenir un peu d’attention et de reconnaissance.”

La foi, chemin de libération

Au cœur de son message, le Pape Léon XIV a invité à faire confiance au Christ: «Ayez la foi,… croyez en Dieu, croyez aussi en moi» (Jn 14, 1). Cette foi, a-t-il expliqué, «libère notre cœur de l’angoisse d’avoir et d’obtenir, de l’illusion de courir après une place prestigieuse pour avoir de la valeur». Car la dignité humaine ne dépend pas de la reconnaissance sociale: «Chacun a déjà une valeur infinie dans le mystère de Dieu, qui est la seule réalité véritable».

Anticiper le ciel par l’amour fraternel fondé sur le Christ

Le Saint-Père a également souligné que la foi se vit concrètement dans l’amour: «en nous aimant les uns les autres comme Jésus nous a aimés, nous nous donnons cette conscience». Ainsi, les chrétiens sont appelés à anticiper dès maintenant le Royaume du Père: «nous anticipons ainsi le ciel sur terre, nous révélons à tous que la fraternité et la paix sont notre destin». Dans cet amour, chacun découvre sa véritable identité: «au milieu d’une multitude de frères, chacun découvre qu’il est unique».

Concluant son enseignement, le Pape a confié cette mission de chaque chrétien, celle de faire de nos communautés chrétiennes une maison ouverte à tous et attentive à chacun, à l’intercession de la Vierge Marie. Un appel à faire également de l’Église un lieu d’accueil, de fraternité et de paix, reflet de la maison du Père où «il y a de la place pour tous».

Source : VATICANNEWS, le 3 mai 2026

L’apparition de Notre-Dame des Trois Épis (I)

L’apparition de Notre-Dame des Trois Épis (I)

Le 3 mai 1491 à 10h du matin, ainsi que le précise la chronique de Thann, Thierry Schoéré, forgeron d’Orbey se rendant au marché de Niedermorschwihr, près de Colmar, en France, passa devant un chêne où il aperçut une image sainte déposée, selon la coutume de cette époque, afin d’inviter les passants à prier pour un homme qui venait de rendre l’âme en ce lieu quelques jours auparavant.

Descendant de son cheval, il s’agenouilla devant la pieuse image et priant avec ferveur pour le repos de l’âme du malheureux, il fut soudain ébloui par un éclatant rayon lumineux, au milieu duquel apparut une forme délicate et vaporeuse. C’était la Vierge Marie, enveloppée de longs voiles blancs transparents, qui tenait trois épis en sa main droite et un petit glaçon dans la main gauche :

« Relève-toi, brave homme, dit la Vierge avec douceur, et écoute. Vois ces épis. Ils sont le symbole de l’abondance des belles moissons qui viendront récompenser les êtres vertueux, généreux et apporter le bien-être et le bonheur dans les foyers des fidèles chrétiens. Quant à ce glaçon, il signifie que la grêle, la gelée, l’inondation, la famine et tout son cortège de désolation et de malheurs viendront punir les mécréants dont la gravité des péchés a pu lasser la miséricorde divine. Va, bonhomme, descends dans les villages et annonce à tous les habitants le sens de ces prophéties. »

Récit des apparitions de N.-D.-des-Trois-Épis , en Alsace. Selon les archives du village d’Orbey – toujours conservées au musée de Colmar

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

03.05.2026 – SAINTS DU JOUR

Saints Philippe et Jacques le Mineur
Apôtres et martyrs

Philippe était de Bethsaïde, en Galilée, patrie de saint Pierre et de saint André. Le Sauveur, dès les premiers jours de sa vie publique, le rencontra et lui dit : « Suis-Moi ! » 

Après la Pentecôte, il alla prêcher dans les immenses contrées de l’Asie supérieure ; il évangélisa longtemps les Scythes, puis les Galates, les Phrygiens, et c’est dans la ville d’Hiérapolis, en Phrygie, qu’il confirma sa prédication par le témoignage de son sang. 

Un jour que le peuple offrait de l’encens à un gros serpent qu’il regardait comme une de ses divinités principales, Philippe, saisi de compassion, se jette à terre et supplie Dieu de délivrer ces malheureux de la tyrannie du serpent infernal. L’affreuse bête expire aussitôt. Le peuple se montrait disposé à accepter la doctrine d’un homme qui opérait de telles merveilles ; mais les magistrats et les pontifes s’emparèrent de l’Apôtre, le battirent de verges, le clouèrent à une croix et l’accablèrent de pierres. À sa mort, la terre trembla et plusieurs édifices s’écroulèrent.

Jacques, appelé le Mineur pour le distinguer de Jacques le Majeur, frère de saint Jean, était né à Cana, en Galilée ; il était de la tribu de Juda et cousin de Notre-Seigneur selon la chair. La tradition affirme qu’il ressemblait au Sauveur, et que les fidèles aimaient à regarder en lui une vivante image de leur Maître remonté dans le Ciel. Jacques eut un frère, Apôtre comme lui, nommé Jude, et ses deux autres frères, Joseph et Simon, furent disciples de Jésus. 

Après la Pentecôte, quand les Apôtres se partagèrent le monde, Jacques se fixa à Jérusalem, pour la conversion spéciale des Juifs. Son autorité était très grande dans l’Église primitive, et, au concile de Jérusalem, c’est lui qui, le premier après saint Pierre, prit la parole. Il nous reste de lui une belle Épître. 

Les conversions nombreuses et éclatantes opérées par son ministère lui suscitèrent des ennemis. Les princes des Juifs le firent monter sur la terrasse du temple et lui dirent : « Juste, nous avons confiance en toi ; parle et dis-nous la vérité sur Jésus ! » Le saint Apôtre s’écria : « Pourquoi m’interrogez-vous sur le Christ ? Il siège dans les Cieux à la droite de la Majesté divine, et un jour Il reviendra sur les nuées du Ciel. » La foule approuvait ces paroles ; mais les chefs, jaloux, précipitèrent le vieillard du haut en bas. Brisé dans sa chute, le martyr trouve encore la force de se mettre à genoux et de prier Dieu pour ses bourreaux, en répétant la parole du Sauveur : « Seigneur, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Un foulon l’étendit mort d’un coup de levier sur la tête.

Pour approfondir, lire les Catéchèses du Pape Benoît XVI :
>>> Jacques le Mineur

>>> Philippe 

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950 (« Rév. x gpm »).

Saints Philippe et Jacques le Mineur priez pour nous !

03.05.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14,1-12. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.
Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ?
Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi.
Pour aller où je vais, vous savez le chemin. »
Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ?

Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.

Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.

Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967)

carme, fondateur de Notre Dame de Vie

« Le bon Jésus » (Je veux voir Dieu, éd. du Carmel, 1949 ; p. 75-78 ; rev.)

Comment entrer au sein de la Trinité ?

Au cours de sa vie publique Notre-Seigneur révèle et explique progressivement sa médiation : « Je suis la voie, la vérité et la vie » dit-il (Jn 14,6). (…) Fils de Dieu, à la fois engendré éternellement comme Verbe du Père et prononcé dans le temps comme Verbe incarné, Jésus porte en Lui la lumière incréée qui est Dieu et toute la lumière que Dieu a voulu manifester au monde, la vie qui est au sein de la Trinité et la vie que Dieu veut répandre dans les âmes. En Lui sont tous les trésors de la sagesse et de la grâce et c’est de sa plénitude que nous les recevons. (…) Notre grâce est filiale ; c’est une note essentielle. Nous avons reçu un esprit filial « qui nous fait crier vers Dieu : Père » (Rm 8,15). Au sein de la Trinité sainte nous sommes fils ou nous ne sommes pas. Or le Père n’a qu’un Fils, c’est son Verbe. Le rythme éternel de la vie au sein de la Trinité sainte est immuable : Dieu le Père, par la connaissance qu’il a de Lui-même, engendre le Verbe qui l’exprime ; le Père et le Fils, par une spiration commune d’amour, produisent le Saint-Esprit. Les siècles, pas plus que l’éternité, ne changeront rien à ce mouvement. Comment pourrons-nous y entrer et y participer ainsi que l’exige notre vocation surnaturelle ? Pas autrement qu’à la faveur d’une adoption et d’une emprise telle, qu’elle crée une certaine unité avec l’une des Personnes divines. Le Verbe s’est incarné, a pris une humanité qu’il a entraînée, heureuse captive, au sein de cette gloire que le Verbe avait avant que le monde fût. Par cette humanité sainte du Christ, le Verbe saisit et entraîne tous les hommes qui se laissent saisir par sa grâce. Tout le Christ diffusé et complet est placé, par son unité avec le Verbe, sous la paternité éternellement féconde du Père de lumière et de miséricorde, et avec Lui spire l’amour de l’Esprit Saint qui, Esprit du Père et du Fils, devient par conséquent l’Esprit de l’Église et le nôtre.

LECTURES :

Livre des Actes des Apôtres 6,1-7. 

En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, les frères de langue grecque récriminèrent contre ceux de langue hébraïque, parce que les veuves de leur groupe étaient désavantagées dans le service quotidien.
Les Douze convoquèrent alors l’ensemble des disciples et leur dirent : « Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables.
Cherchez plutôt, frères, sept d’entre vous, des hommes qui soient estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse, et nous les établirons dans cette charge.
En ce qui nous concerne, nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole. »
Ces propos plurent à tout le monde, et l’on choisit : Étienne, homme rempli de foi et d’Esprit Saint, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, un converti au judaïsme, originaire d’Antioche.
On les présenta aux Apôtres, et après avoir prié, ils leur imposèrent les mains.
La parole de Dieu était féconde, le nombre des disciples se multipliait fortement à Jérusalem, et une grande foule de prêtres juifs parvenaient à l’obéissance de la foi.

Première lettre de saint Pierre Apôtre 2,4-9. 

Bien-aimés, approchez-vous du Seigneur Jésus : il est la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu.
Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ.
En effet, il y a ceci dans l’Écriture : ‘Je vais poser en Sion une pierre angulaire, une pierre choisie, précieuse ; celui qui met en elle sa foi ne saurait connaître la honte.’
Ainsi donc, honneur à vous les croyants, mais, pour ceux qui refusent de croire, il est écrit : ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle,
une pierre d’achoppement, un rocher sur lequel on trébuche.’ Ils achoppent, ceux qui refusent d’obéir à la Parole, et c’est bien ce qui devait leur arriver.
Vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.

Psaume 33(32),1-2.4-5.18-19. 

R/ Que ton amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espoir est en toi ! (Ps 32, 22)

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes ! 
Hommes droits, à vous la louange !
Rendez grâce au Seigneur sur la cithare, 
jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ; 
il est fidèle en tout ce qu’il fait.
Il aime le bon droit et la justice ; 
la terre est remplie de son amour.

Dieu veille sur ceux qui le craignent, 
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort, 
les garder en vie aux jours de famine.