04.07.2026 – VISITE PASTORALE DU PAPE LÉON XIV À LAMPEDUSA

À Lampedusa, Léon XIV exhorte à la compassion face au drame migratoire

Lampedusa et Linosa «se trouvent sur une route aussi dangereuse que celle qui descendait de Jérusalem à Jéricho» alerte Léon XIV. Le Pape a présidé la messe ce samedi 4 juillet au terrain de sport municipal de Lampedusa, en présence d’une dizaine de milliers de fidèles, sous un soleil de plomb. Il a notamment invité à la compassion, à s’arrêter, s’émouvoir, s’abaisser, et à pleurer face à la douleur d’autrui pour faire «naître la civilisation de l’amour».

Jean-Paul Kamba, SJ – envoyé spécial à Lampedusa

Devant des milliers de fidèles venus participer à cette eucharistie, le Saint-Père s’est réjoui d’être sur «les traces du Pape François, qui, le 8 juillet 2013, avait voulu se rendre à Lampedusa pour son premier voyage en tant que Successeur de Pierre».

Il a aussi rappelé la force de l’évangile qui «résonne là où les peuples se rencontrent, où les personnes s’accueillent mutuellement, où leurs destins s’entremêlent, où les différentes cultures entrent en dialogue». En revanche, a-t-il souligné, l’évangile se «tait là où chacun fait de lui-même une île, là où le contact est évité, où l’échange est interrompu».

«Dieu nous aime toujours en premier»

S’appuyant sur l’évangile de la parabole du bon Samaritain, le Pape a d’abord affirmé, dans son homélie, la primauté de l’amour de Dieu, un «amour qui nous précède, nous entoure et nous rassemble».

Relu à la lumière de l’encyclique Fratelli tutti, cet évangile, toujours d’actualité, a-t-il dit, nous entraîne dans une conversation qui nous interpelle sur notre réponse «à l’amour de celui qui nous a aimés le premier». Cette question est d’autant plus cruciale qu’aujourd’hui, alerte le Pape, car «Lampedusa et Linosa se trouvent sur une route aussi dangereuse que celle qui descendait de Jérusalem à Jéricho». Sur cette terre, poursuit-il, «vous avez vu non pas un seul, mais des milliers d’êtres humains tombés entre les mains de brigands les dépouillant de tout, les rouant de coups jusqu’au sang, puis s’en allant en les laissant à demi morts… la mer a recueilli les autres, ceux qui n’ont pas réussi à atteindre la destination qu’ils espéraient».

“Nous ressentons cependant leur présence, qui nous interpelle tout autant que celle de ceux qui ont débarqué, et qui ont besoin d’attention et de secours. La rencontre avec ceux qui sont étendus devant nous, dépouillés de tout, appelle à la proximité. C’est là le cœur de la parabole évangélique: on devient prochain, on se fait prochain!”

Merci, Lampedusa

Le Souverain pontife a salué le «miracle de la compassion» et de la proximité qui se produit à Lampedusa à travers notamment le service des bénévoles, des associations réunies au sein du Forum Lampedusa Solidale, des institutions civiles, des garde-côtes, des maires et des administrations, des personnes consacrées, des médecins, des psychologues, des éducateurs des forces de sécurité et, bien entendu, de tous ceux qui, «avec ou sans le don de la foi, ont choisi d’aimer ensemble».

Le Pape a également salué les personnes migrantes qui, elles-mêmes, font preuve de solidarité au cours de leur voyage, comme des pauvres qui aident les plus pauvres.

«Le péché de l’indécision»

L’amour, a-t-il dit, réside toujours dans la liberté, et la liberté réside dans les décisions. Les morts de cette mer, a rappelé l’évêque de Rome, «sont victimes tant des décisions prises que des décisions qui n’ont pas été prises».

“Le désintérêt pour le bien commun et la corruption dans les pays d’origine, un système économique mondial qui engendre pauvreté et exclusion, la peur qui alimente les préjugés et le mépris, l’idée que ces problèmes ne nous concernent pas, les calculs criminels de ceux qui tirent profit du drame d’autrui, le passage lent et difficile d’une simple gestion des urgences à l’élaboration de politiques cohérentes et partagées: tout cela reproduit aujourd’hui, dans le récit évangélique, la hâte de “passer outre »”

Ne pas fuir «la contamination»

Le Pape évoque l’attitude du prêtre et du lévite qui, tous deux ayant vu, passent leur chemin. À toutes les époques, malheureusement, regrette-t-il, «il y a toujours ceux qui ont peur de se contaminer au contact des autres, niant ainsi – même face à la souffrance et à la mort – notre origine commune en Dieu, la dignité infinie de chaque être humain et l’appel à un amour sans limites».

Pour Léon XIV, il est temps de reconnaître et d’affirmer que l’appartenance religieuse ne doit jamais devenir un motif de discrimination, «comme si la foi avait des frontières et n’était pas, au contraire, un appel universel au salut». Il n’y a pas d’amour de Dieu sans amour du prochain devant lequel «s’arrêter, s’émouvoir, s’abaisser, pleurer».

Selon lui, celui qui se laisse emporter par cette dynamique de compassion et de miséricorde commence à vivre autrement, à être citoyen autrement, à travailler autrement. Ce dynamisme, a dit le Pape, suffit pour véritablement faire «naître la civilisation de l’amour» qui,  de nos jours, doit revêtir une forme spirituelle, culturelle, juridique, politique et économique. Aussi, a-t-il poursuivi, «face aux abîmes du cœur humain et aux horreurs de la guerre, seule la miséricorde sait répondre par de nouveaux départs».

Pour le successeur de Pierre, et à l’instar du Samaritain, «la civilisation de l’amour ne naît pas d’un geste unique et spectaculaire, mais d’une somme de petites et tenaces fidélités faisant barrage à la déshumanisation»

«Personne n’est sans responsabilité»

Citant son encyclique Magnifica Humanitas, le Pape qui reconnaît que tout le monde n’a pas le même pouvoir d’action sur la réalité, souligne en outre que personne n’est sans responsabilité car chacun dispose de son propre champ d’action, et c’est là, a-t-il dit, qu’il est appelé à choisir entre alimenter la logique de la force ou conserver la logique de la paix.

Lampedusa, ce coin reculé de l’Europe, sur la mer Méditerranée, a dit le Pape, interpelle les sociétés européennes sur le phénomène migratoire, la transition écologique et la promotion de la paix. Pour lui, l’Europe dispose d’un potentiel unique qui lui permette «d’aborder la crise de manière organique, en inscrivant les premiers secours dans un plan stratégique à long terme, capable d’accueillir, de protéger, de promouvoir et d’intégrer les migrants tout en œuvrant pour le développement, afin que personne ne soit contraint d’émigrer. Tout cela en veillant au respect de la dignité de chaque personne». Cette mission, estime-t-il, incombe aux institutions publiques, mais aussi à l’ensemble de la société civile et à l’Église.

Deux mers: des naufragés et celle des vacanciers

Revenant sur son message à Ténérife, en Espagne, le Saint Père a expliqué que la culture de l’accueil à Lampedusa revêt certes une dimension touristique qui «peut se sentir menacée par les routes migratoires» qui perturbent les vacanciers. La tentation, a-t-il dit, est d’ériger «un mur invisible entre la mer des naufragés et celle des vacanciers». Le Souverain pontife a encouragé les fidèles à avoir l’audace de penser autrement.

“Peu à peu, avec créativité, vous parviendrez à faire en sorte que quiconque passe un moment, même de repos, sur cette île, puisse devenir plus humain en se mesurant à votre charité, à ce que la mer vous a enseigné, aux rencontres qui vous ont formés. Il y a en effet un véritable repos là où l’on retrouve le sens de la vie; et un véritable bien-être lorsque l’économie est juste et fraternelle. Dans cette économie, le souci de la création et l’amitié sociale se fondent en une synthèse que l’humanité recherche aujourd’hui.”

Notre-Dame de Porto Salvo, patronne de Lampedusa

En partant de l’image de Notre-Dame de Porto Salvo, patronne de Lampedusa, le Pape a rappelé ce que saint Augustin aimait décrire de la vie humaine: «une navigation en mer déchaînée et son destin comme un port sûr et tranquille».

«Ne nous laissons pas vaincre par la peur, mais considérons les efforts quotidiens comme un temps d’opportunités et de témoignage», a-t-il exhorté soulignant que «nous avons tous en Dieu un port sûr, et chaque communauté chrétienne est appelée à en être le reflet sur terre». Le Saint Père a conclu son homélie en invitant les communautés de Lampedusa et de Linosa à faire croitre «le souffle de la foi, de l’espérance et de la charité».

Source : VATICANNEWS, le 4 juillet 2026

En juillet, le Pape invite à prier pour le respect de la vie humaine 

En juillet, le Pape invite à prier pour le respect de la vie humaine 

Dans un monde marqué par la «culture du déchet», comme l’affirmait François, Léon XIV consacre son intention de prière de ce mois-ci au respect de la vie humaine à toutes les étapes de son existence. À travers la campagne «Prie avec le Pape», il encourage à demander pardon au Seigneur «lorsque nous tombons dans l’indifférence, lorsque nous cessons de voir dans l’autre un être digne d’amour».

Myriam Sandouno – Cité du Vatican

En ce début de juillet, les fidèles ainsi que toutes les personnes de bonne volonté sont invités à s’unir aux intentions du Pape, à travers la campagne «Prie avec le Pape», le Réseau mondial de prière pour le Saint-Père. Léon XIV exhorte à prier pour le respect de la vie humaine, car, comme déclarait-il devant le Congrès des députés espagnols, il y a quelques semaines, lors de son quatrième voyage apostolique en Espagne: «Toute vie humaine doit être reconnue et protégée depuis sa conception jusqu’à son terme naturel, quelles que soient les circonstances de son existence.»

Un don sacré à protéger 

Chaque personne, soutient le Souverain pontife dans sa vidéo mensuelle de prière, est «un don sacré qui reflète ton visage». Léon XIV demande au Seigneur la grâce de «reconnaître et de protéger la valeur unique et irremplaçable de chaque être humain», en apprenant à «accueillir la vie sans conditions, à soutenir avec tendresse la fragilité, à accompagner avec respect chaque étape de l’existence et à défendre avec courage ceux qui n’ont pas de voix».

L’Église une maison ouverte 

Il implore le pardon de Dieu pour les attitudes «d’indifférence et la culture du déchet», et pour le fait que parfois, «nous cessons de voir dans l’autre un être digne d’amour». Concluant sa prière, le Pape a prié pour que l’Église soit «une maison ouverte où toute vie est célébrée, où personne ne se sente de trop», et où «la dignité de chacun soit toujours respectée et protégée», insiste-t-il. Pour le directeur international du Réseau Mondial de Prière du Pape, le père Cristóbal Fones, «se respecter mutuellement et protéger ce don de la vie humaine est une mission qui commence par une conversion du cœur et nous ouvre à l’engagement envers les autres». 

“Seigneur Jésus, fais que nous aimions la vie comme Toi tu l’aimes: avec tendresse, fidélité et don total de soi. Que nous sachions proclamer, par nos paroles et nos gestes, que chaque vie humaine mérite le don total de nous-mêmes”

Avortement, euthanasie et peine de mort

Chaque année dans le monde, rapporte l’Organisation mondiale de la Santé, environ 73 millions d’avortements provoqués sont pratiqués, et le débat autour de l’euthanasie et l’aide médicale à mourir reste d’actualité dans de nombreux pays. L’évolution du recours à la peine de mort préoccupe également: au moins 2 707 exécutions ont été recensées dans 17 pays en 2025, soit le chiffre le plus élevé depuis 1981 et une augmentation de 78% par rapport à l’année précédente.

Source : VATICANNEWS, le 2 juillet 2026

Au Nigéria un appel fort à « revenir à notre Mère Marie »

Au Nigéria un appel fort à « revenir à notre Mère Marie »

Mgr Oliver Dashe Doeme, du diocèse catholique de Maiduguri au Nigeria, a décrit la récente visite du pape Léon XIV en Afrique comme un moment de grâce qui renforcera l’Église et renouvellera la foi sur le continent.

Dans une interview accordée à ACI Afrique en marge de la première procession nationale du Rosaire, Mgr Doeme a déclaré que le choix du pape de faire de l’Afrique une étape importante de son itinéraire pastoral souligne l’importance croissante du continent dans la vie de l’Église universelle.

« Nous parlons d’une société déchirée par la violence et les guerres. Nous ne vivons pas ensemble comme une nation, comme une Église et comme une communauté », a-t-il déclaré. Mgr Doeme a exhorté les Chrétiens à ne pas perdre espoir, mais à revenir aux valeurs spirituelles incarnées par la Vierge Marie, soulignant que le renouveau passe par l’humilité, la simplicité, la bonté et l’amour. « L’essentiel est d’en prendre conscience en tant qu’Église et de revenir à notre Mère Marie, qui nous apprend à vivre humblement, simplement, avec amour et bienveillance », a-t-il déclaré.

Selon lui, si ces vertus sont adoptées par les individus, les familles et les dirigeants, l’Église et la société connaîtront davantage de paix et de développement. « Si nous pouvons adopter ces vertus, notre Église deviendra grande. Notre continent deviendra grand. Et Dieu sera heureux et continuera à nous bénir davantage », a-t-il ajouté.

Il a précisé que la dévotion mariale ne doit pas être seulement extérieure, mais produire des fruits concrets capables de transformer la société, appelant les mouvements mariales à l’unité et à la prière pour la transformation du pays. « En tant que mouvements mariales, il est très important que nous soyons unis, car nous appartenons à la même grande Mère, notre Mère spirituelle. Si nous prions ensemble, notre pays sera transformé », a-t-il déclaré.

Il a poursuivi : « Ce qu’elle attend de nous, c’est que nous manifestions l’humilité, l’obéissance, la maîtrise de soi, l’amour, la générosité et l’acceptation mutuelle. »

L’évêque nigérian a affirmé que si les Catholiques imitent réellement les vertus de Marie, les divisions au sein de l’Église et de la société laisseront place à la paix et à la coopération.

aciafrique.org

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec MarieNe

04.07.2026 – SAINTE DU JOUR

Ste Élisabeth du Portugal

Sainte Élisabeth
Reine du Portugal 
(1271-1336)

Élisabeth, née en 1271, reçut ce nom à son baptême, en souvenir de sainte Élisabeth de Hongrie, sa tante. À l’âge de huit ans, elle récitait chaque jour l’office divin et conserva cette pratique jusqu’à sa mort. 

Elle méprisait le luxe, fuyait les divertissements, soulageait les pauvres, multipliait ses jeûnes et menait une vie vraiment céleste. Toutes les œuvres de piété d’Élisabeth étaient accompagnées de larmes que l’amour faisait monter de son cœur à ses yeux. Le temps que ses exercices religieux lui laissaient libre, elle aimait à l’employer à l’ornementation des autels ou aux vêtements des pauvres. 

Élevée sur le trône de Portugal par son mariage avec Denys, roi de ce pays, elle fut d’une patience remarquable dans les épreuves qu’elle eut souvent à subir de la part de son mari, et ne lui montra jamais, en échange de ses procédés injustes, qu’une amabilité croissante, une douceur toute affectueuse et un dévouement sans bornes, qui finirent par triompher de ce cœur rebelle. Élisabeth est célèbre par le don que lui fit le Ciel de rétablir la paix entre les princes et les peuples. 

Peu de Saintes ont montré tant de charité pour les membres souffrants de Jésus-Christ ; jamais aucun pauvre ne partait du palais sans avoir rien reçu ; les monastères qu’elle savait dans le besoin recevaient abondamment le secours de ses aumônes ; elle prenait les orphelins sous sa protection, dotait les jeunes filles indigentes, servait elle-même les malades.

Tous les vendredis de Carême, elle lavait les pieds à treize pauvres, et après les leur avoir baisés humblement, elle les faisait revêtir d’habits neufs. Le Jeudi saint, elle remplissait le même office auprès de treize femmes pauvres. Or, un jour qu’elle lavait les pieds à ces pauvres, il se trouva dans le nombre une femme qui avait au pied une plaie dont la mauvaise odeur était insupportable : la reine, malgré toutes les répugnances de la nature, prit ce pied infect, en pansa l’ulcère, le lava, l’essuya, le baisa et le guérit. Le même miracle se produisit avec un lépreux.

Un jour qu’elle portait dans les pans de sa robe de l’argent pour les pauvres, son mari lui demanda à voir ce qu’elle portait, et il fut émerveillé d’y voir des roses hors de saison. Après la mort du roi, elle voulait se retirer chez les Clarisses, mais on lui fit observer qu’elle ferait une meilleure œuvre en continuant ses libéralités. Enfin, après une vie toute d’œuvres héroïques, elle mourut, le 4 juillet 1336, en saluant la Très Sainte Vierge, qui lui apparut, accompagnée de sainte Claire et de quelques autres Saintes.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.

Sainte Élisabeth du Portugal priez pour nous !

04.07.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,14-17. 

En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »
Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront.

Et personne ne pose une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement, car le morceau ajouté tire sur le vêtement, et la déchirure s’agrandit.

Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450)

évêque de Ravenne, docteur de l’Église

Sermon 31

Le jeûne des amis de l’Époux

« Pourquoi est-ce que nous et les pharisiens nous jeûnons fréquemment, alors que tes disciples ne jeûnent pas ? »… Pourquoi ? Parce que, pour vous, le jeûne est une affaire de loi et non un don spontané. En lui-même, le jeûne n’a pas de valeur, ce qui compte c’est le désir de celui qui jeûne. Quel profit pensez-vous tirer, vous qui jeûnez contraints et forcés ? Le jeûne est une charrue merveilleuse pour labourer le champ de la sainteté : il retourne les cœurs, déracine le mal, arrache le péché, enfouit le vice, sème la charité ; il entretient la fécondité et prépare la moisson de l’innocence. Les disciples du Christ, eux, sont placés au cœur même du champ mûr de la sainteté, ils rassemblent les gerbes des vertus, ils jouissent du pain de la nouvelle récolte : ils ne peuvent donc pratiquer des jeûnes désormais périmés … « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Le Seigneur leur répond : « Les amis de l’Époux peuvent-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? »… Celui qui prend femme laisse le jeûne de côté, abandonne l’austérité ; il se livre tout entier à la joie, participe aux banquets ; il se montre en tout affable, aimable et gai ; il fait tout ce que lui inspire son affection pour son épouse. Le Christ célébrait alors ses noces avec l’Église. C’est pourquoi il acceptait de prendre part à des repas ; il ne se refusait pas à ceux qui l’invitaient. Plein de bienveillance et d’amour, il se montrait humain, abordable, aimable. C’est qu’il voulait unir l’homme à Dieu, et faire de ses compagnons des membres de la famille divine.

LECTURES :

Livre d’Amos 9,11-15. 

Ainsi parle le Seigneur :
Ce jour-là, je relèverai la hutte de David, qui s’écroule ; je réparerai ses brèches, je relèverai ses ruines, je la rebâtirai telle qu’aux jours d’autrefois,
afin que ses habitants prennent possession du reste d’Édom et de toutes les nations sur lesquelles mon nom fut jadis invoqué, – oracle du Seigneur, qui fera tout cela.
Voici venir des jours – oracle du Seigneur – où se suivront de près laboureur et moissonneur, le fouleur de raisins et celui qui jette la semence. Les montagnes laisseront couler le vin nouveau, toutes les collines en seront ruisselantes.
Je ramènerai les captifs de mon peuple Israël ; ils rebâtiront les villes dévastées et les habiteront ; ils planteront des vignes et en boiront le vin ; ils cultiveront des jardins et en mangeront les fruits.
Je les planterai sur leur sol, et jamais plus ils ne seront arrachés du sol que je leur ai donné. Le Seigneur ton Dieu a parlé.

Psaume 85(84),9.11-12.13-14. 

R/ Ce que dit le Seigneur, c’est la paix pour son peuple. (Ps 84, 9b)

J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? 
Ce qu’il dit, c’est la paix 
pour son peuple et ses fidèles ; 
qu’ils ne reviennent jamais à leur folie !

Amour et vérité se rencontrent, 
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre 
et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits, 
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui, 
et ses pas traceront le chemin.