Le bienheureux Douaihy, un véritable patriarche marial

Le bienheureux Douaihy, un véritable patriarche marial

Le bienheureux patriarche Estephan Douaihy (1670-1704) fut le 57e patriarche de l’Église maronite, en fonction de 1670 jusqu’à sa mort. Sa cause de canonisation a été reprise au Vatican moins de deux ans après sa béatification.

Douaihy est né au Liban, treize jours avant la fête de l’Assomption ; il a été ordonné prêtre le jour de la fête de l’Annonciation, le 25 mars. Alors qu’il était étudiant au Collège maronite de Rome, il fut contraint de retourner au Liban en raison d’une grave déficience visuelle qui perturbait ses études. Il pria avec ferveur Marie, lui demandant d’intercéder pour lui rendre la vue afin qu’il puisse poursuivre sa vocation. En échange, il lui fit un vœu qu’il ne révéla jamais.

Le bienheureux Douaihy était un véritable patriarche marial, mais sa mariologie reste largement inexplorée. Dans une longue béatitude à Marie qu’il composa, il écrit :

« Heureux ton sein qui fut un refuge pour le Seigneur Tout-Puissant ; Heureuses tes mains qui ont enveloppé le Seigneur de la Grandeur ; Heureux ton giron qui a embrassé le Feu Divin ; Bénis soient tes genoux qui ont porté le Porteur du Ciel et de la Terre ; Bénis soient tes seins qui ont nourri le Sauveur de tous les vivants ; Bénie soit ta bouche qui a embrassé le Fils de Dieu ; Bénies soient tes oreilles qui ont entendu Ses paroles ; Béni soit ton nez qui a senti le Parfum Divin ; Bénis soient tes yeux qui ont vu Celui devant qui les Chérubins cachent leur visage. »

Le récit que fait Douaihy de la théologie du corps à travers Marie prend une profondeur supplémentaire dans sa soumission totale à la volonté de Dieu. Son obéissance, son abandon et sa disposition à coopérer pleinement au plan du salut l’ont élevée au-dessus de toute la création et ont fait d’elle une source de subsistance pour les âmes.

Il compare Marie aux quatre fleuves cités dans l’Ancien Testament (Gn 2, 10), qui ont fait prospérer la vie sur terre : « Tout comme Dieu a voulu qu’une source jaillisse du Paradis et se divise en quatre fleuves pour arroser toute la surface de la terre, Jésus-Christ a fait de sa mère un canal de miséricorde et une source de vie, afin que, par elle, Il déverse Sa bonté et Ses bénédictions sur toutes les âmes assoiffées. »

Dans ce discours, le corps humain est exalté à travers Marie, dans le corps de laquelle le corps du Fils de Dieu fait chair a été implanté. Selon Douaihy, la gloire du corps commence avec Marie, d’où le Christ s’est incarné, et atteint son accomplissement ultime dans le corps du Christ, qui nous est donné dans le sacrement de l’Eucharistie.

Dans la communion eucharistique, comme l’écrit Douaihy, l’humain ne fait plus qu’un avec le Christ à travers la chair qu’Il a prise de Marie, et le Christ, qui est un avec le Père et le Saint-Esprit, fait de l’unité de la personne humaine avec la Trinité une réalité.

Père Ghassan-Hanna Nakhoul, 30 avril 2026

Catholic Weekly (Adapté)

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

05.07.2026 – SAINT DU JOUR

Saint Antoine-Marie Zaccaria
Fondateur de la Congrégation des Barnabites 
(1502-1539)

Antonio Maria Zaccaria naît en 1502 à Crémone, en Italie, d’une famille d’opulents patriciens. Son père, enlevé par une mort soudaine alors qu’Antonio était encore au berceau, laissa sa mère veuve à l’âge de dix-huit ans. Elle se consacra tout entière à l’éducation de son fils. Chrétienne fervente, elle s’appliquait surtout à former le petit Antoine-Marie à la vertu. À son école, il apprit vite à soulager les pauvres avec une grande compassion. Cet enfant au bon cœur allait jusqu’à se priver volontairement de nourriture pour pouvoir nourrir et vêtir les indigents. Sa sincère charité lui attira d’abondantes bénédictions et des grâces de choix.

Le jeune Antoine-Marie Zaccaria étudia la philosophie à Pavie, puis à Padoue. Reçu docteur en médecine à l’âge de vingt-deux ans, il choisit sa ville natale pour exercer son art. Tout en soignant les corps, il cherchait à faire du bien aux âmes. Une inspiration intérieure le poussait à embrasser l’état ecclésiastique. Pour se préparer à l’apostolat des âmes, il se mit à étudier avec ardeur la théologie, les écrits des Pères de l’Église ; il reçut l’ordination sacerdotale le 20 février 1529. Pendant ses études, il ne perdit jamais de vue sa propre sanctification ni celle de son prochain. Il visitait les malades dans les hôpitaux, rassemblait les petits enfants abandonnés et leur enseignait le catéchisme.

Devenu prêtre, il œuvra à Crémone où sa parole simple et persuasive ramena beaucoup de chrétiens à la pratique de leurs devoirs. « Allons voir l’ange de Dieu ! » disaient ses compatriotes. Bien qu’il passât des heures au confessionnal, il ne suffisait pas à la tâche. C’est alors qu’Antoine-Marie songea à réunir autour de lui un certain nombre de prêtres zélés, qui tout en s’appliquant à se sanctifier eux-mêmes, travailleraient en plus à la sanctification de leurs frères en combattant l’ignorance, la paresse et la corruption du siècle. Ces prêtres menaient une vie pauvre et frugale, prêchant surtout par l’exemple. « C’est le propre des grands cœurs, leur disait, de vouloir servir sans récompense, combattre sans ravitaillement assuré. »

Le pape leur permit de constituer une nouvelle congrégation sous le nom de : « Clercs réguliers de St-Paul ». On leur confia l’église St-Barnabé à Milan, d’où leur vint le nom de: « Barnabites ». Le zélé fondateur institua encore des Conférences spirituelles pour les prêtres. Les personnes mariées eurent une Congrégation spéciale où elles s’exercèrent aux bonnes œuvres corporelles et spirituelles de Miséricorde. Il fonda en outre un ordre de religieuses, dites les « Angéliques de Saint-Paul » pour l’instruction des jeunes filles pauvres et l’entretien des linges des églises.

La dévotion à la Sainte Eucharistie fut son moyen de choix pour conquérir les cœurs à Dieu. En 1534, il commença à exposer publiquement le très Saint Sacrement durant quarante heures, en souvenir du temps que le corps du Sauveur demeura dans le tombeau. C’est à lui que l’on doit cette bienfaisante institution des Quarante-Heures. Devant ce renouveau chrétien, les médiocres traitèrent les fervents de fanatiques et de superstitieux.

Antoine-Marie Zaccaria fut critiqué, moqué, décrié, mais une grande paix et une grande sérénité ne cessaient d’envelopper son âme. En 1539, épuisé par une mission qu’il prêchait à Guastalla, sa santé fléchit soudainement. Le Saint se rendit à Crémone, chez sa mère; ses religieux vinrent l’y voir une dernière fois ; il leur annonça sa mort prochaine qu’il venait d’apprendre par révélation.

Après avoir reçu l’extrême-onction et le saint viatique, il s’endormit paisiblement dans le Seigneur, le 5 juillet 1539, à l’âge de trente-sept ans. On l’enterra à Milan où il fut vite honoré comme un saint. 

Antonio Maria Zaccaria a été inscrit dans le livre des saints, le 27 mai 1897, par le pape Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903).

Tiré de: Frères des Écoles Chrétiennes, Vies des Saints, Edition 1932, p. 233-234 (« Rév. x gpm »).

Saint Antoine-Marie Zaccaria priez pour nous !

05.07.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,25-30. 

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.

Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »


« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.


Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme.

Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)

prédicateur, fondateur de communautés religieuses

L’amour de la Sagesse éternelle ; 15.17.65.70 (in Lectures chrétiennes pour notre temps, fiche I84 ; trad. Orval ; © 1973 Abbaye d’Orval)

Dieu désire tant l’amitié des hommes !

« Ô profondeur et immensité de la Sagesse de Dieu ! » s’écrie saint Paul (Rm 11,33). Qui sera l’ange assez éclairé et l’homme assez téméraire pour entreprendre de nous expliquer comme il faut l’origine de la Sagesse ? (…) C’est l’idée substantielle et éternelle de la divine beauté qui fut montrée à saint Jean l’évangéliste, dans l’admirable ravissement qui lui arriva dans l’île de Patmos, lorsqu’il s’écria : « Au commencement était le Verbe » − ou le fils de Dieu, ou la Sagesse éternelle −, « et le Verbe était en Dieu et le Verbe était Dieu » (Jn 1,1). (…) Cette beauté éternelle et souverainement aimable a tant de désir de l’amitié des hommes, qu’elle a fait un livre exprès pour la gagner, en lui découvrant ses excellences et les désirs qu’elle a de lui. Ce livre est comme une lettre d’une amante à son amant, pour gagner son affection. Les désirs qu’elle y témoigne du cœur de l’homme sont si empressés, les recherches qu’elle y fait de son amitié sont si tendres, ses appels et ses vœux y sont si amoureux, qu’à l’entendre parler vous diriez qu’elle n’est pas la Souveraine du ciel et de la terre et qu’elle a besoin de l’homme pour être heureuse. (…) Combien de fois s’est-elle écriée, lorsqu’elle vivait sur la terre : Venez à moi, venez tous à moi ; c’est moi, ne craignez rien ; pourquoi craignez-vous ? Est-ce parce que vous êtes pécheurs ? Eh ! c’est eux que je cherche ; je suis l’amie des pécheurs. Est-ce parce que vous êtes égarés du bercail par sa faute ? Eh ! je suis le bon Pasteur. Est-ce parce que vous êtes chargés de péchés, couverts d’ordures, accablés de tristesse ? Eh ! c’est justement pourquoi vous devez venir à moi ; car je vous déchargerai, je vous consolerai.

LECTURES :

Livre de Zacharie 9,9-10. 

Ainsi parle le Seigneur : « Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient à toi : il est juste et victorieux, pauvre et monté sur un âne, un ânon, le petit d’une ânesse.
Ce roi fera disparaître d’Éphraïm les chars de guerre, et de Jérusalem les chevaux de combat ; il brisera l’arc de guerre, et il proclamera la paix aux nations. Sa domination s’étendra d’une mer à l’autre, et de l’Euphrate à l’autre bout du pays. »

Psaume 145(144),1-2.8-9.10-11.13cd-14. 

R/ Mon Dieu, mon Roi, je bénirai ton nom toujours et à jamais ! (Ps 144, 1)

Je t’exalterai, mon Dieu, mon Roi, 
je bénirai ton nom toujours et à jamais !
Chaque jour je te bénirai, 
je louerai ton nom toujours et à jamais.

Le Seigneur est tendresse et pitié, 
lent à la colère et plein d’amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous, 
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce 
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne, 
ils parleront de tes exploits.

Le Seigneur est vrai en tout ce qu’il dit,
fidèle en tout ce qu’il fait.
Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent, 
il redresse tous les accablés.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,9.11-13. 

Frères, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas.
Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.
Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais elle n’est pas envers la chair pour devoir vivre selon la chair.
Car si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si, par l’Esprit, vous tuez les agissements de l’homme pécheur, vous vivrez.