Saints Aquilas (ou Aquila) et Priscilla Époux exemplaires († Ier s.)
« Saluez Prisca et Aquilas, mes coopérateurs dans le Christ Jésus ; pour me sauver la vie ils ont risqué leur tête, et je ne suis pas seul à leur devoir de la gratitude : c’est le cas de toutes les Églises de la gentilité ; saluez aussi l’Église qui se réunit chez eux » (Rm 16, 3-5).
Quel extraordinaire éloge des deux conjoints dans ces paroles ! Et c’est l’apôtre Paul lui-même qui le fait. Il reconnaît explicitement en eux deux véritables et importants collaborateurs de son apostolat. La référence au fait d’avoir risqué la vie pour lui est probablement liée à des interventions en sa faveur au cours d’un de ses emprisonnements, peut-être à Éphèse même (cf. Ac 19, 23; 1 Co 15, 32; 2 Co 1, 8-9). À sa grande gratitude, Paul associe celle de toutes les églises des gentils. L’expression peut paraître quelque peu excessive ! Mais cela laisse entrevoir combien leur rayon d’action a été vaste, ainsi, en tous cas que leur influence en faveur de l’Évangile.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,1-7.
En ce temps-là, Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains.
« Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. »
Esprit d’Amour éternel, qui procèdes du Père et du Fils, nous te remercions pour toutes les vocations d’apôtres et de saints qui ont fécondé l’Église. Continue encore ton œuvre, nous t’en prions. Souviens-toi de ce moment où, à la Pentecôte, tu es descendu sur les apôtres réunis en prière avec Marie, la mère de Jésus, et regarde ton Église qui a aujourd’hui un besoin particulier de prêtres saints, de témoins fidèles et autorisés de ta grâce, qui a besoin d’hommes et de femmes consacrés qui rayonnent la joie de ceux qui vivent seulement pour le Père, de ceux qui font leurs la mission et l’offrande du Christ, de ceux qui construisent dans la charité le monde nouveau. Esprit Saint, Source éternelle de joie et de paix, c’est toi qui ouvres le cœur et l’esprit à l’appel divin ; c’est toi qui rends efficace tout élan vers le bien, vers la vérité, vers la charité. Tes gémissements inexprimables s’élèvent vers le Père du cœur de l’Église, qui souffre et lutte pour l’Évangile. Ouvre le cœur et l’esprit des jeunes gens et jeunes filles, pour qu’une nouvelle floraison de saintes vocations montre la fidélité de ton amour, et que tous puissent connaître le Christ, vraie lumière venue dans le monde pour offrir à chaque être humain l’espérance assurée de la vie éternelle. Amen.
LECTURES :
Livre d’Osée 10,1-3.7-8.12.
Israël était une vigne luxuriante, qui portait beaucoup de fruit. Mais plus ses fruits se multipliaient, plus Israël multipliait les autels ; plus sa terre devenait belle, plus il embellissait les stèles des faux dieux. Son cœur est partagé ; maintenant il va expier : le Seigneur renversera ses autels ; les stèles, il les détruira. Maintenant Israël va dire : « Nous sommes privés de roi, car nous n’avons pas craint le Seigneur. Et si nous avions un roi, que pourrait-il faire pour nous ? » Ils ont disparu, Samarie et son roi, comme de l’écume à la surface de l’eau. Les lieux sacrés seront détruits, ils sont le crime, le péché d’Israël ; épines et ronces recouvriront leurs autels. Alors on dira aux montagnes : « Cachez-nous ! » et aux collines : « Tombez sur nous ! » Faites des semailles de justice, récoltez une moisson de fidélité, défrichez vos terres en friche. Il est temps de chercher le Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne répandre sur vous une pluie de justice.
Psaume 105(104),2-3.4-5.6-7.
R/ Recherchez sans trêve la face du Seigneur. (Ps 104, 4b)
Chantez et jouez pour lui, redites sans fin ses merveilles. Glorifiez-vous de son nom très saint : joie pour les cœurs qui cherchent Dieu !
Cherchez le Seigneur et sa puissance, recherchez sans trêve sa face. souvenez-vous des merveilles qu’il a faites, de ses prodiges, des jugements qu’il prononça.
Vous, la race d’Abraham son serviteur, les fils de Jacob, qu’il a choisis. Le Seigneur, c’est lui notre Dieu : ses jugements font loi pour l’univers.
C’était en 1958, nous habitions un faubourg ouvrier où régnait la misère : les fins de quinzaine étaient dures. Or, dans cette soirée du 12 juillet, la tristesse survint dans mon foyer. J’avais couché mes deux fillettes : Jeannine, 28 mois dormait. Suzy, 17 mois malgré l’heure tardive, ne s’endormit pas. Elle était agitée… Soudain, ce fut le drame. Ma toute petite fut frappée de convulsions. Son petit corps entièrement disloqué devint méconnaissable, raidi. Que faire?…
Le docteur appelé, vit, aussitôt, la gravité du cas et passa toute la nuit avec nous, essayant, sans succès, toutes les ressources de la science. Je pensais à prier la Sainte Vierge, mais n’osais pas. Je l’avais tant blasphémée ! … car, je faisais partie d’une secte qui interdisait de l’honorer, défendait de faire le signe de la croix et d’entrer dans une église catholique. Pourtant, j’avais été un an dans une école paroissiale où j’avais appris quelques éléments de religion. Mais, peu éclairée, je me demandais où était la vérité. Je m’adressais à Dieu : « Toi qui a fait le ciel et la terre, je ne connais qu’une prière pour ceux qui vont mourir. C’est le « Je vous salue, Marie ». Ai-je tort de prier Celle que les Catholiques appellent la Vierge ? Prends pitié,Seigneur !… »
Et je commençais à dire, d’abord intérieurement, puis à mi-voix, sans arrêt, des « Je vous salue, Marie » ; ma désolation était extrême. Mon enfant déposée sur la table, rigide dans l’immobilité, me donnait l’impression d’être « clouée ». Alors, mon esprit se porta au crucifix et je pensais : « clouée comme Jésus sur la croix » J’étais dans un tel état d’angoisse que je ne pouvais articuler un son, sinon des « Ave » !
C’est alors, qu’en esprit, je suivis le chemin de la croix (qui m’avait frappée au catéchisme). Je voyais Jésus flagellé, frappé, tombant sur le chemin rocailleux. Ma pensée était si concentrée qu’il me semblait entendre une femme pleurer ; et je me disais : qui peut sangloter ainsi, sinon une mère qui voit mourir son enfant. Et, revivant en pensée la scène du Calvaire, je compris la douleur de Marie, crucifiée avec son Fils, mais acceptant de le donner pour le salut du monde. Moi, je n’aurais pas donné mon enfant pour sauver une seule vie. Je compris que Marie pleurait pour moi, pour ma petite, pour nous tous et qu’elle intercédait avec la force de ses larmes. Alors, j’oubliai ma propre souffrance pour dire à Jésus : « Seigneur, prends pitié de ta mère. »
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Saint Antonin Fantosati, évêque Saint Joseph-Marie Gambaro, prêtre Tous deux franciscains et martyrs en Chine
Martyrologe Romain : En Chine, près de la ville de Hengchow dans la province de Hunan, en 1900 (le 7 juillet), les saints martyrs Antonin Fantosati, évêque, et Joseph-Marie Gambaro, prêtre, tous deux franciscains. Dans la persécution de la secte de Yihetuan, alors qu’ils accostaient à la rive du fleuve pour venir en aide aux fidèles, ils furent massacrés à coups de pierres.
Antonino, au siècle Antonio Sante Agostino, Fantosati naît le 16 octobre 1842 à Santa Maria in Valle, au diocèse de Spolète (Ombrie – Italie).
Giuseppe Maria Gambaro naît à Galliate (Piémont, Italie) le 7 août 1869. Après une enfance pieuse, il entre le 23 octobre 1883 au couvent de Monte Mesma : là, il fait son noviciat et fait des études ecclésiastiques. Il a été ordonné prêtre à Novara le 12 mars 1892 et a été immédiatement nommé recteur du Collège séraphique de Cerano, puis d’Ornavasso, un poste qu’il a occupé jusqu’à son départ pour la Chine, qui a eu lieu après de nombreux refus, en décembre 1895.
Antonino Fantosati est missionnaire en Chine depuis plus de 30 ans et vicaire apostolique du Hunan méridional depuis 8 ans lorsque, le 4 juillet 1900, un jeune missionnaire franciscain de 27 ans, le Père Cesidio Giacomantino est tué par les Boxers à Heng-chow-fou. Lorsqu’il apprend ce qui s’est passé, Mgr Fantosati, alors en visite pastorale dans les montagnes, décide aussitôt de se rendre près de ses fidèles persécutés. À ceux qui essayent de le dissuader d’accomplir ce dangereux voyage, il répond : « Je ne le peux pas, mon devoir est de défendre mes enfants et surtout les orphelins ». Et il part accompagné du Père Joseph-Marie Gambaro qui n’a que 30 ans.
Ils arrivent devant Heng-chow-fou le 7 juillet. Dès que leur barque est reconnue, de nombreuses barques l’entourent et la poussent au rivage où les deux missionnaires sont accueillis par une grêle de pierres. Ils s’effondrent sans proférer une plainte, mais en répétant seulement : « Jésus, Marie ». Le P. Gambaro se traîne jusqu’aux pieds de son évêque, il l’embrasse et retombe mort. Mgr Fantosati agonise encore pendant deux heures. Un païen l’achève. De nombreux païens, qui avaient assisté au terrible martyre, répétaient : « Cet étranger était vraiment un homme juste ! »
Antonino Fantosati et Giuseppe Maria Gambaro ont été béatifiés le 24 novembre 1946 par le vénerable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958).
Le 1er octobre 2000, saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) canonisa un groupe de 120 martyrs en Chine parmi lesquels figuraient Antonino Fantosati, Giuseppe Maria Gambaro et les autres 26 martyrs chinois béatifiés avec eux en 1946.
Sources principales : martyretsaint.com ; santiebeati.it ; wikipédia.org (« Rév. x gpm »).
Sts Antonin Fantosati et Joseph-Marie Gambaro priez pour nous !
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,32-38.
En ce temps-là, voici qu’on présenta à Jésus un possédé qui était sourd-muet. Lorsque le démon eut été expulsé, le sourd-muet se mit à parler. Les foules furent dans l’admiration, et elles disaient : « Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël ! » Mais les pharisiens disaient : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger.
Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)
carmélite, docteur de l’Église
Lettre 135 À Céline, 15 août 1892 (Thérèse de Lisieux par elle-même, – Scrupules et humiliations; Éd. Grasset-DDB 1997 p. 17; Éd. du Cerf-DDB 1992)
« Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers »
Un jour que je pensais à ce que je pouvais faire pour sauver les âmes, une parole de l’Évangile m’a montré une vive lumière. Autrefois Jésus disait à ses disciples en leur montrant les champs de blés mûrs : « Levez les yeux et voyez comme les campagnes sont déjà assez blanches pour être moissonnées » (Jn 4,35), et un peu plus tard : « À la vérité la moisson est abondante mais le nombre des ouvriers est petit ; demandez donc au maître de la moisson qu’il envoie des ouvriers ». Quel mystère ! Jésus n’est-il pas tout-puissant ? Les créatures ne sont-elles pas à celui qui les a faites ? Pourquoi Jésus dit-il donc : « Demandez au maître de la moisson qu’il envoie des ouvriers » ? Pourquoi ? Ah ! c’est que Jésus a pour nous un amour si incompréhensible qu’il veut que nous ayons part avec lui au salut des âmes. Il ne veut rien faire sans nous. Le créateur de l’univers attend la prière d’une pauvre petite âme pour sauver les autres âmes rachetées comme elle au prix de tout son sang. Notre vocation à nous ce n’est pas d’aller moissonner dans les champs de blés mûrs. Jésus ne nous dit pas : « Baissez les yeux, regardez les campagnes et allez les moissonner ». Notre mission [comme Carmélites] est encore plus sublime. Voici les paroles de notre Jésus : « Levez les yeux et voyez. Voyez comme dans mon Ciel il y a des places vides, c’est à vous de les remplir ; vous êtes mes Moïse priant sur la montagne (Ex 17,8s). Demandez-moi des ouvriers et j’en enverrai, je n’attends qu’une prière, un soupir de votre cœur ! »
LECTURES :
Livre d’Osée 8,4-7.11-13.
Ainsi parle le Seigneur : Les fils d’Israël ont établi des rois sans me consulter, ils ont nommé des princes sans mon accord ; avec leur argent et leur or, ils se sont fabriqué des idoles. Ils seront anéantis. Je le rejette, ton veau, Samarie ! Ma colère s’est enflammée contre tes enfants. Refuseront-ils toujours de retrouver l’innocence ? Ce veau est l’œuvre d’Israël, un artisan l’a fabriqué, ce n’est pas un dieu ; ce veau de Samarie sera mis en pièces. Ils ont semé le vent, ils récolteront la tempête. L’épi ne donnera pas de grain ; s’il y avait du grain, il ne donnerait pas de farine ; et, s’il en donnait, elle serait dévorée par les étrangers. Éphraïm a multiplié les autels pour expier le péché ; et ces autels ne lui servent qu’à pécher. J’ai beau lui mettre par écrit tous les articles de ma loi, il n’y voit qu’une loi étrangère. Ils offrent des sacrifices pour me plaire et ils en mangent la viande, mais le Seigneur n’y prend pas de plaisir. Au contraire, il y trouve le rappel de toutes leurs fautes, il fait le compte de leurs péchés. Qu’ils retournent donc en Égypte !
Psaume 115(113B),3-4.5-6.7ab.8.9-10.
R/ Peuple de Dieu, mets ta foi dans le Seigneur. (Ps 113b, 9)
Notre Dieu, il est au ciel ; tout ce qu’il veut, il le fait. Leurs idoles : or et argent, ouvrages de mains humaines.
Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas, des narines et ne sentent pas.
Leurs mains ne peuvent toucher, leurs pieds ne peuvent marcher. Qu’ils deviennent comme elles, tous ceux qui les font, ceux qui mettent leur foi en elles.
Israël, mets ta foi dans le Seigneur : le secours, le bouclier, c’est lui ! Famille d’Aaron, mets ta foi dans le Seigneur : le secours, le bouclier, c’est lui !