NIGER – « Une génération entière grandit entourée de mort et de destruction » en raison de la violence djihadiste

NIGER – « Une génération entière grandit entourée de mort et de destruction » en raison de la violence djihadiste

Niamey (Agence Fides) –  » Dans la région de Tillabéri au Niger, une génération entière grandit entourée de mort et de destruction « , dénonce Matt Wells, Directeur Adjoint d’Amnesty International pour les interventions d’urgence. Tillabéri est une région de 100 000 kilomètres carrés située dans l’ouest du Niger, à la frontière du Mali et du Burkina Faso. « Les groupes armés ont attaqué à plusieurs reprises les écoles et les réserves alimentaires, et ciblent les enfants pour les recruter », explique le responsable de l’ONG, qui accuse deux organisations djihadistes : l’État islamique du Grand Sahara (Isgs) et le groupe Jama at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (Jnim), affilié à Al-Qaïda.


 » La zone des « trois frontières » (Niger, Burkina Faso et Mali) est parmi les plus dangereuses du Sahel « , confirme depuis Niamey à l’Agence Fides le père Mauro Armanino, missionnaire de la Société des missions africaines (SMA). Le père Armanino cite un vieil habitant de la région de Dolbel qui dit que « l’on vit dans la peur. Les gens écoutent le bruit éventuel des motos que seuls les djihadistes conduisent à volonté ».

« Il y a quelques jours, selon son récit, poursuit le père Armanino, une centaine de motos ont traversé les villages proches de Dolbel et de Fantio, semant la terreur et forçant les agriculteurs et les éleveurs à leur payer les taxes « dues ». Les gens ne dorment pas la nuit et pendant la journée, ils vont aux champs pas trop tôt et reviennent avant la tombée de la nuit, pour ne pas être surpris par les « bandits » ».

« Les chrétiens ne sont pas les seuls à être leurs cibles privilégiées, même si les communautés chrétiennes de la région ont suspendu toutes les prières et les réunions publiques », précise le missionnaire.


Le père Armanino confirme que le climat de terreur a un impact dévastateur sur la vie de la population locale, notamment des jeunes. « Les gens prient en famille pour que la nuit passe vite et qu’il n’y ait pas d’incursions inattendues. Les jeunes étudiants n’ont pas envie de rester dans les villages. Les garçons et les enfants peuvent être enrôlés dans les combats et les filles forcées à se marier avant l’heure ». 


Selon la base de données sur les conflits armés (ACLED), citée dans le rapport d’Amnesty, les violences contre les civils au Niger ont fait 544 morts entre le 1er janvier et le 29 juillet 2021, contre 397 en 2020. Quelque 60 enfants ont été tués du côté nigérian des trois zones frontalières, ajoute Amnesty, qui cite plusieurs témoignages d’adolescents survivants.

Source: Agence Fides, le 14 septembre 2021

Les attaques djihadistes se poursuivent au Sahel : l’inquiétude des Évêques du Niger et du Burkina Faso

Les attaques de groupes djihadistes se multiplient dans les pays du Sahel, en particulier dans la zone dite des trois frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso (voir Fides 20/8/2021).

Dans ce dernier pays, au moins 47 personnes, dont 30 civils, sont mortes le 18 août dans une attaque contre un convoi sur la route Arabinda-Gorgadji, dans le nord.


Un « acte atroce que nous condamnons fermement », a déclaré la Conférence épiscopale du Burkina-Niger (CEBN) dans un communiqué le 23 août. « En cette douloureuse circonstance, nous présentons nos sincères condoléances aux familles endeuillées et à tout le peuple burkinabé, affligé par cette tragédie. Nous souhaitons un prompt rétablissement aux blessés », écrivent les évêques, qui invitent « les fils et filles de l’Église de la Famille de Dieu au Burkina Faso à intensifier leurs prières pour la paix dans le pays ».


Au Niger, dans la nuit du 24 au 25 août à Baroua dans la région de Diffa, « une position de l’armée nigérienne a été attaquée par une centaine d’éléments de Boko Haram venus du lac Tchad », indique un communiqué de l’armée à Niamey. Le 20 août, 19 civils ont été tués dans une attaque menée par des djihadistes présumés contre un village de la région de Tillabe’ri, dans l’ouest du Niger. Les djihadistes ont attaqué des fidèles qui terminaient la prière du vendredi dans la mosquée locale.


Le Niger doit faire face à deux groupes, affiliés à Al Quida ou à l’État islamique, qui opèrent dans l’ouest du pays, et au groupe nigérian Boko Haram et à son aile dissidente, devenue l’État islamique en Afrique de l’Ouest, qui opèrent dans la région du lac Tchad.


Entre-temps, les circonstances de l’embuscade qui a eu lieu au Mali le 19 août sont plus précises (voir Fides 19/8/2021). Une quarantaine de soldats d’une unité d’élite, formée par les militaires américains et espagnols, ont péri dans une série d’embuscades successives dans la région de Mopti, dans le centre du pays. Les terroristes ont également capturé un nombre indéterminé de soldats et de nombreux véhicules militaires et armes.

Source: Agence Fides, le 26 août 2021

NIGER – Poursuite du calvaire des chrétiens de la mission du missionnaire italien récemment libéré selon l’un de ses confrères

AFRIQUE/NIGER - Missionnaire italien encore entre les mains de ses  ravisseurs à 16 mois de son enlèvement - Agenzia Fides
SMA – Père Pierluigi Maccalli

NIGER – Poursuite du calvaire des chrétiens de la mission du missionnaire italien récemment libéré selon l’un de ses confrères

Niamey (Agence Fides) – « La fête pour la libération du Père Pierluigi Maccalli, après deux ans de captivité dans le désert en octobre dernier a été de courte durée » écrit à l’Agence Fides le Père Mauro Armanino, confrère du Père Maccalli, le missionnaire italien de la Société des Missions africaines (SMA) enlevé dans sa mission de Bomoanga, à la frontière entre le Niger et le Burkina Faso, dans la nuit du 17 au 18 septembre 2018 par des miliciens djihadistes et relâché le 8 octobre dernier (voir Fides 09/10/2020).


« La semaine dernière, selon des témoignages recueillis par des témoins sur place, au moins 5 personnes armées sur deux motocyclettes ont occupé pendant quelque temps la cour de la mission où résidait le Père Maccalli et son confrère, Les occupants, après une prédication dans la mosquée du village proche de Bomoanga, sont arrivés le soir et ont tenté en vain d’ouvrir la porte de la chambre du Père Maccalli. Ils ont emporté des choses de peu de valeur : un matelas et quelques couvertures présents dans une chambre d’hôte située non loin de là » raconte le Père Armanino.


« Ce fait, après un moment de calme relatif, a reporté la population et en particulier les chrétiens à leur antique peur » dénonce le missionnaire. « L’impunité qui semble entourer les actes de ces personnes armées et l’apparente inefficacité des forces de sécurité ont contribué à faire replonger dans la crainte la vie quotidienne des chrétiens ». Le Père Armanino affirme en outre que, « depuis longtemps, les hommes du village de Bomoanga et probablement d’autres centres se trouvant dans des situations analogues, ne dorment pas la nuit au village. Ils se cachent dans les bois environnants pour retourner chez eux le matin, retrouvant leurs épouses, leurs enfants et le reste de leurs familles. La conséquence immédiate du fait est que, les prières à l’église, qui avaient timidement repris, ont de nouveau été suspendues ».


« Au fond, il s’agit de peu de choses si on le compare au drame qui a frappé les paysans à la frontière avec le Mali voici quelques jours : plus de 100 personnes, toutes de religion musulmane, ont été tuées et plus de 10.000 autres ont évacué leurs maisons et leurs champs, terrorisées (voir Fides 11/01/2021) » déclare le missionnaire. « Rien à voir avec le petit geste de violence de Bomoanga. Cependant cet acharnement étonne notamment parce qu’il s’agit de la Paroisse mère de la zone, située autour de la nouvelle église construite avec tant de patience par le Père Maccalli » remarque le Père Armanino qui souligne combien « frapper Bomoanga signifie blesser le cœur et la dignité des chrétiens, très nombreux, dans la zone ». « Le nom de ce qui continue à se passer pourrait être résumé en deux mots : le premier, le plus fort est celui de persécution, c’est-à-dire l’interdiction directe d’exercice de la liberté de culte et du droit à l’instruction des enfants au travers de la fermeture forcée des écoles ; le second, peut-être pire encore, est abandon, les autorités étant absentes et ne permettant pas à ces droits d’être respectées. Le calvaire de la Paroisse de Bomoanga ne s’est pas achevé avec la libération du Père Maccalli » conclut le missionnaire. (L.M.)

Source: Agence Fides, le 12 janvier 2021