Mgr Gallagher: la paix ne peut être atteinte que par le dialogue à tout prix

Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États. Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États. (ANSA)

Mgr Gallagher: la paix ne peut être atteinte que par le dialogue à tout prix

S’adressant à l’Union des supérieurs généraux (USG), réunie à Rome en assemblée, le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États a insisté, mercredi 23 novembre, sur le fait que «le dialogue à tout prix» et le rejet de la guerre sont les seuls moyens d’atteindre «une paix durable».

La guerre peut être évitée en favorisant le progrès social pour les nouvelles générations, a soutenu Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, mercredi 23 novembre à l’ouverture de la 98ème assemblée de l’Union des supérieurs généraux. Celle-ci se déroule à la Fraterna Domus de Sacrofano, près de Rome, jusqu’au vendredi 25 novembre.

Une assemblée sous le signe de Fratelli tutti

L’assemblée de trois jours porte sur le thème suivant: «Fratelli tutti: appelés à être des artisans de paix», extrait du paragraphe 225 de l’encyclique sur la fraternité et l’amitié sociale dans laquelle le Pape François affirme qu’«en bien des endroits dans le monde, des parcours de paix qui conduisent à la cicatrisation des blessures sont nécessaires»; et où le Saint-Père soutient encore qu’«il faut des artisans de paix disposés à élaborer, avec intelligence et audace, des processus pour guérir et pour se retrouver».

Les supérieurs généraux se concentrent aussi sur le rôle de l’Église dans la promotion de la paix dans le monde, et en particulier sur l’engagement commun de l’USG et de l’UISG (Union internationale des supérieures générales) en faveur de la paix, de la justice et de l’intégrité de la Création, notamment à travers des programmes de formation pour les personnes consacrées.

Assurer la paix implique le rejet total de la guerre

Dans un discours inaugural de douze pages, Mgr Gallagher a insisté sur le fait que l’Église ne peut qu’être engagée en faveur de la paix. Il a noté que l’accent mis par le Pape saint Paul VI sur le dialogue comme seul moyen d’atteindre la paix est encore exprimé sans cesse aujourd’hui par le Pape François, lorsqu’il qualifie la situation géopolitique mondiale actuelle, dont la guerre en cours en Ukraine, de «troisième guerre mondiale». 

La paix n’est pas la simple absence de conflits

Selon le secrétaire pour les relations avec les États, «garantir la paix implique avant tout le rejet total de la guerre et la recherche du dialogue à tout prix, contribuant à créer un climat de confiance croissante qui garantit le chemin vers l’avenir». De même, «il est nécessaire d’assurer les fondements de la paix», qui, a-t-il remarqué, «n’est pas seulement l’absence de conflits mais la résolution pacifique des différends entre les nations, en vue de sauvegarder les droits humains, y compris le droit à la liberté de conscience et de religion».

La cité céleste éclaire celle des hommes

Le diplomate britannique a étayé son propos par plusieurs références philosophiques. «Platon disait que pour construire la cité harmonieuse, il faut des architectes qui ont fixé leur regard sur le divin exemplaire. Ainsi, ceux qui se placent dans une attitude contemplative vis-à-vis de la cité de Dieu se sentiront émus et éclairés dans la construction de la cité de l’homme. En effet, la cité céleste n’est pas sans rapport avec les cités que l’homme construit, et avec l’esprit d’amour avec lequel il doit les construire et est appelé à les construire», a relevé Mgr Gallagher, évoquant ensuite la paix terrestre selon saint Augustin. 

La paix comme ordo amoris

Dans le livre XIX de La Cité de Dieu, qualifié de «bréviaire d’une saine conception laïque de la politique»,se trouve l’anneau dans lequel est serti le joyau de la paix suprême, celle qui est dans le cœur de Dieu. Pour saint Augustin, la paix, tranquillité de l’ordre, répond à un ordo amoris qui va de l’amour de soi, jusque dans son intégrité physique, à l’amour universel. Dans notre langue, elle implique l’unité de tous les peuples, la reconnaissance volontaire de l’interdépendance économique et culturelle croissante de tous les peuples, a ainsi rappelé le secrétaire d’État du Saint-Siège. 

L’assemblée de l’USG se concluera samedi 26 novembre par une rencontre au Vatican avec le Pape François.

Première réunion de l’USG en 1952

L’Union des supérieurs généraux est une organisation internationale réunissant les supérieurs généraux d’Instituts religieux ou de Sociétés de vie apostolique de droit pontifical.

Depuis 1952, date à laquelle a eu lieu la première réunion, ce forum international permet aux supérieurs généraux de partager leurs expériences, d’échanger des informations et de s’accompagner les uns les autres dans le déploiement de leur service.

Le but de l’USG est ainsi défini dans ses statuts: «Promouvoir la vie et la mission de chaque institut au service de l’Église dans une collaboration plus efficace entre eux et un contact plus fructueux avec le Saint-Siège et la hiérarchie».

Source: VATICANNEWS, le 24 novembre 2022