« Tu es le médecin, tu peux me libérer »: messe des Cendres (traduction complète)

Messe des Cendres © Vatican Media
Messe Des Cendres © Vatican Media

« Tu es le médecin, tu peux me libérer »: messe des Cendres (traduction complète)

Le carême, « descente humble au-dedans de nous-mêmes et vers les autres »

« Tu es le médecin, tu peux me libérer. Guéris mon cœur »: le pape François invite à revenir vers Dieu, vers le Père, vers Jésus, vers l’Esprit Saint, pendant le carême qui s’est ouvert, ce mercredi 17 février 2021, par la messe « des Cendres », en la basilique Saint-Pierre, à l’autel de la Chaire de Pierre.

Le pape a reçu lui-même, en premier, les cendres imposées sur sa tête par l’archiprêtre de la basilique Saint-Pierre, le cardinal italien Angelo Comastri, avant d’imposer les cendres aux cardinaux présents.

Le pape a souligné que ce mouvement de retour du chrétien vers Dieu pendant le carême a été précédé par le don de Dieu: « Frères et sœurs, notre voyage de retour à Dieu est possible seulement parce que son voyage aller vers nous a eu lieu. Autrement il n’aurait pas été possible. Avant que nous n’allions à lui, lui est descendu vers nous. »

Le pape a indiqué un chemin en « descente » et d’humilité, à la suite du Christ, signifiée par le rite de l’imposition des cendres : « Le carême est une descente humble au-dedans de nous-mêmes et vers les autres. C’est comprendre que le salut n’est pas une escalade pour la gloire, mais un abaissement par amour. C’est nous faire petits.  »

Voici la traduction officielle de l’homélie prononcée par le pape François en italien.

Homélie du pape François

Nous commençons le cheminement du Carême. Il s’ouvre par les paroles du prophète Joël, qui indiquent la direction à suivre. C’est une invitation qui naît du cœur de Dieu qui, avec les bras grands ouverts et les yeux pleins de nostalgie nous supplie : « Revenez à moi de tout votre cœur » (Jl 2, 12). Revenez à moi. Le Carême est un voyage de retour à Dieu. Que de fois, affairés ou indifférents, lui avons-nous dit : « Seigneur, je viendrai vers toi après, attends… Aujourd’hui je ne peux pas, mais demain je commencerai à prier et à faire quelque chose pour les autres ». Et ainsi un jour après l’autre. Maintenant Dieu fait appel à notre cœur. Dans la vie nous aurons toujours des choses à faire et nous aurons des excuses à présenter, mais, frères et sœurs, aujourd’hui c’est le temps de revenir à Dieu.

Revenez à moi, dit-il, de tout votre cœur. Le Carême est un voyage qui implique toute notre vie, tout notre être. C’est le temps pour vérifier les chemins que nous sommes en train de parcourir, pour retrouver la voie qui nous ramène à la maison, pour redécouvrir le lien fondamental avec Dieu, de qui dépend toute chose. Le Carême n’est pas une collecte de bonnes actions, c’est discerner vers où est orienté notre cœur. Cela est le centre du Carême : vers où est orienté mon cœur ? Essayons de nous demander : où me mène le navigateur de ma vie, vers Dieu ou vers mon moi ? Est-ce que je vis pour plaire au Seigneur, ou pour être remarqué, loué, préféré, à la première place et ainsi de suite ? Ai-je un cœur “qui danse”, qui fait un pas en avant et un pas en arrière, qui aime un peu le Seigneur et un peu le monde, ou bien un cœur ferme en Dieu? Suis-je bien avec mes hypocrisies, ou est-ce que je lutte pour libérer mon cœur des duplicités et des faussetés qui l’enchaînent?

Le voyage du Carême est un exode, un exode de l’esclavage à la liberté. Ce sont quarante jours qui rappellent les quarante années durant lesquelles le peuple de Dieu a voyagé dans le désert pour retourner à sa terre d’origine. Mais comme il a été difficile de quitter l’Egypte ! Il a été plus difficile de quitter l’Egypte de cœur du peuple de Dieu, cette Egypte qu’ils portaient toujours en eux, que de quitter la terre d’Egypte … Il est très difficile de laisser l’Egypte. Durant la marche, il y avait toujours la tentation de regretter les oignons, de revenir en arrière, de se lier aux souvenirs du passé, à quelque idole. Pour nous aussi, il en est ainsi : le voyage de retour à Dieu est entravé par nos attachements malsains, il est retenu par les liens séduisants des vices, par les fausses sécurités de l’argent et du paraître, par la lamentation d’être victime, qui paralyse. Pour marcher, il faut démasquer ces illusions.

Mais demandons-nous : comment alors procéder dans le cheminement vers Dieu ? Les voyages de retour, que nous raconte la Parole de Dieu, nous viennent en aide.

Regardons le fils prodigue et comprenons qu’il est temps pour nous aussi de revenir vers le Père. Comme ce fils, nous avons, nous aussi oublié le parfum de la maison, nous avons dilapidé des biens précieux pour des choses de moindre valeur et nous sommes restés les mains vides et le cœur mécontent. Nous sommes tombés : nous sommes des enfants qui tombent continuellement, nous sommes comme des petits enfants qui essayent de marcher mais tombent par terre, et qui ont besoin d’être relevés à chaque fois par le papa. C’est le pardon du Père qui nous remet toujours debout : le pardon de Dieu, la Confession, est le premier pas de notre voyage de retour. J’ai dit la Confession, je recommande aux confesseurs : soyez comme le père, non avec le fouet, avec l’accolade.

Nous avons ensuite besoin de revenir vers Jésus, de faire comme ce lépreux purifié qui revint pour le remercier. Ils étaient dix à avoir été guéris, mais lui seul a été aussi sauvé, parce qu’il est revenu vers Jésus (cf. Lc 17, 12-19). Tous, tous nous avons des maladies spirituelles, nous ne pouvons pas les guérir tout seuls ; nous avons tous des vices enracinés, nous ne pouvons pas les éradiquer tout seuls ; nous avons tous des peurs qui nous paralysent, nous ne pouvons les vaincre tout seuls. Nous avons besoin d’imiter ce lépreux qui revint vers Jésus et se jeta à ses pieds. Nous avons besoin de la guérison de Jésus, il nous faut mettre devant lui nos blessures et lui dire : “Jésus, je suis ici devant toi, avec mon péché, avec mes misères. Tu es le médecin, tu peux me libérer. Guéris mon cœur”.

Encore : la Parole de Dieu nous demande de revenir au Père, nous demande de revenir à Jésus, et nous sommes appelés à revenir à l’Esprit Saint. La cendre sur la tête nous rappelle que nous sommes poussière et que nous retournerons en poussière. Mais sur notre poussière, Dieu a soufflé son Esprit de vie.Alors nous ne pouvons pas vivre en poursuivant la poussière, en suivant des choses qui aujourd’hui existent et qui demain disparaitront. Revenons à l’Esprit, dispensateur de vie, revenons au Feu qui fait renaître nos cendres, à ce Feu qui nous enseigne à aimer. Nous serons toujours poussière mais, comme dit une hymne liturgique, poussière amoureuse. Retournons prier l’Esprit Saint, redécouvrons le feu de la louange, qui brûle les cendres de la lamentation et de la résignation.

Frères et sœurs, notre voyage de retour à Dieu est possible seulement parce que son voyage aller vers nous a eu lieu. Autrement il n’aurait pas été possible. Avant que nous n’allions à lui, lui est descendu vers nous. Il nous a précédés, il est venu à notre rencontre. Pour nous, il est descendu plus bas que ce que nous pouvions imaginer : il s’est fait péché, il s’est fait mort. C’est ce que nous a rappelé Saint Paul : « Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché » (2 Co 5, 21). Afin de ne pas nous laisser seuls et pour nous accompagner dans notre marche, il est descendu dans notre péché et dans notre mort, il a touché le péché, il a touché notre mort. Alors notre voyage consiste à nous laisser prendre par la main. Le Père qui nous appelle à revenir est Celui qui sort de la maison pour venir nous rechercher ; le Seigneur qui nous guérit est Celui qui s’est laissé blesser en croix ; l’Esprit qui nous fait changer de vie est Celui qui souffle avec force et douceur sur notre poussière.

Voici alors la supplication de l’Apôtre : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu » (v. 20). Laissez-vous réconcilier : le chemin ne se fonde pas sur nos forces ; personne ne peut se réconcilier avec Dieu par ses propres forces, il ne peut pas. La conversion du cœur, avec les gestes et les pratiques qui l’expriment, n’est possible que si elle part de la primauté de l’action de Dieu. Ce ne sont pas nos capacités et nos mérites à exhiber qui nous font revenir à lui, mais sa grâce à accueillir. La grâce nous sauve, le salut est pure grâce, pure gratuité. Jésus nous l’a dit clairement dans l’Evangile : ce n’est pas la justice que nous pratiquons devant les hommes qui nous rend justes, mais la relation sincère avec le Père. Le début du retour à Dieu c’est de reconnaître que nous avons besoin de lui, que nous avons besoin de miséricorde, besoin de sa grâce. C’est la voie juste, la voie de l’humilité. Est-ce que je sens que j’ai besoin ou est-ce que je me sens autosuffisant ?

Aujourd’hui nous baissons la tête pour recevoir les cendres. A la fin du Carême, nous nous abaisserons encore plus pour laver les pieds de nos frères. Le Carême est une descente humble au-dedans de nous-mêmes et vers les autres. C’est comprendre que le salut n’est pas une escalade pour la gloire, mais un abaissement par amour. C’est nous faire petits. Sur ce chemin, pour ne pas perdre la route, mettons-nous devant la croix de Jésus : c’est la cathèdre silencieuse de Dieu.  Regardons chaque jour ses plaies, les plaies qu’il a portées au Ciel et qu’il fait voir au Père, tous les jours, dans sa prière d’intercession. Regardons chaque jour ses plaies. Dans ces ouvertures, reconnaissons notre vide, nos manques, les blessures du péché, les coups qui nous ont fait mal. Et pourtant, justement là, nous voyons que Dieu ne pointe pas le doigt contre nous, mais qu’il nous ouvre tout grand les mains. Ses plaies sont ouvertes pour nous et par ces plaies nous avons été guéris (cf. 1 P 2, 25 ; Is 53, 5). Embrassons-les et nous comprendrons que c’est justement là, dans les vides de la vie les plus douloureux, que Dieu nous attend avec sa miséricorde infinie. Parce que là, là où nous sommes plus vulnérables, là où nous avons le plus honte, il est venu à notre rencontre. Et maintenant qu’il est venu à notre rencontre, il nous invite à revenir à lui, pour retrouver la joie d’être aimés.

Source: ZENIT.ORG, le 17 février 2021

Dans l’épreuve, la joie du carême

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Dans l’épreuve, la joie du carême

Par Fr. Jean-Thomas de Beauregard, op 

Le carême débute cette année dans une époque déjà semée de privations. Pourquoi ne pas progresser dans la joie en trouvant dans l’épreuve un lieu où Dieu se donne ?

Le Mercredi des Cendres est là, et la voix de Dieu retentit : « Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! » Et une petite voix se fait entendre en nos cœurs : « Et allez, comme si on n’avait pas déjà eu notre dose ces temps-ci ! » Si le carême est d’abord affaire de privations, Dieu a trouvé depuis un an deux alliés précieux : la Covid, et le gouvernement. Dans un grand élan général de pénitence, nous sommes privés de restaurant, de cinéma, de musées, de concerts, de liberté d’aller et de venir, de visites à nos familles… Si l’Église osait réclamer de telles privations à ses fidèles pour le temps du carême, en les assortissant du même arsenal répressif, le Vatican serait pris d’assaut et le pape pendu haut et court avec tous ses cardinaux !

Quelle perfection voulons-nous ?

Faut-il donc, pour nous autres chrétiens, en ce temps de carême qui commence, ajouter à ces privations subies des privations choisies ? En la matière, le maximalisme ascétique serait sans doute de mauvais conseil. Il est vrai que la tentation d’abolir toute notion d’effort dans ce qui deviendrait un « christianisme sans peine » guette sans doute notre génération en temps normal. La crainte de tomber dans un activisme pélagien ou un dolorisme à saveur janséniste pousse les prédicateurs à éviter soigneusement l’ombre de la Croix, et on tombe parfois dans l’écueil contraire d’une foi insipide et apathique faute d’un investissement réel de toute la personne, corps et âme.

Le vide que je crée dans ma vie en retranchant telle activité superflue ou tel comportement mauvais est-il rempli par une plus grande attention à Dieu ?

Mais les circonstances étant assez pénibles par elles-mêmes, peut-être vaut-il mieux opérer un discernement plus fin. Les privations et les efforts sont de l’ordre des moyens, ordonnés à la fin qui est de renouveler et d’approfondir notre amitié avec le Seigneur. Il ne s’agit donc pas de mépriser les moyens, mais d’interroger leur rapport à la fin poursuivie. Tel effort, telle privation, sont-ils vraiment un moyen pour me rapprocher de Dieu, ou ne sont-ils qu’une mesure d’hygiène morale visant en réalité ma propre perfection ? Le vide que je crée dans ma vie en retranchant telle activité superflue ou tel comportement mauvais est-il rempli par une plus grande attention à Dieu ?

Source: ALETEIA, le 16 février 2021

17.02.2021 – EVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

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COMMENTAIRE :

Saint Léon le Grand (?-v. 461)

pape et docteur de l’Église – Quatrième sermon pour le Carême, 1-2 SC 49( Sermons, t. 2; trad. R. Dolle; É du Cerf 1957, p. 43-45 rev.)

« C’est maintenant le jour favorable, c’est maintenant le jour du salut » (2Co 6, 2)

      « Voici maintenant le jour du salut ! » Sans doute, il n’est pas de saison qui ne soit pleine des dons divins, et la grâce de Dieu nous ménage en tout temps l’accès à sa miséricorde ; c’est maintenant cependant que tous les cœurs doivent être stimulés avec plus d’ardeur à leur avancement spirituel et animés d’une plus large confiance, alors que le jour où nous avons été rachetés nous invite par son retour à toutes les œuvres de la piété. Ainsi célébrerons-nous, le corps et l’âme purifiés, le mystère qui l’emporte sur tous les autres : le sacrement de la Pâque du Seigneur. De tels mystères exigeraient un effort spirituel sans défaillance (…), en sorte que nous demeurions toujours sous le regard de Dieu, tels que devrait nous trouver la fête de Pâques. Mais cette force spirituelle n’est le fait que d’un petit nombre d’hommes ; pour nous au milieu des activités de cette vie, par la faiblesse de la chair, le zèle se détend. (…) Pour rendre la pureté à nos âmes, le Seigneur a donc prévu le remède d’un entraînement de quarante jours, au cours desquels les fautes des autres temps puissent être rachetées par les bonnes œuvres et consumées par les saints jeûnes. (…) Prenons donc soin d’obéir au commandement de l’apôtre Paul : « Purifiez-vous de toute souillure de la chair et de l’esprit » (2Co 7,1). (…) Mais que notre manière de vivre soit en accord avec notre abstinence. Le tout du jeûne n’est pas dans la seule abstention de nourriture ; il n’y a aucun profit à soustraire les aliments au corps si le cœur ne se détourne pas de l’injustice, si la langue ne s’abstient pas de la calomnie. (…) Ce temps, c’est celui de la douceur, de la patience, de la paix (…). Qu’aujourd’hui l’âme forte s’habitue à pardonner les injustices, à compter pour rien les affronts, à oublier les injures. (…) Que la retenue des âmes religieuses ne soit pas triste, mais sainte ; qu’on n’entende pas parmi elles le murmure des plaintes, elles à qui ne manquent jamais les consolations des joies saintes.

LECTURES :

Livre de Joël 2,12-18.

Maintenant – oracle du Seigneur – revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil !
Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment.
Qui sait ? Il pourrait revenir, il pourrait renoncer au châtiment, et laisser derrière lui sa bénédiction : alors, vous pourrez présenter offrandes et libations au Seigneur votre Dieu.
Sonnez du cor dans Sion : prescrivez un jeûne sacré, annoncez une fête solennelle,
réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ! Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre !
Entre le portail et l’autel, les prêtres, serviteurs du Seigneur, iront pleurer et diront : « Pitié, Seigneur, pour ton peuple, n’expose pas ceux qui t’appartiennent à l’insulte et aux moqueries des païens ! Faudra-t-il qu’on dise : “Où donc est leur Dieu ?” »
Et le Seigneur s’est ému en faveur de son pays, il a eu pitié de son peuple.

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Psaume 51(50),3-4.5-6ab.12-13.14.17.

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.

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Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 5,20-21.6,1-2.

Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu.
Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu.
En tant que coopérateurs de Dieu, nous vous exhortons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui.
Car il dit dans l’Écriture : ‘Au moment favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru.’ Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut.

Le Pape invite à un Carême d’espérance vive et de charité active

Le message du Pape pour le Carême 2021 a été dévoilé le 12 février 2021. Le message du Pape pour le Carême 2021 a été dévoilé le 12 février 2021.  

Le Pape invite à un Carême d’espérance vive et de charité active 

À quelques jours de l’entrée en Carême, mercredi des Cendres 17 février, le message du Pape François pour cette période de jeûne et de prière a été rendu public, vendredi 12 février. Intitulé «Voici que nous montons à Jérusalem… » (Mt 20, 18) Le Carême: un temps pour renouveler notre foi, notre espérance et notre charité», il expose la manière dont chaque fidèle doit renouveler ces trois vertus théologales suivant le modèle du Christ. 

Dans ce temps de conversion conduisant aux célébrations pascales, «nous renouvelons notre foi, nous puisons « l’eau vive » de l’espérance et nous recevons le cœur ouvert l’amour de Dieu qui fait de nous des frères et des sœurs dans le Christ», constate d’emblée le Souverain pontife, articulant sa méditation en trois points.  

«L’itinéraire du Carême, comme l’itinéraire chrétien, est déjà entièrement placé sous la lumière de la résurrection, qui inspire les sentiments, les attitudes ainsi que les choix de ceux qui veulent suivre le Christ», a-t-il ajouté, considérant le jeûne, la prière et l’aumône comme «conditions et expressions de notre conversion».

La foi appelle à devenir témoins

En effet, le chemin de la pauvreté et du manque (le jeûne), le regard et les gestes d’amour vers l’homme blessé (l’aumône), et le dialogue filial avec le Père (la prière), permettent, selon le Pape, «d’incarner une foi sincère, une vivante espérance et une charité active».

La foi, tout d’abord, nous appelle «à accueillir la Vérité et à en devenir des témoins», devant Dieu et les hommes.

Pendant ce temps du Carême, estime l’évêque de Rome, recevoir et vivre la Vérité manifestée dans le Christ c’est avant tout se laisser toucher par la Parole de Dieu et qui nous est transmise, de générations en générations, par l’Église. Et le Pape d’insister sur «cette Vérité», qui n’est pas «une construction de l’esprit qui serait réservée à quelques intelligences supérieures ou séparées». Elle est plutôt «un message que l’on reçoit et que l’on peut comprendre grâce à l’intelligence du cœur ouvert à la grandeur de Dieu.»

Jeûner libère du trop-plein

Le jeûne par exemple, vécu comme expérience du manque, conduit «dans la simplicité du cœur à redécouvrir le don de Dieu et à comprendre notre réalité de créatures à son image», relève le Successeur de Pierre. En faisant l’expérience d’une pauvreté consentie, ceux qui jeûnent deviennent donc «pauvres avec les pauvres» et ils «amassent» la richesse de l’amour reçu et partagé.

 Jeûner consiste par ailleurs «à libérer notre existence de tout ce qui l’encombre, même de ce trop-plein d’informations, vraies ou fausses, et de produits de consommation pour ouvrir la porte de notre cœur à celui qui vient jusqu’à nous, pauvre de tout mais « plein de grâce et de vérité» (Jn 1, 14): le Fils du Dieu Sauveur», a poursuivi le Primat d’Italie.

Pour une espérance vive

Le Saint-Père s’est ensuite arrêté sur l’espérance, comme «eau vive». «Espérer, avec le Christ et grâce à lui, c’est croire que l’Histoire n’est pas fermée sur nos erreurs, nos violences, nos injustices et sur le péché qui crucifie l’Amour», a relevé l’évêque de Rome inscrivant cette vertu dans «le contexte d’inquiétude» actuel. «Où tout apparaît fragile et incertain, parler d’espérance pourra sembler provocateur», assure le Pape, mais le temps du Carême est un temps «pour tourner de nouveau le regard vers la patience de Dieu qui continue de prendre soin de sa Création, alors même que nous l’avons souvent maltraitée (cf. Laudato si’, nn. 32, 33, 43, 44)». Ainsi en recevant le pardon, dans le sacrement qui est au cœur de notre démarche de conversion, nous devenons, à notre tour, des acteurs du pardon, a-t-il ajouté.  

L’espérance ne s’atteint que dans le recueillement et la prière silencieuse, a détaillé le Pape, car «elle nous est donnée comme une inspiration et une lumière intérieure qui éclaire les défis et les choix de notre mission». «Voilà pourquoi, il est déterminant de se retirer pour prier (cf. Mt 6, 6) et rejoindre, dans le secret, le Père de toute tendresse», en déduit le Souverain pontife à propos de ce «Carême d’espérance».  

La charité, ultime expression de foi et d’espérance

Enfin, la charité, «quand nous la vivons à la manière du Christ, dans l’attention et la compassion à l’égard de chacun», est «la plus haute expression de notre foi et de notre espérance», remarque le Saint-Père. Car «la charité se réjouit de voir grandir l’autre. C’est la raison pour laquelle elle souffre quand l’autre est en souffrance : seul, malade, sans abri, méprisé, dans le besoin… La charité est l’élan du cœur qui nous fait sortir de nous-mêmes et qui crée le lien du partage et de la communion.»

La charité est aussi don, souligne le Successeur de Pierre, «elle donne sens à notre vie». «Grâce à elle, nous considérons celui qui est dans le manque comme un membre de notre propre famille, comme un ami, comme un frère. Le peu, quand il est partagé avec amour, ne s’épuise jamais mais devient une réserve de vie et de bonheur. Ainsi en est-il de notre aumône, modeste ou grande, que nous offrons dans la joie et dans la simplicité», a ajouté le Pape.

L’aumône et la confiance

Vivre un Carême de charité, c’est donc prendre soin de ceux qui se trouvent dans des conditions de souffrance, de solitude ou d’angoisse à cause de la pandémie de la Covid-19, recommande le Saint-Père, invitant à offrir «avec notre aumône un message de confiance», et «à faire sentir à l’autre que Dieu l’aime comme son propre enfant».

Et le Pape de conclure son message 2021 par cette exhortation: «Chers frères et sœurs, chaque étape de la vie est un temps pour croire, espérer et aimer. Que cet appel à vivre le Carême comme un chemin de conversion, de prière et de partage, nous aide à revisiter, dans notre mémoire communautaire et personnelle, la foi qui vient du Christ vivant, l’espérance qui est dans le souffle de l’Esprit et l’amour dont la source inépuisable est le cœur miséricordieux du Père.»

Source: VATICANNEWS, le 12 février 2021

La messe du Mercredi des Cendres se tiendra à la basilique Saint-Pierre

Le Pape recevant les Cendres des mains du cardinal Jozef Tomko, le 14 février 2018 en la basilique Sainte-Sabine sur l'Aventin.Le Pape recevant les Cendres des mains du cardinal Jozef Tomko, le 14 février 2018 en la basilique Sainte-Sabine sur l’Aventin. 

La messe du Mercredi des Cendres se tiendra à la basilique Saint-Pierre

Tout comme en 2013 et en 2016, mais cette fois-ci en raison de la pandémie de coronavirus, la messe du Mercredi des Cendres se tiendra cette année à la basilique Saint-Pierre, le 17 février prochain.

Pas de procession sur l’Aventin cette année, compte tenu de la pandémie de coronavirus. La Préfecture de la Maison pontificale a fait savoir, ce vendredi, que la messe des Cendres suivra la formule de liturgie en comité restreint suivie depuis près d’un an maintenant. Le Pape célèbrera la messe avec le rite de la bénédiction et de l’imposition des cendres, marquant l’entrée en Carême, le mercredi 17 février à 9h30, à la basilique Saint-Pierre. L’audience générale, habituellement tenue dans ce même créneau horaire du mercredi, est donc exceptionnellement annulée.

Le rite de la procession sur l’Aventin est devenu régulier depuis plusieurs décennies. L’an dernier, la messe des Cendres fut d’ailleurs la dernière liturgie publique célébrée par le Pape François avant le confinement.

Mais ce n’est toutefois pas la première fois, dans l’histoire récente, que ce rite du Mercredi des Cendres se tient à la basilique Saint-Pierre. Ce fut déjà le cas en 2013, au surlendemain de l’annonce par Benoît XVI de sa renonciation, et, sous le pontificat de François, en 2016, dans le contexte du Jubilé de la Miséricorde. Mais cette fois, la célébration se tiendra à l’autel de la Chaire, devant une assemblée restreinte, comme toutes les liturgies depuis la messe des Rameaux du 5 avril 2020. 

Le thème des méditations du cardinal Cantalamessa

Par ailleurs, la Préfecture de la Maison Pontificale annonce également que les Méditations pour le Carême 2021 seront données par le Prédicateur de la Maison Pontificale, le désormais cardinal Raniero Cantalamessa, religieux capucin, sur le thème « Qui dites-vous que je suis? » (Matthieu 16,15). Elles auront lieu, comme les méditations de l’Avent 2020, dans la Salle Paul VI afin de permettre une distance suffisante entre les participants.

Les cardinaux, archevêques, évêques, prélats de la famille pontificale, employés de la Curie romaine et du Vicariat de Rome, supérieurs généraux ou procureurs des ordres religieux appartenant à la chapelle pontificale sont invités à assister à ces enseignements, qui se tiendront chaque vendredi de carême, c’est-à-dire les 26 février, 5, 12 et 26 mars, à 9 heures, en présence du Saint-Père.

Source: VATICANNEWS, le 5 février 2021