Sœur Gloria Cecilia Narváez, ex-otage: «J’étais prête à donner ma vie»

Le Pape François bénit sœur Gloria Cecilia Narváez Argoti lors de la Messe d'ouverture du Synode, le 10 octobre 2021Le Pape François bénit sœur Gloria Cecilia Narváez Argoti lors de la Messe d’ouverture du Synode, le 10 octobre 2021 

Sœur Gloria Cecilia Narváez, ex-otage: «J’étais prête à donner ma vie»

La religieuse colombienne, libérée le 9 octobre dernier au Mali après plusieurs années de captivité, revient au micro de Radio Vatican – Vatican News sur ses conditions de détention. Elle exprime aussi sa reconnaissance à tous ceux qui l’ont aidée et soutenue dans la prière. 

Entretien réalisé par le père Manuel Cubias, sj – Cité du Vatican

Enlevée le 7 février 2017 près de Koutiala (400 km à l’est de Bamako), Sœur Gloria Cecilia Narvaez Argori, de la communauté des Franciscaines de Marie Immaculée, a été retenue en otage durant 4 ans et 8 mois par un groupe jihadiste affilié à Al-Qaida. Après sa libération, elle a pu se rendre à Rome afin de participer à la messe d’ouverture du Synode et recevoir la bénédiction du Pape François.10/10/2021

Elle nous livre aujourd’hui un témoignage de foi et de courage dans l’épreuve.

De quoi avez-vous le plus souffert pendant votre captivité, et qu’est-ce qui vous a le plus soutenue pendant cette période?

Pendant les 4 ans et 8 mois de ma captivité, ce qui m’a fait le plus souffrir, c’est le moment où j’ai été séparée des autres personnes kidnappées, et où je me suis retrouvée seule face aux groupes. Ce qui m’a le plus fortifié, c’est la foi, la prière, car je récitais toujours les psaumes et j’avais une grande confiance en Dieu, et dans le fait que tous les gens priaient et s’unissaient spirituellement avec moi.

Comment avez-vous ressenti la proximité des personnes qui ont prié pour vous ?

Dans la force que je ressentais à chaque instant, parce que je sentais cette grande confiance en Dieu, je me sentais forte et je n’avais pas peur de ce qui pouvait m’arriver, mais je me sentais forte et je savais que Dieu me soutenait, que toute l’Église et le monde entier priaient pour moi, et j’étais spirituellement unie à ma famille, aux sœurs de la congrégation, à toutes les personnes qui priaient pour moi.

Quelle était votre relation avec vos ravisseurs ?

Ma relation avec les groupes de kidnappeurs était empreinte d’un grand respect, de prière pour chacun d’entre eux; d’obéissance lorsque je voyais que je pouvais obéir dans les choses que je voyais être justes. J’ai toujours respecté leurs moments de prière, ce qui m’a amené à avoir de bonnes relations humaines avec eux.

Comment vous ont-ils perçue en tant que religieuse, étrangère, d’une culture différente ?

Ils m’ont discriminée parce que j’étais religieuse. J’étais catholique, je n’avais pas leur religion. Ils ont toujours dit que l’Islam était la religion. Je les laissais s’exprimer. J’ai vu qu’ils me rejetaient parce que j’étais catholique et religieuse.

Avez-vous eu peur pour votre vie ?

À aucun moment, car dès qu’ils sont entrés dans la maison, je savais à quoi j’étais exposée. Quand ils m’ont prise, j’étais prête à prendre tous les risques. J’avais beaucoup de confiance en Dieu. J’ai dit peu importe, parce que j’étais prête à donner ma vie. Peu importe.

Y a-t-il un symbole, un moment particulier où vous avez ressenti une sécurité venant de Dieu ?

Oui, j’ai ressenti beaucoup de confiance en Dieu à tout moment, surtout lorsque j’exprimais les psaumes à Dieu, lorsque je pouvais marcher un peu dans le désert et regarder la grandeur de la création, le soleil qui se lève le matin, les chameaux qui marchent sur les montagnes de sable. À tout moment, j’étais unie et je ressentais cette grande sécurité en Dieu.

Comment votre famille a-t-elle réagi à votre libération ?

Ils étaient très heureux, très reconnaissants envers Dieu, surtout parce qu’ils étaient tous unis dans la ville et dans le village et qu’ils étaient très soutenus par la communauté, par la congrégation, par toutes les personnes qui leur rendaient visite, parce que tout le monde les appelait et leur disait: «nous prions pour Gloria, elle va être libérée, ayons confiance en Dieu».

Comment avez-vous su que votre captivité prendrait fin ?

Eh bien, dès que je suis arrivé à Bamako, que je suis allée chez le président et que j’ai rencontré le cardinal Zerbo, le président, le ministre de la culture et des religions, à ce moment-là, j’ai vu que j’étais libre.

Qu’avez-vous ressenti, quelles pensées vous sont venues à ce moment-là ?

Tout d’abord, remercier Dieu de tout mon cœur. J’ai toujours répété : Il n’y a pas de Dieu aussi grand que notre Dieu, ce qu’il veut il le fait dans le ciel et sur la terre. Je répétais toujours : le Seigneur est ma lumière et mon salut. J’étais tellement reconnaissante envers Seigneur que ma remise en liberté ait été possible. J’ai également été reconnaissante envers le cardinal, l’Église, le Saint-Père, le Pape François, toutes les personnes qui ont travaillé pour ma liberté, le président, tout le peuple, tout le peuple Miñanca de Carangazo qui a prié et s’est uni à moi à partir de sa culture. Je les ai remerciés et leur ai également demandé de me pardonner si je n’avais pas fait quelque chose de bien dans mon travail missionnaire lorsque j’étais là-bas. J’ai loué et béni Dieu parce que je ne croyais pas que j’étais libre.

En tant que missionnaire, quel travail faisiez-vous et quel travail pensez-vous devoir continuer à faire ?

Notre congrégation, en raison de notre charisme et de notre fondatrice, madre Caridad, répondait à un très grand besoin dans la culture Miñanca de Carangazo, au Mali. Il y avait un centre de santé où toutes les personnes des différents villages étaient soignées et nous étions aussi présentes dans les villages; c’est absolument nécessaire parce que le village et les villages n’ont pas de centre de santé.

Nous avons fréquenté un orphelinat, où une femme a perdu la vie en accouchant et le père est venu avec la grand-mère et nous a donné le bébé pour que nous puissions nous en occuper. Ils nous ont dit: «Prenez soin de cet enfant. La mère est morte». Nous avions environ 50 bébés, âgés d’un jour à deux ans. Nous avons travaillé sur la promotion humaine des femmes, l’alphabétisation, la broderie, la couture à la machine, les greniers que nous avons fabriqués avec elles; le microcrédit pour les petites entreprises sur le marché afin qu’elles puissent soutenir leur famille. C’est encore nécessaire dans cette culture, parce que les femmes sont un peu oubliées, mais avec cette promotion, les femmes obtenaient des ressources pour pouvoir aider leur famille et éduquer leurs enfants.

(…) La prière permet d’obtenir ce que l’on cherche à obtenir. Je remercie les sœurs de la congrégation qui ont soutenu spirituellement ma famille à tout moment, le cardinal Zerbo au Mali, Mgr Jean Baptiste Tiama, évêque de Sikasso, tout le peuple Miñanca du Mali, tous les missionnaires à travers le monde avec un sincère: que Dieu vous le rende. Et à vous, que Dieu continue à vous bénir dans la belle mission que vous menez, ainsi que mon pays : la Colombie, que tous les Colombiens aient foi en Dieu et que nous puissions un jour parvenir à la paix tant désirée dans notre pays.

Source: VATICANNEWS, le 25 octobre 2021

Au Mali, libération de la religieuse colombienne enlevée en 2017

Au Mali, libération de la religieuse colombienne enlevée en 2017

Enlevée le 7 février 2017 près de Koutiala (400 km à l’est de Bamako), Sœur Gloria Cecilia Narvaez Argori était détenue depuis 4 ans et 8 mois par un groupe jihadiste affilié à Al-Qaida. Après sa libération, elle a pu se rendre à Rome afin de participer à la messe d’ouverture du Synode et recevoir la bénédiction du Pape François.

Claire Riobé – Cité du Vatican

La nouvelle est tombée dans la nuit de ce dimanche 10 octobre 2021. Soeur Gloria Cecilia Narvaez Argori, religieuse colombienne et missionnaire de la communauté des Franciscaines de Marie Immaculée, a été libérée samedi, a annoncé la présidence malienne dans un communiqué. Membre de cette congrégation d’origine suisse et présente dans 17 pays à travers le monde, elle travaillait depuis six ans comme missionnaire, dans la paroisse de Karangasso, avec trois autres religieuses. Sa libération, après son enlèvement en février 2017 par des jihadistes au Mali, est le couronnement de 4 ans et 8 mois d’efforts conjugués de plusieurs services de renseignements.

Edgar Narvaez, frère de l’ex-otage, a fait part de son immense soulagement et s’est dit «ému»après avoir eu confirmation de la libération. «Dieu merci, elle est en bonne santé, ils m’ont envoyé des photos et elle a l’air bien», a-t-il réagi.

Arrivée samedi soir a Bamako

Soeur Gloria Cecilia Narvaez est arrivée samedi soir dans la capitale malienne, d’où elle a pris l’avion pour Rome. Ce matin, elle a participé à la messe d’ouverture du Synode sur la Synodalité présidée par le Pape François à la basilique Saint-Pierre.

Les premières images diffusées après sa libération l’avaient montrée aux côtés du président malien par intérim, le colonel Assimi Goïta, ainsi que de l’archévêque de Bamako, le cardinal Jean Zerbo. La religieuse a tenu à remercier «les autorités maliennes, le président, toutes les autorités maliennes pour tous les efforts que vous avez fait pour me libérer. Que Dieu vous bénisse, que Dieu bénisse le Mali», a-t-elle ajouté à la télévision publique malienne.

Le cardinal Zerbo a, de son côté, remercié les autorités maliennes et les autres bonnes volontés qui ont permis cette libération, ajoutant que la religieuse se portait bien.

Les réactions ne se sont pas faites attendre, à travers le monde. Le président de la Conférence épiscopale de Colombie, Mgr Mario de Jesús Álvarez Gómez, a ainsi exprimé son «immense joie». La ministre colombienne des Affaires étrangères, Marta Lucía Ramírez, a déclaré pour sa part dans un communiqué: «Je me réjouis énormément de la nouvelle de la libération au Mali de notre chère compatriote (…), un objectif que nous nous étions fixé au sein du gouvernement national et pour lequel nous avons travaillé avec le président Duque pendant de nombreux mois.»

Elle s’était livrée aux ravisseurs

Dans une lettre transmise en juillet dernier par la Croix-Rouge à son frère, soeur Gloria Narvaez expliquait être détenue par «un groupe du GSIM», le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à Al-Qaïda.

Selon une de ses consœurs, soeur Carmen Isabel Valencia, soeur Gloria Cecilia Narvaez Argori s’était volontairement livrée à ses ravisseurs alors qu’ils s’apprêtaient à enlever deux religieuses plus jeunes. «Je suis la supérieure, emmenez-moi», leur aurait-elle dit, avant d’être enlevée. Durant ses années de détention, elle avait notamment côtoyé l’humanitaire française Sophie Pétronin, qui a elle-même été libérée en octobre 2020, ainsi que le prêtre italien Pierluigi Maccalli.

Les enlèvements sont courants au Mali, pays sahélien pris dans la tourmente depuis le déclenchement d’insurrections indépendantistes et jihadistes dans le nord en 2012. Le conflit a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, malgré l’intervention de forces onusiennes, françaises et africaines.

Source: VATICANNEWS, le 10 octobre 2021

MALI – L’emprisonnement de Sr Gloria Cecilia Narvaez : témoignage de la mission évangélisatrice

Cartagena (Agence Fides) – « Comme Jésus, Sœur Gloria consacrait sa vie à la lutte contre la maladie, l’injustice et la marginalisation. Son témoignage missionnaire, dans des contextes tels que le Mali, lui a valu des incompréhensions allant jusqu’à l’emprisonnement ». C’est ce qu’écrit le père Rafael Castillo Torres, prêtre colombien de l’Archidiocèse de Cartagena et directeur du Programa de Desarrollo y Paz del Canal del Dique, en rappelant la sœur Gloria Cecilia Narvaez aux mains des ravisseurs depuis le 7 février 2017 (voir Fides 8/2/2017). Le 1er juillet 2017, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), la branche d’Al-Qaïda basée au Mali, en Afrique, avait revendiqué l’enlèvement de la religieuse colombienne de la Congrégation des Sœurs franciscaines de Marie Immaculée (voir Fides 3/7/2017).


« Nous avons appris d’elle, par le témoignage de ses sœurs, qu’elle accepte cette persécution avec courage, fidèle à l’Évangile », écrit le père Rafael, en la rappelant parmi les 340 millions de frères dans la foi persécutés dans le monde.  » Sœur Gloria Cecilia a su offrir sa vie en échange d’une autre jeune sœur, en surmontant ses peurs et en ne fuyant pas les menaces. Elle est un témoin de la mission d’évangélisation. »


Malgré la situation critique au Mali, les sœurs ont continué à réaffirmer leur choix missionnaire en annonçant clairement leur message. Le prêtre colombien rappelle que « l’emprisonnement de Sœur Gloria confirme que ceux d’entre nous qui suivent Jésus découvrent le Mystère ultime de la réalité à partir de son amour et de son extrême dévouement aux êtres humains. Dans cet emprisonnement, les croyants voient Dieu lui-même identifié à Sœur Gloria Cecilia, mais aussi à tous ceux qui souffrent. C’est le Dieu qui crie contre l’injustice et qui pardonne, même si cela peut paraître incroyable, tous les bourreaux de tous les temps. C’est le Dieu en qui tous les chrétiens croient, ont confiance et espèrent. Rien ne l’arrêtera dans cet effort pour sauver et soigner tous ceux qui lui sont confiés. »


Face au drame de la religieuse de Nariño, enlevée alors qu’elle accomplissait sa mission à Karangasso, au Mali, à la persécution de tant de frères et sœurs et aux églises brûlées et détruites, le père Rafael exhorte chacun à persévérer dans la prière pour ceux qui sont persécutés, en se rappelant toujours que Jésus a donné sa vie sur la croix. Le prêtre nous invite à rester vigilants à l’appel du Seigneur en accueillant nos frères et sœurs qui ont besoin d’aide et à reconnaître que le rejet de l’Évangile aujourd’hui se manifeste aussi par une violence aveugle contre la conscience de l’être humain.


Source: Agence Fides, le 7 septembre 2021

« Priez pour moi » : la dernière lettre de sœur Gloria, otage au Mali

GLORIA CECILIA NARVÁEZ ARGOTY
Franciscanas de Maria Inmaculada

« Priez pour moi » : la dernière lettre de sœur Gloria, otage au Mali

Enlevée au Mali il y a plus de quatre ans, la religieuse colombienne Gloria Cecilia Narváez serait encore en vie. Dans une lettre datée du 3 février 2021 et rendue publique ce jeudi 8 juillet, elle en appel au soutien de la prière.

Les nouvelles de sœur Gloria Cecilia Narváez se font extrêmement rares. Missionnaire colombienne enlevée au Mali il y a quatre ans et cinq mois à Karangasso, dans le sud du Mali, elle serait aujourd’hui entre les mains d’un nouveau groupe de ravisseurs. Dans un message datant du 3 février 2021 adressé à la Croix-Rouge, reçu par son frère Edgar Narváez en mai et rendu publique par l’AED jeudi 8 juillet, la religieuse donne quelques signes de vie. « J’envoie à tous mes plus chaleureuses salutations. Que Dieu les bénisse et leur accorde la santé. Je suis prisonnière depuis quatre ans, et maintenant je fais partie d’un nouveau groupe. […] priez pour moi ». Le message est bref mais témoigne de la douceur de sœur Gloria, constamment tournée vers son prochain.

Je lance un appel du fond du cœur : ne l’oublions pas !

Les dernières nouvelles dataient d’octobre 2020, lors de la libération de la Française Sophie Pétronin qui fut sa codétenue. Libéré en octobre 2020 lui aussi après deux ans de détention, le père Pier Luigi Maccalli, de la Société des missions africaines (SMA), a également lancé un appel à la libération de sœur Gloria début juin. « Je lance un appel du fond du cœur : ne l’oublions pas ! », avait-il déclaré.

Dans un entretien accordé à l’AED, le frère de la religieuse avait indiqué qu’il lui avait déjà écrit pour lui annoncer le décès de leur mère, Rosita Argoti de Narváez, âgée de 87 ans. Elle ne « pouvait plus supporter la tristesse et le désespoir », a-t-il expliqué. Aux dernières nouvelles sœur Gloria était n otage par des djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Gsim).

Enlevés, portés disparus… on est sans nouvelle de ces missionnaires :

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Enlevés, portés disparus… on est sans nouvelle de ces missionnaires
Père Joël Yougbaré (Burkina Faso)

Source: ALETEIA, le 9 juillet 2021

Prière pour les otages :

Seigneur,

sur les cinq continents, en haine de la foi,

tant de chrétiens sont menacés, persécutés.

Nous te prions particulièrement

pour ceux qui sont retenus en otage.

Animés du seul désir d’aimer, ils ont risqué leur vie

pour témoigner de ton amour et acceptent pour toi d’endurer violence,

privation et mépris.

Nous te confions aussi leurs ravisseurs,

aveuglés par la haine et la violence.

Que le témoignage de foi de leurs victimes

les mènent sur un chemin de conversion.

Vierge Marie,

toi qui la première éprouvas dans ta chair le glaive,

invoque pour nous l’Esprit de force,

qu’il éloigne de nous la peur, la honte, la lâcheté,

qu’il renouvelle notre foi et nous donne le désir de témoigner,

en toutes circonstances, que le Christ est Seigneur.

Amen

Le dernier acte d’amour de sœur Gloria lors de son enlèvement au Mali

GLORIA CECILIA NARVÁEZ ARGOTY

Franciscanas de Maria Inmaculada

Le dernier acte d’amour de sœur Gloria lors de son enlèvement au Mali

Cela fait désormais quatre ans que la religieuse colombienne sœur Gloria Cecilia Narváez a été enlevée au Mali. Les dernières nouvelles de la missionnaire, qui datent d’octobre 2020, sont inquiétantes.

« Dans notre douleur, nous nous sentons impuissantes face à cet enlèvement et nous demandons à la communauté chrétienne de prier et à la communauté internationale de ne pas oublier qu’au travers de l’enlèvement d’une personne, c’est une partie de notre humanité qui est séquestrée ». C’est un cri du cœur que sœur Noemi Quesada, ancienne supérieure générale de la Congrégation des sœurs franciscaines de Marie Immaculée, a confié à l’agence Fides quatre ans après l’enlèvement de sœur Gloria Cecilia Narváez Argoti. Religieuse colombienne de la congrégation, elle a été enlevée le 7 février 2017 à Karangasso, dans le sud du Mali, où elle était missionnaire depuis plus de dix ans.

Encore retenue en otage par des djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Gsim), les dernières nouvelles de la religieuse ne sont pas encourageantes. Libérée en octobre 2020 avec le père Pierluigi Maccalli, l’otage française Sophie Petronin a déclaré que sœur Gloria était en vie mais qu’elle avait besoin de soins. Les deux femmes auraient en effet été ensemble jusqu’au 5 octobre 2020 lorsque Sophie Petronin a été transférée en vue de sa libération, en passant par quelque 30 camps différents.

« Son amour pour son prochain, sa simplicité et cordialité dans les rapports, sa spiritualité et sa vie de prière en font une personne très proche de Dieu et de la population », a tenu à témoigner l’ancienne supérieure générale. « Ceci l’a porté à s’engager toujours davantage auprès des pauvres, la contraignant à rechercher de manière créative de nouvelles solutions aux situations les plus urgentes des personnes qui se présentaient ».

Elle se souvient tout particulièrement du dernier acte « de générosité et d’amour » qu’a accompli sœur Gloria au moment de son enlèvement. « Lorsque ses ravisseurs ont arrêté l’une des religieuses de la communauté, elle est sortie de sa cachette et leur a dit : je suis la plus âgée, la responsable. Laissez-là s’en aller », reprend-t-elle. « Ainsi les ravisseurs ont relâché la religieuse en question et pris sœur Gloria Cecilia Narváez et l’ont emmenée ».

Dix ans en Afrique

Sœur Noemi Quesada a connu sœur Gloria au tout début de sa vie religieuse. « Depuis sa plus tendre jeunesse, elle a témoigné de vraies qualités d’éducatrice », se remémore-t-elle. Des qualités qu’elle a déployée à différents postes au sein du collège de Samaniego, dans le sud de la Colombie, d’abord, puis dans le sud du Mexique, à Apatzingán, dans l’État de Michoacán. Après une préparation particulière, elle a été envoyée à Boukoumbé, au Bénin, toujours en tant qu’éducatrice. « Six ans ont suffi pour qu’elle soit enchantée par l’Afrique et sa population », reprend l’ancienne supérieure générale. Elle a par la suite été envoyée à Karangasso, au Mali où elle exerçait au centre sanitaire, dans un orphelinat et un centre de promotion des femmes, lequel comprend un projet d’alphabétisation mené au profit de 700 femmes dans les villages ainsi que la catéchèse des enfants et des jeunes.Enlevés, portés disparus… on est sans nouvelle de ces missionnaires :

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Source: ALETEIA, le 8 février 2021