Les espoirs de l’Éthiopie et de l’Afrique de l’archevêque d’Addis-Abeba

Les espoirs de l’Éthiopie et de l’Afrique de l’archevêque d’Addis-Abeba

Dans une interview accordée à Vatican News, le cardinal Berhaneyesus Souraphiel, archevêque métropolitain d’Addis-Abeba, demande «justice, réparation et pardon» pour les personnes ayant tout perdu pendant la guerre, stoppée par l’accord de paix de novembre 2022 entre le gouvernement et le Front de libération du peuple du Tigré. Il observe avec confiance la croissance du projet du Fonds mondial de solidarité, visant à former et à relancer entre autres les migrants, les réfugiés et les déplacés.

Alessandro Di Bussolo – Cité du Vatican 

Dans le plus grand pays de la Corne de l’Afrique qui accueille plus de 400 000 réfugiés Sud-Soudanais, mais aussi 600 000 Somaliens, Erythréens, Yéménites et même Syriens, et qui a vu récemment revenir plus de 100 000 émigrés éthiopiens des pays arabes du Golfe, il y a de l’espoir dans le projet pilote du Fonds mondial de solidarité en faveur de ces migrants «de retour»,de ces réfugiés et des déplacés internes, qui implique cinq congrégations religieuses et l’archidiocèse de la capitale. Ce sujet est évoqué par le cardinal Berhaneyesus Souraphiel, archevêque métropolitain d’Addis-Abeba, qui a accueilli il y a moins de deux mois, début mars, l’assemblée continentale africaine du Synode sur la synodalité dans l’Église.

La famille en Afrique au centre de l’assemblée synodale continentale

Le cardinal de 74 ans, à la tête de l’archidiocèse depuis juillet 1999, et depuis cette année-là, également président de la Conférence épiscopale d’Éthiopie et d’Érythrée, nous accueille dans sa maison, derrière la cathédrale de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie. Le pasteur, qui dirige un petit troupeau d’environ 12 000 catholiques, soit moins de 2 % des 16 millions d’habitants de la province ecclésiastique d’Addis-Abeba, rappelle que plus de 200 participants à la réunion synodale ont mis l’accent sur la famille, qui «est l’image de l’Église en Afrique». Une famille qui «doit être inclusive» et inclure les jeunes, les personnes âgées et surtout les jeunes femmes seules avec enfants, la «famille monoparentale» la plus répandue dans la nouvelle Afrique.

L’Église, l’éducation et la nouvelle université catholique éthiopienne

Afin de renforcer la participation des femmes à la vie et au travail de l’Église, «non seulement aux activités paroissiales, mais aussi aux activités sociales, de l’école à l’assistance sociale et sanitaire», a déclaré le cardinal Souraphiel, l’assemblée synodale a réitéré la nécessité de mettre l’accent sur la formation et le soutien à la «famille élargie», typique de l’Afrique, qui comprend également les grands-parents, les oncles et les tantes. En Éthiopie, l’objectif est d’avoir 430 écoles gérées par le clergé diocésain et les congrégations religieuses, ainsi que la nouvelle université catholique Ecusta, dédiée à saint- Thomas d’Aquin, que les évêques éthiopiens sont en train de construire dans la banlieue d’Addis-Abeba, en collaboration avec les Frères des Écoles Chrétiennes. «Parce que nous croyons, explique l’archevêque, que l’éducation est fondamentale pour changer les mentalités et apporter la solidarité entre les différents groupes ethniques et tribaux d’Éthiopie».

De gauche à droite : Sr Giovanna Bianchi, économe de la Province des Filles de Marie Auxiliatrice (Salésiens) d'Ethiopie, du Soudan et du Sud Soudan, le Cardinal Berhaneyesus Souraphiel, archevêque d'Addis Abeba, et Sr Marie Dominique Mwema, supérieure provinciale des Filles de Marie Auxiliatrice d'Ethiopie.

De gauche à droite : Sr Giovanna Bianchi, économe de la Province des Filles de Marie Auxiliatrice (Salésiens) d’Ethiopie, du Soudan et du Sud Soudan, le Cardinal Berhaneyesus Souraphiel, archevêque d’Addis Abeba, et Sr Marie Dominique Mwema, supérieure provinciale des Filles de Marie Auxiliatrice d’Ethiopie. 

La libre circulation des personnes pour sortir de la pauvreté

L’éducation, associée à la libre circulation des personnes, «dans toute l’Afrique comme dans l’Union européenne», ajoute le cardinal, sont les clés, également identifiées par l’assemblée synodale continentale, «pour que nos jeunes restent sur le continent» et n’aillent pas «d’abord au Soudan, puis en Libye pour mourir dans la mer Méditerranée»; ou migrer vers les pays arabes du Golfe, «pour finir abusés ou maltraités». À Djouba, au Soudan du Sud, où le cardinal éthiopien s’est rendu en février pour la visite du Pape, Mgr Souraphiel souligne avoir «vu beaucoup de jeunes Éthiopiens, Kényans, Érythréens, Ougandais qui travaillaient là-bas. Il y a donc du travail en Afrique. Si les frontières, qui sur notre continent sont souvent artificielles, autrefois coloniales, parce que les gens sont les mêmes, étaient libres», les jeunes pourraient mieux se déplacer et changer leur situation, «sortir de la pauvreté et être en mesure de défendre la dignité de la personne humaine».

Le projet pilote du Fonds mondial de solidarité

Le projet pilote lancé fin 2020 à Addis Abeba par le Fonds mondial de solidarité, une alliance innovante de congrégations religieuses, d’entreprises privées et d’organisations internationales, pour soutenir les migrants «de retour», les réfugiés d’autres pays africains et les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, met également l’accent sur la formation et la détermination des jeunes Africains. Pour ce faire, elle a soutenu la création d’un «consortium» ou réseau intercongrégationnel, qui implique aujourd’hui les Salésiens et les sœurs salésiennes (Filles de Marie Auxiliatrice), les Ursulines, les Missionnaires de la Charité et les Jésuites (à travers le Service Jésuite des Réfugiés), coordonnés par la commission socio-pastorale de l’archidiocèse.  Chaque congrégation, avec ses propres spécificités, a son rôle à jouer dans la création d’un parcours vertueux qui a jusqu’à présent, aidé plus de 1 500 bénéficiaires à acquérir, par le biais de la formation professionnelle, les compétences nécessaires pour entrer sur le marché du travail local, soit en étant employés dans une entreprise, soit en créant leur propre micro-entreprise.

«Formation et travail, une médecine pour ceux qui ont tant souffert»

Le cardinal Souraphiel connaissant bien le projet, dont il a d’ailleurs visité quelques centres de formation et d’insertion, se félicite de son succès, au point de proposer de l’exporter dans d’autres pays africains. Il rappelle le sort des nombreuses jeunes femmes (les jeunes représentent 70 % de la population éthiopienne) qui émigrent dans les pays du Golfe pour travailler comme aide- ménagères. Mais, «elles ne sont pas suffisamment préparées, -relève-t-il, – et la transition entre un village éthiopien et un gratte-ciel à Dubaï»est souvent traumatisante. Au cours des derniers mois, près de 100 000 travailleurs domestiques, hommes et femmes, ont été renvoyés d’Arabie saoudite en Éthiopie. «Ils vivent cela comme une défaite et n’ont pas le courage de retourner dans les villages où ils avaient promis d’envoyer de l’argent. Mais ils n’ont même pas de quoi survivre dans une grande ville comme Addis-Abeba. Ce sont eux, ces migrants éthiopiens « de retour », qui sont les premiers bénéficiaires du projet de « consortium »» promu par le Fonds mondial de solidarité. Le cardinal Berhaneyesus Souraphiel nous parle d’eux.

Un peu plus de deux ans après son lancement, peut-on déjà dire que le projet pilote du Fonds mondial de solidarité du premier réseau intercongrégationnel au monde pour l’insertion des migrants, des réfugiés et des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays a changé et continue de changer la vie de nombreuses personnes, qui vivaient auparavant en marge, y compris de jeunes Éthiopiens qui veulent rester dans le pays et s’y former ?

Je tiens à remercier le Fonds mondial de solidarité. Il nous est d’une grande aide, en tant qu’Église catholique, parce qu’il travaille avec les plus démunis qui reviennent des pays arabes ou d’ailleurs, où ils ont émigré, parce qu’ils sont forcés de retourner en Éthiopie. Ils sont souvent maltraités et sans espoir. Ils arrivent à l’aéroport, ils sont laissés comme ça, abandonnés. Les congrégations se rendent sur place pour les accueillir, leur donner un abri. C’est important, c’est un médicament pour ceux qui ont souffert, pour les jeunes abusés. La formation que les différentes congrégations offrent à ces migrants est également importante. Parce que l’aide socio-psychologique est importante, mais aussi pour leur donner l’espoir qu’ils peuvent apprendre beaucoup de choses, changer leur vie sans quitter le pays. Qu’ils peuvent aussi changer leur vie à l’intérieur du pays, ici. Elles reçoivent vraiment beaucoup d’aide de la part des congrégations, car les sœurs salésiennes, ursulines et de Mère Teresa, ainsi que les frères salésiens et le Service jésuite des réfugiés, sont prêts non seulement à les accueillir, mais aussi à leur donner de nouvelles compétences, pour leur permettre de continuer à vivre ici, en particulier les filles-mères qui vivent seules avec leurs enfants. Elles peuvent confier leurs enfants aux sœurs et suivre des cours pour acquérir différentes compétences qu’elles pourront utiliser dans leur travail. Certaines ont réussi à créer leur propre petite entreprise. D’autres sont employées dans diverses entreprises d’Addis-Abeba pour travailler et gagner ce dont elles ont besoin pour vivre. C’est aussi important pour ceux qui reviennent aujourd’hui après avoir émigré: ces Éthiopiens qui ont changé de vie nous aident à parler à leurs frères et sœurs et à les convaincre de ne pas perdre espoir. Je remercie donc le Fonds mondial de solidarité, et je souhaite que ce projet se poursuive et ne se limite pas à Addis-Abeba, mais s’étende également à d’autres régions. Je sais par exemple qu’il existe un engagement similaire à Meki, mais cela peut aussi se faire dans d’autres diocèses.

Un résultat important de ce travail en commun, en réseau, pourrait aussi signifier qu’ensemble nous sommes plus forts pour conclure des accords avec le gouvernement, pour financer les projets de petites entreprises de ces migrants?

Oui, c’est vrai, leur réseau peut donc également être un outil de collaboration avec les différents services gouvernementaux et les particuliers, afin de s’assurer que les personnes déplacées et les migrants sont acceptés avec leur nouvelle formation et peuvent travailler, de sorte qu’ils ne soient pas considérés comme inutiles, mais très importants pour changer la situation de l’emploi dans l’ensemble de la nation. Leur exemple peut également donner de l’espoir à d’autres jeunes qui rêvent de quitter le pays: les bénéficiaires du projet du Fonds mondial de solidarité, pourront t leur expliquer qu’il est possible de rester en Éthiopie et d’apprendre dans ces centres de formation, afin d’acquérir de nouvelles compétences à utiliser pour trouver un emploi.

Êtes-vous préoccupé par ces nouvelles tendances et tensions tribales et nationalistes qui n’ont jamais été observées en Éthiopie dans le passé et qui ont également provoqué la violence dans la région du Tigré? Que se passe-t-il dans votre pays et comment réagissez-vous à ce changement?

Il y a maintenant un espoir de paix dans le Tigré, et c’est important pour nous. Ils ont cessé de se battre, du moins il n’y a plus autant de morts qu’avant. L’accord de paix signé en Afrique du Sud (3 novembre 2022, ndlr) est important, mais pour l’instant, il ne s’agit que d’un accord au niveau politique, au niveau des chefs de gouvernement et des autonomistes. En tant qu’Église catholique, nous voulons voir cette paix descendre au niveau du peuple, et qu’il y ait la possibilité d’admettre que tant de gens sont morts, de prier pour ceux qui sont morts, et si c’est possible, qu’il y ait une demande de pardon mutuel entre deux peuples qui ont tant souffert, que ce soit dans la région du Tigré, que ce soit dans l’Amhara, que ce soit dans l’Afar, et maintenant aussi dans le Wellega. Pour moi, il s’agira également d’un engagement important non seulement pour l’Église catholique, mais aussi pour les principales confessions religieuses présentes ici, telles que l’Église orthodoxe, les musulmans et les chrétiens protestants.

Nous, catholiques, sommes peu nombreux, comme vous le savez, nous représentons 2 % de la population, mais nous pouvons aider grâce à l’Église universelle. Par exemple, grâce à Caritas Internationalis, nous pouvons faire ce que nous pouvons pour apporter une aide humanitaire. En outre, après chaque guerre, nous devons reconstruire. Ce sera un grand engagement pour l’Église catholique éthiopienne: demander de l’aide pour reconstruire les écoles, les hôpitaux et les autres bâtiments de l’Église, afin de pouvoir continuer à aider. Dieu merci, pendant ce carême, les musulmans sont également unis aux chrétiens qui ont jeûné et prié pendant le ramadan. C’est important pour le peuple éthiopien.

Source : VATICANNEWS, le 2 mai 2023

Pâques en Éthiopie, la soif de réconciliation et d’espérance pour les déplacés

Au centre, père Petros Berga, et à gauche sœur Nieves à gauche. Au centre, père Petros Berga, et à gauche sœur Nieves à gauche.

Pâques en Éthiopie, la soif de réconciliation et d’espérance pour les déplacés

Dans le plus grand pays de la Corne de l’Afrique, la petite communauté catholique célèbre la Résurrection du Christ le 16 avril, suivant l’Église copte orthodoxe éthiopienne majoritaire. Les voix du père Berga, de la Commission socio-pastorale de l’archidiocèse d’Addis-Abeba, et de sœur Nieves, missionnaire salésienne espagnole, sur l’espoir d’une paix véritable dans le Tigré et sur la «résurrection» des réfugiés et des plus vulnérables.

Alessandro Di Bussolo – Addis Abeba, Éthiopie

En Éthiopie, où les catholiques constituent un petit troupeau de moins de 2% de la population, Pâques est célébrée le même jour que dans la grande Église orthodoxe éthiopienne, qui compte plus de 32 millions de fidèles, soit plus de 43% de la population. Le 16 avril, soit une semaine plus tard que les catholiques de rite latin. Et dans le plus grand pays de la Corne de l’Afrique, sorti avec les accords de paix de novembre 2022 de plus de deux ans de guerre civile dans la région du Tigré, on souligne que cette année, la Pâque chrétienne est célébrée quelques jours avant la fin du Ramadan musulman, qui tombe le 21 avril. «Comme notre carême coïncide cette année avec le jeûne musulman du ramadan», affirme père Petros Berga, responsable de la Commission socio-pastorale de l’archidiocèse d’Addis-Abeba et visiteur apostolique des catholiques éthiopiens en Europe. «Dimanche soir dernier, l’administration municipale d’Addis-Abeba a organisé un dîner réunissant tous les responsables musulmans et chrétiens. Dieu merci, il existe une bonne coopération entre les communautés religieuses en Éthiopie», note-t-il.

Le long jeûne vers la Fasika, la Pâque copte orthodoxe

Le père Petros explique que, suivant la tradition de la Fasika, la Pâque copte orthodoxe éthiopienne, les catholiques observent également 55 jours de jeûne pendant le carême, une période appelée Hudade ou Abye Tsome. «La tradition veut que l’on ne mange que des légumes, des céréales, des lentilles, des pois, des fruits et des variétés de ragoûts de légumes accompagnés d’injera. Dans certaines régions, on jeûne aussi le poisson».

Pendant le jeûne, le premier repas de la journée, explique-t-il encore, est pris après 15 heures, sauf le samedi et le dimanche, où un repas est autorisé après la messe du matin.

La veille de Pâques, les fidèles se rendent à l’église pour une célébration qui commence à 18 heures et se termine à 2 heures du matin.  Chacun rentre chez soi pour rompre son jeûne avec du poulet ou de l’agneau, abattu la veille, après 18 heures. Pendant cette période de carême, il y a également eu «quelques initiatives œcuméniques en Éthiopie, telles que des prières communes et des activités caritatives organisées par différentes églises: orthodoxes, catholiques, évangéliques». Dans le contexte éthiopien actuel, le témoignage d’unité et de solidarité entre les chrétiens est très important pour promouvoir la paix, la réconciliation et la solidarité entre les peuples, estime père Berga.

Le Conseil interreligieux d’Addis Abeba et l’aide aux migrants

À Addis Abeba, la capitale où sont basées toutes les institutions religieuses du pays, métropole de plus de 4 millions d’habitants en constante expansion, un Conseil interreligieux a été mis en place. En collaboration avec l’administration municipale, il organise entre autres des activités de solidarité pour les nécessiteux de toutes les confessions, y compris les adeptes des religions traditionnelles. Parmi eux, beaucoup sont des personnes déplacées à l’intérieur du pays, provenant de zones où il y a encore des affrontements armés, des migrants des pays voisins et des réfugiés «de retour», des Éthiopiens qui ont cherché une vie meilleure en Arabie Saoudite, au Yémen ou dans d’autres pays arabes et qui ont été rapatriés de force ou qui sont revenus après une expérience négative. Avec plus d’un million de migrants «internationaux» acceptés (définition des Nations unies), l’Éthiopie est le deuxième pays de la région en la matière après l’Ouganda. Elle compte également plus de 2,5 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays, principalement en raison de la guerre dans le Tigré.

Le projet pilote du Fonds de solidarité mondial

Pour ces personnes en grande difficulté, le Fonds mondial de solidarité (Gsf), alliance de congrégations religieuses, d’entreprises privées et d’organisations internationales, mène depuis fin 2020 un projet pilote impliquant des Salésiens et des Salésiennes (Filles de Marie Auxiliatrice), des Ursulines, des Missionnaires de la Charité et des Jésuites (à travers le Jesuit Refugee Service), coordonné par la commission socio-pastorale de l’archidiocèse. Chaque congrégation, avec ses propres spécificités, joue un rôle dans ce « consortium », qui a jusqu’à présent aidé plus de 1 500 bénéficiaires à acquérir, grâce à la formation professionnelle, des compétences leur permettant d’entrer sur le marché du travail local, soit en étant employés dans une entreprise, soit en créant leur propre micro-entreprise.

La célébration de Pâques des mères et des enfants du Centre Nigat

«Ainsi, ensemble, nous transformons la vie de nombreux réfugiés, déplacés internes et rapatriés», se réjouit le père Berga, «alors que nous nous préparons à célébrer la fête de la résurrection, nous pensons aussi aux moments de lumière. Les personnes en déplacement portent en elles une profonde espérance et essaient toujours de se relever et de recommencer. Si elles reçoivent de l’aide, elles ont en elles le pouvoir caché de changer leur vie et celle de leur famille. De nombreux jeunes aspirent à une vie meilleure, fuient des situations de conflit et ont besoin d’aide. Ce projet est un cadeau qui transforme leur vie».

«Confiance en la réconciliation avec le Tigré»

Considérant la situation dans le Tigré, où plus de 500 000 personnes sont mortes en deux ans de guerre, et dans les zones à l’ouest du pays, à la frontière avec le Soudan et le Soudan du Sud, où il y a eu des affrontements avec les victimes ces derniers jours, le père Petros espère que Pâques «apportera l’espérance et la guérison pour les personnes qui ont tant souffert à cause des situations de conflit».  Après la signature de l’accord de paix, «les gens attendent avec impatience un nouvel avenir de réconciliation. Nous prions également pour les situations de conflit dans d’autres parties du monde, en particulier en Ukraine. Puisse la puissance de la Résurrection du Seigneur transformer notre monde par une paix durable».

Sœur Nieves: grâce au projet, les migrants passent de la mort à la vie

Enfin, nous nous rendons à Zway, une ville située au bord du lac du même nom, à 3 heures de route au sud d’Addis Abeba, où les Filles de Marie Auxiliatrice ont une mission avec un centre de formation professionnelle. La directrice est sœur Nieves Crespo, une Madrilène installée en Éthiopie depuis 2002, où elle est aussi responsable du projet Gsf dans la capitale. Entretien.

Comment vivrez-vous cette Pâque dans vos missions et dans les centres de formation des Filles de Marie Auxiliatrice en Éthiopie?

En Éthiopie, en tant que sœurs salésiennes, nous avons six missions. L’engagement principal est l’éducation, avec une préférence pour les plus pauvres. Je suis actuellement dans la mission de Zway, dans la région d’Oromia, où nous avons plus de 2 600 enfants en maternelle, en école professionnelle et où nous menons également un programme de nutrition avec de nombreux enfants, dont beaucoup sont vraiment squelettiques, qui viennent des villages. Pour nous, Pâques est synonyme d’espérance et de vie nouvelle. Dans un contexte où nous travaillons ensemble avec peu de catholiques, beaucoup d’orthodoxes et de musulmans, nous essayons de vivre Pâques, nous essayons de la préparer non seulement au niveau de ce que nous faisons dans l’Église, mais aussi avec tous ces jeunes et ces enfants.

Dans les semaines qui précèdent Pâques, nous avons ce moment très salésien que nous appelons « bonjour » et dans lequel nous essayons de préparer ce voyage vers Pâques, en gardant toujours à l’esprit que nous avons avec nous de nombreux musulmans qui vivent actuellement le ramadan. Dans nos écoles professionnelles, en particulier celle d’Addis Abeba, vivent avec nous 17 jeunes mères, chacune avec un enfant et qui sont très pauvres, nous essayons donc de tout partager avec elles. Les femmes étudient dans l’école de formation professionnelle et nous les faisons participer de manière beaucoup plus explicite aux célébrations catholiques que nous organisons dans la mission, même si elles viennent d’autres religions.

De nombreux jeunes hommes et femmes que vous aidez sont des chrétiens d’autres confessions et de nombreux musulmans. Pouvez-vous vivre avec les premiers des moments de prière œcuménique et, avec les seconds, des moments de célébration interreligieuse?

Dans notre Éthiopie, pays magnifique, où de nombreuses cultures et aussi de nombreuses religions se rencontrent, nous sommes très peu de catholiques, et vivons ensemble avec des orthodoxes, des protestants, des musulmans. Nous essayons d’avoir des moments communs. Par exemple, pendant la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous avons eu des réunions que nous, catholiques, organisons presque toujours dans la paroisse, des moments de prière ensemble. À Pâques, l’Église orthodoxe, très présente dans le pays, a son propre rite spécial pour Fasika, la Pâque de l’Église orthodoxe copte éthiopienne.  Les protestants ont également leurs traditions, et nous aussi. Mais nous, catholiques, y participons, car nous suivons le calendrier orthodoxe. Notre Pâques n’a pas lieu ce dimanche 9 avril, mais une semaine plus tard, afin d’unifier les moments de cette grande fête de tous les chrétiens qu’est Pâques. Nous célébrerons Pâques le 16 avril et les musulmans le 21 avril, le vendredi clôturant le Ramadan. Même si nous ne pouvons pas avoir de temps de prière spécifique avec eux, il est agréable de voir comment nous vivons tous ce temps de pénitence. Ils pratiquent un jeûne très strict, et nous avons notre carême.

La résurrection de Pâques en Éthiopie peut-elle aussi être une véritable œuvre de paix dans le Tigré et dans d’autres régions du pays où sévit la violence? Quel espoir y a-t-il, même en entendant les voix des réfugiés du Nord, que nous puissions vraiment nous réconcilier et regarder vers l’avenir?

En Éthiopie, ces dernières années, nous vivons une situation qui n’est pas facile, et pour moi, c’est très nouveau. Je suis venu ici en 2002, la première fois, et vraiment ces dernières années, la situation du pays semble aller de plus en plus mal. Il est vrai que, grâce à Dieu, la situation dans le Tigré s’est améliorée, mais c’est aussi parce qu’avant, c’était trop dramatique. La guerre s’est arrêtée. Mais les nouvelles que j’ai de nos sœurs qui sont à la mission d’Adua, nous disent qu’il y a beaucoup de camps de réfugiés, qu’il y a la faim et qu’après ces plus de deux ans de guerre, il n’y a plus d’espoir chez les jeunes. Beaucoup d’entre eux sont partis se battre et beaucoup d’autres ne vont plus à l’école depuis trois ans. Et ce n’est pas seulement dans le Tigré, car ici aussi, dans la région d’Oromia, la situation est très instable et dans d’autres parties du pays, comme la région d’Amara et les zones au nord, à la frontière avec l’Érythrée et le Soudan, il y a encore des morts presque tous les jours. Prions et demandons à Dieu, tous ensemble, que ce chemin qui a commencé soit un vrai chemin de paix et que ce soit Jésus lui-même, à travers la Croix, comme nous le voyons souffrir ici chaque jour, dans tant de jeunes et dans tant d’enfants, qui nous apporte la vraie lumière, la vraie espérance, et qu’il nous éclaire pour ouvrir des chemins vers l’avenir.

Source : VATICANNEWS, le 8 avril 2023

Arrestation de 17 missionnaires salésiens en ÉthiopieLe conflit dans le Tigré a été déclenché il y a 1 an et menace aujourd’hui la capitale éthiopienne (ANSA)

Le conflit dans le Tigré a été déclenché il y a 1 an et menace aujourd'hui la capitale éthiopienneLe conflit dans le Tigré a été déclenché il y a 1 an et menace aujourd’hui la capitale éthiopienne  (ANSA)

Arrestation de 17 missionnaires salésiens en Éthiopie

Les forces militaires gouvernementales ont arrêté vendredi des religieux, des prêtres et des employés d’un centre salésien. Les européens et les non-Éthiopiens ont été immédiatement libérés. Mais les laïcs et consacrés d’origine tigréenne ont été emmenés vers un lieu inconnu.

Amedeo Lomonaco – Cité du Vatican

L’Éthiopie vit des heures de chaos et d’incertitude. L’avancée du Front de libération du Tigré (TPLF) vers la capitale Addis Abeba semble inexorable. La diplomatie internationale continue d’œuvrer en faveur d’un cessez-le-feu pour mettre fin à un conflit qui, depuis 1 an, a causé des milliers de morts et le déplacement de plus de deux millions de personnes.

Raid militaire sur un centre géré par des salésiens

Dans ce contexte, la capitale éthiopienne a été le théâtre d’arrestations préventives de personnes ayant pour seule culpabilité d’être d’origine tigrinya. Le 5 novembre, les forces militaires gouvernementales ont fait une descente dans un centre géré par les salésiens dans le quartier de Gottera à Addis Abeba. Dix-sept personnes ont été arrêtées, toutes d’origine tigrinya, dont des prêtres et des employés du centre. Ces personnes ont ensuite été emmenées vers un lieu inconnu. La nouvelle a été confirmée par l’agence Fides. Les salésiens d’Éthiopie, dans un message envoyé à l’organe d’information des Œuvres Pontificales Missionnaires, invitent à «prier pour la paix et l’unité du pays». Comme le rapporte le site d’information Africa ExPress, des policiers ont également pénétré dans la cathédrale chrétienne orthodoxe d’Addis Abeba, obligeant les prêtres et les moines tigréens à interrompre le culte. Les ecclésiastiques ont ensuite été embarqués dans des fourgons des forces de sécurité et emmenés, eux aussi, dans des lieux non identifiés.

La prière du Pape à l’Angélus

Dans une situation de souffrance, de pauvreté, de peur et de précarité absolue, tous les chrétiens d’Éthiopie espèrent que l’appel du Pape à l’Angélus du 7 novembre, l’intervention de l’Union africaine et celle de l’envoyé américain dans la Corne de l’Afrique, Jeffrey Feltman, contribueront à apaiser la situation. Lors de l’Angélus de dimanche dernier, le Souverain Pontife s’est dit préoccupé par la situation en Éthiopie, «secouée par un conflit qui dure depuis plus d’un an, qui a fait de nombreuses victimes et provoqué une grave crise humanitaire». Le Pape a ensuite renouvelé son appel «à faire prévaloir la concorde fraternelle et la voie pacifique du dialogue».

Désarroi et appréhension

«La nouvelle de l’arrestation des prêtres, diacres et laïcs éthiopiens et érythréens vivant dans la maison provinciale salésienne nous laisse consternés», a déclaré le père Moses Zerai, président de l’agence Habeshia. «Nous n’arrivons toujours pas à comprendre les raisons d’un acte aussi grave : pourquoi arrêter des prêtres qui accomplissent leur mission d’éducation, qui plus est dans un centre qui s’est toujours engagé à faire le bien, fréquenté depuis des années par de nombreux enfants, où les enfants des rues sont réhabilités ? Ils ont arrêté le provincial, les prêtres, les diacres et le personnel de cuisine, et nous avons connaissance de raids et de perquisitions dans d’autres maisons religieuses. Mais il est clair pour tout le monde que les églises, les maisons religieuses, ne sont pas des centres de politique. Nous espérons que tout sera résolu au plus vite et que chacun sera libéré très rapidement, et que cette folie ne sera pas un obstacle à la mission de l’Église auprès des pauvres et des personnes en difficulté. J’ai moi-même visité ce centre et vu son bon fonctionnement, ouvert à tous sans distinction d’ethnie, de religion ou de classe sociale», témoigne-t-il.

Les salésiens en Éthiopie : une présence bien enracinée

Fides rappelle que les salésiens ont commencé à travailler en Éthiopie en 1975. Depuis lors, ils ont établi une présence significative dans cinq régions du pays. L’une d’entre elle est le Tigré, centre d’un conflit qui a réduit la quasi-totalité de la population à l’épuisement. Les salésiens, dans leur tradition d’enracinement dans le domaine de l’éducation, gèrent des crèches, des écoles primaires, des lycées et des centres de formation et d’orientation professionnelles. Pour l’instant, la province compte 100 membres vivant dans une quinzaine de maisons dispersées dans le pays africain. Leurs activités sont menées à travers trois centres de mission, 5 paroisses, 6 écoles techniques, 13 centres de jeunesse, 13 écoles primaires et secondaires et 2 centres pour enfants des rues.

Le conflit en Éthiopie

La guerre a éclaté dans ce pays africain après l’opération lancée par l’armée gouvernementale dans la région du Tigré le 4 novembre. Le Front de libération du Tigré (TPLF) avait été tenu pour responsable de l’attaque d’une base militaire à Dansha. Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, avait accusé le TPLF de trahison et de terrorisme, lançant une campagne militaire. L’offensive est déclarée terminée le 29 novembre 2020, avec la conquête de Mekélé. Cependant, les combats se sont poursuivis dans les secteurs central et méridional du Tigré et les rebelles ont lancé une contre-offensive quelques mois plus tard. L’exécutif d’Addis Abeba a alors été contraint d’annoncer un cessez-le-feu unilatéral et immédiat le 28 juin. Ce geste a marqué une pause momentanée dans le conflit civil, qui a repris depuis. Dans cette situation, l’alliance forgée entre l’Oromo Liberation Army (OLA) et le TPLF en août dernier rend le scénario de plus en plus dangereux.

Source: VATICANNEWS, le 9 novembre 2021

En Éthiopie, la « Jérusalem noire », merveille du monde chrétien, aux mains des rebelles

LALIBELA

Anton_Ivanov – shutterstock

En Éthiopie, la « Jérusalem noire », merveille du monde chrétien, aux mains des rebelles

Construites autour du XIIIe siècle, les églises rupestres de la ville de Lalibela, en Éthiopie, sont spectaculaires et considérées comme l’une des merveilles du monde chrétien. Elles sont aujourd’hui menacées par les combats qui font rages depuis plusieurs mois dans la région du Tigré.

La ville de Lalibela (Éthiopie), dont les églises chrétiennes orthodoxes taillées dans la roche appartiennent au patrimoine mondial de l’Unesco, a été prise jeudi 5 août par les forces rebelles du Front de libération du peuple du Tigré après neuf mois de lutte armée. « Lalibela est un lieu de pèlerinage, de dévotion et de paix : il ne doit en aucun cas être un lieu d’incitation à la violence et au conflit », a rappelé l’organisation dans un communiqué. Aujourd’hui, visites et pèlerinages sont suspendus au grand désarrois des chrétiens orthodoxes du pays qui craignent que leur joyau, héritage d’une longue histoire chrétienne, soit sujet aux pillages et aux saccages.

Depuis le XIIIe siècle, les pèlerins et visiteurs se rendent à Lalibela, petite ville au nord de l’Éthiopie, pour admirer un ensemble architectural spectaculaire situé à à 2.630 mètres d’altitude. Onze églises sculptées dans un seul bloc de pierre. En 1520, l’un des tous premiers européens en visite en Éthiopie, le prêtre portugais Francisco Alvaras les décrit. Il se dit ébloui par ces majestueux blocs en forme de croix : « À mon avis, il ne se trouve rien dans le monde de semblable, des églises sculptées avec art dans le rocher vif. Je dois arrêter de parler de ces édifices impressionnants, car je suis certain que beaucoup ne pourront pas me croire et penseront que j’ai exagéré ».

L’Éthiopie fait partie de l’un des plus anciens États christianisés au monde. Le pays a adopté la religion chrétienne au IVe siècle grâce au roi Ezana d’Aksoum, converti, selon la légende, par saint Frumence de Tyr, premier évêque d’Aksoum. Au XIIIe siècle, alors que l’expansion musulmane rend difficile les pèlerinages vers la Terre sainte pour les chrétiens du pays, le roi Gebre Mesqel Lalibela décide de construire une « nouvelle Jérusalem », appelée aujourd’hui la « Jérusalem noire » , et choisi d’édifier son sanctuaire dans une région montagneuse du nord du pays.

Un haut lieu spirituel préservé

Cet extraordinaire ensemble, creusé dans le tuf volcanique rouge, à 12 mètres de profondeur, présente deux types d’églises : monolithes, c’est-à-dire entièrement sculptées dans la roche avec des façades à l’air libre, et hypogées, soit creusées dans l’épaisseur de la roche. Haut lieu touristique en raison de leur beauté qui fascine, les églises conservent cependant un rôle important dans le christianisme éthiopien. Elles accueillent toujours des célébrations religieuses et les pèlerins y viennent en masse lors des grandes fêtes. Pour la fête annuelle du Timget, qui commémore le baptême de Jésus et l’Épiphanie, les fidèles se rassemblent autour de l’église rupestre Bete Giyorgis. Une communauté religieuse vit d’ailleurs toute l’année sur place pour y accueillir les pèlerins.

Source: ALETEIA, le 19 août 2021

Conflit au Tigré : un monastère du VIe siècle bombardé et pillé

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Shutterstock – Monastère de Debre Damo, Éthiopie.

Conflit au Tigré : un monastère du VIe siècle bombardé et pillé

Fondé au VIe siècle, le monastère de Debre Damo situé dans la province du Tigré (Éthiopie) a été partiellement détruit début février par des troupes érythréennes. Un moine aurait également été assassiné.

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Les rares nouvelles en provenance de la région du Tigré, au nord de l’Éthiopie, sont chaque jour plus douloureuses. Aux pertes humaines s’ajoutent désormais des pertes culturelles. Plusieurs sources rapportent que le monastère de Debre Damo a été détruit début février par des troupes érythréennes. Ces dernières, après avoir bombardé le monastère, aurait grimpé jusqu’à l’édifice afin de piller les manuscrits et les archives.

Monastère éthiopien orthodoxe, Debre Damo a été fondé au VIe siècle sur une plateforme rocheuse à plus de 2.200 mètres d’altitudes. Il est uniquement accessible à l’aide de cordes. La tradition prêtre à Za-Mikael Aragewi, l’un des neufs saints venus de l’empire byzantin pour évangéliser le royaume d’Aksoum, sa création.  La destruction partielle du monastère, tout comme celle de la mosquée al-Nejashi, l’une des plus anciennes mosquées du continent, a été fermement condamnée par le conseil des institutions religieuses du Tigré (qui représente les églises orthodoxe, catholique, évangélique et les musulmans, ndlr).

80% de la population coupées d’aide humanitaire

Dans la ville d’Adigrat, également située au Tigré, ce sont des bandits qui ont profité du chaos qui règne actuellement pour piller la mission des Missionnaires d’Afrique, rapporte l’association SOS Chrétiens d’orient qui travaille avec elle depuis deux ans. Un des prêtres orthodoxes de la communauté des Missionnaires d’Afrique a rapporté qu’au moins un moine de Debre Damos aurait été assassiné.

Le Tigré est le théâtre d’affrontements depuis que le Premier ministre Abiy Ahmed a lancé le 4 novembre une opération militaire contre les forces du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), parti qui gouvernait alors cette région et contestait l’autorité fédérale depuis plusieurs mois. Si l’Érythrée et l’Éthiopie nient que des soldats érythréens soient impliqués dans le conflit du Tigré, leur présence a été relatée par des habitants, des travailleurs humanitaires et même certains responsables civils et militaires de la région.

Coupé d’internet depuis le début du conflit, peu d’informations circulent sur le nombre de victimes et l’ampleur des dégâts mais le nombre de morts se compte en milliers, assure l’International Crisis group, une ONG basée en Belgique. L’agence humanitaire des Nations Unies a indiqué il y a quelques jours qu’une « grande partie des zones rurales, où vivaient 80% de la population avant le conflit, restent coupées de l’aide humanitaire ».

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Source: ALETEIA, le 18 février 2021