En Éthiopie, la « Jérusalem noire », merveille du monde chrétien, aux mains des rebelles

LALIBELA

Anton_Ivanov – shutterstock

En Éthiopie, la « Jérusalem noire », merveille du monde chrétien, aux mains des rebelles

Construites autour du XIIIe siècle, les églises rupestres de la ville de Lalibela, en Éthiopie, sont spectaculaires et considérées comme l’une des merveilles du monde chrétien. Elles sont aujourd’hui menacées par les combats qui font rages depuis plusieurs mois dans la région du Tigré.

La ville de Lalibela (Éthiopie), dont les églises chrétiennes orthodoxes taillées dans la roche appartiennent au patrimoine mondial de l’Unesco, a été prise jeudi 5 août par les forces rebelles du Front de libération du peuple du Tigré après neuf mois de lutte armée. « Lalibela est un lieu de pèlerinage, de dévotion et de paix : il ne doit en aucun cas être un lieu d’incitation à la violence et au conflit », a rappelé l’organisation dans un communiqué. Aujourd’hui, visites et pèlerinages sont suspendus au grand désarrois des chrétiens orthodoxes du pays qui craignent que leur joyau, héritage d’une longue histoire chrétienne, soit sujet aux pillages et aux saccages.

Depuis le XIIIe siècle, les pèlerins et visiteurs se rendent à Lalibela, petite ville au nord de l’Éthiopie, pour admirer un ensemble architectural spectaculaire situé à à 2.630 mètres d’altitude. Onze églises sculptées dans un seul bloc de pierre. En 1520, l’un des tous premiers européens en visite en Éthiopie, le prêtre portugais Francisco Alvaras les décrit. Il se dit ébloui par ces majestueux blocs en forme de croix : « À mon avis, il ne se trouve rien dans le monde de semblable, des églises sculptées avec art dans le rocher vif. Je dois arrêter de parler de ces édifices impressionnants, car je suis certain que beaucoup ne pourront pas me croire et penseront que j’ai exagéré ».

L’Éthiopie fait partie de l’un des plus anciens États christianisés au monde. Le pays a adopté la religion chrétienne au IVe siècle grâce au roi Ezana d’Aksoum, converti, selon la légende, par saint Frumence de Tyr, premier évêque d’Aksoum. Au XIIIe siècle, alors que l’expansion musulmane rend difficile les pèlerinages vers la Terre sainte pour les chrétiens du pays, le roi Gebre Mesqel Lalibela décide de construire une « nouvelle Jérusalem », appelée aujourd’hui la « Jérusalem noire » , et choisi d’édifier son sanctuaire dans une région montagneuse du nord du pays.

Un haut lieu spirituel préservé

Cet extraordinaire ensemble, creusé dans le tuf volcanique rouge, à 12 mètres de profondeur, présente deux types d’églises : monolithes, c’est-à-dire entièrement sculptées dans la roche avec des façades à l’air libre, et hypogées, soit creusées dans l’épaisseur de la roche. Haut lieu touristique en raison de leur beauté qui fascine, les églises conservent cependant un rôle important dans le christianisme éthiopien. Elles accueillent toujours des célébrations religieuses et les pèlerins y viennent en masse lors des grandes fêtes. Pour la fête annuelle du Timget, qui commémore le baptême de Jésus et l’Épiphanie, les fidèles se rassemblent autour de l’église rupestre Bete Giyorgis. Une communauté religieuse vit d’ailleurs toute l’année sur place pour y accueillir les pèlerins.

Source: ALETEIA, le 19 août 2021

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s