Covid-19 : les Colombiens invités à prier le chapelet de la Divine Miséricorde

Un chiffon rouge aux fenêtres comme un signal de détresse alimentaire. Ici à Comuna 13 dans la ville de Medellin.Un chiffon rouge aux fenêtres comme un signal de détresse alimentaire. Ici à Comuna 13 dans la ville de Medellin.  (AFP or licensors)

Covid-19 : les Colombiens invités à prier le chapelet de la Divine Miséricorde 

Face à la crise économique provoquée par la pandémie de nouveau coronavirus, les Colombiens réclament, parfois même dans la rue, des allocations et de la nourriture. L’Église a mis en place une campagne de solidarité nationale et invite les fidèles à prier le chapelet de la Divine Miséricorde demain.

Marie Duhamel – Cité du Vatican 

Ce dimanche 19 avril, la conférence épiscopale de Colombie invite les fidèles à réciter le chapelet de la Divine Miséricorde à partir de 15 heures, heure locale, adhérant ainsi à l’initiative du Pape qui propose de s’en remettre à Jésus Miséricordieux pour demander la fin de la pandémie pour l’Église et pour toute l’humanité. 

L’Église colombienne a préparé un document pastoral, qui peut être téléchargé sur le site www.iglesiantecoronavirus.cec.org.co , afin d’aider les catholiques à célébrer au mieux, à la maison, le « Dimanche de la Miséricorde », institué le deuxième dimanche de Pâques en l’an 2000 par saint Jean-Paul II, l’année de la canonisation de sœur Faustine Kowalska, messagère de la Divine Miséricorde et religieuse polonaise de la congrégation des Sœurs de la Bienheureuse Vierge Marie de la Miséricorde.

Le site internet www.iglesiantecoronavirus.cec.org.co a été créé il y a quelques semaines pour rassembler en un même lieu l’ensemble des actions pastorales et des interventions de l’Église colombienne et d’Amérique latine visant à soutenir la communauté catholique et à lutter contre la propagation du virus. 

Les vendeurs ambulants privés de revenus

Une campagne de solidarité intitulée «Partage chrétien des biens» a notamment été lancée. Elle prévoit de prendre soin et d’accueillir des personnes sans-abris dans les grandes villes du pays, mais également de rester en contact avec les familles les plus en souffrance à cause, par exemple, de violences conjugales. Une présence physique et un travail psycho-social est proposé.

L’Église s’engage enfin à faire parvenir de la nourriture aux personnes en situation d’urgence alimentaire. À travers le pays, des chiffons rouges apparaissent aux fenêtres en signe d’appel à l’aide. En Colombie, le taux de chômage est supérieur à 11% et 47% de la population active travaille dans le secteur informel aujourd’hui à l’arrêt.

Concerts de casseroles

Le gouvernement a annoncé avoir débloqué 15 milliards de dollars, mais le versement des aides n’est pas toujours parvenu aux personnes dans le besoin. La maire de Bogota, Claudia Lopez, déplore un retard dû à des irrégularités dans les données de paiement. Elle affirme néanmoins que 280 000 des 500 000 versements promis ont été effectués et 1,8 million de colis ont été distribués. Ce n’est manifestement pas assez au regard des concerts de casseroles improvisés, des tentatives de pillage de supermarchés ou du blocage d’une station de bus hier soir dans le sud de la capitale. Les villes de Medellin et Cali sont également touchées.

Dans le pays, le Covid-19 affecte plus de 3 000 personnes et près de 150 victimes ont été enregistrées depuis le 6 mars dernier. Le confinement a commencé le 23 mars et il devrait durer au moins jusqu’au 26 avril.

Source: Vaticannews, le 18.04.2020

COVID-19 : Sœur Bipendu, de la RDC sauve des vies en Italie

Sr Angel Bipendu, religieuse et médecin originaire de la RD Congo

COVID-19 : Sœur Bipendu, de la RDC sauve des vies en Italie

Religieuse et médecin originaire de la République démocratique du Congo, SrAngel Bipendu vit en Italie depuis plusieurs années. Elle explique sa mission de religieuse et de médecin au chevet des malades victimes du covid-19 à Bergame, ville italienne devenue l’épicentre de la pandémie.

Jean-Pierre Bodjoko, SJ* – Cité du Vatican

A l’instar de plusieurs autres « héros », Sœur Bipendu se retrouve au front de la lutte contre le nouveau coronavirus dans la partie la plus touchée de l’Italie, Bergame. Après avoir travaillé pendant deux ans dans l’apostolat de la mer comme volontaire à l’ordre de Malte, elle s’est dirigée à Bergame où, souligne-t-elle, l’épidémie l’a trouvée.

Point de départ

D’abord un constat au regard de la tragédie que cause la maladie : une chaîne de contaminations des personnes, y compris du corps médical ; des personnes infectées qui souffrent seules et désespérées, etc. La religieuse congolaise a ainsi estimé qu’il était plus que jamais temps de mettre à contribution ses compétences médicales au service de ses semblables. Mais, c’est surtout portée par l’idéal de la vie religieuse, une vie reçue pour être donnée, qu’elle a pris l’option, volontairement, de venir en aide à ses frères et sœurs en détresse qui, dit-elle, outre ceux qui sont morts, font « l’expérience de manque d’aide et de suivi ».

Visite de maison en maison

Touchée par la situation de souffrance des patients et victimes du covid-19, Sœur Bipendu a décidé de se mettre en route pour rendre visite à toutes ces personnes. Une visite qu’elle réalise personnellement maison par maison dans la ville italienne de Bergame. Au cours de ces visites, elle évalue notamment la condition des malades. Quand on sait que tous ne sont pas acheminés d’office à l’hôpital pour des raisons de désengorgement des structures sanitaires, Sœur Bipendu dispense des soins qui répondent au guide thérapeutique en usage dans les hôpitaux.

L’idéal religieux, moteur d’engagement dans le service du prochain

Parlant de la motivation de son action, Sœur Bipendu reconnaît que sa formation médicale y est pour quelque chose. Toutefois, elle fait remarquer que c’est surtout le fait d’être religieuse qui l’a déterminée à s’engager auprès des personnes vulnérabilisées par la pandémie. En étant « religieuse, je me suis consacrée pour donner ma vie aux autres », déclare-t-elle en assurant que sa compétence et son expérience de médecin sont une valeur ajoutée pour servir encore plus efficacement celles et ceux qui ont besoin d’elle. Il s’agit des personnes désespérées qui ont besoin d’un soutien moral et spirituel.

Quid de la peur d’être infectée soi-même ?

Sœur Bipendu dit qu’elle n’a pas peur d’être contaminée elle-même. Et pour cause ?, un « oui ». Celui donné à Dieu à travers le don de soi vécu dans l’engagement au sein de la vie religieuse. Elle indique que ce « oui » est bel et bien une source d’énergie qui la mobilise pour aller partout où le Seigneur l’emmène. En revanche, s’il y a une peur qu’elle avoue pourtant éprouver, c’est celle « de ne pas être capable d’arriver au chevet des malades et leur porter secours ».

Par ailleurs, Sœur Bipendu avoue que depuis l’avènement de cette pandémie, son horaire n’est pas resté sans subir quelques changements du fait d’un engagement plus que total dans son apostolat qui se fait parfois « de 20 heures à 8 heures du matin ».

Une autre expérience, celle de la mer

Si Sœur Bipendu affronte courageusement l’ennemi invisible du covid-19, ce n’est pas sans avoir eu une expérience antérieure dans des apostolats à haut risque. En effet, la religieuse congolaise a déjà travaillé dans le secteur de l’apostolat de la mer pour secourir les réfugiés et migrants qui traversent la méditerranée. Et le courage pour accomplir cette mission, reconnait-elle, émane de Dieu.

Servir aussi son pays ou son continent ?

La République démocratique du Congo comme beaucoup d’autres pays africains sont pris dans les filets du nouveau coronavirus. Pour avoir vu les dégâts humains que cette maladie est capable de causer, Sœur Bipendu exprime la crainte de voir la maladie prendre les proportions qu’elle a déjà prises en Occident. Les structures sanitaires en Afrique étant inadéquates, elle prie pour que le Seigneur arrête les effets de cette maladie sur le continent où le pire est certainement à craindre. La religieuse se dit toutefois disponible à se mettre au service de son pays si cela lui est demandé. 

Sr Angel Bipendu au micro de Jean-Pierre Bodjoko, SJ

Source : Vaticannews, le 14 avril 2020