Le Pape demande la libération des chrétiens enlevés au Nigeria et au Cameroun

Le lycée de Kebbi, au Nigeria, où 25 jeunes filles ont été enlevées.

Le Pape demande la libération des chrétiens enlevés au Nigeria et au Cameroun

Avant de réciter la prière de l’Angélus ce dimanche, le Saint-Père a lancé un appel à la libération immédiate des élèves, prêtres et fidèles dans les deux pays d’Afrique, faisant part de «sa grande douleur», et souhaité que les églises et les écoles restent «toujours et partout» des lieux sûrs. 

Vatican News

Avant de réciter la prière de l’Angélus ce dimanche devant près de 60 000 fidèles rassemblés place Saint-Pierre, le Pape a lancé un appel vibrant pour demander la libération immédiate des personnes récemment enlevées au Nigeria et au Cameroun, en grande majorité des jeunes étudiants, filles et garçons. «C’est avec une immense tristesse que j’ai appris la nouvelle des enlèvements de prêtres, de fidèles et d’étudiants au Nigeria et au Cameroun», a lancé le Saint-Père depuis le parvis de la basilique après avoir célébré la messe clôturant le jubilé des chorales. 

Léon XIV a dit ressentir «une grande douleur, surtout pour les nombreux jeunes garçons et  filles séquestrés et pour leurs familles angoissées», avant de lancer un appel pressant «pour que les otages soient immédiatement libérés», exhortant «les autorités compétentes à prendre les décisions appropriées et rapides pour assurer leur libération». 

Interrogé mardi dernier à sa sortie de Castel Gandolfo, le Pape avait déjà partagé son inquiétude sur les événements au Nigeria. «Je pense qu’au Nigeria et ailleurs, il existe un danger certain pour les chrétiens, mais aussi pour tous; des chrétiens et des musulmans ont été massacrés. Le terrorisme est lié à l’économie de guerre pour le contrôle des territoires. Malheureusement, de nombreux chrétiens ont péri, et il est essentiel, à mon sens, que le gouvernement et tous les peuples s’efforcent de promouvoir une véritable liberté religieuse», avait-il expliqué aux journalistes. 

Une recrudescence des violences et enlèvements ciblant les chrétiens

Le Pape a enfin demandé «de prier pour nos frères et sœurs, et pour que les églises et les écoles restent toujours et partout des lieux de sécurité et d’espérance». Ces derniers jours, la violence visant en particulier les chrétiens au Nigeria est montée d’un cran, forçant le président Bola Tinubu à reporter un voyage prévu en Afrique du Sud et en Angola pour suivre l’évolution de la situation.

L’Association chrétienne du Nigeria (CAN) a indiqué le 22 novembre que des hommes armés avaient enlevé 315 personnes, élèves et enseignants, dans une école catholique de l’ouest du pays, après déjà un événement similaire de 25 jeunes filles en début de semaine dans un lycée dans le nord-ouest, à Kebbi. Ce dimanche après-midi, la CAN a annoncé que 50 élèves enlevés avaient pu s’échapper et ont retrouvé leurs parents. 

Source : VATICANNEWS, le 23 novembre 2025

Nigeria: appel à la libération du père spiritain Ohaeri


Le prêtre enlevé au Nigeria, le spiritain Gerald Ohaeri.  

Nigeria: appel à la libération du père spiritain Ohaeri

Un père spiritain, Gerald Ohaeri, a été enlevé au Nigeria dans la soirée du samedi 30 novembre après avoir célébré une messe à Enugu dans le Sud-Est du pays. Les membres de la Congrégation du Saint-Esprit appellent à la prière pour sa sécurité et sa libération.

Marie José Muando Buabualo – Cité du Vatican

Selon une note de la province du Sud-Est du Nigeria de la Congrégation du Saint-Esprit, le Père Ohaeri a été capturé près d’Opi, à Nsukka, le long de la route Ugwogo Nike-Opi, alors qu’il retournait à Isienu après avoir célébré une messe à Enugu, capitale de l’État du même nom, dans le sud-est du Nigeria. Selon la presse nigériane, le gang qui a enlevé le prêtre a également tenté de kidnapper un membre du Peoples Democratic Party, l’un des principaux partis du Nigeria.

Sa congrégation sollicite des supplications à Dieu pour qu’il soit libéré

Dans une déclaration rendue publique, dimanche 1er décembre, le secrétaire provincial spiritain, le Père Vitalls Anusionwu, a affirmé que le professeur de l’École de Philosophie, le grand séminaire spiritain fondé en 1965 à Isienu dans le diocèse de Nsukka, a été kidnappé alors qu’il revenait d’une réunion à Enugu. «Nous sollicitons vos prières ferventes et vos supplications à Dieu pour qu’il soit libéré dès que possible et qu’il nous revienne sain et sauf», déclare le père Anusionwu dans ce communiqué.

La route Ugwogo Nike-Opi est depuis longtemps la cible de gangs de kidnappeurs qui, malgré le déploiement massif des forces de sécurité dans la région, continuent d’agir en toute impunité.

Source : VATICANNEWS, le 4 décembre 2024

Pakistan: l’Église dénonce l’usage impropre de la loi pour s’en prendre aux minorités

Rassemblement à Islamabad ce mardi 4 juin pour demander justice après la mort de Nazir Masih, 72 ans, injustement accusé de blasphème. 

Pakistan: l’Église dénonce l’usage impropre de la loi pour s’en prendre aux minorités

Le président de la Conférence épicopale exprime sa profonde douleur après la mort d’un chrétien de 72 ans agressé fin mai par une foule en colère l’accusant injustement de blasphème. L’incident n’est pas isolé, affirme Mgr Samson Shukardin, il reflète un problème systémique. L’évêque de Hyderabad en appelle au gouvernement et aux forces de l’ordre pour protéger les minorités, et demande justice pour Nazir Masih.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

«Dites non à la justice de la rue»proclamait une des banderoles brandies mardi dans la capitale du Pakistan, devant le club de la presse. L’archevêque d’Islamabad-Rwalpindi, accompagné de plusieurs dignitaires chrétiens, de politiciens et de simples paroissiens, a exprimé sa solidarité aux chrétiens de Sargodah et condamné «le très triste incident» qui s’est produit dans cette ville située au nord de la province du Pendjab, à 240km d’Islamabad.

Le 25 mai dernier, une foule armée de bâtons et de pierres s’est rassemblée devant la maison d’un chrétien qu’elle accusait de blasphème. Le propriétaire d’une petite fabrique de chaussure dans la colonie de Mujahid est alors violemment agressé. Il reçoit en particulier plusieurs coups à la tête. Après une intervention de la police qui a arrêté 44 personnes, Nazir Masih, 72 ans, est conduit à l’hôpital local avant d’être transféré à Rawalpindi. Il sera par deux fois opéré mais ne survivra pas à ses blessures, et décèdera lundi 3 juin.

Rassemblement d'Islamabad, mardi 4 juin.
Rassemblement d’Islamabad, mardi 4 juin.

Une profonde tristesse

u nom de la Conférence des évêques du Pakistan qu’il préside, Mgr Samson Shukardin, a présenté ses condoléances à la famille de Nazir Masih et exprimé sa profonde tristesse. «Sa mort est une perte dévastatrice qui pèse lourdement sur nos cœurs et témoigne de la violence insensée qui a causé sa disparition», confie à l’agence Fides Khali Tahir Sandhu, ancien sénateur du Punjab et ex ministre des Droits de l’Homme du gouvernement de la province (2008-2018).

La violence de l’agression, pour un motif qui se révèlera de surcroit infondé, provoque un sursaut parmi la population. Les jours suivant l’agression, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du pays, comme à Peshawar et Karachi.

«La communauté chrétienne et les autres minorités se demandent quand cette brutalité cessera au Pakistan» poursuit l’avocat catholique, «nous implorons la justice et la paix et restons unis dans la condamnation de toutes les formes de violence et de discrimination».

Les autorités appelées à intervenir

Le président de la Conférence épiscopale réitère aujourd’hui la nécessité d’un changement systémique pour éviter de nouvelles tragédies. Ces agressions – car «l’incident n’est pas isolé» témoignent selon Mgr Samson Shukardin de «l’incapacité des gouvernements successifs à réformer les lois qui facilitent de tels abus». Il appelle les autorités à intervenir pour empécher «l’utilisation abusive» de la loi sur le blasphème en vigueur qui «continue de mettre en danger la vie d’innocents». Dans la presse pakistanaise, l’évêque exige la mise en place de mesures pour protéger «réellement» les minorités religieuses ,et il souhaite que justice soit faite pour Nazir Masih et pour tous ceux qui ont subi des violences similaires.

Dans la rue, ceux qui ont manifesté leur soutien à Nazir Masih réclamaient une enquête indépendante et des poursuites judiciaires contre les auteurs de fausses accusations.

Une exigence portée également par le président du Conseil de l’idéologie islamique à Islamabad, rapporte l’agence Fides. Raghib Hussain Naimi a dénoncé le «crime odieux» et qualifié l’attaque par la foule d’«anti-islamique». Exprimant son rejet de la violence collective, il souhaite une enquête sur l’incident et une comparution en justice pour les auteurs des fausses accusations de blasphème. 

Source : VATICANNEWS, le 6 juin 2024

Les chrétiens se mobilisent contre la torture, infligée dans plus de 140 pays

Des chrétiens chaldéens célèbrent la messe à Lourdes en août 2018 Des chrétiens chaldéens célèbrent la messe à Lourdes en août 2018 (AFP or licensors)

Les chrétiens se mobilisent contre la torture, infligée dans plus de 140 pays

Des cas de torture et de mauvais traitements ont été recensés dans plus de 140 pays, soit les trois quarts des pays du monde. À l’occasion de la Journée Internationale de soutien aux victimes de la torture ce lundi 26 juin, le Pape appelle à arrêter cette «horreur». «Il est impératif que la communauté internationale place la dignité de l’individu au-dessus de tout et s’engage sans délai à abolir la torture et à soutenir les victimes» plaide-t-il dans un tweet. 

Jérôme Raymond – Cité du Vatican

Dans sa vidéo mensuelle de prière pour le mois de juin, le Saint-Père dénonce non seulement les formes de torture les plus violentes, mais également celles qui sont «plus sophistiquées comme les traitements dégradants, l’annulation des sens ou les détentions massives dans des conditions inhumaines».

Horrifié par le fait qu’il s’agisse toujours d’une pratique courante, François a fait appel à la communauté internationale afin qu’elle «s’engage concrètement dans l’abolition de la torture et assure le soutien aux victimes ainsi qu’à leurs familles».

Un problème inhumain et universel

Pour Laurence Rigollet, Directrice du pôle Vie militante à L’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT), «c’est un traitement cruel, inhumain et dégradant» qui «peut prendre énormément de formes, elle est donnée par des gens qui ont beaucoup d’imagination», explique-t-elle au micro de Vatican News.

Le problème ne touche pas seulement les dictatures, cela «arrive même dans les démocraties», précise-t-elle. Après les attentats de 2001, les États-Unis ont mis en place dans la prison militaire de Guantanamo, dans le sud-est de Cuba, des entretiens dans des conditions difficiles pour obtenir des informations. Pour Laurence Rigollet, «ce n’est pas comme ça que l’on obtient des informations fiables». «Sous la torture on avoue n’importe quoi», remarque-t-elle.

La responsabilité des chrétiens

La directrice du pôle Vie militante de l’ACAT explique par ailleurs que l’ONG a été créé lors de la guerre du Vietnam, en 1974, dans l’unique but «d’abolir la torture». Pour elle, il est absolument nécessaire que les chrétiens, par souci de «fraternité», s’engagent davantage dans le soutien aux victimes et la lutte contre la torture. «Nous sommes concernés au premier chef», souligne-t-elle.

Depuis 2006, l’ACAT a souhaité ajouter un «côté spirituel supplémentaire» à la Journée Internationale de soutien aux victimes de torture. L’ONG a alors organisé la «nuit des veilleurs», pour prier pour les victimes en répondant ainsi à l’appel du Saint-Père. Avec ses collaborateurs, Laurence Rigollet a identifié des victimes un peu partout dans le monde, «en Afrique, Asie, Amérique du Sud, Moyen-Orient». «On va se rassembler en sensibilisant sur ces personnes qui sont emprisonnées, torturées pour leurs opinions politiques, parce qu’ils sont journalistes ou qu’ils se sont révoltés contre des dictatures», déclare-t-elle. Cette soirée de prière sera aussi l’occasion d’écrire à ces personnes «pour leur dire qu’on ne les oublie pasque pendant 24 heures ils seront dans nos pensées».

L’objectif est de faire entendre parler de ces situations afin de «faire bouger les lignes». L’ONG souhaite en particulier la libération des victimes et la poursuite des enquêtes «entamées lorsqu’il n’y en a pas eu, à la suite de disparitions forcées par exemple».

Source : VATICANNEWS, le 26 juin 2023

Quand l’Union Européenne encourage le blasphème antichrétien

De Nico Spuntoni sur la Nuova Bussola Quotidiana :

L’UE encourage le blasphème et ignore le patronage de saint Benoît

06-05-2023

Les protestations de nombreux députés européens contre l’exposition blasphématoire présentée dans le bâtiment du Parlement européen et représentant un Jésus LGBT, une provocation anti-chrétienne évidente, n’ont servi à rien. De son côté, le député Procaccini (FdI) demande en vain qu’un espace approprié soit dédié au saint patron de l’Europe, Saint Benoît. 

Hier s’est achevée l’exposition des controverses dans le bâtiment du Parlement européen. Dans le bâtiment institutionnel de Bruxelles étaient exposées des photos d’Elisabeth Ohlson représentant, entre autres, un homme habillé en Jésus entouré de motards en tenue sadomasochiste et un couple d’hommes nus allongés sur un lit en forme de croix. L’exposition a été organisée par la députée suédoise du Vänsterpartiet, Malin Björk, qui a envoyé une invitation à ses collègues pour le vernissage, en y joignant l’une des deux photos susmentionnées, ce qui a provoqué les inévitables remontrances de certains d’entre eux.

Le vice-premier ministre italien et ministre des infrastructures, Matteo Salvini, a également pris position contre l’exposition, commentant la nouvelle sur les médias sociaux et parlant de « vulgarité et de manque de respect ». Un autre membre de la Ligue au Parlement européen, Paolo Borchia, a pris la plume pour exprimer son indignation à la présidente Roberta Metsola. La missive a été signée par dix-sept autres députés de la Lega (sur un total de vingt-cinq). Les critiques sont également venues de la délégation du Fdi, avec Carlo Fidanza, Nicola Procaccini, Sergio Berlato et Vincenzo Sofo.

Ce dernier a annoncé qu’il avait formellement demandé – avec ses collègues français Nicolas Bay, François-Xavier Bellamy et l’Espagnol Jorge Buxadé – le retrait de ce qu’il a appelé une « exposition anti-chrétienne blasphématoire ». Une lettre de protestation à la Présidente Metsola a également été envoyée par l’eurodéputée polonaise Izabela Kloc de Pis, pour qui il ne fait aucun doute que les « photographies obscènes sont une profanation délibérée et préméditée des symboles et images chrétiens », demandant des explications sur la manière dont l’exposition a été autorisée et observant que cette affaire démontre que « certaines religions peuvent être librement offensées alors que d’autres ne le peuvent pas », produisant un « acte de réelle discrimination à l’encontre des Chrétiens ».

L’initiative la plus pertinente est cependant celle, officielle, du groupe Ecr, auquel appartiennent les élus de Fratelli d’Italia, qui a envoyé à la présidence du Parlement européen une lettre de désapprobation signée par ses deux présidents : l’Italien Nicola Procaccini et le Polonais Ryszard Legutko, qui est aussi un philosophe bien connu. Dans cette lettre, les deux députés soulignent que « certaines des photographies présentées visent à offenser les sentiments religieux des chrétiens » et doivent être considérées comme « désobligeantes pour notre foi », et qu’elles sont « susceptibles de créer un malaise parmi les visiteurs mineurs dans les locaux du Parlement ». Procaccini et Legutko ont rappelé que « les chrétiens sont actuellement les minorités religieuses les plus persécutées dans le monde » et ont exhorté Metsola à s’exprimer « sans équivoque contre toute forme d’insulte à une religion ».

De son côté, la photographe Elisabeth Ohlson s’est réjouie des réactions polémiques à ses photos et a relancé les articles avec les critiques qui pleuvent sur elle, qualifiant les détracteurs de « fascistes ». L’artiste suédoise a défendu ses œuvres incriminées en affirmant qu’elle voulait communiquer l’amour de Jésus pour les personnes décédées du sida. Il n’était certainement pas nécessaire de recourir à la profanation d’images qui heurtent la sensibilité religieuse des chrétiens pour transmettre ce message. Sainte Teresa de Calcutta s’en est chargée avec des exemples bien différents : elle a ouvert la première maison pour les malades du sida en 1985, au milieu des gratte-ciel de New York, et l’a emblématiquement appelée « Gift of love » (don d’amour). 

Alors qu’il y a une vingtaine d’années, l’eurodéputée Marianne Eriksson s’était vu refuser une demande d’exposition des œuvres d’Ohlson au Parlement européen, ce qui s’est passé ces derniers jours témoigne également de l’avènement d’un climat différent à Bruxelles en ce qui concerne le respect des symboles et des contenus chrétiens. Le député européen et vice-président de Vox, Jorge Buxadé, qualifiant l’exposition de « dégoûtante et misérable » et blâmant à la fois l’auteur et le promoteur, a exprimé son espoir que « lors de la prochaine législature, cela ne sera pas possible ».

En attendant les prochaines élections européennes dans un an, le Bureau du Parlement européen pourrait toutefois remédier partiellement à la situation en donnant le feu vert à une proposition officiellement présentée par Nicola Procaccini, qui a demandé qu’une salle ou tout autre espace à Bruxelles porte le nom de Saint Benoît, le saint patron de l’Europe. A la Bussola, le coprésident du groupe Ecr a expliqué que l’initiative veut rendre hommage au saint « non seulement en tant que protagoniste du christianisme, mais comme une reconnaissance qui va au-delà de l’aspect religieux et qui concerne aussi la civilisation occidentale laïque puisque c’est grâce aux monastères que les trésors de l’antiquité classique ont été sauvegardés et nous ont été transmis ». 

C’est ce qu’a tenté d’expliquer, sans être entendu, saint Jean-Paul II qui, lors de sa visite au Palais européen de Strasbourg en 1988, a affirmé qu’il était de son devoir de « souligner avec force que si le substrat religieux et chrétien de ce continent devait être marginalisé dans son rôle d’inspirateur de l’éthique et de son efficacité sociale, ce n’est pas seulement tout l’héritage du passé qui serait nié, mais c’est encore un avenir de l’homme européen – je parle de tout homme européen, croyant ou non croyant – qui serait gravement compromis ».

Lire également : EU Parliament criticized for displaying ‘vulgar’ depictions of Jesus and apostles

Source : Nuova Bussola Quotidiana, le 6 mai 2023

Interdite de territoire en Turquie, une chrétienne porte plainte devant la Cour européenne des droits de l’homme

« Chacun a le droit de choisir, de vivre et de partager librement sa foi. Malheureusement, les autorités turques continuent de saper la liberté religieuse en tentant délibérément d’étouffer la propagation du christianisme. » 

Une chrétienne interdite d’entrée en Turquie porte plainte devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Pour ADF International, une organisation confessionnelle de défense juridique qui représente cette chrétienne, il s’agit d’un « traitement discriminatoire des chrétiens par la Turquie ».

« Chacun a le droit de choisir, de vivre et de partager librement sa foi. Malheureusement, les autorités turques continuent de saper la liberté religieuse en tentant délibérément d’étouffer la propagation du christianisme », explique Lidia Rieder, juriste pour ADF International.

« Nous déposons le cas de Rachel Zalma (nom modifié pour des raisons de sécurité, NDLR) devant la CEDH pour contester le traitement discriminatoire des chrétiens par la Turquie. Beaucoup d’autres font face à la même interdiction de facto que Rachel et son mari. Ils ont vu leur vie bouleversée simplement à cause de leur foi. Nous espérons que la Cour tiendra la Turquie responsable afin que les chrétiens puissent à nouveau vivre leur vie sans la menace d’expulsion ou d’interdictions de retour incontestées qui pèsent sur eux ».

Rachel Zalma s’est installée avec son mari en Turquie en 2009. Ensemble, ils y ont vécu pendant plus de 11 ans avant d’être considérés comme une « menace à l’ordre public et à la sécurité », ce qui équivaut à une interdiction de territoire.

Le couple a tenté sans succès de contester cette situation devant la Cour constitutionnelle de Turquie et vit désormais au Royaume-Uni.

Source : INFOCHRETIENNE, le 4 mai 2023

PAKISTAN – Une chrétienne et un musulman arrêtés pour blasphème présumé

Lahore (Agence Fides) – Musarat Bibi, une chrétienne analphabète employée à la « Girls Higher Secondary School » de la ville d’Arif-Wala, dans la province pakistanaise du Punjab, a été arrêtée avec un musulman, également employé de l’école, sous l’accusation de profanation du Coran.

Les deux hommes nettoyaient les armoires de la réserve de l’école et brûlaient des déchets, de vieux dossiers et des papiers inutilisables sortis des armoires de la réserve.

Sarmand a reconnu parmi les papiers incendiés quelques pages du Coran, en arabe, et a alerté les autorités de l’école.

Lorsque la nouvelle s’est répandue que des pages du Coran avaient été brûlées, certains élèves et enseignants ont commencé à protester. Grâce à l’appel d’un homme qui s’est identifié comme Kashif Nadeem, la police a été alertée et s’est rendue sur les lieux pour enquêter.

L’administration de l’école a relaté l’incident, a remercié les deux travailleurs d’avoir fait de leur mieux pour retirer les pages identifiées et a qualifié l’incident de « tout à fait involontaire ».

La police a toutefois arrêté Musarat Bibi et Mohammad Sarmand pour blasphème, en vertu de l’article 295-b du code pénal, qui punit l’outrage au Coran.


Cette femme veuve a trois filles, dont deux sont mariées et la plus jeune a 14 ans. La plus jeune a été mise en sécurité par les autres membres de la famille. Musarat travaillait à l’école après la disparition de son mari, qui était instituteur. Les chrétiens vivant dans la région d’Arif-Wala craignent désormais pour la sécurité de Musarat et des quelques autres familles chrétiennes qui y vivent, car par le passé, des personnes simplement accusées de blasphème ont été lynchées par des foules de fanatiques religieux.


Selon Javed Sohatara, un avocat qui assiste la famille, l’accusateur, Kashif Nadeem, a porté des accusations de blasphème contre la veuve chrétienne, parce qu’il est imprégné d’une « idéologie religieuse extrémiste » et qu’il éprouve une haine personnelle à l’égard de cette femme. Selon l’avocat, Kashif Nadeem en veut à l’employée chrétienne parce que l’administration de l’école lui a confié la responsabilité de la cantine scolaire, qui était auparavant gérée par un parent de Kashif, lequel a perdu le contrat. « Au Pakistan, l’accusation de blasphème est une accusation qui met la vie en danger.

Avec cette accusation, l’homme voulait écarter définitivement Musarat Bibi de la cantine de l’école et de son travail, et il y est parvenu », a-t-il ajouté.


Selon des sources de Fides, l’administration de l’école et les responsables civils de la ville sont bien conscients de la réalité et soutiennent la chrétienne et le musulman injustement accusés. « Le soutien de la communauté est un facteur important pour la famille de la victime : on peut espérer qu’il conduise à un bon dénouement de l’affaire », note l’avocat.


Commentant l’incident, Joseph Jansen, directeur de l’ONG « Voice for Justice » au Pakistan, souligne que « les violations des droits de l’homme au Pakistan se multiplient à grande échelle et que, dans de nombreux cas, les lois sur le blasphème servent de prétexte ».

Il note en particulier que « des violences sont commises à l’encontre de femmes appartenant à des communautés religieuses minoritaires, à savoir les femmes hindoues et chrétiennes, et ces violences restent impunies ».

« En raison de l’augmentation des fausses accusations, une peur immense s’est installée dans la communauté de la région d’Arif-Wala, en particulier parmi les travailleuses chrétiennes.

Les femmes sont dissuadées de chercher du travail, ce qui accroît les difficultés financières de leurs familles, augmente la pauvreté et la vulnérabilité, et abaisse encore leur statut social », explique-t-il.
M. Jansen poursuit : « Dans les affaires de blasphème, les plaignants et les témoins qui ont porté de fausses accusations, lorsqu’elles sont prouvées, n’en subissent pas les conséquences et ne sont pas poursuivis pour parjure.

Cette disposition, si elle est mise en œuvre, pourrait contribuer à changer le climat d’impunité et à rendre les personnes impliquées responsables des accusations portées pour nuire à autrui. Un plan d’action visant à mettre fin à l’utilisation abusive de cette loi, utilisée contre les plus vulnérables, est nécessaire de toute urgence depuis de nombreuses années.

Dans plusieurs cas, des individus fanatiques ont utilisé cette loi pour se faire justice eux-mêmes et lyncher les accusés », rappelle-t-il.


Zara Amoon Gill, porte-parole de « Minorities Rights Watch Pakistan », souligne un autre élément : « Ce sont des officiers de police de haut rang, et non de simples agents, qui devraient enregistrer les plaintes et les accusations de blasphème », convenant de la nécessité de « poursuivre les faux témoins ».

Il note. « Nous demandons instamment au gouvernement d’assurer la sécurité des accusés jusqu’au verdict du tribunal afin de les protéger de la violence extrémiste.

Source : Agence Fides, le 2 mai 2023

35 chrétiens tués Vendredi Saint au Nigeria

Des chrétiens assassinés au Nigeria. © AICA
Des Chrétiens Assassinés Au Nigeria. © AICA

35 chrétiens tués Vendredi Saint au Nigeria

Un grande majorité de femmes parmi les victimes

Par Felipe D’Avillez et John Pontifex

Traduction de l’espagnol

Plus de 35 personnes de la Middle Belt, au Nigeria, sont mortes Vendredi Saint lorsque des hommes armés ont ouvert le feu dans un camp de personnes déplacées.

Dans un message envoyé à l’organisation caritative catholique Aide à l’Église en détresse (AED), le P. Remigius Ihyula, du diocèse de Makurdi, a déclaré : « Les Fulani [bergers] sont venus dans un camp de personnes déplacées pour tuer ces âmes innocentes. »

Des rapports provenant de la région, dans l’État de Benue, indiquent que les bergers présumés ont « envahi » l’enceinte d’une école primaire, où les personnes déplacées campaient, et ont commencé à tirer aveuglément, faisant près de 40 blessés graves. Selon les rapports locaux, la grande majorité des personnes tuées sont des femmes.

Le P. Ihyula a déclaré : « L’endroit est bien connu et sert de refuge aux personnes venant des localités voisines, telles qu’Udei qui, de temps à autre, viennent dormir ou rester à l’école par peur et par peur de la mort. »

À côté de l’école se trouve la maison de Zaki Bernard Shawa, qui a également perdu deux enfants dans l’attaque, tandis qu’en face de l’école se trouve l’autoroute Makurdi-Lafia avec un poste de contrôle de la Police. M. Shawa, chef du district de Nyiev, la région où l’attaque a eu lieu, a été cité dans des rapports locaux en disant : « Certains ont été abattus directement dans leur chambre alors qu’ils dormaient, et d’autres, y compris deux de mes enfants, ont été tués alors qu’ils fuyaient. »

Selon le P. Ihyula, les assaillants ont détruit des biens, y compris des véhicules.

Le diocèse de Makurdi compte à lui seul deux millions de personnes déplacées réparties dans sept camps, la plupart d’entre elles sont des chrétiens.

Le P. Ihyula a déclaré à l’AED que la plupart des personnes déplacées étaient auparavant autonomes, mais qu’elles s’appuient maintenant entièrement sur l’aide sociale. Les camps manquent d’équipement de base, comme des lits, la grande majorité des personnes déplacées dorment à même le sol.

L’animosité entre les bergers nomades et les agriculteurs ne date pas d’hier mais le conflit a été aggravé par l’arrivée sur le marché noir d’armes automatiques en provenance de Libye.

La situation s’est également détériorée à cause des dissensions religieuses, la plupart des Fulanis étant des bergers et la majorité des agriculteurs de la région étant chrétiens. 

Il est à craindre que la violence des Fulanis soit attisée par ceux qui veulent éliminer les chrétiens de la région.

Le Nigeria est un pays prioritaire pour l’AED qui y apporte un soutien pastoral et une aide d’urgence, en se concentrant sur la Middle Belt et d’autres régions du nord du pays.

Source : ZENIT.ORG, le 23 avril 2023

Un chrétien libéré après 8 ans de prison

Pakistan Lahore vue aérienne © Attaleiv, Wikicommons
Pakistan Lahore Vue Aérienne © Attaleiv, Wikicommons

Un chrétien libéré après 8 ans de prison

Il avait involontairement brûlé un journal contenant des versets du Coran

(ZENIT News / Lahore, 03.04.2023) – Un chrétien pakistanais, emprisonné pendant près de huit ans, a été libéré après avoir été acquitté par un tribunal de Lahore.

Humayun Allahrakha (anciennement connu sous le nom de Humayun Faisal Masih), aujourd’hui âgé de 32 ans, avait brûlé un journal à Sanda, une ville du district de Lahore, en mai 2015, lorsque des passants musulmans l’ont accusé de blasphème, affirmant que les journaux contenaient des versets du Coran.

Des centaines de personnes ont fui pour sauver leur vie après qu’une foule islamiste se soit déchaînée et ait attaqué des maisons et des lieux de culte chrétiens, notamment l’église catholique locale Saint-Joseph.

Masih, balayeur de rue, a été arrêté par la police avant que la foule n’ait eu le temps de le lyncher, mais il a été inculpé en vertu de l’article 295B du code pénal pakistanais, qui prévoit une peine d’emprisonnement à perpétuité pour la profanation du Coran.

La Commission nationale pour la justice et la paix (NCJP), organisation catholique de défense des droits, s’est battue pour prouver l’innocence de M. Allahrakha et le tribunal de district de Lahore l’a finalement acquitté.

Il a été libéré de prison et placé en lieu sûr, alors que l’on craignait toujours pour sa sécurité.

S’adressant à l’organisation caritative catholique Aid to the Church in Need (ACN)*, le P. Emmanuel ‘Mani’ Yousaf, directeur national du NCJP, a déclaré : « C’est une question de vie ou de mort que de pouvoir aider les accusés dans de telles situations. »

Donnant des détails sur l’incident qui a conduit à sa condamnation, le P. Yousaf a déclaré que M. Allahrakha avait des problèmes de santé mentale et qu’il utilisait le journal pour fumer des stupéfiants. « C’est un toxicomane, il était avec des amis dans un endroit insalubre. Il a pris une feuille de journal et l’a utilisée pour fumer de la drogue. Certaines pages contenaient des versets du Coran. Mais cet homme est analphabète. Il ne savait pas ce qu’il faisait. »

Le P. Yousaf a rendu hommage aux avocats qui, selon lui, ont travaillé sans relâche pour prouver l’innocence d’Allahrakha. Insistant sur le fait qu’Allahrakha quitte la prison dès que possible après son acquittement, le P. Yousaf a déclaré : « Nous voulions nous assurer qu’il ne resterait pas un jour de plus en prison. Il n’y aurait pas été en sécurité. »

Le prêtre a rendu hommage à l’ACN et à son soutien au NCJP, qui fournit une assistance juridique et parajuridique aux chrétiens accusés de blasphème et sensibilise la communauté locale aux questions de justice.

Le P. Yousaf termine en précisant : « L’ACN a toujours été d’une grande aide pour soutenir le NCJP. Cette organisation caritative a été une très bonne alliée pour nous. »

*AED : Aide à l’Église en détresse

Source : ZENIT.ORG, le 7 avril 2023

La basilique d’Angers sauvagement vandalisée et profanée

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Twitter / Maxence Henry

L’église Sainte Madeleine à Angers a été profanée avec une violence rare. Plusieurs statues ont été décapitées, et des crucifix brisés.

La basilique Sainte-Madeleine d’Angers (Maine-et-Loire) a été « sauvagement vandalisée » mercredi 12 avril. Plusieurs statues ont été décapitées, des croix cassées et le maître autel central saccagé. Une messe de réparation aura lieu le dimanche 23 avril.

Plusieurs statues décapitées, des croix cassées, le maître autel central saccagé… C’est un tragique spectacle qu’ont découvert les fidèles présents mercredi 12 avril. La basilique Sainte-Madeleine d’Angers (Maine-et-Loire) a été « sauvagement vandalisée », a dénoncé le maire de la ville, Jean-Marc Verchère (Modem). Il a condamné sur place « cet acte odieux » et a tenu à apporter son soutien « aux paroissiens et à la communauté catholique très affectés par ces dégradations qui interviennent au lendemain des célébrations de Pâques. » Une enquête a été ouverte.

Le tabernacle n’a pas été endommagé et les hosties consacrées n’ont pas été touchées, a affirmé à Aleteia le diocèse d’Angers. « C’est l’autel majeur qui a été vandalisé, l’autel principal sur lequel on célèbre la messe n’a pas été endommagé », témoigne le curé de la paroisse Saint Jean-Paul II, le père Magloire Tossou. « J’ai célébré la messe à 9 heures du matin ce jour-là, les faits ont dû arriver entre midi et deux. Personne n’a rien vu. D’après l’ampleur des dégâts, ils étaient plusieurs, peut-être deux ou trois mais c’est impossible de faire cela tout seul », pense le prêtre. 

Des actes d’une violence inouïe

« C’est d’une violence inouïe. Je suis sous le choc, et mes paroissiens aussi, cela n’était jamais arrivé ici de s’acharner à ce point contre des symboles de la foi. » Un choc d’autant plus dur que les profanations interviennent dans l’octave de Pâques. Malgré tout, « nous ne nous laisserons pas ravir notre espérance. Nous campons dans le Seigneur », affirme le père Magloire. « Nous allons offrir ces actes terribles lors de la messe de ce dimanche, qui est la fête de la Miséricorde divine, afin que le Seigneur les pardonne. Nous souhaitons que les coupables soient retrouvés afin que justice soit faite, mais aussi pour les ramener à de meilleurs sentiments… »

Une messe de réparation aura lieu le dimanche 23 avril en la basilique. Elle sera présidée par Mgr Emmanuel Delmas, évêque d’Angers, qui a exprimé ce jeudi 13 avril dans un communiqué « sa grande tristesse ». » Ces actes de vandalisme sur une église n’atteignent pas que des pierres et des objets : c’est bien notre foi chrétienne qui est touchée. Notre douleur est profonde », a-t-il notamment affirmé.

« Décapitations inadmissibles des statues de l’église Sainte-Madeleine d’Angers. J’exprime tout mon soutien aux catholiques angevins et de France. Tout sera fait pour interpeller les auteurs de cette atteinte au patrimoine religieux », a réagi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sur Twitter. Un vandalisme également « fermement condamné » par la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak.

Pour mémoire, après une vague de profanations dans des églises franciliennes en 2022, Gérald Darmanin avait annoncé le déblocage d’une enveloppe de 4 millions d’euros pour la sécurisation des lieux de culte en France. En 2021, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, il y a eu « 1.659 actes antireligieux », soit 857 actes antichrétiens, 589 actes antisémites et 213 actes antimusulmans.

[EN IMAGES DIAPORAMA ] : L’église de la Madeleine d’Angers sauvagement attaquée

L’église Sainte Madelaine d’Angers profanée

Source : ALETEIA, le 13 avril 2023