Étiquette : Apostolat mondial de Fatima
Prière de Sa Sainteté le Pape Pie XI à Marie Corédemptrice

O Mère de piété et de miséricorde, qui assistiez votre doux Fils tandis qu’Il accomplissait sur l’autel de la croix la Rédemption du genre humain, comme corédemptrice et associée de ses douleurs ; conservez en nous et accroissez chaque jour, nous vous en prions, les précieux fruits de Sa Rédemption et de votre compassion.
Vous êtes la Mère de tous, faites que, dans la pureté des mœurs, dans l’unité des esprits et la concorde des âmes, nous puissions enfin jouir sans inquiétude des dons d’une paix désormais assurée.
Ainsi soit-il !
Pie XI, 28 avril 1935.

L’INTERVIEW / HAUKE – Co-rédemption « inconvenante » ? Réprimander les saints et les médecins

Article tiré de la NBQ du 5 novembre 2025
Pour le directeur de la Société allemande de mariologie, le titre de Co-rédemtrice ne se prête pas à des malentendus sur la seule médiation salvifique du Christ. Si tel était le cas, il faudrait intervenir sur les écrits de Newman et Jean-Paul II.
Nous avons demandé un avis sur certains points critiques de la note doctrinale Mater populi fidelis à don Manfred Hauke, professeur de dogmatique à la faculté de théologie de Lugano, membre de la Pontificia Academia Mariana Internationalis et directeur de la Société allemande de mariologie.
La principale préoccupation de la Note semble se concentrer sur le fait que certains titres mariaux, comme celui de Corédemptrice et Médiatrice de toutes les grâces, occulteraient l’unicité de la médiation salvifique du Christ. À votre avis, ce risque existe-t-il vraiment ?
À mon avis, ce risque n’existe pas dans un contexte catéchétique et théologique sain. Qui pourrait accuser de déséquilibre, par exemple, saint Jean-Paul II, qui a utilisé à plusieurs reprises les deux titres que nous venons d’être mentionnés ? La note elle-même rappelle qu’il a utilisé le titre de « Corédemptrice » « au moins à sept reprises » (n. 18). Peut-être faudrait-il retirer le statut de « docteur de l’Église » au cardinal John Henry Newman, déclaré tel par le pape Léon XIV le 1er novembre dernier, parce que le converti anglais a défendu le titre de « Corédemptrice » contre l’anglican Edward Pusey ? Ou intervenir contre les écrits de saint Alphonse de Liguori, également docteur de l’Église ? Aller contre de nombreux saints, dont sainte Edith Stein et sainte Thérèse de Calcutta ? Les titres mariaux « seconde Eve », « mère de la vie » et « mère de Dieu », selon Newman, sont beaucoup plus forts que le titre critiqué (Lettre à Pusey). Ou peut-être faut-il réprimander le pape Léon XIII, loué par le Souverain Pontife régnant avec le choix de son nom pontifical, qui a accordé l’indulgence à une prière avec le titre marial (en italien) « Corédemptrice du Monde » (Acta Sanctæ Sedis 18, 93) ?
Au contraire, il est plus facile qu’il y ait des malentendus dans le monde protestant, qui nie la coopération de l’homme au salut avec le principe de la seule grâce. Pour cette raison, la Commission théologique du Vatican II a omis « certaines expressions et mots utilisés par les grands Pontifes, qui, bien qu’en eux-mêmes très vrais, ne pouvaient être que difficilement compréhensibles pour les frères séparés (en l’occurrence les protestants). Parmi les autres mots… « Corédemptrice du genre humain » (Acta synodalia, I, 99). Est-il juste de sacrifier une expression en soi « très vraie » pour des raisons œcuméniques ? Cependant, pour les protestants, il n’y a pas que le problème du vocabulaire, mais aussi de la doctrine enseignée par Vatican II sur la coopération singulière de Marie à la rédemption. Un faux œcuménisme peut nuire à la doctrine catholique qui doit être professée dans toute sa richesse. Si l’Église devait supprimer toutes les expressions mal aimées des protestants, elle devrait également supprimer le titre de la Mère de Dieu (Theotokos) mentionné dans la Note (nns. 9, 11, 15). Ici aussi, d’éventuelles idées fausses d’un tel titre pourraient être invoquées chez ceux qui ne sont pas bien catéchisés.
Aujourd’hui, presque tous les journaux, y compris les journaux catholiques, ont le titre que Marie n’est pas Corédemptrice. On reste plutôt étonné de lire qu’un titre, comme celui de la Corédemptrice, qui est en fait entré dans le vocabulaire de la théologie, ainsi que dans l’enseignement des Papes, est soudainement déclaré par la Note “inapproprié” et “inconvenant”.
Le titre « Corédemptrice » est l’expression la plus courte pour exprimer la coopération singulière de Marie à la rédemption. Le malentendu selon lequel Marie serait mis sur un pied d’égalité avec Jésus est évité par la précision que la coopération de Marie dépend totalement du Christ et lui est subordonnée. Interdire un titre court qui exprime une vérité centrale enseignée avec une grande clarté par Vatican II serait assez difficile. Nous tenons cependant compte de la précision du cardinal Fernández dans la présentation initiale : « Il ne s’agit pas de corriger la piété du peuple fidèle de Dieu… ». Les expressions « Co-rédempteur de l’humanité » sont répandues dans le peuple croyant (par exemple dans les appels du message de Fatima de la vénérable servante de Dieu, soeur Lucie) et encore plus « Médiatrice de toutes les grâces » ; cette dernière invocation reprend le titre de la fête liturgique introduite par le pape Benoît XV en 1921 et a même été utilisée par les papes Benoît XVI (Lettre du 10 janvier 2013 à l’archevêque Sigismondo Zimowski) et François : « L’un des anciens titres avec lesquels les chrétiens ont invoqué la Vierge Marie est précisément « Médiatrice de toutes les grâces ». Confiez-lui vos aspirations et vos desseins de bien gardés au plus entime ; que ce soit vous qui vous infectiez la joie de suivre le Christ et de le servir avec un style humble et docile dans l’Église… » (Message à l’archevêque Gian Franco Saba de Sassari, Sardaigne, du 13 mai 2023).
À votre avis, la Note a-t-elle pour but de rejeter que le titre de Corédemptrice ou même des aspects importants de la coopération singulière de Marie à l’œuvre de la Rédemption ?
Malgré les observations critiques sur les deux titres, la Note rapporte la doctrine du magistère conciliaire et pontifical (nn. 4-15), notamment concernant la « coopération singulière de Marie dans le plan du salut » (n. 3 ; voir aussi n. 36s et 42). Le document cite également le texte le plus clair sur ce point, la catéchèse mariale de saint Jean-Paul II du 9 avril 1997, qui distingue la participation de Marie à la rédemption objective menée par le Christ sur terre de notre coopération dans le processus salvifique (n. 3, 37b).
Saint Pie X (Ad diem illum) enseignait que SS. Vierge, en vertu de sa sainteté singulière et association à l’œuvre de la Rédemption, « nous fournit par commodité (de congruo), comme on dit, ce que le Christ nous a procuré par mérite de justice (de condigno) ». Dans la Note, il semble y avoir un frein à cet égard, sinon un renversement, lorsqu’il est affirmé que « seuls les mérites de Jésus-Christ […] sont appliqués dans notre justification » (n. 47). Qu’en pensez-vous ?
La distinction importante de Pie X n’est pas mentionnée, mais il semble qu’il y ait un clin d’œil – malheureusement presque caché – à la distinction entre le mérite de la condigno du Christ et celui du congruo de Marie (nn. 47s). Pour parler d’une extension universelle de la médiation maternelle de Marie en Christ, un rappel à ce type de mérite est indispensable.
Dans les paragraphes de clôture de la Note, un sujet très discuté est proposé, à savoir que Marie SS., selon les mots du pape François, « est plus une disciple que une mère » (n. 73). Qu’y a-t-il de vrai dans cette expression et quels sont les pièges ?
Selon saint Augustin, Marie a conçu la Parole de Dieu d’abord dans son cœur, puis dans son sein (Sermon 215, 4). D’autre part, il n’est pas possible de séparer en Marie l’être disciple et l’être Mère de Dieu, ainsi que la “Mère du peuple fidèle”. La dignité spécifique de Marie vient précisément de sa mission d’être la Mère de Dieu, qui a engendré la nature humaine du Sauveur. C’est également là que se tise la base de toute sa coopération salvatrice.
08.11.2025 – AUDIENCE JUBILAIRE DU PAPE LÉON XIV
Audience jubilaire: le travail doit permettre de faire le bien
Audience jubilaire consacrée au jubilé du monde du travail ce samedi 8 novembre à Rome. Devant 45 000 pèlerins, selon la préfecture de la Maison pontificale, Léon XIV a livré un plaidoyer pour la dignité des travailleurs. Le Pape s’est inspiré du témoignage d’espérance offert par le bienheureux congolais Isidore Bakanja, ainsi que par l’encyclique de Jean-Paul II sur le travail humain, Laborem exercens parue en 1981, un an après la création de l’historique syndicat Solidarnosc.
Delphine Allaire – Cité du Vatican
Le travail doit être «une source d’espérance et de vie» qui permette d’exprimer «la créativité de l’individu et sa capacité à faire le bien». C’est ce qu’a rappelé le Pape Léon XIV dans ses différents saluts aux pèlerins en italien et en polonais, lors de l’audience jubilaire en grande partie dédiée au monde du travail, place Saint-Pierre, samedi 8 novembre.
Offrir stabilité et dignité par le travail
L’évêque de Rome a souhaité en conséquence «un engagement collectif, de la part des institutions et de la société civile, pour créer des opportunités d’emploi valables qui offrent stabilité et dignité, en garantissant surtout aux jeunes de réaliser leurs rêves et de contribuer au bien commun». Léon XIV a évoqué à ce titre l’encyclique de Jean-Paul II Laborem exercensdéployant une vision chrétienne du travail humain. Celle-ci est parue le 14 septembre 1981, 90 ans après Rerum Novarum de Léon XIII, grand Pape de la question sociale, dans le contexte de nouveaux développements technologiques, tels que l’introduction généralisée de l’automatisation, avec des conséquences importantes sur le monde du travail non moins importantes, écrivait Jean-Paul II, que celles provoquées par la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle.
Dans Laborem exercens citée par Léon XIV, l’Église considère qu’il est de son devoir de rappeler sans cesse «la dignité et les droits des travailleurs, de dénoncer les situations où ceux-ci sont violés et de contribuer à orienter ces changements afin qu’ils conduisent à un progrès authentique de l’homme et de la société».
La figure du bienheureux Isidore Bakanja, patron des laïcs de RDC
Dans sa brève catéchèse, le Pape natif de Chicago a souhaité mettre en avant la figure du bienheureux Isidore Bakanja (1885-1909), patron des laïcs du Congo depuis sa béatification par Jean-Paul II. Né en 1885, alors que son pays était une colonie belge, il n’a pas fréquenté l’école, car il n’y en avait pas dans sa ville, mais il est devenu apprenti maçon. Il se lia d’amitié avec les missionnaires catholiques, les moines trappistes: ceux-ci lui parlèrent de Jésus et il accepta de suivre l’enseignement chrétien et de recevoir le baptême, vers l’âge de vingt ans. «À partir de ce moment, son témoignage devint de plus en plus lumineux. Espérer, c’est témoigner: lorsque nous témoignons de la vie nouvelle, la lumière augmente même au milieu des difficultés», a détaillé le Pape augustin. Ouvrier agricole pour un patron européen athée détestant le christianisme et les missionnaires, opposé à l’évangélisation de ses ouvriers, Isidore a subi jusqu’à sa mort mauvais traitements et torture sans perdre l’espérance.
Le témoignage «des jeunes Églises» aux «plus anciennes du Nord»
Cette parole de la Croix est une parole vécue, qui brise la chaîne du mal, a rappelé Léon XIV, estimant que, souvent, «les anciennes Églises du Nord du monde reçoivent de la part des jeunes Églises ce témoignage qui les pousse à marcher ensemble vers le Royaume de Dieu, qui est Royaume de justice et de paix». «L’Afrique, en particulier, demande cette conversion, et elle le fait en nous donnant de nombreux jeunes témoins de la foi», a conclu le Pape missionnaire.
Source : VATICANNEWS, le 8 novembre 2025
08.11.2025 – MESSE À LOURDES
08.11.2025 – MESSE À NOTRE-DAME DE LA GARDE
Non à Marie Co-Rédemptrice, le Vatican sème la confusion

De Luisella Scrosati sur la NBQ :
Non à Marie Co-Rédemptrice, le Vatican sème la confusion
Il est inapproprié de parler de corédemption, déclare le Dicastère pour la doctrine de la foi. Ce titre, utilisé à plusieurs reprises par saint Jean-Paul II, risque selon Fernández « d’occulter la médiation salvifique unique du Christ ». Mais la seule chose obscure ici, c’est ce énième document qui sème la confusion au lieu d’apporter des éclaircissements, à commencer par une reconstruction incorrecte qui minimise la contribution des saints et des théologiens.
5/11/2025
Le mardi 4 novembre, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a publié une Note Doctrinale de 80 paragraphes , approuvée par le pape Léon XIV, dans laquelle il est expliqué que « compte tenu de la nécessité d’expliquer le rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption, il est toujours inapproprié d’utiliser le titre de Corédemptrice pour définir la coopération de Marie » (§ 22, italiques dans le texte). Toujours inapproprié, nous dit le Dicastère ; du moins pour les lecteurs des principales langues dans lesquelles le document a été publié, car le texte anglais se limite à « il ne serait pas approprié », omettant l’adverbe et préférant le conditionnel. Mais puisque quelqu’un a dû décider que les documents originaux de l’Église ne devaient plus être écrits en latin, il est laissé au choix du lecteur quant à la version à privilégier.
Trois jours plus tôt seulement, le samedi 1er novembre, Léon XIV avait proclamé saint John Henry Newman Docteur de l’Église. Un détail important : Newman était parmi ceux qui avaient défendu la possibilité d’utiliser le titre de Corédemptrice. La proclamation du dogme de l’Immaculée Conception (1854) avait troublé, entre autres, le monde anglican. Edward B. Pusey, ami et compagnon de John Henry Newman au sein du Mouvement d’Oxford, formula les objections du monde anglican dans son Eirenicon, auquel Newman répondit par la célèbre Lettre au révérend E.B. Pusey au sujet de son récent Eirenicon, qui constitue son traité mariologique par excellence. Pusey déplorait que la corédemption ne soit pas affirmée « dans des passages isolés d’un auteur de dévotion […], mais dans les réponses officielles adressées par les archevêques et les évêques au pape concernant leurs souhaits quant à la déclaration de l’Immaculée Conception comme article de foi » ( An Eirenicon , Londres, 1865, p. 151-152). Et il ajouta avec déception que « cette doctrine, à laquelle il est fait allusion ici, est développée par les théologiens catholiques romains de toutes les écoles ».
Newman était parfaitement conscient de la connaissance approfondie que Pusey avait de l’enseignement des Pères de l’Église. Il fut donc surpris de pouvoir accuser le monde catholique d’une « quasi-idolâtrie » envers la Vierge Marie, en raison de l’abondance de titres honorifiques et de la densité théologique qui lui sont attribués, car c’était précisément l’« Église indivise », à laquelle Pusey faisait appel, qui se montrait si généreuse en titres mariaux. « Quand on voit que vous, avec les Pères, donnez à Marie les titres de Mère de Dieu, Seconde Ève et Mère de tous les vivants, Mère de la Vie, Étoile du Matin, Nouveau Ciel Mystique, Sceptre de l’Orthodoxie, Mère Immaculée de Sainteté, et autres, on pourrait interpréter vos protestations contre ceux qui lui donnent les titres de Corédemptrice et de Grande Prêtresse comme une maigre compensation pour de tels propos. »
Newman n’aurait jamais imaginé qu’un jour il devrait défendre le titre de Corédemptrice non pas devant un anglican, mais devant le préfet de l’ancien Saint-Office. Rien de moins. La raison pour laquelle le Dicastère supprime le titre de Corédemptrice est son potentiel à engendrer « confusion et déséquilibre dans l’harmonie des vérités de la foi chrétienne, car “il n’y a de salut en aucun autre, car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes par lequel nous devions être sauvés” » ( Actes 4, 12). Et encore : « le danger d’obscurcir le rôle exclusif de Jésus-Christ […] ne serait pas un véritable honneur pour la Mère ». Ces affirmations ne sont pas originales, puisqu’elles sont typiques des objections protestantes, mais sont certainement très curieuses dans un document officiel qui vise à répondre à des questions qui « suscitent fréquemment des doutes chez les fidèles les plus simples » ; car, à l’époque de l’administration Fernández, les Notes doctrinales n’ont plus pour but de clarifier ce qui pourrait paraître confus, mais d’obscurcir ce qui était déjà clair.
Logiquement, si un terme désormais largement employé – non seulement dans la dévotion des fidèles, mais aussi dans les interventions papales et épiscopales et dans les documents officiels de l’Église (pensons aux deux décrets du Saint-Office de 1913 et 1914) – est susceptible d’être mal compris et de ne pas être conforme à la doctrine, le Saint-Siège devrait intervenir pour clarifier et confirmer, et non pour alimenter davantage le malentendu et rejeter un titre déjà établi sur le plan théologique et magistériel.
Car quiconque possède une connaissance même minimale de l’évolution de la réflexion théologique sur la corédemption mariale et de ses clarifications fondamentales sait pertinemment qu’elle ne soutient ni une rédemption parallèle à celle du Christ, ni une nécessité absolue de la collaboration mariale ( de condigno), ni que la Vierge Marie n’ait eu besoin d’être rachetée par le Verbe incarné, son Fils, ni que la Rédemption soit acquise. Autant de points déjà largement établis, mais que Tucho et ses collègues persistent à présenter comme sources de confusion et de danger.
La note va même jusqu’à avancer un critère, tiré de nulle part, qui serait tout simplement risible s’il ne figurait pas tragiquement dans un document officiel du Saint-Siège : « Lorsqu’une expression requiert des explications nombreuses et continues pour éviter qu’elle ne s’écarte de son sens correct, elle ne sert pas la foi du Peuple de Dieu et devient inappropriée. » Il convient de demander au cardinal Fernández et à Mgr Matteo s’ils croient réellement ce qu’ils écrivent ; car, suivant ce principe, il faudrait abroger pratiquement tous les dogmes mariaux. Et ce n’est pas tout. Le titre de Théotokos n’a-t-il jamais exigé – et exige-t-il toujours – de telles explications ? Le dogme de l’Immaculée Conception ne nécessite-t-il pas d’être constamment expliqué pour éviter de penser que la Vierge Marie est exemptée de la rédemption du Christ ? Les formulations du dogme trinitaire ou christologique n’exigent-elles pas elles aussi de « nombreuses et continues explications » ? Seraient-elles pour autant « inappropriées » et nuisibles à la foi du Peuple de Dieu ? Le principe énoncé par cette note sonne le glas de toute définition dogmatique et de la théologie elle-même.
La présentation de l’histoire de la doctrine de la corédemption est totalement erronée. L’extraordinaire contribution de nombreux saints et théologiens est balayée d’un revers de main en un seul paragraphe (§ 17), signe évident que l’intention de cette note n’était certainement pas de faire le point sur la situation, mais de s’attaquer à la corédemption. Un autre mépris se manifeste dans la maigre mention de l’enseignement des pontifes, en particulier celui de saint Jean-Paul II, avant de consacrer deux longs paragraphes à la position de Ratzinger (alors cardinal).
La raison de ce choix est facile à comprendre : Ratzinger, de concert avec le pape François, auquel l’intégralité du paragraphe 21 est dédiée, serait l’ autorité compétente pour affirmer que le titre de Corédemptrice est inapproprié. À y regarder de plus près, dans son vote de 1996, en tant que préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Ratzinger ne rejetait pas le titre, mais estimait que la réflexion théologique n’était pas encore suffisamment mûre pour attribuer à la Vierge Marie le titre de Corédemptrice et Médiatrice ; son opposition à ce titre, cependant, se limite à une simple interview de 2002 (dans laquelle, entre autres, il se déclarait favorable à la doctrine sous-jacente, comme expression du fait que le Christ veut tout partager avec nous, même sa qualité de Rédempteur). Une opinion est privilégiée dans la Note plutôt que, par exemple, la présentation de l’enseignement plus systématique de Jean-Paul II sur la corédemption mariale ; le pontife polonais (comme ses prédécesseurs) n’avait pas hésité à employer à maintes reprises ce titre, que Tucho nous explique maintenant être inapproprié et malvenu. Jean-Paul II, de toute évidence, prenait plaisir à « obscurcir l’unique médiation salvifique du Christ ».
Une fois de plus, le cardinal Fernández se confirme comme un instigateur de doutes et d’erreurs, comme ce fut déjà le cas avec les réponses à certaines questions soulevées par Amoris Lætitia, avec la bénédiction des couples homosexuels, avec la peine de mort et la dignité humaine. Il aurait dû être le premier préfet à être démis de ses fonctions avec le nouveau pontificat, et au lieu de cela, nous le voyons enhardi à poursuivre son œuvre de confusion. Le mal a encore le temps de mettre à l’épreuve la patience divine et de tester la foi des chrétiens.
Source et traduction : BELGICATHO, le 5 novembre 2025
Le Cœur Immaculé de Marie aide l’humanité à entrer dans le mystère du véritable amour (II)

Le Cœur Immaculé de Marie aide l’humanité à entrer dans le mystère du véritable amour (II)
Q. Quelle est l’importance de la foi dans l’accomplissement de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie ?
R. La foi est très importante, elle est nécessaire, mais elle n’est pas la fin de la Révélation. La foi est la condition de l’amour pur, mais en réalité, il est possible d’avoir une grande foi sans amour. Saint Jacques affirme que cette foi est morte. Vous pouvez avoir une grande foi, être un théologien célèbre, mais vous ne serez pas vivant si vous n’unissez pas votre existence au mystère de Dieu révélé par sa mère et notre mère. Le Cœur Immaculé de Marie aide l’humanité à entrer dans le mystère du véritable amour de Dieu. C’est un mystère largement méconnu, même dans l’Église, car il est facile de disserter sur « l’amour ». Mais si vous y regardez de plus près, que signifie réellement ce mot « amour » ? Quel est l’amour de Dieu que vous expérimentez dans votre vie ? Beaucoup de Chrétiens confondent l’amour avec les sentiments, la passion, l’attirance, ou le plaisir.
Non, le véritable amour est l’acte de se donner à Dieu et, par conséquent, à nos frères, car ils sont créés à l’image de Dieu : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».Nous sommes capables de cet amour parce que Dieu nous a aimés le premier et veut que nous l’aimions en retour.
Q. Quel est le lien entre le Cœur immaculé et le Sacré-Cœur de Jésus ?
R. Le Cœur immaculé de Marie est non seulement le modèle de cet amour pur, mais il est aussi, avec le Sacré-Cœur de Jésus, la cause méritoire de notre rédemption. Les Cœurs sacrés et immaculés de Jésus et de Marie ont offert à Dieu le sacrifice que Dieu lui-même avait préparé pour réconcilier toute l’humanité avec lui. Grâce au sacrifice de ces deux cœurs, l’amour de Dieu afflue à nouveau dans l’âme des hommes. Grâce à cet amour, nous pouvons dire « Notre Père » parce que nous sommes véritablement devenus ses enfants. Mais nous pouvons et devons aussi dire « Je vous salue Marie » parce que, par cet amour, elle est véritablement devenue notre Mère.
Dieu veut établir la dévotion au Cœur Immaculé dans le monde, car le monde doit reconnaître avec la plus grande gratitude ce que ce cœur a fait pour lui : il s’est sacrifié pour son salut éternel. Jésus et Marie, le Rédempteur et la Co-rédemptrice, sont les médiateurs universels de l’amour surnaturel, qui est la vie divine en nous, comme Adam et Ève étaient les médiateurs de la vie humaine naturelle.
En Angleterre une théologie plus approfondie de l’Immaculée Conception a vu le jour, avec Guillaume de Ware et le bienheureux Jean Duns Scot, à la fin du XIIIe siècle à Oxford. Ils appartiennent à ce courant théologique de la primauté de l’amour, de la primauté des actes libres de la volonté en accord avec la vérité de la foi, où toute la théologie converge.
Edward Pentin. 18 août 2025 pour EWTN Vatican (Adapté ; article initialement publié dans le National Catholic Register)
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
08.11.2025 – SAINT DU JOUR

Saint Geoffroy
Évêque d’Amiens
(*1066 † 1115)
Son monastère dépérissait avec six moines quand ceux-ci le choisirent comme abbé. En peu d’années, le monastère de Nogent dans la Marne devient l’un des plus florissants. En réponse à l’insistance de l’évêque de Reims, il accepte de devenir évêque d’Amiens ce qui lui causa bien des soucis. La plupart des membres du clergé étaient à la solde des grands seigneurs qui eux-mêmes menaient une vie impossible aux marchands et aux braves gens de la « Commune d’Amiens ».
St Geoffroy, privé d’amis pour le soutenir, gagne la Grande Chartreuse pour vivre en paix. Mais forcé de revenir, il reprend ses fonctions un an après et il meurt au bout de quelques mois à l’abbaye de Saint Crépin de Soissons. Aucun membre du clergé d’Amiens ne se dérangera pour venir rechercher son corps.
Source : Nominis
Saint Geoffroy, priez pour nous !

08.11.2025 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 16,9-15.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande.
Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ?

Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

Quand ils entendaient tout cela, les pharisiens, eux qui aimaient l’argent, tournaient Jésus en dérision.
Il leur dit alors : « Vous, vous êtes de ceux qui se font passer pour justes aux yeux des gens, mais Dieu connaît vos cœurs ; en effet, ce qui est prestigieux pour les gens est une chose abominable aux yeux de Dieu. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :
Saint Gaudence de Brescia (?-après 406)
évêque
Sermon 18 ; PL 20, 973-975 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 442)
« Faites-vous des amis avec l’argent trompeur »
Ces amis qui obtiendront notre salut sont évidemment les pauvres, car, selon la parole du Christ, c’est lui-même, l’auteur de la récompense éternelle, qui recueillera en eux les services que notre charité leur aura procurés. Dès lors, les pauvres nous feront bon accueil, non point en leur propre nom, mais au nom de celui qui, en eux, goûte le fruit rafraîchissant de notre obéissance et de notre foi. Ceux qui accomplissent ce service de l’amour seront reçus dans les demeures éternelles du Royaume des cieux, puisque le Christ dira : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis le commencement du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire » (Mt 25,34)… Le Seigneur ajoute, finalement : « Et si vous n’avez pas été dignes de confiance pour des biens étrangers, le vôtre, qui vous le donnera ? » En effet, rien de ce qui est dans ce monde ne nous appartient vraiment. Car nous qui attendons la récompense future, nous sommes invités à nous conduire ici-bas comme des hôtes et des pèlerins, de façon que nous puissions tous dire au Seigneur avec assurance : « Je suis un étranger, un passant comme tous mes pères » (Ps 38,13). Mais les biens éternels appartiennent en propre aux croyants. Ils se trouvent au ciel, là où, nous le savons, « sont notre cœur et notre trésor » (Mt 6,21), et où — c’est notre intime conviction — nous habitons dès maintenant par la foi. Car, selon l’enseignement de saint Paul : « Nous sommes citoyens des cieux » (Ph 3,20).

LECTURES :
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 16,3-9.16.22-27.
Saluez de ma part Prisca et Aquilas, mes compagnons de travail en Jésus Christ,
eux qui ont risqué leur tête pour me sauver la vie ; je ne suis d’ailleurs pas seul à leur être reconnaissant, toutes les Églises des nations le sont aussi.
Saluez l’Église qui se rassemble dans leur maison. Saluez mon cher Épénète, qui fut le premier à croire au Christ dans la province d’Asie.
Saluez Marie, qui s’est donné beaucoup de peine pour vous.
Saluez Andronicos et Junias qui sont de ma parenté. Ils furent mes compagnons de captivité. Ce sont des apôtres bien connus ; ils ont même appartenu au Christ avant moi.
Saluez Ampliatus, qui m’est cher dans le Seigneur.
Saluez Urbain, notre compagnon de travail dans le Christ, et mon cher Stakys.
Saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix. Toutes les Églises du Christ vous saluent.
Moi aussi, Tertius, à qui cette lettre a été dictée, je vous salue dans le Seigneur.
Gaïus vous salue, lui qui me donne l’hospitalité, à moi et à toute l’Église. Éraste, le trésorier de la ville, et notre frère Quartus vous saluent.
[…]
À Celui qui peut vous rendre forts selon mon Évangile qui proclame Jésus Christ : révélation d’un mystère gardé depuis toujours dans le silence,
mystère maintenant manifesté au moyen des écrits prophétiques, selon l’ordre du Dieu éternel, mystère porté à la connaissance de toutes les nations pour les amener à l’obéissance de la foi,
à Celui qui est le seul sage, Dieu, par Jésus Christ, à lui la gloire pour les siècles. Amen.

Psaume 145(144),2-3.4-5.10-11.
R/ Mon Dieu, mon Roi, je bénirai ton nom toujours et à jamais ! (Ps 144, 1)
Chaque jour je te bénirai,
je louerai ton nom toujours et à jamais.
Il est grand, le Seigneur, hautement loué ;
à sa grandeur, il n’est pas de limite.
D’âge en âge, on vantera tes œuvres,
on proclamera tes exploits.
Je redirai le récit de tes merveilles,
ton éclat, ta gloire et ta splendeur.
Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits.
