Origine de la fête selon la tradition catholique et le dogme promulgué par le pape Pie IX
Le 8 décembre marque la fête de l’Immaculée Conception.La célébration de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie – située dans les premiers jours de la nouvelle année liturgique et du temps de l’Avent – nous rappelle la destinée unique de cette femme juive, choisie par Dieu. Pour la foi chrétienne, Marie est indissociable de l’enfant qu’elle a porté, Jésus, en qui s’est totalement manifesté le Dieu vivant. Elle est appelée, depuis le concile d’Éphèse (431), « Mère de Dieu ». Selon la tradition catholique, depuis le dogme promulgué par le pape Pie IX, le 8 décembre 1854, elle est déclarée préservée du péché originel dès sa naissance.
Un dogme est une vérité de foi solennellement proclamée par le Pape pour être accueillie par l’Église. Ainsi, le 8 décembre 1854, dans la Bulle Ineffabilis Deus, le pape Pie IX déclarait : « Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout puissant, en vue des mérites de Jésus Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu’ainsi elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles ». En d’autres termes, pour accueillir le Fils de Dieu, Marie ne pouvait avoir en son coeur aucune trace d’hésitation ou de refus. Dieu avait besoin que le don de son amour rencontre une foi parfaitement pure, une âme sans péché. Seule la grâce (le don gratuit de Dieu) pouvait ainsi la préparer, et elle en est comblée (Évangile selon saint Luc, chapitre 1). Comme un fruit anticipé du pardon offert par Jésus sur la croix, Marie (qui a été conçue normalement, par l’union de son père et de sa mère) est immaculée, pure de tout péché, et préservée de cette séparation d’avec Dieu qui marque l’homme dès le début de son existence, le péché originel. « Pour la plupart des gens, « l’immaculée conception » voudrait dire que Marie est devenue mère, a conçu Jésus, par l’action de l’Esprit Saint, sans relation conjugale. Comme si la relation conjugale était, par elle-même, un péché. Ce n’est pas du tout ce que dit la foi chrétienne. Si le mariage était un péché, il ne pourrait être un sacrement[…] rappelle Mgr Jacques Perrier, évêque émérite de Tarbes et Lourdes. » Que voulait dire Pie IX ? Que fête l’Église catholique le 8 décembre ? Ceci : Marie, dès l’origine, a été totalement étrangère au péché. C’est pourquoi, dans toutes les apparitions, elle se montre toujours merveilleusement belle, rayonnante de lumière et de bonté. Lourdes et l’Immaculée Les apparitions de Lourdes ont eu lieu quatre ans après la proclamation solennelle du dogme de l’Immaculée Conception par le pape Pie IX. Le 25 mars 1858, dans la grotte humide et sombre de Massabielle, Marie converse familièrement avec Bernadette qui l’interroge ; elle lui dit son nom : « Je suis l’Immaculée Conception ».
Le 760ème anniversaire de la naissance du théologien et philosophe écossais franciscain Duns Scot nous permet de revenir sur l’histoire de la doctrine de l’immaculée Conception, dont nous célébrons la fête le 8 décembre.
Marie, la première rachetée
Dans son audience générale du 5 juin 1996, §4, le saint pape Jean-Paul I expliquait que la Vierge Marie est « la première rachetée par le Christ, celle qui a eu le privilège de ne pas être soumise au pouvoir du mal et du péché ; elle est le modèle parfait et l’icône de cette sainteté (cf. LG 65), à laquelle nous sommes appelés dans notre vie, avec l’aide de la grâce du Seigneur. »
L’apport de Duns Scot et le sensus fidei
Le peuple de Dieu et la liturgie ont précédé les théologiens, par l’intuition de la sainteté de Marie : la foi en la conception Immaculée de Marie était en effet déjà présente et célébrée dans le peuple de Dieu, mais les théologiens du Moyen Age, dominicains et franciscains, soucieux de fonder dans la raison cette question, disputaient sans trouver d’accord.
Duns Scot a trouvé la clé nécessaire à l’édification du dogme : il a situé la préservation du péché originel par Marie dans la perspective du salut. Pour pouvoir porter le Christ en Elle, Marie a été préservée du péché, sauvée par anticipation, par une grâce venant déjà de la mort de Son Fils, selon le dessein de Dieu. Elle est la première rachetée, et c’est grâce à cette préservation totale du mal que la Vierge Marie est accueillante aux pécheurs, Elle qui est la Mère de la Miséricorde.
L’intuition du peuple de Dieu, antérieure au travail des théologiens, se nomme le « sensus fidei surnaturel ». C’est cette capacité, dispensée par l’Esprit Saint, d’embrasser la réalité de la foi, avec l’humilité du cœur et de l’esprit.
La « confirmation céleste » du dogme de l’Immaculée Conception
En 1854, tardivement, le pape Pie IX a proclamé l’Immaculée Conception comme un dogme marial, Ineffabilis Deus. 4 ans plus tard, en 1858, la Vierge Marie, répondant à sainte Bernadette à Lourdes, qui lui demandait son nom, s’est révélée comme « l’Immaculée Conception ». Cette révélation, qui est plus qu’une « confirmation céleste », selon les mots du pape Pie XII, est un signe de la réalité de la foi. C’est aussi une preuve de la sollicitude de la Vierge Marie, qui a ainsi confirmé ce dogme.
Prions Marie qui défait les nœuds de dénouer ceux des personnes qui ne croient pas à ce privilège marial, afin qu’ils puissent accéder, dans l’humilité, à cette profonde compréhension du mystère marial et de sa maternité.
Il n’y a aucune opposition entre Dieu et l’être de Marie
La lumière qui émane de la figure de Marie nous aide aussi à comprendre le vrai sens du péché originel.
En Marie, en effet, cette relation avec Dieu que le péché brise est pleinement vivante et agissante. En elle, il n’y a aucune opposition entre Dieu et son être : il y a pleine communion et pleine entente. Il y a un « oui » réciproque de Dieu à elle et d’elle à Dieu. Marie est libre du péché parce qu’elle est toute de Dieu, totalement expropriée par Lui. Elle est pleine de sa Grâce, de son Amour.
La doctrine de l’Immaculée Conception de Marie exprime la certitude de foi que les promesses de Dieu se sont réalisées : que son Alliance ne faillit pas mais qu’elle a produit une racine sainte, d’où a germé le Fruit béni de tout l’univers, Jésus, le Sauveur. L’Immaculée démontre que la Grâce est capable de susciter une réponse, que la fidélité de Dieu sait engendrer une foi vraie et bonne.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
« Qui n’est pas ivre de saint Charbel, n’est pas digne d’être Libanais ». L’expression, tirée d’une hagiographie, résume bien la dévotion que les Libanais, chrétiens, mais pas seulement, restés aux pays ou émigrés, ont pour leur saint ermite. Joseph naquit à Biqa kafrä (Nord du Liban) en 1828, dans une famille maronite et paysanne. Son père, laboureur, réquisitionné par l’administration ottomane pour mener des travaux de forces, mourra d’épuisement quand Joseph n’a que quatre ans. En grandissant, l’enfant se découvre très vite une profonde vocation pour la prière et le silence. À 23 ans, il décide de quitter le monde et de se faire ermite sous le nom de Charbel. C’est au bout de 17 ans que le père abbé du monastère Saint-Maron à Annaya accéda à sa demande. Le moine vécut encore 23 ans dans un ermitage et mourut le 24 décembre 1898. Son supérieur résuma sa vie par ces mots : « sa conduite fut plus angélique qu’humaine. » Peu de temps après sa montée au ciel, des lumières apparurent sur sa tombe. Dans les années 1950, une huile se mit à suinter de son cercueil. Très vites les pèlerins affluèrent, la terrible guerre civile qui secoua le pays, de 1975 à 1990, ne les empêchèrent pas d’accéder chaque fois plus nombreux au sanctuaire, dans la Vallée Sainte. Procession, récitation du chapelet, baisers posés sur une croix ou une image… le documentaire qui donne notamment la parole à des miraculés, rend fidèlement compte de cette profonde ferveur des libanais pour saint Charbel qui n’a rien perdu de son actualité.
Saint Ambroise Évêque de Milan et Docteur de l’Église
Ambroise naît vers 340 à Trèves (Allemagne) où son père était préfet du prétoire pour les Gaules.
A la mort de son père, sa mère, qui était une pieuse chrétienne, alla habiter Rome avec ses trois enfants. Après des études classiques et juridiques, Ambroise parcourut rapidement une brillante carrière administrative. Ses plaidoiries ayant attiré sur lui l’attention, le préfet du prétoire de Valentinien Ier le nomma gouverneur de l’Émilie et de Ligurie, en résidence à Milan, avec le titre consulaire (374).
L’évêque légitime de Milan, saint Denis, était mort en exil, et l’intrus arien Auxence, qui venait de mourir, avait, durant près de vingt ans, opprimé les catholiques.
Survenant, comme un pacificateur, dans une élection épiscopale que des divergences tumultueuses rendaient difficile, Ambroise, quoique simple catéchumène, sur le cri d’un enfant, fut acclamé évêque et malgré ses résistances, ne put se dérober à une charge aussi lourde qu’imprévue. Les évêques d’Italie et l’Empereur donnèrent leur approbation au choix du peuple de Milan. Ambroise fut baptisé et, huit jours plus tard, fut consacré évêque (7 décembre 374).
On sait comment le nouvel évêque comprit la mission qu’il avait reçue d’une manière si providentielle. Ambroise fut le fléau des ariens et le vaillant défenseur de la vraie foi. Parmi toutes ses vertus, l’énergie, une fermeté tout apostolique, semble avoir été la principale.
Un jour on vient lui apporter un ordre injuste signé par l’empereur Valentinien : « Allez dire à votre maître, répondit Ambroise, qu’un évêque ne livrera jamais le temple de Dieu. »
Bientôt il apprend que les hérétiques ariens, soutenus par l’autorité, vont s’emparer de deux basiliques : « Allez, s’écria Ambroise du haut de la chaire sacrée, dire aux violateurs des temples saints que l’évêque de Milan excommunie tous ceux qui prendront part au sacrilège.»
Le fait le plus célèbre, c’est le châtiment qu’il osa imposer à l’empereur Théodose. Ce prince, les mains encore souillées du sang versé au massacre de Thessalonique, se présente au seuil du temple. Ambroise est là : « Arrêtez, lui dit-il ; imitateur de David dans son crime, imitez-le dans sa pénitence. »
Saint Ambroise fut un grand évêque, un savant docteur, un orateur éloquent, un homme de haute sainteté. Il meurt à Milan dans la nuit du 3 au 4 avril 397 ; c’était l’aube du Samedi Saint.
Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 3,1-12.
En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.’ Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.
Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion. N’allez pas dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père” ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Livre d’heures du Sinaï (9e siècle)
Canon au Précurseur, SC 486 (Sinaiticus graecus 864 ; trad. Sr Maxime Ajjoub, éd. du Cerf, 2004, p. 345-349 ; rev.)
Tends-moi la main, bienheureux Précurseur !
Sur le rocher solide de la foi en toi, affermis ma résolution et fortifie, Seigneur, la sagesse, puisque en toi, Très Bon, je possède un refuge et une forteresse. Accorde-moi de revenir maintenant de mon égarement sur la bonne route, et tends-moi la main, bienheureux Précurseur, à moi continuellement balloté sur l’océan des maux. Je vis dans l’insouciance, et la cognée est proche : accorde-moi, par tes instances, de me redresser, Précurseur digne de louange, que je ne sois pas, comme un arbre sans fruit, envoyé au feu qui ne s’éteint pas. Le Jour terrible est aux portes, et je suis chargé de fardeaux accablants : ôte-moi de ce poids, toi qui as baptisé le Seigneur, par tes très pures supplications. Mère de Dieu, tu t’es montrée le trône de Dieu, sur lequel il s’est assis dans la chair pour relever de la chute originelle les hommes qui te célèbrent avec des paroles d’action de grâce. J’ai entendu, Seigneur, ce que tu as fait entendre et j’ai été saisi de crainte, j’ai considéré tes œuvres et j’ai été dans la stupeur : gloire à ta puissance, Seigneur ! Guéris, je t’en supplie, ô Précurseur, mon cœur blessé par les attaques des brigands, avec le remède énergique de ta divine intercession. Jette à bas, ô Précurseur, le péché encore vivace dans mon âme, et donne-moi maintenant de me redresser, alors que je glisse vers les voluptés. Montre-toi pour nous un port, ballotés que nous sommes sur l’océan de la vie, et change en tranquillité, ô trois fois Bienheureux, toute l’agitation des flots. Ne me juge, je t’en supplie, Seigneur, selon mes œuvres, mais montre-toi indulgent envers moi, celle qui t’a enfanté t’en supplie avec le Baptiste.
LECTURES :
Livre d’Isaïe 11,1-10.
En ce jour-là, un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur
– qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs. Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays ; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant. La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins. Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main. Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer. Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.
Psaume 72(71),1-2.7-8.12-13.17.
R/ En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des temps. (Ps 71, 7)
Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice. Qu’il gouverne ton peuple avec justice, qu’il fasse droit aux malheureux !
En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des lunes ! Qu’il domine de la mer à la mer, et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !
Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours. Il aura souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie.
Que son nom dure toujours ; sous le soleil, que subsiste son nom ! En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ; que tous les pays le disent bienheureux !
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 15,4-9.
Frères, tout ce qui a été écrit à l’avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire, afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance. Que le Dieu de la persévérance et du réconfort vous donne d’être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus. Ainsi, d’un même cœur, d’une seule voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu. Car je vous le déclare : le Christ s’est fait le serviteur des Juifs, en raison de la fidélité de Dieu, pour réaliser les promesses faites à nos pères ; quant aux nations, c’est en raison de sa miséricorde qu’elles rendent gloire à Dieu, comme le dit l’Écriture : ‘C’est pourquoi je proclamerai ta louange parmi les nations, je chanterai ton nom.’
Le 8 décembre, hommage du Pape à l’Immaculée Conception sur la place d’Espagne
Lundi 8 décembre, Léon XIV se rendra à 16 heures sur la place Mignanelli, à quelques pas de la place d’Espagne à Rome, pour prier au pied de la colonne surmontée de la statue de la Vierge. Le Saint-Père accomplira donc le traditionnel acte de dévotion à l’effigie mariale. L’année dernière, le Pape François avait prié aux pieds de la statue de Marie et lui avait confié le Jubilé de l’espérance.
Vatican News
Tradition et dévotion s’entremêlent dans l’hommage à l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, à l’occasion de la solennité célébrée le lundi 8 décembre. Des représentants de la ville de Rome et diverses organisations prieront et déposeront des fleurs devant la statue de la Vierge sur la place Mignanelli, dans le centre-ville de la capitale italienne, et le Pape Léon XIV accomplira également le traditionnel acte de dévotion à l’effigie mariale. L’année dernière, le 8 décembre 2024, c’est le Pape François qui avait prié aux pieds de Marie et lui avait confié le Jubilé imminent, «un message d’espoir pour l’humanité éprouvée par les crises et les guerres». Léon XIV se retourne vers la Vierge Marie quelques semaines avant la fin de l’Année sainte.
L’arrivée du Pape Léon XIV
Le Vicariat de Rome, dans un communiqué, annonce que les premiers à déposer des fleurs devant la statue de l’Immaculée, comme le veut la tradition, seront les pompiers, en l’honneur des 220 collègues qui ont inauguré l’œuvre le 8 décembre 1857. À 7 heures du matin, ils monteront au sommet pour déposer leur couronne de fleurs sur le bras de la Vierge. Dans l’après-midi, à 16 heures, le Pape arrivera et sera accueilli par le cardinal Baldo Reina, vicaire pour le diocèse de Rome, et le maire Roberto Gualtieri. Il s’arrêtera en prière au pied de la colonne de 12 mètres de haut, au sommet de laquelle se trouve la statue de la Vierge, et déposera une couronne de fleurs. La journée sera ponctuée d’une série de rendez-vous: à 8h30, la fanfare de la Gendarmerie vaticane interprétera un hymne à la Vierge Marie; puis rendront hommage à la Vierge Marie la paroisse de Sant’Andrea delle Fratte, l’Ordre souverain de Malte, la Légion de Marie,le Cercle Saint-Pierre, la Fondation Don Gnocchi, l’Unitalsi et plusieurs établissements scolaires. À 9h, dans l’église de la Trinité-des-Monts, il y aura une messe présidée par Mgr Francesco Pesce, responsable diocésain de la pastorale sociale et du travail, avec les travailleurs de certaines entreprises romaines.
La neuvaine à Marie
Les frères mineurs conventuels de la basilique des Saints-Apôtres de Rome animeront la journée. Dans cette basilique se tient d’ailleurs la plus ancienne neuvaine à l’Immaculée Conception de Rome: du 29 novembre au 7 décembre, chaque jour, à 17h45, est prévue la récitation du chapelet et le chant des litanies; puis, à 18h30, la messe introduite par le chant du «Tota Pulchra», composé par le frère mineur conventuel Alessandro Borroni.
Les messes célébrées par les cardinaux
Mercredi, 3 décembre, la messe aux Saints-Apôtres sera présidée par le cardinal Angel Fernandez Artime, pro-préfet du dicastère des Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique. Jeudi 4, ce sera au tour du cardinal Claudio Gugerotti, préfet du dicastère pour les Églises orientales; vendredi 5 décembre, le cardinal Rolandas Makrickas, archiprêtre de la basilique papale Sainte-Marie-Majeure, présidera la liturgie. Enfin, le samedi 6, le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère des Causes des Saints, célébrera la messe; le dimanche 7, ce sera au tour du cardinal Mauro Gambetti, vicaire général de Sa Sainteté pour la Cité du Vatican. Lundi 8, la célébration eucharistique solennelle sera présidée par le cardinal Leonardo Sandri, vice-doyen du Collège cardinalice.
N’obtenez-vous pas, par vos prières, tout ce que vous voulez ?
Ô Marie, soyez L’étoile qui me guide, ma lumière dans les ténèbres, mon courage dans l’épreuve, mon refuge dans la douleur. Ô Marie pleine de clémence, Ô ma Mère, ne m’abandonnez jamais. Obtenez-moi de partager bientôt votre bonheur dans la félicité des anges et des saints.
Par vos mains toutes pures, Dieu répand l’abondance de ses grâces et de ses faveurs : Marie, mon espérance, priez pour moi et je serai sauvée. N’obtenez-vous pas, par vos prières, tout ce que vous voulez ? J’en suis indigne, je le sais, mais je sais aussi que vous n’abandonnez jamais ceux qui aiment.
Marthe Robin
In Journal, décembre 1929- Novembre 1932, Editions Les Cahiers de Marthe Robin, p. 305
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Sur le chemin du Ciel avec le Cœur Immaculé de Marie
Lettre de liaison n° 180 du 5 décembre 2025
Chers amis,
Une fois de plus, l’actualité nous contraint à suspendre provisoirement la suite de nos réflexions sur le message de Fatima pour traiter deux sujets importants.
Jubilé des premiers samedis du mois
Le prochain événement du Jubilé des premiers samedi du mois sera solennisé à Fatima ce samedi (6 décembre) en présence de Mgr Rey et Mgr Macaire.
En principe, cela aurait dû être le dernier événement de ce jubilé organisé pour obtenir que le Saint-Père approuve et recommande la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois, au plus tard le jour anniversaire du centenaire de la demande de Notre-Dame, soit le 10 décembre prochain, c’est-à-dire dans moins d’une semaine. Malheureusement, les choses ne bougent pas à Rome. Malgré les démarches du cardinal Burke, le Saint-Siège n’a pas réagi. Et l’Alliance pour les premiers samedis du mois n’a toujours pas pu organiser une cérémonie à Sainte Marie Majeure, avec au moins la présence d’un légat du pape, comme il y en eut un pour les 350 ans des apparitions de Paray-le-Monial et les 400 ans de celles de Notre-Dame d’Auray. En conséquence, en accord avec les organisations associées à ce projet, l’Alliance a décidé de repousser le centenaire au 15 févrierprochain. (Voir communiqué en pièce jointe) En effet, le 15 février 1925, à Pontevedra, l’Enfant-Jésus apparut à sœur Lucie pour confirmer la demande qu’avait faite la Sainte Vierge le 10 décembre précédent. Cette deuxième apparition de Pontevedra est tout aussi importante que la première puisque Notre-Seigneur y donna plusieurs précisions très importantes sur la dévotion des premiers samedis du mois.
Il n’y aura donc pas de cérémonie officielle à Sainte Marie Majeure le 10 décembre prochain comme nous l’espérions. Quelques membres de l’Alliance se rendront toutefois à Rome pour offrir nos efforts à la Sainte Vierge. Quant à nous, prions avec ferveur ce jour-là pour dire à Notre-Dame que nous avons fait tout ce que nous avons pu et qu’elle ne nous tienne pas rigueur du silence romain. Puis, continuons à prier à cette intention jusqu’au 15 février prochain, afin que dans les deux mois qui viennent, nous obtenions ce que nous désirons tant.
Une note du Dicastère pour la Doctrine de la Foi
Outre l’absence de réaction du Saint-Siège à la demande de reconnaissance de la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois, depuis la dernière lettre de liaison envoyée le 30 octobre dernier, un autre sujet d’inquiétude est apparu. En effet, le 4 novembre (cinq jours après), le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF), dont le préfet est le cardinal Fernandez, a publié une note doctrinale sur les titres attribuables ou non à la Très Sainte Vierge. Cette note, approuvée par Léon XIV le 7 octobre, affirme que, dans le but de ne pas « obscurcir l’unique médiation salvifique du Christ », les titres mariaux traditionnels de “Co-rédemptrice” et “Médiatrice de toutes grâces” sont désormais à éviter : « L’utilisation du titre de “Co-rédemptrice” pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune » ; « Une prudence particulière s’impose dans l’application de l’expression “Médiatrice” à Marie ». Ainsi sont retirés à la Vierge Marie deux de ses principaux titres traditionnels.
Tous ceux qui sont attachés à Fatima et sont convaincus de la grande importance pour notre temps du message qu’y délivra la Sainte Vierge, n’ont pu qu’être consternés par cette note. Car au cours de ses apparitions et plus particulièrement dans son message, Notre-Dame a confirmé le bien-fondé de ces deux concepts. Certains nous ayant fait part de leur désarroi et nous ayant demandé que faire, après avoir pris quelque temps pour réfléchir et en avoir discuté avec quelques personnes compétentes, voici ce que nous pouvons leur répondre.
L’enseignement traditionnel sur la co-rédemption et la médiation de la Sainte Vierge
En premier lieu, il faut bien connaître ce qu’a enseigné l’Église jusqu’à maintenant. Pour cela, nous avons compilé rapidement ce que les saints, les docteurs de l’Église, les grands prédicateurs ou les papes ont pu enseigner sur ces deux doctrines. Le résultat de cette compilation est surprenant. L’abondance des textes traitant de ces questions est impressionnante. La compilation regroupe une centaine de citations émanant d’une cinquantaine d’auteurs. (Pour voir la compilation réalisée, cliquer ICI. Elle est également en PJ) La lecture de tous ces textes conduit à quatre conclusions.
1) L’ancienneté des concepts Les concepts de médiatrice et de co-rédemptrice apparaissent dès les premiers siècles de l’Église. En effet, le terme de “médiatrice” apparaît déjà chez saint Éphrem le Syrien (306 – 373). Il est ensuite présent chez un très grand nombre d’auteurs. Le terme de co-rédemptrice apparaît plus tardivement. L’un des premiers prédicateurs à dire que la Sainte Vierge « a coopéré à la Rédemption » est saint Bonaventure (1221 – 1274). Mais la notion se trouve déjà implicitement dans les écrits des premiers siècles.
2) La continuité dans l’enseignement Le deuxième point notable est que ces deux concepts ont été enseignés de façon continue par tous les grands prédicateurs, à toutes les époques. Cette continuité est vraiment remarquable.
3) L’unanimité des prédicateurs Le troisième point qui ressort de cette compilation de textes est l’unanimité des prédicateurs, notamment des théologiens. Tous enseignent exactement la même doctrine. Leur enseignement est très précis, notamment sur la co-rédemption : ils expliquent parfaitement qu’il n’y a qu’un seul Rédempteur, mais que, de par la volonté de Dieu, Marie a coopéré efficacement à la Rédemption, ce que résume remarquablement la devise de saint Louis-Marie Grignion de Monfort: « Ad Jesum per Mariam« .
4) La caution des papes À partir du XIXe siècle, cet enseignement constant et continu a été sanctionné par les papes par des textes majeurs. En particulier, Léon XIII aborde la question dans au moins 7 encycliques. Saint Pie X en a fait une remarquable synthèse dans l’encyclique Ad Diem Illum Laetissimum (2 février 1904) dans laquelle il explique très clairement tout ce que les théologiens ont enseigné jusque-là, à savoir que, s’il n’y a qu’un seul Rédempteur, Marie a été associée de façon très particulière à la Rédemption. Et les théologiens ont appelé cette participation très particulière de Marie : co-rédemption. Certes, les papes n’ont pas utilisé le terme. Seul Pie XI l’a fait dans deux allocutions en 1933 et 1935. Mais la doctrine est parfaitement explicitée notamment dans l’encyclique de saint Pie X. Par contre, tous utilisent de très nombreuses fois les expressions « médiatrice de toutes les grâces » ou « dispensatrice de toutes les grâces ». Et dans les schémas préparatoires au concile Vatican II, la commission chargée de les rédiger affirme, en faisant notamment référence à saint Pie X et Pie XI : 1) Marie est médiatrice de toutes grâces (« omnium gratiarum Mediatrix ») ; 2) elle peut aussi être appelée co-rédemptrice ; 3) ces titres sont en eux-mêmes très vrais (« licet in se verissima »), mais risquent de déplaire aux protestants, notamment celui de co-rédemptrice du genre humain (« Corredemptrix humani generis »).
Il faut lire ces textes pour voir combien ces deux concepts de “co-rédemptrice” et de “médiatrice de toutes grâces” font l’objet, parmi les théologiens, les saints et les papes d’un consensus parfait. Cette unanimité est d’ailleurs reconnue par les papes eux-mêmes, notamment par Pie XII dans un décret du 11 janvier 1942 à propos de la médiation de la Sainte Vierge : « Cette très douce et vivifiante doctrine est admise à l’heure actuelle d’un commun accord par les théologiens. » Or, un enseignement d’une telle constance fait partie du dogme. En effet, dans sonCommonitorium, saint Vincent de Lérins énonce plusieurs critères pour distinguer la vérité de l’erreur. L’un d’eux est l’unanimité de la foi à travers le temps et l’espace :
Dans l’Église catholique elle-même, il faut veiller avec le plus grand soin à s’en tenir à ce qui a été cru partout, toujours et par tous. (Quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est) Cela est en effet vraiment et proprement catholique. (Commonitorium, II, 5)
Cette règle a été confirmée par la constitution Pastor aeternus du concile Vatican I :
On doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la Parole de Dieu, écrite ou transmise par la Tradition, et que l’Église propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit parson magistère ordinaire et universel.
Ce passage de Vatican I a été intégralement repris par Léon XIII dans son encyclique Satis cognitum du 29 juin 1896 pour en souligner l’importance. C’est pourquoi, les deux doctrines de la co-rédemption et de la médiation de la Très Sainte Vierge font partie du dépôt de la foi, même si elles ne font pas encore l’objet d’une définition dogmatique comme la Virginité, la Maternité, l’Immaculée Conception ou l’Assomption de Notre-Dame. C’est ce qui ressort très clairement de l’article Marie du Dictionnaire de Théologie Catholique (DTC), dans le tome 9 paru en 1927.
Il faut lire ces textes, notamment l’encyclique de saint Pie X et les conclusions du DTC, notamment la 3e pour la co-rédemption et la 2e pour la médiation, (pour voir les conclusions doctrinales du DTC, cliquer ICI ; elles sont également en PJ) pour être convaincu que la co-rédemption et la médiation de la Très Sainte Vierge sont des vérités de foi.
Les confirmations de la Sainte Vierge
Cette dernière affirmation a été plusieurs fois confirmée par la Sainte Vierge elle-même. En effet, à la rue du Bac, Notre-Dame apparut à sainte Catherine Labourée, des rayons de lumière jaillissant de ses mains, et expliqua : « Ces rayons sont le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent. » (Apparition du 27 novembre 1830). Et ces rayons furent représentés sur la médaille qui fut frappée à sa demande, médaille qui attribua tant de grâces qu’elle est appelée “médaille miraculeuse”. À Pellevoisin, Notre-Dame dit à Estelle Faguette : « Les grâces sont de mon Fils. Je les prends dans son cœur, et Il ne peut me les refuser. » (Apparition, 8 décembre 1876)
À Fatima, la Sainte Vierge a montré clairement qu’elle était la médiatrice de toutes les grâces. Le 13 juillet, elle a dit qu’elle était la seule à pouvoir nous obtenir la paix pour le monde et qu’elle le ferait si nous récitions le chapelet tous les jours. Elle a promis la conversion des pécheurs et la paix dans le monde par la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Et à ceux qui ferait cette communion cinq mois de suite, elle a promis « de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme ». (Pontevedra, 10 décembre 2025) Elle a aussi, discrètement, confirmé le concept de co-rédemption en nous demandant de prier et de faire des sacrifices pour la conversion des pécheurs, allant jusqu’à dire le 19 août 1917 : « Beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles ». C’est donc que, par nos sacrifices et nos prières, nous participons à la Rédemption. Pie XII le confirme dans l’encyclique Mystici Corporis Christidu 29 juin 1943 (n° 788) : « Le salut d’un grand nombre d’âmes dépend des prières et des mortifications volontaires, supportées à cette fin, des membres du Corps mystique de Jésus-Christ. » Et ce que peuvent faire de simples fidèles, la Sainte Vierge ne peut-elle pas le faire de façon encore plus éminente ?
Nous avons donc la ferme assurance que la Bienheureuse Vierge Marie est bien “Co-rédemptrice” et “Médiatrice de toutes grâces”.
La note du Dicastère pour la Doctrine de la Foi
Or les affirmations de la note du Dicastère pour la Doctrine de la Foi ne concordent pas du tout avec l’enseignement unanime et constant de l’Église sur ces deux concepts. Il serait fastidieux de reproduire l’analyse que nous en avons faite. (Pour ceux qui, toutefois, souhaiteraient en prendre connaissance, cliquer ICI). Voici simplement les principales conclusions que l’on en peut tirer.
La note étudie quatre titres attribués à la Sainte Vierge : Co-rédemptrice, Médiatrice, Mère des croyants et Mère de grâce. À part le troisième titre, la note affirme qu’il est, sinon inapproprié, tout au moins imprudent d’attribuer les trois autres à la Sainte Vierge, contrairement à l’avis unanime de tous les théologiens jusqu’à la moitié du XXe siècle, comme nous venons de le voir. Voici l’argumentation de la note.
Tout d’abord, si elle mentionne que les concepts de médiation et de co-rédemption remontent au Ve siècle et au Xe siècle respectivement, nulle part elle ne précise ce qu’a enseigné l’Église jusqu’à présent. Il n’y a aucune citation pour illustrer l’enseignement constant des prédicateurs. La note reconnaît une certaine forme d’intercession de la Sainte Vierge dans le salut de l’humanité, mais ne va pas plus loin. Avec insistance, elle affirme que le Christ est le seul Rédempteur (affirmation faite plus de 20 fois), que la Sainte Vierge n’a fait que coopérer en donnant une notion très restrictive de cette coopération, que toutes les grâces viennent uniquement du Christ. Mais jamais elle ne dit en quoi l’enseignement traditionnel est fautif. L’insistance sur l’unicité du Rédempteur pourrait indiquer que c’est ce qui lui est reproché. Mais la lecture des textes que nous avons compilés montre qu’il n’en est rien : tous les prédicateurs ont toujours bien pris soin d’affirmer qu’il n’y avait qu’un seul Rédempteur.
Pour dénier les titres de co-rédemptrice et médiatrice à la Sainte Vierge, la note s’appuie essentiellement sur trois arguments :
le silence du concile Vatican II sur ces questions :
* Sur la co-rédemption (n°18) : « Le Concile Vatican II a évité d’utiliser le titre de Co-rédemptrice pour des raisons dogmatiques, pastorales et œcuméniques. » * Sur la médiation (n°23) : « Le Concile n’est pas entré dans des déclarations dogmatiques, mais a préféré présenter une vaste synthèse « de la doctrine catholique sur la place qu’occupe la Très Sainte Vierge Marie dans le mystère du Christ et de l’Église ». »
les avis négatifs du cardinal Ratzinger lorsqu’il était préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi :
* Sur la co-rédemption (n° 19) : « La signification précise de ces titres n’est pas claire et la doctrine qu’ils contiennent n’est pas mûre. » (en 1996) « La formule “Co-rédemptrice” est trop éloignée du langage de l’Écriture et de la patristique et provoque ainsi des malentendus. » (en 2002) Et la note ajoute : « Le Cardinal Ratzinger ne niait pas qu’il y aurait de bonnes intentions et des aspects valables dans la proposition d’utiliser ce titre, mais il soutenait qu’il s’agissait d’un “terme erroné”. » * Sur la médiation (n° 45) : « Le Cardinal Ratzinger avait affirmé que le titre de Marie médiatrice de toutes grâces n’était pas non plus clairement fondé sur la Révélation et, en accord avec cette conviction, nous pouvons reconnaître les difficultés qu’il comporte, tant pour la réflexion théologique que pour la spiritualité. »
des déclarations de François :
* « [Marie] n’a jamais voulu prendre pour elle quelque chose de son Fils. Elle ne s’est jamais présentée comme co-rédemptrice. Non, disciple. (Homélie du 12 décembre 2019) » (n° 21) * « [Le Christ] est l’unique Rédempteur : il n’y a pas de co-rédempteurs avec le Christ. (Audience générale du 21 avril 2021) » (n°21) * « La Vierge n’a voulu obtenir aucun titre de Jésus […]. Elle n’a pas demandé d’être elle-même une quasi-rédemptrice ou une co-rédemptrice : non. Il n’y a qu’un seul Rédempteur et ce titre ne se dédouble pas. (Méditation quotidienne du 3 avril 2020) » (n° 22)
L’argument comme quoi la formule co-rédemptrice est « trop éloignée du langage de l’Écriture et de la patristique » est curieux. Car il en est de même pour les doctrines de l’Immaculée Conception, de la Virginité, de la Maternité divine et de l’Assomption de la Très Sainte Vierge : aucune de ces notions ne se trouve ni dans les Écritures, ni chez les premiers Pères de l’Église. Cela ne les a pas empêchées d’être l’objet de définitions dogmatiques.
La note fait également le reproche suivant (n°18) : « Certains pontifes ont utilisé ce titre [co-rédemptrice] sans trop s’attarder à l’expliquer. » Cette remarque est surprenante, tout comme celle du cardinal Ratzinger disant que le titre de Marie Médiatrice de toutes grâces « n’est pas clairement fondé » ; car les encycliques ont parfaitement expliqué ce qu’il fallait entendre par co-rédemptrice ou médiatrice de toutes grâces, rappelant à chaque fois qu’il n’y a qu’un Médiateur et qu’une seule source de la grâce, mais que la Sainte Vierge, par son fiat au moment de l’Incarnation et surtout par les douleurs endurées pendant la Passion du Sauveur, a été associée plus étroitement que tout autre créature humaine à la Rédemption, raison pour laquelle les théologiens ont créé le terme de co-rédemptrice pour désigner cette participation très particulière. On se demande même si le ou les rédacteurs de la note ont seulement lu l’encyclique de saint Pie X Ad Diem Illum Laetissimum.
Voilà donc les principaux arguments avancés par la note. C’est peu de chose face à tous les écrits des saints, tous les livres de théologie, toutes les encycliques papales qui justifient ce que la note dénie.
Deux positions inconciliables
Nous sommes donc face à deux positions radicalement opposées : l’enseignement de l’Église depuis les premiers siècles jusqu’au milieu du XXe siècle et le nouvel enseignement apparu à l’époque du concile Vatican II. Comment choisir ? La question est d’autant plus grave qu’il s’agit d’un point particulièrement important de notre foi : les privilèges accordés par Dieu à notre Mère du Ciel. Allons-nous abandonner la médaille miraculeuse au motif qu’une note d’un dicastère affirme contre toute la tradition que Marie n’est pas médiatrice de toutes grâces ? Allons arrêter de dire le chapelet parce que Notre-Dame a dit que, par sa récitation quotidienne, nous obtiendrons la paix pour le monde ? Allons-nous arrêter de pratiquer la communion réparatrice des premiers samedis du mois parce que Notre-Dame a promis d’accorder la grâce du salut à tous ceux qui la ferait cinq mois de suite ? La messe de Notre-Dame Médiatrice de toutes grâces va-t-elle être supprimée de la liturgie ? etc.
Avant de faire un choix, il faut voir que le magistère constant de l’Église, c’est-à-dire ce qu’elle a toujours enseigné, au moins jusqu’à une époque très récente, et qui a toujours été cru partout et par tous est infaillible (voir ce qui a été dit précédemment sur le magistère ordinaire et universel de l’Église).
Ensuite une note d’un dicastère n’est pas nécessairement un document qui engage la foi. En effet, schématiquement, on peut classer les documents du Saint-Siège en trois catégories : ceux émanant d’un dicastère et publié sous la responsabilité du préfet de ce dicastère ; ceux émanant d’un dicastère pour lesquels l’approbation du Saint-Père est demandée ; enfin ceux rédigés par le Saint-Père lui-même ou sous sa conduite et portant explicitement sa signature à la fin du document. Ces derniers documents ont une forme particulière : bulle, encyclique, lettre apostolique, motu proprio, etc. et sont dits pour cela “in forma specifica”. La note Mater Populi Fidelis n’est pas dans cette dernière catégorie : elle est dans la seconde. Elle n’engage donc pas autant qu’une encyclique par exemple. Or nous avons vu que plusieurs encycliques des derniers papes ont une position opposée à celle de la note. Et une note d’un dicastère, même publiée avec l’approbation du pape, ne peut avoir la prétention de valoir ce que valent la quinzaine d’encycliques dans lesquelles les papes ont abordé la question.
En outre, lorsqu’un document du Saint-Siège s’écarte de l’enseignement constant du Magistère et n’engage pas l’infaillibilité pontificale, le droit canon reconnaît aux fidèles le droit de ne pas y adhérer (canon 752) et d’exprimer respectueusement leurs réserves, tout en demeurant fidèles à l’obéissance due au Magistère authentique antérieur (canon 212), ce que Pie XI dit également dans l’encyclique Mit brennender Sorge (10 mars 1937) :
Si quelqu’un voulait vous annoncer un évangile autre que celui que vous avez reçu sur les genoux d’une pieuse mère, des lèvres d’un père croyant, ou par l’enseignement d’un éducateur fidèle à son Dieu et à son Église, qu’il soit anathème.
Pour ces différentes raisons, il est non seulement légitime mais c’est même une obligation de foi de s’en tenir à l’enseignement du magistère constant tel qu’il s’est exprimé jusqu’au milieu du XXe siècle et dont le DTC a fait une excellente synthèse. Pour douloureuse qu’elle soit, ce n’est pas la première fois dans l’histoire de l’Église qu’une telle situation se présente. Saint Paul a dû s’opposer à saint Pierre ; saint Athanase s’est opposé à l’arianisme du pape Libère ; sainte Catherine de Sienne fit des remontrances au pape Grégoire XI ; etc.
La réponse du catholique fidèle
« Le jugement sera sans miséricorde pour celui qui n’aura pas fait miséricorde » dit saint Jacques (II, 13). En conséquence, si nous portons un avis sans miséricorde, nous serons jugés sans miséricorde. Pour un chrétien, la seule attitude possible dans un tel cas est de faire une réponse charitable. Celle-ci le sera si nous posons quatre actes de charité.
Le premier acte de charité sera de réparer l’outrage fait à Notre-Dame, en gardant une foi fidèle dans le message qu’elle a délivré à Fatima, en particulier en pratiquant la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, et plus particulièrement, la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Notre Seigneur Lui-même a demandé cette petite réparation pour sa Sainte Mère. Alors ne laissons pas sa demande sans réponse.
Le deuxième acte de charité sera pour nous, car charité bien ordonnée commence par soi-même. Il ne faut pas laisser le trouble s’installer dans notre esprit. Il faut avoir les idées claires sur la co-rédemption et la médiation de la Sainte Vierge. Pour cela lisons ou relisons les textes mentionnés précédemment, notamment les encycliques de Léon XIII et saint Pie X, au moins les parties que nous avons sélectionnées. Lisons ou relisons le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge de saint Louis Marie Grignon de Montfort.
Le troisième acte de charité sera pour le pape. Il a autorisé la publication d’un texte en opposition avec la plus claire tradition de l’Église. Nous ne connaissons pas les raisons de son choix. Mais une chose est sûre : qu’il se soit trompé ou qu’il ait été trompé, il faut encore plus prier pour lui ainsi que pour le cardinal Fernandez. Nous devons dénoncer les erreurs : « Est, est ; non, non. » a dit Jésus (Mat V, 37). Mais nous devons aussi prier pour ceux qui ont pu s’égarer. Avant de le reprendre, saint Paul a sûrement prié pour saint Pierre. C’est même une condition absolument nécessaire avant de dénoncer une erreur. Avons-nous prié avec ferveur et persévérance pour le Saint-Père ? Si nous n’avons pas auparavant prié pour lui, alors nous n’avons aucun droit pour critiquer un de ses actes.
Le quatrième acte de charité sera pour notre prochain. S’il a été troublé par la note du DDF, ne le laissons-pas avec son trouble ; faisons-lui connaître les quelques arguments que nous venons de développer, en espérant qu’ils contribueront à lui rendre la paix de l’âme.
Enfin, nous suggérons un acte supplémentaire. Malgré la note du DDF, manifestons par un acte de foi notre attachement aux titres de Notre-Dame qu’elle conteste, afin que l’Église les reconnaisse officiellement. Les litanies de la Très Sainte Vierge, après l’invocation « Sainte Marie », énoncent 49 titres attribués à Notre-Dame : de Sainte Mère de Dieu à Reine de la paix. Il ne nous appartient pas d’y rajouter des titres supplémentaires : seule l’Église peut le faire. Mais, la petite Jacinthe eut l’audace de compléter la première prière apprise de la Sainte Vierge en y faisant un ajout pour le Saint-Père. Imitons son exemple, et désormais, lorsque nous réciterons les litanies de la Sainte Vierge, complétons (au moins mentalement) les 3e et 4e invocations de la façon suivante :
3e invocation : Mère du Christ et Co-Rédemptrice du genre humain, priez pour nous.
4e invocation : Mère de la divine grâce et Médiatrice de toutes grâces, priez pour nous.
Que « celle qui seule défait toutes les hérésies » (Trait de la messe Salve sancta parens pour les fêtes de la Sainte Vierge) et peut donc corriger toutes les erreurs, nous vienne en aide dans notre lutte pour la vérité, en nous gardant toujours dans la charité.
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie Yves de Lassus