Le Pape à Fatima: Marie s’empresse toujours de nous conduire à Jésus

Le Pape à Fatima: Marie s’empresse toujours de nous conduire à Jésus

François s’est rendu samedi 5 août au matin au sanctuaire Notre-Dame de Fatima, dans le cadre des Journées Mondiales de la Jeunesse. Il y a prié le chapelet avec de jeunes malades et des prisonniers, invoquant en particulier l’intercession de la Vierge Marie pour la paix au cours du quatrième mystère. 

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

C’est la deuxième fois que le Pape François se rendait à Fatima, six ans après sa première venue pour la canonisation des deux petits bergers à qui la Vierge Marie était apparue en 1917 – ainsi qu’à leur cousine Lucia -, Francisco et Giacinta Marto, et pour le centenaire de ces apparitions.

Un chapelet avec les plus fragiles

Ce samedi matin, environ 200 000 fidèles étaient au rendez-vous pour la venue du Pape dans ce sanctuaire situé à 120 km au nord de Lisbonne, où François est venu en hélicoptère en début de matinée. Arrivé en avance, le Souverain pontife a pris le temps de traverser la foule en papamobile, en bénissant de nombreux enfants.

Il s’est arrêté devant la chapelle des apparitions, où était d’abord prévu un bref temps de recueillement devant la statue de la Vierge de Fatima, au cours duquel le Pape a déposé aux pieds de celle-ci des fleurs données par des enfants ainsi qu’un rosaire d’or.

Puis le chapelet a été récité, en présence notamment d’une centaine de jeunes malades rassemblés dans les premiers rangs, ainsi que de douze prisonniers de la prison de Leira. Plusieurs d’entre eux ont conduit la prière, souvent de manière poignante par le simple témoignage de leur fragilité, répandant une atmosphère de recueillement et d’émotion parmi les fidèles.

Au cours du quatrième mystère, la Vierge Marie a été spécialement invoquée pour la paix dans le monde.

Notre-Dame de Fatima, une mère à qui demander la paix pour le monde

Le Pape François est attendu au sanctuaire de Fatima samedi 5 août, dans le cadre de son 42 voyage apostolique au Portugal et des JMJ de Lisbonne. Une étape de prière pour la paix, …

Une Mère pressée de rejoindre ses enfants

Après ce chapelet, le Successeur de Pierre a pris la parole, choisissant à nouveau de se lancer dans un discours improvisé.

«L’Église n’a pas de portes, pour que tout le monde puisse y entrer, a d’abord déclaré François. Et ici, nous pouvons aussi insister pour que tout le monde puisse entrer, car c’est la maison de la Mère, et une mère a toujours un cœur ouvert pour tous ses enfants, tous, tous, tous, sans exclusion».

Le Pape a ensuite commenté le fait que la Vierge Marie soit «empressée» d’écouter nos prières, et qu’elle oriente vers Jésus chaque personne qui s’adresse à elle. «Marie dans sa vie ne fait rien d’autre qu’indiquer Jésus», a-t-il insisté. La Vierge Marie, apparue à Fatima «pour que l’incrédulité de tant de cœurs s’ouvre à Jésus», «nous indique ce que Jésus nous demande, marcher dans la vie en collaborant avec Lui».

François a invité les fidèles à s’interroger et à se confier à la Mère de Dieu: «Mère, qu’est-ce que tu m’indiques ? Qu’y a-t-il dans ma vie qui t’inquiète ? Qu’y a-t-il dans ma vie qui te touche ? Qu’y a-t-il dans ma vie qui t’intéresse ?». La Vierge Marie est toujours «pressée pour se faire proche de nous», a-t-il conclu, en écho au thème de ces JMJ, «Marie se leva, et s’en alla en hâte»(Lc 1, 39).

Le Souverain pontife a ensuite béni la foule et salué à nouveau quelques personnes, dont des enfants. Puis, sur fond de chants et d’applaudissements, il a rejoint l’héliport pour retourner à Lisbonne, où il présidera ce samedi soir la veillée au Parque Tejo avec les jeunes. Un temps fort des JMJ, auquel devraient participer près d’un million de pèlerins.

En intégralité, le Pape François au sanctuaire de Fatima :

Source : VATICANEWS, le 5 août 2023

L’influence de l’Islam en Europe ?

Conseil des droits de l'homme des Nations unies © OHCHR
Conseil Des Droits De L’homme Des Nations Unies © OHCHR

L’influence de l’Islam en Europe ?

Le Conseil des Droits de l’homme des Nations Unies ratifie les lois criminalisant le blasphème

Le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU adopte une résolution prévoyant des sanctions pour la diffamation de la religion, y compris l’incinération du Coran. Le Royaume-Uni défend la liberté d’expression à l’étranger à la suite d’une controverse nationale sur la prière publique, l’endommagement des livres saints, etc.

Un coup dur pour les normes internationales de liberté d’expression, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté une résolution qui  » souligne la nécessité  » de demander des comptes aux individus responsables de blasphème, notamment en profanant le Coran. La résolution, intitulée « Lutte contre la haine religieuse constituant une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence », indique que de telles sanctions seraient « conformes aux obligations des États découlant du droit international des droits de l’homme ».

Cette décision fait suite à l’incendie public d’un Coran en guise de protestation en Suède. La police suédoise avait accordé une autorisation pour la manifestation, conformément à ses lois sur la liberté d’expression.

Cette action a suscité des menaces de mort et de vives réactions internationales, en particulier dans les pays à majorité musulmane où des manifestations ont eu lieu devant les ambassades suédoises. Les gouvernements turc, égyptien et autres ont condamné l’incendie et critiqué les autorités suédoises pour avoir autorisé la manifestation. La police suédoise a déclaré par la suite que l’incident faisait l’objet d’une enquête pour incitation à la haine.

Depuis le Conseil des droits de l’homme à Genève, Giorgio Mazzoli, directeur du plaidoyer auprès des Nations unies de l’ADF International, a commenté l’adoption de la résolution : « L’incendie délibéré de livres sacrés, qu’il s’agisse du Coran, de la Bible ou de la Torah, est un acte de provocation qui peut susciter des émotions et offenser gravement de nombreuses personnes. Toutefois, dans une société démocratique, le coût de la sauvegarde de notre droit fondamental à nous exprimer librement réside parfois dans l’inconfort d’être offensé par les actions d’autres personnes avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord.

Quelle que soit la forme qu’elle prend, personne ne devrait être passible de sanctions pénales pour avoir exprimé ses convictions profondes ou pour avoir exprimé son désaccord avec une religion ou un système de croyances. La résolution anti-blasphème adoptée par le Conseil des droits de l’homme constitue une régression inquiétante pour les protections internationales de la liberté de religion. Elle doit être un appel à tous ceux qui croient en l’importance de la liberté d’expression pour qu’ils s’engagent à nouveau à défendre ce droit humain fondamental sur la scène mondiale et à s’opposer fermement aux lois sur le blasphème ».

Le Royaume-Uni défend la liberté d’expression à l’étranger

La résolution, qui a été adoptée par 28 voix contre 14 (et 7 abstentions), s’est heurtée à l’opposition du gouvernement britannique : « Le droit international des droits de l’homme nous fournit des paramètres étroitement définis sur lesquels la liberté d’expression peut être limitée, et nous n’acceptons pas que, par définition, les attaques contre la religion, y compris contre les textes ou les symboles religieux, constituent un appel à la haine.

Tout en rejetant totalement les actes visant à inciter à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence, où qu’ils soient perpétrés, nous devons reconnaître que la fonction première du cadre international des droits de l’homme – forgé à partir de l’expérience amère des siècles passés – est de protéger les individus contre l’État. Tragiquement, il n’y a que trop d’exemples dans le monde, aujourd’hui et ces dernières années, où des croyants – religieux ou non – ont été impitoyablement opprimés par ceux qui sont censés garantir leurs droits ».

La réponse du gouvernement intervient quelques mois seulement après un incident très médiatisé de profanation du Coran au Royaume-Uni. À Wakefield, un écolier autiste a reçu des menaces de mort et a dû rendre compte de ses actes devant un public exclusivement masculin dans une mosquée locale, après avoir fait tomber et éraflé un exemplaire du livre.

À propos de cet incident, la ministre de l’intérieur Suella Braverman a déclaré dans le Times : « Nous n’avons pas de lois sur le blasphème en Grande-Bretagne et nous ne devons pas être complices des tentatives visant à les imposer dans ce pays. Il n’y a pas de droit à ne pas être offensé. Il n’y a pas d’obligation légale d’être respectueux d’une religion. Le fondement de notre démocratie est la liberté d’expression… Le fait d’accuser quelqu’un d’apostasie ou de blasphème est en fait une incitation à la violence à l’encontre de cette personne ».

L’affaiblissement de la position du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur la liberté d’expression a suscité des inquiétudes quant aux nombreux cas d’emprisonnements et de sanctions injustes à l’encontre de minorités religieuses accusées ou condamnées pour « blasphème » en raison de leurs croyances. Dans une affaire très médiatisée en instance devant la Cour suprême du Nigeria, par exemple, l’ADF International soutient la défense juridique du musicien soufi Yahaya Sharif-Aminu, qui a été condamné à mort pour avoir diffusé sur WhatsApp des paroles jugées blasphématoires qu’il avait composées.

« Dans de nombreux pays, l’ADF International soutient la défense juridique d’individus qui risquent des conséquences désastreuses, y compris la peine de mort, pour avoir partagé des opinions considérées comme « blasphématoires » ou insultantes à l’égard de la religion. Au lieu de brouiller les cartes de la liberté d’expression et d’affirmer la légitimité des lois sur le blasphème, le Conseil des droits de l’homme devrait condamner sans équivoque toutes les lois qui permettent l’oppression d’individus uniquement parce qu’ils expriment leurs propres opinions ou croyances », a poursuivi Giorgio Mazzoli.

Des lois sur le blasphème chez nous ?

Alors que le gouvernement britannique a fermement défendu la liberté de religion contre les lois sur le blasphème sur la scène internationale, un nombre croissant d’incidents au Royaume-Uni a indiqué un glissement vers la censure de l’expression de la foi, des croyances et même de la simple pensée.

En février 2023, à Birmingham, deux personnes ont été jugées pour avoir prié silencieusement dans leur tête à l’extérieur d’un centre d’avortement, où une « zone tampon » censurée a été mise en place pour interdire tout acte « d’approbation ou de désapprobation » de l’avortement, y compris par le biais de la prière. À Bournemouth, une zone tampon similaire a été mise en place, qui interdit également de se croiser et d’asperger de l’eau bénite.

De nombreux prédicateurs de rue ont été arrêtés ces dernières années, notamment Hatun Tash, ancienne musulmane convertie au christianisme, qui débat régulièrement avec les tenants de l’islam au Speakers’ Corner de Hyde Park. Bien qu’elle ait été poignardée et attaquée par des membres du public pour ses propos, Hatun Tash a été arrêtée après qu’on lui a volé son exemplaire du Coran ; elle a été détenue pendant une nuit, fouillée à nue et interrogée.

Le gouvernement écossais a été particulièrement critiqué pour avoir remplacé en 2021 une loi censoriale sur le « blasphème » par une autre, en supprimant l’ancienne loi qui pénalisait les personnes s’exprimant contre l’Église et en instaurant une loi sur le « discours de haine », qui pourrait dissuader les gens de discuter d’une vision chrétienne du mariage ou du genre, même autour d’une table de famille.

« Le gouvernement a pris des mesures pour renforcer la censure dans ce pays au cours des dernières années, qu’il s’agisse de l’adoption d’une loi qui pourrait interdire même la prière silencieuse dans les rues publiques ou de la possibilité de procéder à des arrestations abusives de prédicateurs de rue qui ne font que lire la Bible et exprimer des croyances chrétiennes qui ne correspondent plus aux croyances de l’appareil d’État », a déclaré Lorcan Price, responsable juridique de l’ADF UK.

« Nous saluons l’engagement clair du gouvernement britannique en faveur de la liberté de pensée, de conscience et de croyance, comme en témoigne sa position au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies cette semaine. Nous demandons au gouvernement d’appliquer ce zèle pour la liberté d’expression sur le territoire national – de protéger audacieusement ceux dont les opinions sont minoritaires. La société prospère grâce à un dialogue public libre et ouvert, lorsque personne ne craint d’être arrêté pour avoir partagé ses pensées et ses croyances », a-t-il poursuivi.

Source : ZENIT.ORG, le 4 août 2023

Transfigurés par la joie

Transfiguration, mosaïque, Monastère Sainte-Catherine, Sinaï ©æ cetad.catholique.fr
Transfiguration, Mosaïque, Monastère Sainte-Catherine, Sinaï ©Æ Cetad.catholique.fr

Transfigurés par la joie, par Mgr Follo

Gravir avec le Christ la « montagne »

Rite Romain

Dn 7,9-10.13-14 ; Ps 96 ; 2Pt 1,16-19 ; Mt 17,1-9

1) Transfiguration du Christ et la nôtre.

Aujourd’hui l’évangile nous présente l’événement de la transfiguration, partant du fait que Jésus prit avec lui, Pierre, Jacques et Jean, et les emmena « à l’écart, sur une haute montagne » (Mt 17,1) pour prier (Lc 9,28). Tandis qu’il priait, Jésus Christ se mit à briller et révéla aux disciples élus d’être lumière d’une lumière inexprimable et que les plus grands prophètes étaient avec lui.

Dieu est lumière, et Jésus donne à ses amis les plus intimes l’expérience de cette lumière, qui demeure en Lui. Après cet événement, il sera leur lumière intérieure, capable de les protéger contre les assauts des ténèbres. Même dans la nuit la plus obscure, Jésus est la lampe qui ne s’éteint jamais. Une très belle expression de saint Augustin résume ce mystère : « Ce qu’est ce soleil pour les yeux de la chair, Jésus l’est pour les yeux du cœur » (Sermon 78, 2 : PL 38, 490).

Sur le mont Tabor, que Jésus gravit pour prier, le Fils de Dieu fait homme, montre que c’est la prière qui « provoque » la magnifique vision de ce qu’Il est et de ce que nous sommes destinés à être. Tandis que se manifeste la vérité divine et humaine de Jésus Chris, les disciples sont transfigurés : « Il s’agit en effet de la transfiguration de Notre Seigneur Jésus Christ, mais surtout de celle des disciples qui y assistaient, une transfiguration qui était pour eux une certaine vision de la divinité, une image du monde futur, un prélude de la venue glorieuse du Seigneur » (Grégoire Palamas).

A nous en prière – comme aux trois apôtres, il y a environ 2000 ans sur le mont Tabor, la montagne de la prière – Jésus se montre transfiguré, lumineux, très beau. A nous aussi, témoins choisis par son amour, le Seigneur manifeste sa gloire, et ce corps qu’il a en commun avec les autres hommes, Il l’éclaire d’une telle splendeur, qu’il devient, à son tour, brillant comme l’éclat du soleil et que ses vêtements sont aussi blancs que la neige.

L’important est que nous gravissions nous aussi la montagne avec le Fils de Dieu, avec le Bien-Aimé, pour prier.

La montagne, dans la Bible, désigne l’endroit de la proximité avec Dieu et de la rencontre intime avec Lui, un lieu de prière où rester en présence du Seigneur.

Nous gravissons avec le Christ la « montagne » de la prière, pour contempler sur son visage humain la lumière glorieuse de Dieu.

Nous gravissons la montagne avec le Christ pour nous retrouver en lui et écouter Dieu, car dans ce lieu de proximité, un espace de silence nous est aussi donné pour mieux percevoir Sa voix.

Cette montée pour aller à la rencontre de Dieu ne nous détache pas de la terre, au contraire, elle nous pousse à « descendre de la montagne » et à « retourner » en bas, sur la plaine, « à la rencontre de nos frères et sœurs alourdis par le poids de leurs peines, par les maladies, les injustices, les ignorances, par la pauvreté matérielle et spirituelle. A ces frères et sœurs en difficulté nous sommes appelés à porter les fruits de l’expérience que nous avons faite avec Dieu, à partager la grâce reçue de la parole écoutée » (Pape François).

Cette parole est un son chargé d’une présence à accueillir avec dévotion et amour. Très importante l’invitation du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » (Mt 17, 5).

Nous, disciples de Jésus aujourd’hui, nous sommes appelés à être des personnes qui écoutent sa voix et prennent ses paroles au sérieux.

2) Origine et destin.

A ce stade, je crois utile de rappeler que le but principal de la Transfiguration était, et est, de permettre au cœur des disciples (et au nôtre) de ne pas se scandaliser quand la Croix défigure l’humanité du Christ. Cette manifestation de lumière et vérité est voulue pour que l’humiliation de son imminente passion volontaire ne trouble pas la foi de ceux auxquels la grandeur de sa dignité cachée a été révélée. Ce n’est pas par hasard si, dans l’évangile, le récit de la Transfiguration a lieu durant la montée de Jésus à Jérusalem, dans un contexte de passion annoncée aux disciples. La liturgie de l’Église d’Orient l’a bien compris et le chante dans le Kondakion (texte poétique et musical) : « Autant qu’ils en étaient capables, tes disciples ont contemplé ta Gloire, Christ Dieu afin que lorsqu’ils Te verraient crucifié, ils comprennent que ta passion était volontaire ». Saint Grégoire de Nazianze vit justement dans la Transfiguration la synthèse de l’Évangile, l’annonce du mystère pascal : annoncé devant l’Église, représentée par Pierre, Jacques et Jean, et devant l’Ancien Testament : la Loi (représentée par Moïse) et les prophètes (représentés par Elie), apparus pour partager la gloire du Fils de Dieu.

Rappelons également que c’est sur la Transfiguration que se fonde l’espérance de l’Église : en effet « tout le Corps du Christ devenait conscient de la transformation qui lui serait accordée ; ses membres se promettraient de partager l’honneur qui avait resplendi dans leur chef » (Saint Léon Le Grand, Sermo LI, 2-3, 5-8 : PL 54, 310-313). Donc la transfiguration est un mystère central de la foi chrétienne, annonce de la résurrection et prophétie de la transfiguration de toute chair, de chacun de nous en Dieu. Jésus sur le mont Tabor, la montagne de la prière, montre qui Il est et qu’il « tirait cette splendeur de sa propre nature ; il n’avait donc pas besoin de prier pour faire briller son corps de la lumière divine mais, en priant, il avait indiqué son origine et notre destin : la splendeur de Dieu qui éclaire et soutient par la lumière de son visage, comme il est dit dans l’évangile : « Les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père » (Mt 13, 43) (Saint Ambroise de Milan).

Surpris par la joie de la transfiguration du Fils de Dieu et de nous, disciples, nous faisons notre l’exclamation de saint Pierre : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie » (Mt 17, 4). Mais écoutant le Christ qui manifeste l’amour de Dieu nous comprendrons que préparer une tente terrestre à celui qui habite dans les cieux n’a pas de sens. Le rédempteur n’est pas venu pour avoir une maison sur terre, Lui qui ne voulait posséder même pas de pierre pour y poser sa tête. Il n’est pas venu pour habiter sur la terre dans une maison construite par nous mais pour nous soulever dans la demeure que Lui nous a préparée là-haut.

« Il est bon que nous soyons ici ». Certes, il est bon d’être avec le Christ sur la montagne, mais il est bien meilleur encore d’aller là où nous serons vraiment heureux, dans la patrie éternelle. Si cette joie momentanée est belle, pensons à combien sera encore plus beau le bonheur éternel. Si la vue de l’humanité du Christ, ne serait-ce qu’un instant, nous réjouit, essayons d’imaginer la joie qui comblera notre âme dans la contemplation éternelle de l’Amour éternel qui nous tient à jamais dans ses bras.

Mais d’abord, comme le Christ qui a souffert pour nous, nous devons souffrir pour Lui. Il faut vraiment qu’après être descendu dans la vallée, nous l’accompagnions dans sa passion et puissions ensuite participer à sa gloire. Là, lui-même accueillera chacun de nous et tous ceux que nous aimons dans les tentes terrestres. Là, vraiment, seront dressées non pas trois tentes, une pour le Christ, une pour Moïse et une pour Elie, mais une seule tente, pour le Père, pour le Fils et pour l’Esprit Saint : et cette tente sera toi-même. Alors « Dieu sera tout en tous » (1 Cor 15,28), quand, comme nous lisons dans l’Apocalypse : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux » (Ap 21,3). En tant que baptisés nous sommes déjà cette demeure, ce Temple de l’Esprit Saint. Et pour vivre cette condition de « demeure divine » nous regardons le témoignage prophétique des vierges consacrées. Ces femmes avec leur « proposita » ont accueilli complètement le Christ en s’abandonnant totalement à Lui et à la puissance de son amour. Elles continuent de l’accueillir en collaborant activement avec lui, en portant son amour incarné et rédempteur dans le monde où elles travaillent. Elles ne cessent jamais de l’accueillir dans leur vie, l’écoutant dans la prière et le servant parmi leurs frères et sœurs en humanité. Ces femmes consacrées témoignent que la Transfiguration n’est pas un événement qui arrive à un certain moment de l’existence, après la mort, mais au moment de notre adhésion à Jésus. Dès cet instant, la transformation est constante. Plus on accueille l’amour du Christ plus on se transforme, de gloire en gloire, c’est-à-dire qu’on rend visible l’amour reçu, en le communiquant aux autres.

Lecture Patristique

Saint Léon le Grand (400 – 461)

Sermon 51, 3-4

CCL 138 A, 290-300

La Transfiguration prépare au scandale de la Passion

Le Seigneur découvre sa gloire devant les témoins qu’il a choisis, et il éclaire d’une telle splendeur cette forme corporelle qu’il a en commun avec les autres hommes que son visage a l’éclat du soleil et que ses vêtements sont aussi blancs que la neige.

Par cette transfiguration il voulait avant tout prémunir ses disciples contre le scandale de la croix et, en leur révélant toute la splendeur de sa dignité cachée, empêcher que les abaissements de sa Passion volontaire ne bouleversent leur foi.

Mais, il ne prévoyait pas moins de fonder l’espérance de l’Église, en faisant découvrir à tout le Corps du Christ quelle transformation lui serait accordée ; ses membres se promettraient de partager l’honneur qui avait resplendi dans leur chef.

Le Seigneur lui-même avait déclaré à ce sujet, lorsqu’il parlait de la majesté de son avènement : Alors les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père (Mt 13,43). Et l’apôtre saint Paul atteste lui aussi : J’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que le Seigneur va bientôt révéler en nous (Rm 8,18). Et encore : Vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu. Quand paraîtra le Christ qui est votre vie, alors, vous aussi vous paraîtrez avec lui en pleine gloire (Col 3,3-4).

Cependant, pour confirmer les Apôtres et les introduire dans une complète connaissance, un autre enseignement s’est ajouté à ce miracle. En effet, Moïse et Élie, c’est-à-dire la Loi et les Prophètes, apparurent en train de s’entretenir avec le Seigneur. Ainsi, par la réunion de ces cinq hommes s’accomplirait de façon certaine la prescription : Toute parole est garantie par la présence de deux ou trois témoins (Dt 19,15).

Qu’y a-t-il donc de mieux établi, de plus solide que cette parole ? La trompette de l’Ancien Testament et celle du Nouveau s’accordent à la proclamer ; et tout ce qui en a témoigné jadis s’accorde avec l’enseignement de l’Évangile.

Les écrits de l’une et l’autre Alliance, en effet, se garantissent mutuellement ; celui que les signes préfiguratifs avaient promis sous le voile des mystères est montré comme manifeste et évident par la splendeur de la gloire présente. Comme l’a dit saint Jean, en effet : Après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ (Jn 1,17).En lui s’est accomplie la promesse des figures prophétiques comme la valeur des préceptes de la Loi, puisque sa présence enseigne la vérité de la prophétie, et que sa grâce rend praticables les commandements.

Que la foi de tous s’affermisse avec la prédication de l’Évangile, et que personne n’ait honte de la croix du Christ, par laquelle le monde a été racheté.

Que personne donc ne craigne de souffrir pour la justice, ni ne mette en doute la récompense promise ; car c’est par le labeur qu’on parvient au repos, par la mort qu’on parvient à la vie. Puisque le Christ a accepté toute la faiblesse de notre pauvreté, si nous persévérons à le confesser et à l’aimer, nous sommes vainqueurs de ce qu’il a vaincu et nous recevons ce qu’il a promis. Qu’il s’agisse de pratiquer les commandements ou de supporter l’adversité, la voix du Père que nous avons entendue tout à l’heure doit retentir sans cesse à nos oreilles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le! (Mt 17,5).

Source : ZENIT.ORG, le 4 août 2023

05.08.2023 – CHAPELET AVEC DES JEUNES MALADES

Ce samedi 5 août à 10h15 (GMT+2), le pape François se rend au sanctuaire de Fatima, à 130 km au nord de Lisbonne. Le Saint-Père récite le chapelet avec des jeunes malades à la chapelle des apparitions. François s’était déjà rendu en pèlerinage au sanctuaire marial en mai 2017 pour célébrer le centenaire des apparitions et canoniser François et Jacinthe Marto, les voyants de Fatima. Toutes les informations sur les JMJ, le programme du Pape, les directs et reportages de KTO sont à retrouver sur https://www.ktotv.com/page/jmj-lisbonne-pape-2023-portugal-jeunes

Frère Pablo, aujourd’hui au ciel, montre le chemin aux jeunes des JMJ

D’Ermes Dovico sur la Nuova Bussola Quotidiana

L’histoire de Pablo, décédé d’un sarcome le 15 juillet dernier, à moins de 22 ans, après être devenu carme in articulo mortis. La lettre au Pape et la vie offerte pour convertir les jeunes au Christ et « bannir la peur de la mort ».

Fra Pablo riceve la Comunione nel giorno della sua professione (foto Diocesi di Salamanca)

Frère Pablo reçoit la communion le jour de sa profession (photo Diocèse de Salamanque)

« Par la souffrance dans la maladie, j’ai rencontré Dieu, et par la mort dans la maladie, j’irai à Lui. Et je l’en remercie ». C’est ce qu’on peut lire dans le mémorial des funérailles du frère Pablo María de la Cruz Alonso Hidalgo, un jeune Espagnol originaire de Salamanque, qui est mort comme carme, à presque 22 ans (il aurait eu 26 juillet), le samedi 15 juillet, veille de Notre-Dame du Mont-Carmel.

Pablo avait fait sa profession de carme in articulo mortis, le 25 juin dernier, trois semaines seulement avant de rentrer à la maison du Père. Quatre jours auparavant, il avait été admis au noviciat, après une cérémonie présidée par le supérieur provincial, le frère Salvador Villota Herrero, à l’hôpital universitaire de Salamanque.

Une vocation, celle de la vie religieuse, à laquelle Pablo avait dit à plusieurs reprises qu’il se sentait appelé, pendant la période pleine d’épreuves qui a marqué les six dernières années de son existence terrestre, c’est-à-dire depuis qu’on lui a diagnostiqué un sarcome d’Ewing, une tumeur qui peut affecter diverses parties du corps (en particulier les os ou les tissus mous qui les entourent).

Pablo aurait aimé participer aux Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) qui se déroulent actuellement à Lisbonne, mais il savait déjà que ses forces ne lui permettraient pas d’être physiquement présent. Il l’a écrit lui-même dans une lettre à François, datée du 12 juillet 2023, que ses frères ont envoyée au Pape samedi dernier, en la fête de Sainte-Marthe. « Je ne sais pas si, lorsque je recevrai cette lettre, je pourrai vous accompagner dans la prière, ou si Dieu, dans son infinie miséricorde, m’aura déjà appelé. Dans ce cas, j’espère qu’il me permettra de vous donner un coup de main – et c’est tant mieux – depuis le Ciel ».

Dans sa lettre au Pape, Pablo retrace ce que la maladie a signifié pour lui, une expérience sans doute douloureuse, mais qui prend tout son sens lorsqu’elle est vécue à la lumière du mystère de la Rédemption, en collaborant à l’œuvre salvatrice de Jésus. « Je suis conscient que tout a une raison d’être dans le plan de Dieu. Entre les hauts et les bas, les jours meilleurs et pires, et avec beaucoup de purification par la maladie, aujourd’hui je regarde ma vie et je peux confesser que j’ai été et que je suis heureuse ». Et cela parce que, assure le carme, « j’ai découvert que le centre de ma vie n’est pas la maladie, mais le Christ ».

Cette découverte a conduit le jeune homme, que nous imaginons aujourd’hui contemplant le visage de Dieu, à ressentir l’urgence d’évangéliser, afin que d’autres puissent également comprendre les merveilles que le Seigneur accomplit chez ceux qui le cherchent avec un cœur sincère : « Je sais par expérience que personne ne peut éteindre le feu intérieur que peut avoir un jeune amoureux de Jésus. Je prie le Seigneur pour que ce feu de l’amour de Dieu brûle à Lisbonne, et comme j’aimerais que les jeunes connaissent Jésus, mon Bien-Aimé ! Il m’a tant donné, tant consolé, tant rendu heureux. Physiquement, je n’ai pas de force, mais la communion des saints, a ajouté le frère Pablo, me permettra de participer avec vous d’une manière plus profonde et non moins proche ».

(…)

Pablo a voulu s’offrir avec trois intentions particulières. Tout d’abord, « pour la conversion des jeunes, afin qu’ils rencontrent l’amour de Dieu à travers Jésus dans l’Eucharistie ». Deuxièmement, « pour l’Église, notre Mère », en particulier pour son unité. Troisièmement, « je m’unis à la Passion du Seigneur pour que l’offrande de ma pauvre vie (…) nous aide à bannir la peur de la mort. Le paradis existe », écrit Pablo, qui assure à tous, en adressant une pensée particulière aux familles des malades, que la vie fragile « est précieuse aux yeux de Jésus ».

L’évêque de Salamanque, Mgr José Luis Retana, a décrit dans un article la grâce qu’il a ressentie en rendant visite à Pablo avant sa profession religieuse (il présidait alors la célébration eucharistique correspondante dans l’église Carmine de Abajo à Salamanque). « Il nous a accueillis avec une joie et une paix difficiles à décrire chez un jeune homme de cet âge, crucifié par la maladie pendant plusieurs années ». Pablo, poursuit l’évêque, était capable d’élever l’esprit et d’évangéliser les jeunes qui lui rendaient visite, « avec sa manière simple et extraordinaire d’affronter la maladie, en protégeant la douleur de ses parents [sur la photo ci-contre, tirée du site Internet des Carmélites] en parlant lui-même aux médecins après les consultations, avec son amour pour l’Eucharistie, sa paix et aussi sa joie face à la mort, parce qu’il comprenait qu’en elle s’accomplit le grand dessein pour lequel nous avons été faits ».

Tels sont les fruits pour ceux qui s’approchent de la mort comme il l’a fait, en pleine adhésion à la volonté de Dieu. Pablo lui-même a réitéré cette vérité dans un court audio diffusé en ligne : « Ce que je voudrais communiquer, c’est l’incroyable beauté de la mort dans le Christ, c’est quelque chose qui n’est pas effrayant, qui est surprenant, et c’est un tabou qui, je pense, devrait être brisé ». À un monde qui considère la croix comme un scandale et une folie, Pablo révèle au contraire que c’est en suivant le Maître, sur le chemin douloureux, que l’homme obtient le centuple dès ici-bas et la félicité dans l’éternité. C’est pourquoi il avait choisi comme nom religieux Fray Pablo María de la Cruz (Paul Marie de la Croix), désireux qu’il était de s’unir – rapportent ses frères – « à notre Mère, la Vierge Marie, et au Christ crucifié », sachant que « sa seule gloire est « la croix du Christ » ». Le paradis existe et Pablo nous en rappelle le chemin.

Source : la Nuova Bussola Quotidiana , le 3 août 2023