04.08.2025 – SAINT DU JOUR

Saint Jean-Marie Vianney
Curé d’Ars
Extraits de la Catéchèse de Benoît XVI 
5 août 2009, Saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars 

Chers frères et sœurs,   […]

Jean-Marie Vianney naît dans le petit village de Dardilly le 8 mai 1786, dans une famille de paysans, pauvre en biens matériels, mais riche d’humanité et de foi. Baptisé, comme le voulait le bon usage à l’époque, le jour même de sa naissance, il consacra les années de l’enfance et de l’adolescence aux travaux dans les champs et à paître les animaux, si bien qu’à l’âge de dix-sept ans, il était encore analphabète. Mais il connaissait par cœur les prières que lui avait enseignées sa pieuse mère et il se nourrissait du sentiment religieux que l’on respirait chez lui. Les biographes racontent que, dès sa prime jeunesse, il essaya de se conformer à la divine volonté même dans les tâches les plus humbles. 

Il nourrissait dans son âme le désir de devenir prêtre, mais il ne lui fut pas facile de le satisfaire. Il parvint en effet à l’ordination sacerdotale après de nombreuses adversités et incompréhensions, grâce à l’aide de sages prêtres, qui ne s’arrêtèrent pas à considérer ses limites humaines, mais surent regarder au-delà, devinant l’horizon de sainteté qui se profilait chez ce jeune homme véritablement singulier. 

Ainsi, le 23 juin 1815, il fut ordonné diacre et le 13 août suivant, prêtre. Enfin, à l’âge de 29 ans, après de nombreuses incertitudes, un certain nombre d’échecs et beaucoup de larmes, il put monter à l’autel du Seigneur et réaliser le rêve de sa vie. 

Le saint curé d’Ars manifesta toujours une très haute considération du don reçu. Il affirmait: « Oh! Quelle grande chose que le sacerdoce! On ne le comprendra bien qu’une fois au Ciel… si on le comprenait sur la terre, on mourrait, non d’effroi mais d’amour! » (Abbé Monnin, Esprit du Curé d’Ars, p. 113). En outre, dans son enfance, il avait confié à sa mère: « Si j’étais prêtre, je voudrais conquérir beaucoup d’âmes » (Abbé Monnin, Procès de l’ordinaire, p. 1064). Et il en fut ainsi. Dans le service pastoral, aussi simple qu’extraordinairement fécond, ce curé anonyme d’un village isolé du sud de la France parvint si bien à s’identifier à son ministère, qu’il devint, également de manière visible et universellement reconnaissable, alter Christus, image du Bon Pasteur, qui à la différence du mercenaire, donne la vie pour ses brebis (cf. Jn 10, 11). 

A l’exemple du Bon Pasteur, il a donné la vie au cours des décennies de son service sacerdotal. Son existence fut une catéchèse vivante, qui trouvait une efficacité toute particulière lorsque les personnes le voyaient célébrer la Messe, s’arrêter en adoration devant le tabernacle ou passer de longues heures dans le confessionnal.

Au centre de toute sa vie, il y avait donc l’Eucharistie, qu’il célébrait et adorait avec dévotion et respect. Une autre caractéristique fondamentale de cette extraordinaire figure sacerdotale, était le ministère assidu des confessions. Il reconnaissait dans la pratique du sacrement de la pénitence l’accomplissement logique et naturel de l’apostolat sacerdotal, en obéissance au mandat du Christ : « Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis, ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (cf. Jn 20, 23). 

Saint Jean-Marie Vianney se distingua donc comme un confesseur et maître spirituel excellent et inlassable. En passant « d’un même mouvement intérieur, de l’autel au confessionnal », où il passait une grande partie de la journée, il cherchait par tous les moyens, par la prédication et par le conseil persuasif, à faire redécouvrir aux paroissiens la signification et la beauté de la pénitence sacramentelle, en la montrant comme une exigence intime de la Présence eucharistique.

Les méthodes pastorales de Jean-Marie Vianney pourraient apparaître peu adaptées aux conditions sociales et culturelles actuelles. Comment en effet un prêtre d’aujourd’hui pourrait-il l’imiter, dans un monde qui a tant changé? S’il est vrai que les temps changent et que de nombreux charismes sont typiques de la personne, et donc inimitables, il y a toutefois un style de vie et un élan de fond que nous sommes tous appelés à cultiver. A bien y regarder, ce qui a rendu saint le curé d’Ars a été son humble fidélité à la mission à laquelle Dieu l’avait appelé; cela a été son abandon constant, empli de confiance, entre les mains de la Providence divine. Il a réussi à toucher le cœur des personnes non en vertu de ses dons humains, ni en s’appuyant exclusivement sur un effort, même louable, de la volonté, il a conquis les âmes, même les plus réfractaires, en leur communiquant ce qu’il vivait de manière intime, à savoir son amitié avec le Christ. […]

Les Pères du Concile œcuménique Vatican II avaient bien présents à l’esprit cette « soif de vérité » qui brûle dans le cœur de tout homme, lorsqu’ils affirmèrent que c’est aux prêtres, « comme éducateurs de la foi », qu’il revient de former « une authentique communauté chrétienne » capable de « frayer la route à tous les hommes vers le Christ » et d’exercer « une véritable maternité » à leur égard, en indiquant ou en facilitant à celui qui ne croit pas « un chemin vers le Christ et son Église » et « pour réveiller les fidèles, les nourrir, leur donner des forces pour le combat spirituel » (cf. Presbyterorum ordinis, n. 6). 

L’enseignement que continue de nous transmettre le saint curé d’Ars à cet égard est que, à la base de cet engagement pastoral, le prêtre doit placer une union personnelle intime avec le Christ, qu’il faut cultiver et accroître jour après jour. C’est seulement s’il est amoureux du Christ que le prêtre pourra enseigner à tous cette union, cette amitié intime avec le divin Maître, qu’il pourra toucher les cœurs des personnes et les ouvrir à l’amour miséricordieux du Seigneur. C’est seulement ainsi, par conséquent, qu’il pourra transmettre enthousiasme et vitalité spirituelle aux communautés que le Seigneur lui confie. Prions pour que, par l’intercession de saint Jean-Marie Vianney, Dieu fasse don à son Église de saints prêtres, et pour que croisse chez les fidèles le désir de soutenir et d’aider leur ministère. 

Pour un approfondissement biographique :
>>> Sanctuaire du Saint Curé d’Ars
>>> Saint Jean-Marie Vianney, Curé D’Ars [PDF]

Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).

Saint Jean-Marie Vianney priez pour nous !

04.08.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,13-21. 

En ce temps-là, quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste, il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.
En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.
Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : « L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! »
Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. »


Alors ils lui disent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »
Jésus dit : « Apportez-les-moi. »
Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule.
Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins.
Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité

No Greater Love (Il n’y a pas de plus grand amour, trad. J.F. Colosimo; Lattès 1997, p. 92)

« Il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule »

Simplicité de notre vie contemplative : elle nous fait voir le visage de Dieu en chaque chose, en chaque être, partout et toujours ! Et sa main, présente en chaque événement nous fait tout accomplir — la méditation et l’étude, le travail et l’échange, manger et dormir — en Jésus, avec Jésus, pour Jésus et à l’égard de Jésus sous le regard aimant du Père, alors que nous restons toujours disposés à le recevoir sous quelque forme qu’il revête. Je suis subjuguée par le fait que, avant de commenter la Parole de Dieu, avant d’annoncer aux foules les Béatitudes, Jésus, prenant celles-ci en compassion, les a guéries et nourries. Et après seulement, il a commencé à leur livrer son enseignement. Aime Jésus généreusement, aime-le avec confiance, sans regarder derrière toi, et sans appréhension. Donne-toi entièrement à Jésus. Il te prendra comme instrument pour accomplir des merveilles à la condition que tu sois infiniment plus conscient de son amour que de ta faiblesse. Crois en lui, remets-toi entre ses mains dans un élan de confiance aveugle et absolue, car il est Jésus. Crois que Jésus, et Jésus seul, est la vie ; sache que la sainteté n’est rien d’autre que ce même Jésus vivant intimement en toi ; alors il sera libre du geste de sa main sur toi.

LECTURES :

Livre des Nombres 11,4b-15. 

En ces jours-là, dans le désert, les fils d’Israël se remirent à pleurer : « Ah ! qui donc nous donnera de la viande à manger ?
Nous nous rappelons encore le poisson que nous mangions pour rien en Égypte, et les concombres, les melons, les poireaux, les oignons et l’ail !
Maintenant notre gorge est desséchée ; nous ne voyons jamais rien que de la manne ! »
La manne était comme des grains de coriandre, elle ressemblait à de l’ambre jaune.
Le peuple se dispersait pour la recueillir ; puis on la broyait sous la meule, ou on l’écrasait au pilon ; enfin on la cuisait dans la marmite et on en faisait des galettes. Elle avait le goût d’une friandise à l’huile.
Lorsque, pendant la nuit, la rosée descendait sur le camp, la manne descendait sur elle.
Moïse entendit pleurer le peuple, groupé par clans, chacun à l’entrée de sa tente. Le Seigneur s’enflamma d’une grande colère. Cela déplut à Moïse,
et il dit au Seigneur : « Pourquoi traiter si mal ton serviteur ? Pourquoi n’ai-je pas trouvé grâce à tes yeux que tu m’aies imposé le fardeau de tout ce peuple ?
Est-ce moi qui ai conçu tout ce peuple, est-ce moi qui l’ai enfanté, pour que tu me dises : “Comme on porte un nourrisson, porte ce peuple dans tes bras jusqu’au pays que j’ai juré de donner à tes pères” ?
Où puis-je trouver de la viande pour en donner à tout ce peuple, quand ils viennent pleurer près de moi en disant : “Donne-nous de la viande à manger” ?
Je ne puis, à moi seul, porter tout ce peuple : c’est trop lourd pour moi.
Si c’est ainsi que tu me traites, tue-moi donc ; oui, tue-moi, si j’ai trouvé grâce à tes yeux. Que je ne voie pas mon malheur ! »

Psaume 81(80),12-13.14-15.16-17. 

R/ Criez de joie pour Dieu, notre force ! (Ps 80, 2a)

« Mon peuple n’a pas écouté ma voix, 
Israël n’a pas voulu de moi.
Je l’ai livré à son cœur endurci : 
qu’il aille et suive ses vues !

« Ah ! Si mon peuple m’écoutait, 
Israël, s’il allait sur mes chemins !
Aussitôt j’humilierais ses ennemis, 
contre ses oppresseurs je tournerais ma main.

« Mes adversaires s’abaisseraient devant lui ; 
tel serait leur sort à jamais !
Je le nourrirais de la fleur du froment, 
je te rassasierais avec le miel du rocher ! »

03.08.2025 – JUBILÉ DES JEUNES – MESSE PRÉSIDÉE PAR LE PAPE LÉON XIV À TOR VERGATA

Messe à Tor Vergata, le Pape exhorte un million de jeunes «aux réalités d’en-haut»

Un chant céleste d’espérance a résonné sur toute la plaine romaine de Tor Vergata, dimanche 3 août, pour la messe de clôture du Jubilé des jeunes. Plus d’un million d’entre eux était présent selon la préfecture de la Cité éternelle. Dans une homélie trilingue entre l’italien, l’espagnol et l’anglais, convoquant saint Augustin et ses prédécesseurs, le Pape Léon XIV a demandé aux jeunes de 2025 d’aspirer à de grandes choses et à la sainteté, «sans jamais se contenter de moins». 

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Il est des foules inoubliables, gravées dans le siècle. Face au Pape élu par ses pairs il y a seulement trois mois, plus d’un million de jeunes s’est déployé sur l’immense prairie allongée jusqu’aux Castelli romani. Comme ses deux derniers prédécesseurs, Léon XIV rencontre la jeunesse catholique du monde entier dans les tout premiers mois de son pontificat. L’occasion de réitérer aux générations de demain la force du message du Christ à contre-courant «des marécages de l’absurdité, de l’ennui et de la médiocrité», a affirmé Léon XIV.

Après la grande veillée d’adoration samedi soir, le Pape de 69 ans vêtu de l’habit liturgique en vert et or a fait entrer une marée humaine de plus d’un million de jeunes fidèles dans une célébration eucharistique en plein air, dominée par une douce ferveur animée par le chœur du diocèse de Rome, dirigé par Mgr Marco Frisina. Les notes de l’hymne du Jubilé “Pèlerins d’espérance” entonné en trois langues ont virevolté dans la brise du petit matin à Tor Vergata. Après une trentaine de minutes de traversée en papamobile entre les travées de jeunes, plus éveillés que jamais, c’est en présence d’une vingtaine de cardinaux, 450 évêques et 7 000 prêtres, que Léon XIV a présidé la messe sur l’estrade en bois du site de Tor Vergata, assemblée de la même manière qu’il y a 25 ans pour les JMJ du Jubilé de l’An 2000. Aux côtés du Pape, le regard protecteur de la Salus Populi Romani, immuable icône, enveloppant les jeunes étalés à l’horizon.

Un diptyque terrestre et céleste

La liturgie de la parole s’est déroulée en un double mouvement, vers l’infiniment petit qu’est la condition humaine terrestre grâce à la première lecture tirée de l’Ecclésiaste: «Vanité des vanités disait Qohèleth. Vanité des vanités, tout est vanité! (…) Que reste-t-il à l’homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil?» Avant d’être orientée vers l’infiniment grand, à la deuxième lecture, en espagnol, celle de l’apôtre des nations, saint Paul, invitant les Colossiens, à rechercher les réalités d’en haut. Proclamé en italien, l’Évangile selon saint Luc est venu couronner la réflexion mettant en garde contre les accumulations stériles ici-bas.

«La fragilité fait partie de la merveille que nous sommes» 

À la lumière de ces textes du jour très parlants aux jeunes, le Pape a médité dans son homélie sur la façon dont la rencontre avec le Ressuscité change l’existence, par l’expérience de la finitude des choses qui passent et des limites. Poétiquement et avec humilité, derrière l’autel serti de roses claires, le Pape augustin a employé l’image champêtre «d’une herbe changeante», fleurie au matin, fanée au soir.

«Ce sont deux rappels forts, peut-être un peu choquants, mais qui ne doivent pas nous effrayer, comme s’il s’agissait de sujets “tabous” à éviter», a garanti Léon XIV, assurant que «la fragilité fait en effet partie de la merveille que nous sommes». Le Souverain pontife de poursuivre la métaphore arcadienne comparant notre condition humaine au symbole de l’herbe: «N’est-ce pas magnifique, un pré en fleurs? Certes, elles sont délicates, faites de tiges fines, vulnérables, susceptibles de se dessécher, de se plier, de se briser, mais en même temps, elles sont immédiatement remplacées par d’autres qui poussent après elles, et dont les premières deviennent généreusement nutriments et servent d’engrais, en se consumant sur le sol». Au rythme des saisons, le champ se renouvelle continuellement, et même pendant les mois froids d’hiver, quand tout semble silencieux, a précisé Léon XIV, «son énergie frémit sous terre et se prépare à exploser, au printemps, en mille couleurs».

Constamment se regénérer dans le don et dans l’amour

Nous sommes de cette étoffe, nous sommes ainsi faits, relève l’évêque de Rome. «Non pour une vie où tout est acquis et immobile, mais pour une existence qui se régénère constamment dans le don, dans l’amour». Pour ce faire, le Pape rappelle aux jeunes que ce «plus» auxquels nous aspirons continuellement ne peut nous être donné par «aucune réalité créée». «Nous ressentons une soif si grande et si brûlante qu’aucune boisson de ce monde ne peut l’étancher», a-t-il abondé, prévenant sans détour contre les mirages. «Face à cette soif, ne trompons pas notre cœur en essayant de l’apaiser avec des substituts inefficaces!»

Le Pape d’inviter chacun à plutôt écouter cette soif spirituelle et «à en faire un tabouret sur lequel nous pouvons monter pour nous pencher, comme des enfants, sur la pointe des pieds, à la fenêtre de la rencontre avec Dieu». «Et il est beau, même à vingt ans, de Lui ouvrir grandement notre cœur, de le laisser y entrer, pour ensuite nous aventurer avec Lui vers les espaces éternels de l’infini», a noté le Pape, citant, en italien, son maitre spirituel d’Hippone, puis son prédécesseur François, en espagnol

Les grandes questions de l’existence

Saint Augustin, parlant de sa recherche intense de Dieu, se demandait: «Quel est donc l’objet de notre espérance […] ? Est-ce la terre? Non. Est-ce quelque chose qui vient de la terre, comme l’or, l’argent, l’arbre, la moisson, l’eau […]? Ces choses plaisent, elles sont belles, elles sont bonnes» (Sermon 313/F, 3).Et concluait:«Cherche celui qui les a faites, c’est Lui ton espérance» (ibid.).

Des paroles rappelant donc les conseils du Pape François lancés aux JMJ 2023 de Lisbonne: «Chacun est appelé à se confronter à de grandes questions qui n’ont pas […] une réponse simpliste ou immédiate, mais qui invitent à accomplir un voyage, à se dépasser, à aller plus loin […], à un décollage sans lequel il n’y a pas de vol. Ne nous alarmons pas alors si nous nous trouvons assoiffés de l’intérieur, inquiets, inachevés, avides de sens et d’avenir […]. Ne soyons pas malades, soyons vivants!»

Et Léon XIV d’interpeller philosophiquement les cœurs cette fois-ci en langue anglaise: «Qu’est-ce vraiment que le bonheur? Quel est le véritable goût de la vie? Qu’est-ce qui nous libère des marécages de l’absurdité, de l’ennui, de la médiocrité?» La réponse réside dans l’expérience jubilaire, par la rencontre, la prière, l’amitié de ces journées romaines écoulées: «La plénitude de notre existence ne dépend pas de ce que nous accumulons ni, comme nous l’avons entendu dans l’Évangile, de ce que nous possédons. Elle est plutôt liée à ce que nous savons accueillir et partager avec joie».

Acheter et consommer ne suffit pas

«Acheter, accumuler, consommer ne suffit pas. Nous avons besoin de lever les yeux, de regarder vers le haut, vers «les réalités d’en haut», a lancé l’évêque de Rome, contemplant l’océan multicolore de jeunes aux pieds des collines romaines. «Très chers jeunes, notre espérance, c’est Jésus», a affirmé le Pape, s’arrêtant en silence. Un silence au gout d’éternité dans lequel s’est engouffré le souvenir d’il y a vingt-cinq ans lorsque le Pape polonais de 80 ans faisait face à deux millions de jeunes sur cette même plaine historique. Un souvenir convoqué par Léon XIV. «C’est le Christ qui suscite en vous le désir de faire de votre vie quelque chose de grand, […] pour vous rendre meilleurs, pour améliorer la société, en la rendant plus humaine et plus fraternelle», affirmait Jean-Paul II, le 19 août 2000.

Prier, adorer, communier et se confesser

Un quart de siècle plus tard, le Souverain pontife des deux Amériques demande à la nouvelle génération du IIIe millénaire de rester unie au Christ: «Restons dans son amitié, toujours, en la cultivant par la prière, l’adoration, la communion eucharistique, la confession fréquente, la charité généreuse, comme nous l’ont enseigné les bienheureux Piergiorgio Frassati et Carlo Acutis, qui seront bientôt proclamés saints. Aspirez à de grandes choses, à la sainteté, où que vous soyez. Ne vous contentez pas de moins. Vous verrez alors grandir chaque jour, en vous et autour de vous, la lumière de l’Évangile», a-t-il conclu, entrainant quelques applaudissements suivis d’un nouveau silence figeant la plaine dans la prière.

Miroir de l’universalité de cette semaine jubilaire, la prière universelle a été lue en français pour la fidélité à Dieu, en polonais pour la paix, en portugais pour les jeunes, en coréen pour les enseignants, en allemand pour la sagesse des cœurs. Après la consécration, le ballet de 7 000 prêtres s’est enclenché pour apporter la communion aux quatre coins des 96 hectares de plaine dans chacun des «petits villages internationaux» sur les notes du morceau « Jesus is my life » (Jésus est ma vie) chanté par le chœur du diocèse romain. L’union mystique intense avec le Christ fut ensuite totale avec l’exécution d’Anima Christi. Les remerciements de Léon XIV à chacun des jeunes, individuellement, avec une pensée pour les deux pèlerines, espagnole et égyptienne, tragiquement décédées à Rome cette semaine ont conclu la célébration. À son terme, le Pape a donné rendez-vous aux jeunes du monde entier dans deux ans à Séoul pour les JMJ, prolongeant le pèlerinage spirituel de Tor Vergata jusqu’aux confins de la terre. La messe s’est achevée avec l’un des inmanquables hymnes des JMJ: Jesus Christ you are my lifefaisant joyeusement danser l’assemblée.

Source : VATICANNEWS, le 3 juillet 2025

Le grand miracle de Notre Dame du Pilier de Saragosse

Le grand miracle de Notre Dame du Pilier de Saragosse

En 1637, un employé agricole, Miguel Juan Pellicer (1617-1647), tombe d’un attelage, à Castellon de la Plana. Une roue lui brise la jambe droite, écrasant « le tibia en son milieu » (article 7 du Procès, cité par Deroo, 1977, 24). Il est admis à l’hôpital de Valencia le 3 août 1637 puis transféré à l’hôpital royal de Saragosse au début d’octobre.

Réduit à la mendicité, il essaye différents remèdes pour guérir, en vain. A la fin d’octobre, il est amputé « quatre doigts (10 cm) au-dessus du genou ». Il quitte l’hôpital au printemps 1638 et retourne vivre à Calanda, parmi les siens. 

Le 29 mars 1640, après avoir prié Notre Dame du Pilier, il s’endort dans la chambre de ses parents. Cette nuit là, « il s’est vu en rêve dans la chapelle de Saragosse, oignant, de l’huile des lampes allumées devant la Vierge, son moignon endolori ». Le matin, son père découvre que deux pieds dépassent de la couverture : sa jambe amputée est revenue !

Un procès canonique débute le 5 juin 1640. Le 22 avril 1641, la municipalité de Calanda choisit Notre Dame du Pilier comme patronne. Le 27 avril suivant, Mgr Apaolaza, archevêque de Saragosse, déclare : « Nous disons, prononçons et déclarons que Miguel Juan Pellicer a récupéré miraculeusement la jambe droite qui auparavant avait été amputée ; cette restitution n’est pas l’œuvre de la nature, mais a été opérée d’une manière admirable et miraculeuse et doit être enregistrée comme un miracle » (AASS, juillet, t. VI, 120 et Copia literal y auténtica del Proceso y sentencia de calificacion, Saragosse, 1940, 28, cité dans sa traduction française par Deroo, 79).

Une médaille commémorative du miracle est frappée en 1671. 

D’après le Dictionnaire des Apparitions du P. Laurentin, Fayard 2007

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

03.08.2025 – SAINT DU JOUR

Bx Augustin Kazotic

Bx Augustin Kažotić
Évêque o.p. et martyr († 1323)

Augustin Kažotić, fils d’une famille patricienne, naît à Trogir (en Dalmatie) vers 1260. 
Entré, à quinze ans, dans l’Ordre Dominicain, probablement à Trogir ou à Split, il se distingua rapidement durant ses études, qu’il alla poursuivre à Paris. 

Impressionné par sa réputation d’érudit et de religieux dévot, le Bx Benoît XI (Nicola Boccasini, 1303-1304) – lui-même dominicain – nomma Augustin Kažotić évêque de Zagreb en 1303. Il y promut de nombreuses activités pastorales et initia une réforme de la liturgie et de l’éducation. Il fonda également une école cathédrale accueillant les étudiants défavorisés.

Sa défense inflexible des droits de tous contre les abus du Roi Charles Robert d’Anjou (1308-1342) lui valut d’être exilé du Royaume de Croatie et de Hongrie. Il se rendit alors en Avignon et demanda l’aide du pape Jean XXII (Jacques Duèse, 1316-1334), en 1318. 

Le nom d’Augustin Kažotić est généralement lié à deux petits traités écrits lors de son séjour à Avignon (1318-1322) : le premier fait partie de la consultation judiciaire et doctrinale demandée par le pape Jean XXII, qui aboutira à la bulle Super illius specula de 1320, qui assimile désormais la sorcellerie à l’hérésie ; le second, sur la pauvreté du Christ, est lié aux débats sur les mouvements de pauvreté, en particulier l’usus pauper des franciscains. Dans un tout autre domaine, son nom est lié à l’histoire de la musique, puisqu’il est, semble-t-il, l’un des premiers auteurs connus en Croatie.

Augustin Kažotić attendit en vain pendant quatre ans l’autorisation de pouvoir rentrer dans son pays. En 1322, le Pape lui donna enfin la charge du Diocèse de Lucera, ville des Pouilles dans le Sud de l’Italie, qui venait d’être restauré.

Pendant le règne de l’Empereur Frédéric II de Hohenstaufen, des milliers de musulmans Sarrasins, qui servaient dans les troupes impériales d’élite, habitaient à Lucera. Après la chute de la dynastie Hohenstaufen, la restauration de la chrétienté pouvait commencer dans la ville et cette mission fut confiée à Augustin Kažotić. Son travail fut si efficace qu’un an plus tard, les musulmans encore présents décidèrent de le supprimer. 

Il fut assassiné par un sarrasin  qui le frappa à la tête avec une lance de fer : il meurt de ses blessures le 3 août 1323, ajoutant l’honneur du martyre aux nombreux mérites qu’il eut de son vivant. 

Dès sa mort, il fut considéré comme saint. Il fut béatifié par le pape Clément XI (Giovanni Francesco Albani, 1700-1721) le 4 avril 1702. Le procès de Béatification est conservé aux archives diocésaines de Lucera. Son culte s’est développé à travers les siècles, en Italie, en Croatie et dans l’ordre des Frères Prêcheurs.

En avril 2010, a été lancé le procès de sa Canonisation. Le diocèse de Lucera-Troia s’est constitué acteur principal de la cause, tandis que la Province dominicaine de Croatie et l’Archevêché de Zagreb en sont co-acteurs.

 Pour un approfondissement :
>>> Homélie pour la Messe anniversaire du bienheureux …

Sources principales : reflexionchretienne.e-monsite.com ;  trogir.op.org (« Rév. x gpm »).

Bx Augustin Kažotić priez pour nous !

03.08.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,13-21. 

En ce temps-là, du milieu de la foule, quelqu’un demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. »
Jésus lui répondit : « Homme, qui donc m’a établi pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? »
Puis, s’adressant à tous : « Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. »
Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont le domaine avait bien rapporté.
Il se demandait : “Que vais-je faire ? Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.”
Puis il se dit : “Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens.
Alors je me dirai à moi-même : Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.”
Mais Dieu lui dit : “Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?”
Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Grégoire de Nazianze (330-390)

évêque et docteur de l’Église

De l’amour des pauvres, 24-36 (in Lectures chrétiennes pour notre temps, fiche X9; trad. Orval ; © 1971 Abbaye d’Orval)

Considère l’égalité originelle de la famille humaine !

Les hommes, lorsqu’ils amassent or, argent, vêtements somptueux autant qu’inutiles, diamants et autres choses semblables qui donnent lieu à la guerre, à la discorde et à la tyrannie, sont pris d’une folle arrogance, ferment leur cœur aux malheurs de leurs frères et ne consentent même pas à leur laisser de leur superflu pour leur donner de quoi vivre. Stupide aberration ! Ils ne se rendent absolument pas compte que la pauvreté et richesse, condition libre – comme nous disons – et condition servile, ainsi que les autres catégories semblables arrivèrent tard chez les hommes et déferlèrent come des épidémies en même temps que le péché dont elles étaient les conséquences. « Mais au commencement il n’en fut pas ainsi » (Mt 19,8). Au commencement, le Créateur laissa l’homme libre et maître de lui-même, tenu à un seul commandement et riche des délices du paradis. Dieu voulait cela pour tout le genre humain, issu du premier homme. Liberté et richesse dépendaient de l’observation d’un seul commandement. Sa violation entraînait la véritable pauvreté et la servitude. Depuis que l’envie et les disputes ont apparu avec la tyrannie rusée du serpent qui nous séduit par le plaisir et qui dresse les plus hardis contre les plus faibles, la famille humaine s’est déchirée en nations étrangères les unes pour les autres. L’avarice a supplanté la générosité naturelle et s’est appuyée sur la loi pour dominer avec force. Mais toi, considère l’égalité primitive et non les divisions ultérieures, la loi du Créateur et non celle des puissants. Aide la nature de ton mieux, honore la liberté originelle, respecte ta personne, protège ta race contre le déshonneur, secours-la dans ses maladies, console-la dans sa pauvreté. Ne cherche à te distinguer des autres que par ta bonté. Deviens Dieu pour les malheureux en imitant la miséricorde divine.

LECTURES :

Livre de l’Ecclésiaste 1,2.2,21-23. 

Vanité des vanités disait Qohèleth. Vanité des vanités, tout est vanité !
Un homme s’est donné de la peine ; il est avisé, il s’y connaissait, il a réussi. Et voilà qu’il doit laisser son bien à quelqu’un qui ne s’est donné aucune peine. Cela aussi n’est que vanité, c’est un grand mal !
En effet, que reste-t-il à l’homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil ?
Tous ses jours sont autant de souffrances, ses occupations sont autant de tourments : même la nuit, son cœur n’a pas de repos. Cela aussi n’est que vanité.

Psaume 90(89),3-4.5-6.12-13.14.17ab. 

R/ D’âge en âge, Seigneur, tu as été notre refuge. (Ps 89, 1)

Tu fais retourner l’homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d’Adam ! »
À tes yeux, mille ans sont comme hier, 
c’est un jour qui s’en va, une heure dans la nuit.

Tu les as balayés : ce n’est qu’un songe ; 
dès le matin, c’est une herbe changeante :
elle fleurit le matin, elle change ; 
le soir, elle est fanée, desséchée.

Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : 
que nos cœurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ? 
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.

Rassasie-nous de ton amour au matin, 
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !
Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 3,1-5.9-11. 

Frères, si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre.
En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu.
Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire.
Faites donc mourir en vous ce qui n’appartient qu’à la terre : débauche, impureté, passion, désir mauvais, et cette soif de posséder, qui est une idolâtrie.
Plus de mensonge entre vous : vous vous êtes débarrassés de l’homme ancien qui était en vous et de ses façons d’agir,
et vous vous êtes revêtus de l’homme nouveau qui, pour se conformer à l’image de son Créateur, se renouvelle sans cesse en vue de la pleine connaissance.
Ainsi, il n’y a plus le païen et le Juif, le circoncis et l’incirconcis, il n’y a plus le barbare ou le primitif, l’esclave et l’homme libre ; mais il y a le Christ : il est tout, et en tous.