Urs Brosi: «Réduire l’argent pour les évêques ne convainc pas la RKZ»

Urs Brosi interviewé sur la SRF, le 5 octobre 2023 | capture d’écran SRF

Urs Brosi: «Réduire l’argent pour les évêques ne convainc pas la RKZ»

Le Secrétaire général de la Conférence centrale catholique de Suisse (RKZ), Urs Brosi, se montre compréhensif envers les paroisses qui ne veulent plus verser l’impôt ecclésiastique aux diocèses, mais estime que c’est «juridiquement problématique». 

Par Jacqueline Straub, kath.ch, adaptation Grégory Roth

Le Secrétaire général de la RKZ répondait le 5 octobre 2023 aux questions de la présentatrice Franziska Ramser lors de l’émission «Rundschau” de la SRF. Le représentant de l’organisation faîtière des Églises catholiques cantonales

réagissait à un reportage sur une paroisse qui a coupé les vivres aux évêques et qui verse désormais sur un compte bloqué le 1% de l’impôt ecclésiastique que perçoit le diocèse. 

Urs Brosi exprime une «grande compréhension» face à ces réactions paroissiales, car les attentes quant à une solution concrète au problème d’abus sont énormes. Il a néanmoins exprimé ses inquiétudes: «C’est juridiquement problématique, car la paroisse ne verse pas sa contribution directement au diocèse et à l’évêque.»

Source et suite : CATH.CH, le 6 octobre 2023

FATIMA100 – LETTRE DE LIAISON NO 154

Lettre de liaison n° 154 (4 octobre 2023)

Chers amis,

Le calendrier liturgique nous conduit à surseoir à la poursuite de nos réflexions sur le “Cœur Immaculé, refuge des pécheurs et chemin qui conduit à Dieu”, pour commencer à analyser l’apparition suivante, celle du 13 juillet. En effet, samedi, ce sera à la fois le premier samedi du mois d’octobre et la fête de Notre-Dame du Rosaire (7 octobre) qui a été solennisée dimanche dernier, 1er octobre. Cette fête revêt une importance particulière depuis les révélations de la Sainte Vierge à Fatima.

En effet, le 13 juillet 1917, après la question de Lucie : « Que veut de moi votre Grâce ? », la Sainte Vierge lui répondit : « Je veux que vous veniez ici le 13 du mois qui vient, que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’Elle seule peut les obtenir. » Cette demande de Notre-Dame mérite de figurer parmi les points les plus importants du message de Fatima. Nous avons déjà abordé ce sujet dans les lettres de liaison n° 148 et n° 149. En effet, lors des apparitions du 13 mai et du 13 juin, Notre-Dame avait déjà demandé la récitation quotidienne du chapelet. En ce 13 juillet, elle réitère sa demande, mais en la précisant :

  • elle demande la récitation quotidienne du chapelet ;
  • ce chapelet doit être récité en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire ;
  • il doit être récité avec l’intention d’obtenir la paix dans le monde, et par conséquent la fin de la guerre en cours ;
  • enfin, Notre-Dame révèle qu’elle est la seule à pouvoir obtenir de Dieu la grâce de cette paix pour le monde.

Ainsi Notre-Dame confie à Lucie quelle prière elle préfère, à qui l’adresser, dans quelle intention, et ce qui justifie qu’on s’adresse à elle plutôt qu’à Dieu pour cette intention particulière.
Il n’est pas possible de traiter tous ces points dans une même lettre de liaison. Voyons les deux premiers ; nous verrons les suivants dans une prochaine lettre.

« Récitez le chapelet tous les jours … »

En ce 13 juillet 1917, Notre-Dame demande donc pour la troisième fois la récitation quotidienne du chapelet. Et elle reformulera sa demande lors des trois apparitions suivantes. Cette insistance doit attirer notre attention, car Notre-Dame parle peu et ne répète que rarement ce qu’elle a dit. Même si ce n’est pas la seule demande qu’elle fera plusieurs fois, c’est la seule qu’elle fera autant de fois. Voici ses six demandes :

  • 13 mai 1917 : « Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre ».
  • 13 juin 1917 : « Je veux (…) que vous disiez le chapelet tous les jours ».
  • 13 juillet 1917 : « Je veux (…) que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre ».
  • 19 août 1917 : « Je veux (…) que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours ».
  • 13 septembre 1917 : « Continuez à réciter le chapelet pour obtenir la fin de la guerre ».
  • 13 octobre 1917 : « Que l’on continue toujours à dire le chapelet tous les jours ».

Pourquoi Notre-Dame insiste-t-elle tant sur cette récitation quotidienne du chapelet ? C’est à n’en pas douter pour souligner l’importance de sa demande. Une maman qui veut apprendre quelque chose d’important à son petit enfant va le lui répéter souvent afin qu’il le retienne et fasse bien ce qu’elle lui dit de faire. Mais pourquoi le chapelet est-il si important pour Notre-Dame ? Pour avoir la réponse, le mieux est de se tourner vers sœur Lucie qui a reçu cette demande particulière de la Sainte Vierge et qui a vécu 85 ans avec mission de la faire connaître. Nulle autre qu’elle n’est donc plus autorisée pour nous parler du chapelet.
Et effectivement, toute sa vie, sœur n’a pas cessé d’insister sur l’importance de la récitation quotidienne du chapelet. Il n’est pas possible de citer tout ce qu’elle en a dit ou tout ce qu’elle a écrit sur ce sujet. Mais certaines de ses lettres sont un petit résumé de ce qu’elle a transmis, notamment celle qu’elle écrivit le 16 septembre 1970 à une de ses amies, Mère Maria José Martins. Il nous paraît important de la reproduire ici, tant elle montre combien sœur Lucie montre clairement toute la richesse du chapelet.

Chère Mère Martins,

Quant à ce que vous me dites au sujet de la récitation du chapelet, c’est une grande peine ! Parce que la prière du Rosaire ou chapelet est, après la sacrée liturgie de l’Eucharistie, celle qui nous unit le plus à Dieu par la richesse des prières qui la composent, toutes venant du Ciel, dictées par le Père, le Fils et l’Esprit-Saint.
Le Gloria que nous récitons à tous les mystères fut dicté par le Père aux Anges lorsqu’Il les envoya chanter auprès de son Verbe qui venait de naître, et c’est une hymne à la Sainte Trinité.
Le Notre Père nous fut dicté par le Fils et c’est une prière dirigée vers le Père.
L’Ave Maria tout entier est imprégné de sens trinitaire et eucharistique : les premières paroles furent dictées par le Père à l’Ange lorsqu’Il l’envoya annoncer le mystère de l’Incarnation du Verbe : « Je vous salue Marie, pleine de grâce ;le Seigneur est avec vous. » Vous êtes pleine de grâce parce que, en vous, réside la fontaine de cette même grâce. C’est par votre union à la Très Sainte Trinité que vous êtes pleine de grâce.

Mue par l’Esprit-Saint, sainte Élisabeth a dit : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus le fruit de vos entrailles est béni. » Si vous êtes bénie, c’est parce que Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Mue par l’Esprit-Saint, l’Église aussi a ajouté : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort ». Cela est aussi une prière adressée à Dieu par Marie. Parce que vous êtes Mère de Dieu, priez pour nous. C’est une prière trinitaire, oui, parce que Marie fut le premier temple vivant de la Très Sainte Trinité : « L’Esprit-Saint descendra sur vous. Le Père vous couvrira de son ombre. Et le Fils qui naîtra de vous sera appelé le Fils du Très-Haut. »
Marie est le premier tabernaclevivant où le Père a enfermé son Verbe. Son Cœur Immaculé est la première custode qui l`a gardé, son sein et ses bras furent le premier autel et le trône sur lequel le Fils de Dieu fait homme a été adoré. C’est là que les anges, les bergers et les mages l’ont adoré. Marie est le premier prêtre qui prit en ses mains pures et immaculées le Fils de Dieu, Le conduisit au temple pour L’offrir au Père comme victime pour le salut du monde.

Ainsi la prière du chapelet est, après la sacrée liturgie de l’Eucharistie, celle qui nous introduit le mieux dans le mystère intime de la Très Sainte Trinité et de l’Eucharistie, et celle qui nous met le mieux dans l’esprit les mystères de Foi, d’Espérance et de Charité. Elle est le pain spirituel des âmes. Celui qui ne prie pas dépérit et meurt. C’est dans la prière que nous rencontrons Dieu et c’est dans cette rencontre qu’Il nous communique la Foi, l’Espérance et la Charité, vertus sans lesquelles nous ne nous sauverons pas.

Le chapelet est la prière des pauvres et des riches, des savants et des ignorants : retirer cette dévotion aux âmes, c’est leur retirer le pain spirituel de chaque jour. C’est elle qui maintient la petite flamme de la foi qui n’est pas encore tout à fait éteinte dans beaucoup de consciences. Même pour ces âmes qui le récitent sans méditer, le simple fait de prendre leur chapelet pour prier, c’est déjà se souvenir de Dieu, du surnaturel. Le simple rappel des mystères, à chaque dizaine, est plus qu’un rayon de lumière pour soutenir dans les âmes la mèche qui fume encore.

C’est pour cela que le démon lui a tant fait la guerre ! Et le pire c’est qu’il a réussi à abuser et à tromper des âmes ayant une lourde responsabilité par le poste qu’elles occupent !… Ce sont des aveugles guidant d’autres aveugles !… Ils veulent s’appuyer sur le concile, et ne voient pas que le Concile Sacré a ordonné que soient conservées toutes les pratiques, qui, au long des années, ont été pratiquées en l’honneur de la Vierge Immaculée, Mère de Dieu, et que la prière du Saint Rosaire ou du chapelet en est une des principales, laquelle en face de l’ordre donné par le Concile Sacré et par le Pontife Suprême, nous sommes obligés, c’est-à-dire nous devons le conserver.

J’ai une grande espérance que n’est pas loin le jour où la prière du Saint Rosaire et du chapelet sera déclarée prière liturgique ; oui, parce qu’elle fait tout entière partie de la sacrée liturgie eucharistique. Prions, travaillons, sacrifions-nous, et ayons confiance : « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ! »

Sœur Lucie, i. c. d.

Cette lettre montre non seulement toute la richesse du chapelet, mais est aussi une très belle méditation de quelqu’un qui a vu la Sainte Vierge et qui peut nous aider à mieux le réciter. Le chapelet est une prière non seulement voulue par Notre-Dame, mais également universelle, en ce sens qu’elle est à la fois à la portée de tous et pleine de l’Évangile. Aussi est-il vraiment regrettable qu’aucun texte du concile Vatican II ne parle ni du chapelet, ni du rosaire, ni de Fatima. Pourtant, lors de la troisième session, le cardinal Cerejeira, avec l’appui de cent treize évêques, demanda de mentionner explicitement le rosaire parmi les prières à recommander. Pour cela, il demanda de modifier la proposition de rédaction du n° 67 de Lumen Gentium de la façon suivante : « Qu’aux mots « les pratiques et exercices de piétés » soit ajouté : « parmi lesquels se distingue le rosaire«  ». Mais la commission chargée de préparer le chapitre sur la Vierge Marie jugea que « le concile ne devait pas désigner de dévotion en particulier ». Autrement dit, la commission jugeait que le concile n’avait pas à tenir compte d’une demande insistante de Notre-Dame faite au cours d’une apparition reconnue par l’Église.

« … en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire »

En ce 13 juillet 1917, la Sainte Vierge ne fait pas que redemander la récitation quotidienne du chapelet. Elle ajoute un élément : elle demande de le réciter « en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire ». Et à chaque apparition suivante, elle parlera de Notre-Dame du Rosaire :

  • 13 juillet 1917 : « Je veux (…) que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire ».
  • 19 août 1917 : « Notre-Seigneur viendra bénir le peuple. Viendra aussi Notre-Dame du Rosaire et Notre-Dame des Douleurs. (…) L’argent des brancards sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire ».
  • 13 septembre 1917 : « Avec la moitié de l’argent reçu jusqu’à ce jour, que l’on fasse les brancards de procession et qu’on les porte à la fête de Notre-Dame du Rosaire ».
  • 13 octobre 1917 : « Je suis Notre-Dame du Rosaire».

Ainsi, la Sainte Vierge a prononcé cinq fois son nom : Notre-Dame du Rosaire. C’est la première fois qu’au cours d’une apparition reconnue par l’Église, la Sainte Vierge se donne ce nom. Fatima est donc la consécration d’une part du chapelet quotidien comme prière privilégiée par le Ciel, après le saint Sacrifice de la Messe, d’autre part de Notre-Dame du Rosaire comme nom particulier de la Sainte Vierge.

Ce nom de Notre-Dame du Rosaire n’est pas une nouveauté dans l’Église. (Voir la brève histoire du rosaire dans la lettre de liaison n° 111) Notamment le dimanche 7 octobre 1571, dans le golfe de Lépante, les galères pontificales, soutenues par les forces de l’Espagne et de Venise, remportèrent une victoire complète sur la flotte turque, en particulier grâce à la récitation du rosaire demandée par saint Pie V à toute la chrétienté. Le pape voulut en immortaliser le souvenir par une commémoration annuelle et institua la fête de Notre-Dame de la Victoire. (Voir la page Les victoires du Rosaire)
Son successeur, Grégoire XIII, changea ce titre en celui de Notre-Dame du Rosaire par la bulle Monet Apostolus (1573), bulle dans laquelle il rappelle que saint Dominique « institua, pour détourner la colère de Dieu et obtenir le secours de la bienheureuse Vierge, cette pratique si pieuse qu’on appelle le Rosaire ou le psautier de Marie ». En 1716, Clément XI étendit la fête à l’ensemble de l’Église catholique de rite latin. Léon XIII consacra le mois d’octobre à cette dévotion (notamment Supremi Apostolatus du 1erseptembre 1883 et Superiore anno du 30 août 1884). Il fit ajouter l’invocation “Reine du Très Saint Rosaire” aux litanies de Notre-Dame (Lettre du 24 décembre 1883). Il éleva la fête à la dignité de seconde classe, en lui adjoignant une messe et un office propres (décrets du 11 septembre 1887 et 5 août 1888). En 1913, saint Pie X en fixa la date au 7 octobre, en conservant la solennité au 1er dimanche d’octobre.
En révélant quelques années plus tard : « Récitez le chapelet en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire. (…) Je suis Notre-Dame du Rosaire. », la Sainte Vierge a donc confirmé combien toutes ces décisions plaisaient au Ciel.

Très nombreux sont les papes qui ont parlé du rosaire. Dans l’encyclique Supremi apostolatus, Léon XIII rappelle que nombre de ses prédécesseurs ont encouragé la récitation du rosaire :

Puisqu’il est bien reconnu que cette formule de prière est particulièrement agréable à la Sainte Vierge, et qu’elle est surtout propre à la défense de l’Église et du peuple chrétien, en même temps qu’à attirer toute sorte de bienfaits publics et particuliers, il n’est pas surprenant que plusieurs autres de nos prédécesseurs se soient attachés à la développer et à la recommander par des éloges tout spéciaux. Ainsi Urbain IV a attesté que, chaque jour, le Rosaire procurait des avantages au peuple chrétien. Sixte IV a dit que cette manière de prier est avantageuse à l’honneur de Dieu et de la Sainte Vierge, et particulièrement propre à détourner les dangers menaçant le monde. Léon X a déclaré qu’elle a été instituée contre les hérésiarques et les hérésies pernicieuses, et Jules III l’a appelée la gloire de l’Église. Saint Pie V a dit aussi, au sujet du Rosaire : « Cette manière de prier une fois connue, les fidèles, éclairés par les méditations et enflammés par le texte de ces prières, ont commencé à devenir d’autres hommes ; les ténèbres de l’hérésie se sont dissipées, et la lumière de la foi catholique a brillé de tout son éclat ».

Et après Léon XIII, d’autres papes encouragèrent la récitation du rosaire, en particulier Benoît XV, dans une lettre du 18 septembre 1915 (juste avant les apparitions !) :

En même temps que nous ressentons plus vivement le besoin des prières des chrétiens, nous nous rendons compte qu’entre toutes, celle du Rosaire est plus que jamais nécessaire, qui non seulement s’adresse à celle par laquelle il a plu à Dieu de faire parvenir toute grâce, mais encore qui porte, plus nettement que toute autre, le caractère universel de prière collective et familiale.
(…) Nous souhaitons que le peuple chrétien, en particulier et en commun, se rende toujours plus familière la récitation du Rosaire, fermement convaincu que c’est la plus belle fleur de la piété humaine et la source la plus féconde des grâces célestes. Prière de supplication et d’intercession, elle est à coup sûr parfaite, soit par les louanges qu’elle adresse et les invocations qu’elle profère, soit par les secours qu’elle procure et les enseignements qu’elle contient, soit par les grâces et les triomphes qu’elle prépare.

Après Fatima, d’autres papes ont aussi vivement encouragé la récitation du rosaire. Dans l’encyclique Ingravescentibus malis, du 29 septembre 1937, Pie XI déclare :

Parmi les prières publiques qu’utilement nous adressons à la Vierge Mère de Dieu, le saint Rosaire occupe une place particulière et exceptionnelle. (…) Si dans l’enivrement de son orgueil, notre siècle se moque du saint Rosaire et le rejette avec dédain, une multitude innombrable de saints de tout âge et de toute condition, l’ont toujours beaucoup aimé, l’ont récité avec grande dévotion et y ont eu recours en tout temps comme à une arme très puissante pour chasser les démons, pour conserver l’intégrité de la vie, pour acquérir plus facilement la vertu et pour obtenir la paix aux hommes.

Il est serait possible de continuer avec les successeurs de Pie XI. Seul le manque de place nous empêche de le faire. Aussi, en ce premier samedi du mois, fête de Notre-Dame du Rosaire, demandons à Notre-Dame la grâce de suivre fidèlement la demande qu’elle fit le 13 juillet 1917. Il est impossible qu’elle ne nous l’accorde pas si nous la lui demandons avec toute la sincérité de notre cœur.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie.
Yves de Lassus

Rosaires vivants

Pour nous aider à bien réciter notre chapelet tous les jours et obtenir la grâce de goûter profondément ce moment privilégié avec Notre-Dame, Cap Fatima propose des rosaires vivants. Vous trouverez l’origine de cette dévotion et son organisation sur la page Le rosaire vivant.
Pour s’inscrire à un rosaire vivant, cliquer ICI.

Source : CAPFATIMA, le 4 octobre 2023

Vénérer le Coeur Immaculé de Marie le premier samedi du mois

Vénérer le Coeur Immaculé de Marie le premier samedi du mois

Aujourd’hui, premier samedi du mois, on se tourne vers le Coeur Immaculé de Marie. Voici la notice proposée par Evangile au Quotidien (evangelizo.org) :

         La propagation de la dévotion au Cœur de Marie remonte au XVIIe siècle où saint Jean Eudes la propagea en l’unissant à celle du Sacré-Cœur de Jésus.

         Au cours du XIXe siècle, sa sainteté Pie VII d’abord, et Pie IX ensuite, accordèrent à plusieurs églises une fête du Cœur très pur de Marie fixée au dimanche dans l’octave de l’Assomption, puis au samedi suivant la fête du Sacré-Cœur. Le 13 juillet 1917, la Sainte Vierge apparaissait au Portugal pour déclarer aux petits voyants de Fatima que Dieu voulait établir la dévotion à son Cœur immaculé pour le salut du monde. Elle demanda aux chrétiens la pratique du premier samedi du mois par la communion réparatrice et la récitation du chapelet accompagnée de la méditation des mystères du Rosaire. (cliquer sur « lire la suite »)

         Le 31 octobre 1942, le jour de la clôture solennelle du Jubilé des Apparitions de Fatima, le pape Pie XII s’exprimant à la radio, consacra le monde au Cœur immaculé de Marie pour répondre à l’appel de notre Mère du ciel. Il renouvela ce geste important le 8 décembre 1942. En 1944, en pleine guerre mondiale, le même souverain pontife consacrait encore tout le genre humain au Cœur immaculé de Marie pour le mettre sous sa toute-puissante protection. À l’occasion de cette même cérémonie, il décréta que l’Église entière célébrerait chaque année une fête en l’honneur du Cœur immaculé de Marie afin d’obtenir par l’intercession de la Très Sainte Vierge, « la paix des nations, la liberté de l’Église, la conversion des pécheurs, l’amour de la pureté et la pratique des vertus. » Il fixa la date de cette fête au 22 août, jour octave de la fête de l’Assomption.

         En créant la très Sainte Vierge, la Trinité Sainte a pu contempler le ravissant spectacle d’un cœur qui dès son premier battement n’aima que son Dieu, et l’aima à lui seul plus que tous les anges et les saints ensemble ne l’aimeront jamais. « Le Père, dit saint Jean Eudes, a déployé sa puissance pour former un cœur de fille plein de respect et de fidélité envers son Créateur. Le Fils en fit un cœur de Mère et l’Esprit-Saint en fit un cœur d’épouse pour y célébrer ses noces ineffables. » La gloire de la fille du roi, disent les Livres Saints, est toute intérieure et cachée, autrement dit, elle est toute en son cœur. Là se trouvent toutes les perfections des anges et des hommes, dans un tel degré d’excellence que rien n’y peut être comparé. Là se trouvent les perfections de Dieu même, aussi fidèlement retracées qu’elles peuvent l’être dans une simple créature.

         La bonté et la miséricorde président parmi les vertus dont Dieu a orné le Cœur immaculé de sa Mère. Aussi tout pécheur trouve en elle un refuge assuré. Ce Cœur qui nous a tant aimés n’a point été flétri dans le tombeau comme celui des autres mortels. Ses mouvements n’ont été qu’un seul instant suspendus sous le souffle de la mort. Il vit aujourd’hui palpitant d’un amour infini, inondé de célestes délices au sein de la gloire immortelle où il continue de nous aimer avec prédilection.

         Comme la sainte Église nous le recommande aujourd’hui au moyen de la belle fête du Cœur immaculé de Marie, vouons un culte spécial de vénération et d’amour à ce cœur magnanime, le plus noble le plus généreux qui soit sorti des mains du Créateur. Supplions-le donc de nous apprendre à aimer Jésus, à souffrir pour Lui, à supporter avec amour et résignation les peines de la vie, les souffrances et les croix qu’il plaira à Dieu de nous envoyer. Recourons donc sans cesse à ce cœur incomparable et nous expérimenterons infailliblement sa bénignité, sa mansuétude et sa tendresse.

Consécration au Cœur immaculé de Marie, instituée par le Pape Pie XII.

Reine du très saint Rosaire, secours des chrétiens, refuge du genre humain, victorieuses de toutes les batailles de Dieu, nous voici prosternés suppliants aux pieds de votre trône, dans la certitude de recevoir les grâces, l’aide et la protection opportunes dans les calamités présentes, non en vertu de nos mérites, dont nous ne saurions nous prévaloir, mais uniquement par l’effet de l’immense bonté de votre cœur maternel.
C’est à vous, c’est à votre Cœur immaculé, qu’en cette heure tragique de l’histoire humaine, nous nous confions et nous nous consacrons, non seulement en union avec la Sainte Église – corps mystique de votre Fils Jésus – qui souffre et verse son sang, en proie aux tribulations en tant de lieux et de tant de manières, mais en union aussi avec le monde entier, déchiré par de farouches discordes, embrasé d’un incendie de haine et victime de ses propres iniquités.
Laissez-vous toucher par tant de ruines matérielles et morales, par tant de douleurs, tant d’angoisses de pères et de mères, de frères, d’enfants innocents, par tant de vies fauchées dans la fleur de l’âge, tant d’âmes torturées et agonisantes, tant d’autres en péril de se perdre éternellement.
Ô Mère de miséricorde, obtenez-nous de Dieu la paix, et surtout les grâces qui peuvent en un instant convertir le cœur des hommes, ces grâces qui préparent, concilient, assurent la paix ! Reine de la paix, priez pour nous et donnez au monde en guerre la paix après laquelle les peuples soupirent, la paix dans la vérité, dans la justice, dans la charité du Christ.
Donnez-lui la paix des armes et la paix des âmes, afin que dans la tranquillité de l’ordre s’étende le règne de Dieu. Accordez votre protection aux infidèles et à tous ceux qui gisent encore dans les ombres de la mort ; donnez-leur la paix, faites que se lève pour eux le soleil de la vérité et qu’ils puissent avec nous, devant l’unique Sauveur du monde, répéter : Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur terre aux hommes de bonne volonté ! Aux peuples séparés par l’erreur ou par la discorde, particulièrement à ceux qui professent pour vous une singulière dévotion et chez lesquels il n’y avait pas de maison qui n’honorât votre vénérable icône (peut-être aujourd’hui cachée et réservée pour des jours meilleurs), donnez la paix et reconduisez-les à l’unique bercail du Christ, sous l’unique vrai Pasteur.
Obtenez à la sainte Église de Dieu une paix et une liberté complètes ; arrêtez les débordements du déluge néo-païen ; développez dans le cœur des fidèles l’amour de la pureté, la pratique de la vie chrétienne et le zèle apostolique, afin que le peuple des serviteurs de Dieu augmente en mérite et en nombre.
Enfin, de même qu’au cœur de votre Fils Jésus furent consacrés l’Église et le genre humain tout entier, afin que, toutes les espérances étant placées en lui, il devînt pour eux signe et gage de victoire et de salut, ainsi et pour toujours nous nous consacrons à vous, à votre Cœur immaculé, ô notre Mère et Reine du monde, pour que votre amour et votre protection hâtent le triomphe du règne de Dieu et que toutes les nations, en paix entre elles et avec Dieu, vous proclament bienheureuse et entonnent avec vous, d’une extrémité du monde à l’autre, l’éternel Magnificat de gloire à celui en qui seul elles peuvent trouver la vérité, la vie et la paix.

Burke et Müller :  » L’Esprit Saint ne peut se contredire « .

Card, Raymond Burke et Gerhard Müller

Burke et Müller :  » L’Esprit Saint ne peut se contredire « .

Les deux cardinaux répondent « présent » aux tentatives de déformation de la doctrine de l’Eglise et renvoient les accusations d’atteinte à l’unité : ce qui unit, c’est l’enseignement et la réaffirmation de la vérité.

Les cardinaux Raymond L. Burke et Gerhard Müller ont répondu « présent » aux nouveaux assauts contre la doctrine et la discipline de l’Église catholique. Les deux cardinaux ont pris la parole lors de l’émission The World Over, diffusée le jeudi 5 octobre par la chaîne catholique américaine EWTN, pour réaffirmer fermement la doctrine de la foi et exhorter tous les catholiques à rester fermes et à demeurer dans l’unique Église du Christ.

Les deux premiers actes du nouveau préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, à savoir la publication de la lettre du pape François à la première version des dubia de cinq cardinaux et la réponse aux questions du cardinal Dominik Duka sur Amoris Lætitia, contredisent l’enseignement constant de l’Église sur au moins un point capital : le mal intrinsèque de la sexualité exercée en dehors du mariage légitime. Ces actes portent la signature ex audientia de François, mais la formule habituelle n’y figure pas : « Le Souverain Pontife N.N., le …, a approuvé cette Lettre (ou Instruction/Décret/Note, etc.) et en a ordonné la publication ». Le détail est notable et confié à la réflexion des canonistes.

En effet, le Pape François contredit tout d’abord le Responsum du 22 février 2021, dont il avait lui-même autorisé la publication, en confiant à la « prudence pastorale » des ministres le soin de « discerner de manière adéquate s’il existe des formes de bénédiction, demandées par une ou plusieurs personnes, qui ne véhiculent pas une conception erronée du mariage ». Ainsi, selon lui, il serait possible de bénir des unions non maritales, hétéro ou homo, à condition qu’il n’y ait pas de confusion entre ces unions et le mariage. Il est clair qu’il ne s’agit pas ici de bénir des personnes individuelles, mais des relations, des unions ou des pseudo-mariages, peu importe.

Exactement le même jour, le 2 octobre, Fernandez a également publié sa réponse à certaines des questions du cardinal Duka, affirmant explicitement ce qui avait été confié à une note dans Amoris Lætitia : François « permet dans certains cas, après un discernement adéquat, l’administration du sacrement de la Réconciliation même lorsque l’on ne peut pas être fidèle à la continence proposée par l’Église ».  Et un peu plus loin, il a répété qu' »Amoris Lætitia ouvre la possibilité d’accéder aux sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie lorsque, dans un cas particulier, il y a des limitations qui atténuent la responsabilité et la culpabilité ».

Le cardinal Burke, au micro d’EWTN, a d’abord expliqué la raison de ces nouveaux dubia : « Nous avons soumis ces questions parce qu’il s’agit de points fondamentaux de l’enseignement et de la discipline de l’Église (…) qui ont été remis en question par les documents synodaux eux-mêmes, mais aussi par ceux qui conduisent le processus synodal ». Leur deuxième version a été déterminée par le fait que le Pape « n’avait pas répondu à nos questions ». Les dubia sont une demande au successeur de Pierre de « nous confirmer dans la foi catholique ». Ils ne constituent pas une attaque contre le pape, mais « une aide pour lui permettre d’exercer sa grave fonction dans un moment de grande difficulté ».

Burke considère comme une « absurdité » l’accusation selon laquelle le fait de soumettre des questions au pape constitue une atteinte à l’unité de l’Église. C’est plutôt le contraire. L’enseignement de la vérité est ce qui unifie l’Eglise ». C’est pourquoi il faut répéter que « l’on ne peut pas bénir des actes pécheurs, on ne peut pas bénir des relations qui en elles-mêmes impliquent des actes intrinsèquement mauvais. Il n’est pas possible de bénir ces unions de quelque manière que ce soit ».

Jésus a promis qu’il « resterait dans l’Église jusqu’à la fin du monde ». Nous devons le croire. Nous n’avons qu’à être des coopérateurs fidèles, des soldats, des défenseurs des vérités de la foi. Ce sont ceux qui nient ces vérités de la foi qui tombent dans le schisme. C’est très triste, mais il faut le dire ». A ceux qui vivent avec douleur que c’est le Pape lui-même qui permet ce qui n’est pas permis, le Cardinal Burke adresse une exhortation paternelle : « Restons avec le Christ dans l’Eglise. Même si c’est le Pape qui défend ce qui est faux, défendons la vérité (…). Croyons que le Seigneur mène tout à bonne fin. En attendant, la souffrance est terrible ; je ne sous-estime pas la souffrance des catholiques ; je ne sais pas si je suis un bon catholique, mais moi aussi je souffre. Mais nous devons faire confiance au Seigneur, rester avec Lui, ne pas aller ailleurs ». Et il donne l’exemple de la force d’âme de saint Athanase, qui a dû subir toutes sortes de punitions et de sanctions pour défendre la foi. « Nous aussi, nous devons être prêts à le faire », a déclaré le cardinal.

En ce qui concerne les modifications de la nature du Synode, l’ancien Préfet du Tribunal de la Signature Apostolique a déclaré qu’elles « sapent la nature de l’Église en tant que communion hiérarchique » telle qu’elle a été exprimée par le Concile Vatican II. En l’état, le Synode « n’est qu’un instrument pour faire avancer cet agenda (…). Ils veulent détruire l’Église ; ils ne l’emporteront pas, mais nous devons faire de notre mieux pour arrêter cela ». Mgr Burke a ensuite mis en garde contre l’appel constant à l’Esprit Saint dans les décisions de ce Synode. Le Saint-Esprit « est le même que celui qui a inspiré l’Église pendant deux mille ans et qui ne se contredit pas. Il ne peut pas avoir inspiré pendant deux mille ans que quelque chose est mauvais, et maintenant inspirer que c’est bon ».

Dans son discours, l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi a clairement indiqué que le fait de permettre aux laïcs d’avoir le droit de vote « a changé la nature de ce Synode », le rendant « simplement une assemblée d’évêques, de prêtres, de religieux et de laïcs (…) personne ne sait ce que signifie le fait de permettre aux laïcs de voter également, parce que la nature de cette assemblée a changé ». La récente déclaration du cardinal Fernández concernant une prétendue « doctrine du pape » a été rejetée par le cardinal Müller : « Il n’y a tout simplement pas de doctrine du pape ; dans l’Église, il n’y a que la doctrine de Jésus-Christ et des apôtres (…). Le pape et les évêques promeuvent cette doctrine, mais ils n’ont pas de doctrine propre ». Certes, « le Pape jouit d’une autorité particulière, selon la foi catholique, mais il ne reçoit aucune révélation nouvelle, donnée une fois pour toutes en Jésus-Christ. C’est pourquoi l’idée formulée par le nouveau préfet est une idée nouvelle, que je n’ai jamais entendue auparavant ».

Mgr Müller a également évoqué le traitement brutal que certains évêques catholiques reçoivent du pape, comme l’évêque de Tyler, Mgr Strickland, alors que les auteurs d’abus sexuels, comme le père Marko Rupnik, bénéficient de sa protection : « L’évêque n’est pas un délégué du pape. Le pape ne peut intervenir qu’en cas de problèmes graves de nature morale ou doctrinale ; « il est honteux que de bons évêques orthodoxes soient soumis à cette pression et que d’autres, qui font beaucoup de mal et sont hétérodoxes, bénéficient d’une grande tolérance de la part de Rome ».

Le cardinal allemand a également commenté la réponse du nouveau préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi au cardinal Duka : « Dans les commandements de l’Ancien et du Nouveau Testament, il est très clair que tout comportement sexuel en dehors du mariage légitime est un péché mortel. Cela ne peut pas changer : c’est la parole de Dieu. Cette déclaration ne va pas seulement à l’encontre des documents antérieurs des papes et des conciles, mais s’oppose directement à la parole de Dieu ». Le Concile Vatican II a rappelé que « le Magistère n’est pas supérieur à la parole de Dieu. Ni le pape ni personne d’autre dans l’Église n’a le pouvoir de relativiser les commandements de Dieu ».

L’ouverture de Fernández reprend l' »éthique de situation » déjà condamnée : « Nous ne pouvons pas relativiser la parole de Dieu avec une soi-disant éthique de situation, qui se rapporte à nos conditions subjectives et non aux conditions objectives des sacrements », a conclu Mgr Müller.

Source : de Luisella Scrosati sur la Nuova Bussola Quotidiana, le 7 octobre 2023

Pour le Pape, la Vierge est «facilitatrice» dans nos conflits

La Vierge de Montserrat

Pour le Pape, la Vierge est «facilitatrice» dans nos conflits

À l’occasion des 800 ans de la fondation de la confraternité de Notre-Dame de Montserrat, le Pape François a reçu ce samedi matin au Vatican les fidèles participant à un pèlerinage à Rome. Ce fut l’occasion pour le Saint-Père de livrer quelques réflexions sur la figure de la Vierge, Mère de Dieu et Reine de toute la création. 

Vatican News

La confraternité de Montserrat, qui réunit tous les croyants qui ont comme référence le sanctuaire de Montserrat, en Catalogne, célèbre ses 800 ans, l’occasion d’organiser un pèlerinage à Rome, sur la tombe de l’apôtre Pierre. Guidé par le cardinal Juan José Omella, l’archevêque de Barcelone, les pèlerins ont rencontré le Saint-Père ce samedi matin au Vatican. En la mémoire de Notre-Dame du Rosaire, le Pape s’est félicité de cette visite. «Célébrer Marie est célébrer la proximité et la tendresse de Dieu qui est avec son peuple, qui ne nous laisse pas tout seul, qui nous a donné une Mère qui prend soin de nous et nous accompagne» a-t-il déclaré.

«La Vierge de Montserrat» a une double vocation: «Mère de Dieu» et «Reine et Souveraine de la création», a souligné François, ce qui aide à comprendre le thème du pèlerinage, «Piété populaire, amitié sociale et fraternité universelle». «La dévotion mariale est très significative dans les manifestations de piété du saint peuple fidèle de Dieu» a-t-il reconnu, évoquant les nombreuses prières adressées à la «Moreneta» depuis plus de 800 ans.

Piété populaire

«La force évangélisatrice de la piété populaire crée les conditions favorables afin que les liens d’amitié et de fraternité entre les peuples grandissent et se renforcent», a estimé le Saint-Père. Et dans cette perspective, «la dévotion mariale a une place privilégiée», puisque Marie est une avocate, une «facilitatrice», «une ffacilitatrice dans les conflits et dans les problèmes». «Elle nous aide à dénouer les nœuds qui peuvent se créer en nous et entre nous», a poursuivi le Pape. En fait, «Marie aplanit le chemin de l’amitié entre les peuples, nous invitant à tourner notre regard vers l’origine et le but de notre existence: Jésus Christ, et nous encourage à suivre son exemple, parcourant les sentiers de la paix, de la gentillesse, de l’écoute et du dialogue patient et confiant».

«La Vierge de Montserrat nous invite à vivre cette fraternité universelle, sans frontière, sans exclusion, qui dissipe les ombres d’un environnement fermé» a affirmé François aux pèlerins, ajoutant qu’elle «veut accoucher d’un monde nouveau, où nous sommes tous frères, où il y a une place pour chaque personne rejetée par notre société, où la justice et la paix resplendissent».

Source : VATICANNEWS, le 7 octobre 2023

Recueil du Pape: que l’Église soit faite de saints, pas de mondains

Photo d’illustration. (Vatican Media)

Recueil du Pape: que l’Église soit faite de saints, pas de mondains

Pour aider chacun «à rester vigilants et à lutter, avec la force de la prière, contre tout abandon à la mondanité spirituelle», le Pape signe la préface d’un recueil publié ce vendredi en Italie par la Libreria Editrice vaticana. Il rassemble deux de ses discours. Le premier intitulé «Corruption et péché» est un article datant de 1991, republié en 2005 lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires. Le second est sa «Lettre aux prêtres du diocèse de Rome» parue cette année.

Vatican News

«Quand nous nous laissons habiter par l’amour d’un Père qui veut notre bonheur, notre cœur exulte pleinement, et notre existence s’illumine d’un rayon d’infini». Dans sa préface, le Pape commence par rappeler que la foi chrétienne est un «beau combat» qui consiste à faire de la place au Seigneur, en ayant raison de la tentation du repli sur soi.

En tant que disciples de Jésus, explique François, il faut «avant tout» combattre la mondanité spirituelle, qui est «un paganisme déguisé sous des habits ecclésiastiques». Le Pape met en garde contre cette attitude mondaine qui finit, dit-il, par être idolâtre dans la mesure où elle ne reconnaît pas la présence de Dieu comme Seigneur et libérateur de nos vies et de l’histoire du monde. «Elle nous laisse à la merci de nos caprices et de nos fantaisies».

Être proche de la croix du Seigneur

Ce combat n’est ni vain, ni sans espoir, car il a déjà un vainqueur en Jésus. «Bien sûr, poursuit François, sa victoire a un nom, la croix qui, à première vue, suscite la répulsion et nous détourne. Mais c’est le signe d’un amour illimité, humble et tenace», accordé même au dernier des pécheurs. Pour le Pape, cet amour éternel interpelle et oriente les chemins du chrétien et de l’Église elle-même, «la croix de Jésus devient le critère de tout choix de foi». Et François de citer le bienheureux martyr d’Algérie Pierre Claverie: «Je crois que l’Église meurt si elle n’est pas suffisamment proche de la croix de son Seigneur. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la force, la vitalité, l’espérance, la fécondité chrétienne de l’Église viennent de là. Pas d’ailleurs. Tout le reste n’est que poudre aux yeux, illusion mondaine. L’Église se trompe elle-même, et trompe le monde, quand elle se pose en puissance parmi les puissances, ou en organisation, même humanitaire, ou en mouvement évangélique capable de se donner en spectacle. Elle peut briller, mais elle ne peut pas brûler du feu de l’amour de Dieu, ‘fort comme la mort’ – dit le Cantique des Cantiques». Le Pape dit partager l’inquiétude de celui qui fut l’évêque d’Oran de 1981 jusqu’à son assassinat en 1996. Il exhorte l’Église à rester vigilante et à lutter, avec la force de la prière, contre toute abandon à la mondanité spirituelle. C’est le sens du recueil publié ce jour.

Ouverts à Dieu sur le chemin de la sainteté

Être chrétien, c’est être appelé à la sainteté qui n’est pas «état de béatitude atteint une fois pour toutes, mais le désir incessant et infatigable de rester attaché à la croix de Jésus», et cela suppose de se laisser modeler par la logique du don de soi et en résistant à ceux qui, «comme l’ennemi, nous flattent en nous inculquant la conviction de notre autosuffisance».

« Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5), dit Jésus et la sainteté assure François, pousse à rester ouvert au «plus» de Dieu. Avec ces textes, François propose une occasion de réfléchir chacun à sa vie et à celle de l’Eglise. Il conclut sa préface en répétant avec force que«Dieu nous demande d’être ouverts à sa nouveauté, d’être inquiets et jamais satisfaits, en recherche et jamais installés dans des opacités accommodantes, non pas retranchés dans de fausses sécurités, mais sur le chemin de la sainteté».

Source : VATICANNEWS, le 6 octobre 2023

Synode: les initiatives de prière à la basilique Saint-Pierre

Basilique Saint-Pierre, Jeudi Saint 2023. Illustration. (Vatican Media)

Synode: les initiatives de prière à la basilique Saint-Pierre

La basilique Saint-Pierre accompagne la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques par des initiatives de prière quotidiennes. Les pèlerins peuvent s’associer à la prière pour le Synode lors des messes célébrées dans la basilique et à l’adoration eucharistique du soir, vécue dans la chapelle du Saint-Sacrement les jours de semaine, à 19 heures, à la fin des sessions de l’assemblée. 

«Offrir aux participants du Synode et aux fidèles la possibilité de se réunir quotidiennement en adoration à la fin des travaux synodaux», tel est le sens de l’initiative portée par la basilique pétrinienne à l’occasion du Synode. Pour ce mois synodal au Vatican, l’heure de fermeture de la basilique Saint-Pierre est d’ailleurs repoussée à 20h00 tous les jours. Les samedis soirs d’octobre, mois spécialement dédié à la prière du chapelet, des prières seront récitées pour le Synode, dont le premier chapelet aux flambeaux, à 21h00, place Saint-Pierre, samedi 7 octobre. Les participants au Synode sont invités à y prendre part.

7 octobre, premier chapelet aux flambeaux 

Ce premier rendez-vous de prière, samedi 7 octobre, commémoration de la Bienheureuse Vierge Marie du Rosaire, sera présidé par le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Secrétariat du Synode. Pendant les heures d’ouverture de la basilique, deux points d’information situés à l’entrée de la chapelle du Saint-Sacrement et de la chapelle Saint-Joseph afficheront des indications pour télécharger et lire en ligne les textes pour la prière personnelle dans les différentes langues sur le site de la basilique Saint-Pierre.

Outre la récitation du chapelet chaque samedi à 21h00 sur la place, durant tout le synode, la basilique Saint-Pierre accueillera par ailleurs cinq messes liées à l’assemblée des évêques, ainsi qu’une prière pour les migrants sur le parvis de la basilique, le 19 octobre.

Source : VATICANNEWS, le 6 octobre 2023

Le Dieu fidèle et les fidèles de Dieu, par Mgr Follo

Vigne de Louis Pasteur © commons.wikimedia.org
Vigne De Louis Pasteur © Commons.wikimedia.org

Le Dieu fidèle et les fidèles de Dieu, par Mgr Follo

« Dans la vigne du Seigneur, tout est gratuit »

Rite Romain

Is 5,1-7 ; Ps 79 ; Phil 4,6-9 ; Mt 21,33-43

1) Le Dieu fidèle

La première lecture, tirée du livre d’Isaïe 5,1-71, est un chef d’œuvre. Elle introduit la parabole de Jésus qui, ce dimanche encore, nous parle de la vigne et nous dit que la punition de Dieu est pour convertir et non pour détruire.

Ce prophète de l’Ancien Testament se sert de l’allégorie de la vigne pour décrire l’histoire du peuple d’Israël, quand il trahit l’amour de Dieu, choisi comme peuple élu pour annoncer que Dieu n’avait pas oublié les hommes et pour donner chair au Fils de Dieu.

Mais cette histoire d’infidélité – dit Isaïe – ne peut continuer à l’infini. La patience de Dieu a des limites et il y aura un jugement (5,3). Dieu s’attendait à de beaux raisins, mais la vigne en donna de mauvais (5,2). Hors métaphore : il en attendait la justice et voici l’oppression, il en attendait le droit et voici la malhonnêteté (5,7). Il ne reste alors plus que le châtiment : la vigne tombera en ruine, ne sera plus cultivée et des ronces et des épines pousseront au milieu. Mais le châtiment de Dieu n’est jamais pour toujours.

Les menaces de Dieu sont pour convertir, non pour détruire.

Et cela apparaît avec évidence dans la parabole racontée dans ce passage par le Christ, qui s’inspire du chant d’Isaïe sur la vigne, précisant que le péché des vignerons ne consiste pas seulement en une dure, mais générale désobéissance à Dieu. Leur péché réside dans le fait que les prophètes, voire même le Messie, fils de Dieu, sont tués.

Par ailleurs, alors que dans le chant d’Isaïe le maître s’attendait à de beaux raisins mais en eut de mauvais, dans la parabole il n’est d’abord pas question de fruits. Les paysans ne veulent pas reconnaitre le maitre comme tel. Voilà leur péché. Ils se comportent comme si la vigne leur appartenait. Et quand ils tuent le fils ils le disent clairement : ils veulent être les héritiers et devenir les maîtres.

Mais en refusant la seigneurie de Dieu, ils refusent la pierre angulaire, la seule qui soutient le monde. Sans la reconnaissance de Dieu, le monde ne peut tenir debout, la cohabitation se brise : « On peut construire un monde sans Dieu, mais ce sera toujours contre l’homme » (Card. Henri de Lubac).

2) Les pauvres d’esprit : les fidèles de Dieu

Dieu est toujours fidèle à son amour miséricordieux, à ses promesses. Et son projet de salut ne s’interrompt pas et ses exigences de vérité et justice ne sont pas mises de côté. C’est pourquoi Jésus, le Fils de Dieu, termine la parabole par une vision positive : l’histoire éternelle de l’amour de Dieu et de ma trahison ne finit pas sur un échec.  Le péché ne bloque pas le plan de Dieu. L’issue de l’histoire sera bonne, la vigne généreuse de fruits, le Maitre ne gaspillera pas les jours éternels en vengeances. Pour révéler sa bonté qui ne réagit pas au mal, mais propose le bien, le Messie dit que la vigne est donnée à un Peuple nouveau, le reste d’Israël, les pauvres d’esprit, qui accueilleront humblement Jésus et son heureux évangile d’amour.

En ces petits, ces « rejetés » par le peuple comme « les constructeurs écartaient les pierres » ébréchées et impropres à la construction du Temple, le Seigneur devient « la pierre angulaire » du Nouveau temple, son corps ressuscité et vivant dans l’histoire. En eux se révèle la victoire de la patience infinie de Dieu sur tout critère religieux ou mondain de justice.

Aujourd’hui nous est offerte encore la possibilité de faire partie de ce « reste d’Israël », de ces pauvres d’esprit. Il suffit de nous reconnaître pécheurs, comme Pierre sur les rives du lac de Galilée quand il remit au Christ sa douleur et le Christ le confirma dans son amour. Il suffit que nous accueillions l’invitation d’aller travailler dans la vigne même s’il ne reste plus qu’une heure pour finir le travail. Il suffit que nous convertissions notre cœur pour transformer notre « non » en un « oui » amoureux.

Alors la « Vigne » sera retirée au vieil homme que nous étions et donnée à l’homme nouveau, pauvre, et donc capable d’accueillir avec stupeur et gratitude le pardon, humble pour obéir à l’Eglise. Saint parce qu’uni au Christ, le fruit que nous sommes appelés à offrir au monde.

Dans la vigne du Seigneur, dans son Eglise, tout est gratuit : l’innocence et la virginité de Thérèse de l’Enfant Jésus sont gratuites, comme est gratuit le témoignage jusqu’au martyre de Pierre et Paul, la conversion d’Augustin et de Charles de Foucauld, la science théologique de Thomas d’Aquin et de John-Henry Newman, le ministère de miséricorde de Padre Pio de Pietrelcina, la mission de charité de Mère Teresa de Calcutta. La longue liste des vierges consacrées : bien connues de l’Eglise comme Sainte Geneviève et sainte Marcelline, sœur de saint Ambroise, et bien connues de Dieu qui les a gravées dans son cœur.

A leur exemple, les vierges consacrées d’aujourd’hui, et nous avec elles, n’avançons aucun mérite, aucune prétention devant Dieu. Il ne regarde pas la quantité de nos prestations. Il regarde le cœur et attend de n’y trouver que notre amour, notre confiance, notre adhésion à son appel dans un total abandon et une totale confiance amoureuse. L’important est qu’humblement nous priions : « O Jésus, à l’ombre de Votre main, protégez-moi et accueillez-moi. Ouvrez-moi la porte de Votre Miséricorde ; marquez-moi du sceau de la Sagesse ; par votre Vérité, enlevez-moi à tous les désirs terrestres ; et faites qu’à la suave odeur de Vos Commandements, je Vous serve avec joie dans Votre sainte Église et que, de jour en jour, j’avance de vertu en vertu » (Gertrude de Helfta).

A lui qui a dit : « Je suis la vigne et vous les sarments que je rends féconds » disons merci du plus profond de notre cœur, et demandons humblement qu’Il nous accorde la grâce de rester toujours unis à lui dans le mystère éternel de la mort et de la résurrection, du don de soi au Père ».

Les vierges consacrées dans le monde ont offert et renouvellent leur don de soi « comme sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu » (Rm 12,1). En s’offrant ainsi elles se greffent au Christ comme les sarments à la Vigne et leur « être » avec le Christ est le secret de leur fécondité spirituelle.

Avec le Christ, ces femmes consacrées sont auprès des frères et sœurs en humanité, qui « cultivent » en prenant soin de leur bien.

Lecture Patristique

Saint Basile le Grand (330 – 379)

Homélies sur l’Hexaéméron, 5, 6 ;

version remaniée de SC 27, 304-307

Il te suffit de regarder la vigne avec intelligence pour te souvenir de ta nature. Tu te rappelles évidemment la comparaison faite par le Seigneur quand il dit qu’il est lui-même la vigne et son Père, le vigneron. Chacun de nous avons été greffés par la foi sur l’Église, et le Seigneur nous appelle des sarments, il nous exhorte à porter beaucoup de fruits, de peur que notre stérilité ne nous fasse condamner et livrer au feu. Il ne cesse, en toutes occasions, de comparer les âmes humaines à des vignes. Mon bien-aimé avait une vigne, dit-il, sur un coteau, en un lieu fertile (Is 5,1), et : J’ai planté une vigne, je l’ai entourée d’une haie (cf. Mt 21,33). Ce sont évidemment les âmes humaines que Jésus appelle sa vigne, elles qu’il a entourées comme d’une clôture, de la sécurité que donnent ses commandements et de la garde de ses anges, car l’ange du Seigneur campera autour de ceux qui le craignent (Ps 33,8). Ensuite il a planté autour de nous une sorte de palissade en établissant dans l’Église premièrement des Apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement des docteurs.

En outre, par les exemples des saints hommes d’autrefois, il élève nos pensées sans les laisser tomber à terre où elles mériteraient d’être foulées aux pieds. Il veut que les embrassements de la charité, comme les vrilles d’une vigne, nous attachent à notre prochain et nous fassent reposer sur lui afin qu’en gardant constamment notre élan vers le ciel, nous nous élevions comme des vignes grimpantes jusqu’aux plus hautes cimes.

Il nous demande encore de consentir à être sarclés. Or une âme est sarclée quand elle écarte d’elle les soucis du monde qui sont un fardeau pour nos cœurs. Ainsi celui qui écarte de soi l’amour charnel et l’attachement aux richesses, ou qui tient pour détestable et méprisable la passion pour cette misérable gloriole, a, pour ainsi dire, été sarclé, et il respire de nouveau, débarrassé du fardeau inutile des pensées terrestres.

Mais, pour rester dans la ligne de la parabole, il ne nous faut pas produire que du bois, c’est-à-dire vivre avec ostentation, ni rechercher la louange de ceux du dehors : il nous faut porter du fruit en réservant nos œuvres pour les montrer au vrai vigneron.

1 Je veux chanter pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile. Il en retourna la terre, en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais. Et maintenant, habitants de Jérusalem, hommes de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne ! Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? J’attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ? Eh bien, je vais vous apprendre ce que je ferai de ma vigne : enlever sa clôture pour qu’elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu’elle soit piétinée. J’en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j’interdirai aux nuages d’y faire tomber la pluie. La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël. Le plant qu’il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici le crime ; il en attendait la justice, et voici les cris.” (Is 5, 1-7)

Source : ZENIT.ORG, le 6 octobre 2023